Pour Macron, c’est déjà Noël - Les questions SMS #cdanslair 23.12.2017
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:03OuverteÉludée
Alors revenons au bon sondage d'Emmanuel Macron, tout cela ne montre-t-il pas que les Français en avaient vraiment plus qu'assez du personnel politique en place depuis 40 ans ?
- 0:56OuverteÉludée
Le président Macron ne capitalise-t-il pas en réalité sur l'efficacité de certains ministres, comme Blanquer, Colomb ou Le Maire ?
- 2:30OuverteÉludée
Y a-t-il des frondeurs au sein du parti d'Emmanuel Macron ?
- 3:49OuverteÉludée
Quelle audience peut avoir Martine Aubry ?
- 4:47OuverteÉludée
Quel est l'opposant qui a le plus de poids face à Macron ?
- 7:38OuverteÉludée
Quelles sont les faiblesses d'Emmanuel Macron ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui a quand même un peu perdu en notoriété, tout le monde garde le côté rabougri, les aigreurs, mais finalement il n'a pas réussi à mobiliser, il espérait mobiliser sur le terrain du social, ça a fait flop »
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« Laurent Wauquiez a un problème aujourd'hui, c'est qu'une partie de son électorat apprécie nettement ce qu'est effectué par le président de la République. »
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« Cette stratégie qu'il développe, avec beaucoup de sens tactique, s'occupe, j'allais dire, toutes les niches, jusque dans les électorats de ses oppositions. »
- 6:56InvitéFait
« Marine Le Pen ne s'est pas remis du débat qu'elle a eu avec Emmanuel Macron. Elle l'avait oubliée. C'était quand même la deuxième dans la compétition. »
- 7:16InvitéFait
« Emmanuel Macron a révélé les failles, les béances de toutes ces familles politiques, leur incapacité, finalement, à se rassembler, à se réunir, que ce soit pour la gauche, que ce soit pour les droites, les droites, ou que ce soit même pour le Front National. »
- 7:46InvitéFait
« Il ne regarde pas du côté des plus fragiles. Ça, c'est une vraie faiblesse. »
- 7:56PrésentateurFait
« Le danger du retour d'une technocratie trop triomphante. »
- 8:03InvitéFait
« Une certaine impression de supériorité qui a été son avantage aussi, parce qu'elle lui a donné cette dynamique, mais qui pourrait aussi lui nuire, en tout cas dans l'esprit des Français. »
- 9:29InvitéFait
« Le rapport qui a été publié montrait très vraisemblablement que la direction, ça va être abandonner Notre-Dame-des-Landes et aller vers la réhabilitation, l'extension de ce qui existe déjà. »
- 9:52InvitéFait
« Ce sera avant fin janvier, c'est ce qu'a dit le président Emmanuel Macron. »
Temps de parole
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– Alors revenons au bon sondage d'Emmanuel Macron, tout cela ne montre-t-il pas que les Français en avaient vraiment plus qu'assez du personnel politique en place depuis 40 ans ?
– Clairement, et d'ailleurs on parlait de l'opposition, pour poursuivre ce que vous disiez, c'est que par exemple même Jean-Luc Mélenchon, qui pendant ces six derniers mois s'est imposé comme le premier opposant, on voit qu'au bout de six mois, les Français, Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui a quand même un peu perdu en notoriété, tout le monde garde le côté rabougri, les aigreurs, mais finalement il n'a pas réussi à mobiliser, il espérait mobiliser sur le terrain du social, ça a fait flop, on arrive six mois après, ça a fait flop, donc on voit bien, parce que Jean-Luc Mélenchon, même s'il avait des techniques finalement assez nouvelles dans la façon de faire campagne et de porter l'opposition, on voit bien que finalement il appartient encore, pour un certain nombre de Français, à l'ancien monde.
– Le président Macron ne capitalise-t-il pas en réalité sur l'efficacité de certains ministres, comme Blanquer, Colomb ou Le Maire ? Alors est-ce que les ministres sont bons et est-ce qu'il en profite ?
– C'est-à-dire après une période, en effet, les premiers mois où, à part Emmanuel Macron, au fond, les Français percevaient très mal la répartition des rôles, il commence à apparaître une répartition des rôles, des ministres commencent à exister, en particulier, le ministre de l'Éducation nationale, et puis il y a une forme de division du travail dans ce gouvernement pluriel. On voit bien certains, comme par exemple, M. Blanquer parle aujourd'hui à la droite, à la demande d'autorité, et aussi aux électeurs de gauche, très fidèles à une tradition laïque républicaine où l'école publique doit continuer à jouer un rôle d'éducation forte des enfants.
Et puis il y a d'autres ministres, en effet, qui se portent davantage sur la gauche. Eh bien, un gouvernement est de gauche et de droite, je pense en particulier, bien sûr, à la figure de Nicolas Hulot, par exemple, qui, sur l'enjeu climatique, en effet, satisfait pas tout à fait les mêmes clientèles que celles de M. Blanquer. Donc, commence à apparaître une division du travail. Et qu'est-ce que c'est qu'un bon gouvernement ? C'est un gouvernement, en effet, dans lequel il y a des voix plurielles qui s'adressent à une majorité qui doit être large, en tout cas, qui doit être plus large que les 25% d'électeurs qui, au premier tour, avaient choisi Emmanuel Macron.
Y a-t-il des frondeurs au sein du parti d'Emmanuel Macron ? Ils sont discrets. Ils sont assez discrets. On les a vus un peu se révéler au moment du vote du président du mouvement. où on les a vus aussi tout à l'heure. Est-ce que c'est une fronde ? Mais laisser une députée en marche, je veux dire, critiquer la politique migratoire du gouvernement, c'était pas forcément un signe de grande cohésion. Là, je pense que le président du groupe n'avait pas véritablement fait son travail. Mais il n'y a pas véritablement de frondeur dans un mouvement qui doit son existence, qui doit sa dynamique à un homme. C'est très particulier, un mouvement comme celui d'En Marche.
Il faut remonter au général de Gaulle pour avoir un mouvement de ce type. Et encore, parce que de Gaulle pouvait s'appuyer déjà sur un socle de courants et d'hommes politiques déjà chevronnés. Là, il y a vraiment un mouvement qui sort véritablement de la volonté d'un homme et qui a été capable justement de rassembler, avec une autre figure qu'on n'a pas évoquée, qui est celle tout simplement du Premier ministre, dont on voit que c'est quand même une figure qui est populaire, qui émerge, qui a bien résisté à la turbulence de son voyage trop coûteux au bout du monde. Donc, on voit quand même aussi là émerger une figure. Quelle audience peut avoir Martine Aubry ?
Aujourd'hui, on l'a vu en effet dans le reportage. C'est assez léger. Je veux dire, ça ramène là pour le coup. En plus, le discours n'a pas vraiment changé depuis des années. Donc, ça nous ramène 10 ans, 20 ans en arrière. Martine Aubry, qu'est-ce qu'elle pèse aujourd'hui ? Bon, certains aimeraient peut-être l'avoir émergée, mais elle a toujours été dans l'opposition. Elle était dans l'opposition avec François Hollande. Elle donne l'image vraiment d'être toujours l'insatisfaite. Et pour revenir, c'est vrai que la différence est vraiment très marquante avec un gouvernement qui, finalement, fonctionne assez bien et où il y a très peu de couacs.
Même Nicolas Hulot, que vous soutiez, ça aurait pu... Bon, quand même, les états d'âme de Nicolas Hulot, on ne voit pas trop où, visiblement, il n'arrive pas à prendre sa place. Régulièrement, il dit non, non, je ne vais pas démissionner. Il y a quand même... Et là encore, c'est un couac assez léger, finalement. Quel est l'opposant qui a le plus de poids face à Macron ? Alors, on a cité évidemment Mélenchon. Ça reste aujourd'hui, malgré tout, en tout cas d'un point de vue d'opinion, lui. En tout cas, c'est lui qui est attendu lorsqu'il y a des interrogations, notamment d'un point de vue social et d'un point de vue de politique à caractère économique. Et Wauquiez ?
Alors, Laurent Wauquiez a un problème aujourd'hui, c'est qu'une partie de son électorat apprécie nettement ce qu'est effectué par le président de la République. C'est-à-dire que quand vous prenez la politique, notamment économique, et aujourd'hui la politique migratoire, qui sont deux axes forts sur lesquels le président de la République a décidé de les mettre à l'agenda et de les faire porter.
En plus, quand vous regardez notamment sur la politique économique par des ministres qui sont issus de la droite et des Républicains, ça coupe un peu l'herbe sous le pied de Laurent Wauquiez, qui l'oblige à se déporter non pas sur les thématiques économiques, mais beaucoup plus sur les thématiques sociétales ou d'interrogations sur les territoires, comme il a pu le faire récemment. Mais à l'heure actuelle, quand vous regardez même le niveau de confiance des Français à droite à l'égard de Laurent Wauquiez, ça ne lui permet pas de pouvoir bénéficier de ce support d'opinion.
Oui, et là, c'est lent. On voit tout de même, huit mois après la victoire du président, l'effet délétère sur les autres forces de cette stratégie, et de gauche et de droite. Parce que cette stratégie qu'il développe, avec beaucoup de sens tactique, s'occupe, j'allais dire, toutes les niches, jusque dans les électorats de ses oppositions. Et il ne reste presque plus d'air à tous les opposants. Au fond, Jean-Luc Mélenchon est en train de se replier sur une gauche de la gauche extrêmement nostalgique, ronchonne. M. Laurent Wauquiez est obligé de se replier sur une stratégie de droite quasi identitaire.
Le Parti Socialiste ne se replie presque plus sur rien parce qu'il ne sait plus très bien ce qui leur rassemble et comment sortir de la nasse. C'est-à-dire, on a l'impression véritablement que toutes ces oppositions, en effet, sont dans la nasse. Et là, on voit les effets délétères de cette stratégie extrêmement large et de gauche et de droite.
Et pour poursuivre, Marine Le Pen ne s'est pas remis du débat qu'elle a eu avec Emmanuel Macron. Elle l'avait oubliée. C'était quand même la deuxième dans la compétition. Et on l'oublie parce que Florian Philippot est parti, qu'aujourd'hui, elle n'arrive pas à trouver une doctrine et qu'elle a perdu en leadership, clairement. Mais c'est aussi parce que ce qui s'est passé qu'Emmanuel Macron a révélé les failles, les béances de toutes ces familles politiques, leur incapacité, finalement, à se rassembler, à se réunir, que ce soit pour la gauche, que ce soit pour les droites, les droites, ou que ce soit même pour le Front National.
On n'a jamais trouvé de solution entre la ligne Philippot et la ligne de Louis Alliot, par exemple. Question, pour vous quatre, quelles sont les faiblesses d'Emmanuel Macron ? Est-ce que vous pouvez en citer chacun une ? Il y en a bien quatre. À clairement le fait qu'il ne regarde pas du côté des plus fragiles. Ça, c'est une vraie faiblesse. Et je pense que ça, ça lui passe au-dessus du radar.
Pascal Perrineau ? Le danger du retour d'une technocratie trop triomphante.
Bien. Jean Garry ? Une certaine impression de supériorité qui a été son avantage aussi, parce qu'elle lui a donné cette dynamique, mais qui pourrait aussi lui nuire, en tout cas dans l'esprit des Français. Une politique qui donnerait le sentiment d'accroître les injustices dans la société française, qui touche même aujourd'hui, même les catégories supérieures, qui considèrent que, globalement, la société française doit être le plus juste. Et c'est un des pays dans le monde qui aspire le plus à cette forme de justice et d'égalité. Autre question, pourquoi voit-on moins Brigitte Macron ? Elle est plutôt discrète depuis le début, non ? Elle a donné des interviews cet été, au magazine Elle.
Sans faire de flagornerie à son égard, je pense qu'elle a plutôt jusqu'à présent réussit sa prestation de femme de président. C'est une star ! C'est devenu une star ! Elle est très populaire en France et à l'étranger, d'ailleurs. Incroyable ! C'est assez incroyable. Ce qui est intéressant, en plus, sur le plan sociologique, c'est quand même qu'elle a... Enfin, le couple Macron a inversé un certain nombre de clichés qui existaient jusqu'à présent dans notre société. Et ça, fondamentalement, sur le long terme, et au-delà même de ce que représente Brigitte Macron, c'est quand même très intéressant pour la société française.
Donald Trump ne commence-t-il pas à être agacé par l'aura internationale d'Emmanuel Macron ? Il peut. Il a déjà suffisamment de problèmes à régler de son côté. Il a beaucoup de problèmes, mais effectivement, il peut, quand on voit la une de ces économistes. Question, ça sera la dernière. Que va faire le gouvernement avec le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ? Tiens, on n'a pas cité, ça met dans le genre épine dans le pied. Le rapport qui a été publié montrait très vraisemblablement que la direction, ça va être abandonner Notre-Dame-des-Landes et aller vers la réhabilitation, l'extension de ce qui existe déjà. Enfin, ça sera quand même...
Quoi qu'il arrive, il n'y a pas de bonne décision dans ce dossier, on le sait. Non, mais il faudra aussi résoudre le sort des zadistes et voir ce qu'on fait de ces hommes. Ce sera avant fin janvier, c'est ce qu'a dit le président Emmanuel Macron. Merci beaucoup à tous les quatre. Merci de leur participer à cette émission. Merci aussi à l'équipe qui a préparé ce C dans l'air. Dans un instant, Ali Badou pour Célèbdo. Ce soir, la redif est à 23h55. Très bonne soirée sur France 5. Sous-titrage Société Radio-Canada