Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 8 mars 2017 10 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & international

Bertrand Delanoë : "Emmanuel Macron, je l'aiderai"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:14Invité politiqueFait
    « Ma conscience et le sentiment que la France court un danger majeur. »
  • 0:23Invité politiquePromesse
    « Peut-être que dans deux mois, l'idéologie et les méthodes de l'extrême droite dirigeront la France. »
  • 0:52Invité politiqueChiffre
    « La candidate de l'extrême droite est beaucoup plus forte aujourd'hui dans les intentions de vote qu'on ne l'imagine. »
  • 1:01Invité politiqueFait
    « La crise de la droite n'est pas une bonne nouvelle pour la démocratie. »
  • 1:14Invité politiqueFait
    « Et la division de la gauche et le positionnement de Benoît Hamon comme candidat du Parti Socialiste à la gauche de la gauche. »
  • 1:47Invité politiquePromesse
    « D'autant que ce programme d'Emmanuel Macron m'a révélé de vraies mesures progressistes, de justice sociale, de lutte contre les inégalités. »
  • 2:06Invité politiqueFait
    « L'Europe. Le monde est immensément dangereux et M. Guetta vient d'en parler. »
  • 2:10Invité politiqueFait
    « Il y a en plus, M. Trump, Poutine, l'OTAN, où nous avons M. Erdogan là sur le continent européen. »
  • 2:36Invité politiquePromesse
    « Si nous n'avons pas un engagement européen, si nous ne voulons pas donner de la force à la France, par des solidarités européennes, sur le plan politique, sur le plan des valeurs démocratiques, sur le plan de la défense et sur le plan économique. »
  • 2:47Invité politiqueFait
    « Sur tous ces points, je pense que le candidat qui se rapproche le plus de mes convictions de socialiste, réformiste, européen, réaliste, c'est Emmanuel Macron. »
  • 3:30Invité politiqueFait
    « J'ai de l'amitié pour la personne de Benoît, il le sait, nous nous sommes parlé la semaine dernière, à son initiative. Je pense que son programme est dangereux. »
  • 3:40Invité politiquePromesse
    « Son programme est dangereux parce qu'il ne rassemble pas la gauche et parce qu'il est philosophiquement, dans le rapport au travail, dans le rapport à l'Europe, dans tout un tas de ses propositions. »
  • 4:05Invité politiquePromesse
    « L'avantage du programme d'Emmanuel Macron, c'est qu'il est sérieux et crédible sur le plan économique et donc il rend possible des progrès sociaux. »
  • 5:02PrésentateurFait
    « Alors écoutez, monsieur... Non mais écoutez, il faut éclaircir les choses pour nos auditeurs. »
  • 7:08PrésentateurFait
    « fracture que vous allez forcément aggraver par votre prise de position ce matin ? La faute à qui ? »

Temps de parole

  • Bertrand Delanoë81 %
  • Présentateur19 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Bertrand Delanoé. Bonjour. Depuis votre départ de la mairie de Paris il y a trois ans, vous avez refusé toutes les propositions de poste et beaucoup d'invitations dans les médias. Qu'est-ce qui vous pousse ce matin à sortir de votre réserve et à intervenir dans le débat présidentiel ? Ma conscience.

0:16
Bertrand Delanoë

Ma conscience et le sentiment que la France court un danger majeur. Peut-être que dans deux mois, l'idéologie et les méthodes de l'extrême droite dirigeront la France. Ça me hante. Et en tant qu'homme libre, désintéressé et avec beaucoup de gravité, je pense qu'il faut que nous nous posions tous la question de notre vote au premier tour, au premier tour de la présidentielle, pour éviter cette catastrophe du second tour. De temps que je pense que la candidate de l'extrême droite est beaucoup plus forte aujourd'hui dans les intentions de vote qu'on ne l'imagine. Et la crise de la droite n'est pas une bonne nouvelle pour la démocratie.

Car cette crise de la droite empêche une offre politique de droite. Et la division de la gauche et le positionnement de Benoît Hamon comme candidat du Parti Socialiste à la gauche de la gauche. Et dans la difficulté à rassembler la gauche et demain à rassembler une majorité de Français. m'amène, après avoir lu le programme d'Emmanuel Macron, à penser qu'il faut donner le maximum de force au premier tour au candidat qui peut battre Mme Le Pen. D'autant que ce programme d'Emmanuel Macron m'a révélé de vraies mesures progressistes, de justice sociale, de lutte contre les inégalités, sur lesquelles je souhaite revenir tout à l'heure. J'ajoute un dernier point. L'Europe.

Le monde est immensément dangereux et M. Guetta vient d'en parler. Il y a en plus, M. Trump, Poutine, l'OTAN, où nous avons M. Erdogan là sur le continent européen. Si nous n'avons pas un engagement européen, si nous ne voulons pas donner de la force à la France, par des solidarités européennes, sur le plan politique, sur le plan des valeurs démocratiques, sur le plan de la défense et sur le plan économique, parce que l'Europe doit changer. Mais vous ne pouvez pas faire changer l'Europe. Redonnez un espoir européen aux peuples européens si vous commencez par agresser l'Europe et si vous n'aimez pas l'Europe.

Sur tous ces points, je pense que le candidat qui se rapproche le plus de mes convictions de socialiste, réformiste, européen, réaliste, c'est Emmanuel Macron.

2:57
Présentateur

Vous voterez pour lui, Bertrand Delanoé. C'est votre choix, votre décision. Alors, votre déclaration pose beaucoup de questions. D'abord, sur celui qui représente aujourd'hui les couleurs du Parti socialiste. Votre parti, votre famille, Bertrand Delanoé, depuis plusieurs décennies, Benoît Hamon. Qu'est-ce qui vous déplaît chez lui ? Son programme, ses critiques contre le quinquennat Hollande ou est-ce que c'est un choix, comme vous l'avez laissé entendre tout à l'heure, tactique, celui d'Emmanuel Macron pour battre le Front National ?

3:30
Bertrand Delanoë

J'ai de l'amitié pour la personne de Benoît, il le sait, nous nous sommes parlé la semaine dernière, à son initiative. Je pense que son programme est dangereux. Son programme est dangereux parce qu'il ne rassemble pas la gauche et parce qu'il est philosophiquement, dans le rapport au travail, dans le rapport à l'Europe, dans tout un tas de ses propositions, il n'est pas en mesure de produire du vrai progrès social. Car vous n'avez jamais de justice sociale réelle, concrète, sans efficacité économique. L'avantage du programme d'Emmanuel Macron, c'est qu'il est sérieux et crédible sur le plan économique et donc il rend possible des progrès sociaux.

Et il y en a plusieurs, que ce soit sur la protection des chômeurs, sur la lutte contre le chômage, sur les minima sociaux, sur la protection des plus faibles. Il y a beaucoup de mesures qui ne sont peut-être pas aussi à gauche que je le voudrais dans le programme d'Emmanuel Macron, sauf que lui, il a les moyens, il se donne les moyens de les réaliser. Et comme je l'ai dit à Benoît, je vous redis, je ne dirai jamais de mal de la personne de Benoît Hamon. Je suis ami avec lui depuis bien plus longtemps que je ne connais Emmanuel Macron. Que vous connaissez Emmanuel Macron ? Je le connais, depuis deux ans nous nous parlons. Vous avez parlé avec lui ?

Je vais vous dire, depuis deux mois nous n'avons pas eu de dialogue approfondi et je n'ai pas cherché à en avoir avant de venir ce matin sur votre antenne. Pourquoi ?

4:59
Présentateur

Donc vous n'avez pas parlé avec lui de poste, de fonction ? Alors écoutez, monsieur... Non mais écoutez, il faut éclaircir les choses pour nos auditeurs.

5:06
Bertrand Delanoë

A mon ami Benoît, je lui ai dit, moi j'avais des désaccords avec ce gouvernement, j'ai refusé d'y aller. Bon, mais je n'aurais peut-être pas voté ou signé une motion de censure. Bon, donc voilà, moi je ne fais de reproches à personne. Mais si je courais après les postes, honnêtement, j'aurais été ministre. Et je vous dis tout de suite, je n'appartiens pas à En Marche, je n'appartiens pas à l'équipe d'Emmanuel Macron, mais je l'aiderai dans la liberté. Il y a quelque chose que je veux dire d'Emmanuel Macron. Il est intelligent, il a du talent, mais il sait écouter et il sait accepter des nuances ou des désaccords.

Et ça, j'ai beaucoup apprécié dans les discussions que j'ai eues avec lui jusqu'à début janvier. Et je pourrai en avoir d'autres dans les jours qui viennent. Je le souhaite parce qu'il faut être constructif. Mais il y a quelque chose de bien. C'est que sa manière d'être rassembleur, c'est une manière qui respecte les opinions des autres. Et je vais vous dire, moi je n'ai jamais fait d'alliance avec le Modem. Mais les quatre exigences qu'a portées M. Bayrou, elles me vont très bien. J'aimerais même que tous les candidats à la présidentielle acceptent cela.

La loi de moralisation de la vie politique, la valorisation du travail, un peu de proportionnel pour que tout le monde soit représenté, ce sont des choses, il n'y a pas de magouille, il n'y a pas de choses qui moi, vous savez que je peux être un peu exigeant, il paraît. Bon, il n'y a rien qui moralement me choque dans le fait que, voilà, par exemple, François Bayrou vient avec des propositions de fond qui ne vont pas nous faire reculer, qui nous font avancer.

6:44
Présentateur

Vous n'avez jamais fait d'alliance avec le Modem, vous venez de rappeler cela, Bertrand Delanomé, mais vous avez gouverné Paris pendant deux mandats avec l'ensemble de la gauche. C'était votre fierté avec le Parti communiste, avec les écologistes. Et là, ce matin, vous choisissez Macron le dissident plutôt que Hamon, le candidat du PS, investi par la primaire et qui a fait alliance avec les écolos. Est-ce que vous mesurez la fracture qui est en train de se créer au Parti socialiste, fracture que vous allez forcément aggraver par votre prise de position ce matin ? La faute à qui ?

7:16
Bertrand Delanoë

Qui a posé des actes sur le fond et des moments de division ? Que je sache, la majorité présidentielle s'est rétrécie lorsque Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ont voulu que Jean-Marc Ayrault soit viré et qu'il y ait une affliction qui a été quand même caractérisée et un rétrécissement de la majorité. Oui, M. Cohen, j'assume d'avoir dirigé avec toute la gauche sans exception et j'en suis très fier. Mais lorsqu'il fallait produire du progrès social, je disais toujours à mes pardonnaires quels moyens nous nous donnons si nous ne gérons pas bien. Je vais vous donner un exemple. J'ai remunicipalisé l'eau en 2008.

Mais il fallait, lorsque le bien essentiel qui était l'eau revenait au secteur public, bien gérer pour pouvoir baisser la facture deux ans après des consommateurs. Et maintenant, je vais vous dire autre chose. Je suis triste de ne pas prendre la même position que tel ou tel de mes amis. Mais Anne Hidalgo est une femme libre.

8:24
Présentateur

Anne Hidalgo qui a dit hier matin qu'Emmanuel Macron n'était pas un candidat de gauche.

8:28
Bertrand Delanoë

Je vous précède. Anne Hidalgo est une femme libre. Je suis un homme libre. Mais ne doutez pas, et elle ne doute pas, que je suis totalement solidaire des orientations politiques de la mairie de Paris aujourd'hui.

8:42
Présentateur

On peut dire ce matin, Bertrand Donnet, que votre souci n'est pas de sauver le PS et que d'une certaine manière vous quittez votre famille ?

8:49
Bertrand Delanoë

Non. Non, parce que ça fait 45 ans que j'appartiens au Parti Socialiste. Je suis fidèle au Parti Socialiste et je veux être optimiste sur ce qui se passera après. Le Parti Socialiste, comme la droite républicaine, ont vraiment à se poser des questions et à se reconstruire d'une manière courageuse et honnête. Comme je suis totalement désintéressé, comme je n'ai jamais cherché, recherché le poste, je peux accompagner, il faudra se rassembler. Car de toute façon, la carrière des uns et des autres ne m'importe pas. Ce qui m'importe, c'est mon pays. Et j'ai conscience, dans ma prise de position d'aujourd'hui, de préférer mon pays à mon parti.

9:31
Présentateur

Bertrand Donnet, ancien maire de Paris, invité de France Inter ce matin, on vous retrouve dans quelques minutes avec les appels des auditeurs.