Olivier Marleix : "Notre principale contribution contre le réchauffement, c'est la désindustrialisation"
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Midi 4 sur France Inter, l'heure de questions politiques avec Thomas Négarov. C'est parti. Bonjour, bonjour à tous et bienvenue dans Questions politiques, le rendez-vous politique du dimanche sur France Inter à la radio, France Info à la télévision et en partenariat avec le journal Le Monde. Tout d'abord, un grand merci à vous. Les résultats d'audience sont arrivés, vous êtes de plus en plus nombreux. Alors vraiment, un grand merci aux anciens et aux nouveaux fidèles.
Et pour cette émission, nous allons recevoir un député qui dirige un groupe de 62 députés et on hésite un peu dans l'image qu'il renvoie, celui du radeau de la méduse, dont quelques naufragés se disent qu'il pourrait trouver un port d'attache du côté d'Emmanuel Macron et d'un autre côté peut-être faiseur de roi capable de donner une majorité à ce dernier ou de renverser le gouvernement. La tâche de notre invité est d'autant plus celle d'un équilibriste qu'il doit en plus assurer l'unité d'un parti qui se cherche un nouveau président. Débat demain entre les trois candidats Éric Ciotti, Bruno Retailleau et Aurélien Pradier.
Et entre lignes idéologiques et calculs politiques, on a beaucoup de questions à poser de notre invité, le député de l'Eure-et-Loire, président des Républicains à l'Assemblée Nationale, Olivier Marlex. Mais avant de le recevoir, comme chaque dimanche, l'œil de nos trois éditorialistes. Questions politiques, Thomas Négaroff sur France Inter. Bonjour à toutes les trois, bonjour Nathalie Saint-Clic de France Télévisions. Bonjour à tous. Bonjour à tous, et ils sont nombreux. Bonjour à Françoise, présence du monde. Bonjour Françoise. Bonjour Thomas, bonjour à tous. Et bonjour à Anne Souhaitemont du service politique de France Inter. Bonjour Anne, bienvenue dans la bande de questions politiques.
Je disais, vos yeux à toutes les trois sur la semaine écoulée, des thèmes qu'on va évoquer d'ailleurs avec notre invité ensuite, Nathalie Olé Olé Corrida. Olé Olé, alors je vais sortir de ma modération traditionnelle. Ce que j'ai lu ce matin dans le journal du dimanche, une tribune qui dénonçait, je cite, l'éco-totalitarisme qui pouvait sévir en France. Alors déjà, il y a une légère exagération. On a déjà entendu parler d'éco-totalitarisme, terrorisme, enfin d'un certain nombre de choses. Alors un, c'est malin ce titre. C'est malin parce que ça surfe sur un certain nombre de positions. Le barbecue de Sandrine Rousseau, on veut emmerder les Français, le sapin de Noël de la mairie de Bordeaux.
Donc finalement, ça a fait appel au bon sens bien de chez nous, c'est-à-dire arrêter de nous empoisonner. C'est également malin parce que le texte déposé contre la Corrida a été déposé par Aymeric Caron, qui est quand même connu comme quelqu'un d'un petit peu, comment dire, rigoureux, d'un petit peu dogmatique et qui a eu des positions véganes, très antispécistes et notamment même une fois considérant que tuer les moustiques, surtout quand elles étaient femelles, c'était un véritable problème. Mais à côté, ce côté malin, c'est quelque chose qui me semble totalement de mauvaise foi. Premier élément de Moselle Soir, parce qu'on invoque les traditions.
Tradition, ça peut être tout et n'importe quoi. Là, je vais peut-être un petit peu abuser en vous citant des exemples, mais combat de coq, tradition. Bizutage, tradition. Clouer les chouettes sur les portes des ganges, tradition. Excision, tradition. Pour nous voir la tradition. Donc, ce n'est pas parce que c'est de la tradition et que ça se fait de plusieurs dizaines d'années que c'est bien. Je rajoute que l'importation de la Corrida par Eugénie de Montirot, la femme de Napoléon III, c'est 1850. Donc, finalement, ce n'est pas une tradition séculaire. Et puis, je vais rajouter quelque chose. La populaire défense des territoires.
Alors, on peut imaginer que ça se fait quand même un peu plus avec des maisons de santé, avec la lutte contre les déserts médicaux, avec des transports pour désenclaver, avec Internet pour tous et que ce n'est pas finalement tuer un millier de taureaux par an. Probablement, c'est extrêmement excitant, extrêmement viril, de voir, d'assister finalement à la mort d'un animal. On peut se demander aussi si aujourd'hui, quand 74% des Français sont contre la Corrida, on a le droit de poser le débat sans se faire traiter d'écho totalitaire. Il faut aussi dire que ces gens-là votent, comme les chasseurs, et que c'est surtout qu'on veut les caresser dans le sens du poil. Le poil du taureau, bien sûr.
Françoise Fresseuse, avec vous. Je comprends bien, Nathalie, pour révoter pour la suppression de la Corrida. Ah oui, sans hésitation, vous avez bien compris, Françoise. Ça se sent un peu. On ne va pas faire le débat entre nous quand même. Françoise, avec vous, on revient sur... Moi, j'ai retenu les six mois d'Elisabeth Borne. Voilà, un anniversaire. Alors, elle ne les a pas fêtés, mais elle les a dépassés, ce qui est déjà quelque chose. Mercredi, et c'est quelque chose dans le cadre du ralentissement économique qu'on connaît, de la crise énergétique, bref, de toutes les catastrophes qui s'accumulent sur le pays.
Alors, on a beaucoup dit d'Elisabeth Borne qu'elle était une très bonne technicienne capable d'avaler des kilomètres de dossier. Moi, je pense qu'elle a un rôle plus politique que ça. Je la vois, en fait, comme le dernier représentant du dépassement, c'est-à-dire cette espèce de tentative politique que fait Emmanuel Macron depuis 2017 de se dire, et de gauche, et de droite. Et on sait que si elle échoue, au fond, ça basculera du côté de la droite, puisque, au sein de Renaissance, tous les ténors, notamment Bruno Le Maire et Gérald Der Manin, plaident ouvertement pour qu'il y ait un accord en bonne et due fort avec une partie des Républicains pour asseoir la majorité.
Donc, elle, elle se bat en disant, non, le dépassement, ça existe encore. Elle vient de la gauche, elle croit au dialogue, donc elle dialogue beaucoup avec les syndicats, les partenaires sociaux, les élus locaux, les chefs de majorité. Elle défend aussi certains sujets, comme par exemple sur l'immigration, où elle a beaucoup plaidé pour que le texte soit rééquilibré, que ce ne soit pas seulement un texte répressif. Elle incarne aussi une façon de faire de l'écologie, parce qu'elle est convaincue du sujet. Sa force, c'est qu'elle croit en ce qu'elle dit. Et je pense aussi qu'elle est assez raccord avec Emmanuel Macron sur son projet global.
Sa grande faiblesse, c'est qu'elle n'a pas de force politique à elle. Elle n'est pas très populaire. Elle a la même impopularité qu'Emmanuel Macron, parce qu'on la juge peut-être pas assez en phase avec les préoccupations des Français. Et puis, elle est tributaire d'une Assemblée nationale sans majorité absolue. Donc, la droite ou la gauche peuvent un jour décider de la renverser, à ceci près qu'ils prendraient le risque eux-mêmes de donner une force encore plus importante aux Rassemblements nationales, qui est aujourd'hui la seule force à avoir le vent en poupe.
Donc, elle dure et elle en dure, ce qui était au fond la tâche assignée par De Gaulle à tous ses premiers ministres, avec quelques victoires. Par exemple, pas de 49-3 sur le projet de loi rectificative, de finances rectificatives. Ça peut paraître peu, mais c'est déjà beaucoup dans le cadre de la situation compliquée. Merci, Françoise. Ça pourrait basculer à droite. Je me tourne donc vers Anne, parce qu'avec Anne, c'est tout souhaitement. On va basculer à droite. Françoise a cité Darmanin et le maire. Ce sont les deux personnages de votre œil-regard de la semaine. Oui, parce que cette semaine a été débattue la LOPMI, la loi de programmation du ministère de l'Intérieur.
Alors, ce que j'ai trouvé très intéressant, c'est qu'on a vraiment assisté à un show de Gérald Darmanin. D'abord, un vrai amour de l'exercice parlementaire. Il a beaucoup parlé, pour certaines oppositions. Il a même un peu trop monopolisé le micro. On sent qu'il y a pris du plaisir. Ensuite, il y avait de la conviction. Il faut augmenter les moyens du ministère de l'Intérieur. Ça, il l'a répété un petit peu à l'envie. Il y avait aussi une dose d'humour. Pour ceux qui ont peut-être un petit peu regardé LCP, il y a eu une sorte de duel perpétuel pendant cette semaine avec un insoumis Hugo Bernalicis. C'était très, très drôle. Mais surtout, j'ai trouvé qu'il y avait un vrai sens politique.
Alors, pourquoi ? Parce que cette loi, qui donne 15 milliards d'euros supplémentaires aux forces de l'Intérieur sur 5 ans, elle a en fait créé un relatif consensus. On vient de parler du 49-3. Là où c'est intéressant, c'est que Gérald Darmanin, ce n'était pas forcément évident. Il est classé à droite. Il a réussi à faire voter. Alors, le vote formel n'a pas encore eu lieu. C'est la semaine prochaine. Mais il y a 15 articles qui sont déjà passés. Ils sont tous passés avec la majorité, le RN, la droite, mais aussi les socialistes qui étaient là dans l'hémicycle.
Et ça, j'ai trouvé que c'était très important parce qu'en fait, à force de réunions en amont, de tête à tête dans les ministères, on voit que Gérald Darmanin, il a su dealer comme on dit. À l'inverse, quelques semaines plus tôt, un autre ministre issu des rangs de la droite était lui sur le même banc, en bas de l'hémicycle, sur le budget. C'est beaucoup plus compliqué, c'est vrai. C'est Bruno Le Maire. Et là, ça n'a pas été simple pour lui. On le sait, les textes budgétaires, c'est compliqué. Ça définit qui est dans l'opposition. C'était donc effectivement plus difficile pour lui.
Mais Bruno Le Maire, à la différence de Gérald Darmanin, il a vraiment affiché une sorte d'inflexibilité qui a même crispé en interne dans la majorité. Exemple, sur les fameux super profils et super dividendes, il a dit non. Il est resté inflexible. Il n'a pas voulu. Résultat, des 49.3 à Gogo en première lecture et il va y en avoir probablement en seconde lecture. Pourquoi c'est intéressant ? Parce que ces deux personnages, Gérald Darmanin et Bruno Le Maire, ils sont donnés comme possibles successeurs à Emmanuel Macron. Ça donne déjà une petite idée de ce qui va se passer.
Et ce qui va se passer, c'est maintenant, également, avec notre invité qu'on accueille Olivier Marlex, député et patron des Républicains à l'Assemblée nationale. Bonjour Olivier Marlex qui fait une grimace en s'asseyant. Pourquoi ? On n'a pas mis le clou sur la chaîne. Excusez-moi, j'ai raté votre première question. Non, ce n'est pas de vraie question. En tout cas, merci à vous d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes en direct avec nous jusqu'à 13h ce matin. Nathalie commençait à en parler tout à l'heure.
Dans le JDD, il y a une tribune très très véhémente contre l'interdiction de la Corrida qui est un appel au respect de nos valeurs républicaines, de nos traditions et qui va même jusqu'à appeler à résister à ce qu'ils appellent l'éco-totalitarisme. Elle est signée notamment par Renaud Muselier, président de PACA, Bruno Retailleau, patron LRO-Sénat, candidat à la tête de votre parti. Au total, 200 élus l'ont signé. Christophe Castaner. Christophe Castaner également. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette tribune ?
Je regrette de ne pas avoir été sollicité parce que je pense que je l'aurais signé. Enfin, je ne l'ai pas lu encore. Je ne suis pas d'accord avec ce qu'a dit Nathalie Saint-Crick sur ces sujets-là. C'est un vrai... Il y a un philosophe qui s'appelle Francis Wolff qui exprime très bien les choses en disant que c'est un conflit de sensibilité. C'est-à-dire qu'en clair, on ne voit pas du tout la même chose quand on est amateur de Corrida, quand on va à la Corrida et quand on ne connaît pas la Corrida et qu'on en retient juste la mort d'une animale. sur ce qu'en dit Amré Caron, en tout cas, ça suffit à nous convaincre qu'il ne faut pas voter ce texte.
C'est vraiment les logiques totalement antispécistes, c'est-à-dire que l'homme est un animal parmi les autres, il doit respecter les autres animaux. Vous ne croyez pas que c'est un côté désuet ? Si, si, c'est ce qu'il dit. Il est créé un peu carrément. Il explique en fait que c'est l'espèce de dernier avatar du suprématisme de l'homme sur l'animal. On va y revenir
si vous voulez sur les dimensions culturelles mais le mot quand même éco-totalitarisme. Est-ce que vous semblez adapté ? Est-ce que ce n'est pas excessif ? C'est quoi le totalitarisme pour vous ?
Non, moi je n'aime pas commenter parce que quand on impose quelque chose aux autres... Vous auriez pu signer la tribune. Et là, ce qu'il y a d'intelligent dans ce que dit Francis Valls, c'est qu'effectivement, il y a 75% des Français je crois qu'ils sont contre la corrida parce qu'ils ne connaissent pas du tout la corrida ou qu'ils ont une image assez fausse. Mais quand vous allez dans les villes de tradition taurine, 75% des gens sont pour cette tradition. Ce ne sont pas des villes de barbares a priori.
Il y a des gens qui aimaient aussi le jeu des arènes à Rome, ce n'est pas forcément... Je dis simplement pourquoi ? Pour des choses assez finalement minoritaires, vous ne vous demandez pas si par rapport aux jeunes, par rapport à un certain nombre d'évolutions de la société notamment sur les droits des animaux, le fait d'invoquer toujours la tradition...
Si on va dans les... Moi je n'aime pas trop... Je pense que c'est vraiment une question de patrimoine plutôt, de culture. Si vous allez dans ces villes, il faut aussi respecter un peu la démocratie. Faisons des référendums locaux à ce moment-là et demandons aux nîmois s'ils veulent abolir la corrida chez eux. La France est un pays... La réalité de la corrida, ce n'est pas la mort de l'animal, ce n'est pas la souffrance. Quand un animal souffre pendant la corrida, le torero se fait huer. Les gens n'aiment pas ça. En réalité, celui qui risque sa vie pendant tout le spectacle qu'est la corrida, c'est le torero. Ça les gens ne le savent pas parce qu'il a un manus face à un fauve.
Ce que je veux dire, c'est que c'est une preuve de courage totalement gratuite. C'est une culture
et on ne règlera pas le conflit de sensibilité entre nous comme ça.
Une dernière question quand même sur cette tribune parce que la tribune agrège des choses qui n'ont rien à faire avec la corrida. On évoque, et Nathalie en parlait, les arbres de Noël dans certaines communes où c'est interdit. Est-ce que pour vous, tout cela dessine une espèce de guerre culturelle, quelque chose entre la centralisation parisienne et le reste du territoire ? Quelle est la lecture politique et idéologique que vous en faites ?
Oui, mais de manière assez paradoxale, c'est qu'en fait, l'extrême gauche avec Améry Caron veut essayer de dérouler une espèce d'universalisme de valeur, en fait, dans laquelle il y a chez eux l'interdiction de cet antispécisme notamment qui va assez loin puisque la prochaine étape c'est la chasse, la prochaine étape c'est l'interdiction de la pêche, etc. s'il ne faut pas faire souffrir les animaux. Tous les gens qui pêchent avec un hameçon malheureusement et qui remettent le poisson pensaient qu'il n'y a pas du mal. Mais vous savez très bien qu'en Espagne même, on ne va pas faire la pêche, c'est la crôté sinon.
Vous savez très bien que même en Espagne, ça a été, dans un premier temps, on a en Catalogne notamment, ça a été interdit puis finalement les tribunaux l'ont rétabli. Vous savez très bien que ça a été refusé au patrimoine immatériel de l'Union Esco. Il y a quand même un débat sur la corrida en disant que c'est quelque chose d'essayant.
Ce débat, il paraît qu'il existe depuis le XVIe siècle qu'un pape a voulu interdire les corridas. Tout ça n'est pas nouveau. Je comprends pas que les gens soient heurtés mais j'ai envie de leur dire assister à une corrida
et peut-être que vous changerez d'avis. Justement. On est aujourd'hui aussi deuxième thème d'actualité sur lequel on voulait entamer l'émission avec vous en début de Coupe du Monde ce soir à 17h, match d'ouverture entre le Qatar et l'Équateur. Je ne sais pas si vous êtes un fan de foot, un aficionados de foot si on va continuer là.
Tous au moins au moment
de la... Vous parliez beaucoup de valeurs. Est-ce que vous considérez que c'est un souci que la Coupe du Monde ait lieu au Qatar ?
Oui, en même temps, pardon de dire en même temps, il y avait dans le choix du Qatar l'idée que le football soit un moment de communion entre tous les pays. Voilà, à chaque fois qu'on choisit... Vous pensez que c'est ça qu'il y avait beaucoup d'argent ? À chaque fois qu'on choisit un pays, effectivement, c'est comme aller faire des Jeux Olympiques en Russie, en Chine, etc. À chaque fois, on a ce genre de polémique. Évidemment que le Qatar a beaucoup de défauts, évidemment que je n'aimerais pas aller vivre au Qatar.
Bon, voilà, d'un autre côté, c'est aussi à l'occasion de ce genre d'événements qu'on parle de ces sujets-là, qu'on les met sur la table et si ça peut faire avancer la question des droits au Qatar, c'est plutôt pas mal. Oui, alors j'ai lu Le Monde et je n'ai pas compris pourquoi c'était ouvert et très précisément encore en termes d'accusation de corruption. Je n'ai pas compris. J'avoue que je n'ai pas compris.
Vous parlez de polémique. Est-ce que polémique n'est pas un terme un peu léger quand on sait le nombre de morts sur les chantiers,
par exemple ? Bien sûr. Non, mais quand je parle de polémique, je ne parle pas des morts au Qatar. Je parle autour de ce choix. Non, je pense que c'est plutôt des occasions où on peut faire avancer les droits en parlant de ces sujets-là. Et si ça amène le Qatar à se remettre un peu en cause en son pratique, c'est plutôt une bonne chose. Gérald Darmanin sera ce soir
le représentant de la France, envoyé par Emmanuel Macron pour le match d'ouverture. C'est une bonne chose que la France soit présente ? En tout cas, je suis surpris
que Gérald Darmanin n'ait pas mieux à faire. Il ferait mieux d'essayer de rattraper les évadés de l'Ocean Bikin.
Au Qatar, donc les responsabilités sont un peu partagées.
Non, je ne sais pas. Je pense qu'il faut bien un ministre. Pourquoi pas le ministre des Sports ? Ça aurait été plutôt sa place. Je pense que M. Darmanin ferait mieux de s'occuper un peu de sécurité, un peu d'immigration plutôt que d'aller au Qatar.
France Inter Hashtag Question Paul Alors justement, on va parler de politique, d'idéologie, de programme. Françoise le disait en début d'émission, Elisabeth Borne a fêté cette semaine, pas fêté, mais a passé cette semaine le cap des six mois à Matignon. C'était mercredi. Alors j'ai longtemps été prof. Quelle note vous lui donnez à Elisabeth Borne sur 20 ?
Écoutez, sur la forme, sur la forme, il fait son travail de manière assez consciencieuse, je trouve. Après, sur le fond, sur le fond, pas grand chose, pas une très bonne note. Sur le fond, je partage à peu près tout des politiques qui sont menées par Emmanuel Macron depuis cinq ans et le changement de Premier ministre, on n'y change pas grand chose. Sur la dépense publique, ils sont totalement incapables de faire preuve de courage sur ce sujet-là. On continue de s'enfoncer, les taux d'intérêt remontent, le mur de la dette se rapproche, mais on continue d'accélérer. Sur l'immigration, on continue d'être une passoire. L'Océan Viking a montré à quel point on ne maîtrisait plus rien.
On ne savait pas se faire rire ou pleurer. Enfin, plutôt en pleurer, en réalité, de cet épisode, ce espèce de naufrage. Attendez, c'est le naufrage de qui ? De l'Italie,
vous parlez ? Ou de la France ?
Pardon ? Vous parlez du naufrage de l'Italie ou de la France ? Je parle du naufrage qui est le traitement de l'immigration dans notre pays. Est-ce que vous parlez de l'Océan Viking, c'est pour ça ? Oui, le fait qu'on ait autorisé ce bateau à arriver en France en nous expliquant que c'était pour des raisons humanitaires et qu'en réalité, tout le monde a pris la poudre d'escampette, c'est un naufrage en direct. Les Français ont constaté à quel point, dans notre pays, on était incapables de maîtriser. C'est un échantillon de 220 personnes. On était incapables de maîtriser le flux. Tout le monde a pris la poudre d'escampette. Reprenons,
parce que là, le sujet est quand même très important. Il ne fallait pas recueillir les réfugiés ? Il fallait les laisser en mer ? Qu'est-ce que vous auriez fait,
vous, au gouvernement ? En matière d'immigration, je pense que ce que les Français attendent aujourd'hui, c'est de la fermeté, très clairement. Là, sur ce cas précis, est-ce que vous auriez
laissé en mer ? Et de l'humanité.
S'il y avait vraiment de la détresse humanitaire à bord, il fallait envoyer un équipage, il fallait envoyer une équipe de secours. Si des gens étaient en situation de détresse, il fallait cela éventuellement les rapatrier, une femme qui est en train d'accoucher ou que sais-je, ça, on s'en occupe, mais le reste, on n'a pas à accueillir ce bateau. Je vous rappelle qu'au moment de l'Aquarius, en 2018, un certain Emmanuel Macron, qui a changé d'avis surtout à peu près depuis 5 ans, disait, si j'accueillais, si je cédais au bon sentiment, je ferais le jeu des extrêmes.
Eh bien, il y est, aujourd'hui, sans doute a-t-il décidé, c'est sa stratégie, elle est comprise maintenant par les Français, je pense, il a choisi de faire le jeu des extrêmes en accueillant ce bateau, il a bien réussi.
200 personnes, c'est faire le jeu des extrêmes, accueillir juste 200 personnes, remettre juste les choses en patrie. Vous savez comment s'appelait
le chien viking avant de s'appeler le chien viking ? Il s'appelait l'Aquarius. Et donc, le même Macron a refusé d'accueillir le même bateau il y a 4 ans. Aujourd'hui, il accepte. Bon, il faudra qu'il nous explique pourquoi. Et à l'époque, il le justifiait par son refus de faire le jeu des extrêmes. Aujourd'hui, je considère qu'il a décidé de faire le jeu des extrêmes.
M. Marlexis, ne faut-il pas mieux expliquer aux extrêmes et aux Français un certain nombre de modifications qu'on doit faire en termes d'OQTF, en termes d'immigration, plutôt que de se plier à ce qu'on croit être la vox populi, c'est-à-dire expliquer 230. Alors, effectivement, il y a eu beaucoup d'erreurs dans l'explication et surtout dans le résultat, mais de dire si c'est un mineur, on est obligé de faire ça.
Sur l'immigration, il y a le Conseil d'Etat. Évidemment qu'il faut expliquer les choses aux Français, effectivement, c'est compliqué, il ne faut pas croire que tout peut changer avec une baguette magique, c'est des débats juridiques extrêmement compliqués.
Même Patrick Stéphanini qui fut conseiller. Qui sont sans doute
des débats constitutionnels et qui sont même des débats de droit international à titre personnel. Moi, je suis partisan que, peut-être vous choquez, mais que la France sorte, alors sorte pour y adhérer ou je ne sais quoi, de la Cour européenne des droits de l'homme qui nous impose une jurisprudence qui aujourd'hui ne nous permet plus de maîtriser notre politique migratoire. Donc oui, il y a des choses très sérieuses.
C'est la position
du parti ou d'Olivier Marlex ? Sur la chaîne Viking... Non, mais c'est la position de vous ou du parti, ça, de sortir de la Cour européenne ? C'est une position qui est, je crois, assez largement partagée aujourd'hui. Même Michel Barnier, qui est quelqu'un d'assez modéré, avait proposé pendant la primaire de modifier notre constitution pour ne plus être soumis à une jurisprudence délire. Nos voisins allemands, débat juridique, je ne vais pas rentrer dedans, nos voisins allemands ne subissent pas la jurisprudence de la CEDH de la même façon que nous pour des raisons juridiques. Sur la chaîne Viking, la réalité, c'est quoi ?
La réalité, c'est que, pour le coup, expliquons-le aux Français, que les ONG, avec leurs bateaux humanitaires, se mettent en limite des eaux territoriales de la Tunisie, de la Libye, que les trafiquants d'êtres humains, puisque c'est de ça qu'il s'agit, les amènent aux limites des eaux territoriales, appellent les secours et que ces bateaux sont parfois pré-possessionnés. C'est un rapport de Frontex qui l'a dit. Parfois même, rendre les canoës de sauvetage aux passeurs pour ne pas se fâcher avec eux.
Mais tout ça et avec mon groupe une proposition de résolution pour que la France soutienne l'initiative qu'ont préconjointement l'Italie, la Grèce, Chypre et Malte et demande à l'Union Européenne de remettre un peu de bon ordre, notamment que les pays de l'Union Européenne qui donnent leur pavillon à ces bateaux-là assument un peu une responsabilité dans cette affaire qu'ils ne respectent pas ces bateaux le droit international. Les ports les plus... Vous savez qu'il faut déposer les migrants dans le port sur le plus proche. Les ports sur le plus proche, ils étaient sur la côte tunisienne, c'était pas Toulon.
Olivier Merlex, vous allez aussi déposer deux propositions de loi sur l'immigration, notamment l'une qui vise à créer une juridiction d'exception et l'autre qui doit faciliter les expulsions, si je ne me trompe pas. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'à l'approche de la construction de cette loi immigration, vous voulez co-construire avec le gouvernement ?
Non, pas co-construire, on veut mettre la barre très haut. Vous savez, ce que j'ai entendu, pour l'instant, on ne connaît pas ce texte, le texte du gouvernement sur l'immigration, on ne connaît pas. Ce qu'on en a entendu me laisse extrêmement... sceptique et plutôt inquiet. Pourquoi ? Parce qu'on nous voit d'un côté une espèce d'illusion de meilleure mise en œuvre des OQTF. Les Français, depuis le meurtre de la petite Ola, savent ce que veut dire OQTF, les obligations de quitter le territoire français. Donc, on nous fait croire qu'on va mieux les exécuter. J'en doute. J'en doute.
Je pense que c'est illusoire parce que tant qu'on n'a pas réglé le problème des laissés-passés consulaires, on n'y arrivera pas. Comment vous faites ça, par exemple ? Et de l'autre côté, et en échange, le côté généreux, c'est... Eh bien, on va régulariser des clandestins qui ont une activité de travail.
sur les OQTF. Pardon, c'est juste pour que nos auditeurs comprennent bien. Obligation de quitter le territoire français, qui est relativement mise en échec très fréquemment.
5,6% d'exécution. On est assez loin des 100% promis par Emmanuel Macron.
Deux raisons majeures. Le fait que les pays ne veulent pas les accueillir, c'est-à-dire délivrer des laissés-passés consulaires, ou alors des gens qui n'ont pas d'identité et dont préfèrent les pays originaires, préfèrent ne pas les décréter qu'ils sont serbes ou je ne sais quoi pour qu'on puisse les renvoyer. Vous, au pouvoir, concrètement, qu'est-ce que vous faites ? Je veux dire si l'Algérie ne veut pas, l'Algérie ne veut pas.
Mais déjà, on se bat pour défendre un tout petit peu mieux nos frontières. Voilà. Et donc, sans rejoindre le premier sujet, il faut que Frontex... Sur la question des frontières, je pense que la France ne peut pas tout, toute seule, en Méditerranée, il faut que Frontex remplace les ONG pour tenir cette frontière méditerranéenne. 120 000 personnes qui traversent chaque année. À une époque, vous savez, Lampedusa, 2011, on était sur des flux de près de 500 000 personnes. Donc, oui, il y a ce sujet-là. Et là, c'est tari, quand même. Il faut mobiliser...
Vous savez que la France et l'Union européenne, en matière d'aide au développement des pays africains, c'est 20 milliards qu'on donne chaque année. 20 milliards. En échange de ces 20 milliards, on peut demander, je crois, un tout petit peu de coopération à ces pays-là. On peut demander de la coopération sur les pays du Maghreb.
C'est aussi... Eh bien, on supprime l'aide au développement. C'était supprimé au Mali. C'était supprimé au Mali récemment.
Pardon, moi. On peut supprimer l'aide au développement, ce n'est pas ça qui va limiter l'immigration. Mais pardon, on a... Non, mais c'est un donnant-donnant. Il faut savoir ce que nos pays partenaires veulent. On a déposé des amendements pour conditionner l'aide au développement, là, dans le budget, à la réadmission des personnes qu'on expulse. Le gouvernement a refusé cet amendement. On n'a pas voulu de cet amendement. C'est absolument stupéfiant. Donc, le gouvernement est dans le double langage. Et pour revenir à votre question sur le texte, moi, je ne crois pas qu'en même temps ce soit possible en matière migratoire.
En matière d'immigration, la question, c'est au bout du compte, est-ce qu'on veut plus d'immigration ou est-ce qu'on veut moins, beaucoup moins d'immigration ? Nous, on prend la deuxième solution. On pense qu'il est temps qu'il y ait beaucoup moins d'immigration. S'empris dans les secteurs tendus économiques, dans les secteurs en tension,
c'est ceux qui ont des problèmes et qui l'utilisent, qui souhaitent le droit avec des demandes du patronat. Vaste débat. Et aussi un ancien membre de votre famille politique, Alain Juppé, qui lui disait qu'il faudrait des débats annuels et peut-être une immigration du travail.
Qui aient des débats annuels. Très bien. Enfin, les métiers en tension. Franchement, on a 3 millions de Français aujourd'hui qui sont encore au chômage. Donc, les métiers en tension, je pense que ça renvoie à deux débats qui sont largement partagés. C'est la question d'un certain nombre de minimas sociaux dans notre pays qui font que les gens n'ont plus intérêt à reprendre une activité. Donc, suppression
des minimas sociaux.
Ils sont trop élevés ? Non, mais c'est la question du RSA qui, cumulé avec les allocations familiales, fait que vous vivez mieux que si vous prenez un emploi au SMIC. Et ça, ce sujet, je pense qu'il est très clairement identifié dans notre pays. Et puis, de l'autre sujet, c'est peut-être aussi la rémunération de ces métiers. Si on ne trouve pas de demandeurs d'emploi qui acceptent ces jobs-là, c'est, premier sujet, la différence travail et revenu d'assistance et de l'autre côté, peut-être la rémunération de ces métiers. Un mot sur...
Enfin, pas un mot, un développement sur la question de l'urgence climatique. Vous êtes vraiment vent debout et le jeu de mots est mal venu, mais sur les éoliennes, la question des éoliennes, vous n'allez pas voter, je crois, la loi sur les énergies renouvelables. Quelle est votre position sur ce sujet ?
On vient de terminer la COP 27 qui, une fois de plus, malheureusement, s'est terminée de manière un peu piteuse. Ce n'est pas très surprenant, en fait, les intérêts des pays sont trop divergents. L'essentiel de notre contribution, notre empreinte carbone, c'est quoi ? Ce sont nos importations. C'est nos importations. C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'en France, on a décidé, pour faire plaisir un tel ou un tel, d'être plus vertueux, de mettre des contraintes, d'empêcher nos entreprises de produire de telle ou telle façon, eh bien, on a délocalisé la production.
Notre principale contribution aujourd'hui à la lutte contre le réchauffement climatique en France, c'est la désindustrialisation effrayante en termes de souveraineté, d'indépendance et d'appauvrissement social dans ce pays. Donc, arrêtons avec cette...
C'est quand même surprenant d'entendre quelqu'un qui est de la droite républicaine tenir ce discours, sachant que la droite a été quand même un parti qui a promu toutes les mesures permettant les délocalisations. Je trouve quand même
que c'est un peu injuste et caricatural de regarder la droite à l'aune de décisions qui ont été prises il y a 30 ans et qu'on n'a pas... Non, non, pardon. Et qu'on n'a pas forcément eu l'occasion de... Dont on n'a pas eu l'occasion de poursuivre la mise en œuvre. Pardon, mais la droite au pouvoir entre 2007 et 2012, c'est avant les délocalisations. C'est un certain nombre de mesures totalement favorables à l'industrie. Je dirais, on sauve Alstom, là où d'autres ont préféré le vendre aux Américains, on crée le crédit impôt recherche, on supprime la taxe professionnelle. Donc non, il y avait une politique pro-industrie qu'on a perdue depuis dans les sables, notamment avec M. Macron.
Vous êtes en train de dire quoi ? Qu'il faut réindustrialiser, donc pas développer les énergies renouvelables ?
Non, pardon, je ne dis pas ça. Je dis que le vrai sujet, c'est quand même d'abord celui de l'échange mondial. Et qu'après, on peut se faire plaisir en plantant deux, trois éoliennes. Je pense que ce n'est pas le vrai sujet. Ce texte, il est totalement celui qu'on va étudier à l'Assemblée nationale cette semaine sur les énergies renouvelables. C'est un texte totalement anachronique. D'abord, ça ne répondra pas au naufrage de la politique énergétique nucléaire
Il a été voté par les sénateurs à l'air.
d'Emmanuel Macron. Pardon, si je me termine ce que je veux dire. Ça ne répondra pas à l'urgence de la situation électrique, enfin de l'électricité en France qu'a créé le président de la République. Ce texte, il est totalement anachronique. On fait croire, c'est un moment de communication après la COP27 où on veut avoir l'air de prendre une initiative. C'est un texte, j'allais dire, qui aurait pu prendre Mme Royale il y a dix ans. D'ailleurs, ce n'est pas très surprenant, Mme Born était sa directrice de cabinet. Ce texte, c'est un texte de relance de l'industrie allemande de l'éolienne et de l'industrie chinoise du panneau de la photovoltaïque.
Dans ce texte, pardon, Mme Sarké, dans ce texte, il n'est pas question, il n'est à peine question de méthanisation. Il n'est pas du tout question de géothermie. On a des capacités formidables. On n'utilise pas du tout en France la géothermie pour les réseaux de chaleur urbains pour chauffer des villes. Les Français utilisent la géothermie pour leur maison mais l'État est incapable d'avoir une politique sur la géothermie. Alors que là, vous avez zéro émotion. C'est pour ça que vous dites qu'on est passé de la start-up nation à l'éclairage à la bougie ? C'est la réalité. Oui, c'est la réalité. Ce débat, mais c'est la stricte réalité.
Les Français découvrent qu'il va falloir garder des bougies peut-être parce qu'il y aura des coupures cet hiver. C'est quand même un cal naufrage. Sur cette crise énergétique que nous vivons, M. Poutine a créé une crise du gaz en Europe. C'est incontestable. Si les prix explosent, c'est de la faute de ce conflit. C'est de la faute de Poutine. Mais la crise électricité en France, c'est M. Macron qui l'a créée. Personne d'autre en abandonnant la filière nucléaire.
Mais attendez, la filière nucléaire, c'est des responsabilités qui remontent à bien.
Non, ce sont des responsabilités qui remontent très clairement à 10 ans. M. Hollande, son ministre de l'économie qui s'appelle Emmanuel Macron ou son jeune conseiller économique qui s'appelle Emmanuel Macron avant d'être ministre. Les difficultés de la filière, elles ont été très localisées
sous le quinquennat. Il y a une commission parlementaire
sur le sujet en ce moment. M. Kala Sarkozy a relancé le nucléaire avec courage face à...
Les difficultés d'Areva, ça date de cette période.
C'est encore un autre sujet. Mais sincèrement, quand vous expliquez, quand vous faites voter une loi, ce n'est pas vieux, c'est en 2018. En 2018, M. Macron expliquait et fait voter une loi dans laquelle il annonce la fermeture de 14 réacteurs nucléaires. Quel message vous envoyez aux jeunes français, vous leur envoyez le message qu'il ne faut pas aller travailler dans le nucléaire, que ce n'est pas bien. À l'heure à laquelle on parle, le ministère de l'Écologie a encore un label, ça s'appelle un green label, où il dit dans quel secteur il faut investir, c'est bien ou pas bien d'investir. Eh bien, toutes les boîtes qui investissent dans le nucléaire sont exclues de ce green label.
Est-ce qu'au fond, votre message, ce n'est pas de dire les énergies renouvelables, ça ne nous concerne pas, ce n'est pas le message d'avenir ?
Je ne dis pas ça du tout. Je dis quand même qu'on avait la chance dans ce pays d'avoir le nucléaire. On avait 75% de notre électricité. Et simplement, M. Hollande, sur un coin de table avant de passer dans une émission de télé, a dit, bon, je ne suis pas capable de dire 100% de renouvelables, je vais dire 50%, on va bien s'en tirer comme ça. Depuis, c'est devenu un dogme. C'est absolument sidérant. Donc, oui, il faut du renouvelable, probablement en plus, mais il faut d'abord du nucléaire si on veut répondre à l'urgence des Français. Et le renouvelable, ce n'est pas que de l'éolienne allemande. Moi, j'aimerais qu'on travaille davantage sur, par exemple, le petit hydro, qu'on travaille sur...
Aujourd'hui, on n'a aucune perspective sur l'hydrogène. Vous avez une région, la région aura avec Laurent Wauquiez, où on produit de l'hydrogène vert propre à partir des barrages électriques ou des centrales nucléaires. Il faut investir là-dedans. Le gouvernement n'en parle quasiment pas.
Concrètement, pour être très clair, là, il va y avoir un texte sur le nucléaire probablement au premier semestre 2023. On a bien compris que ça, a priori, vous soutiendrez si ça va dans le bon sens. Mais sur les ENR, vous votez contre alors que ça a été voté par la droite au Sénat ?
Sur les ENR, on verra, notamment, il y a cette question, enfin, encore, je trouve, que le ministère de l'écologie ne soit capable de penser que éolienne, ça me sidère. Je trouve ça très triste. Donc, il manque plein de choses dans ce texte. Mais c'est l'alpha et l'oméga. On ne sait pas faire autre chose. D'ailleurs, le ministère de l'écologie vous répond quand vous leur parlez éolienne en mer flottante à 40 kilomètres, ce que les Chinois savent faire, ce qu'on commence à savoir faire au Danemark, etc. On dit, oui, mais en France, les industriels ne nous le demandent pas.
Donc, en fait, ce texte est fait pour faire ce que demandent les industriels allemands de planter plus d'éoliennes, quitte à massacrer les paysages français comme les Allemands ont massacré leurs paysages. Si les Allemands l'ont fait, tant mieux pour eux, ça leur a fait plaisir. Moi, je suis attaché à mes paysages et je pense que, donc, il y a d'autres choses à faire de plus intéressantes que l'Orient.
40 kilomètres, véto des mers, est-ce que ça... Donc,
on demande des choses très précises au moins. C'est un droit de véto des mers. Ah, ça vous maintenez ? C'est-à-dire qu'il y a un microclimat au Sénat ? Oui, si on a le véto des mers, si on a le véto des mers, on sera beaucoup plus ouverts.
Vous ne l'aurez pas puisqu'à priori, et là, la majorité se tourne plutôt vers la gauche.
Je ne sais pas avec qui. Il faudra qu'ils trouvent une majorité quand même. On verra.
Est-ce que ça ne vous gêne pas cette dissonance entre la droite sénatoriale et la droite assemblée nationale ? Est-ce qu'au fond, ça ne pose pas des questions sur votre cohérence de raisonnement et d'action ?
On est deux assemblées dans une situation différente. Le Sénat aime bien cranter un certain nombre de choses, donc vote des textes, parce qu'il a eu quelques acquis. Nous, si on considère que quand il n'y est pas, on ne vote pas. On n'est pas à la même assemblée,
mais pour le grand public, est-ce que ce n'est quand même pas un problème de cohérence entre votre discours et vos actes ?
Non, je pense que les sénateurs se sont battus avec nous sur le fait que ce texte était une bêtise dès lors qu'il se réduisait à implanter de l'éolienne allemande.
On va aller justement dans votre famille, Olivier Marlex, la famille Les Républicains. Je ne sais pas d'ailleurs si ça s'appellera encore Les Républicains dans quelques semaines. Vous avez une info là-dessus, non ? Je pense, oui. Vous le souhaitez ? Vous voulez que ça change de nom ? Beaucoup des candidats veulent changer le nom et pas seulement.
Je ne sais pas. Demain soir, vous ne savez pas ?
Non, je ne sais pas. Pardon, les détails m'ont échappé. On est surpris. Demain soir, débat entre les trois candidats, la présidente de votre parti, Éric Ciotti, Bruno Retailleau et Aurélien Pradier. Est-ce que vous avez un préféré, un favori ? Non,
il y a deux d'entre eux sont mes collègues au sein de mon groupe et le troisième et mon alter ego au Sénat avec qui je travaille toutes les semaines, que j'ai plusieurs fois au téléphone par semaine. C'est impossible de rentrer dans ce match. C'est étrange parce que c'est quand même des lignes idéologiques assez éloignées les uns les autres et vous me parlez d'individus, de caractère. Non, franchement, déjà, je trouve que cette campagne s'est plutôt bien passée, qu'il n'y a pas eu d'invective, qu'en réalité, on n'a pas surjoué les uns les autres, on n'a pas surjoué les différences de lignes.
Non, mais j'ai vu qu'Aurélien, qui est plutôt d'habitude sur des sujets sociaux, etc., a beaucoup parlé de sujets régaliens. Donc, tout le monde a l'air plutôt de se retrouver.
Se retrouver... Ouh là là ! Alors... Le sujet des retraites, par exemple. Grand sujet, très intéressant, où le Sénat vote un texte où c'est, au fond, l'âge de la retraite qui est repoussé, à 64 ans. Et puis, vous avez Aurélien Pradié qui dit, non, non, moi, c'est pas l'âge de la retraite, c'est la durée de cotisation et je ne comprends pas le positionnement de ma famille politique. Donc, en fait, on n'y comprend pas grand-chose sur la cohérence idéologique de votre famille.
Vous avez compris quelque chose de la cohérence idéologique d'Emmanuel Macron sur ce sujet-là ? Ah non, mais attendez... Moi, j'attendrai, pardon, non, non, c'est pas parce que c'est selon vous, Pierre Ayor, c'est pas grave chez vous. J'attendrai de comprendre la cohérence et de comprendre le projet. Bon, ça, c'est... C'est une campagne. Non, mais il l'a dit ici. Chacun essaie de se distinguer. Et Aurélien a fait une proposition en disant, je suis plutôt pour pousser à la durée de cotisation. Je lui dis 45 ans, enfin, 43 ans, ça me paraît déjà beaucoup. Donc, il dit, il assume maintenant d'aller à 45 ans. Donc, il a un projet qui est finalement plus dur que tout le monde.
Bon, voilà, je ne sais pas. Peut-être plus juste. Je n'ai pas vocation à me positionner par rapport aux idées que les uns et les autres mettent dans cette campagne.
Quand Alain Juppé dit
notre responsabilité sera de nous positionner par rapport à ce qu'Emmanuel Macron mettra sur la table. Quand Alain Juppé dit,
en gros, qu'il y a deux lignes, enfin, tout le monde dit ça, qu'il y a une ligne droite-centre, une alliance, qui est possible ou du moins de se mettre d'accord sur un certain nombre de programmes et que d'autres considèrent, comme par exemple M. Wauquiez, que c'est plus à droite, vous êtes sûr qu'il faut mieux essayer de, non pas pactiser parce que c'est péjoratif, mais de s'entendre sans agressivité aucune. On vous demande où vous habitez. Et, note de bas de page, on a entendu cette semaine parler d'une réunion de groupe qui a été plutôt tendue entre des partisans de rapprochement avec Emmanuel Macron et puis, Ah, c'est faux ça ?
Alors, en comptez-nous là. C'est pas faux. C'est pas faux. Essayons de prendre un tout petit peu de hauteur sur ce sujet. Moi, je pense que la droite ne... Enfin, dans notre histoire, dans le temps long, je me suis amusé quand même à un moment, pendant des vacances, de comprendre qu'est-ce qui faisait qu'à un moment, la droite avait gagné l'élection présidentielle et qu'à d'autres. Donc, il faut remonter, je remontais Napoléon III, Louis Napoléon et je me suis arrêté Nicolas Sarkozy. C'est quand la droite est capable d'avoir un projet.
C'est intéressant. Pour vous, la droite, elle commence à Napoléon III ?
Ah bah, Louis Napoléon.
Louis Napoléon.
Louis Napoléon est élu président de la République parce que les royalistes, à ce moment-là, préfèrent... Oui, d'accord. Oui, donc, voilà, il y a une union des électeurs de droite à l'époque, derrière... Vous avez une vision assez large de la droite, mais d'accord. C'est bien, c'est bien. C'est intéressant. d'un point de vue historique. Oui, oui, bien sûr. Nous nous plaçons dans un temps très long. Je pense qu'il n'était pas totalement de gauche, même s'il avait des positions du Napoléon extrêmement intéressantes. Je rappelle que Philippe Seguin lui a consacré une très belle biographie et notamment, il a fait un livre sur la défense du monde ouvrier qui était très intéressant.
Donc, la droite, elle ne réussit, elle ne gagne que quand elle est capable de fédérer ses différentes sensibilités d'une droite plus fortement conservatrice et des gens aussi un peu plus modérés. Je pense que c'est ce travail-là qu'on aura à faire. Emmanuel Macron, Emmanuel Macron, depuis son élection, a joué sur un jeu de fracturation du pays. Un jeu de fracturation en clair pour radicaliser les Français, pousser les électeurs de gauche dans les bras de M. Mélenchon, pousser les électeurs de droite dans les bras de Mme Le Pen. Ça a très bien marché, cette radicalisation, cette fracturation, ça lui a permis d'être réélu président de la République.
Ça crée une situation que je trouve désespérante pour mon pays, désespérante pour la France et dans laquelle je refuse de m'inscrire. Parce que ça ne peut pas être... On ne peut pas gouverner, imaginer gouverner un pays en étant dans cette haine de tous contre tous. Le problème, c'est que vous prêtez
beaucoup à Emmanuel Macron. En fait, tout ce qui s'est passé à gauche et à droite, c'est quand même... On a vu les prises de positions s'éloigner. C'est-à-dire qu'il y avait dans chaque camp, il y avait des positions opposées. Emmanuel Macron a surjoué... Alors, il y a peut-être surjoué la fracturation, mais elle existait.
Elle a surjoué de cette fracturation. Oui, il y a une espèce de radicalisation du débat politique qui était évidemment préexistante. C'est une espèce, là aussi, du mouvement un peu mondial du débat politique, cette trumpisation du débat que je ne trouve pas totalement... Je ne veux pas que Trump a fait de mauvaises choses pour l'industrie américaine, mais en termes de façon de gouverner, c'est assez calamiteux. moi, je suis profondément attaché. Je pense qu'un pays ne peut rien faire sans défendre, sans travailler sur la cohésion nationale. On a besoin de cohésion nationale. On a besoin que tous les Français partagent quelques ambitions, partagent la vie d'un avenir en commun.
Alors, c'est exigeant, ce n'est pas un truc mièvre, mais c'est ça qu'il nous faut reconstruire et sortir de cette espèce de jeu de fracturation dans lequel Mme Le Pen et M. Mélenchon ont été des parfaits complices ou comparse ou complice C'est qui l'incarnation chez vous ? Oui, parce que vous dites que la droite ne gagne
que quand elle est rassemblée. Les centristes l'ont déjà dit, par exemple, si c'est Ciotti qui remporte l'élection d'ici deux semaines, enfin, les centristes d'Hervé Morin, ils partiront. Est-ce qu'il n'y a pas un risque de ce point de là ?
Ils ne sont pas avec nous, donc on verra si Hervé Morin fait sa propre liste. En fait, les 20 ans de l'UMT,
c'était l'union, justement, aussi, avec le centre. Oui, et puis, juste, les familles... On va parvenir aux trois droites de René Raymond, mais la fracturation des droites, elle est ancienne et historique, et quand la droite gagne, c'est parce qu'il y a un dirigeant qui arrive à, en gros, incarner tout ça. Est-ce qu'aujourd'hui, il n'y a pas un problème d'incarnation ?
Oui, il y a ce problème d'incarnation, c'est pour ça que moi, je suis assez d'accord avec... Je pense que c'est le seul débat assez intéressant. Moi, je souhaite qu'on désigne notre candidat le plus rapidement possible, parce que sinon, dans le système médiatique actuel, les trois autres pôles ont leur champion. Alors, le plus rapidement possible,
c'est quand ? C'est quand et c'est qui ?
C'est pas l'objet de mes préoccupations quotidiennes, donc j'en sais rien, mais en tout cas, on ne va pas attendre 2025. C'est avant les élections européennes ? Comme la dernière fois, la dernière fois, oui, c'est sans doute avant les élections européennes.
Et c'est qui ? C'est Laurent Wauquiez ?
Je ne sais rien, on entendra que tout le monde soit candidat. Mais je ne veux pas qu'on se retrouve dans la situation où on désigne la dernière fois une candidate quelques mois avant avec son présidentiel où en pleine campagne, on en était à se poser de savoir quelle question et quel projet elle allait défendre. Les Français l'ont vu. Et on le fait sans primaire. Moi, je souhaite qu'on ait rapidement un candidat, un champion et qu'ensemble, on reconstruise un projet.
Et sans primaire ?
Ah oui, il faut arrêter ce cinéma. Sans spectacle, sans tout ça, c'est...
C'est quelqu'un qui s'impose.
Quelqu'un qui s'imposera et non, ou un vote des adhérents. Ça doit avoir un sens d'être adhérent en partie politique.
Arrêtons-nous là quand même parce qu'Éric Ciotti dit, moi je me présente et puis après je fais le nid de Laurent Wauquiez qui se présentera peut-être après les Européennes s'il a le vent en poupe. C'est pas votre théorie donc vous. Vous c'est...
Écoutez, moi je suis assez occupé au Parlement au quotidien, j'avoue que je ne suis pas rentré dans le détail de... C'est quand même l'avenir de votre famille politique. Que comprendre qu'Éric... Non, non, mais je ne fais pas... Je ne joue pas au naïf. J'avais que comprendre qu'Éric Ciotti pour être une désignation assez rapide. Moi je suis aussi pour une désignation assez rapide.
En gros, il jouait à Laurent Wauquiez.
La date, c'est pas mon sujet. Laurent est un candidat naturel de notre famille politique. C'est évident. Il peut prétendre être notre candidat à l'élection présidentielle. Est-ce que c'est pas risqué
politiquement de lui mettre une cible dans le dos ? Parce que si effectivement Laurent Wauquiez ou un autre ou une autre est désigné à l'automne, par exemple, ça veut dire que pendant 4 ans, ce sera le candidat...
J'ai compris qu'en refusant d'être candidat à la présidence des Républicains, Laurent Wauquiez souhaitait prendre un peu de hauteur, de distance par rapport à tout ce qui fait la vie quotidienne d'un parti. Après, il y a un moment quand on veut être candidat à l'élection présidentielle, il faut l'assumer et qu'un premier parti politique se range derrière vous je pense que c'est pas quelque chose qui vous nuit. Enfin voilà, il faut assumer...
Et Valérie Pécresse, c'est cuit.
Mais écoutez...
Ah bah non, mais ne levez pas les yeux au ciel parce qu'il y a des gens qui nous écoutent en radio et ils vont manquer de la réponse. Donc Valérie Pécresse elle-même a dit qu'elle n'en avait pas fini
et si par hasard
on désigne un candidat, ça serait pas mal qu'il y en ait quelques-uns pour faire comme signe. Eh bien moi, écoutez,
je souhaite que ce sera aux électeurs de choisir qui ils ont envie de soutenir, proposera sa candidature qui le veut
Alain Juppé évoquait il y a quelques-uns jours. Ah bah laissez-moi terminer. Alain Juppé évoquait dans La Place il y a quelques semaines l'idée que votre camp ne gagnerait qu'en allant vers le centre, en s'alliant au centre. Qu'est-ce que vous en pensez ?
En allant vers les Français, sincèrement, en allant vers les Français une fois encore, moi ce que je veux c'est sortir de cette logique d'affrontement. On est un peu les derniers. Aujourd'hui, tous les partis politiques dans ce pays un peu sans exception, peut-être à l'exception des Républicains qui ont encore cette espèce de prétention à l'Assemblée des Français. Ça peut paraître décalé, surprenante, un peu héroïque comme l'a dit Jean-François Copé parlant de notre combat à l'Assemblée. Mais moi je ne supporte pas cette fracturation de la vie politique avec des partis qui sont chacun sur leur part de marché. C'est ce que disent
Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé en disant on peut faire un contrat de gouvernement ou une sorte d'union.
Non, je ne parle pas de ça. La République en marche c'est le parti des gens heureux dans la mondialisation qui sont plutôt des urbains CSP+, ou des gens qui ne veulent pas trop que ça change pour qui tout va bien. La France Insoumise se livre alors il y a un petit peu de tout mais enfin se livre un communautarisme malsain, dangereux je pense pour notre pays. Les Verts c'est une clientèle jeune, bobos, etc. Madame Le Pen c'est les gens qui sont, qui se sentent mais qui sont parfois les victimes, qui ont été les victimes de cette mondialisation. On ne peut pas miser uniquement sur des parts de marché électoral. Tout ça est insupportable.
Je pense que c'est pas comme ça qu'on reconstruira un pays. Ça marche pour qui ? Ça marche pour M. Macron effectivement qui est en chef de camp du bien contre le camp du mal. Mais ça ne marchera pas durablement. Pour les autres ça n'a pas marché. M. Mélenchon attend son troisième, son quatrième, son cinquième tour. Mme Le Pen ça, troisième, quatrième, cinquième élection présidentielle
pour perdre toujours à la présidentielle. Certains disent là c'est l'élection de la dernière chance à droite, s'ils n'arrivent pas à trouver une incarnation, le parti finira par mettre la clé sous la porte.
Je pense que l'incarnation ce ne sera pas le président du parti. Le président du parti sera le président d'un parti politique. Je n'ai pas compris qu'aucun d'eux prétendait être candidat à l'élection présidentielle de 2027. Donc l'incarnation ce sera quelqu'un d'autre.
Il y a dix ans que vous avez été élu pour la première fois député. Donc c'est votre troisième mandat qui commence. Comment vous avez vu évoluer l'Assemblée nationale ? C'est la première fois que vous êtes en situation de majorité relative. Est-ce que ça a créé on avait dit à un moment donné ça va créer plus de dialogues, plus de débats politiques, plus de... On va remettre la lumière sur l'Assemblée. Est-ce que c'est ce que vous constatez de l'intérieur ?
Oui, c'est le choix qu'ont fait les Français. C'est-à-dire moi depuis dix ans j'ai toujours été élu dans l'opposition, opposition à François Hollande, opposition à Emmanuel Macron et on avait des majorités d'une grande arrogance, rouleau compresseur. En général vous aviez un malheureux amendement qui était pris au groupe d'opposition dans les meilleurs jours. Là les Français ont voulu redonner du pouvoir à l'Assemblée face au Président de la République. Moi je pense qu'il faut que l'Assemblée se saisisse de ce pouvoir. C'est pour ça qu'on n'a pas voulu voter une notion de censure d'ailleurs.
Oui, jusqu'à présent. Vous pensez que vous arrivez suffisamment à vous en saisir ? Est-ce que c'est suffisamment visible ? Et qu'est-ce qu'il faudrait améliorer ?
Alors, est-ce qu'on arrive à s'en saisir ? Écoutez, on verra sur les textes. Cet été on a réussi, on avait réussi à imposer la question du prix de l'essence dans le débat. Malheureusement sur le budget c'est un travail beaucoup plus compliqué on ne peut pas réécrire totalement un budget. Donc le gouvernement assume ses responsabilités et on ne les partage pas. Après, moi ce que j'aimerais c'est que peut-être il y ait plus de groupes qui rentrent dans ce travail. Vous avez fait allusion au débat sur la LOPMI.
Moi j'ai beaucoup travaillé avec des députés sur tous les bancs sur les sujets régaliens avec Mme Vichniewski au Modem, Mme Untermayor au Parti Socialiste, même avec Hugo Bernalicis dans le passé. Enfin, l'Assemblée elle sait travailler ensemble. Aujourd'hui c'est moins le cas. C'est moins le cas parce que malheureusement il y a des gens qui surjouent des postures notamment ce groupe de la France Insoumise, ce groupe des Mélenchonistes qui sont très brouillants.
Parce que parfois on a l'impression qu'entre votre discours très critique, très radical et votre pratique il y a quand même un hiatus.
Non, mais sur notre pratique nous on ne vote c'est assez simple. On vote les textes quand nos idées ont été reprises. Si nos idées sont reprises on aurait réussi à peser, à imprimer. Si ce sont nos textes vous savez qu'on a justement on évoquait les allers-retours avec le Sénat. Par rapport aux autres groupes d'opposition on a cette ce n'est pas le cas de Mme Le Pen ou de M. Mélenchon. Nous on a avec un groupe centriste on a la majorité absolue au Sénat. Donc on a une capacité à peser beaucoup plus que les autres.
Sur les retraites vous voterez par exemple. Si le projet ressemble beaucoup à celui du Sénat vous votez à l'Assemblée.
On attendra de savoir ce qu'est ce texte. Anne Souettement.
Vous disiez que vous appelez les parlementaires à se saisir de ce pouvoir que leur ont donné les Français. Il y a une autre initiative parlementaire qui va être discutée cette semaine. Alors c'est l'initiative de la France Insoumise mais je pense que ça peut intéresser la droite. C'est sur l'IVG sa constitutionnalisation avec la contraception. Est-ce que les 62 députés de droite pourraient voter cette constitutionnalisation sachant qu'évidemment la loi Veil c'est la droite qui l'a fait passer ? Et que le Sénat la loi
Très sincèrement sur ce débat bon je ne voyais pas trop l'utilité d'ouvrir ce débat en France. La France ce n'est pas les Etats-Unis. Les Etats-Unis n'ont jamais eu de textes de loi et donc tout ça est fédéral. Tout ça c'est les cours suprêmes qui ce sont les cours de certains Etats qui ont remis en cause ce droit. En France depuis 50 ans aucun député d'aucune formation politique n'a jamais remis en cause le droit à l'interruption volontaire de grossesse heureusement et donc voilà ce n'est pas évident d'ouvrir ce débat. C'est ouvrir ce débat ou le clore définitivement ? Je n'ai pas l'intérêt de rouvrir ce débat. Vous comprenez ce que je dis ?
La constitutionalisation c'était l'idée de clore définitivement le débat pour le coup. Pour moi il est derrière nous.
Après c'est un sujet sur lequel on a beaucoup parlé au sein de mon groupe on a beaucoup échangé on a déposé un amendement qui je pense fait totalement consensus dans mon groupe et qui pourrait éventuellement faire consensus à l'Assemblée nationale c'est en tout cas dans mon groupe on est signataires d'horigiaisons très différents sont retrouvés dessus c'est de dire si on doit inscrire quelque chose dans la Constitution inscrivons dans le préambule de la Constitution où la République proclame son attachement à un certain nombre de grands textes fondateurs et bien proclamons notre attachement aux principes fondamentaux de la loi de 1975 de la loi Veil aux principes fondamentaux de cette loi Et pourquoi
c'est quoi la différence avec l'autre option qui était de reconnaître constitutionnaliser
le droit à l'abandonne ?
Ce qu'on propose c'est la loi Veil toute la loi Veil rien que la loi Veil ce que proposent les insoumis c'est quelque chose de totalement différent la majorité aussi la majorité propose quelque chose de très différent qui est d'inscrire dans la Constitution que nul ne peut se voir privé du droit à l'interruption volontaire de grossesse et quand vous faites ça si vous inscrivez ça et ça seulement dans la Constitution vous faites tomber toutes les mesures d'équilibre que Simone Veil avait introduites dans son texte notamment cette mesure d'équilibre qui est aussi la protection de la vie et la protection de l'enfant à net qui se traduit qui se traduit pardon qui se traduit dans la loi Veil par la question du délai et donc si vous écrivez juste que personne ne peut se voir privé du droit à l'IVG et bien vous rendez inconstitutionnel le délai qui a été de 10 semaines en 75 de 12 semaines qui est aujourd'hui de 14 semaines vous rendez cette notion de délai inconstitutionnel et ça effectivement ça me paraît assez problématique personne n'a envie d'ouvrir l'interruption volontaire de grossesse jusqu'au 8ème ou 9ème mois donc ce texte il ne paraît pas souhaitable on propose nous de manière je vous le dis une fois encore assez unanime à l'Assemblée ce qui n'était pas l'attitude qu'a eu le Sénat de dire si on veut constitutioniser quelque chose inscrivons dans la constitution tous les principes de la loi Veil
mais vous ne voterez pas contre Aurélien Pradier lui il a dit qu'il était favorable nous on est favorable
à la version qu'on propose
ça veut dire que vous seriez plutôt sur une abstention
non non je vous dis qu'on est favorable qu'on va se battre pour que ce soit notre version
pour résumer le problème est-ce que vous n'êtes pas un peu coincé c'est-à-dire que si Macron fait des choses dites de droite ou du moins qu'on critique comme tel
là en l'occurrence ce n'est pas quelque chose de très à droite non non
je ne me parlais pas on peut apparaître les trois heures sur l'IVG si par exemple les retraites comme le disait Françoise si vous le votez vous risquez de perdre votre spécificité d'opposant et donc la prochaine fois d'avoir des problèmes pour le dire non mais c'est pas moi qui analyse ça
est-ce que c'est dur à comprendre que dans ce pays des gens aient envie de se positionner uniquement par rapport à leurs convictions
non mais surtout qu'on n'a pas réussi à comprendre et d'essayer de le faire non mais c'est cette idée-là
que je veux faire passer aujourd'hui nous on ne se positionne que par rapport à nos convictions
je suis d'accord mais quand vous dites le renouvelable c'est pas suffisant
sur l'IVG pardon sur l'IVG si notre amendement prospère et retenu c'est-à-dire franchement je pense que c'est un sujet sur lequel tout le monde pourrait se mettre d'accord dans ce pays de dire qu'on proclame notre attachement que la république française proclame son attachement à la loi à la déclaration des droits de l'homme une semaine 1789 on prend bulle de 46 et au principe fondamental de la loi veille à la charte de l'environnement c'est une position sur laquelle tout le monde pourrait se retrouver sur les retraites par exemple si le gouvernement il vient enfin pendant la majorité elle en retient et bien ce sera notre solution voilà la semaine prochaine se tient le congrès de maire de France sur les retraites là aussi on va se positionner par rapport à ce que sont nos principes pour moi ce qui justifie une réforme de retraite c'est c'est le fait que dans notre pays un trop grand nombre de français vivent avec des retraites misérables c'est vrai qu'il y a 38% des français à peu près c'est le chiffre de 2016 donc ils sont peut-être évolués depuis mais en 2016 il y avait 38% des français qui vivaient avec ce qu'on appelle le minimum contributif c'est à dire des gens qui ont cotisé toute leur vie toute leur vie et qui malgré tout ont des retraites extrêmement faibles et insuffisantes en général bien inférieures le minimum contributif c'est 700 et quelques euros avec un petit bout de complémentaire éventuellement la seule raison qu'il y a de faire une réforme de retraite c'est de pouvoir augmenter les retraites dans notre pays donc soit on trouve les moyens de répondre à cette question là éventuellement d'en améliorer quelques autres c'est à dire d'améliorer les fins de carrière je pense qu'il y a une vraie aspiration pour les français qui sont pas forcément contre liés de travailler un peu plus mais qui vont pouvoir le faire différemment peut-être en retraite progressive qui est un dispositif qui ne marche pas aujourd'hui on votera pour avec aussi des questions d'équité parce que les français ne comprennent pas bien qu'on leur demande à eux de travailler plus longtemps et qu'on ne demande rien aux bénéficiaires des régimes spéciaux ça c'est prévu aussi on ne leur demande rien oui c'est prévu donc on leur demande quelque chose vous les rire on ne leur demandera rien la clause du grand-père c'est à partir du moment ça veut dire que c'est dans 43 ans ça veut dire qu'on assume le deal qui est quand les gens sont rentrés ça va s'appliquer tout de suite qui sont en cours de cotisation de carrière qui sont à deux ans après
et il y en a ça s'appliquera dans 43 ans j'ai une question à vous poser c'est la clause du petit-fils en réalité sur les jeunes les jeunes ont du mal en s'engageant en politique aujourd'hui qu'est-ce que vous diriez à un jeune pour venir chez vous chez LR qui est un parti
plutôt vieillissant le vrai sujet c'est est-ce que vous supportez cette vie politique actuelle qui est construite sciemment sur l'affrontement de tous contre tous la guerre de tous contre tous vous pensez que ça un jeune il va se dire tiens je vais aller chez LR mais oui si les jeunes aiment leur pays s'ils aiment la France s'ils ont envie que dans ce pays on puisse encore construire des choses de grandes choses ensemble on a été un pays qui a inventé plein de choses qui a été une grande puissance industrielle une grande puissance agricole et bien il faut un moment il y a un truc à reconstruire dans ce pays
c'est ce que dit Nicolas Sarkozy c'est ce que dit Nicolas Sarkozy
il n'y a pas un truc pour leur donner envie quand même précis non mais Nicolas Sarkozy ces derniers temps il a donné un peu trop le sentiment d'être dans un dans un jeu avec Emmanuel Macron qui à titre personnel je ne partage pas du tout il y a une seule chose que je partage avec Nicolas Sarkozy dans les discussions que j'ai pu avoir avec lui c'est que dans 4 ans Macron c'est fini dans 4 ans Macron c'est fini et donc ce sera une nouvelle page qu'il faudra
Françoise je suis désolé on n'a pas le temps merci et oui c'est comme ça merci Olivier Varlex d'avoir été avec nous on se retrouve dimanche prochain pour un nouveau numéro de questions politiques merci à tous
merci à tous
Alain Marleix