Iran, au cœur de la révolution
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] vous ne verrez pas leur visage vous ne connaîtrez pas leur vrai nom mais vous allez entendre leur récit leur révolution saisiranienne nous ont fait parvenir ces vidéos des témoignages qui peuvent les envoyer en prison peut-être leur coûter la vie des histoires précieuses qui nous arrivent au compte-goutte parfois on est déconnecté d'Internet pendant 10 heures si je veux passer des appels ils peuvent tout écouter on utilise des noms de code on a peur tout le temps on peut être enlevé en pleine rue en voyant torturé et violet même un chauffeur de taxi qui te pose des questions il ne faut pas répondre échanger de sujet il y a des écoutes partout j'ai fait ce film pour vous montrer que je vais dehors sans hijab et en moto si quelqu'un voit ce film on peut très facilement me retrouver désiraniennes étouffées par un système qui essaye de museler leur soif de liberté d'étendre la révolte qui peu à peu embrasse tout le pays c'est la première fois peut-être dans 43 ans qu'on voit si clairement des milliers de gens dans la rue de demander la fin du régime un régime contesté partout tout le temps [Applaudissements] dont les rues de Téhéran de jour comme de nuit des milliers d'Iraniens manifestes quasi quotidiennement certains mettent le feu au pancarte de propagande d'autres hurlent leur slogans pour réclamer la liberté aux quatre coins du pays le mouvement s'étend [Musique] à la frontière du Pakistan la foule unie en route pour la prière du vendredi improvise une manifestation une volonté de changement de transformation profonde de l'Iran réprimer dans le sang ici à Bâle réel [Musique] depuis le 16 septembre l'Iran tout entier bascule s'enfonce dans ce qui ressemble de plus en plus à une révolution que le pouvoir en place semble résolu à réprimer et à cacher aux yeux du monde nous l'appellerons c'est la première vidéo qu'elle nous a envoyé cet étudiante veut nous montrer une scène a priori banale mais qui en fait symbolise le vent de révolte qui souffle sur l'Iran face à son miroir elle se prépare à transgresser un interdit avant de sortir elle se maquille se coiffe et s'habille sans respecter le code vestimentaire imposé aux femmes iraniennes je devrais porter quelque chose de plus long mais je veux porter ce vêtement [Musique] en vrai mon pantalon ne doit pas être aussi moulant mais moi j'aime bien et j'aime bien mettre mon foulard comme ça aussi très lâche [Musique] en plus j'ai lissé mes cheveux j'aime les laisser long comme ça j'aimerais être légal de l'homme j'ai peur de sortir comme ça mais je vais le faire je veux montrer que je suis une résistance c'est mon ambition pour la première fois elle ose marcher dans la rue dévoilée ce jour-là elle se rend à l'université et arrivent dans une salle de classe totalement vide sur le tableau le slogan de la Révolution [Musique] aujourd'hui c'est le deuxième jour de grève quasiment plus personne ne vient à l'université et ceux qui décident de venir comme moi on ne veut même pas aller en cours les professeurs voient qu'on a plus peur on ne met plus de voile on s'habille comme on veut pourtant en Iran dans l'espace public les femmes sont obligées de se voiler sous peine d'être arrêté c'est ce qui est arrivé à Massa Annie le 16 septembre dernier l'étincelle à l'origine de la révolte cette jeune femme de 22 ans foulard sur la tête est interpellé et emmené dans ce commissariat de Téhéran pour n'avoir pas assez couvert ses cheveux impossible de savoir avec précision ce qu'il s'est passé durant son arrestation mais à son arrivée on la voit ici sur ses vidéos de surveillance fournies par le régime s'effondrer dans le hall du commissariat elle décédera 3 jours plus tard c'était la goutte qui a fait déborder la vase mais je pense le fait que cette fille n'avait rien fait c'était pas une opposante elle n'avait pas défié le régime symboliquement ça montrait que personne n'est en sécurité pour les Iraniens aucun doute masamini est une victime de la police des mœurs cette unité qui depuis 40 ans sème la terreur dans les rues du pays comme ce jour-là ou ces femmes vêtus de noir procèdent à une interpellation [Musique] aujourd'hui ce quotidien cette peur et cette insécurité permanente la jeune génération n'en veut plus alors comme un signe d'émancipation les femmes retirent leur voile dans les rues on le faisant voler au-dessus de leur tête [Applaudissements] le brûle parfois [Musique] on coupe leurs cheveux en public en criant azadis liberté des vidéos mais aussi cette photo qui a fait le tour du monde cette jeune femme pose sur la tombe de sa mère d'être rasée ses cheveux dans la main est devenu une icône de la Révolution cette étudiante en architecture de 25 ans a réussi à fuir l'Iran après s'être cachée pendant trois semaines elle a trouvé temporairement refuge en France sa vie a basculé trois jours après la mort de Massa Amini lorsque sa mère décide de se rendre à une manifestation après plusieurs heures ne la voyant pas rentrer son père et ses tentes partent à sa recherche quand ils sont rentrés à la maison il pleurait il criait ils m'ont dit que ma mère était morte qu'il l'avait tué et que je n'avais plus de mère j'étais tellement traumatisée j'ai commencé à me frapper j'ai couru hors de la maison en hurlant dans la rue que la République islamique avait tué ma mère ce sont les forces de sécurité qui ont tiré sur elle avec un fusil à pompe elle a reçu 167 billes de plomb dans son corps le jour de son enterrement Ryan ne trouve pas la force de s'exprimer elle se jette dans la fosse pourrait craindre une dernière fois le corps de sa mère dans les jours qui suivent dévasté inconsolable elle va improviser ce geste qu'elle ne s'explique toujours pas aujourd'hui ce n'était pas quelque chose que j'avais prévu mais j'étais dans un tel état de panique que j'ai juste attrapé des ciseaux et j'ai commencé à couper mes cheveux à la racine j'avais presque fini quand ma famille m'a vu et m'a repris les ciseaux j'étais assise sur le sol en train de pleurer et sans gloter nous sommes allés au cimetière pour une cérémonie j'ai apporté mes cheveux et j'ai demandé à quelqu'un de me prendre en photo à côté de la tombe je tenais mes cheveux dans une main et je fixais l'appareil photo j'ai voulu montrer ma colère et ma douleur au travers de cette photo et non par des mots lequel la fièvre ne retombe pas partout les protestations s'intensifient jusque sous terre dans cette station de métro du nord de Téhéran désiré en font brûler un voile au-dessus des voix en criant lorsque soudain la police fait irruption provoquant un mouvement de foule on entend loin l'impact des tirs de paintball débit de peinture ou de caoutchouc utilisé par les policiers à l'intérieur des rames les manifestants hurlent de plus belle [Applaudissements] et assiste impuissant à l'intervention des forces de l'ordre qui vont et viennent avec leurs armes [Applaudissements] dans le métro les usagers se baissent sous les vitres pour ne pas être touchées mais parfois les policiers s'introduisent même dans les wagons comme ici dans cette voiture réservée aux femmes certaines installaient à l'intérieur de la RAM sont violemment prises à partie et frappé pour éviter la répression policière les habitants de Téhéran ont trouvé une parade en pleine nuit depuis la sécurité relative de leur balcon ils hurlent le ces slogans au style au régime la nuit c'est aussi le moment qui a choisi Dina une architecte de 38 ans pour manifester elle nous a envoyé ces images autour d'elle les klaxons de dizaines de voitures encore une façon pour les Iraniens de protester bien conscients que malgré leur tardive la menace est partout les policiers sont là et attendent qu'ils se passent quelque chose derrière sa fenêtre elle repère les forces de l'ordre qui surveillent les contestataires la police s'est arrêtée ils sont devant l'entrée du marché de tadrich toutes les forces spéciales se sont arrêtées ici avec leur voiture pour surveiller malgré tout malgré les risques elle descend de sa voiture pour continuer à manifester à pied cette fois sans son foulard [Musique] [Applaudissements] dans leur viseur un homme l'ayatollah rameni le guide suprême de la révolution iranienne le voici à 83 ans entouré de ses partisans ceux qui ont planifié ce mouvement et descendent dans la rue en connaissance de cause ont coopéré avec l'ennemi et sont en lien avec des services étrangers ils ont commis des crimes et quiconque est impliqué dans ce mouvement et dans ses crimes se rappellent on pose ta vie ces décisions s'impose à tous ils prétend détenir son pouvoir de Dieu et reste encouragé par les Iraniens les plus conservateurs se présent dans ces manifestations organisées par le régime à mon avis il faut agir fermement contre les personnes qui dirigent ces manifestations et à mon avis des martyrs ont sacrifié leur vie pour qu'on porte le hijab et il restera avec nous [Musique] combien sont-ils réellement à soutenir le pouvoir en place on l'ignore mais de plus en plus de commerçants gardent régulièrement leur rideau baissé en solidarité avec les manifestants partout des hommes se joignent aux femmes les parents rejoignent les étudiants et tous s'en prennent au portrait du guide quotidiennement ils sont caillassés comme dans cette salle de classe dans la province de marquazi les protestataires vont même plus loin si c'est l'ancienne maison d'un autre ayatollah le fondateur de la République islamique d'Iran qui est incendié [Applaudissements] [Musique] un symbole un de plus preuve qu'en quelques semaines la théocratie iranienne est devenue une cible pour des milliers d'habitants pour l'illustrer sur les réseaux sociaux un défi a fait son apparition il est surnommé le jeu du turban [Musique] la règle est simple en pleine rue il faut arriver à retirer d'un revers de la main le turban des Mola [Musique] c'est le religieux qui gouverne donc qui a la légitimité divine pour gouverner ils ont été très très longtemps intouchables c'était inimaginable pour des jeunes s'imaginer aller dire même quelque chose un religieux donc aujourd'hui en fait c'est un geste symbolique ça a la puissance des images c'est aussi les jeunes qui montrent qu'ils sont prêts à tout qui n'ont plus peur un pouvoir qui réprime dans un huis clos glaçon grâce à son bras armé des miliciens en moto qui s'enfiltre partout ils sont appelés les bassidi ce sont eux qui sont pas la manœuvre sur cette vidéo du 30 octobre dernier dans un quartier du sud de la capitale roué de coups se manifestant essaye de se protéger comme il peut mais en vain c'est un déchet non de violence [Musique] qui se poursuit à l'abri des regards [Musique] les miliciens prorigine entraînent leur victime à l'intérieur d'une propriété privée [Musique] une manière de susciter la peur comme un avertissement à tous ceux qui ont s’élever contre le pouvoir en place les plus insubordonnées sont interpellés certains même disparaissent d'un seul coup en région parisienne nous rencontrons chamam installé en France depuis 36 ans ça fait en moins qu'elle n'a plus aucune nouvelle de son cousin tout mâche voici la dernière photo de lui juste après son arrestation à trois heures du matin par les gardiens de la révolution en sait que la confrontation a été violente on sait que ils étaient pas moins d'une cinquantaine de gardien de gardien de la Révolution armée jusqu'aux dents évidemment tout ma journée aucun de ses amis ils étaient armés après l'effet ceux qui ont pu en fait s'introduire dans la maison on veut des traces de sang partout tout Maje et conduit en prison ce rappeur reconnu est une figure emblématique de la contestation depuis des années [Musique] au gouvernement il dit ce pays ne vous appartient pas ce pays appartient au peuple iranien et vous n'avez aucun droit de faire ce que vous faites en fait là il fait un appel à la Révolution il a dit on préfère brûler que de laisser tomber cette révolution il dit que oui la liberté ça coûtera cher il y aura beaucoup de tuer effectivement mais qui ne lâchons rien ces textes on fait de lui une cible à abattre pour le pouvoir nous savons notamment que le gouvernement a récemment voté une loi pour exécuter tous les détenus qui ont protesté qui sont emprisonnés et tout match serait en tête de liste donc saviez en danger nous n'avons pas de contact direct mais nous avons appris aussi que depuis une semaine il a entamé une greffe de la fin et qu'on lui a prisé les doigts donc les tourtures continuent et voilà nous nous sommes extrêmement inquiets nous demandons de la libération immédiate de toumatch ainsi que de tous les prisonniers qui ont qui risque d'être exécutés parce qu'ils ont manifesté pour la liberté [Musique] plus de 15000 personnes ont déjà été arrêtées la répression du régime semble désormais sans limite sur ces images filmées au Kurdistan iraniens les manifestants multiplient les insultes et dans leur main ils tiennent des pierres devenus pour eux des armes [Musique] cette autre vidéo leurs adversaires ces hommes entraîné des Gardiens de la Révolution lourdement armés on aperçoit des kalachnikov plus loin cet homme est à terre là des blessés que le régime semble aussi déterminé à traquer sans pitié [Musique] à l'abri dans cette pièce secrète que nous avons été autorisées à filmer après plusieurs jours de négociations Baram 28 ans récupère peu à peu de ses récentes blessures ici ça fait mal oui doucement doucement sur les 200 balles de plomb qui l'a reçu il lui en reste encore 138 que cette infirmière ne parvient pas à déloger moi j'ai uniquement les équipements basiques pour éviter l'infection mais l'asthme monsieur a besoin d'aide pour être hospitalisée il lui faut de la chirurgie c'est vraiment dangereux et moi je ne peux pas faire plus que ça impensable pour tant d'aller dans un hôpital classique carbara met en opposant recherché par les gardiens de la révolution qui en octobre dernier lors d'une manifestation dans le Kurdistan iranien lui tire dessus et la rate 5 ou 6 policiers me sont tombés dessus et ils m'ont roux et de coup à la fin je ne pouvais plus marcher ils m'ont pris par le pied ils m'ont attaché à la voiture et ils m'ont traînait sur 200 ou 300 mètres à tel point que je n'avais plus de vêtements puis ils m'ont transféré à la police des mœurs et sur le trajet dans la voiture ils ont continué à me tabasser avec des coups de pied ils m'ont frappé avec tout ce qu'ils avaient sous la main à son arrivée au poste de police il est laissé pour mort sauf que Baram respire encore il parvient à rejoindre en hôpital on m'a dit on ne va pas t'aider tu es un opposant politique je suis même allé à l'hôpital de Téhéran et pareil ils m'ont dit que les médecins avaient reçu l'ordre de ne pas aider les manifestants seule solution pour lui se cacher en attendant d'être de nouveau sur pied tu penses que je vais aller mieux oui tu iras mieux car tu te bats pour notre liberté vraiment tu as beaucoup de courage on sera ouvert au monde une détermination sans faille si je peux remarcher je retournerai manifester dans la rue moi je suis prêt à donner ma vie on est prêt à donner notre vie pour notre ville pour notre pays pour l'avenir de l'Iran depuis le début du mouvement selon l'ONG Iran Human Rights 416 personnes ont été tuées parmi elles une cinquantaine d'enfants et d'adolescents [Musique]
Xavier Bertrand