Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 3 novembre 2024 28 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asile

Macron joue au roi au Maroc, Braun-Pivet le trahit à Paris | Nils Wilcke

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 80 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:24InvitéFait
    « On est quand même en période de désastre budgétaire. »
  • 3:55InvitéFait
    « On rappelle que le photographe très sulfureux a été condamné en appel en 2016 à quatre ans de prison avec sursis pour abus de faiblesse contre la milliardaire Liliane Bettencourt. »
  • 9:50InvitéChiffre
    « le montant, se félicite l'Élysée, atteint plus de 10 milliards d'euros. »
  • 14:42InvitéFait
    « Le royaume du Maroc contrôle aujourd'hui 80% de la zone contre 20% aux mains du front polisario qui est soutenu par Alger. »
  • 16:40InvitéFait
    « Macron est très affaibli par ses échecs électoraux, sa dissolution ratée. »

Temps de parole

  • Invité70 %
  • Présentateur10 %
  • Invité 29 %
  • Invité 33 %
  • Invité 43 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Salut à toutes et à tous, vous regardez Les Indiscrets de Nils Villqueux, une plongée dans les coulisses de la politique française telle qu'on la raconte peu, c'est-à-dire sans phare ni élément de langage, et c'est sur le média, diffusé sur le canal 165 de la Freebox, sur Youtube, sur notre site internet et désormais sur Molotov. Au sommaire, quand Emmanuel Macron tente de se représidentialiser en allant au Maroc à la tête d'une délégation immense, les polémiques franco-françaises le poursuivent, notamment au sujet de ses invités gênants.

Nils a enquêté sur les coulisses de ce voyage hautement sensible en période de disette budgétaire. La photo officielle des 577 députés a finalement été réalisée sous la haulette de Yael Brown-Pivet, mais comme souvent, on rigole pour cacher un malaise lequel Nils nous parlera des ambitions contrariées de la présidente de l'Assemblée. Salut Nils ! Salut Théo ! Alors Macron n'est pas allé tout seul au Maroc comme on a pu le voir sur les images.

1:21
Invité

Oui, oui, alors cette fois-ci il a frappé fort quand même. On rappelle que les visites d'État, et notamment présidentielles, c'est le plus haut niveau des visites diplomatiques. Donc il y a tout un tas de protocoles, accueils à l'arrivée au Maroc en avion. Il y a la garde royale marocaine qui l'a accueillie avec tambour, trompette, etc. Mais c'est surtout que cette fois-ci il a embarqué, comme tu le disais en introduction, pléthore de personnalités et quand même les trois quarts du gouvernement.

Et il a notamment embarqué le judoka Teddy Riner, l'acteur Gérard Darmon, l'ancien ministre de la Culture qui a remplilé à l'Institut du Monde Arabe malgré la limite d'âge Jack Lang, l'inénarrable Ariel Dombahal, n'est-ce pas ? Ou encore l'écrivaine Laila Slimani. Évidemment si Ariel Dombahal, BHL n'est jamais loin, et notamment aussi Jamel Debbouze, etc. Donc on rappelle, 122 invités sont venus avec le président. Alors ils sont venus au fret de la princesse, évidemment. On est quand même en période de désastre budgétaire. Thomas Porcher en parle régulièrement sur notre antenne. Et évidemment ce petit voyage fait des ordres et a fait réagir notamment sur les réseaux sociaux. Regardez.

Et on est quand même à un moment où on le voit à l'Assemblée, aux médias, on suit attentivement l'examen du budget. Effectivement, Michel Barnier demande aux Français de se serrer la ceinture et le président s'offre une visite au plus haut niveau au Maroc avec les fastes de la monarchie et de la République. On a ainsi vu le couple présidentiel, puisque Brigitte était évidemment présente, et ses invités au somptueux dîner d'État mardi soir au Palais Royal de Rabat. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Paris Match, la presse people. De quoi relancer la colère dans le pays, mis au pain sec et à l'eau par le gouvernement Barnier. Réponse à suivre.

Alors, j'en parlais avec un conseiller ministériel qui s'en amusait, mi-figue, mi-raisin, qui me dit, bah oui, ils ont délocalisé le tout Paris et le gouvernement au Maroc. Alors, c'est vrai que tous ces invités et cette masse d'invités, c'est d'autant plus surprenant que Macron affichait un vrai mépris pour tous ces VIP français comme Jack Lang ou même Nicolas Sarkozy qui passent leur hiver aux frais du roi Mohamed VI au Maroc. Pour lui, c'était le vieux monde. Se souvient aussi quelqu'un qui a participé à sa campagne en 2017 et que j'ai sollicité pour préparer cette émission. Et il y a d'autres invités qui ont fait sursauter les médias. Pourquoi, par exemple, inviter François-Marie Bagné ?

On rappelle que le photographe très sulfureux a été condamné en appel en 2016 à quatre ans de prison avec sursis pour abus de faiblesse contre la milliardaire Liliane Bettencourt. Et on le retrouve à mitrailler de photos absolument tout le décor. Et on rappelle quand même que Bagné n'avait pas hésité à s'en prendre à Ariel Dombal pour sa participation à un documentaire sur Netflix sur l'affaire avec la milliardaire. Rappelez-vous. Et il en a parlé dans l'émission de Léa Salamé sur France 2 il n'y a pas longtemps. Regardez. Est-ce que c'est vrai quand on apprend dans la série, quand Ariel Dombal dit notamment… Elle ne m'a pas vue depuis 40 ans. Oui, mais est-ce que c'est vrai ?

Mais qu'est-ce qu'elle a cette taupe ? Est-ce que c'est vrai quand on… Voilà, alors on ne sait pas si le photographe a parlé à la taupe entre guillemets pour enterrer la hache de guerre. Mais c'est quand même un drôle d'aéropage qui accompagne le président.

4:51
Présentateur

Comme tu le dis souvent, le groupe vit bien. Alors tiens, est-ce qu'on sait comment François-Marie Bagné a terminé sur la liste de l'Élysée ? Par quel circuit est-il passé ? Ou l'a-t-on fait passer pour être dans la liste des Happy Few ?

5:08
Invité

Oui, alors j'ai contacté mes sources, Théo, dont plusieurs participants qui se trouvent dans l'avion présidentiel sur le chemin du retour. Ils y sont toujours au moment où on enregistre l'émission puisque l'heure d'atterrissage est prévue ce mercredi à 19h à Paris. Alors raison invoquée, il est dingo, mais super drôle, m'explique l'un d'eux. Ah ouais ? Voilà, c'est un peu léger quand même.

5:31
Présentateur

On se marre avec lui, d'accord. Il a quelques problèmes.

5:34
Invité

Non mais c'est ça, mais tu t'en plaisantes, mais c'est vraiment, c'est typique en fait d'Emmanuel Macron et de son épouse. Voilà, ils ont besoin toujours de se faire accompagner par ce qu'on appelle un petit peu, de manière un peu méprisante, les saltimbanks, entre guillemets. Voilà, c'est comme Benalla à l'époque où il était chargé de mission à l'Élysée. Ce sont des gens qui sont un peu, comment dire, un peu bordaires, un peu en dehors, disons, des officiels. Mais qui amuse le couple présidentiel comme mini-marchand, voilà, comme tant d'autres. Donc, on m'explique qu'il a commencé à dessiner dans l'avion, puisqu'il se pique d'être un artiste.

Puis qu'il a pris des photos sur tout le trajet qui menait la délégation, parce qu'évidemment, ils n'y sont pas allés à pied, à Rabat, dans le minibus qu'il est mené à leur hôtel. Et puis qu'il était debout, qu'il accostait les gens, que la foule lui répondait, que c'était drôle pour tout le monde. Voilà, de là à penser que notre photographe était là uniquement pour immortaliser la visite des Macron. Il n'y a qu'un pas, d'autant qu'on le rappelle, le président est obsédé par la trace qu'il va laisser dans l'histoire.

Mais plus encore, c'est la présence, notamment de Yacine Bellatar, de l'humoriste controversé, qui déchaîne les réseaux sociaux, et les commentaires des médias, principalement de Bolloré, il faut le signaler, depuis Paris. Il se dit, ça n'a jamais été vraiment démenti, qu'il a convaincu M. Macron de ne pas participer à la manif contre l'antisémitisme. Qui peut le comprendre ? Et provoque sur provoque, il vit en basket. C'est incompréhensible. Je vais vous le dire simplement, pour moi c'est un sinistre personnage. Benjamin, vous devez être un type formidable en dehors. Par contre, il ne faut pas me prendre pour un idiot.

Je veux dire, à un moment, moi je ne suis pas en train de vous dire, vous savez ce qu'on a dit de vous, Benjamin Duhamel, que vous étiez animateur parce que vous avez un nom qui s'appelle Duhamel. Vous allez me dire, mais Yassine, ce n'est pas très intéressant de dire ça. Eh bien, c'est l'entourage de quelqu'un qui m'a dit ça. Yassine Bélatar, je ne vois pas bien le rapport avec cela. Finalement, la seule chose qu'on va retenir, c'est M. Bélatar, avec ses positions, avec son agressivité envers M. Duhamel, qui effectivement, vous l'avez dit, a très bien répondu, son pantalon qui ne serait pas un survête, mais un pantalon en velours, alors qu'on n'en a strictement rien à faire.

Tout comme l'invitation de l'ancien député macroniste, M. J. Helger, qui a été condamné en appel l'an passé pour avoir frappé l'élu socialiste Boris Faure à Paris avec son casque, c'était en 2017. Vous savez que je connais bien cette circonscription ? Je ne suis pas étranger, et donc je ne suis pas illégitime. Mais là, vous n'êtes plus élu, monsieur. Non, non, je ne suis plus élu, je suis un ancien élu, pendant 5 ans. C'est beaucoup 5 ans.

Curieusement, les chiens de garde de Bolloré ne se sont pas attardés sur d'autres profils, comme celui de Ramzi Kiroun, qui est l'ancien factotum de DSK, surnommé son mauvais génie par le Parisien en 2011, ou encore son âme damnée par le temps, celui qui éloigne les emmerdes de l'ancien dirigeant socialiste.

Et après l'arrestation de son mentor en 2011, à New York, lors de l'affaire du Sofitel, Kiroun a poursuivi son ascension au sein du groupe Lagardère, avant de se rapprocher de François Hollande lors de son élection, se rendant notamment indispensable au moment de la sortie du livre de Valéry Trier-Valeur, le brûlot qui remettait Hollande et sa personnalité en cause sur fond de rupture amoureuse. Au sein de la délégation officielle, notre ami Ramzi Kiroun est présenté en tant qu'ancien porte-parole, membre du comité exécutif et directeur des relations extérieures de Lagardère SCA.

On rappelle qu'en 2019, il s'était rendu à Tangier pour décrocher une interview du roi du Maroc pour son ami, notre recrété Jean-Pierre Elkabach, rien de moins. Or, Ramzi Kiroun a officiellement quitté le groupe en juin 2022. Vous avez dit bizarre. Comme c'est bizarre. Voilà, exactement. Alors, c'est l'ordinaire, et notamment une source, ma source à l'Élysée me rappelle qu'il est de tradition que le président s'entoure de quelques franco-marocains, artistes, sportifs, etc., ou membres du gouvernement, et surtout d'une tripotée de grands patrons qui, eux, ne coûtent rien et rapportent dans leur bagage des millions de contrats.

Alors, certes, c'est encore le cas cette fois-ci, avec plusieurs deals et accords d'investissement, dont le montant, se félicite l'Élysée, atteint plus de 10 milliards d'euros. Rien que ça, Total Energy, Engie, Thalès, etc., le gratin des groupes français a conclu des promesses de contrat avec leurs homologues marocains. Youpi ! Alors, pour comprendre cette débauche de moyens et de VIP, pour montrer la grande amitié avec le Maroc et son roi, il faut se rappeler que l'on revient de loin. Il y a trois ans, Le Monde avait révélé le scandale Pegasus.

On apprenait alors que l'un des numéros d'Emmanuel Macron, qu'il utilisait régulièrement depuis au moins 2017, figurait dans une liste sélectionnée par un service de sécurité de l'État marocain qui utilisait le logiciel espion du groupe israélien NSO Pegasus. Rappelez-vous. Pourquoi le Maroc aurait-il voulu espionner le président français et plusieurs de ses ministres en 2019 ? Des journalistes de Forbidden Stories évoquent plusieurs pistes. L'obsession d'abord des services marocains pour les questions liées au Sahara occidental et le Front Polisario, l'organisation qui demande l'autodétermination de la région ? Voilà.

Et donc, au-delà d'Emmanuel Macron du gouvernement, il y avait aussi plusieurs hauts responsables du parti, des députés qui figuraient dans une liste de cibles potentielles de l'État marocain via Pegasus, dont l'influent député LFI à l'époque, Adrien Quatennin, c'était avant sa condamnation pour violences conjugales, mais aussi Franck Paris, le conseiller du président de la République sur les questions africaines, ou encore un certain Alexandre Benalla, à l'époque, ou ce dernier, en tant que chargé de mission, s'occupait de la sécurité d'Emmanuel Macron.

À l'époque, Théo, Macron avait très mal pris cette intrusion dans sa sphère privée et professionnelle, on peut le comprendre d'ailleurs, d'autant qu'il est fou de ses téléphones portables, ses iPhones, c'est un peu comme ses bébés, il les emporte partout avec lui, il me rappelle l'un de ses interlocuteurs réguliers. De fait, notre président est connu pour pianoter sur Telegram jusqu'au bout de la nuit.

11:48
Présentateur

Alors, à l'époque, Macron avait crié et il avait même hurlé « Ce roi est un voyou selon Libération publiée cet été », c'est ça ?

11:56
Invité

Exactement, il avait même appelé le roi dans un appel mémorable et d'ailleurs sans diplomatie, cette fois-ci. Alors, évidemment, Mohamed VI s'était défendu en expliquant qu'il n'avait pas écouté directement le président. Ça n'avait pas vraiment convaincu Emmanuel Macron qui avait répliqué « Écoutez, j'ai les preuves, soit vous mentez, soit vous ne savez pas ce qu'il se passe dans votre pays ». Ça, c'était fini que le roi avait raccroché au nez du président. Aucun humain ne lui avait jamais parlé ainsi. Observez le journal, on rappelle qu'au Maroc, la personne du roi est sacrée, c'est aussi le commandant des croyances, ce n'est pas juste un chef politique.

Et bon, l'affaire avait quand même été enterrée, me rappelait un ancien conseiller ministériel avant cette émission parce qu'elle était tout simplement trop sensible. et dès 2023, Emmanuel Macron avait lancé une grande opération pour se rabbocher avec Mohamed Siss. Plusieurs artistes qui ont un lien particulier, ou nés ici, ou nés en France, de familles marocaines ou binationales, certains artistes français même, qui ont décidé d'être adoptés par le Maroc, sont là dans notre délégation et c'est pour nous un immense honneur, une immense fierté et continuer de nourrir ces identités croisées. Vous savez, moi, je suis un très grand partisan du En même temps.

Voilà, alors, outre BHL ou Dati, Macron a aussi clarifié et réaffirmé sa position du 30 juillet où il soutenait la solution marocaine au Sahara, dans la zone qui est disputée depuis si longtemps. Et ce 29 octobre, devant un Parlement marocain acquis à sa cause, le président a fait une grande annonce assurant que le présent et l'avenir de ce territoire s'inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine, de quoi mettre le palais dans de meilleures dispositions vis-à-vis de l'Elysée. Et je pense, bien sûr, en premier lieu au Sahara occidental, à propos duquel j'ai souhaité, au nom de la France, préciser ma vision en m'adressant à Sa Majesté le roi Mohamed VI le 30 juillet dernier.

Et je le réaffirme ici devant vous. Pour la France, le présent et l'avenir de ce territoire s'inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine. Alors, je le disais avant, la déclaration présidentielle a été complétée par un engagement d'investissement dans la région. Voilà, alors c'est une étendue désertique qui est située dans le sud de pays. Le royaume du Maroc contrôle aujourd'hui 80% de la zone contre 20% aux mains du front polisario qui est soutenu par Alger. Et donc, le conflit est resté sans solution depuis un demi-siècle. On rappelle que Macron, je le disais en début d'émission, est obsédé par son bilan.

Et la trace qu'il laissera dans l'histoire, est-ce que notre président se verrait bien résoudre ce conflit séculaire ? Mystère.

15:06
Présentateur

En tout cas, il faut beaucoup de vanité pour imaginer le faire dans la position qui est la sienne aujourd'hui, c'est-à-dire une position finalement assez affaiblie au point de vue national. Et justement, pour revenir aux questions franco-françaises, Emmanuel Macron va peut-être dans ses rêves résoudre la question du Sahara occidental, mais pour l'instant, il y a elle, Brown-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, elle lui fait quelques infidélités.

15:36
Invité

Oui, alors bon, ça n'a jamais été le grand amour entre Yael Brown-Pivet et Emmanuel Macron. On rappelle quand même que la présidente de l'Assemblée nationale s'était présentée contre son avis pour son premier mandat à l'Assemblée, qu'elle avait arraché au forceps cette victoire à l'Assemblée et qu'elle a été réélue pour une deuxième fois avec les voix de la droite et d'une partie du Rassemblement national. Et c'est vrai que leur relation n'a jamais été au beau fixe, je le disais, mais elle continue cette fois de se démarquer d'Emmanuel Macron au fur et à mesure où, tu l'as rappelé, le président s'enfonce dans son impopularité.

On rappelle que le président est mal considéré par les trois quarts des Français selon les derniers sondages. En réalité, ça ne bouge plus vraiment. Il a toujours un socle de 20% de partisans. Mais bon, il y a quand même une large partie de la société. En tout cas, c'est ce qui figure dans les sondages. Et puis, il y a aussi les résultats politiques lors des élections. On rappelle, dernière législative, le camp présidentiel a été balayé. Et donc, Macron est très affaibli par ses échecs électoraux, sa dissolution ratée, comme on l'a déjà évoqué dans cette émission. Et ça n'a pas échappé à Yael Brown-Pivet qui prend désormais toute sa liberté.

Et l'épisode le plus spectaculaire de cette émancipation, elle s'est produite ce mardi, avant les fameuses questions gouvernement, ce qu'on appelle les CAG, l'hémicycle devait se soumettre à une formalité rituelle et immuable. La photo panoramique immortalise la législature en cours. Et à cette occasion, Yael Brown-Pivet en a profité pour faire passer un message. Regardez. « Bonjour à tous, j'adore ce moment où on fait cette photo de famille. Je ne comprends pas pourquoi, mais le gouvernement n'a pas voulu être en photo avec nous aujourd'hui. Photo qui va durer cinq ans, on est d'accord. Le gouvernement qui a fait le choix de ne pas être sur la photo avec nous, monsieur le député. Moi, je...

Évidemment qu'ils sont les bienvenus comme d'habitude. Et voilà, et donc Yael Brown-Pivet qui fait mine de s'étonner que le gouvernement ne s'affiche pas avec les députés. Alors, pour ceux qui n'auraient pas compris, elle ajoute « un peu perfide et tout sourire ». C'est une photo qui va durer cinq ans, on est d'accord.

Alors, connaissant la durée de vie estimée du gouvernement Barnier, la menace d'une nouvelle dissolution qui plane sur l'Assemblée d'ici un an puisqu'il n'est pas du tout dit que le Rassemblement national continue de soutenir Michel Barnier ou Emmanuel Macron rappelle que le gouvernement actuel ne tient que par la volonté du Rassemblement national et donc évidemment la pique de Yael Brown-Pivet n'est pas passée inaperçue. Alors, curieusement, dans la vidéo qu'elle a choisie de diffuser sur TwitterX, sa petite pique sur l'absence du gouvernement a été coupée. Regardez l'extrait. C'est une photo qui va durer cinq ans, on est d'accord ?

Alors, je vais vous demander d'être beau, je vous demande d'être beau.

18:49
Présentateur

Ah ben ouais, la coupe, on la voit, on s'en rend compte, c'est étonnant quand même.

18:55
Invité

Oui, on peut dire que le message est très clair, je n'ai rien à faire avec Emmanuel Macron et son nouveau gouvernement. Michel Barnier, ce n'est pas moi, Emmanuel Macron, ce n'est pas moi. Et d'ailleurs, elle n'a pas retenu ses coups contre le gouvernement ces derniers jours à la faveur des débats sur le budget. Regardez par exemple la semaine dernière, elle s'est irritée publiquement que le gouvernement n'avait pas transmis le plan budgétaire et structurel à moyen terme, ce qu'on appelle le PSMT à l'Assemblée. C'était sanglant. Je vous rappelle néanmoins que ce débat n'est pas censé être hors sol.

Il ne s'agit pas uniquement d'échanger de bonnes paroles, il porte sur le plan budgétaire et structurel à moyen terme que le gouvernement doit adresser aux institutions de l'Union européenne avant la fin du mois. Il a fallu que je m'implique personnellement vendredi pour que ce débat soit maintenu et que les documents nécessaires à sa bonne tenue nous soient transmis. Nous avons finalement reçu hier un projet de plan. Je vous remercie monsieur le ministre pour cette transmission. Il n'en demeure pas moins que la communication aussi tardive un dimanche à la veille du débat d'un document provisoire n'est pas satisfaisante. Et cela commence à faire beaucoup.

Nous avons déjà eu ce problème avec un rapport sur la dette qui nous a été transmis que le vendredi 12 octobre pour un débat prévu le 15. Et là encore, il avait fallu insister. Voilà, et ça a été comme ça toute la semaine sur Israël, qu'elle continue de soutenir malgré les crimes de l'État hébreu en Palestine et au Liban. On en parle largement aux médias. Regardez, c'était ce dimanche sur France 3. J'avoue que je n'ai pas compris cette phrase. Je ne sais pas à quoi le président de la République fait allusion. Nous avons une démocratie… Au propos de Benhamie Netanyahou. Oui, mais j'avoue que je… Vous ne partagez pas ?

Je ne partage pas et je ne la comprends surtout pas avant de ne pas la partager. Ça vous choque aussi ? Non, je ne la comprends pas et je pense qu'on est dans une situation extrêmement complète. Voilà, elle en a aussi profité pour tacler le gouvernement sur le dossier des agriculteurs, extrait. J'ai plaidé dès le mois de septembre pour qu'on reprenne l'examen de cette loi d'orientation agricole en session extraordinaire. Donc vous voyez, je suis très cohérente, très attentive à ce qu'il se passe dans notre campagne. Je regrette que le gouvernement ait fait le choix d'examiner cette loi d'orientation agricole uniquement en début d'année 2025.

Ou sur l'organisation des débats du gouvernement sur le budget à l'Assemblée. Et puis, il faut un gouvernement qui soit en capacité d'assurer cette construction de compromis. Et vous avez l'impression que ça ne va pas dans ce sens-là ? Eh bien, en tout cas, moi, ce que je vois depuis une semaine, c'est que les uns et les autres sont campés sur leur position et qu'il n'y a pas de mouvement vers une solution de compromis. Voilà, donc selon Yael Brunpivet, le gouvernement n'est pas en capacité d'assurer la construction du compromis qu'il semble loin le temps où elle, à la tête de la commission des lois, enterrée la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Benalla.

À l'époque, Yael Brunpivet était un bon petit soldat de la Macronie en marche. Elle se pliait au désir de l'Elysée et de Macron au point que le rapporteur à droite, Guillaume Larrivé à l'époque, excédé par cette soumission, avait préféré claquer la porte en dénonçant l'entrave d'une majorité aux ordres de l'Elysée. Petit souvenir. Madame la co-rapporteure propose en réalité d'entraver, je le dis avec gravité, les travaux de la commission d'enquête en nous proposant en réalité de clore pour l'essentiel le cycle des auditions.

Bref, aujourd'hui, Yael Brunpivet tente de naviguer entre les partis pour mieux régner et elle endosse un nouveau rôle, celui de protectrice d'une assemblée qu'elle n'a pas hésité à abîmer par une présidence partielle, comme l'a relevé la gauche et notamment LFI, qui n'a jamais autant été sanctionnée que sous cette présidence. Justement,

22:50
Présentateur

j'allais y venir, ces bisbilles avec Emmanuel Macron ne l'empêchent pas de continuer sa guerre de tranchée contre la gauche plus que jamais. Elle est en feu, Yael Brunpivet.

23:01
Invité

Oui, tu peux le dire, jeudi dernier dans la soirée, selon mes informations, un débat sur le budget, ça ne se passe pas très bien à cause des tensions qu'on a largement évoquées dans le média dans les précédentes émissions. Emmanuel Macron n'a plus de majorité, le gouvernement est de droite. On rappelle qu'il y a à peine une quarantaine de députés de droite qui sont élus, donc insuffisants évidemment pour assurer une majorité au Parlement. Et donc, reprise des débats, on voit Mathilde Panot, la présidente des députés et la France insoumise qui prend la parole pour pousser un nouveau coup de gueule contre le gouvernement. Regardez.

La présidente, rappel au règlement au titre de l'article 100 sur la bonne tenue de nos débats puisque nous sortons de conférences des présidents où a été décidé que les débats étaient ouverts le samedi, ce qui ne nous pose aucun problème.

Mais il se trouve qu'il reste 2 500 amendements qu'on nous a expliqués qu'on reprendrait après samedi le 5 novembre et que donc le gouvernement est soit en train d'essayer de faire l'amende pour dépasser la limite de temps de 40 jours, soit va aller au vote et puisque vous êtes minoritaire, monsieur le ministre, vous savez d'ores et déjà que cette partie 1 va être rejetée et donc que nous n'aurons aucun débat dans cet hémicycle sur la partie dépense, sur les 4000 preuves supprimées, sur les services publics locaux, sur la question de l'emploi, sur la question de l'ocologie. Alors je le dis ici parce que c'est gravissime pour le débat démocratique.

Voilà, alors elle avait des raisons d'être en colère Mathilde Pannot puisqu'un peu plus tôt il y avait donc une conférence des présidents à l'hôtel de l'AC. Alors l'hôtel de l'AC, pour ceux qui ne le sauraient pas, c'est la résidence officielle de Yael Brown-Pivet, très beau palais qui date du XVIIIe siècle et la présidente du groupe La France Insoumise a poussé une véritable gueulante selon mes informations puisque Yael Brown-Pivet en fait avait mis fin à une réunion qu'elle tenait avec d'autres présidents de groupe à 20h05 sans les élus qui siégeaient en séance.

Alors en fait, il y a d'autres puisque ce qu'on appelle la conférence des présidents, tous les présidents de groupe, les présidents de commission, les vice-présidents, les membres du bureau de l'Assemblée y participent. Et alors il y avait quand même une ribambelle d'élus qui n'était pas là, qui n'avait pas été prévenu. Par exemple, alors bon, le RN, Jean-Philippe Tanguy, Éric Coquerel pour La France Insoumise en plus de Mathilde Panot, l'écolo, Cyril Châtelain ou encore rien de moins que le rapporteur général du budget, Charles de Courson, excusé du peu. Tout ce petit monde n'avait pas eu le temps de rejoindre les discussions.

ils étaient en train de se tirer et on a dû les interpeller par la porte en fait pour ouvrir la conférence. Je me souviens un des participants qui témoigne pour le média. Et donc en fait, pour résumer concrètement, la présidente de l'Assemblée était prête à prendre des dispositions sur l'organisation des débats sans les personnes concernées. Et donc la réunion qui devait durer une dizaine de minutes, en fait, elle s'est terminée une heure après, donc aux alentours de 21h, dans une ambiance atroce selon ce même participant. Même Charles de Courson, d'habitude d'un grand calme, a dû aller se calmer à la buvette. Il en tremblait de colère, me raconte donc cette source.

Bref, si elle s'émancipe de Macron et du gouvernement, Yael Brown-Pivet continue de poursuivre en sous-main un travail de sable démocratique de l'Assemblée et signe de ses ambitions désormais pour 2027. La présidente de l'Assemblée s'affiche sans vergogne avec son homologue du Sénat, Gérard Larcher. La semaine dernière, on apprenait qu'elle se rendait avec lui en Nouvelle-Calédonie début novembre pour relancer le dialogue après la crise provoquée par Macron face aux revendications des Canaques.

On rappelle que l'archipel est toujours sous couvre-feu depuis plusieurs mois maintenant suite aux manifestations qui ont lieu de la part des Canaques pour réclamer la fin de la réforme électorale qui mêlent à feu et à sang. Alors, cette visite qui est prévue de Yael Brown-Pivet et de Gérard Larcher elle fait un petit peu jaser en haut lieu parce que la présidente de l'Assemblée elle est plutôt connue pour son côté un clivant. On en a souvent parlé aux médias. Espérons qu'ils font profil bas et agit un conseiller de l'exécutif que je sollicitais sur le sujet qui rappelle notamment cette fameuse marche contre l'antisémitisme avec le RN qui n'avait pas vraiment rassemblé la société française.

On se souvient que même Emmanuel Macron avait renoncé à y participer notamment justement en raison de la présence du Rassemblement national et donc cet activisme affiché de Yael Brown-Pivet a de quoi irriter l'Elysée mais c'est vrai qu'il marque aussi l'affaiblissement considérable d'Emmanuel Macron tu le rappelais en introduction et le président aujourd'hui n'a plus les moyens de s'y opposer.

27:45
Présentateur

Le pauvre ! Merci Nils ! Merci à vous d'avoir regardé cette émission. Le Média, on le rappelle, ne vit que des dons et des abonnements de soutien de celles et ceux qui le regardent et qui l'aiment. Alors si vous le pouvez allez sur lemédiatv.fr slash soutien pour nous aider à exister. Restez connectés au Média.