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interviewLa France insoumise (sur YouTube)· 13 octobre 2022 76 minAutoproduit

Santé et sécurité au travail : comment ne plus perdre sa vie à la gagner ? - #AMFIS2022

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

merci à toutes et tous d'être venu pour ce pour ce sujet très intéressant sur la santé sécurité des travailleurs comment ne plus perdre sa vie à la gagner donc le but de la conférence ça va être de voir comment par quel moyen par différents prises comment on peut réfléchir et espérer tendre vers le zéro accident du travail et maladie professionnelle en France parce que ça doit être un objectif qu'on doit pouvoir se fixer et on en parle on en parle pas souvent dans le débat public je trouve et même dans le débat politique à gauche donc il faut faut que je parle plus fort je parle plus fort alors pour cette conférence en plus de moi-même on a quatre intervenants donc on a Annie et baumonic et sociologue en santé publique directrice de recherche honoraires à l'incern et Autriche notamment de travailler peut travailler peigneur gravement à votre santé je l'ai là ici pour la caméra merci Annie on a marinade mesure qui est député européenne LFI ancienne conseillère sociale auprès de la Fédération européenne des travailleurs du bâtiment et du bois toute nouvelle député européenne merci Marina on a Gérard Filoche ancien inspecteur du travail ancien responsable de l'aile gauche du PS et fondateur du parti gauche démocratique et social merci Gérard et puis Frédéric mot qui est secrétaire fédéral de la Fédération CGT des salariés de la construction du bois et de lameublement en charge de la santé au travail et merci Frédéric et puis moi même Ulysse molimar représentant syndical à l'inspection du travail militants France insoumise et corrédacteur on a eu chaud donc on s'est mis devant les tables du livret programmatique de la France insoumise sur le droit du travail corydigé avec mes camarades Adrien Clouet Dominique qui est là Thomas dessalles je sais pas si il est là Anthony et voilà donc si vous voulez j'en ai plusieurs exemplaires s'il y en a qui veulent en récupérer au passage merci Dominique maréchaux tout à fait c'est vrai voilà les cordonniers sont les plus mal chaussés un petit point sur l'actualité récente en termes d'accident du travail mortel parce qu'on en parle trop peu souvent la semaine dernière le 17 août en Savoie un ouvrier de 21 ans est mort sur un chantier de maison individuelle il est tombé du premier étage en Vendée le 8 août un apprenti de 20 ans est mort dans l'incendie du garage où il travaillait dû à une explosion de produits solvants le 8 août aussi en Haute-Savoie un chauffeur de poids lourd est mort dans son camion qui a pris feu suite à un accident de la route le 6 août en Loire-Atlantique un pompier est décédé lors d'une intervention de lutte contre un incendie le 3 août à Bergerac une usine Seveso a explosé faisant huit blessés dont un grave le 2 août un employé d'une coopérative d'une coopérative agricole est mort ensevelisse ou 6500 tonnes de gramme blé sorties accidentellement d'un silo ou encore le 30 juillet un ouvrier est mort d'une chute de 5 mètres d'un échafaudage donc tout ça pour dire qu'il y a encore aujourd'hui énormément beaucoup trop d'accidents du travail mortel et de maladies professionnelles mortelles on a chaque année en France 1200 à 1300 morts du travail 600 à 700 accidents du travail mortel 300 accidents de trajet entre 250 et 400 maladies professionnelles mortelles chaque année soit plus de 3 morts au travail par jour en France et 25 morts par semaine la France selon euro stade qui a sorti les chiffres il y a pas longtemps et chiffres de 2019 et la championne d'Europe en termes d'accident mortel du travail pour 100000 salariés on a 3,5 morts au travail pour 100000 travailleurs en France loin devant l'Allemagne qui est à 0,8 l'Espagne 1,8 l'Italie a des,1 et même la Bulgarie la Grèce la Roumanie devant tout le monde les accidents du travail mortel ou pas mortels ont continuellement baissé en France depuis la deuxième moitié du 20e siècle parce que meilleurs réglementation de plus en plus de contrôle et ainsi de suite et depuis une dizaine d'années on constate que le nombre d'accidents mortels et d'accident tout court réagente et que le taux d'incidence c'est-à-dire le nombre de d'accidents par salariés à stagné donc là on est sur un plateau alors qu'on est toujours assez haut ça a arrêté de baisser donc ça devrait nous interroger il devrait y avoir des politiques publiques qui devraient être menées contre ça elle est maladie professionnelle augmente également l'une des plus significatives d'augmentation concernent les TMS les troubles musculo-squelettiques et aussi les risques psychosociaux on a 650 000 accidents du travail par an en France 50% sont dues à des manutentions port de charge Lollo port de charge lourdes et autres 28% sont dus à des chutes de hauteur ou de plain-pied 8% des dommages causés par des outils et machines on a 600 à 700 morts je l'ai dit par accident du travail en France c'est quoi ça le risque routier et le principal risque mortel en France entre 20 et 30% des morts sont du risque routier là je parle d'accident du travail et pas d'accident de trajet donc les chauffeurs de poids lourds par exemple les chutes de hauteur représentent aussi 15% des accidents mortels la manutention même manuelle 13% les machines 10% et dans les secteurs les plus touchés celui qui est loin devant c'est agriculture sylviculture et pêche les marins pêcheurs étant la profession qui est la plus exposée au nombre de morts pour cent mille salariés 28 morts pour 5000 salariés dans ces secteurs là 14 ans et transports et 13 dans le BTP et en valeur absolue les secteurs les plus mortels sont le BTP avec 140 morts par an l'industrie 130 et les transports 110 pour les maladies professionnelles on est à 50 000 cas reconnus par an 50 000 soit plus de 130 par jour c'est énorme entre 250 et 400 morts par an dont la moitié sont liés à l'amiante on va en parler notamment je pense avec Annie du scandale de l'amiante il y a entre 5 et 7 morts par semaine de maladie professionnelle donc quasiment un par jour en majorité dans la métallurgie pour 30% et le BTP pour 22%, il y a entre 1800 et 2000 cancers professionnels par an soit 5 par jour dont 75% sont liés à l'amiante qui continuent et qui continuera encore de faire des dégâts pendant des décennies on trouve aussi parmi les cancers professionnels des cancers de la peau causés par le soleil dans l'agriculture et le BTP causées par les pesticides dans l'agriculture les cancers du nez à cause des poussières de bois les cancers du poumon à cause des poussières de roche les cancers causés par le radon dans les zones concernées 90% des maladies professionnelles pour le coup toute la celles qui sont mortelles sont des troubles musculoosquelettiques ce qui va être le mal du XXe siècle donc 45% entraînent des incapacités permanentes tendinites épicondylite syndrome du canal carpien mode DOS tous les secteurs sont touchés certains postes en particulier les caissières les aides à domicile encore une fois tous les les métiers du service qui nécessitent encore en plus de des ouvriers classiques en industrie qui nécessitent des gestes répétitifs et pénibles et l'autre mâle du 21e siècle c'est les troubles psychiatriques et les risques psychosociaux qui sont en forte augmentation syndrome d'épuisement professionnel syndrome anxieux-dépressif syndrome causé par le harcèlement moral pour la première fois en 2019 le nombre de maladies professionnelles psychiques reconnues par les comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles à dépasser les 1000 par an 1051 l'année dernière en 2019 pardon alors qu'on en comptait 422 en 2015 et 54 en 2010 donc on a eu plus de plus de 150% des risques psychosociaux en disant et puis parmi les autres maladies professionnelles on a les surdités les allergies les affections de la peau comme l'eczéma les asthmes les rhinites tout un tas de maladies donc 50000 par an encore une fois c'est beaucoup trop et tout ça ce ne sont que les chiffres officiellement comptabilisés puisque tout n'est pas comptabilisé on sait qu'il y a des noms déclarations et des sous-décrations notamment dans les maladies professionnelles on sait qu'il y a des maladies qui vont rester dans le domaine privé qui vont jamais être déclaré dans les accidents on sait qu'il y a des secteurs on sait qu'il y a des entreprises qui font tout pour ne pas avoir les déclarer qui disent aux salariés de rentrer chez lui et de se mettre en arrêt maladie classique sans le déclarer parce qu'il y a pas d'obligation enfin on va dire que l'obligation est pas vraiment respecté pour les employeurs et qui est un peu personne pour la pénaliser derrière donc pour cette conférence il y a plein de pistes de réflexion qu'on a identifié tous ensemble sur justement qu'est-ce qu'on pourrait faire pour tendre vers le zéro accident du travail et maladie professionnelle tout d'abord renforcer les règles de sécurité et de prévention dans le code du travail créer une obligation générale de sécurité qui soit pénalisée dans le code du travail et les obligations particulières de sécurité car trop souvent les situations concrètes de danger échappe au droit il faut une réelle évaluation des risques et une réelle traçabilité d'exposition tu vas en parler aussi Annie avec une pénalisation des employeurs en conséquence il faut réformer les incriminations pénales pour qu'elles soient mieux adaptée aux poursuites contre les employeurs qui ne respectent pas la santé sécurité au travail les délits de missiles à volontaires et de mise en danger de la vie d'autrui ou de non-respects des règles de sécurité ne sont pas adaptés ou pas dissuasifs on le verra il y a très peu de condamnations très peu de poursuites d'abord ensuite très peu de condensation et quand il y a des condamnations c'est pour des entreprises qui font des millions des milliards d'euros de chiffre d'affaires c'est des quelques amendes de milliers dizaines de milliers ou centaines de milliers d'euros et pas de prison du coup pour une personne morale donc c'est pas du tout dissuasif faire de la poursuite des infractions en santé sécurité au travail une priorité de politique pénale des parquets ce qui suffit pas d'avoir une loi et des obligations à respecter encore faut-il d'une part que ce soit contrôlé par l'inspection du travail ou par les enquêtes de police et surtout que ce soit poursuivi ensuite par les parquets trop souvent les constats d'infraction à la santé sécurité au travail finissent dans les enfin voilà au nombre d'inspecteurs du travail peuvent en témoigner finissent dans les poubelles des parquets et des procureurs un peu partout en France donc renforcer également les moyens de l'inspection du travail puisque là aussi il suffit pas d'avoir des obligations et des lois encore faut-il avoir des gens pour les faire respecter sur le terrain en nombre suffisant avec des moyens avec des pouvoirs dont les constats seraient suivis par les parquets renforcer et réformer le régime civil d'indemnisation des accidents du travail des maladies professionnelles ce que en France on a la particularité d'avoir un régime qui est un de ceux qui rembourse le indemnise le plus efficacement on va dire les salariés pas le mieux mais le plus efficacement parce que la réparation est automatique et forfaitaire mais par contre on a un problème c'est que il induit une déresponsabilisation et une dépénalisation totale du des responsables et il empêche également qu'il y a une réparation totale des préjudices ce qui fait que les Français ne sont pas non plus les meilleurs remboursés c'est un système qui a plus de régime qui a plus de 100 ans et qui qui devrait être réformé qui aurait dû être réformé depuis longtemps qui était en avant-garde à l'époque en 1898 quand il a été créé et qui maintenant est à la traîne il faut renforcer également les institutions présentatives du personnel et les syndicats parce que c'est ceux qui sont en première ligne dans les entreprises pour être un contre-pouvoir à la aux décisions des employeurs sur la santé et la sécurité au travail les inspecteurs du travail sont pas toujours là sont pas partout et non pas tous les pouvoirs donc faire en sorte d'avoir dans toutes les entreprises des syndicats forts avec des pouvoirs avec des droits de retraite des droits de veto pour empêcher que les accidents puissent se produire limiter ou interdire la sous-traitance qui sert à externaliser les responsabilités qui servent externaliser les risques et qui fait que quand il y a des condamnations encore une fois ça va être le petit sous-traitant qui va être condamné par le gros donneur d'ordre qui est derrière voir ce qu'on peut faire avec les protections apportées par le droit international et le droit européen là c'est Marina notamment qui va intervenir dessus et puis réformer les divers institutions qui sont chargées de la prévention en France CARSAT médecine du travail INRS ANAC et ainsi de suite on a pas mal d'institutions qui sont chargés pas mal de choses mais surtout du déclaratif surtout du on a un problème de la médecine du travail qui n'est pas indépendante en France qui est lié au pouvoir patronal qui est financé par le pouvoir patronal et qui ne peut formuler aucune injonction aucune aucun pouvoir de retrait aucun pouvoir de changement dans l'entreprise donc il y aura aussi tout ça réformé voilà je vais laisser la parole à nos quatre intervenants en commençant par Annie merci Ulysse bonjour à tous et à toutes moi je vais intervenir en fait un peu en deux temps tout d'abord pour reprendre un certain nombre de faits marquants emblématiques de la mise en danger des travailleurs et des travailleurs sur les lieux de travail et puis dans un deuxième temps je reviendrai sur les pistes d'action dont Ulysse a déjà parlé parce que je pense que c'est important de lier ce qu'on voit et comment réagir alors une des premières choses sur lesquelles je voulais intervenir c'est ce que nous appelons alors je vais peut-être évoquer le fait que je suis à la fois chercheur en santé publique et santé au travail depuis très longtemps et j'ai des engagements également depuis très longtemps sur ces questions là dans le cadre de plusieurs associations dont deux l'association Henri pèsera Santé Travail environnement en repèsera était un toxicologue qui a beaucoup travaillé qui a été le lanceur d'alerte sur l'amiante et l'association fonctionne comme un réseau de soutien au lutte pour la santé en rapport avec le travail et l'environnement et l'autre association dont je suis dans laquelle je suis très active c'est banal vaisseau France qui veut dire interdire l'amiante qui fait partie d'un réseau international d'interdiction de l'amiante dans le monde et nous nous sommes battus pour l'interdiction en France et malheureusement nous sommes très très loin d'avoir éliminer le risque amiante depuis l'interdiction qui a eu lieu en 97 donc c'est au double titre de chercheur et de militantes que je reprends ici un certain nombre de problématiques sur la santé au travail et pour moi l'une des premières problématiques c'est la ce que nous appelons la désorganisation du travail par la sous-traitance et le travail temporaire pourquoi la désorganisation parce que en fait l'objectif de la sous-traitance et du Travail Temporaire c'est de faire en sorte que les donneurs d'ordre ce que vient de dire Ulysse les donneurs d'ordre n'est pas à prendre en compte les conditions de travail sur le travail qu'ils ordonnent évidemment dans le cadre des contrats de sous-traitance j'ai même vu des entreprises j'ai beaucoup travaillé sur la sous-traitance dans la maintenance des centrales nucléaires et une des entreprises avaient une publicité disant s'adressant aux donneurs d'ordre et disons sous traiter vos accidents au moins c'est clair ils sont là pour sous-traiter pour endosser les accidents que les donneurs d'ordre ne veut pas reconnaître comme étant liés à leur activité alors un tout petit recul historique parce que je crois que c'est important en 1840 il y a une interdiction du marchandage de main d'oeuvre or la sous-traitance et l'intérim qu'est-ce que c'est si ce n'est du marchandage de main d'oeuvre on fait un saut dans le temps jusqu'aux années 70 en 1972 il y a une légalisation de l'intérim parce que manpower et d'autres grandes entreprises du Travail Temporaire ont commencé à investir le marché français du travail temporaire et que les le gouvernement de l'époque considère qu'il faut légaliser pour donner un semblant de l'égalité à quelque chose qui est pourtant toujours interdit dans le code du travail à savoir le marchandage de main d'oeuvre et en 75 la légalisation de la sous-traitance qui est une autre variante de marchandage de main d'oeuvre à partir de là alors tout ça a été habillé du terme de flexibilisation du marché du travail que vous connaissez bien et en fait la flexibilité d'abord faire exploser les collectifs de travail et affaiblir tout le travail syndical qui avait quand même été notamment sur le versant des conditions de travail très actifs pour obtenir un certain nombre de droits qui a culminé avec les nouveaux droits des travailleurs au début des années 80 alors du point de vue de la Santé au Travail et de la santé des travailleurs et des travailleuses quatre conséquences majeures la première c'est la disparition de tout espace de négociation entre celui qui prescrit le travail et celui ceux qui l'exécute c'est à dire que c'est devenu un marché le travail en quelque sorte disparaît du marché de sous-traitance entre le donneur d'ordre et les sous-traitants il y a une enveloppe et dans cette enveloppe doit rentrer doivent rentrer le sous-traitant doit faire entrer l'employeur tout ce qui concerne la prestation de travail qui est donc une prestation marchande mais du coup tout ce qui concerne les conditions de travail tout ça ne figure pas évidemment dans ce marché ça entraîne évidemment une déresponsabilisation des donneurs d'ordre d'autant plus forte que ça affaiblit singulièrement les institutions représentatives y compris au niveau des deux des donneurs d'ordre et on arrive à ce que dans un article j'ai intitulé l'invisibilisation du travail des conditions de travail des travailleurs eux-mêmes et des mots du travail c'est à dire que en fait quand il y a un accident quand il y a une maladie professionnelle elle est imputée quand elle l'est aux sous-traitant elle ne l'est jamais ou donneur d'ordre et on a donc des statistiques d'accident du travail qui montrent que les grandes branches comme la chimie la métallurgie ont des scores en termes d'accidents du travail et surtout de maladie professionnelle bien meilleure que les entreprises du secteur inter-entreprise etc troisième conséquence très importante c'est ce que j'ai appelé la perte de mémoire des installations industrielles c'est-à-dire que quand on fait intervenir des sous-traitants dans la maintenance par exemple ou sur un chantier du bâtiment quand on est dans des cascades de sous-traitance il est évident que à la fin du chantier à la fin de l'opération de maintenant plus personne ne sait qui a fait quoi et dans la maintenance des sites industriels c'est dramatiques et le l'explosion d'AZF est une illustration de cette perte de mémoire qui fait que après la catastrophe d'AZF le désastre d'azef personne n'était capable de réconstituer ce qui s'était passé exactement ce matin là sur le site AZF total AZF donc les accidents industriels sont évidemment une conséquence directe de la sous-traitance je voudrais ensuite aborder un autre point majeur qui est lié à la sous-traitance par la Division des risques la division sociale du travail et des risques par la sous-traitance et l'intérim qui est le déni de la montée des périls chimiques des de tout ce qui concerne l'exposition à des risques toxiques qui est là encore très invisibilisé sur les sites et avec des conditions de travail qui sont des infractions caractérisées au code du travail mais comme ces risques sont sous-traités en fait ils sont très très mal pris en compte au niveau des sites au niveau des filières de sous-traitance parce que ça touche aussi la grande distribution ça touche la fonction publique la sous-traitance n'est pas réservée malheureusement au secteur privé et en fait j'arrive à quelque chose auquel je tiens beaucoup qui est l'invisibilité des cancers professionnels les chiffres qui sont donnés par l'assurance maladie sont extraordinairement bas par rapport à la réalité de ce qu'est le cancer le cancer actuellement on est passé de 150 000 nouveaux cas par an en France dans les années 80 à 400 000 nouveaux cas par an sur ces 400 000 nouveaux cas on a moins de 0,5% reconnu en maladie professionnelle alors que on le sait par des enquêtes comme les enquêtes du ministère du Travail et des enquêtes auxquelles je participe sur les cancers professionnels dans les hôpitaux on a au minimum plusieurs centaines de milliers de cas qui devraient chaque année être reconnu en maladie professionnelle et je vais pas m'étendre l'amiante est un peu l'arbre qui cache la forêt parce que il y a des centaines voire des milliers de substances toxiques qui sont identifiés au niveau du Centre international de recherche sur le cancer et au niveau de la législation européenne qui ne sont pas du tout prise en compte dans les tableaux de maladie professionnelle on a que deux 22 ou 24 maintenant peut-être tableau de maladies professionnelles dans lesquelles les cancers sont reconnus mais c'est une infime minorité de ce qui devrait être inscrit dans les tableaux de maladies professionnelles et comme la santé des travailleurs et la sentinelle de la santé environnementale c'est Henri pèsera qui disait ça un autre symptôme par rapport au cancer est très inquiétant c'est la multiplication des cancers d'enfants avec des lieux où on commence à repérer que ils sont associés à des pollutions caractérisées je prendrai un seul exemple celui de Santa auprès de Nantes ou on a au moins trois types de cancérogènes avérés chimiques avec des pesticides mais aussi une entreprise de traitement de bois qui a utilisé des pesticides extrêmement dangereux dont le lindane qu'on retrouve dans l'école des champs électromagnétiques avec des lignes à haute tension qui passe sous l'école et plusieurs cas ont été repérés parmi les enfants de l'école maternelle et enfin des problèmes de radioactivité de radon également dans cette école on est en train d'élargir un peu la recherche pour essayer de comprendre ce qui se passe mais en quelques années c'est 25 cas de cancer chez des enfants de moins de 15 ans donc là il faut qu'ils arrêtent d'invoquer le tabac il faut pas faire porter au tabac plus que ses péchés déjà pour les travailleurs c'est une honte qu'on ne regarde pas les cancérogènes professionnels mais pour des enfants c'est encore pire alors les pistes d'action je vais aller très vite parce que Ulysse en a déjà évoqué plusieurs je voudrais insister sur l'importance des mobilisations syndicales et syndicales et associatives parce que on sait que c'est mobilisations ce qui s'est passé pour l'amiante mais il y a bien d'autres exemples au niveau local ou l'alliance entre des syndicats des associations des scientifiques ou des professionnels de la santé au travail et des juristes permettent de faire bouger les lignes et là je voudrais insister sur une revendication qui touche aussi le l'aspect politique c'est que les ordonnances Macron supprimer les CHSCT après de multiples réformes du Code du travail qui sont une honte pour notre pays mais les CHSCT sont vraiment une une mesure extrêmement destructrice et contre il faudrait vraiment qu'on monte au créneau à la fois du point de vue des revendications et des mobilisations mais aussi au niveau politique je voudrais revenir aussi sur la modification du code pénal pourquoi est-ce que les cancers professionnels sont à ce point invisibles parce qu'il y a un délai entre le moment de l'exposition et le moment de survenu des symptômes pour l'amiante pourquoi est-ce que les industriels ont pu aussi longtemps faire illusion avec la mystification de l'usage contrôlé de l'amiante parce que il faut plusieurs décennies pour que les cancers de l'amiante se déclenchent on est aujourd'hui à 3000 décès par an liés à des cancers associés à l'exposition à l'amiante il y a donc une situation où des industrielle savent pertinemment que ceux qu'ils utilisent ce qu'ils utilisent en production ce qu'ils vendent sur le marché sont des produits dangereux les pesticides c'est exactement la même chose que la miante et il y a de très nombreuses substances toxiques comme le trichlo la radioactivité le benzène certains composés de peinture les métaux lourds et j'en passe pour lesquels le raisonnement des industriels et le même donc il y a un avocat Jean-Paul Tessonnière que certains d'entre vous connaissent sûrement qui avait évoqué la possibilité de construire une loi une nouvelle article du code pénal en prenant appui sur une notion qui serait le consentement meurtrier c'est à dire que il y a un vide juridique sur le fait que un industriel peut se permettre de continuer à produire quelque chose pour lequel il sait sciemment délibérément que c'est un produit toxique cette notion de consentement meurtrier si elle était introduite dans le code pénal nous permettrait d'avoir une incrimination pour crime industriel crimes sociales crimes environnemental enfin la dernière le dernier élément sur lequel j'aimerais qu'on réfléchisse parce que c'est aussi à la fois la mobilisation à la fois l'inspection du travail à la fois des alertes qui peuvent venir du mouvement associatif c'est le fait que on cesse d'appeler un accident industriel accident c'est un désastre le terme de désastre on l'utilise maintenant dans nos réseaux internationaux pour désigner ces situations où je dirais toutes les conditions de possibilités nous les avons étudié nous les avons publié il y a des livres qui sont sortis en français en anglais mon livre travaillait peu nuit aggravement à votre santé et sur ce registre là un des astres c'est quelque chose dont on sait que ça peut se produire et d'ailleurs ça se produit Lubrizol AZF Notre-Dame et les quelques milles ou 1500 accidents désastre sur des sites césvesaux en France chaque année sont les résultats de tout un ensemble de négligence sur lesquelles il faut agir sur lesquels les les corps comme l'inspection du travail les inspections comme la Dréal ont un pouvoir d'agir et il faut absolument que là-dessus il y a un renforcement des règles et des contrôles et des sanctions beaucoup plus lourdes je terminerai par quelque chose dont je suis en train de m'occuper à mon corps défendant c'est que un ancien porte-avions français le Foch qui est le frère jumeau du Clemenceau qui avait été vendu au Brésil il y a quelques années enfin au début des années 2000 avec une clause dans laquelle la France devait donner une autorisation si le bateau était envoyé pour une déconstruction dans les conditions du Clemenceau les plus âgés d'entre vous se souviennent de la saga du Clémenceau qui aboutit quand même à son retour en France parce qu'il ne respectait pas les normes internationales avec tout un réseau international nous sommes en train de nous battre pour que ce bateau ne soit pas en Turquie où il serait désamiés ou des amiés et dépolluer dans des conditions absolument catastrophiques nous avons essayé de d'intéresser les journalistes en France enfin un peu partout en Turquie il y a une mobilisation qui est en train de se construire et je fais appel à la mobilisation et à la solidarité parce qu'on va certainement en ré-envoyer un appel il y a eu on a fait une lettre ouverte à Macron il y a trois semaines Macron a évidemment pas répondu et en fait il faut que on arrive au niveau européen a fait appliquer à ce que les règlements européens sur le démantèlement des navires soit impliqué c'est un bateau emblématique une fois de plus mais il faut savoir que là aussi les conditions de travail sont des conditions de travail de travailleurs qui sont en sous-traitance de nos entreprises il y a une récupération d'acier je ne sais pas qui récupérera l'acier de ce bateau pour le Clémenceau c'était tissengroup il y a d'autres sidérurgistes qui sont à l'affût de ces bateaux qui sont envoyés dans des pays où évidemment les conditions de travail sont encore pires que celles qu'on connaît en France voilà je vous remercie [Applaudissements] merci Annie pour revenir ce que tu sur ce que tu as dit et par rapport au programme de la France insoumise sur le sujet dans le programme on limite la sous-traitance à un seul niveau pour éviter justement toutes les problèmes de sous-traitance en cascade on rétablit évidemment les CHSCT on leur donne un pouvoir de retrait des salariés qui sera en situation de danger et un pouvoir de veto aussi sur toute décision de l'employeur qui serait contraire à la santé sécurité du travail sur le les cancers professionnels on inclut aussi tout ce qui toute la liste du cierc comme substance cancérigène dans les facteurs de risque de maladies professionnelles et puis pour l'histoire de sainte-pazan dans le 44 on a au moins un député du 44 qui est là en Dicaire Brad que j'ai vu je sais plus où il est Andy tu lèves la main il est parti en tout cas on pourra toujours en parler avec lui voilà on a trois députés dans le 44 donc ils pourront se saisir du sujet Gérard à ton tour bonjour à toutes et tous merci de votre invitation c'est la deuxième année je réponds avec plaisir merci pour ce chiffre Ulysse au début ça m'épargne de je les avais tous là j'allais dire un par un donc tu as tout dit groupé j'ajouterai un truc peut-être c'est il y a 700 suicides liés au travail chaque année et pas toujours reconnu un essuie au travail ça me souviens d'une d'une réunion émouvante d'un CHSCT dans les PTT parce que le salarié avait quitté son boulot mais il était rentré chez lui ce pendre avec un câble France Télécom et il contestait le fait que ce soit un accident du travail la séance du CHSCT était une des plus éprouvantes auxquels j'ai assisté pour arriver à ce qui est une commission d'enquête et à ce qu'on fasse la part des choses pour que ça soit indiscutable que c'était lié au travail deuxième chiffre parce que tout cela il faut les mettre dans notre communication mais l'OIT dit répète qu'il y a deux millions de morts chaque année liés au travail plus que par les guerres et c'est il y a une espèce de c'est pas un consensus c'est un bourrage de crâne qui revient à dire que en gros on est plus sous Zola il y a les mineurs et puis aujourd'hui c'est fini parce que quand même c'est moderne on travaille plus autant encore que et donc c'est l'idée que tout ceci n'a plus l'importance que ça avait et alors par contre tous ceux-là qui dit ça sont prêts s'attendrir sur les circonstances du passé et à dire plus jamais ça mais sans prendre aucune mesure qui soit concrète et applicable aujourd'hui la naissance du Code du travail c'est 1910 des 11910 et c'est suite quatre années avant un choc émotionnel dans le pays à propos de la catastrophe de Courrières alors ça tout le monde connaît on devrait connaître une fois je me suis fait reprendre parce qu'on m'a dit je disais sur un coup de grisou non non c'est un coup de poussière c'est pas un coup de grise ou mais il y a quand même eu 1099 morts d'un seul coup et le patron avait laissez effiler en disant qu'on va continuer le travail et refuser qu'on recherche les survivants on était le 15 mars 1906 et le 31 mars et le 30 et 31 mars 14 survivants sont sortis par leur propre moyen et un 15e le lendemain alors qu'ils étaient considérés comme abandonné est mort et le choc a été tel enfin il y avait pas BFM TV à l'époque mais le choc a été tel dans tout le pays que il y a des déclenchements de grève une émotion considérable et en gros l'idée c'était plus jamais ça première fois c'était formulé comme ça face à un accident industriel de masse dont la responsabilité de l'employeur était indéniable et c'est à partir de ce moment-là qu'il est né le principe on va donner des droits et protéger les salariés face aux exigences des entreprises en gros c'est ça l'idée de base c'est qu'on donnait soudainement la priorité aux humains sur l'entreprise philosophie générale mais importantes dans les têtes de millions de gens jusqu'à ce que un certain 15 septembre 2015 on est un président de la République qui disent nous allons adapter les droits des salariés aux besoins des entreprises c'était François Hollande avant la loi el khomri et ensuite Macron penico etc j'avais dit à l'époque que l'homme faisait un une trahison pas seulement dans son propre quinquennat mais sur un siècle d'histoire et de conception du droit du travail un siècle de progrès plus ou moins pour les maladies professionnelles pour le les accidents pour la souffrance au travail l'idée générale était que cette vie nous progrès à faire que le cas du travail sera lundi de tout progrès de civilisation comment on traite son salarié dans un pays en fait comment on traite les citoyens ce sont les salariés qui produisent toutes les richesses on remet toujours les choses à sa place un patron ne donne jamais rien c'est vous il vous achète votre force de travail vous travaillez pour lui il fait le maximum de profits et le capitalisme c'est la recherche du profit maximum il fait le maximum de profits sur vous en fait c'est vous qui payez pas lui qui vous donne quelque chose c'est vous qui le payez et rétablir cette conscience et rétablir l'idée que l'humain dans l'entreprise c'est le premier c'est pas la variable d'ajustement ou la dernière roue du carrosse ou celui qui de toute façon vu qu'on est passé au 35 heures devrait bosser un peu plus l'histoire de Courrières et pas seulement gravée dans les mémoires allez dans les principes de ce que nous défendons tous en droit et de ce que nous voulons faire progresser en droit et bien sûr en pratique ce que l'inspecteur du travail que je suis pendant 30 ans connaît la différence entre le droit et la pratique c'est toujours dit qu'il y avait un patron sur deux qui était un délinquant une fois l'AFP m'avait repris m'a dit vous êtes sûr sur deux j'ai dit oui je me suis trompé c'est plutôt 2 sur 3 mais c'est cette façon là parce que de toute façon vous prenez les heures supplémentaires il y a deux patrons sur toi qui les paie pas donc c'est un délit et puis ne pas payer les heures supplémentaires de ceux qui vous sont subordonnés on peut tout de suite considérer que dans l'ordre des délices c'est un délit particulièrement dégueulasse du point de vue moral donc dire qu'il faut défendre les humains les salariés face à l'entreprise et le principe qui a été quand même en vigueur presque un siècle jusqu'à ce que les lois et le khomri récemment et puis Nico et Macron et il nous en prépare d'autres pour la rentrée ne casse cela bon bah première chose alors ensuite je suis content des concerts professionnels je vais faire une confidence mais qu'il en est pas une bon mon vieux père menuisier est décédé d'un cancer du sinus on n'a pas dit qu'il y avait un concert professionnel on dit qu'il fumait trop mais alors que chez les menuisiers la statistique est imparable c'est les poussières de bois qui vous donnent ce type de cancer donc il est décédé sans avoir été une seule seconde reconnue comme les conséquences du travail qu'il avait fait entre menuiser toute sa vie voilà absolument alors le c'est quelque chose parce que c'est plus les coups de poussière qui tuent ou les coups de grisou c'est les AVC et les accidents cardiaques et le totalitaire des morts de l'amiante 3000 par an depuis 30 ans on est à 100.000 c'est un chiffre qui est quand vous prenez de plein fouet absolument incroyable comment une société peut-elle nous pas parler tous les jours du fait qu'elle a 100 000 morts au travail dû à l'amiante un seul des produits je parle pas des autres et donc l'exposition risque professionnel devrait être quelque chose de profond et j'ai il y a un petit site qui dit calcule tous les accidents au fur et à mesure là on doit être à 250 depuis le début de l'année en fait on est 550 en fait donc 300 chutes dans le bâtiment en parlera mieux que moi et quand c'est pas des chutes c'est de l'enfouissement et la plupart de ces accidents sont un principe de précaution élémentaire peut permettre de les éviter il y a pas de fatalité la mort au travail il y a pas de fatalité et la façon dont on en parle pas dans ces banalisé donc il y a un petit entrefilé dans la PQR quand il y a un jeune qui meurt dans un accident du travail là vous avez un jeune qui c'est encore tué sur son vélo à deliveroo en livrant tout ça pose un c'est pas un accident du travail puisque son contrat est un contrat commercial il est même pas censé avoir un contrat de travail donc la façon c'est profondément banalisé donc faut réveiller cette question des cancers et des maladies professionnelles qui sont probablement en France les plus sous-estimés d'Europe c'est-à-dire qu'il y a des systèmes ailleurs qui permettent de les reconnaître plus facilement sans inscrire des tableaux avec des listes et puis des conditions pour que ça soit reconnue parce que quand vous parfois vous avez le coude gauche qui est pas encore suffisant faut avoir le poignet gauche et puis le poignet droit est vraiment quand le bras droit est mal on vous reconnaît la maladie le TMS quoi j'ai vu des des femmes qui faisaient des le même mouvement pour faire des trousses de toilette et j'ai vu une femme de 55 ans qui venait me boire et j'ai dit elle avait plus que la main gauche de opérationnel il dit mais pourquoi vous attendiez sous longtemps bah dis bah j'ai fait mes calculs entre la cotoreps que j'aurais eu en indemnité je pouvais pas continuer à vivre donc j'ai continué à user mes mains parce que c'était ma façon de continuer à vivre si je ne le faisais pas je n'étais pas elle disait pas comme je l'ai dit tout de suite je n'étais pas réparé pour la maladie professionnelle que j'avais à hauteur de ce que c'était tout le monde se souvient qu'à zedef que tu as cité les salariés victimes ont été entre guillemets moins à leur famille moins indemnisés que les automobilistes qui passaient sur l'autoroute à côté qui était couvert par leurs assurances cercle accident du travail je parle toujours de mon ami Michel Bianco qui est dans le sud côté de Marseille son fils Jérôme a 36 ans est tombé du sixième étage 32 ans tombé du sixième étage il a fait 6 ans de procédure il est maintenant pour une condamnation pour faute inexcusable de l'employeur parce qu'il y avait pas de garde de corps je crois que c'était 3600 euros c'est à dire que face à de si faible condamnation et sanction et ainsi répréhensible complicité pas complicité mais silence dans le pays sur dès qu'il y a un accident du travail vous paierez pas ça en une du journal télévisé quoi c'est même quand il y a eu deux inspecteurs du travail tué Poivre d'Arvor avait fait une brève à l'oral à 8h30 alors qu'il avait les images depuis le début du journal donc c'est la chose ensuite après deux choses parce que la sous-traitance moi je plaide depuis 30 ans maintenant pour que dans tous les programmes de gauche et maintenant c'est dans la nuit pêche et je m'en réjouis que tous les programmes de gauche inclus bien les choses un seul niveau de sous-traitance à ma connaissance ça existe déjà en Allemagne 2 que le sous-traitant soit le temps de la mission aligné sur la convention collective du donneur d'ordre ça existe en théorie pour le gars qui fait un CDD j'ai mis en théorie parce que je suis bien placé pour savoir que c'est violet mais théorie vous êtes CDD vous êtes avec le même salaire que celui que vous remplacez et dans les mêmes conditions de convention collective que celui que vous remplacer pourquoi ne serait-ce pas le cas quand c'est une entreprise utilisatrice avec une entreprise intervenante et on peut aligner la convention collective le temps de la mission sur celle du donneur d'ordre ensuite la la façon dont le donneur d'os là tu le dis doit être traité c'est qu'il doit être responsable juridiquement financièrement économiquement et pénalement de tout ce qui se passe sous ses ordres bon une seule fois dans ma carrière c'était un mort par accident au CNAM j'avais réussi à ce que il y a 12 donne tous les chefs des donneurs d'ordre depuis le public qui avait initié les travaux ils étaient 12 pour une fois le juge avait entendu il avait convoqué toute la chaîne de donneur d'hommes mais ça ne se fait pas en tant qu'ordinaire et donc ça ça ne peut pas être laissé à l'appréciation d'un d'un juge au hasard d'une cour donc et puis ensuite après faut reconnaître le les unes ce qu'on appelle les unités économiques et sociales parce que souvent bon c'est valable dans toutes les chaînes de enfin moi je pensais souvent parce qu'il y a des maladies professionnelles chez les coiffeuses et les salons de coiffure tout à fait considérables avec les produits utilisés et ben vous prenez pour pas citer biguine si vous avez biguine comme coiffeur il doit avoir 2000 antennes mais ils sont 2000 établissements de -10 il y a pas de comité d'entreprise il y a pas de délégué du personnel il y a pas de comité je viens de sécurité il y a aucun moyen parce que ils sont tous franchisés donc faut facilement reconnaître ce qu'est une unité économique et sociale si vous donnez l'inspecteur du siège la responsabilité de reconnaître c'est une inspecteur une système économique le juge peut donner un avis contraire mais du coup c'est plus facile aujourd'hui c'est très difficile de faire reconnaître une unité économique et sociale même un McDonald's nationalement c'est pas tant c'est pas encore fait donc ça ça c'est un système pour combattre la sous-traitance qui est génératrice de tout ce que tu as dit Annie et après je voulais parler puisqu'on est d'actualité sur la chaleur c'est extraordinaire les médias en ce moment et il vous avez tout la canicule en moi aussitôt vous pose soit la fontaine du Trocadéro soit quelqu'un qui souffre beaucoup et qui va se rafraîchir on vous parlait évidemment ça c'est légitime des EHPAD mais pratiquement jamais des salariés face à la chaleur or la chaleur tue il y a pas que la police qui tue chaleur tu et donc la chaleur alors j'ai étudié parce qu'il y a en 2020 il n'y a que 12 morts reconnus par la chaleur en français coup de chaleur dont un Colombien c'est Tera Fundis qui était venu qui ramassait des melons dans les Bouches-du-Rhône et c'est des sylviculteurs et puis des des agriculteurs et puis au total 12 morts sont clairement morts de la chaleur au travail la vérité c'est que c'est plus la vérité c'est que c'est plus c'est dans le bâtiment et ailleurs cet été j'étais chez un ami qui est conducteur de travaux il me dit oui mais ils ont pris des mesures ils ont interdit maintenant qu'on est des manches courtes et qu'on est des shorts et donc pourquoi ah bah comme ça vous avez pas de cancer de la peau évidemment ça va bien en fait de canicule de prendre des mesures de ce type et alors je me suis fait allumer en début de l'été parce que j'ai dit bon au dessus 35 degrés personne ne travaille plus ceux qui sont à la construction savent que 35 degrés c'est largement dépassé et souvent comme inspecteur de travail il met arrivé de rentrer mais dans une cuisine de restaurant et de comme c'était à 50 degrés d'avoir la chemise qui fondait immédiatement et comment vous voulez vivre longtemps en une seule heure à 50 degrés ce que vous avez des bons ciné qui sont les réseaux qui vont mais comment il faut en Afrique et en Espagne bah il meurt plutôt il meurt plutôt ah oui mais ils adaptent les heures ah bah oui on peut adapter les horaires ah oui mais c'est dans certains cas il y aurait dû bah oui on peut réduire les horaires et je m'étais fait allumer parce que je dis en Allemagne c'est 35 degrés alors j'ai eu droit à liber un toc je sais plus quoi français info etc qui m'ont fait début juin une leçon de ce qui était le droit du travail allemand même si j'avais un faible connaissance en allemand je me suis quand même fait traduire l'ordonnance avec le niveau de l'ordonnance que je leur ai envoyé qui dit que là-bas il y a des mesures à 28 degrés à 30 degrés et à 35 qu'à 28 degrés il y a plusieurs choses que vous voulez faire c'est adapter les horaires réduire les horaires faciliter si vous êtes en bureau la climatisation inclus mais faire qu'on travaille et à 30 il y a des mesures supplémentaires en termes de réduction d'horaires qui sont prises et à 35 alors c'est vrai tout salarié au dessus de 35 peut se retirer sans avec un droit de retrait sans être mis en cause et vous avez là les sources du législation mais dans le cas du travail français il y a plus de chiffres ça ça remonte à la reconndification il y avait le port des charges ils avaient même enlevé les kilos parce que vous disiez avant vous aviez un paquet de ciment de 25 kg c'était interdit plus et ben ils ont enlevé ils ont dit ah ça s'apprécie parce que vous avez des hommes forts qui peuvent porter des et vous avez parfois des femmes elles sont moins fortes n'est-ce pas et ben 25 kg c'est encore trop lourd donc vaut mieux pas mettre de chiffres pour laisser au juge apprécié et moi je suis pour un chiffre une valeur limite d'exposition même s'il y a un risque parce qu'après vous pouvez saisir le juge toi est-ce que sinon si vous laissez tout ça une chaîne d'appréciation qui va du contremaître au chef de chantier au patron et au juge inclus et ben vous avez pas les éléments d'appréciation et pour ça que je soutiens l'INRS qui dit qu'au sud 33 en France on doit plus travailler 33 degrés vous avez la la dame nationale qui dit 34 tout ça c'est discutable pourvu qu'il pourvu qu'il y a une loi auquel on peut se raccrocher ensuite et faire référence alors je sais bien que la loi fait pas tout parce que vous êtes largement dessus vous pouvez en dessous mais souffrir quand même mais un chiffre ça permet de voir où on met une limite et d'avoir une référence pour dire non on peut pas travailler dans n'importe quelle condition sous la chaleur et quand on dit qu'aujourd'hui les canicules se répètent et ben alors il faut de prendre des mesures pour les salariés madame borne monsieur du stop que font-ils pourquoi ne légifère-t-il pourquoi n'y a même t-il pas un débat dans les médias parce que les centrales CGT fait tu vas en parler des appels mais pourquoi n'y a-t-il pas un débat sur les conséquences pour 30 millions de salariés car nous sommes 30 millions de ce que la canicule ou le réchauffement climatique va produire c'est l'adaptation de tout le travail qui est en jeu et ça commence bien par à mon avis un chiffre et une discussion sur le chiffre et pourquoi et pourquoi on peut pas supporter d'avoir des le corps humain soumis au travail à des chaleurs pareilles donc je le dis parce que c'est un des projets de loi qui est en parlant on sort on est encore en plein été on va pas aborder les années qui viennent sans avoir mis ces choses-là à l'agenda alors du jour je dis bien on est 30 millions de salariés et les gens vous savez il y a les articles qui vous disent il y a plus de salariat mon oeil en 1910 il y avait 3 millions de salariés en 2010 il y a 30 millions de salariés à 30 millions qui n'ont que leur force de travail à vendre de l'ingénieur au balayeur de l'ingénieur au balayeur ils sont tous soumis à des règles terribles de travail quel que soit le cas et leur écart de salaire finalement il est assez court puisque 98% des 88% de salariés gagne moins de 3200 euros les salaires ont été compactés dans les 60 dernières années donc de l'ingénieur au balayeur face à la canicule il y a des conséquences et c'est des choses qu'on doit prendre on peut pas laisser se développer faut toujours s'emparer de l'actualité quand on veut faire bouger les choses là on a une actualité pour dire revenons à des normes revenons à des lois faisons que ce soit pas des accords d'entreprise parce que si vous laissez le restaurateur décidé de la température le gars il sera toujours dans une cuisine à 50 degrés sans qu'il y a la moindre la moindre effort et la moindre réduction du temps de travail par conséquent faut la loi et la loi doit s'imposer pas le contrat la loi lors portait sur le contrat et c'est un retour à des à Courrières c'est un retour avant Hollande c'est un retour en renforcement de la dignité au travail en même temps que de protection de nos vies de nos santé pour nous et pour nos enfants merci merci Gérard Frédéric à ton tour ah ouais comme ça direct après Gérard [Rires] moi modeste je suis qu'un gars de chantier au final après un bac moins 10 c'était CRS ou chantier on a pris l'honorable voilà alors vous m'excuserez pour [Applaudissements] alors je suis constructeur de route c'est pas par choix fallait manger mais au final on y fait sa vie parce qu'il y a une certaine ambiance il y a un certain collectif est en train de péter ma chaise il y a un certain collectif et des ambiances particulières qu'on peut retrouver dans différentes professions alors je vais reprendre une formule de je suis très bâtiment très haut public je vais reprendre une formule de Marion ménage qui est une avocate qu'on a chez nous à la Fédération et qui est en charge de des dossiers des morts au travail dans le champ BTP on est en moyenne sur 80 dossiers par an le j'aime bien s'informule parce que c'est c'est elle a dit c'est un 747 qui s'écrase par an uniquement dans la branche bâtiment travaux publics sans aucun survivant 747 plein il la sous-traitance vachement intéressante parce qu'en plus on a on a eu on a une péripétie avec Marina il y a quelques années sur sur Dunkerque parce qu'il y a sous-traitance et la collusion et voir la complicité aussi entre le grand patronat industriel français et grands manditisme européen champagne parce que là le nombre d'ukrainien qu'on a et qu'on retrouve sur les chantiers aujourd'hui il y a encore eu un décès donc on travaille avec les consuls concernés sauf que là le consulukrainien est un peu pris enfin voilà il y a d'autres mais le la filière des réfugiés sous les guerres ou la filière des salariés détachés on retrouve les mêmes au niveau des passeurs et tout ça et c'est du grand banditisme et et enfin le chantier du méthanier de Dunkerque contrefa c'est pas c'est pas le truc du coin qu'avait été maître maîtrise d'ouvrage cgrd c'est pas voilà c'est c'est on est on est on est dedans donc c'est un 747 il n'existe aucun recensement en France sur la sinistralité des salariés détachés ça n'existe pas les seuls indicateurs que l'on possède France je parle pas de rostade France qui est donc délivré par la CNAM foot le salarié soit au régime général alors tout ce qui est ubérisé auto-entrepreneur salariés détachés etc etc bon bah du coup ça passe ça passe sous silence nous la formule qu'on emploie et puis on attend d'être traduit en diffamation mais il y a pas moyen c'est que le carnage le carnage il est invisible est gratuit et ça pose pas de problème à grand monde a priori suffisamment le la banalisation de la mort au travail ça a été ça a été dit mais enfin nous on est confronté aux familles enfin je suis en charge de de défendre les intérêts soit des victimes soit de leur ayant droit par ma fédération c'est pas mal parce que c'est c'est enfin c'est riche il y a des chocs psychologues où on n'est pas forcément préparé mais en termes de rencontres c'est riche et l'anonymisation des victimes est insupportable pour les familles insupportables là il y a encore hier j'ai un gamin 19 ans est tombé du toit je regarde l'article assez c'est deux lignes il y a 10 mots quoi enfin on n'a pas on n'a pas le nom de la boîte on a à peu près le département on a l'âge de de du gars alors que dès que dès qu'on a un bleu qui décide c'est garde vous national quoi enfin il y a un moment donné nous on est 200 morts par an l'armée française alors c'est ça me gêne tout le temps un peu mais c'est plus pour mettre en perspective parce que c'est aussi une tragédie mais l'armée française était en conflit pendant 10 ans en Afghanistan c'est 78 décès c'est dramatique c'est dramatique mais c'est 78 décès nous on est entre 200 et 250 par an sans sans sans rien et en effet l'arsenal juridique et va pas dans notre sens et on y trouve une raison simple pour la réalisation d'ouvrage dans le bâtiment à 50% c'est de la demande publique et pour les travaux publics la maîtrise d'ouvrage donc c'est la sphère publique c'est nos impôts et les gouvernements qui décident collectivités locales etc région et tout etc c'est 75% de l'activité donc le législateur va quand même avoir du mal je suis d'accord sur tout ce qui a été dit et c'est ce qu'on leur propose mais le législateur va quand même avoir du mal à pondre des lois pour engager sa propre responsabilité en tant que maîtrise d'ouvrage et là le serpent se mord la queue c'est pour ça qu'on passe sous silence et la moins 10 ans dans les accidents du travail ou les désastres j'aime bien le les désastres du travail ou les maladies professionnelles la moins disant c'était dirigée en règle absolue quel que soit le métier quel que soit la profession quel que soit le voilà alors après on entend ouais mais les salariés organiques CDI sont mieux que les non non en travaillant ensemble c'est pas vrai il y a la classe prolétarienne et après il y a les mais les gros guillemets les élites selon où sont bien nés par des bien-être etc donc les c'est là où il y a un exemple la condamnation enfin la condamnation la blague de condamnation de de Bouygues sur LEPR Flamanville cette espèce de centrale qui nous coûte la peau des fesses qui marche toujours pas et il y en a encore pour 1000 ans alors c'est il y a eu beaucoup de morts mais ça pas été jugé là-dessus parce qu'on a pas eu plein de plainte nous on voulait y aller il y a pas eu plein de familles je pense qu'il est passé derrière il arrose c'est une pratique qui font qui font souvent bon là les familles ont accepté le l'argent parce que derrière faut manger enfin il y a ça aussi il a juste été condamné pour la fraude de la fraude aux salariat non déclaré etc etc mais c'était en millions URSSAF c'est un million il se fait rache féconder en première instance il se fait condamner en appel à hauteur de 29 500 euros sur l'argumentaire du magistrat qui stipule le groupe est trop gros si je condamne Bouygues au-delà 30 000 euros ce groupe ne pourra plus répondre aux appels d'offres publics donc au nom de l'emploi je le condamne à minima bon on arrive à le faire condamner avec la Cour de justice européenne avec la Cour internationale et ça mais en France il est il est hors condamnation on peut plus on peut pas le condamner enfin c'est des nous c'est des réalités qu'on a qu'on a qu'on a qu'on vit pas mal il y en a d'autres sur Vinci il y en a d'autres sur Eiffage on parlait de l'anonymisation il y a c'est pareil c'est coût de l'anecdote le pont de Millau ça parle à tout le monde le pont de Millau alors ça se passe entre professionnels les constructeurs sont une grande famille sa communique et tout la première comme qu'ils ont fait on a personne dans le pont on a personne dans les piles de pont parce que dans tous les ponts de France les grands dans tous les ponts de France on a des compagnons à nous tous et quand mio a été terminé la direction générale de Eiffage c'est la première comme qu'ils ont ce qui est vrai parce qu'on avait aussi des camarades sur place la première comme de Eiffage ça a été dire on a personne dans les piles de peau par contre tout le reste Normandie Nantes là on a des mecs et on n'arrête pas de couler de toute façon le gars il fait deux trois mètres avec le ferraillage il est déjà mort mais on va pas chercher le corps parce qu'on peut pas arrêter de couler parce que si on arrête de couler tout est à refaire et c'est trop cher enfin c'est ça notre arbre bon désolé de tomber l'ambiance mais c'est ça notre réalité et et le et le fait est que enfin ce qui est dramatique c'est que c'est inscrit dans notre dans notre dans notre culture c'est ça constitue notre fond d'écran moi ça fait plus de 30 ans que je bosse là dedans et quand je suis arrivé à l'âge de 19 ans - 10 bref quand je suis arrivé à l'âge de 19 ans et c'est séculaire si on se protégeait on n'était pas un homme alors c'était porté par les patrons bien sûr mais également par les collègues c'est séculaire c'est c'est ancien c'est c'est inscrit dans les gènes alors c'était entretenu et tout ce qu'on veut et sortir de ça en 20 ans on commence à à récolter un peu le fruit on le voit là sur la fréquentation des camarades dans les réunions sur la santé au travail le nombre le volume la conscientisation en train d'arriver internet a fait beaucoup de bien notamment chez les jeunes chez les plus jeunes qui veut dire moi je veux pas faire comme on perd j'ai vu comment comment ça s'est fini pour lui voilà on va on va faire les choses autrement donc on est du coup on est plutôt optimiste avec la nouvelle génération qui arrive qui qui eux disent pas attends moi la vie c'est pas tartiner des parpaings toute l'année faire que ça et être crever dessus j'ai aussi envie de profiter de ma famille des loisirs et tout etc et ça c'est un peu c'est un peu c'est un peu vivant ce qui ce qui explique en grande partie la difficulté des des recrutements actuellement alors pas que dans le BTP mais à peu près tous les boulots un peu merdique ou on a eu confinement on a eu le temps de gamberger sur ce qu'on voulait faire ou pas demain donc il y a voilà il y a des notes il y a des notes positives le CHSCT est mort comité d'hygiène sécurité des conditions de travail CHSCT est mort vive le CHSCT bien sûr qu'on revendique qui soit remis en place mais bon enfin si c'est comme la reconquête de la sécurité sociale je pense que dans 1000 ans face à mobilise pas les foules faut dire ce qui est nous on arrive à mobiliser les salariés et encore quand l'aventure humaine collective est bien en place et qu'elle s'entretient au quotidien donc c'est pas le cas partout bien sûr mais il y a quand même de belles histoires et elles sont nombreuses on mobilise quand il faut défendre un des nôtres on y arrive on mobilise sur les salaires mais on a encore énormément de mal à mobiliser sur sur la santé et encore plus dans le CHSCT et pour autant nous ne sommes pas morts enfin je rappelle que le syndicat d'entreprise après rogative sur sur l'ensemble du travail et et de périmètre de l'entreprise en ce qui le concerne donc nous depuis que il y a plus de CHSCT le syndicat c'est une décision du syndicat dans dans ma boîte oui je suis toujours salarié je passe à l'arrière si j'étais salarié la CGT me donne le travail c'est mon patron qui paye c'est pas mal comme quoi on est on y est on y arrive quand même [Rires] donc c'est une décision de mon syndicat dorénavant cette histoire de commission de sécurité de santé enfin qui a une coquille vide et bon qui sert à rien donc bon les gars les gars ils vont parce que on y met nos jeunes pour qu'ils se confronte un peu au patronat ça alimente leur parcours bah oui il faut un peu il faut un peu du un peu de Fight parce que sinon c'est pas c'est pas c'est pas c'est pas drôle donc le syndicat est dorénavant charge de la protection du vivant les salariés et également de toutes les tout ce qui est question environnementales etc donc on est donc les droits on produit des des droits d'alerte pour danger grave et imminent là les deux derniers on en a fait un on était en train de réaliser les pistes d'atterrissage de l'aéroport de Rennes son premier confinement si on n'a pas été confiné beaucoup on a été confiné quatre semaines sous le premier confinement donc danger gravé imminent covid c'est pas c'est le petit Manu à la téloche qui a dit c'est la guerre tous aux abris c'est pas lui c'est pas nous c'est lui ce qu'elle lui a dit donc pourquoi nous on irait alors que tout le monde va mourir et pour qu'on a fait danger gravé imminent ce qui est pas mal parce que du coup ça arrête ça bloque tout enfin des fois c'est plus efficace qu'une grève parce que du coup le chantier s'arrête et ils sont obligés de de de rétablir les choses on avait les masques les masques on a tous eu là pendant deux ans là alors nous les notes c'était alors je sais plus comment c'est pas Bosch le non pas Bachelot c'était les masques gris pavières ils étaient périmé depuis 2012 en fait ils avaient stocké le milliard de masques qu'elle avait commandé pendant la grippe aviaire du coup ils ont pété ça dans les entreprises partout et du coup on a récupéré son époque celui élastique était pourri ça aurait été pas de se casser la gueule et tout le en a plein multi expositions chimique je suis dans la dans le bitume dans le machin enfin 10000 molécules chauffer à 160 degrés fin c'est on mourra nous jeune on sait c'est en effet on a du mal à passer 65 ans on a 7 salariés sur 10 qui n'arrivent pas 60 ans d'activité et en général 65 ans c'est compliqué à aller au-delà mais bon ça nous empêche pas de boire des canons et de se faire de la gueule donc danger droit donc là le chantier s'arrête le lavage des Bleus alors du coup le prestataire de de lavage des bleus comme c'était confiné bah du coup les gars ils ramenaient leur le travail à la maison histoire de contaminer la famille concentre tous ensemble et voilà qu'on fasse ça en beauté donc voilà le droit d'alerte il est il était il était il était non seulement justifié il était porté ce qui était enfin nous la nouveauté c'était pas c'était pas la tête du CHSCT parce qu'il existait plus c'était l'en-tête alors moi je suis à la CGT on en est croit qu'on mérite c'était l'en-tête du syndicat et c'est passé comme une lettre à la poste c'est à dire le directe marathe les la Carsat Bretagne marrakee j'ai eu le préfet il préférait la préfète de région et personne ne nous a dit mais vous n'avez pas le droit donc le syndicat peut en attendant la reconquête du comité d'hygiène sécurité et tout ça le syndicat en attendant peut faire le boulot à condition qu'on est encore des copains des copains qui soient conscientisés ce qu'on est en train de perdre parce que ils ont depuis qu'ils ont créé les comités sociaux et économiques là on retrouve plus de copains ils sont bons c'est pas le souci mais qui était auparavant chez les délégués du personnel ou les comités d'entreprise et donc pas forcément la conscientisation Santé Travail et là on l'a par contre on recule là alors ils sont bons dans leur domaine économie faux mais là par contre sur le sujet qui nous préoccupe là on est en train de perdre on est en train de perdre de notre point de vue pas mal de choses tu me dis ulyssa après [Musique] ah ben non c'est à peu près c'est à peu près bon je vais laisser un marinade sinon je vais me faire engueuler merci Frédéric vas-y Marina oui effectivement et je vais essayer d'être bref pour que vous puissiez aussi vous intervenir parce que l'idée c'était aussi d'avoir un débat collectif donc que vous puissiez aussi poser des questions ou témoigner parce que je sais que ce sujet nous touche tout et tous et donc c'est important qu'on puisse échanger bon beaucoup de choses ont été dites c'est vrai que déjà je remercie Ulysse d'avoir porté cette conférence parce que ce sujet est fondamental et il nous concerne comme je disais vous avez tous dans votre famille dans vos amis des personnes qui sont concernées par cette ou vous-même évidemment concerné par la problématique de la santé sécurité au travail et pourtant effectivement de voir comme elle est traitée médiatiquement bon comme le disait Fred a juste titre quoi quand vous voyez la mort d'un jeune de 19 ans là il y a deux jours relégués au fait divers quoi c'est un fait divers un jeune de 19 ans qui perd la vie au travail c'est hallucinant et c'est comme ça de manière systématique tout le temps c'est dans l'effet divers on ne se questionne jamais de pourquoi ce décès à un moment donné est-ce que on va dire effectivement quelle équipe man il avait quelqu'un danse on a demandé au travail ailleurs les questions quoi de fond on les pose jamais donc effectivement voilà vous l'avez tous mentionné mais moi je le mentionne aussi quoi la question de l'invisibilisation de cette problématique et catastrophique et donc c'est bien qu'on ait cette conférence aussi pourquoi parce que à un moment donné quand Macron parce que on en a pas parlé mais quand Macron a commencé son mandat le profit le premier la première chose qu'il a dit c'est on avait un compte pénibilité parce que justement c'était pour permettre à des travailleurs comme tu le disais qui passe pas 60 ans de partir de manière anticipée à la retraite ça veut dire si vous avez des critères de pénibilité vous pouvez partir un peu plus tôt à la retraite et bien Macron a su créer plusieurs critères de pénibilité et revenus toujours là sur la terminologie compte de ponibilité en disant non mais on peut pas parler de pénibilité au train et parce que sinon ça voudrait dire que le travail est pénible bah oui alors peut-être pas à la banque Rothschild mais oui le travail est pénible oui il y a des dangers auxquels font face les travailleurs tous les jours et il a continué si vous voyez à chaque déclaration oui ce sont les chefs d'entreprise qui prennent les risques ben non c'est le garçon chantier qui prend des risques qui perd sa vie au travail donc non c'est vraiment la sphère médiatique et évidemment derrière le politique qui a visé à invisibiliser cette question là pendant de nombreuses années donc c'est bien que nous elle redevienne centrale dans nos discussions et que nous en parlons autour de nous parce qu'il y a des combats importants à mener sur cette problématique là alors au niveau européen pour essayer d'apporter parce que tellement de choses ont déjà été dites bon au niveau européen comme vous le savez l'Union européenne a pas vraiment de compétences sociales elle en a très peu mais elle en a une sur la santé sécurité au travail donc il y a une directive cadre bon une directive qui est en 1989 à mis en place les grands principes visant à promouvoir l'amélioration de la santé sécurité au travail ça a été complété par différentes directives comme vous le savez au niveau européen donc notamment sur les substances dangereuses dont on parle beaucoup l'amiante enfin le scandale de l'amiante c'est quand même fou ça faisait 100 ans qu'on savait que l'amiante ça tuait des gens et ben on continue à faire bosser les gens sans masque sans rien quoi et aujourd'hui aujourd'hui quand même l'Union européenne interdit l'amiante mais on la produit encore pour l'envoyer ailleurs quoi et vous savez qui c'est qui produit avec qui aujourd'hui construit avec de la viande Bassée les travailleurs indiens les travailleurs en Inde ils sont en train de construire toute notre maison avec de l'amiante et sans aucune protection et parce qu'on leur dit mais il y a pas de souci il y a pas de souci c'est pas prouvé que c'est nous ça fait juste un temps qu'on sait que c'est problématiques et donc effectivement les combats qu'on a amenés sur ces questions là sont fondamentales donc sur l'amiante effectivement il y a des dossiers il y a notamment une la réglementation qui va arriver au niveau du Parlement européen en septembre sur la question de l'amiante de l'exposition à l'amiante des travailleurs donc vous avez un vos écoles 75% des écoles qui sont encore avec de l'amiante les hôpitaux tout ça bon on n'a jamais fait le nécessaire cette question là est fondamentale et effectivement ça fait partie des choses qui peuvent être traitées au niveau au niveau européen la question du danger physique les risques psychosociaux bon il y a effectivement un panel de de directives de réglementation qui passe par l'Union européenne sur lesquels nous en tant que parlementaire européen on peut agir et d'ailleurs ça a été fait ça a été des combats qui ont été menés au cours des trois dernières années notamment par nos élus au Parlement européens notamment sur la question de l'amiante de l'exposition aux substances cancérigènes sur l'équipement et évidemment ce travail-là se fait en coopération avec les syndicats avec les travailleurs parce que c'est eux qui savent exactement quelle est la situation et ce dont ils ont besoin que nous défendons au niveau européen donc voilà c'est au niveau européen des combats à mener et peut-être juste aller un petit peu plus que l'Europe pour conclure parce que voilà pour laisser un petit peu le temps à la discussion mais allons au niveau international Gérard tu parlais effectivement de l'OIT de l'Organisation internationale du travail au niveau mondial on parle de 2,3 millions de morts chaque année au travail c'est 360 millions d'accidents du travail chaque année et on a parce qu'il faut aller un peu sur des notes positifs surtout après ce qu'on voit ce que ce qu'on s'est dit depuis une heure parce que c'est dur quoi au niveau international le 10 juin 2022 l'Organisation internationale du Travail a enfin reconnu après 10 ans de lutte des organisations syndicales des associations que la santé est sécurité au travail est un droit fondamental international allemand reconnu donc c'est un droit fondamental pour tous les travailleurs et travailleuses dans le monde et ça c'est important c'est important parce que effectivement ça a été long à obtenir pour vous dire à l'organisation internationale une norme fondamentale il y en a pas tant que ça il y en a que 8 et ça touche en gros de la liberté de ce syndiqué de négocier négocier collectivement la lutte contre la discrimination la fin du travail des enfants et le la lutte contre le travail forcé donc il y avait que ces quatre mesures qui étaient dites fondamentales et donc là vous avez l'intégration de la santé sécurité au travail qui arrive comme un droit fondamental alors ça arrive évidemment après la pandémie parce que ça a été la pandémie qui a fait en sorte qu'on se soit connecté internationalement en disant ah oui il y a un risque tous les gens au niveau international il y a le covid ils sont exposés sur leur lieu de travail tout ça c'est ce qui a fait avancer en fait le débat au niveau international mais je trouve que ce qui est intéressant c'est qu'on a à travers justement cette reconnaissance de la santé sécurité au travail comme un droit fondamental une possibilité de faire converger nos luttes au niveau mondial moi je crois réellement que justement on peut faire converger nos luttes sociales à travers ce combat là sur la santé sécurité au travail parce que ça regarde tout le monde et un travailleur au Bangladesh et aussi bien concerné que nous par la santé sécurité au travail parce qu'on doit al les travailleurs en Inde qui sont en train de construire avec des matériaux qui veulent leur donner un concert d'ici 20 ans donc ce je trouve qu'on a un levier hyper intéressant à travers l'organisation internationale du travail que nous à la France insoumise aussi on veut réinvestir si on passait au pouvoir ça fait partie des organisations de l'ONU dans lesquelles on donnerait beaucoup d'importance parce que elle a un rôle essentiel sur la question de la question sociale dans le monde du travail donc voilà à travers ce voilà pour avoir une petite note positive c'est on peut faire converger nos luttes sur la santé sécurité au travail en France en Europe mais aussi au niveau mondial alors faisons-le [Applaudissements]