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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 15 mars 2022 20 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiRetraitesEnvironnement & énergie

L'interview : Geoffroy Roux de Bézieux - 15/03

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 10 %Défensif 45 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Quelles attentes, quels outils très concrets pour faire face ?

  • 0:53OuverteRéponse partielle

    Au moment où on se parle, vous seriez plutôt sur les scénarios optimistes ou pessimistes ?

  • 1:27RelanceÉludée

    Quelles qu'en soient les conséquences ?

  • 2:14RelanceRéponse partielle

    Tout cela aura des conséquences pour les entreprises françaises. Pas grave ?

  • 3:45OuverteRéponse directe

    Vous avez été consulté avec les autres syndicats. Pour vous, quelle doit être la priorité ? Qui aidait en priorité ?

  • 4:29FerméeRéponse directe

    Il y a l'acier, il y a l'aluminium ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42PrésentateurChiffre
    « Un scénario avec une croissance haute à 3,4% et une croissance qu'elle dit dégradée, si les circonstances s'empirent encore, à 2,8%. »
  • 2:46Invité politiqueChiffre
    « Nous, on a fait une estimation autour de un point de PIB, donc on n'est pas très loin du scénario, entre guillemets, plutôt bas de la Banque de France. »
  • 3:09Invité politiqueFait
    « Moi, je ne suis pas devenu spécialiste depuis quelques mois des conflits militaires, mais tout ce qu'on comprend, c'est une guerre longue et un conflit de type guerre froide larvée pendant longtemps. »
  • 3:18Invité politiqueFait
    « Mais il ne faut pas se tromper, la Russie sera résiliente. Elle résistera à ce type de sanctions. »
  • 4:20Invité politiqueChiffre
    « La Russie fournit 40% du titane pour l'industrie aéronautique européenne. »
  • 5:48Invité politiqueChiffre
    « On parlait d'un taux de défaut de 2 ou 3 %. »
  • 6:42Invité politiqueFait
    « On l'a vu avec les semi-conducteurs en Chine. »
  • 10:55Invité politiqueChiffre
    « Il y a 160 000 salariés. »
  • 16:11Invité politiqueChiffre
    « Je reste pour le moment, et avec ce qu'on voit des mesures et des sanctions qui sont prises et des conséquences mondiales, sur une année de croissance 2,4, »
  • 17:11Invité politiqueFait
    « on a choisi tous collectivement en 1945 de faire la retraite par répartition. »
  • 18:06Invité politiqueChiffre
    « Les pays d'Europe du Nord, vous savez que l'Allemagne est à 67, »
  • 19:14Invité politiqueFait
    « c'est que oui, il faut se dire qu'il y aura d'autres vagues, mais que simplement, elles sont de moins en moins dangereuses. »

Temps de parole

  • Invité politique68 %
  • Présentateur32 %

9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Bonjour Geoffroy Roux de Bézieux, merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le patron des patrons, le président du MEDEF. Demain, le Premier ministre présentera son plan de résilience sur les conséquences économiques et sociales de la guerre en Ukraine. Quelles attentes, quels outils très concrets pour faire face ? On va les développer ensemble, mais je voudrais quand même qu'on commence par planter le décor. Première inflation à la hausse, prévision de croissance à la baisse. Et d'ailleurs, tellement incertaines ces prévisions de croissance que pour la première fois, la Banque de France est incapable de trancher.

Elle a posé sur la table deux scénarios. Un scénario avec une croissance haute à 3,4% et une croissance qu'elle dit dégradée, si les circonstances s'empirent encore, à 2,8%. Au moment où on se parle, vous, qui êtes consulté par tous les patrons de France, vous seriez plutôt sur les scénarios optimistes ou pessimistes ?

1:02
Invité politique

Je ne sais pas. L'incertitude est totale entre l'invasion de l'Ukraine par la Russie d'un côté et ce qui se passe en Chine avec la reprise du Covid. Mais pendant de dire ça, je pense que ce n'est pas le plus important. Même si, évidemment, des points de croissance, c'est du pouvoir d'achat, c'est la vie quotidienne des Français, ce qui se passe quand même à l'est de l'Europe est plus grave. Et c'est pour ça que nous...

1:27
Présentateur

Quelles qu'en soient les conséquences ?

1:28
Invité politique

D'une certaine manière, quelles qu'en soient les conséquences, si vous voulez, on ne peut pas dire la croissance à tout prix ou le PIB à tout prix, le pouvoir d'achat à tout prix. Je pense qu'il faut se rendre compte que c'est l'avenir de nos démocraties qui se joue là-bas, que c'est un pays, l'Ukraine, qui est attaqué, que l'État de droit est piétiné. Et c'est pour ça que nous, on soutient les sanctions européennes et américaines, quel qu'en soit le prix, d'une certaine manière, pour nos économies.

1:52
Présentateur

C'est ce que j'allais vous dire. C'est-à-dire que quand vous entendiez hier matin mon invité à ce même micro, c'était le ministre des Affaires européennes qui disait qu'il y avait encore un nouveau champ de sanctions supplémentaires qui allaient être mis en place avec notamment une nouvelle forme de protectionnisme aux frontières, avec peut-être des approvisionnements, notamment en aluminium, qui allaient être coupés. Tout cela aura des conséquences pour les entreprises françaises. Pas grave ?

2:18
Invité politique

Pas grave. Si, elles sont graves, mais elles sont légitimes et nécessaires. Nos valeurs, si vous voulez, au sens de nos valeurs démocratiques, n'ont pas pris. Et d'ailleurs, d'une certaine manière, c'est aussi l'intérêt des entreprises à long terme, parce que l'économie de marché a besoin de l'État de droit. Si vous ne savez pas du jour au lendemain si un gouvernement peut nationaliser, peut envahir un pays, vous comprenez bien que sur le très long terme, c'est très mauvais pour l'économie. Donc une fois qu'on a dit ça, oui, elles auront des conséquences.

Nous, on a fait une estimation autour de un point de PIB, donc on n'est pas très loin du scénario, entre guillemets, plutôt bas de la Banque de France. Ça va aussi dépendre de la durée du conflit. Je pense qu'on est parti pour une guerre longue. Moi, je ne suis pas devenu spécialiste depuis quelques mois des conflits militaires, mais tout ce qu'on comprend, c'est une guerre longue et un conflit de type guerre froide larvée pendant longtemps. Donc, il faut s'y préparer. Et oui, il y aura des conséquences économiques. Elles seront plus fortes sur la Russie, plutôt autour de 10 points de PIB. Mais il ne faut pas se tromper, la Russie sera résiliente. Elle résistera à ce type de sanctions.

3:23
Présentateur

Et il y aura évidemment des répercussions et des sanctions qui seront prises par la Russie vis-à-vis de nous. Sur ces questions des conséquences, elles sont effectivement très concrètes, parce qu'il y a à la fois la question des exportations et la question des importations, la question des pénuries éventuelles, la question aussi des hausses des prix de l'énergie. Pour tout cela, le plan de résilience que nous a promis le gouvernement, il sera développé demain. Vous avez été consulté avec les autres syndicats. Pour vous, quelle doit être la priorité ? Qui aidait en priorité ?

3:52
Invité politique

Alors, il y a trois niveaux de conséquences. La première, c'est effectivement pour les exportations. Objectivement, c'est assez faible. Évidemment, les entreprises qui étaient très présentes en Russie souffrent, mais c'est assez faible quand on regarde la macroéconomie. Après, il y a le problème de ce qu'on appelle les intrants, c'est-à-dire ceux qu'on importait de la Russie, notamment matières premières et en métaux. Alors, je ne vais pas vous citer des métaux un peu rares, mais le titane, par exemple, est très précieux, très nécessaire pour l'aéronautique. La Russie fournit 40% du titane pour l'industrie aéronautique européenne. Il faut trouver des approvisionnements alternatifs.

4:29
Présentateur

Il y a l'acier, il y a l'aluminium ?

4:31
Invité politique

L'acier, un peu moins. L'aluminium, très fortement. Mais il y a aussi des métaux encore plus rares, comme le palladium. Donc, il va y avoir des perturbations. Il va y avoir des chènes de production qui vont être à l'arrêt. Voilà, exactement. En autique, peut-être en automobile. Donc, ça, c'est l'aspect intrant.

4:46
Présentateur

On disait exportation, intrant, ensuite on va rentrer dans l'état.

4:47
Invité politique

Et le troisième, c'est l'énergie. Alors, l'énergie, ça touche tout le monde. L'énergie, c'est vous, c'est moi, c'est pour aller travailler. Mais c'est aussi toutes les usines qui sont ce qu'on appelle énergo-intensives, c'est-à-dire où l'énergie compte beaucoup, qui risquent de ne pas pouvoir travailler. Mais c'est aussi les pêcheurs qui ont besoin du gazole. Et le gazole, au-dessus de 2 euros, évidemment, ils ne peuvent plus sortir. Donc, par rapport à ça, nous, on n'est pas sur une logique de demander de nouveau le quoi qu'il en coûte. Il faut être le plus ciblé possible, avoir des critères objectifs pour aider les entreprises qui sont concernées.

Il y a plusieurs mesures qui sont dans les tuyaux, notamment le retour.

5:20
Présentateur

Laquelle à votre faveur ?

5:21
Invité politique

Il y en a plusieurs et je crois qu'il faut les utiliser. Il y a le fait de remettre le chômage partiel pour les entreprises qui sont obligées de s'arrêter, parce qu'on est vraiment dans un cadre, entre guillemets, de force majeure. Il ne faut pas être réfléchi sur le PGE. Vous savez que le prêt garanti par l'État arrive à échéance, à échéance de paiement. Or, il y a des entreprises qui vont vraiment souffrir, qui ne pourront pas. Nous, il y a 3-4 mois, on était beaucoup plus optimistes, parce qu'on voyait toutes les entreprises qui étaient en mesure de rembourser. On parlait d'un taux de défaut de 2 ou 3 %.

5:51
Présentateur

Et vous, aujourd'hui, vous voudriez quoi ? Je ne sais pas vous dire.

5:53
Invité politique

Honnêtement, ça va être localisé, ciblé sur ces entreprises. Mais une entreprise qui est à l'arrêt pendant 3 mois, parce qu'elle ne reçoit plus de...

5:58
Présentateur

On ne peut pas rembourser le prêt.

5:59
Invité politique

Je n'ai pas cité tout à l'heure, mais le noir de carbone. Le noir de carbone, ça permet de faire des pneumatiques. C'est ce qui fait que Michelin a été obligé d'arrêter. Alors, Michelin n'a pas de problème de PGE, mais il y a des sous-traitants dans toute la chaîne. Donc, pas de quoi qu'il en coûte, mais des aides ciblées avec les outils qu'on connaît pour donner... Et puis, à plus long terme, quand même, il y a un sujet de souveraineté. Moi, vous savez, en 2018, quand j'ai été élu, j'ai créé une commission souveraineté économique au MEDEF. Et c'est vrai que ça fait lever quelques sourcils, parce que le mot souveraineté économique pouvait paraître...

6:30
Présentateur

Ça ne va pas tout à fait avec le libéralisme affiché d'un certain nombre de patrons.

6:33
Invité politique

Oui, ça pouvait paraître un peu protectionniste. Il n'empêche qu'on s'aperçoit que, pour certaines matières premières, pour certains intrants, on est trop dépendant. On l'a vu avec les semi-conducteurs en Chine. On le voit maintenant avec certains métaux, avec la Russie.

6:47
Présentateur

Vous preniez l'exemple à l'instant du noir de carbone dont on a besoin pour faire les pneus, qui arrivent principalement d'Ukraine et qui, de fait, du coup, n'arrivent plus. Vous disiez à l'instant l'aluminium. Dans les différentes propositions que vous mettez sur la table, dans les différents outils qui vont être à votre portée, il y a, vous le disiez, la question du chômage partiel. Le chômage partiel, est-ce que vous demanderez à ce que les 15% qui, habituellement, sont encore à la charge des patrons, lorsque l'usine est à l'arrêt dans les paiements, est-ce que vous demandez à l'état de les prendre en charge ?

7:14
Invité politique

Non, non, non. Il faut revenir au système qu'on avait sous le Covid. Donc, vous prendrez à votre charge ? Oui, face à une crise comme ça, tout le monde doit faire des efforts. Et donc, il est assez logique qu'on garde le même système qu'on avait sous le Covid. Ça ne résout pas tout, parce qu'on peut faire trois mois de chômage partiel, mais à un moment, il faut retravailler. Et donc, la priorité des industriels, aujourd'hui, c'est de trouver d'autres sources d'approvisionnement ailleurs dans le monde, peut-être plus chères, parce qu'évidemment, le marché se tente.

7:37
Présentateur

Ça veut dire aussi que ça aura un impact sur le prix, ensuite, auquel ils vendront tous leurs produits.

7:44
Invité politique

Un mot juste pour nos salariés, parce que vous savez que 80% des salariés viennent travailler en voiture.

7:49
Présentateur

C'est ça, j'allais y venir.

7:50
Invité politique

Et avec un gazole ou, d'ailleurs, l'essence au-dessus de 2 euros, ça devient très compliqué. Nous, on a beaucoup de demandes de gens qui nous disent, donnez-moi de quoi indemniser. Alors, la bonne nouvelle, c'est qu'a priori, le prix du baril est retombé en dessous de 100 dollars. Et donc, normalement, à la pompe, ça devrait redescendre.

8:06
Présentateur

On l'a vu, ça monte et ça descend avec une telle rapidité qu'on ne sait pas où il sera la semaine prochaine.

8:10
Invité politique

Et puis, ça reste, même si ça redescend de 20 ou 30 centimes, on est quand même sur un prix...

8:15
Présentateur

Est-ce que les patrons doivent prendre davantage en charge ?

8:18
Invité politique

En tout cas, ce qu'on a demandé... Le trajet. Ce qu'on a demandé, c'est un système qui permet, avec un système défiscalisé, sur une base volontaire, de donner un coup de main aux salariés qui prennent le plus leur voiture, en tout cas, qui sont les plus éloignés. Aujourd'hui, c'est sous forme d'une prime, donc elle est fiscalisée, elle est socialisée. Donc, l'effet n'est pas bon. On peut imaginer un chèque carburant ou une prime qui permettent de dire, de manière temporaire...

8:42
Présentateur

Mais un chèque carburant qui ne viendrait pas de l'État, qui viendrait des patrons, pour leurs employés.

8:44
Invité politique

Non, qui viendrait sur une base volontaire et pour leurs employés. Bon, tout ça, c'est des choses qu'on discute. Il faut qu'on essaie de stabiliser un peu la situation pour voir où va le prix de l'essence. Mais on sent quand même qu'il y a des gens pour qui ça coûte cher d'aller travailler.

8:57
Présentateur

En fait, vous voudriez que l'État puisse vous aider face à ceux qui vous disent « ça n'est plus intéressant pour moi de venir travailler, ça me coûte de venir travailler. »

9:04
Invité politique

Me coûte peut-être pas, mais en tout cas, le rapport entre ce que je touche en salaire et le coût de prendre ma voiture pour 30 ou 40 kilomètres tous les jours...

9:10
Présentateur

Est-ce qu'il n'y a pas une autre réponse plus simple qui serait d'augmenter les salaires ?

9:13
Invité politique

Oui, mais vous savez que l'augmentation des salaires, qui est en train d'être... Puisque là, les négociations sont en cours, elle a un effet évidemment divisé. Parce que chaque augmentation des salaires, c'est des charges sociales en plus, c'est des impôts en plus. Donc, l'effet direct et immédiat sur la feuille de paye n'est évidemment pas le même.

9:26
Présentateur

Ah, tout dépend quel est le niveau de l'augmentation.

9:30
Invité politique

Mais, appeler une bonne herbe, les salaires, on peut les augmenter pour autant que les marges augmentent. Or, tout ce qu'on vient de décrire, c'est que malheureusement, il y a une compression des marges...

9:38
Présentateur

L'État va montrer l'exemple avec le dégel du point d'indice.

9:40
Invité politique

Oui, on a découvert ça ce matin. Il se trouve qu'on est à un mois de l'élection. Donc, nous, on n'a pas d'élection. Vous voyez, le patron n'est pas réélu tous les ans, donc il augmente les salaires en fonction de ce que le compte d'exploitation permet.

9:54
Présentateur

Vous ne pouvez pas faire Noël à moins d'un mois des élections.

9:57
Invité politique

Par contre, les négociations ont lieu. C'est très difficile de donner une moyenne aujourd'hui. Parce qu'il y a tous les cas de figure et des entreprises qui se portent bien. Il y en a, heureusement, qui ont pu faire des gestes assez significatifs avec une inflation qui est forte.

10:10
Présentateur

Geoffroy Roux de Bézieux, quand vous dites, au fond de nous, nos valeurs font qu'on soutient, quoi qu'il arrive, les sanctions qui vont être prises, même si elles ont des conséquences, certains secteurs ont décidé carrément de fermer leurs boutiques quand ils en ont à Moscou. C'est le cas notamment du secteur du luxe. Mais il reste de grandes entreprises françaises.

10:28
Invité politique

Le luxe est sanctionné.

10:29
Présentateur

Le luxe est sanctionné. Exactement. Donc, finalement, de toute façon, à un moment, ils auraient fini par être eux-mêmes dans les sanctions. Mais il y a encore des grandes entreprises françaises qui sont présentes en Russie. Total Énergie, Danone, Société Générale, Safran, Leroy Merlin, Auchan, Décathlon, bon Dieu, j'en cite les principales. Est-ce qu'elles peuvent décemment rester ?

10:46
Invité politique

Oui. D'ailleurs, c'est ce que nous demande le gouvernement. Je veux dire pourquoi Auchan est présent en Russie et en Ukraine. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'ils ont des salariés russes. Il y a 160 000 salariés. Alors, pas d'Auchan, mais de l'ensemble des entreprises françaises. Ils n'ont rien demandé, ces gens-là. Ils ont besoin de se nourrir. Ils ont besoin d'être payés. Et notre responsabilité en tant qu'employeur, c'est d'abord de payer nos salaires. C'est-à-dire très difficile avec les sanctions dites SWIFT pour envoyer de l'argent en euros à nos salariés. Puisque le système bancaire est effectivement à l'arrêt. Et les Russes, les citoyens russes, ils ont besoin de se nourrir.

Donc Auchan est ouvert en Ukraine. Auchan est ouvert en Russie. Et c'est pareil pour les entreprises françaises. C'est facile, si vous voulez, pour certaines sociétés américaines qui ont 10 employés, Netflix ou autres, dire je ferme, se donner le beau rôle. Nous, notre responsable des employeurs, c'est d'aider nos salariés et les consommateurs russes à se nourrir, qui ne sont pas responsables de cette guerre.

11:36
Présentateur

Mais il y a aussi des entreprises suédoises, Ikea, H&M, Espagnol, avec Zara, qui ont fermé, qui ont pris la décision de fermer.

11:43
Invité politique

Écoutez, en tout cas, nous, on suit les recommandations de notre gouvernement. Et ils ne nous demandent pas de fermer. Je pense que notre responsable employeur, c'est de ne pas de fermer.

11:52
Présentateur

Il y a cette question aussi d'un impôt de guerre. C'est comme ça qu'on commence à l'appeler. Une forme de taxe supplémentaire, notamment sur les grands distributeurs pétroliers. Est-ce que vous vous dites que ça, oui, si Total, par exemple, est mis à contribution pour essayer de récupérer un peu d'argent ici, en France, et financer cette aide ?

12:11
Invité politique

Je ne sais pas si le mot impôt de guerre est partiement bien choisi, parce qu'il n'y a pas de guerre en France, heureusement. Mais, si vous voulez, à partir du moment où les profits de Total augmentent, ce qui a été le cas en 2021, ce qui, j'imagine, sera le cas en 2022, les impôts augmentent. Ce que personne ne comprend, c'est que les impôts, alors les taxes sur les carburants augmentent massivement. C'est l'État qui récupère l'essentiel de l'augmentation des prix. Et les impôts que paye Total, c'est-à-dire les impôts sur les sociétés, augmentent aussi.

12:38
Présentateur

C'est mécanique.

12:38
Invité politique

Plus ils gagnent, plus ils payent. Bien sûr, et ça marche dans les deux sens. Donc, si on commence à augmenter les impôts de manière plus que proportionnelle, quand les profits augmentent, il faut faire la même chose dans l'autre sens. Le jour où il y a une impédiation...

12:51
Présentateur

Je veux bien qu'ils augmentent aujourd'hui les taxes, mais dans ces cas-là, ils les passent de main.

12:54
Invité politique

Voilà, ça n'a pas de sens. Non, alors ce qu'a demandé le gouvernement, c'est un effort volontaire sur les prix. Vous avez vu, je crois, 5 centimes aux distributeurs. Pas complètement simple à organiser, puisque tout le monde n'est pas au même niveau. Et comment on fait la restore ?

13:06
Présentateur

C'est-à-dire qu'eux, ils font 15 centimes et ils encouragent, en effet, les distributeurs à faire 5 centimes de plus.

13:11
Invité politique

Je ne sais pas très bien comment, parce que là, tout ça, ça a été annoncé. Maintenant, on est à essayer de voir comment ça va se mettre en place. Pas complètement simple.

13:17
Présentateur

Mais vous y seriez plutôt favorable, si vous aviez le choix de dire...

13:20
Invité politique

Oui, oui, bien sûr. Mais vous savez, il y a un effort de solidarité. On n'en a pas parlé, mais vis-à-vis des réfugiés, on est en train de monter beaucoup d'opérations d'accueil des réfugiés qui sont prêts à travailler.

13:29
Présentateur

Quand vous dites où, c'est les patrons ?

13:31
Invité politique

Les entreprises françaises, oui, sont solidaires. Il y a un ensemble de entreprises françaises de la TEC qui ont rapatrié des salariés d'Ukraine, puisqu'on avait pas mal de salariés dans l'informatique en Ukraine pour les faire travailler en France. L'Union Européenne a mis un espèce de système de visa, de permis de travail immédiat pour les Ukrainiens. Donc, il y a beaucoup de mesures de solidarité. La ristourne de 5 centimes peut en faire partie.

13:53
Présentateur

Quand vous disiez tout à l'heure qu'il pourrait y avoir des primes exceptionnelles pour tenter d'aider les déplacements, le coût des déplacements qui est augmenté. Là, pour le coup, dans les propositions, non pas du président ou du Premier ministre, mais du candidat, du président-candidat Emmanuel Macron, il y a l'idée de tripler ce qu'il avait appelé la prime Macron.

14:10
Invité politique

On en est très heureux.

14:12
Présentateur

Je rappelle simplement ce que c'est pour tous ceux qui nous écoutent et qui nous regardent. À la fin des Gilets jaunes, il avait permis aux entreprises de faire une prime de 1 000 euros. Ça s'appelle la PEPA. Et sans charge, il propose que s'il est réélu, cette prime puisse être de 3 000 euros.

14:27
Invité politique

Oui, je pense que c'est une très bonne idée. Ça faisait partie de nos propositions. Il y a un système très vertueux en France, qui appelle participation, intéressement, mais qui couvre que 50% des salariés. En gros, tous les plus de 50 salariés. Tous les entreprises de plus de 50 salariés. Dans les plus petites entreprises, un patron, qu'est-ce qu'il fait ? Il regarde, il va avoir son expert comptable à la fin de l'année. Il regarde qu'est-ce qu'il a gagné comme argent. Et il distribue. Et ce système de prime Macron, prime patron ou prime PEPA a très bien marché. La déplafonner, c'est-à-dire la mettre à 3 000 euros, est une très bonne idée.

14:58
Présentateur

Est une très bonne idée. Et vous pensez que les entreprises auront les moins le temps ? Ce n'est pas un moyen aussi un peu détourné de ne pas avoir à augmenter les salaires ?

15:05
Invité politique

Non, parce que quand vous regardez les statistiques de cette année, elles ne sont pas encore sorties, vous aurez les deux. Ne serait-ce que parce que l'inflation met une pression à fort. Et puis, il y a une chose que vous commencez à voir, c'est qu'au fond, le marché de l'emploi s'est retourné. C'est un marché d'offres et de demandes. Et aujourd'hui, dans beaucoup de secteurs, j'étais hier avec une femme qui dirige une entreprise de chauffeur routier. Elle me disait, moi, pour recruter un chauffeur routier, il pose ses conditions.

15:29
Présentateur

C'était déjà difficile avant la crise ?

15:31
Invité politique

Vous avez raison, ça l'était. Là, c'est devenu très difficile. Donc, les salaires augmentent. Alors, évidemment, pas assez, mais ils augmentent en fonction des marges d'entreprise. Et la prime vient en plus récompenser une bonne année qu'a fait l'entreprise.

15:43
Présentateur

Puisque vous évoquiez à l'instant la question de l'emploi et de certains secteurs qui, on le constate, ont énormément de mal à employer. C'est le cas du secteur des transports. Pour autant, l'emploi privé aujourd'hui se porte bien, voire même très bien en France. Est-ce que vous avez peur de conséquences qu'on puisse commencer à voir, que ça freine un tout petit peu ces emplois ?

16:02
Invité politique

Ça revient à votre question sur la croissance, c'est-à-dire comment sera l'année 2022 ? Je reste pour le moment, et avec ce qu'on voit des mesures et des sanctions qui sont prises et des conséquences mondiales, sur une année de croissance 2,4, si on fait la prévision basse de la Banque de France, ça reste une forte croissance quand on regarde l'histoire de nos dix dernières années. Et donc, l'emploi devrait continuer à monter, enfin, on devrait continuer à avoir le chômage baissé. Mais plus modestement que ce qu'on a pu voir l'année dernière. Vous savez, le fameux million d'emplois qui avait donné lieu... Vous avez dit des pins ?

Il y avait des pins, on s'est évoqué, mais il est là, le million d'emplois. Il est même largement dépassé. Simplement, comme toujours, quand on prend des mesures en économie, ça met plusieurs années à avoir un effet.

16:44
Présentateur

Geoffroy Roux de Bézieux, la retraite à 65 ans, ça aussi, c'est une des propositions du président candidat. Est-ce que c'est nécessaire ? Est-ce qu'il y a urgence ? Est-ce que vous soutenez ?

16:53
Invité politique

Oui, alors, c'est une mesure d'abord difficile, il faut le dire ce qui est. C'est la mesure la plus difficile pour les Français, parce que pour beaucoup de gens, travailler au-delà de 62 ans, c'est difficile. Il y a des métiers où c'est difficile. Mais il faut dire la vérité, on a choisi tous collectivement en 1945 de faire la retraite par répartition. Ça veut dire que c'est les actifs, les salariés qui payent pour les retraités. Et il y a de moins en moins de salariés.

17:17
Présentateur

La pyramide des âges n'est pas la même qu'en 1945.

17:19
Invité politique

Et d'ailleurs, entre parenthèses, plus le chômage baisse, plus on résout en partie le vrai. Mais ça ne suffira pas. Donc, il faut faire cette réforme. Nous, on dit depuis le début, depuis d'ailleurs 2018, que le système par point n'est pas une bonne idée, trop compliqué.

17:37
Présentateur

C'est plus simple pour le coup, 65 ans ?

17:39
Invité politique

Simple, à 65 ans, juste, en prenant en compte les gens qui ont commencé à travailler tôt, les métiers pénibles et progressifs. C'est-à-dire, on ne peut pas brutalement passer de 62 à 65 ans. Nous, on aura un effort à faire, nous les entreprises, sur l'emploi des seniors.

17:55
Présentateur

Parce que la retraite à 65 ans, si on est au chômage, évidemment, ça n'a aucun impact.

17:59
Invité politique

Évidemment, financièrement, ça n'a aucun impact. Donc, il faut qu'on trouve des solutions. Les pays d'Europe du Nord, vous savez que l'Allemagne est à 67, donc les pays d'Europe du Nord ont trouvé des solutions, y compris pour des métiers, disons, plus exposés physiquement. Donc, il faut y travailler collectivement. Et ce qui est bien, si vous voulez, c'est que les candidats se déclarent avant. Parce que le problème de la réforme 2017, c'est que le président Macron n'avait pas parlé. Donc, il n'y a pas de légitimité pour le faire.

18:27
Présentateur

Le fait qu'ils mettent ça sur la table de maintenant, ça vous paraît un peu plus honnête.

18:28
Invité politique

Que les autres candidats le disent, chacun, je crois que c'est prononcé. Il me semble que tous les candidats se sont prononcés. Les Français voteront en connaissance de cause.

18:35
Présentateur

Geoffroy Arrout-Bézieux, je ne pensais pas vous interroger sur le Covid. Je pensais que c'était derrière nous. Oui, moi aussi. Certes, on a enlevé le masque dans les entreprises, mais vous l'évoquiez dès le début. Il reste une incertitude quand on regarde du côté de la Chine, avec le reconfinement de certaines parties de la Chine. Est-ce que vous êtes inquiet de ce point de vue-là ?

18:52
Invité politique

Il y a deux questions. Il y a qu'est-ce qui va se passer si la Chine reconfine. Et effectivement, il y aura des impacts sur les chaînes le sigle. Donc, ça va ajouter à l'incertitude qu'on connaît au fond du commerce mondial. Il y a une question un tout petit peu plus lointaine. Est-ce qu'on va encore avoir des vagues Covid ? Alors là, moi aussi, je ne suis pas autoproclamé expert médical. Mais tout ce que j'entends, y compris des gens de Sanofi, c'est que oui, il faut se dire qu'il y aura d'autres vagues, mais que simplement, elles sont de moins en moins dangereuses. Et que peut-être, il faut accepter de vivre avec cette maladie sans reconfiner, sans remettre des protocoles sanitaires.

On a cette semaine, enfin depuis lundi, plus de protocoles sanitaires en entreprise. On fait toujours attention. Finalement, c'est comme d'autres épidémies. Petit à petit, on apprend à vivre avec.

19:37
Présentateur

Merci beaucoup, Geoffroy. Merci à vous. J'ai eu des yeux d'avoir répondu très concrètement à mes questions ce matin. Vous êtes donc le président du MEDEF. Je vous demandais si vous étiez plutôt sur la version optimiste ou pessimiste. Vous refusiez de répondre. Mais enfin, on a quand même compris que pour l'instant, vous tabliez quand même sur un point de moins que les prévisions de croissance initiales. Merci à vous.