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interviewSportenFrance· 20 juin 2026 61 min

On s'enflamme - Avec Clément Ducos

Source d'origine 4 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:18
Présentateur

J'espère que vous allez bien, c'est parti pour une nouvelle émission et aujourd'hui on s'enflamme pour Clément Ducos.

0:25
Invité

Comment ça va ? Ça va ?

0:26
Présentateur

Ça va super, installe-toi, ça me fait très plaisir de t'avoir dans l'émission. Clément va passer une heure ensemble, un très bon moment. J'ai déjà eu quelques athlètes, mais 400 mètres haies c'est une première. Merci de m'avoir invité. Merci à toi, je vais te présenter pour nos téléspectateurs, nos téléspectatrices. Tu as 25 ans, tu pratiques le 400 mètres haies, tu es champion de France en salle alors du 400 mètres. Au niveau du 400 mètres haies, tu as brillé pendant les Jeux Olympiques de Paris, en série, en demi et puis en finale tu finis au pied du podium, quatrième. Alors avant de commencer et pour ne perdre personne, le 400 mètres haies pour les nuls.

Est-ce que tu peux nous expliquer un peu ce que c'est ?

1:03
Invité

Le 400 mètres haies c'est un tour de piste avec 10 haies et il faut courir le plus vite possible. Tout simplement. La hauteur des haies ? 91 centimètres. Et l'écart, l'espacement entre les différentes haies ? 45 mètres avant la première et 35 mètres entre chaque haies. Nickel, le mec est incollable.

1:19
Présentateur

Parfait. On voit justement les images là, Clément, d'une séance. Alors c'est une discipline hyper exigeante le 400 mètres.

1:27
Invité

Ouais, mais ça en plus vous avez pris une vidéo d'une des séances les plus dures que je fais pendant l'hiver là. On peut savoir celle à quelle ? Et je crois que c'était 450, 400, 250, 200. Avec le matin, on a eu max en squat, max en power clean, c'est max en bench press. Et après ça, 6 fois 200. Mais c'est vraiment la pire. Ouais, t'as pris la pire séance de l'année là. Donc t'as le petit vomito à la fin ou pas ? Même pas en fait. À la fin, t'es évanoui quoi. Ouais. Vraiment. Vraiment ouais. Comment tu te décrirais en tant que hurdler ? Tes qualités, tes défauts ? Mes qualités, c'est que j'ai une bonne technique de haie, je suis assez souple.

2:06
Locuteur non identifié

Ouais.

2:06
Invité

Et mes qualités un peu plus morales, c'est que j'ai pas peur de souffrir. Je sais quand il faut y aller, tout donner à 100% pour faire une bonne perf. Je pense que c'est ça mes deux qualités, ouais. Et les défauts ? Les défauts, peut-être des défauts de qualité intrinsèque de sprint pure. Ouais, sur 400 plats quoi. Ouais, c'est ça. Je suis pas le meilleur athlète. Je suis pas le plus rapide. Quand il y a une course, je suis pas le plus rapide. Mais je suis peut-être le mieux entraîné et le plus... Peut-être celui qui a le plus envie de gagner peut-être.

2:34
Présentateur

Ouais, tu dis, voilà, je suis prêt à souffrir. Tu aimes souffrir ou pas ? Est-ce que quand on fait cette discipline-là, il faut aimer un petit peu ?

2:41
Invité

Ouais, je pense que c'est obligatoire. On fait des entraînements, comme je l'ai dit tout à l'heure, c'est des trucs... Si on dit avant de venir sur le stade qu'on va faire ça, je pense qu'on pense pas qu'on peut le faire. Mais ouais, il faut aimer souffrir, c'est sûr.

2:54
Présentateur

Ça t'arrive de cogiter parfois avant une grosse séance que ton coach te donne, d'y penser et que ça te hante un peu l'esprit ?

3:00
Invité

Mais du coup, c'est pour ça qu'il nous les dit pas. En gros, on arrive sur la piste, il nous dit « là, on va commencer par un 450 ». Et puis après, il nous dit 12 000 de récup, après il nous dit « on va au 400 ». Et en fait, le cerveau comme ça, il met pas de limites. Et lui, il marche vachement comme ça. Après, c'est sûr que quand c'est des séances un peu plus faciles, il nous le dit à l'avance. Mais quand c'est des séances faciles, j'y pense pas trop, vu que c'est facile. Mais les séances dures, il nous les cache. Tu nous as donné la séance la plus dure, la séance que tu préfères, c'est laquelle ? En fait, je me suis mis à aimer les séances dures, comme addict.

Mais 3 fois 300, j'aime bien. C'est pas mal.

3:39
Présentateur

C'est marrant, ce discours. Jimmy Grécier, champion du monde, du 10 000 mètres, est un peu comme toi là-dessus. C'est un mec qui adore, mais qui sait souffrir vraiment sur chaque séance, sur chaque compète. Tu sais qu'il va aller à la guerre. Toi, tu te retrouves aussi là-dedans.

3:53
Invité

Ouais, pareil. Par exemple, après la séance que vous avez montrée, là, c'est des douleurs. Franchement, c'est des douleurs la nuit. On se réveille à 6 heures du mat. On sait pas comment on va aller à l'entraînement le lendemain, quoi, et c'est... Mais ça apprend beaucoup, et moi, je m'identifie... Enfin, c'est un peu comme les voitures. Vous savez, quand on va dans le rouge, là, à l'entraînement, on va comme ça. Tu flirtes avec la limite à chaque fois ? Ouais, c'est ça. En fait, on flirte avec la limite à l'entraînement. Faut pas y aller trop non plus à fond, parce qu'on risque de la blessure.

Mais c'est vraiment, il faut trouver cette limite entre aller à fond et s'arrêter avant la blessure. Et c'est pour ça, et c'est comme ça, je pense qu'on peut... Enfin, pour moi, c'est comme ça que je peux flirter avec les plus grosses performances, quoi. Ouais, c'est ça.

4:30
Présentateur

De toute façon, se donner à fond, mais en même temps se connaître, connaître son corps pour pas justement aller au-delà la vitesse...

4:37
Invité

Et c'est ça qui est assez dur dans le sport de haut niveau, surtout quand on passe pro, qu'on doit vraiment être à son compte. C'est une des tâches les plus dures, ouais.

4:46
Présentateur

La question rituelle de l'émission, Clément, la dernière fois que tu t'es vraiment enflammé. Pas forcément sur une piste, ça peut être quelque chose dans la vie. Enflammé, dans quel sens ? Dans le sens... Putain, tu t'es chauffé pour un truc, un événement, un match que t'as regardé, une course que t'as faite, peu importe. C'est une bonne question, ça.

5:03
Invité

Il faut que je réfléchisse. La dernière fois que je me suis enflammé, je sais pas, peut-être quand je suis rentré à Noël pour mes parents. Je les vois rarement, en fait. Je les vois, quoi, un mois par an. Et quand je suis que j'allais aller à Noël les voir, j'étais enflammé. Ah oui, c'est très bien.

5:20
Présentateur

On va en parler de ça, de cette vie un petit peu loin de la France, outre-Atlantique. Moi, je me suis pas assez enflammé aujourd'hui, donc je te propose qu'on le fasse ensemble. Parfait. C'est parti ? Parfait. Allez, on va allumer le feu. Le Clément Gamin, il était comment ? Il était assez agité et curieux. Ouais. Ouais, je dirais. Des qualités que t'as conservées aujourd'hui ? Je me suis un peu plus calmé, mais curieux, ouais, je suis resté curieux. Ouais. Alors petit, évidemment, on se fait des copains. Et parfois, 15, 20 ans plus tard, ils sont toujours là. Et toujours derrière toi. Regarde, petit message pour toi. Mais non.

5:59
Auditeur

Salut mon Clément. Bon, j'ai essayé de t'appeler 15 fois, mais tu réponds pas. Du coup, je suis obligé de passer par un média. Pour te dire quelques mots. Bon, bah c'est cool d'avoir des potes comme toi, qu'on garde depuis la maternelle, la primaire. J'ai trop de souvenirs. Voilà. Entraîne-toi dur. Mange propre. C'est sûr que ça va finir par payer. Sache que la discipline, c'est le choix entre ce qui te plaît maintenant ou ce que tu veux vraiment plus tard. Et tu sais ce que tu veux. Salut mon Clément, j'espère que tu vas bien. Écoute, juste un petit message pour te dire que je suis convaincu que le plus dur est derrière toi.

Et puis, s'il y a d'autres obstacles qui viennent se dresser sur ton chemin, j'ai aucun doute que tu sauras les franchir. Sans couronner, si possible. T'as les jambes, t'as le mental pour atteindre le sommet. Nous, on est là, on bouge pas. Et on va te soutenir jusqu'au bout, mon frère.

6:47
Présentateur

Ewen et Hugo, je les remercie. T'es deux potes que tu connais depuis très longtemps.

6:53
Invité

Ben ouais, potes de la maternelle pour Hugo et Ewen en primaire. Que tu vois peu, j'imagine aussi, non ? Je vois peu, ouais. Je les vois peu à l'année, mais on s'appelle en FaceTime. Du coup, c'est comme ça qu'on comble les vides. Ouais.

7:06
Présentateur

On va parler d'athlétisme, évidemment, dans cette émission. Ça vient quand et comment, ça, cette discipline pour toi ?

7:11
Invité

L'athlétisme, j'étais en section handball au collège. Et quand le handball était fini vers, quoi, c'était mars, ça passait sur une section athlétisme. C'est comme ça que j'ai commencé, du coup, le javelot, parce que je faisais du handball. Et j'ai essayé les haies. J'avais une aisance à passer les haies. Après, j'ai vite été dans les meilleurs. Et après, j'ai pris une licence en troisième au bec athlétisme.

7:33
Présentateur

C'est vrai qu'on ne s'imagine pas, quand on te voit comme ça, à l'heure de 400 mètres haies, que tu es fait du javelot. Ben ouais. C'est surprenant. Mais du coup, avec le handball, ça s'explique mieux. Ouais, c'est ça.

7:40
Invité

Le geste est un petit peu similaire. Ouais. Ça te plaisait vraiment, le javelot ? Ça me plaisait pas trop, parce que j'avais une technique assez... Pas une très bonne technique, et je me fouettais le dos. D'ailleurs, c'est Camille Bessé, l'entraîneur au bec, qui m'apprenait la technique. Mais ouais, au début, ça me plaisait pas trop. Bon, après, on a un peu épuré la technique, mais... T'en as fait longtemps, du javelot ? J'en ai fait quoi ? J'en ai fait deux ans, je pense. Ouais. Deux ans, une première année que ça, et après, javelot haies, et après, que des haies.

8:09
Présentateur

D'accord. Et les haies, par contre, t'as tout de suite accroché ? Dès que t'as essayé, dès que t'as franchi...

8:13
Invité

Ouais, parce que c'est une course, c'est des entraînements, c'est mieux. On est avec des gens, on se chamaille à l'entraînement, on essaie de gagner contre ses adversaires, et c'est plus motivant, je dirais, que s'entraîner tout seul avec son javelot aussi. Ouais.

8:27
Présentateur

Tu commences tout de suite par le 400e, ou au début, tu fais un peu de, je ne sais pas...

8:30
Invité

Non, je fais du 110e, ouais, 60e, et un peu de 200, et je passe sur 400e en KD2. D'accord, ouais. Non, KD1 aussi. T'as quel âge, KD1 ? KD1, c'est 16 ans ?

8:43
Présentateur

Ouais, c'est ça, 15-16 ans, je crois. C'est en dessous de 18 ans. Ouais, ouais, ouais. Est-ce que tu te rappelles, là, d'une séance, vu que quand on commence les haies, forcément, il faut un petit peu réussir à franchir cet obstacle, d'une séance où tu t'es gavélé, un truc où t'as galéré, vraiment ? Où tout de suite, ça a été plutôt naturel chez toi ?

9:01
Invité

Ça a été tout de suite naturel, ouais. Ouais ? J'ai toujours eu une bonne technique, une bonne jambe d'attaque, et j'étais souple, en fait, et c'est ça qui m'aidait à performer. Et non, je ne me souviens pas, je n'ai pas eu trop du mal à apprendre. J'apprends assez rapidement les concepts de franchissement, ouais.

9:19
Présentateur

Parce que c'est très technique, pour expliquer un peu à nos téléspectateurs, tu m'arrêtes si je me trompe, il y a donc une jambe d'attaque, et ta jambe de retour qui vient juste après franchir la haie.

9:28
Invité

Ouais, c'est assez particulier, ouais.

9:30
Présentateur

Tu viens raser, en fait, la haie.

9:31
Invité

C'est assez particulier, mais j'ai eu la chance d'avoir ce don, parce que ce n'est pas non plus cette aisance génétique, je ne sais pas, musculaire, de vraiment lancer ma jambe avec une aisance particulière.

9:44
Présentateur

Donc là, on parle de la France, t'as parlé de Bordeaux, avec notamment ton coach, Camille Béchet. Et puis en 2022, tu fais un choix fort, tu pars aux Etats-Unis. Est-ce que tu peux m'expliquer qu'est-ce qui a motivé cette décision ?

9:56
Invité

J'étais champion de France en salle en 2022. Ouais, on a la petite photo, juste ici. Ça rappelle des bons souvenirs. Et j'avais fait une bonne perf l'été sur 400 m, mais je n'avais pas trop d'opportunités ici en France, pas de contrat, pas de... Je voyais le bout du tunnel, quoi, en fait. Tout ce que j'avais pu faire en France, je l'avais fait. Et je me suis dit, pourquoi pas aller pousser au maximum aux Etats-Unis le potentiel, et j'ai décidé de partir en fin 2022.

10:28
Présentateur

Donc au début, tu vas au Texas, c'est ça ?

10:30
Invité

Et puis après, tu pars du côté de Knoxville ? Ouais, c'est ça. Je fais six mois au Texas. Après, mon coach de là-bas, qui m'avait recruté, a eu une offre d'emploi en Iowa. Je n'ai pas pu le suivre. Du coup, après, je suis allé au Tennessee. Et c'est là, après, un an et demi après, que ça a bien performé au Tennessee.

10:46
Présentateur

Alors, le sport aux Etats-Unis, c'est vraiment un truc qui est vachement mis en avant. Ça, tu l'as senti, des différences énormes ?

10:55
Invité

Sur tous les points, tout est énorme. La nutrition, la musculation, les séances qui gonflent. Mais toujours en accord avec l'épreuve. On n'est pas non plus des fous, quoi. Des infrastructures aussi, j'imagine. Des infrastructures, oui. Tout est mis en place pour qu'il y ait des performances.

11:14
Présentateur

Nous, en France, on connaît l'INSEP. Comparé à l'INSEP, ce que tu as, par exemple, à l'Université du Tennessee, c'est équivalent ? C'est supérieur ?

11:22
Invité

Mais en fait, il y a l'INSEP, je dirais, dans 200 facs, même 400 facs aux Etats-Unis, quoi. C'est ça que les gens ont du mal à réaliser. C'est que chaque fac a son INSEP. Mais peut-être même plus que ce qu'il y a à l'INSEP. Parce qu'il y a le basket, il y a le football américain. Il y a le football pour les filles, le volleyball, le baseball. C'est immense. Et l'ambiance aussi, j'imagine, non ?

11:44
Présentateur

Sur les meetings aux Etats-Unis, ça doit être dingue. C'est dingue. Comparé à la France, parfois, il y a de l'ambiance.

11:51
Invité

Toujours, mais ça peut sonner un peu creux. Non, mais c'est un championnat. C'est le championnat universitaire. C'est comme la Ligue 1 en France, quoi. Peut-être un petit peu moins, mais c'est dans le même principe, c'est ça.

12:00
Présentateur

Et dans l'entraînement, qu'est-ce qui change vraiment entre la méthode française et la méthode américaine ?

12:05
Invité

Moi, je trouve que la méthode française n'est pas assez poussée. Je trouve qu'on ne s'entraîne pas dans le dur. D'accord. Sur 400 mètres, je parle. Oui, oui, oui. 400 mètres, 400 mètres. Et je trouve qu'on ne pousse pas l'engin au maximum. Et par contre, on est bon en technique en France, ça, c'est indéniable. Mais qu'est-ce qu'on fait de moins bien en France ? Je pense aussi qu'on perd beaucoup de jeunes après la catégorie junior. Parce que du talent, il y en a vraiment à redonner. Oui, oui. Mais après, ce n'est pas plus mal. Si ces jeunes-là, ils pouvaient partir aux États-Unis pour revenir après, il ne faut peut-être pas aussi le voir mal. Peut-être qu'il faut juste changer les codes.

12:41
Présentateur

Justement, la fédération française d'athlétisme, quand tu fais ce choix d'aller aux États-Unis, elle te soutient dans ton projet ?

12:47
Invité

Mais je n'étais pas encore très proche de la fédération. En fait, j'étais bon, mais je n'étais pas non plus excellent. J'étais justement dans cet entre-deux des jeunes qui ne savent pas quoi faire parce qu'ils sont bons, mais ils ne sont pas non plus excellents. Et moi, j'ai pris la tision de partir. Je sais que tout le monde, ça fait peur à certaines personnes. Toi, non ? Tu n'as pas eu ce petit truc de te dire je quitte aussi mes amis, ma famille, je pars loin ? Non, mais je pense que je t'ai motivé par le désir de vraiment performer. Mais je pense que c'est ça qui ne m'a pas fait penser justement à tous ces mauvais côtés. Mais plus on reste là-bas, plus on se rend compte de ce qu'on rate.

Mais du coup, quand je reviens, je prends d'autant plus de plaisir. Donc, un mal pour un bien.

13:30
Présentateur

Toi, tu vas là-bas avant tout pour devenir vraiment un athlète professionnel ou aussi pour les études ?

13:35
Invité

Non, que pour être un athlète professionnel. J'avais fini ma licence de physique, j'avais fini en L3. Donc, je me suis dit, il faut pousser au maximum. Mais j'ai fait mes études là-bas quand même. J'ai fait un diplôme, ouais.

13:48
Présentateur

C'est vrai qu'il y a pas mal d'athlètes, alors tous sports confondus. Mais on va plutôt parler d'athlétisme. Sirena Samba Maiella, que tu dois connaître, qui est la seule médaillée française aux Jeux Olympiques, s'entraîne aux Etats-Unis également. Donc ça, c'est vrai que c'est un constat. Peut-être qu'aux Etats-Unis, les athlètes qui partent un peu de la structure française fédérale performent un peu plus. Comment on l'explique ça ? C'est l'entraînement ?

14:12
Invité

C'est l'entraînement et c'est aussi la culture de la gagne. Moi, j'ai vu des mecs faire des chronos de fou, arriver deuxième, faire la gueule. Ça, en France, je n'ai jamais vu. Mais vraiment, jamais vu. C'est des chronos. Par exemple, mon coloc, il avait fait 44-20 sur 400 m. En France, ça aurait été le record de France. Il aurait été adulé. Là, il avait fait deuxième de la course. Donc en fait, le coach, il n'est même pas content. Il dit qu'il faut retourner à l'entraînement. Il faut faire mieux. Et ça, franchement, ça apprend à garder la tête froide.

14:40
Présentateur

Toi, cette mentalité, tu l'as obtenue en étant là-bas, en côtoyant ces gars-là ou tu l'avais déjà ? C'était déjà en toi, ce truc-là ?

14:47
Invité

J'étais déjà humble. Je n'aimais pas être adulé. J'étais humble, mais j'aurais été content d'être deuxième, troisième, de faire mon record. Je n'avais pas cette culture de, il faut à tout prix être premier, la gagne ou rien, l'heure ou rien.

15:00
Présentateur

Ça, je n'avais pas. En tout cas, l'université du Tennessee, tu te régales là-bas. Les championnats universitaires, les courses, la progression, les entraînements. Les potes aussi. Parce que oui, on se fait des potes là-bas. Et l'un d'eux tenait à laisser un petit message. Si, si. Écoute-le.

15:14
Invité

Rachim Griffiths, qui a fait l'effort de parler en français au début. Trop gentil. C'était mon premier teammate quand je suis arrivé il y a trois ans là-bas. Quatre ans maintenant. Ça fait trop plaisir.

15:48
Présentateur

L'adaptation, elle s'est faite directement très bien là-bas ou au début, tu es un peu observateur ?

15:54
Invité

Au début, observateur. L'anglais n'était pas au maximum de mon niveau. Surtout, leur accent, c'était dur de comprendre vraiment tout ce que le coach voulait qu'on fasse. Et le choc de l'entraînement, c'était dur la première année. L'entraînement, très dur.

16:14
Présentateur

On va parler de ton coach aussi. Du Han Ross, qui est un coach légendaire. Oui, Dwayne. Dwayne. Tu vois, moi, je n'ai pas encore la maîtrise totale. Donc, lui, médaillé de bronze mondial en 1999 sur 110 mètres. Il a représenté les Etats-Unis aussi au Jeux d'Athènes. Parle-moi un peu de lui. Qu'est-ce qu'il t'apporte ? Un coach exigeant ? Un coach dur ?

16:35
Invité

Un coach très exigeant. J'ai l'impression que rien ne le surprend. Du coup, on veut toujours essayer de le surprendre avec de belles performances en vain. Mais c'est ce qui est bien. Moi, j'adore. Hyper concentré, hyper meticuleux. Grande connaissance de l'athlétisme. Énormément d'athlètes sur toutes les épreuves de sprint. Et c'est un honneur d'être un de ses disciples. Vraiment.

17:00
Présentateur

Alors, on le voit là à l'image, justement. Donc, on parlait de ce fameux coach qui a disputé les Jeux d'Athènes. Eh bien, parlons des Jeux. Mais avant de parler des Jeux, il faut réussir à s'y qualifier. Il y a des étapes. Pour ça, on va parler d'une étape en particulier. Une étape très dure à réaliser. C'est ce qu'on appelle les millimats. Donc, un temps fixé pour prétendre à faire partie de l'équipe qui va au Jeux. 12 avril 2024, tu participes à un meeting en Floride, à Gainesville, sur 400A. Et tu vas faire un super chrono. 48-26. Cinquième performeur français de l'histoire sur la distance. Mais surtout, les millimats olympiques. Faire les millimats, c'est toujours un truc.

Alors, c'est une galère à chaque fois. Je suppose que là, c'est du soulagement, du kiff de te dire, voilà, j'ai validé cette étape.

17:44
Invité

Ouais, beaucoup de kiff. Une course qu'on attendait, qu'on préparait et qui, finalement, est l'aboutissement d'un entraînement acharné. Donc, très, très content. Mais pas surpris, en fait. C'est plus un travail accompli, je dirais.

17:57
Présentateur

Il se passe quoi dans ta tête au moment où tu vois le chrono ? Tu sais que les millimats sont en poche. Est-ce que tu penses déjà à Paris 2024 en te disant, bon...

18:06
Invité

Non, non, là, je pense à... Parce que je fais deuxième, je pense que je me dis, il faut gagner. Il faut battre celui qui a gagné à la prochaine, quoi. D'accord. Toujours avec l'esprit américain qu'on m'a inculqué, quoi. Pas esprit de fête, il faut célébrer. Pas du tout. D'accord. Je ne suis pas trop comme ça. Ouais ? Ouais, non.

18:27
Présentateur

Il n'y a même pas un appel aux parents ? Si, si, si. Ouais, quand même ?

18:29
Invité

Non, si, si. Il y a quelques appels, mais vraiment, quand même, il y a ce côté-là de rester concentré pour la prochaine échéance et ce côté-là aussi d'aller faire mieux. Ouais. Et ça, je ne l'oublie jamais, ouais.

18:41
Présentateur

Bien sûr. Je sais que tu as appelé quand même tes parents, ton entraîneur aussi, Camille Béchet. Alors, avec le décalage horaire, il est une heure du mat. Mais il était debout, il avait répondu, Camille. Il était debout. Tu leur dis quoi, à ce moment-là, quand tu les as au bout du film ?

18:51
Invité

Je leur dis... Camille, je lui avais dit direct la paire, je lui dis 48-26, parce que je savais que ça allait le faire plaisir. Du coup, j'avais été assez rapide dans la démarche. Mais ma mère... Je crois que ma mère dormait, mon père dormait. Et j'avais essayé d'appeler, mais il dormait. Mais peut-être que non, je ne sais pas, je ne m'en souviens pas très bien. Mais je m'en souviens de Camille Béchet qui était debout, ouais. Et qui était hyper content. Et qui même n'avait pas cru la paire, je crois. Il avait dit mais non. Ouais. Et tout. Donc, c'était... C'est une fierté de les rendre fiers.

19:21
Présentateur

Évidemment, le chemin jusqu'au jeu de Paris était semé d'embûches. Sinon, ce serait trop facile. Il y a une petite blessure. Finale du championnat NCAA, début juin 2024. Très peu de temps avant les Jeux. Blessure aux ischios jambiers. Ouais. Comment tu as vécu ça ? Il y a un petit coup de flic quand on est pas loin des Jeux comme ça ?

19:39
Invité

Non, là, c'était dur, ouais. Ouais. Parce qu'on voit toute la saison qui s'arrête. Mais je n'avais pas encore le résultat de l'IRM. Donc, en fait, on suppose des blessures toujours plus grosses qu'elles le sont vraiment. Et j'ai eu un grade 2. Donc, grade 2, c'est une déchirure de... Ça va de 0 à 4. 4 étant la rupture totale de l'ischio. Donc, j'avais un grade 2 qui est entre les deux. Et j'avais 15 ou 20 jours de récupération. Ouais. Ouais. Plus après, reprendre. Donc, sans rien. Voilà, exactement. Donc, c'est vraiment sans faire que du kiné. Et après, reprendre après ces 20 jours la course progressivement. Donc, c'est sûr que ça met un impact au moral.

Tu restes confiant, toi, à ce moment-là ?

20:16
Présentateur

Tu te dis, bon, voilà, je vais récupérer, je vais revenir fort et je vais être en forme pour les Jeux.

20:19
Invité

Eh bien, justement, j'étais un peu dans le mou. Et j'appelle mon coach, Dwayne Roche. Je lui dis, écoute, j'ai un grade 2. Je vais faire mon kiné. Mais un peu mou, un peu patraque. Et lui, il me dit, mec, be aggressive with your recovery. Mais avec une voix de... En fait, comme si c'était lui, il connaît les blessures. Les athlètes vivent avec les blessures. C'est pas grave, mec. Mec, vas-y. Ouais, vas-y à fond dans ta récup. Si t'as mal, au pire, c'est pas grave.

20:48
Présentateur

Ouais, mais tu l'as dit, la mentalité, en fait. Ouais, c'est ça.

20:50
Invité

Et je me suis dit, ouais, mais je vais aller au kiné. Je vais faire progressivement, mais rapidement. Et si ça me fait trop mal, je vais baisser. Et j'ai vu vraiment ça comme un autre challenge. Et ces mots-là, je les oublierai jamais. Parce que c'est pas des... Ça, jamais en France, je l'ai entendu. Tu vois, être agressif avec sa blessure, tu vois.

21:07
Présentateur

Oui, non, en France, on va plus te dire, attends, Molo... Exactement, ouais. Toi... Alors, c'est bien aussi de s'écouter. Mais parfois, comme tu le dis, peut-être qu'on se met pas assez dans le roux.

21:15
Invité

Mais en France, ils le pensent, mais ils le disent pas. Parce que, bien sûr qu'ici, ils connaissent ce qu'il faut faire pour les blessures. Mais c'est vraiment les mots et la façon de les dire là-bas qui changent. Donc, ils ont la même connaissance, en fait. C'est plus le mental qui change énormément.

21:29
Présentateur

Finalement, tu vas te retaper quand même. Tu vas réussir à participer aux Jeux Olympiques, à cette grande fête du sport à Paris. 26 juillet 2024. Alors, ça, c'est une date marquante. Ce n'est pas encore les débuts de tes épreuves du 400 mètres. Mais c'est la cérémonie d'ouverture des Jeux de Paris. Tu l'as vécu. Est-ce que tu peux me raconter ce moment suspendu dans le temps ? Voilà, la petite photo. La pluie battante, la Tour Eiffel Illuminée, Célimon et tout ce qui suit.

21:56
Invité

Il raconte-nous. Oui, magnifique. Le départ en bateau-mouche. On était le dernier bateau-mouche de la cérémonie. Tu te rappelles qui tu étais à côté de toi ? Je ne m'en souviens pas trop. Moi, je m'étais mis sur le côté du bateau. C'était compliqué d'avoir des places, mais j'avais réussi. Du coup, je crois que ce n'était pas l'athlétisme qui était à côté de moi. Du coup, je ne sais pas. Mais non, c'était un des plus beaux souvenirs de ma vie. Surtout qu'il n'avait plus. Donc, on est rentré dans un truc un peu plus éternel, un peu plus romantique. Et je m'en souviens des silhouettes des gens sur les toits de Paris qui nous saluaient. Et ça, avec le coucher de soleil.

Et ça, c'était vraiment très touchant. On a tous vécu un moment suspendu dans le temps.

22:37
Présentateur

Vraiment magnifique. Notamment cet allumage. Tout était fou. Céline Dion, tu l'as ? Non, on n'a pas vu, nous, ça. Mais ouais, ça avait l'air fou. Alors, 26 juillet, mais ta compétition a démarré quand même bien plus tard. Le 5 août, date des séries. Tu fais quoi entre le 26 juillet et le 5 août ? C'est le moment le plus long, je suppose.

23:01
Invité

Tu cogites un petit peu entre ces... Ouais, non, pas trop. Je suis assez quand même concentré, mais pas malade, quoi. Un peu comme d'habitude, mais non, non, on fait l'entraînement comme d'habitude. Tu es au village, là ? Je suis au village, ouais. On fait l'entraînement comme d'habitude. On a des bons soins par nos kinés que la FED nous donne. Et en fait, j'étais prêt, quoi. Donc, en fait, c'était plus je connais ma partition, je vais jouer. Vraiment pas de pression, quoi.

23:30
Présentateur

La découverte du village aussi, c'est vrai que ça, c'est toujours un truc hyper marquant. Le fameux village olympique. Nous, en tant que journaliste, on entend plein de trucs à ce sujet. Des rencontres folles, des athlètes que tu as peut-être idolâtrés, que tu as pu croiser au self.

23:44
Invité

Est-ce que toi, tu as des anecdotes ? Si, si, j'ai vu les basketteurs du Soudan du Sud, qui étaient impressionnants physiquement. Impressionnant, ça, je m'en souviens. J'ai pas vu de grands champions, parce que les plus connus, les basketteurs, ils n'étaient pas là. Mais non, mais rien que de voir tous les pays qui mangent ensemble, ça, c'est quand même des souvenirs inoubliables aussi.

24:05
Présentateur

C'est l'occasion de s'ouvrir un peu aussi. Je sais qu'entre athlètes, vous avez tendance à rester vachement dans vos disciplines. Est-ce que tu en as profité pour aller parler ? Moi, non.

24:12
Invité

J'ai du doka ? Non, pas trop. Je t'ai quand même concentré sur moi-même, sans être stressé. Dans ta bulle.

24:19
Présentateur

Dans ma bulle, exactement, oui. En tout cas, tu as bien fait de rester dans ta bulle, parce que ça a très bien fonctionné pour toi. Première course, c'est les séries du 400 mètres haies. Avant de parler de la course en détail, tu te sens comment à ce moment-là ? Tu disais tout à l'heure que tu n'étais pas stressé quand tu arrives au village, la cérémonie. Mais là, quand tu fais ton entrée dans le stade, l'ambiance...

24:41
Invité

Mais vraiment, ce n'est pas pour exagérer. J'ai mis le pied sur la piste violette, je la vois encore. Et j'entends ce bruit de toute la foule qui me voit arriver sur la piste et qui crie du plus fort qu'ils peuvent. Même mon prénom. Et ça, c'était fou. Et d'ailleurs, en série, c'était le plus fort. Parce qu'il y avait beaucoup de Français comparés en demi et en finale où il y avait plus d'étrangers. Et vraiment, c'était très, très fort. Le bruit était très, très fort en série. Quand je suis arrivé à 10h du matin, le stade rempli. C'est ça qui est dingue en plus. Dingue.

25:16
Présentateur

10h du matin. Tu t'y étais préparé à cette ambiance ?

25:19
Invité

Ah non, jamais. Pas du tout ? Jamais. Et même si je m'étais préparé, je pense que jamais j'aurais pu imaginer comment réellement ça se passe. Parce que c'était fou. Et je m'en souviens, avant les starts, la présentation, ils scandaient mon prénom. Mais limite, j'ai recroisé des athlètes qui étaient dans ma série. C'est marrant. Une semaine, ils disaient, mais ça nous faisait peur. Les autres athlètes, ils se disent, mais comment on va faire ?

25:43
Présentateur

Oui, tu prends déjà un peu un petit ascendant, en tout cas un surplus de motivation. Après, il faut le gérer, ça.

25:49
Invité

Et c'est un peu le piège. J'ai entendu dire que ça pouvait neutraliser certains athlètes. Mais moi, j'ai eu la chance que ça a fait tout l'inverse. Oui, ça t'a transcendé.

25:57
Présentateur

Tu as réussi à prendre l'énergie que le public te donnait.

26:01
Invité

Oui, peut-être que je suis trop fier et que j'aime bien les gens qui m'encouragent.

26:05
Présentateur

Mais au final... Non, mais c'est super. Si ça t'a porté, en tout cas avec cette série, tu prends le départ avec un certain Karsten Warholme. Oui. Une légende de la discipline, champion olympique en titre. T'es couloir neuf aussi. Oui. C'est important de le préciser parce que tu cours ce qu'on appelle à l'aveugle. Est-ce que tu peux nous expliquer, pour les gens qui ne connaissent pas vraiment le 4001, pourquoi couloir neuf, on court à l'aveugle ?

26:27
Invité

Donc, il y a neuf couloirs. Ça va du 1 au 9. Et le 9, c'est celui qui est le plus à l'extérieur. Donc, tous les coureurs sont derrière nous. Du coup, il faut vraiment courir pour soi-même, sans voir personne, sans voir... T'as pas de repère ? Aucun repère. À part ma propre course, mon propre entraînement.

26:44
Présentateur

Donc, c'est ce que tu t'es dit pendant la course. De toute façon, chez couloir neuf, je focus sur moi. Exactement. Je ne fais pas gaffe à ce qu'il...

26:49
Invité

Exactement. Je me suis dit, de toute façon, c'est les JO, il faut aller à fond. Et puis, tu vois, j'essaie. Et puis, si j'échoue, au moins, j'aurais essayé. C'est pour ça, je le vois comme ça, moi.

26:57
Présentateur

Quand tu es sur la ligne de départ et que tu sais qu'il y a Warholme dans ta série, tu y penses un petit peu ? Non, mais j'ai un peu...

27:04
Invité

J'ai un peu cette qualité, mais ce défaut de vouloir écraser les autres. Et c'est ça qui me pousse... C'est une qualité. C'est une qualité. Oui, c'est une qualité, mais pas dans la vie de tous les jours, je pense. Non, oui, bien sûr. Mais pas peur du tout, non. Au contraire, c'est vraiment... Exciter. Et je pense aussi que c'est lui montrer un peu de respect que de vouloir le battre. Je pense que ça aussi, c'est quelque chose qui doit rester. Et je pense qu'aller à fond, essayer de le battre, c'est lui montrer le plus grand des respects. Et j'ai grandi en regardant ses courses et il est impressionnant. Mais quand je cours contre lui, je n'ai plus ses pensées et je veux gagner.

27:43
Présentateur

Warholme gagne la série, 47-57. Et pas loin du tout.

27:48
Invité

Mais j'étais devant même. Oui, oui, oui. J'étais devant. Ah, je dis, j'étais devant, mais après, lui aussi, il n'était pas à fond non plus.

27:55
Présentateur

Non, bien sûr. Mais tout de même, ses images sont magnifiques. Oui, oui, oui. T'es tout proche de lui. Tu finis en 47-69. Tu mets une claque à ton record personnel. Tu y colles 57 centièmes. Tu deviens aussi le troisième performeur français du 400 mètres haies derrière Stéphane Diagana et Wilfried Apieu. Là, c'est le kiff absolu.

28:12
Invité

Dès les séries... Oui, là, c'est le kiff. Tu arrives à profiter quand même un peu ? Oui, là, je profite parce que c'est un championnat. Je suis en demi-finale des Jeux Olympiques. Donc, ça résonne encore un peu plus. Et je suis content. Et direct, j'ai hâte de la demi. Direct, les yeux tournés vers la prochaine course.

28:28
Présentateur

Je me dis quand même, ça devait être fou aussi de disputer les Jeux. Alors que toi, Clément, t'as pas fait de championnat du monde chez les grands, championnat d'Europe. En fait, tu commences par ce dont tout le monde rêve.

28:39
Invité

Ouais, c'est ça. Mais en fait, le championnat américain est plus dur que les Jeux. J'ai fait des courses aux Etats-Unis où c'était plus dur que mes séries et mes demi des Jeux. C'est pour ça qu'en fait, on se rend pas compte. Je veux dire en performance et en course. Mais en ambiance et dans l'enjeu. Et l'enjeu. Ah, en ambiance, non. En enjeu, si. Peut-être qu'aussi, j'étais un peu fou. Je me rendais pas trop compte de l'importance des Jeux. Et je pense que ça aussi, ça m'a un peu aidé, ça aussi. Bien sûr. De pas me dire, c'est les Jeux, il faut à tout prix réussir. Je l'ai vu comme une compète classique de ce que je fais à l'année. Et voilà.

29:13
Présentateur

Parce qu'en France, on était tous choqués de ton chrono, de ta course. On s'est tous dit, mais d'où il sort ? Comment il peut réaliser un chrono comme ça d'un coup ? Toi, tu savais que tu l'avais dans les jambes. Tu l'avais déjà réalisé, ce chrono. Alors, sur une course au printemps aux Etats-Unis, où finalement, t'as été disqualifié en raison d'une jambe de retour trop basse sur la sixième haie. Donc, tu l'avais déjà fait, ce chrono. Tu savais que tu l'avais dans les jambes.

29:35
Invité

J'avais fait d'ailleurs exactement le même chrono, disqualifié. Ce n'était pas une surprise pour toi ? Pour moi, pas du tout. Mais en fait, on ne s'est pas bien médiatisé. Les Français ne regardent pas trop les championnats, ce qui se passe aux Etats-Unis. Donc, je remarque que les chaînes ne sont pas trop accessibles.

29:53
Présentateur

Ça t'a saoulé, c'est un peu, qu'on dise qu'il sort de nulle part. Comment il a fait pour réaliser un tel chrono ? Non.

29:59
Invité

Tu savais que tu l'avais dans les jambes, ce chrono. Je savais que je l'avais, mais non, ça ne m'a pas saoulé. Je me suis dit... Justement, on parle de toi. Oui, c'est positif.

30:08
Présentateur

Et puis, ça peut créer un effet de surprise, pourquoi pas. Alors, après des séries comme ça, il faut redescendre un peu aussi, parce que c'est beaucoup d'émotions. Tu vas réussir à le faire très bien. Le 7 août, tu prends la deuxième place d'une demi-finale ultra relevée. Tu fais 47-85, tu termines, comme en série, derrière Carsten Warhol, mais par contre, devant une autre légende de la discipline, Alisson Dos Santos, le brésilien, médaillé de bronze olympique en 2021, champion du monde en 2022, au moment de la course. Toi, tu as grandi en regardant ces mecs, les Warholms, les Dos Santos.

Là, te dire que tu finis devant Dos Santos, tu finis dans la foulée de Warholms, et il se passe quoi dans ton esprit ? Tu réalises à ce moment-là que tu es en train de réaliser un peu une dinguerie, quand même.

30:54
Invité

Oui, qu'est-ce qui se passe ? Je ne sais pas, je pense que je suis heureux et que je me dis que c'est le fruit d'un travail acharné de toute l'année. Je me dis que je suis parmi eux, quoi. Je suis encore un peu loin en termes de record, mais je peux, en championnat, aller gratter des places, aller leur faire peur. Et je pense qu'ils le savent maintenant, donc c'est cool.

31:20
Présentateur

Oui, tu arrives vraiment, malgré le fait que tu aies regardé toutes leurs courses, étant jeune, etc., à ne pas être dans ce statut de fan, en fait. Tu es leur adversaire et tu veux les bouffer, quoi.

31:32
Invité

Oui, exactement, oui. Très primal comme sentiment, vraiment, de gagner, quoi. Peu importe qui t'es, moi, je serais là, je te suivrais, je serais de gagner.

31:42
Présentateur

Deux jours plus tard, le 9 août, jour de la grande finale olympique. Et on est passé pas loin du drame. Ce n'est pas moi qui le raconte. Écoute.

31:53
Auditeur

Coucou Clem, c'est Guilux. J'espère que ça va. Est-ce que tu peux nous raconter la fois où, au JO de Paris, 20 minutes avant ta finale du 400 mètres haie, tu t'es rendu compte que tu avais oublié ta tenue de course dans ta chambre au village olympique ? Merci beaucoup pour cette anecdote. Merci beaucoup pour ce que tu apportes aux gens autour de toi. Et je te souhaite plein de bonnes choses pour le reste de la saison. Je sais qu'il y a des très grosses courses qui vont venir. Et j'ai très hâte de voir ça. On se voit très bientôt.

32:19
Invité

Aïe, aïe, aïe, l'oubli de tenue. Ah ouais, non. Explique-nous, Clément. C'est trop marrant parce que, justement, je voulais à tout prix pas l'oublier. Et je l'ai mis sur un cintre devant ma porte. Vraiment en plein milieu pour comme ça. Je me suis dit, je vais pas l'oublier. Vraiment, c'est le seul truc qu'il faut pas oublier. Et je suis parti sans, du coup, mais je le savais pas. Et je vais dans la chambre d'appel, prêt à me changer. Et là, pas de combi, quoi. Rien. Et je dis, mais c'est pas possible et tout. Et du coup, c'est Dylan Vermon, un coureur de 100 mètres, qui m'a donné la sienne. Ouf, heureusement. Ouais.

32:52
Présentateur

Merci à lui. Parlons de la chambre d'appel. Tu l'as évoqué, là. Parce que t'as dit, alors, c'est une salle où les athlètes doivent se présenter avant leur épreuve. C'est une salle aussi où t'es avec tous tes concurrents. C'est une salle où, parfois, il y a un peu d'intox. Est-ce que toi, tu apprécies ce moment ? Est-ce que c'est un moment plutôt anxiogène, plutôt excitant ?

33:10
Invité

Non, je suis assez neutre dans la chambre d'appel. Mais je remarque que les autres essaient de jouer de certains tricks. Par exemple, je crois que Warhol, en final, il est arrivé avec deux minutes de retard. Du coup, tout le monde était là, mais il est où ? Où est le meilleur, quoi, tu vois ? Et ça, c'était marrant. Dos Santos, il est toujours avec son chewing-gum à chanter et danser. Mais c'est marrant de voir tout le monde. Ray Benjamin, qui est hyper calme, très posé, mais vraiment d'un calme qui fait peur. Limite, en fait, c'est plus lui qui me fait peur d'être calme que les autres qui essaient de faire des... Je ne sais pas comment on dit, mais... Essayer un peu de déstabilité.

Des fourberies, quoi.

33:52
Présentateur

Oui, c'est ça.

33:53
Invité

Mais oui, la calmesse de Ray Benjamin, je trouve ça, oui, ça me fait beaucoup plus peur que ce que font les autres. D'ailleurs, il a gagné.

34:02
Présentateur

Oui, exactement. Tu vois, tu me fais une transition, une petite passe décisive parce que toi, tu fais le quatrième de cette finale olympique derrière un trio magique. Benjamin Ray, Castanbarol, mais Alison Dos Santos. Quatrième d'une finale olympique, c'est extraordinaire. C'est un truc de dingue. Parce que... Alors, tu étais abattu après la finale, forcément. Toi, tu venais pour une médaille. Quand on est en finale, on vient pour gagner, même, j'ai envie de dire. Tu prends combien de temps à switcher, à te dire... C'est énorme. Je viens de réaliser un truc monstrueux.

34:34
Invité

Mais je pense, tu vois, que depuis aujourd'hui, je ne me dis pas que c'est énorme, en fait. Je pense que je ne réalise toujours pas. Mais j'espère que je vais réaliser un jour. Mais je suis très content de mon parcours, mais je ne me dis pas que c'est énorme, tu vois. Et je pense que tu as raison de ne pas dire ça. Mais je pense qu'il faut le voir comme ça. Parce que si on le voit en mode... Comme un achievement, tu vois, je ne vais pas avancer. Mais je ne me force pas non plus à le voir comme... Je n'ai vraiment pas cette sensation en moi de... C'est énorme. Vraiment.

35:02
Présentateur

Oui, et puis, il y a énormément de positifs à ressortir de ces jeux. Parce qu'on a pu voir que, déjà, tu étais un mec qui savait performer en championnat. Ce qui est très important. Parfois, on peut reprocher à des coureurs d'être très performants en meeting. Et puis, quand on arrive sur les championnats, de ne pas être à la hauteur. Toi, tu as prouvé que tu savais le faire. Tu as prouvé aussi que devant un public qui est à ta cause, une ambiance de feu, tu savais rester solide. Je suppose que tout ça, tu te l'es noté. Tu te dis, voilà, ça, en fait, mon expérience olympique, je ressens, grandit, vraiment grandit. Oui.

35:32
Invité

Grandit, oui. Et puis, en fait, j'ai envie de revivre ces moments, quoi. Oui. C'est ce que tu t'as dit dès que c'était terminé. Je veux revivre ce moment-là, je veux revivre ces trucs-là. Oui, et surtout, je veux gagner ou alors avoir une médaille, quoi. C'est trop près pour ne pas revenir, quoi. Trop près du but pour ne pas réessayer.

35:52
Présentateur

Et alors, juste après les Jeux, moi, je me suis dit, il a dû kiffer, il a dû profiter, il a dû faire la fête. Non, pas exactement, puisque ton coach, M. Rousse, t'a fait revenir aux Etats-Unis pour retravailler des petites choses qui lui avaient pas trop plu en demi et en finale. Et là, on voit l'exigence du bonhomme.

36:10
Invité

Oui, mais c'était le... J'ai couru le samedi. Bon, le samedi... Non, j'ai couru le vendredi, la finale, je crois que c'est ça. Et le samedi, donc, il me dit bravo, machin. Et le dimanche, je prenais un pot avec ma cousine et mon pote Nicolas Jean Moulin dans un bar. Et il m'appelle, il me dit, là, il faut que tu prennes un avion demain, on a de la technique à corriger. J'étais là, ouais. J'étais là, ouais, il est motivé et tout, mais ça fait... Et en fait, ça m'a fait trop plaisir. Et du coup, j'ai pris un billet le lendemain matin, direct, pour Knoxville. On s'est entraînés 10 jours, il m'a dit beaucoup de techniques sur ma jambe de retour et sur l'après-haie, comment courir après la haie.

Je vais pas dire quoi ici, sinon... Ah oui, on dévoile pas tout. Sinon, tout le monde va battre ses records. Non, non, je rigole. Mais il m'a vachement dit quoi faire sur ma technique. Et justement, après, 10 jours après, meeting en Pologne, nouveau record.

37:05
Présentateur

Il est fort, il me fait plein de passes décisives, j'adore. J'adore. 25 août, meeting Diamond League de Chorzo en Pologne, du coup, et tu fais un record personnel. 47-42, t'es sur ta lancée des Jeux Olympiques, alors t'es vraiment pas loin du record de France.

37:19
Invité

Ouais, mais ça aussi, je suis arrivé jet lag, j'étais fatigué de ce voyage, je sais pas pourquoi. D'habitude, je suis beaucoup mieux d'habitude. Et vraiment, à l'échauffement, je me sens pas hyper bien, tu vois, je me dis, ça va être compliqué, c'est après les Jeux, pourquoi je suis venu ? Mais vraiment, je me suis dit ça. Et en fait, je cours H1, j'arrive loin, donc je l'attaque un peu en reculant. Et je me dis, mais là, là, c'est pas possible, il faut se reprendre.

et du coup, pendant la course, je pensais à ce que mon coach m'avait dit justement pendant ces 10 jours, je me suis dit, mais vas-y, je vais appliquer ce qu'il m'a dit parce que là, je suis trop mal parti, il faut vraiment que je me contente sur ma technique. Et je cours, et à la fin, je vois Warhol qui est devant, je sais que je peux pas le rattraper, du coup, avant la ligne, je ralentis un peu, et là, je vois 47-40, je me dis, mais c'est pas possible, c'est... c'est pas... je me suis senti trop mal, je suis le jet lag, et... Et pourtant, tu l'as fait.

38:08
Présentateur

47-42, on rappelle le record de France qui est... 47-41 ? 47-37. Stéphane Diagana, ouais, encore un peu plus bas, tu vois. Et justement, Stéphane Diagana, légende française du 400 mètre hais, une personne va venir en plateau nous dresser son portrait, on fait des petits jeux de mots dans l'émission, c'est Thomas Signé qui...

38:30
Invité

Comment je l'ai fait, ça va ? Comment ça va, Thomas ? Avec les bons, ça va ? Ça va très bien. Eh bien, ça va bien, je vois, ça y est, tu m'as déjà lancé mon... Je voulais essayer de voir si Clément allait peut-être être piégé, dire que la légende du 400 mètre hais en France, non, je veux dire que c'était facile parce que souvent, justement, ce qu'on fait avec moi, c'est qu'on parle de quelqu'un d'autre avec l'invité, une légende, une idole. Donc, bon, il y a des disciplines où c'est plus ou moins tiré par les cheveux, parfois on va dire, c'est vrai que parfois c'est compliqué, on va chercher des sujets.

Avec toi, le 400 mètre hais, une légende française, on va dire pour les plus, allez, plutôt grand public qui suivent le sport grand public, Stéphane Diagana, c'est peut-être avant tout l'instigateur du alors peut-être. C'est vrai. Le fameux alors peut-être de Patrick Montel. Oui. 2014, le finish de Floria Gay, le fameux au relais 4x400. C'est vrai, ça, c'est vrai. Donc, des championnats d'Europe 2014. Vous réécouterez ça parce que c'est quand même assez marrant. C'est Stéphane Diagana qui l'avertit. Une fois, deux fois, mais Patrick, elle revient là. Non, non, non, au début, il ne veut rien entendre. Voilà, mais c'est un commentaire mythique.

Un peu rigolo, mais ça montre aussi évidemment sa science de la course, consultant France Télé depuis de très nombreuses années. Clément, quel est ton sentiment, toi, sur Stéphane Diagana ? Je vais te laisser en parler. Non, c'est... Vous avez 31 ans d'écart. Oui. Tu n'as évidemment aucun souvenir de lui durant sa carrière. Tu vois, 31 ans, et pourtant, il reste vraiment dans l'idole des coureurs de 4H. Il est là encore à tous les championnats de France Elite. Il est là à nous donner des conseils. Il était même là avant ma finale au jeu. Il m'a dit un petit mot. Il m'a dit bonne chance.

Et non, non, un grand maître de la discipline et vraiment en plus d'une humilité, d'une grande humilité et c'est un grand champion. Il faisait le 4x400 aussi. Oui. Oui. On va en parler. Enfin, on va dérouler un petit peu tout le palmarès. Mais toi, c'est quoi ? Il y a une... Enfin, ce que je t'ai déjà vu en parler à quelques reprises, tu as quand même une vraie... Parce que pour certains jeunes, il n'y a vraiment aucun retour par rapport au passé. Enfin, on ne connaît pas, on ne connaît pas. Toi, je veux dire, Diagana, ça te parle. Oui, vraiment. Et puis, mon père faisait de l'athlétisme et il le connaissait très bien aussi. Donc, ça aussi, ça m'a aidé à le connaître.

Et très, très grand athlète. Et en plus, il courait sans les chaussures qu'on a aujourd'hui, sans les pistes qu'on a aujourd'hui. Et il bat beaucoup d'athlètes encore. Donc, c'est très impressionnant. Donc, si on fait le palmarès, champion du monde 97, bon, ça, c'est son plus haut fait, on va dire. C'est le deuxième champion du monde de l'histoire de France seulement, on va dire, après Marie-Jo, après Marie-José Pérec. Champion d'Europe 2002, c'est son deuxième plus haut fait d'un. Et également, donc, du monde 2003, sur le relais 4x4. Tu en parlais.

Deux ans plus tard, on a tendance à l'oublier puisqu'ils ont récupéré l'or, après coup, sur disqualification des Américains sur dopage, donc en 2005. Mais voilà, il est aussi champion du monde du relais 4x4. Il y a le paradoxe des Jeux Olympiques parce qu'on en parle beaucoup. Et alors là, j'ai envie que tu réagisses là-dessus parce que, pour l'instant, le parallèle, je ne sais pas si tu as déjà fait attention à ça, mais le parallèle entre vous est assez fort pour l'instant. Il fait quatrième en 92 à 23 ans. On a à peu près un truc. Donc, c'est la révélation. Et après, il a raté tous les autres Jeux Olympiques.

C'est-à-dire que Stéphane Diagana n'a participé qu'à Barcelone sur sa quatrième place. Les trois suivants, il a voulu les faire, essayer de les faire parfois au plus fort de ses performances et il les a ratés sur blessure. Voilà. Donc, 96, 2000 et 2004. Est-ce que tu as peur de ça ? Non, mais du coup... On en parle déjà tout à l'heure, mais c'est vrai. C'est quand même fou. Ça montre à quel point aussi, il ne faut pas forcément laisser passer les occasions. Ça, c'est sûr, mais je pense qu'il devait s'entraîner très très dur pour essayer de gagner les Jeux Olympiques et qu'il se blesse. C'est très triste, mais c'est aussi...

On vit avec ça, donc je pense qu'il a dû essayer de s'entraîner à fond. Après, je ne le connais pas très bien. Peut-être que d'autres choses sont arrivées, mais non. Mais j'espère que ça ne va pas m'arriver, justement. Non, non. Mais non. Mais t'en parlais tout à l'heure, c'est ça. C'est vrai, c'est la... Il faut vivre avec, mais trois fois de suite, c'est terrible. Je ne veux pas te porter la scouboune, mais je me dis peut-être au contraire, justement, si ça t'arrive en tête, peut-être que justement, on va dédiaboliser le truc, ça t'arrivera pas. Oui, pourquoi pas aller lui parler, lui demander ce qui s'est passé et apprendre de ces erreurs. Tu l'avais cru un petit peu,

42:48
Présentateur

quand même. Ces dernières années, ça a été compliqué au niveau des blessures de l'esquio,

42:52
Invité

la cheville. L'année dernière, la cheville, j'ai eu six mois d'arrêt parce que j'avais un oedème de la moelle osseuse. C'était très compliqué aussi. Mais... Oui, oui, mais je ne savais pas qu'il avait raté les Jeux. Je lui demanderais. C'est bien parce que tu as encore un petit peu le temps pour en parler. Il y a une demi-Olympiade, tu vois. C'est arrivé au bon moment. Fracture de fatigue, notamment en 96, je crois. Lui aussi ? Oui, Atlanta, 96. Peut-être que je confonds avec 2000, mais je ne crois pas. Je crois que la fracture de fatigue, c'est 96. 2004, c'était moins évident.

Il était déjà sur une tentative de comeback, mais c'est encore un forfait sur au moins blessure ou virus, je ne sais plus. Je crois vraiment encore une blessure et 2000 aussi, bien sûr. Voilà, donc on en parlera. Peut-être qu'on aura l'occasion de refaire le débrief après. Bien sûr. Voilà. Donc, le record de France, vous en parliez juste avant que j'arrive, est d'Europe de 95 à 2019. 47-37, il a tenu 24 ans. Je ne me trompe pas, oui, c'est bien ça. Mais il courait avec des chaussures beaucoup moins rapides que nous. Moi, je pense qu'il aurait fait 46-50. Ah oui, autant. 46-60, ouais, je pense. D'accord. je pense. Ça reste le plus vieux record de France de l'athlétisme. C'est vrai ?

95, ouais. Et donc, mais toi, voilà, je te relance là-dessus. Tu en avais déjà parlé. Mais moi, c'est l'objectif. De le battre, voilà. Ah, vraiment. Mais encore une fois, je pense que c'est de l'honorer que d'essayer de battre ses records. Mais je ne fais que me répéter, mais je pense qu'il est le détenteur éternel du 400 avec les anciennes chaussures. Je trouve que ça aussi, c'est assez beau. Et tu avais déjà parlé, c'est vrai, de cette évolution du matériel qui fait aussi que toi, de manière, on va dire, peut-être un peu réaliste, lucide, je ne sais pas. Oui, vraiment. Tu te dis que vraiment, tu vas le battre aussi.

Ah oui, mais en vrai, c'est ça, en fait, que ce n'est pas de l'arrogance que de dire que je vais le battre. C'est vraiment que j'ai les outils un peu qu'il n'avait pas pour le battre. Et c'est en ça que c'est différent. Et je pense que si j'avais ces chaussures, je ne ferais jamais ces chronos-là. Je pense que je ferais des 48, 48, 20, 48, surface en monde d'eau. Donc, je pense qu'on peut enlever une seconde à son record à Diagana, facile. Incroyable, ça le porterait, enfin, vraiment, une légende. Mais c'est presque même sûr. Oui. Je n'aime pas dire d'être sûr sur des trucs comme ça parce qu'on ne peut pas voir, mais les pointes sur lesquelles on court maintenant et les pistes, c'est...

Oui, mais même Stéphane Diagana

45:17
Présentateur

l'avait dit dans des interviews en disant qu'il aurait pu faire maintenant à cette époque 46, 30, tu vois. Oui, moi, ça ne me choque pas du tout.

45:26
Invité

C'était vraiment sympa, en tout cas aussi pendant les Jeux, justement, évidemment, quand c'était tes courses, on les regardait aussi si c'était pour la télévision sur France Télé, il y avait toujours un truc en plus quand il y avait les courses de Clément parce qu'il y avait Diagana au consulting. Bien sûr. Forcément. Et ça, c'est quand même sympa. On y pensait tout le temps. Il y a un truc, forcément, entre vous, une filiation inévitable. Oui, c'est sûr. Mais je n'ai pas écouté les courses. Je n'ai jamais pu les retrouver sur les replays, les commentaires de Diagana. C'est marrant. On va se retrouver, ça. Oui, mais je vais essayer. Tu les as regardées souvent

45:57
Présentateur

ces courses ?

45:58
Invité

Non, je n'ai pas trop regardé parce que je n'aime pas trop faire ça. Mais j'avais justement essayé pour voir les commentaires de Diagana et je n'avais pas réussi parce que je crois que les jours, ils manquaient sur le site de replay et je n'avais pas pu voir. C'était un petit regret, d'ailleurs. Tu leur parleras de tout ça quand tu leur parleras des blessures, faire le point. Vous ferez un point global. Ce sera l'occasion. Record de France avant 2028, avant les Jeux de Los Angeles ? Oui, normalement. Oui, oui. Enfin, je m'entraîne pour ça. C'est annoncé. C'est parfait. Je crois que là, je n'ai plus qu'à partir là-dessus.

46:29
Présentateur

Et la mission, retrouver les courses commentées par Stéphane Diagana.

46:32
Invité

Oui, non, non. Mais ça, attends, non, non. On va voir ça. Il n'y aura aucun problème. Je suis pas mal en technologie. Je pense que je suis sur les bons sites. Après, c'est vrai qu'il y a des choses qui sont un peu verrouillées et tout. Mais France Télé et tout, ils vont pouvoir te retrouver ça. On va retrouver ça. Non, non, bien sûr, bien sûr. Thomas, merci beaucoup. Merci à vous deux. Et merci pour cette très belle saison. C'était une très belle saison. Oui, oui, ça y est. C'est la dernière. La petite pause. La petite pause. Voilà. C'est bien. On reviendra toujours plus frais. Enfin, on espère. Toujours plus frais, toujours plus fort. Comme Clément. Bien sûr.

46:57
Présentateur

Tu peux sortir sous les applaudissements. Allez, merci. À la saison prochaine. Bravo, Thomas. On va continuer notre discussion. Clément, moi, ce qui m'intéresse, c'est l'après-jeu aussi. Parce que voilà, tu as vécu un paquet d'émotions. Le grand public t'a découvert, t'a adopté, t'a aimé, a vibré à tes côtés. Quand les jeux s'arrêtent, tout s'arrête. Tu cours dans des stades où l'ambiance est beaucoup moins forte. Tu ne cours pas toujours contre Warhol ou Dos Santos ou des gars comme ça. Comment tu l'as vécu ? C'est un retour assez violent à la réalité. Tu parles l'après-jeu, les compètes après-jeu ou l'année après-jeu ? L'année plutôt.

Parce qu'après, tu as enchaîné quand même avec ce quasi record de France.

47:37
Invité

L'année après-jeu, intéressant. Donc, je me suis blessé. Mais avant ça, je m'entraînais. En fait, j'avais oublié. Je pense que j'avais oublié à quel point c'était dur l'entraînement et que ce n'était pas si facile. Parce que mes dernières courses après les jeux, j'avais une grande facilité à courir de chrono très rapide. Et on oublie le travail qu'il faut faire. Non, moi, j'ai oublié le travail qu'il fallait faire. Et je m'entraînais pareil, mais j'avais, je pense, moins axé sur les soins, sur la récup. Comme j'aurais dû. Et je pense que c'est pour ça que je me suis blessé. De toute façon, rien n'arrive pas à hasard. Et ouais, c'était compliqué. C'était compliqué. Mentalement aussi ?

Ouais, tout. Parce que j'apprends en mars que j'ai un EDM de la cheville avec six mois d'arrêt. Et en fait, je m'entraînais dessus parce que ça me faisait une douleur modérée. Mais je ne pensais pas que c'était aussi embêtant. Et je m'entraînais dessus et ça ne partait pas. Et après, j'ai décidé de faire une IRM. Et donc, j'ai appris qu'en fait, j'aurais dû arrêter bien avant. Je n'aurais pas dû m'entraîner dessus. Et du coup, j'ai eu six mois d'arrêt. En fait, je ne pouvais même pas courir. C'était folle avec le temps que l'os se régénère. C'est très compliqué mentalement.

48:52
Présentateur

Ouais, des blessures, peu de 400 mètres courus aussi. Tu retrouves des sensations là, maintenant ? Tu commences à retrouver du plaisir, de l'engagement, des chronos qui...

49:03
Invité

Ouais, j'ai fait un bon chrono il y a deux semaines là au Texas, 48-40. En termes de sensations, je dirais que ça revient de mieux en mieux. Mais je n'ai pas encore cette sensation de vitesse et d'agilité que j'avais au jeu. Mais cet été, je l'aurai. Je le pense. Je sens que ça vire de plus en plus.

49:22
Présentateur

Ça monte crescendo. Ça va revenir. Ça va monter crescendo, comme tu dis, il va falloir, puisque les Jeux Olympiques de Los Angeles arrivent assez vite, finalement. On va en parler dans le show devant. En quoi le Clément de 2028 sera différent de celui de 2024 ? Il sera préparé...

49:42
Invité

Déjà préparé des Jeux. Donc, je connaîtrai la compétition. Je connaîtrai mieux mes performances. Je pense que j'arriverai avec un plus gros record. Je pense que je serai plus... Avec le record de France, du coup. Peut-être. Ça va être l'objectif, oui. Et je pense que j'arriverai avec plus de sérénité, je dirais. Même si j'étais déjà assez serein, mais là, encore plus. Tu te projettes déjà ?

50:05
Présentateur

Tu y penses déjà en te couchant le soir ? Non, pas trop.

50:08
Invité

Je vois les saisons après saison. Je ne me projette pas deux ans ou trois ans après. Mais avant l'année prochaine, il y a les championnats du monde, donc ce sera aussi un objectif. Mais Los Angeles, non, je serai prêt. De toute façon, je serai encore à Noxville avec mon coach Dwayne.

50:23
Présentateur

On sera prêt. On va s'y projeter ensemble. Regarde, on a quelques images du lieu de la compétition, un magnifique stade, le Memorial Coliseum de Los Angeles, un stade historique qui a déjà d'ailleurs accueilli les épreuves d'athlés en 1932 et en 1984. Le voici. Oui, je t'ai entendu faire wow. Tu vas prendre une claque.

50:42
Invité

Il est déjà construit ou c'est des images de synthèse ? Je crois qu'il existe. C'est sûr ? Oui. Ah oui, c'est magnifique.

50:52
Présentateur

C'est un très stade, du coup. Là, en voyant ces images, tu t'imagines... Il y a combien de places ?

50:59
Invité

Il y a moins 120 000. 100 000, non ? C'est énorme. C'est énorme, là. C'est encore plus qu'au JO de Paris. 77 500. Ah oui ? C'est vrai que ça fait...

51:09
Présentateur

Mais c'est souvent ça, les stades américains. Peut-être qu'il doit être plus... OK.

51:13
Invité

Ah oui, non, c'est magnifique.

51:14
Présentateur

Ça me donne envie

51:15
Invité

de courir d'un coup, là.

51:17
Présentateur

Oui. Alors, avant de faire les Jeux, même discours qu'à Paris, il faut s'y qualifier. Il y a l'inima, il y a la concurrence.

51:23
Invité

Oui.

51:23
Présentateur

Ça, tu y penses, à tout ça ? C'est dans un coin de ta tête ? Non, non.

51:26
Invité

Et de toute façon, je me dis que si je veux être champion olympique, les minimas, ça va être un truc, tu vois... Ça va être une formalité. Formalité, quoi. Et je pense que c'est ça qui... Je pense qu'il faut être comme ça, quoi. Si on n'arrive pas à faire l'inima, pourquoi rêver d'une médaille ? Il y en a qui aiment participer, peut-être c'est pour eux, je ne sais pas. Mais moi, je vois vraiment... Minima, ça devrait... Tu vois ?

51:45
Présentateur

Oui, c'est juste... Voilà. Il faut les faire, quoi. T'as un peu à valider, et puis après... Donc là, Clément, je reprends un peu ton discours avec plus de maturité, avec déjà une expérience olympique. Los Angeles, tu y vas pour être champion olympique, quoi.

51:58
Invité

Ah, vraiment, oui. C'est ce qui me motive, et je pense que c'est pas mon objectif qui est fou. On entend souvent, ouais, je veux gagner les Jeux. Beaucoup de sportifs qui disent ça, mais c'est souvent jeté comme ça par la fenêtre, sans vraiment d'envie et même de niaque et de volonté. Mais moi, j'ai fait quatrième au Jeu de Paris. Je pense que rêver d'une médaille ou de gagner, c'est pas... C'est pas choquant, quoi.

52:20
Présentateur

Bien sûr.

52:20
Invité

Puis tu mets les choses en place pour y arriver.

52:22
Présentateur

Exactement, et ouais. Et je reprends un peu Jimmy Gressier sur Champion du Monde du 10 000. Lui aussi a affiché ses ambitions très tôt en disant, voilà, je veux être devant là tous les top coureurs mondiaux, je veux être Champion du Monde, je veux être Champion olympique. On lui a souvent ri un peu au nez sur ses déclarations. On lui a dit, non, mais arrête, arrête de dire ça. Et il l'a prouvé à tout le monde qu'avec de l'abnégation, qu'avec du travail, on pouvait réaliser des choses complètement folles.

52:46
Invité

Ouais. Je pense que Jimmy, c'est exactement... C'est exactement l'exemple de celui qui veut gagner et qui réussit. Et maintenant, tout le monde l'admire. Donc, en fait, faut pas se concentrer sur ce que les gens disent.

52:58
Présentateur

Alors, il y a des sources d'inspiration aussi pour toi, notamment un Américain qui s'appelle Quincy Hall, alors qu'il n'est pas beaucoup plus âgé que toi. T'as 25 ans, il a 27 ans, c'est plus un coureur de 400. Il faut un peu de 400 mètres, ouais, mais c'est plus du 400 pour lui. Champion olympique du 400 à Paris au Jeu de 2024. Champion du monde aussi, en relais 4x400 en 2023. Explique-nous pourquoi ce gars t'inspire autant.

53:20
Invité

Ce gars m'inspire autant parce que, déjà, c'est un coureur de 400 mètres au championnat d'Amérique et il a une envie de gagner qui est inspirante. Moi, j'ai envie de gagner, mais je ne pense pas que j'ai envie de gagner comme il, c'est pour vous dire. Et ces courses, ce n'est pas le mec le plus technique, ce n'est pas le plus rapide, le sprinter le plus rapide, mais c'est celui qui va se battre avec toute cette tripe, toute sa volonté, toute son énergie pour gagner. Et même dans ces interviews après course, je les prends sur mon tel, je les screen record et après, je me les repasse parce que c'est vraiment une envie que je vois rarement cette envie chez d'autres coureurs. Quincy Hall.

Et hyper sympa, je l'ai couru, il était là au Texas avec moi il y a deux semaines, il est hyper abordable, hyper gentil. Il m'a dit qu'on allait jouer à FIFA bientôt. Quincy Hall,

54:13
Présentateur

un mec super sympa, moi je vais te proposer une séquence super sympa de l'émission, ça s'appelle le Touff et Toufflam, c'est parti. La fameuse tier list, vous en avez l'habitude, c'est la dernière de la saison, 5 catégories, flamme olympique, feu de camp, briquet, allumette, cendre, flamme olympique, c'est le top du top, plus on descend, moins c'est bien. Je vais te donner cette tablette, Clément, il y a plusieurs éléments à classer. Merci. Tu nous les commentes rapidement, il nous reste 5 petites minutes dans l'émission. Je les drague ? Ouais, tu les fais glisser, tu as le droit d'en mettre plusieurs par catégorie.

54:45
Invité

Je vais commencer par la première, le 110 mètre, c'est bien ça. Ça, c'était ma première épreuve. J'aimais bien, mais c'est un sprint et je n'ai pas trop de sensations, du coup, je pense que je le mettrai en briquet. Ah, les briquets. L'acide lactique. Ah non, mais là, la chambre directe. Je suis obligé de le mettre en bas, oui. L'acide lactique, même si avec l'entraînement on a de moins en moins, mais vraiment, quand on le sent dans les jambes, c'est affreux. La batterie, la batterie, je dirais feu de camp.

55:16
Présentateur

Oui, parce que Clément, grand batteur, regarde, la preuve en image. Non. Ah si, mais non.

55:42
Invité

J'aime bien que tu maîtrises. Ouais, ça va, mais pas encore des progrès à faire. Mais ouais, feu de camp. Feu de camp. J'adore, ça me permet de m'évader. La belote, la belote, tu es obligé de mettre en flamme olympique. La belote. En plus, c'est de la douce juin, je suis désolé. Je jouais avec mes grands-parents, j'étais tout petit, avec mes parents, mes frères et soeurs. D'ailleurs, mon frère qui trouvait est compétiteur, bien sûr. Le cheddar, le cheddar. Le cheddar. Bah oui, parce que t'adores le fromage.

56:12
Présentateur

J'adore le fromage,

56:13
Invité

mais je ne peux pas le mettre en haut. Mais si, quand même, j'adore le fromage. Ça va te manquer aux Etats-Unis, ça, du bon fromage français. En plus, on vient d'un pays, je crois qu'il y a plus de 6 000, 6 000, je veux dire, de mon fromage en France, c'est un truc de fou. L'électromagnétique. Ça aussi, c'est là d'où je viens. C'est là d'où je viens. C'était une de mes matières préférées. Et Wayne m'a dit qu'il fallait que je mette ça. Absolument. La tier liste, ton pote. Avec mon professeur, Ulysse Delabre. Non, ça, c'était des bons souvenirs. C'était hyper intéressant. C'était assez complexe, quand même, dans les explications et tout. Les vecteurs, maintenant, ça me rappelle les souvenirs.

Mais gros, hyper intéressant. J'adore la physique. Les interclubs, je n'en ai pas fait beaucoup, mais je viens du bec, d'un club vraiment qui est très, très vieux, avec de grands champions. Et on a une ambiance particulière au bec, d'ailleurs, qui est... J'étais à une compète, là où mon pote, il a couru sur 400. On était le club le plus bruyant du stade. Et c'est un plaisir d'être dans ce club et jamais, je pense que je changerai de club. Les interclubs, championnats de France, des clubs en athlétisme. Ouais. Le muffin des JO. J'en ai même pas mangé, tu vois. Aïe, aïe, aïe. Je ne sais même pas où le mettre. Il va vous péter quelque chose.

57:22
Présentateur

Tous les athlètes... C'est vrai ? Ah oui,

57:24
Invité

tu vois. Peut-être qu'ils ont goûté ont dit que c'était excellent. Je vais le mettre en allumette, mais je ne mange pas trop de sucre rire. C'est bien. Ouais. Bravo. Tu vois. Parasite, c'est un de mes films préférés. Flamme olympique. Flamme olympique. Flamme olympique. Flamme coréen. Une super intrigue jusqu'au bout. Je crois qu'il y a eu l'Oscar d'ailleurs du meilleur film. Mais non, c'est un de mes films préférés. Et ça lit une belle histoire d'un problème de société avec une belle intrigue des acteurs qui jouent bien. Franchement, c'est top. Scroller. Scroller, c'est que je scrolle. Je scrolle quand même. Je sais que tu n'aimes pas trop la paresse. Je me suis dit scrolle, c'est un peu...

58:09
Présentateur

Tu vois ?

58:09
Invité

Je n'aime pas la paresse qui détruit les projets. L'oisiveté. Mais je fais... Non, je dirais briquet quand même. Et la réalité virtuelle. Ça, c'est Ewen qui a dit encore, non ? Peut-être.

58:22
Présentateur

Oui, c'est Ewen.

58:24
Invité

La réalité virtuelle. J'aime bien, mais c'est un peu cher pour ce que c'est. Donc, je le mettrai en feu de camp. Magnifique.

58:30
Présentateur

Je reprends la tablette. Hop. Alors, tu m'as demandé pendant toute l'émission mais comment tu as eu ça ? Mais comment tu as eu cette image ? Mais comment tu as eu cette info ? Eh bien, la personne qui m'a transmis tout ça, c'est cet homme.

58:44
Invité

Clément, toute la famille et amis sont admiratifs devant ton engagement et ta volonté pour réussir. Après, les records de famille, de région, nous attendons le record de France sous le Diag. Va, on voit les Nouvanges. et tous et toutes à Los Angeles. Ça me fait trop riche parce que j'étais dans le train tout à l'heure et il a envoyé la vidéo sur le groupe famille. Ça, c'est une anecdote magnifique.

59:13
Présentateur

On ne peut pas mieux finir la saison. Alors, ce qu'il faut que tu saches, c'est que ton papa, je l'ai contacté pour avoir une petite vidéo pour toi. Mais au début, il m'a envoyé plein de vidéos dossiers de toi. Alors qu'on n'a pas tout passé. Il y a des vidéos avec tes neveux, Taniens, des vidéos de toi en train de faire de la batterie. Voilà, je remercie Dominique.

59:33
Invité

Mais il a envoyé en vocal, du coup, je n'avais pas compris. Je n'ai même pas capté que c'était pour aujourd'hui. C'est excellent. Clément, je te remercie beaucoup. J'ai énormément apprécié

59:41
Présentateur

cette émission avec toi. Merci, moi aussi. Ça me fait trop plaisir. Très content d'avoir fini la saison avec toi également. Je te souhaite plein de bonnes choses. Merci beaucoup.

59:48
Invité

Et j'espère à la prochaine.

59:50
Présentateur

Mais carrément, carrément. Tu es le bienvenu ici et la saison prochaine pour repasser dans ce fameux canapé orange. Merci Clément. Merci beaucoup. Salut à toi. Je remercie toute l'équipe en régie, Alexis Bénichoux à la réalisation, Julien Perronnet à l'édition, Clément Ritter au son, Elisa Provin au maquillage et tout le monde qui a œuvré d'arrache-pied pour le bon déroulé de cette émission toute la saison. C'est énormément de travail en coulisses. Merci à tous. On se retrouve la saison prochaine. Prenez soin de vous. Gros bisous.