Réquisitions de mandats d'arrêt de la CPI contre le Hamas et Israël, mort du président Ebrahim Raïssi... Le "8h30 franceinfo" d'Agnès Levallois
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:19OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'on peut dire que la CPI renvoie dos à dos Hamas et gouvernement israélien ?
- 1:24OuverteRéponse partielle
Le Hamas dit que la CPI assimile la victime au bourreau. Vous en pensez quoi ?
- 2:23RelanceRéponse partielle
Le récit israélien, c'est de dire qu'une démocratie est mise sur le même plan qu'une organisation terroriste par la CPI.
- 3:19OuverteRéponse partielle
C'est perçu comme une insulte en Israël, un déshonneur historique dit Benjamin Netanyahou. Qu'en pensez-vous ?
- 3:49ComplaisanteRéponse directe
Les procès de Nuremberg, après la guerre. Et les procès de Nuremberg, absolument. Parce que c'est de là dont vient cette incrimination.
- 4:58OuverteRéponse partielle
Les réactions des autres pays sont intéressantes à décrypter, notamment ceux qui se disent amis d'Israël. C'est le cas par exemple de la France. La France, elle, dit qu'elle soutient la CPI, son indépendance et la lutte contre l'impunité dans toutes les situations. Là où les Américains jugent la décision de la CPI scandaleuse, comment vous expliquez ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Le 7 octobre, ce massacre organisé et mené par le Hamas »
- 0:46InvitéFait
« La réaction d'Israël face à ce drame qui est cette réplique et cette riposte qui a été considérée maintenant avec une question de la proportionnalité qui n'est pas respectée et qui induit justement cette qualification de crime de guerre. »
- 2:11InvitéFait
« Il y a aussi une impunité de la part d'Israël qui n'a jamais respecté les résolutions de l'ONU dans ce conflit. »
- 3:05InvitéFait
« Le fait de bloquer ce territoire et d'affamer la population et avec un nombre de victimes qui est considérable. »
- 3:57InvitéFait
« Ça renvoie dans l'histoire des Juifs et d'Israël à un moment absolument dramatique, évidemment. »
- 4:20InvitéFait
« Depuis la création de l'État d'Israël et que depuis qu'il y a eu un certain nombre de comportements d'Israël et qui ont été condamnés par des résolutions de l'ONU, mais qu'il n'y a jamais eu de volonté de la communauté internationale de permettre l'application de ces résolutions. »
- 6:54InvitéFait
« Les viols qui ont été commis contre les Israéliens, les otages qui ont été pris. »
- 7:08InvitéFait
« On va couper l'eau, l'électricité et la nourriture. Les Gazaouis sont des animaux humains qu'on va traiter en tant que tels. »
- 10:21InvitéFait
« Les armes venant majoritairement des États-Unis et que donc ces armes sont utilisées contre des civils à Gaza. »
- 11:02InvitéFait
« Ce gouvernement est très fragile, on l'a vu ces derniers jours où il y a beaucoup de manifestations contre la gestion par Netanyahou de cette guerre. »
- 12:43InvitéFait
« On était vraiment dans un processus que j'appelle d'invisibilisation des Palestiniens mais qui avait commencé avant le 7 octobre. »
- 17:13InvitéFait
« Pour Israël effectivement c'est une façon de dénigrer les chiffres du Hamas sans être capable d'en donner d'autres. »
- 20:10InvitéFait
« Je pense que les conséquences sont assez limitées puisque l'homme clé du régime en Iran ce n'est pas le président de la République, c'est le guide suprême Ali Hamenei. »
Temps de parole
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- Invité 28 %
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France Info Bonjour Agnès Levallois. Bonjour. Crime de guerre, crime contre l'humanité. Le procureur de la Cour pénale internationale demande des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, son ministre de la Défense, Yoav Galan, et des dirigeants du Hamas sont aussi visés. Est-ce qu'on peut dire que la CPI renvoie dos à dos Hamas et gouvernement israélien ?
Non, je ne crois pas qu'il s'agit de renvoyer dos à dos, mais simplement de prendre acte de ce qui se passe dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre. Donc le 7 octobre, ce massacre organisé et mené par le Hamas et donc qui justifie tout à fait que des poursuites soient engagées contre le Hamas et la réaction d'Israël face à ce drame qui est cette réplique et cette riposte qui a été considérée maintenant avec une question de la proportionnalité qui n'est pas respectée et qui induit justement cette qualification de crime de guerre.
Donc je crois que c'est une erreur que d'essayer de renvoyer dos à dos, mais ce que cela veut dire, c'est qu'on est face à l'analyse de cette situation dramatique dans la bande de Gaza qui a commencé effectivement par ces horribles massacres et donc qui justifie aujourd'hui cette démarche, ou en tout cas qui explique cette démarche lancée par la CPI.
Parce que le Hamas dit que la CPI assimile, je cite, la victime au bourreau. Vous, vous en pensez quoi là-dessus ?
Il ne s'agit pas là encore d'assimiler la victime au bourreau. On comprend très bien effectivement la démarche du Hamas qui se situe comme étant un mouvement, et là je reprends son expression qui n'est pas forcément la mienne, mais d'un mouvement de résistance et que si cette action, ce drame, ce massacre a été organisé le 7 octobre, c'est en réaction à la stratégie et à la politique menée par Israël dans les territoires palestiniens et en particulier à Gaza. Donc chacun est dans son récit, et le drame finalement de tout ce conflit face auquel on est confronté, c'est chacun qui a son récit et qui instrumentalise la situation en fonction de ses intérêts.
Mais c'est vrai qu'on part aussi d'une situation qui, depuis des décennies finalement, il y a aussi une impunité de la part d'Israël qui n'a jamais respecté les résolutions de l'ONU dans ce conflit. Et là encore, il ne s'agit pas du tout de justifier quoi que ce soit, mais simplement d'essayer d'appréhender la situation dans toute sa complexité.
Le récit israélien, puisque chacun est dans son récit, c'est de dire qu'une démocratie est mise sur le même plan qu'une organisation terroriste par la Cour pénale internationale.
Oui, mais est-ce qu'on peut qualifier de démocratique le comportement d'Israël dans la bande de Gaza ? Et donc là, je vais séparer bien évidemment ce qu'est Israël sur le territoire israélien vis-à-vis de ses citoyens et la stratégie qui est menée par Israël dans la bande de Gaza depuis le 8-9 octobre au lendemain de ces massacres où là, effectivement, il y a un certain nombre de comportements et le premier comportement qui est à la base de toute cette réflexion de la CPI, c'est le fait de bloquer ce territoire et d'affamer la population et avec un nombre de victimes qui est considérable. Donc ça, est-ce que c'est de la démocratie ? Évidemment que la question peut être posée.
En tout cas, c'est perçu comme une insulte en Israël, un déshonneur historique dit Benjamin Netanyahou, mais on entend aussi ses opposants politiques qui finalement le soutiennent, en tout cas sur ce point-là.
Oui, parce qu'effectivement, je pense que c'est un tel choc pour Israël d'être soumis à cette question, d'être perçu aux yeux de la communauté internationale ou une partie d'entre elles, en tous les cas, comme étant responsable et qu'il puisse y avoir ces poursuites pour l'ensemble des Israéliens. Parce qu'il faut rappeler quand même
que cette incrimination de crimes contre l'humanité, elle ne vient pas de n'importe où historiquement.
Non, bien sûr. Et donc, ça renvoie dans l'histoire des Juifs et d'Israël à un moment absolument dramatique, évidemment.
Les procès de Nuremberg, après la guerre. Et les procès de Nuremberg, absolument. Parce que c'est de là dont vient cette incrimination.
Exactement. Et c'est pour ça que je pense que ça prend cette proportion et ces réactions sont aussi fortes en Israël, ce que l'on peut tout à fait comprendre.
Mais surtout, je pense que c'est aussi le fait que depuis la création de l'État d'Israël et que depuis qu'il y a eu un certain nombre de comportements d'Israël et qui ont été condamnés par des résolutions de l'ONU, mais qu'il n'y a jamais eu de volonté de la communauté internationale de permettre l'application de ces résolutions, qu'il y avait quand même un sentiment de la part d'Israël que cet État étant tellement particulier de par son histoire, eh bien qu'on ne pouvait pas le mettre sur le même plan que les autres États à travers le monde.
Et que là, dans cette affaire, si je puis dire, eh bien il y a effectivement de se dire ce que fait Israël à Gaza, eh bien ça n'est pas tolérable et donc on le dénonce.
Agnès Levalot, les réactions des autres pays sont intéressantes à décrypter, notamment ceux qui se disent amis d'Israël. C'est le cas par exemple de la France. La France, elle, dit qu'elle soutient la Cour pénale internationale, son indépendance et la lutte contre l'impunité dans toutes les situations. Là où les Américains jugent la décision de la CPI scandaleuse, comment vous expliquez ça ?
Eh bien on voit bien qu'effectivement c'est la question des alliances qui permet de comprendre la réaction des États-Unis. On voit que Joe Biden, depuis le début de cette guerre à Gaza, même s'il est agacé par le comportement de Netanyahou, soutient de façon inconditionnelle l'État d'Israël. Donc il fait cette distinction, même si ça revient un peu au même. Et la France, qui après quelques hésitations, considère que la base de l'attitude doit être le respect du droit international.
Je pense que ce qu'il faut vraiment mettre en avant dans ce qui se passe aujourd'hui, c'est la volonté de certains États, là en l'occurrence dont la France, de se dire que la base de notre système international, c'est le droit international, c'est le respect du droit international, et c'est ça qui doit primer sur le reste. Comment peut-on demander l'application du droit international sur certains dossiers et pas sur d'autres ?
Et c'est cette incohérence qui, en plus, provoque des réactions, alors je ne vais pas reprendre cette expression du sud global, qui est décriée parce qu'on sait qu'elle ne veut pas dire grand-chose, mais qui alimente aussi une façon de percevoir et d'analyser les relations internationales, qu'on se dit, mais pourquoi pour certains, on oblige, on pense qu'il faut respecter... On revient à ce deux poids de mesure qui est tellement important.
Mais ce que vous répondrez des partisans d'Israël, Agnès Levallois, c'est qu'en l'occurrence, la Cour pénale internationale ferait de la politique et pas du droit.
Non, là, elle fait vraiment du droit, c'est-à-dire que la Cour pénale internationale s'appuie sur des faits, des faits qui sont avérés, quand la Cour pénale internationale met en cause le Hamas à juste titre pour les crimes que le Hamas a commis à Gaza avec les viols qui ont été commis contre les Israéliens, les otages qui ont été pris. Ça, c'est une réalité. Alors, je ne vais pas renvoyer dos à dos, mais quand la Cour pénale internationale regarde ce que fait Israël dans la bande de Gaza depuis, eh bien, reprenez simplement la première déclaration du ministre de la Défense qui a été de dire on va couper l'eau, l'électricité et la nourriture.
Les Gazaouis sont des animaux humains qu'on va traiter en tant que tels. Ça, ça n'est pas de la politique, ce sont des faits, des déclarations qui ont conduit à la fermeture, au blocus de la bande de Gaza. Et c'est aujourd'hui qu'il y a des enfants qui meurent de faim parce que l'aide humanitaire ne rentre pas. Et donc, c'est ça, c'est là-dessus que s'appuie la Cour pénale internationale et non pas sur une démarche politique.
Agnès Levallois, on vous retrouve juste après le fil info. Il est 8h40, Mathilde Romagnon.
Le trafic des RER est transiliens, fortement perturbés aujourd'hui en Ile-de-France. Les agents SNCF sont en grève à la veille de négociations sur les primes accordées pendant les JO. Pour l'instant, la direction prévoit une indemnité de 50 euros bruts par jour travaillés pour les cheminots. Une proposition de loi pour réguler le marché des meublés touristiques comme Airbnb. Le Sénat examine aujourd'hui ce texte. Il prévoit de donner plus de pouvoir aux maires des villes touchées et de réduire le taux d'abattement sur les revenus issus de ces locations.
Les processions pour les funérailles d'Ibrahim Raisi ont commencé ce matin dans la ville où le président iranien est décédé lors du crash de son hélicoptère. Cinq jours de deuil national ont été décrétés en Iran. De nouvelles élections auront lieu le 28 juin prochain. Deux départements sont toujours en vigilance orange. Pluie, inondations aujourd'hui. La Charente-Maritime et la Gironde. Un épisode de fortes pluies durables est attendu aujourd'hui encore par Météo France. France Info
Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Salia Braclia Et Agnès Levalois, la vice-présidente de l'Institut d'études et de recherches méditerranéens Moyen-Orient, spécialiste du Proche-Orient ont continué d'évoquer cette demande du procureur de la Cour pénale internationale demande de mandat d'arrêt contre Benyamin Netanyahou son ministre de la Défense contre trois hauts responsables du Hamas c'est une demande, c'est important de le préciser parce que pour l'instant il n'y a pas encore de décision mais s'il y avait une confirmation de ce mandat d'arrêt qu'est-ce que ça impliquerait qu'est-ce que ça aurait comme conséquence politique notamment en termes de politique internationale ?
Ce que l'on sait déjà c'est que si effectivement ces mandats étaient confirmés ça veut dire que par exemple les responsables en l'occurrence israéens ne pourront plus se déplacer dans des pays qui ont signé ce statut de Rome
C'est-à-dire la France par exemple ?
Donc la France en particulier les Etats-Unis non parce que les Etats-Unis ont signé mais le Sénat n'a pas ratifié donc les Etats-Unis ne se sentent pas tenus par cela et d'ailleurs ce qui fait aussi un point effectivement d'entente entre les Etats-Unis et Israël sur cette question de la Cour qui remet en question finalement la légitimité ou en tous les cas ne veut pas donner tous les moyens à cette Cour Donc pour la France ça veut dire que si Netanyahou ou son ministre de la Défense voulaient venir en France et bien là il devrait normalement être arrêté puisque la France a ratifié ce texte
Donc ça limiterait les déplacements de Benjamin Netanyahou et de son ministre de la Défense mais est-ce que ça parce que les accusations sont importantes crime de guerre crime contre l'humanité est-ce que ça rendrait les Etats-Unis par exemple complices de crimes de guerre de crimes contre l'humanité parce qu'ils fournissent des armes
Oui c'est ça déjà certains juristes mettent ça en avant le fait que les armes venant majoritairement des Etats-Unis et que donc ces armes sont utilisées contre des civils à Gaza Des armes qui ont tué des civils
c'est ce qu'a dit Joe Biden
Absolument et il l'a lui-même reconnu donc effectivement si on continue dans ce travail vraiment juridique de savoir ce qu'il en est effectivement ça peut avoir des conséquences aussi vis-à-vis des Américains et de l'administration de Joe Biden
Et sur le plan de la politique intérieure israélienne est-ce que ça aurait des conséquences un Premier ministre qui serait sous mandat d'arrêt international ça aurait forcément des conséquences sur ce gouvernement qui est déjà très fragile
Alors ce gouvernement est très fragile on l'a vu ces derniers jours où il y a beaucoup de manifestations contre la gestion par Netanyahou de cette guerre son ministre de la défense lui-même qui s'est exprimé ces derniers jours estimant qu'il n'y avait aucune vision politique de la suite pour ce qu'on appelle le jour d'après donc on est vraiment dans une situation extrêmement fragile et en même temps je pense que cette décision d'hier de la cour pénale resserre les rangs aujourd'hui derrière Netanyahou puisque finalement c'est le pays entier qui se sent attaqué par cette décision et une décision qu'il ne comprend absolument pas et on voit les réactions aussi bien des familles d'otages qui sont très vent debout si je puis dire contre Netanyahou parce qu'elles estiment qu'il ne fait pas assez pour faire revenir ses otages mais qui là considèrent que cette cour est allée trop loin et donc ça resserre les rangs alors pendant combien de temps toute la question est là et tout va dépendre aussi du résultat dans trois semaines ce qu'on dit qu'il faut à peu près trois semaines pour que les juges statuent sur cette demande
et trois semaines ce sera à peu près aussi la date à laquelle on aura la décision de Benny Gantz qui a donc menacé de quitter le gouvernement Agnès Levallois vous le disiez tout à l'heure sur le fond le procureur de la CPI parle d'extermination de meurtre y compris dans le contexte de décès causé par la famine la persécution et d'autres actes inhumains le politiste israélien Denis Charby le disait récemment sur France Info l'opinion israélienne reste en état de sidération depuis le 7 octobre depuis 7 mois et vous l'avez écrit vous dans une tribune dans le monde beaucoup d'Israéliens préfèrent ne pas regarder ce qui se passe du côté palestinien est-ce que ce réquisitoire du procureur de la CPI va interroger les Israéliens sur le regard qu'ils ont envers les Palestiniens oui je crois
qu'on était vraiment dans un processus que j'appelle d'invisibilisation des Palestiniens mais qui avait commencé avant le 7 octobre et le 7 octobre a été un choc parce que justement depuis des années finalement les Israéliens s'étaient habitués à cette situation de conflit de basse intensité et dont on ne parlait plus et donc ils ont pris de la façon la plus dramatique qui soit ce retour de la Palestine des Palestiniens et depuis cet effet de sédération est tel qu'ils continuent à ne pas vouloir voir ce qui se passe réellement dans la bande de Gaza mais effectivement cette décision de la Cour pénale remet la réalité de la situation dans la bande de Gaza sur le devant de la scène
les médias israéliens ne parlent pas ou très peu de ce qui se passe à Gaza
très peu il y a très peu d'images dans les médias israéliens alors vous pouvez toujours évidemment savoir ce qui se passe grâce à internet mais c'est vrai qu'il y a une difficulté à regarder la situation en face tellement le choc du 7 octobre est encore là au sein de la population israélienne et effectivement cet effet de sidération dont parle Denis Charbit est une réalité
Agnès Levallois on parle beaucoup d'Israël des conséquences de cette décision sur l'opinion publique notamment israélienne la décision la demande en tout cas du procureur de la Cour pénale internationale elle vise aussi trois membres du Hamas là aussi d'abord on peut rappeler qui ils sont le chef du bureau politique du Hamas le commandant des brigades le chef du Hamas dans la bande de Gaza Yaya Sinouar là aussi ça peut avoir quelles conséquences sur l'organisation
alors sur l'organisation je ne pense pas que ça puisse avoir beaucoup de conséquences c'est beaucoup plus vis-à-vis finalement de la population palestinienne que cette décision peut donner le sentiment justement qu'il sorte de cette invisibilité dont je parlais et du fait qu'on parle aussi de ce qui se passe dans cette bande de Gaza qui est complètement comme vous le savez coupé du monde où vous vous ne pouvez pas vous rendre en tant que journaliste pour faire votre travail et donc cette décision redonne aux palestiniens de la bande de Gaza mais aussi de ces Jordani et bien le sentiment que la justice justement s'applique à tous et qu'il n'y a pas ce deux poids deux mesures dont on parlait au début de cet entretien
Mais quand même est-ce que ça forcerait le Qatar par exemple qui abrite des dirigeants du Hamas à les expulser ?
Alors c'est vrai que ça remet cette question sur la table puisque Ismaël Hanier qui est un des membres visés par ce mandat effectivement est basé au Qatar et que ça va mettre le Qatar en position délicate puisque le Qatar est un allié très proche des américains qu'il soutient effectivement le Hamas mais il soutenait le Hamas à la demande des israéliens et des américains avant le 7 octobre quand même donc c'était aussi un accord qui était passé et donc comment maintenant le Qatar va négocier avec les américains est-ce que les américains vont exiger le départ des responsables du Hamas de Doha ou est-ce qu'on va continuer à garder cette carte entre les mains puisque le fait qu'un interlocuteur puisse continuer à négocier avec le Hamas et bien c'est aussi important dans ce type de situation
Est-ce qu'il y a des conséquences diplomatiques également sur le conflit qui est en cours Anthony Binken le chef de la diplomatie américaine disait hier soir cette nuit que ces mandats d'arrêt pourraient compromettre les pourparlers sur le cessez-le-feu
Alors évidemment ça c'est la rhétorique américaine puisque les américains sont furieux de cette décision et qu'eux n'arrêtent pas de dire qu'ils essayent de négocier un cessez-le-feu soyons raisonnables ça ne veut plus rien dire de négocier un cessez-le-feu puisqu'on voit que ça fait maintenant des mois que ce cessez-le-feu ces négociations ont lieu mais finalement sans que des vraies mesures soient prises pour tordre le bras à ceux qui peuvent le négocier aussi bien les responsables du Hamas que Israël d'accepter véritablement un cessez-le-feu donc cette rhétorique me paraît tout à fait légitime dans la façon qu'ont les américains de gérer la situation à Gaza mais je ne pense pas qu'on puisse faire une relation directe entre les deux
Il y a une question Agnès Levallois parce que depuis tout à l'heure on parle de crimes de guerre de crimes contre l'humanité la CIJ la Cour internationale de justice elle étudie Autre juridiction Autre juridiction internationale étudie la saisine de l'Afrique du Sud sur la question d'un génocide à Gaza il y a la question des chiffres aussi près de 36 000 morts à Gaza ces chiffres dont on dispose aujourd'hui et qui nous vient du ministère de la Santé du Hamas nous les médias on se fait souvent critiquer parce qu'on reprend ce chiffre parce qu'on n'a pas non plus de chiffres du côté israéliens pourquoi les israéliens ne communiquent pas sur le nombre de civils morts à Gaza ?
Parce que pour Israël effectivement c'est une façon de dénigrer les chiffres du Hamas sans être capable d'en donner d'autres et d'abord ça nécessiterait d'avoir beaucoup de personnes sur place qui ne font que ça et le ministère de la Santé du Hamas a la capacité parce qu'ils sont sur place ils peuvent gérer la situation l'absence d'observateurs internationaux ne permet pas effectivement de contredire ou d'alimenter la réflexion sur les chiffres donc là de cette manière Israël se piège en interdisant la venue sur son territoire d'observateurs internationaux mais ce qu'il faut simplement ajouter c'est que dans tous les conflits précédents dans la bande de Gaza puisqu'il y a eu un certain nombre de guerres déjà dans la bande de Gaza les chiffres qui avaient été donnés par le ministère de la Santé pendant les combats pendant les conflits ont tous été confirmés par la suite lors d'enquête menés par justement des observateurs internationaux à quelques personnes près et donc c'est la raison pour laquelle il est important de dire que ce sont les chiffres donnés par le ministère de la Santé du Hamas parce que c'est la source que tous les journalistes font et c'est indispensable mais cette discussion finalement pour moi est une discussion qui n'a aucun sens lorsque l'on compare justement ces chiffres avec ce qui s'est passé précédemment et c'est une façon de minimiser ce qui est en train de se passer
Agnès Levallot vous restez avec nous on va parler de l'Iran juste après le Fininfo il est 8h51 Mathilde Romagnon
Les ressortissants australiens et néo-zélandais vont être évacués de Nouvelle-Calédonie après plus d'une semaine d'émeutes dans l'archipel le conseil de défense d'hier à Paris a acté l'envoi de militaires pour protéger les bâtiments publics sur place des barrages ont été levés par endroits mais réinstallés ailleurs grève aujourd'hui des agents SNCF dans les transports en commun d'Ile-de-France à la veille de négociations sur les primes pendant les Jeux Olympiques fortes perturbations donc à prévoir aujourd'hui sur les RER et les trains de banlieue franciliens avec par exemple un RERD sur 5 et uniquement aux heures de pointe c'est le premier procès en France sur les crimes du régime syrien de Bachar Al-Assad il s'ouvre aujourd'hui devant la cour d'assises de Paris trois hauts responsables syriens sont jugés soupçonnés d'avoir joué un rôle dans la mort de deux franco-syriens la flamme olympique monte aujourd'hui les marches du festival de Cannes porté par l'athlète paralympique Arnaud Assoumani côté compétition les festivaliers pourront voir Marcello Mio dernier film de Christophe Honoré et The Apprentice biopic sur Donald Trump France Info
le 830 France Info Jérôme Chapuis Salia Brachia et toujours avec Agnès Levalois spécialiste du Proche et du Moyen-Orient on parle de l'Iran à présent acteur clé de cette crise qu'on évoque depuis 8h30 avec vous l'Iran soutient du Hamas en plein deuil aujourd'hui après la mort de son président Ibrahim Raisi dans un accident d'hélicoptère avec un peu plus de 24 heures de recul maintenant quelles conséquences l'événement peut-il avoir pour le régime ?
je pense que les conséquences sont assez limitées puisque l'homme clé du régime en Iran ce n'est pas le président de la République c'est le guide suprême Ali Hamenei et donc lui est toujours là et c'est lui finalement qui permet la transition puisque c'est lui qui doit enteriner le fait que selon les textes iraniens lors de la mort ou l'incapacité du président de la République c'est son vice-président qui est nommé qui est désigné par le guide suprême pour gérer les affaires courantes ce qu'il a fait une date d'élection a été fixée au 28 juin donc pour des élections présidentielles et donc on voit bien que dans cette organisation de ce système la personne clé étant Hamenei il n'y a pas à mon sens en tous les cas à attendre de bouleversements majeurs dans les semaines dans les mois à venir
on ne peut pas se dire parce que le président est mort une opposition je mets bien des guillemets autour du mot opposition pourrait prendre le dessus et pourrait en profiter
non parce que ce qu'il faut savoir c'est pour les élections qui vont arriver donc le 28 juin il va y avoir des candidats qui vont se présenter mais qui doivent être approuvés par le conseil des gardiens de la constitution et donc c'est ainsi en fait qu'il y a un tri qui se fait dans les candidatures possibles et que Hamenei s'il veut rester sur la ligne dure qui est la sienne très conservatrice et très dure et bien ils vont ce conseil va sélectionner des candidats qui vont être dans cette ligne à moins que Hamenei se disent qu'actuellement comme il y a toujours une contestation en Iran même si on en parle beaucoup moins et bien peut-être qu'il faut ouvrir un petit peu le jeu et accepter une candidature un peu plus ouverte qui permettrait de donner des gages mais de là à parler d'opposition on n'est pas du tout dans ce cas de figure
parce que ce mouvement femme-vie-liberté depuis maintenant près de plus de deux ans en Iran il continue comment est-ce que cette nouvelle a été accueillie maintenant depuis 24 heures en Iran
alors il y a eu sur les réseaux sociaux puisque les Iraniens peuvent difficilement manifester d'autant que sous la présidence de Raisi le président qui vient de mourir dans cet accident la police des mœurs de Bastidji avait repris beaucoup de vigueur donc il y a un contrôle de la société important puisque le régime s'est senti très menacé par cette contestation venant en particulier des jeunes donc il n'y a pas de possibilité d'expression publique mais en revanche sur les réseaux sociaux toutes ces femmes tous ces mouvements s'est félicité finalement de la disparition de Raisi qui était un dur des durs surtout dans le domaine judiciaire et qui était responsable de condamnation à mort il avait été lui-même
procureur l'un des plus hauts magistrats du pays on l'appelait le boucher de Téhéran et là encore Agnès Levallois c'est intéressant de décrypter les réactions internationales à la mort accidentelle d'Ebrahim Raisi la minute de silence en hommage par le conseil de sécurité de l'ONU Charles Michel en Europe pareil qui adresse ses condoléances beaucoup critiquées on ne peut pas rendre hommage à un homme qu'on appelait le boucher de Téhéran
et en même temps ça on est dans des règles diplomatiques c'est à dire qu'à l'ONU par exemple pour qu'il y ait une minute de silence il faut qu'une majorité de pays la demandent et donc ça rentre en vigueur après les pays qui sont contre cela sortent de la salle pour manifester leur opposition donc nous sommes dans des situations où il y a des règles diplomatiques et là on voit bien aussi sur la question iranienne suivant les réactions il y a les pays qui sont proches de l'Iran et qui profitent de cette occasion pour manifester un soutien à l'Iran qui va bien au-delà de la question de la mort du président de la république et d'autres pays qui évidemment sont en opposition et sont contre la stratégie et la politique menée par l'Iran en particulier au Moyen-Orient mais pas que et qui là évidemment n'ont aucune envie d'apporter un témoignage de sympathie dans le cadre de ces condoléances
ce que vous nous dites Agnès Levallois c'est qu'au-delà du vernis diplomatique il y a dans ces différentes réactions un enseignement sur la solidité des alliances et le monde nouveau qui se dessine devant nous
mais complètement et on a bien vu d'ailleurs qu'il y a eu des manifestations dans les propos tenus par le Hamas qui est soutenu par l'Iran par le Hezbollah qui est soutenu par l'Iran par la Syrie de Bachar el-Assad qui tient grâce à la présence des Iraniens dans son pays on voit bien que là il va y avoir des réactions très fortes pour montrer tout le soutien à l'Iran et la Russie évidemment pareil ce qui n'est pas le cas des pays occidentaux avec lesquels la relation avec l'Iran est plus compliquée
et donc c'est le moment de boucler la boucle puisqu'on a commencé l'interview avec Israël l'Iran joue un rôle majeur dans ce qui se passe entre Israël et la Palestine avec la mort de ce président Ibrahim Raisi est-ce que les Israéliens peuvent souffler
un peu aujourd'hui ? Non je ne crois pas que ça puisse changer quoi que ce soit puisque la ligne qui est suivie par l'Iran est la ligne définie par Khamenei que le nouveau ministre des Affaires étrangères qui a été nommé pour l'intérim était l'adjoint du ministre parce qu'il y a également le ministre des Affaires étrangères qui est mort et qui est donc complètement sur la même ligne qui est une ligne dure et qui est une ligne de volonté de stratégie d'influence régionale donc la disparition de Raisi à mon avis ne changera absolument pas la nature de l'engagement de l'Iran dans ce qui est appelé de leur part l'axe de la résistance et ça restera une des composantes de la stratégie iranienne
Merci beaucoup Agnès Levallois de nous avoir aidé à comprendre cet actuel très dense dans cette région que vous connaissez très bien puisque vous êtes vice-présidente de l'Institut d'études et de recherche méditerranéenne Moyen-Orient