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DébatLCP (sur YouTube)· 1 mars 2026 44 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & internationalÉconomie & entreprises

Crise démocratique : comment restaurer la confiance ? | Le débat de la grande séance

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Nos maires peuvent-ils être un rempart face à la crise démocratique ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    78 % des Français n'ont pas confiance dans la politique, comment l'expliquer ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi les maires restent-ils les élus préférés des Français ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Le film montre une crise de la démocratie, est-ce réaliste ?

  • 25:00OuverteRéponse directe

    Faut-il plus de décentralisation pour restaurer la confiance ?

  • 30:00RelanceRéponse partielle

    Les conventions citoyennes affaiblissent-elles la parole politique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:00Frédéric DabChiffre
    « 78 % des personnes interrogées disent n'avoir pas confiance dans la politique »
  • 10:00Frédéric DabChiffre
    « 60 % des personnes interrogées ont confiance dans leur maire et 58 % dans leur conseil municipal »
  • 40:00Claire TouriChiffre
    « 90 % des clubs de sport sont sous statut associatif et sont hyper localisés »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Voilà pour ce film très touchant, formidablement incarné par Fabrice Lucini Anaïs Desmoustiers qui qui fait écho évidemment aux élections municipal qui approche à grand pas dans quelques jours. Alors nos maires peuvent-ils être un rempart face à la à la crise démocratique et la crise actuelle ? Les derniers chiffres le confirment un près de 8 Français sur 10 disent aujourd'hui ne pas faire confiance au personnel politique.

Alors peut-on encore réenchanter le débat public ? Et la solution passera-t-elle justement par plus de local et par les élus locaux ? On en parle ce soir avec nos invités Frédéric DAI.

Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes directeur général de l'IFOP, co-auteur de l'écharpe et les tempêtes.

On va en parler ce soir aux éditions de l'aube, livre dans lequel vous donnez la parole justement aux français. Il y a une douzaine de mères, une vingtaine même. Une vingtaine de mères et ce qu'ils disent est assez est assez éloquent.

Claire Tourri est également avec nous. Bonsoir. Vous êtes sociologue, spécialiste des questions d'engagement, candidate à la présidence du Conseil économique et social et présidente du mouvement associatif qui représente, je crois 700000, j'allais dire 70000 non 700000 associations un peu partout en France.

Ouais. Une association sur deux exactement et vous êtes auteur de s'engager comment les jeunes se mobilisent face aux crises aux éditions les petits matins. Jean-Paul de Levis est également avec nous.

Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes ancien ministre, ancien président du conseil économique et social justement, ancien président de l'association des maires de France, maire de Bapaum également dont vous êtes originaire qui se trouve dans le Pas de Calé. 3779 habitants, c'est ça ?

Non. Ah 4000 4000 ? Oui.

Non non, pas loin de 5000 et c'était mè un peu plus de 30 ans. Merci d'être avec nous d'être avec nous ce soir pour parler aussi de cette crise démocratique qui s'estvie en France. Et puis Hugo Biolet qui est avec nous.

Bonsoir Hugo. Vous êtes plus jeune maire de France. Vous avez 24 ans.

Ouais. 24 ans. Candidat à votre réélection.

Vous êtes le seul candidat. C'est pour ça qu'on peut vous inviter et vous donner la parole ce soir. Il y a pas de problème de temps de parole.

Dans la commune de Vinieux qui se trouve en Ardèche, 556 habitants. Exactement. Exactement.

Et vous êtes aussi étudiant à Science Po Grenoble. Peut-être un mot sur ce film. On commence avec vous.

Hugo. Vous le connaissiez ou vous l'avez découvert ce soir ? Ce film, je l'ai découvert ce soir et euh j'ai trouvé qu'il était à la fois euh très juste sur plein de constats qui venaient poser sur la vie politique et aussi très cruel en fait sur la vie politique.

Euh parce que euh il y a plein de dialogues, on y reviendra peut-être, euh qui qui posent des symptômes de pourquoi je trouve moi aussi que les gens vont plus voter aujourd'hui. premier, c'est une grande souffrance en fait qu'on ressent chez les gens et dans le film qui arrive qui disent "Mais vous rendez compte le monde dans lequel on est en train d'arriver ?" Et qu'est-ce que la politique peut encore pour ça ?

Et on voit que les gens qui ont plein d'espoir et ben ils se cherchent une voix en politique pour y arriver. Au-delà de ça, il y a beaucoup de sidisme dans dans ce film. Je sais pas si ça se passe vraiment comme ça.

Vous nous répondrez Jean-Paul de Levois dans quelques secondes. Frédéric Daballèle avec la réalité. Bon, il est jubilatoire ce film.

Fabrice Pquini est exceptionnel euh comme souvent assez juste dans le rôle de ce maire dans lequel on on imagine Gérard Colomb quand même qui a été maire pendant près de 20 ans. Mais il y a tout hein, les manigances, la rhtorique un peu la vanité de la parole politique. Euh c'est vrai qu'on a envie de faire le parallèle avec la vraie vie politique.

Oui, ça me paraît assez réaliste, même si vous l'avez dit en parlant du maire de Lyon, de Gérard Colomb. Il y a eu aussi un Francisque Colomb à Lyon, Edouard Riot, c'est une terre de mer centriste, loin de l'actualité tragique qu'on a connu récemment. C'est le maire de Lyon.

C'est pas n'importe quel maire, c'est la deuxème trille de France. Et c'est vrai que c'est presque un petit état. On voit des cabinets extrêmement actifs, vibrillonnants.

Moi, ça me rappelle un autre film qui s'appelait l'exercice de l'État. je sais pas si vous l'avez vu qui envoyait un cabinet ministériel du ministère des transports et on a retrouvé ce côté oui euh quelques petites querelles. Est-ce que le cabinet est au courant ?

Et puis une sorte mais c'est ce qui m'a le plus intéressé une sorte de complainte du maire qui dit à Anaïs de Moustier apprenez-moi à penser, je n'arrive pas à me poser. La dernière phrase qu'on avait vu du film c'est maintenant j'ai le temps de lire. Ça me rappelle aussi pour prendre un parallèle historique un Lionel Jospin quelques semaines avant le 21 avril 2002 qui dit "Vous me faites courir, vous me faites cavaler." Ces mères des grandes villes que peut-être qui peut-être ont le sentiment alors qu'ils ont la durée, alors qu'ils ont pas d'élection intermédiaire d'être trop et dans le livre avec Bris Sol, on le montre dans la gestion quotidienne et dans la difficulté à se projeter.

Claire Tori, un mot sur le film Sati politique réussi exagéré peut-être un peu caricaturé. Mais moi je trouve que c'est un très bon film. Ça se regarde très bien et moi aussi ça m'a fait beaucoup penser à l'exercice de l'État et notamment à ce moment où il y a un dialogue euh sur la le le le dilemme entre pouvoir et puissance.

Je sais pas si vous vous souvenez de cette scène dans l'exercice de l'État qui est hyper puissante où euh du coup euh le le il y a une interloction entre le directeur de cabinet puis un ancien euh au fonctionnaire qui s'en va dans le privé et qui dit "Mais tu te rends compte on a plus aucun pouvoir. On a on a du pouvoir mais on a plus aucune puissance. On narrive pas à être efficace. on arrive pas à transformer la vie des gens.

Et là, je tire un peu le fil parce que dans le monde associatif, on a pour l'habitude de dire qu'on a beaucoup de puissance mais absolument aucun pouvoir et beaucoup de puissance parce qu'on est très nombreux parce que il y a 1,4 million d'associations en France dans lesquelles s'engagent 20 millions de bénévoles qui couvrent tout le territoire français qui apporte des réponses très concrètes. Donc c'est extrêmement puissant dans la la construction des solutions. On va peut-être y revenir, mais par contre on a absolument pas le pouvoir de transformer la loi ou de la faire ou et et donc du coup, il y a un espèce de de conflit permanent entre pouvoir et puissance qui est intéressant à analyser à mon avis.

Et puis je rebondis sur ce que disait Hugo sur le la question aussi de l'espoir. En fait, je trouve que c'est un film qui pose la question de l'espoir. C'est et je crois que c'est un peu le défi de notre époque finalement. le défi de notre époque.

Enfin, il y en a beaucoup mais l'un d'entre eux, c'est de c'est de réussir à lutter contre le sentiment d'impuissance qui nous envahit trop souvent. Alors, on pense à Trump, on pense à tout un tas de choses, mais malgré tout, malgré ces ces ces ces ces faisceaux d'impuissance qui peuvent nous plomber, il y a tout un tas de choses extrêmement positives, puissantes, concrètes qui se passent partout et c'est ce sentiment là qui nous qui nous bouffe à certains moments contre lequel on doit résister très fortement. Bien, on en parlera ça du rôle du politique aujourd'hui et de la façon dont il peut infléchir ou accompagner une une politique économique notamment Jean-Paul de Devois, le réalisateur du film dit "Mon film parle de la crise de la démocratie.

Les hommes politiques font comme au fond s'ils avaient toujours des marges de manœuvre qu'ils n'ont plus et les citoyens font semblant de croire qu'il suffit de prendre quelques mesures pour revenir à un état antérieur de l'histoire." C'est ce que c'est vrai, c'est ce que montre bien ce ce film. On a le sentiment qu'on perd de vue un peu le débat d'idée euh avec ce ce personnage et ce maire de Lyon.

Ce film met un accent sur l'illusion du pouvoir et déjà il faut regarder pas forcément celui qui exerce le pouvoir mais celui qui influence le pouvoir. Et on voit bien que apparemment le maire aux yeux des citoyens c'est celui qui a le pouvoir et on s'aperçoit que le maire est prisonnier de son agenda. On confond l'ivresse de la vitesse, du mouvement, de l'occupation par rapport à la pensée.

On a trop de gestionnaires et pas assez de visionnaires et la gestion des peurs l'emporte sur les espérances. C'est clair que dans un monde qui n'est pas en crise mais qui est en métamorphose, il faut se remettre en cause et on voit bien que nous avons un corsetage autour d'un décideur qui fait que l'on regarde plutôt le passé que le futur. Et donc lui souffre en disant "Mais donnez-moi le droit de penser." Et moi, j'ai été effrayé par ça en disant "Il confie à une seule personne" Hm. l'éclairage de sa pensée, c'est quand même incroyable.

C'est-à-dire que au lieu de se poser et très souvent en France, on a un débat sur les réponses et donc les conséquences des décisions, pas sur la bonne question à poser. Mais quand même ce que ce que ce que montre ce film, c'est euh les communiquants qui au fond prennent le pouvoir sur les idées au service des électeurs. Est-ce que c'est comme ça que ça se passe en politique ?

Alors parce que c'est la perception qu'en les français aussi. J'ai une analyse mais qui est qui est à critiquer bien sûr. Le virage a commencé pour moi à la première campagne de Giscard des Sains et de le Canadué.

C'est à cette époque là que rappelez-vous on a dit l'homme politique est un produit de consommation et il faut vendre ça à l'électorat. Et on a vu arriver les cabinets de communication, la campagne américaine, les slogans et cetera. Et le concitoyen s'est rapidement le le le le citoyen l'électeur le Kennedy aux États-Unis.

Oui, l'électeur s'est rapidement a pris conscience que le politique cherchait à le séduire. Et j'avais écrit lorsque dans mon rapport de médiateur, j'avais dit la France en burnout, j'avais dit attention, la démocratie est en danger car les politiques préfèrent séduire un électeur même s'il perdent un citoyen. H et l'on voit bien qu'aujourd'hui l'aspect consumériste du politique fait que le politique l'a choisi en fonction des conséquences sur ses propres intérêts.

Et on a vu apparaître des clientélismes politiques. La gauche avait les profs, la droite avait les médecins, enfin peu importe de façon globale et cette illusion du pouvoir et cette séduction se heurter à la réalité des choses. On a vu la première rupture, ça a été avec les formidables espérances de Mitteran qui était porteur d'une formidable espérance et puis la désinflation compétitive de de l'or.

La réalité a frappé ça et ça a été ça a été la même chose avec Hollande, ça été la même chose. Et donc l'on voit bien qu'aujourd'hui nous avons un débat sur les émotions h pas un débat sur les convictions. Alors avec un paradoxe quand même Frédéric Dab, c'est ce qui ressort du du baromètre annuel du du Svipof. 78 % des personnes interrogées disent n'avoir pas confiance dans la politique, mais quand on y regarde de plus près, 60 % des personnes interrogées ont confiance dans leur maire et 58 % dans leur conseil municipal.

Comment vous expliquez aujourd'hui encore, parce que ça fait des années qu'on qu'on dit ça, que les maires sont les élus préférés des Français et qu'il y a quand même une confiance qui est là. Oui, c'est vrai qu'on a une on a deux vies politiques en France et avec la fin du cumul des mandats, une étanchéité quasi totale entre la sa politique locale et nationale. D'ailleurs, Fabrice Kini, maire de Lyon qui veut briger la tête du PS et peut-être être candidat à la présidentielle aujourd'hui, ça relève une forme de science-fiction quel que soit les parties.

Petite question, vous faites la différence entre les grandes villes et les moyennes et petites villes ? La confiance est la même dans les élus locaux. Tout à fait.

On a vraiment quelque chose de très global. Vous savez en France c'est un tissu de petites communes. Il n'y a que 1000 ou 1050 villes de plus de 10000 habitants.

Et comme la France a un tissu de petite entreprise, il y a d'abord 32000 communes de moins de 10000 habitants. C'est vrai qu'il y a cette étanchéité. C'est vrai que la différence est extrêmement forte.

L'enquête de mes amis d'Opinion du CPOF le montre bien à toutes les enquêtes également de l'IPOP. On a depuis ça s'est accéléré depuis cette dissolution ratée ce que j'appelle l'éclipse du politique à l'échelle nationale. On a le sentiment que le national ce n'est plus là que ça se passe.

Pourquoi ? parce que au national, du fait du blocage politique et parlementaire, on le sait très bien ici sur la chaîne parlementaire, on a une classe politique nationale qui est en rupture avec la promesse du politique. Et quelle est cette promesse qui est une sorte de contrat en échange du vote ?

Moi député, moi sénateur, moi président comme disent autres, je m'engage à vous à vous écouter, à comprendre vos problèmes, à régler les grand sujet du pays, à pour reprendre le slogan socialiste que vous citiziez tout à l'heure, changez d'avis et le politique changez pas d'avis, la vie la vie, changer la vie, améliorer votre vie et c'est vrai que malgré les difficultés, quelle que soit la taille de commune, ben on voit que l'élu, le maire et aujourd'hui le seul élu avec peut-être les présidents de région à arriver à réenchanter cette promesse du politique merit le savez est sur le terrain, il est dans l'écoute et malgré la baisse des dotations, malgré les difficultés liées à l'intercommunalité, malgré le niveau d'exigence jamais vu de nos concitoyens et ben il arrive à changer la vie des gens et c'est le cœur de cette confiance. Même si j'ai parlé d'étanchéité, faut un petit peu nuancer ça. La crise du politique nationale est si fort qu'on voit des grands sujets nationaux, sécurité, santé, dettes, qui sont pas au cœur des prérogatives des MAES.

Bah comme dans une logique de descente de charge, presque de russellement arrivé à l'échaps local et les maires n'ont pas tous des solutions et c'est là que l'impuissance dont vous parliez peut être peut arriver et rendre les choses compliquées pour un mer satan. Clair Tourist, c'est important ce qui vient d'être dit, changer la vie du quotidien. C'est vrai qu'on se tourne vers les quand on veut une place en crèche, quand on veut une place à l'école, quand on regarde la propreté dans dans la rue.

Vous parliez du régalien la police municipale. Maintenant, il y a des des des changements de compétences qui viennent d'être votés au Sénat pour donner plus de compétences, y compris sur la sécurité. C'est ça qui fait le la popularité des mères auprès des Français selon vous.

Moi, je pense que c'est c'est aussi le fait de les connaître, de percevoir concrètement leur action et leur activité. Alors après, je sais pas, je suis pas maire, mais j'imagine que ce qui fait la force de de ce mandat, c'est d'être en proximité directe avec ses ses électeurs, enfin et puis ses administrés, c'est ça qu'on dit, je crois, si je dis pas de bêtises, de baff, porter de baff aussi, mais du coup, c'est plus c'est plus incarné, c'est plus concret. On salue l'action du maire ou de la maire parce que c'est aussi une forme de dévouement, parce que c'est difficile, parce que c'est un engagement, parce que on voit que c'est des gens qui concrètement essaient de trouver des solutions et donc se mettent en qu euh mettre autour de la table les bons interlocuteurs.

Bon, j'idéalise sans doute un petit peu mais je je pense que comme c'est très incarné, c'est plus facile à comprendre. Tout à fait. Vous avez vu pendant les inondations là dans dans le sud-ouest qu'on frappé une grande partie de la France, ce sont eux qui allaient en barque prendre soin de leur leurs administrés.

C'est très concret. C'est ça, c'est ce que c'est ce que je vous dis. On le perçoit et je trouve que le problème enfin le problème du de l'élu national, c'est qu'il y a une distance qui est fantasmée au réel, peu importe, mais qui est perçue comme ça par la plupart des Françaises et des Français.

On sait pas ce qui se passe, on sait pas où les décisions se prennent. On comprend pas toujours quel est le fil rouge, quel est le sens. D'ailleurs, c'est ça a été très bien dit dans le film.

Euh je je il y a un moment il y a un échange entre euh euh le le maire et euh et Alice du coup et et la la elle il lui dit "Mais le progrès, elle lui dit "Mais le progrès c'est d'aller d'un point A à un point B. C'est quoi le point A ? Faut déjà qu'on se dise ça.

Quel est le point de départ pour aller à quel endroit ?" Et donc je trouve que d'un point de vue national, c'est pas tout le résident. Alors vous dites Frédéric Dabans dans votre livre, ils ont un rôle de bouc émissaire, on comprend pourquoi, responsable d'un peu tout et responsable aussi d'urgentiste et de pasteur.

Vous dites au fond ce sont des guides qui protègent et qui rassemblent. Hugo Biolet, est-ce que vous avez le sentiment d'être un un bouquet émissaire mais aussi un pasteur, quelqu'un qui euh rassemble la communauté ? Je pense que le rôle de rassemblement, c'est encore un des gros des grands rôles des maires aujourd'hui qui font que ça reste un petit peu un pilier démocratique.

Oui. Le fait que on ait 35000 maires dans plus de 35000 communes, en fait c'est l'occasion de récupérer tout un tas de sujets qui étaient régalien qui précisément parce que aujourd'hui au niveau national on ne va plus d'un point A et on a encore moins de points B. h et ben se récupère la problématique du logement, la problématique de la sécurité, la problématique de la santé.

Et en fait la la demande au quotidien en fait elle est assez simple, c'est des besoins, nous c'est des besoins de mobilité, c'est des besoins de santé, c'est des besoins de logement. Et moi ce que je vois et et c'est en réalité là qui est moi mon grand espoir de la de la politique, c'est que la politique vue par les maire h euh elle a beaucoup d'espoir mais elle a beaucoup d'espoir au niveau local parce que quand je vais un petit peu dans le dans le sud-ouest, je croise Thba qui a monté qui qui est maire dans sa commune, qui a monté un ÉPAD et qui se qui se bat pour avoir un petit ÉPAD associatif dans sa commune. une manière de régler la question de la de la de la vieillesse, de la bienveillance.

Et vous au quotidien, qu'est-ce qu'on vous demande ? Qu'est-ce que vous faites pour les pour vos électeurs ? Alors, si je prends l'exemple de Vin yeux, mais je je peux aussi m'attarder sur plein d'autres.

Euh nous, le constat qu'on a fait à Vinieux, il était assez clair. Tiens, le point A. Euh Vinieux, c'est un village qui a plein de choses sur le papier pour être un village dortoir.

Comment on on fait nous à l'échelle d'un conseil municipal pour embarquer les habitants et ne plus être collectivement un village dortoir au bout de quelques au bout de quelques années ? Sur l'image que qu'il y a là, on voit le bâtiment qui est en premier plan, c'est un commerce qui est le premier commerce de la commune depuis 50 ans. Et ça, c'est un projet qu'on a mené au tout début du mandat, pas tout seul, avec des porteurs de projet qui sont venus et qui ont installé ce commerce.

Et donc petit à petit, on a créé de la vie et puis après, on est allé chercher des habitants qui se sont alliés avec nous pour monter quelques animation dans le village pour essayer de créer des temps pour faire société. C'est ça qui vous a plu aussi de de vous présenter. C'est pour ça que vous vous êtes présenté, vous aviez envie d'être d'être élu pour avoir ce rapport de proximité et pouvoir changer la vie du quotidien. effectivement c'est c'est d'être on est un maillon qui est un peu un peu central parce qu'on a ce rapport de proximité et et moi ce mot de faire société, je le dis pendant les vœux du maire, je le dis pendant les discours.

On est là pour essayer de de faire quelque chose ensemble et et le maire tout seul, il peut pas faire grand-chose. Et puis après, on voit partout là où ça bloque. On voit le manque des médecins, on voit le manque de médecins, on voit le manque de moyens aussi.

Et là notre rôle c'est de taper normalement à la porte de l'Assemblée nationale ou des ministères et parfois il manque un peu de répondant. Jean-Paul de levoir. Juste un mot quand même sur l'initiative 18 ans, c'est ça ?

Vous aviez 18 ans parce que c'est hein, vous êtes obrigués un second mandat. 18 ans se présenter à la tête de sa commune, c'est pas mal ça. Ça redonne espoir quand même.

Il faut saluer et ça rebondit sur votre thèse. Je crois qu'une démocratie dans lesquelle les citoyens se taisent est une démocratie morte. Donc il faut saluer quels que soient les engagements, celles et ceux qui s'engagent au service des autres.

Et moi je crois qu'il ne faut pas critiquer tel ou tel candidat pour son étiquette et cetera. Bravo pour son engagement et la démocratie c'est la conservation la conversation. Donc il faut qu'on réapprenne à converser et à respecter celui qui ne pense pas comme vous.

La seconde pour répondre à la question que vous posiez tout à l'heure, c'est que tous nos concitoyens ont basculé après les 30 glorieuse d'une société d'espérance dans lequel le progrès était positif, dans lequel l'avenir serait meilleur et une société d'inquiétude et d'angoisse et d'une peur de déclassement. Et donc, on voit bien que notre société est aujourd'hui frappée par un climat anxiogène. Quand il y a une tempête qui s'annonce, vous cherchez refuse.

Auprès de quoi ? auprès de celles et ceux qui sont proches et qui et qui sont à repère. Quand le bateau Tangue, on regarde si le caparavant et donc les maires sont des repères.

H Et il y a quelque chose de très particulier dans le mandat de maire, c'est que c'est la seule élection dans lequelle je crois qu'il y a une part de confiance affective pour un électeur ou un habitant quand vous lui dites est-ce que vous con c'est mon maire. Il y a un sentiment d'appropriation. Et d'ailleurs, on voit bien que chaque maire dans son élection a une plus-value personnelle.

C'est pas son étiquette politique s'il en a. C'est pas son absence. Non, on dit on vote pour lui parce qu'il a un plus par rapport aux autres, il nous rassure et cetera.

Et là, ce que vous aviez euh mis l'accent, c'est que dans cet moment de métamorphose, et moi j'ai une profonde interrogation et inquiétude, je suis de ceux qui pensent à tort ou à raison que nous allons avoir une métamorphose de notre société dans les 20 ans qui viennent avec une accélération liée à l'intelligence artificielle qui va modifier notre façon de penser, nos certitudes, nos emplois, notre travail et cetera et cetera. Et l'on voit bien que dans ce cas-là, il va y avoir deux catégories de politiques. Celles et ceux qui vont gérer les peurs en disant "Non, non, il faut garder ce que vous avez." et qui refuse d'être des éclaireurs du futur.

Et au milieu, va falloir des maires qui gèrent le calme dans la tempête, qui cherchent à rassembler plutôt qu'à diviser et qui et qui remettent en place des convictions plutôt que des émotions et des calculs. Et le monde politique va se diviser entre les hommes de calcul et les hommes de conviction. Plusieurs remarques Frédéric Dab peut-être d'abord sur ce qui vient d'être dit la première partie de la réponse de Jean-Paul de Levois.

Il y a pas de d'étiquette politique qui compte au au fond c'est la prime au sortant quand on est maire et qu'on a plutôt un bon bilan. Oui quand même hein. Le les déterminants du vote aux élections municipales pour un maire c'est un triptique bil projet incarnation.

On le voit dans le film quand on dit Lyon 2500. C'est un petit peu euh caricatural. Il y a une blague quand même en disant que on va pas se projeter à 350 ans ou à 400 ans.

Mais on voit très bien pour cette élection pour la première fois c'est moins le bilan qui est le premier déterminant du vote mais le projet. Et puis et puis pardon si on pousse la réflexion, il y a quand même quelque chose qui est intéressant de noter. Alain Jupé 95 les grèves contre la réforme des retraites.

Il est élu à Bordeaux et et il est élu avant les grèves mais il est réélu en 2001 2008 au prer tour. Édouard Philippe défiance réélu au Havre François Baou. On verra ce que ça donne à peau.

C'est ce que disait Jean-Paul de Levis. Il y a une affection très forte vis-à-vis des maèes. Moi, j'ai grandi à des Moulinaux.

Le maire est là depuis 1979. Le le dégagisme est très rare aux élections municipales et méfiance entre guillemets pour nos téléspectateurs, le 22 mars ce soir, les médias vont mettre l'accent sur les sur les alternances, sur les grandes bascules, sur la dimension symbolique. En 2001, Paris Lyon qui passe à gauche.

En 2014, la gauche qui perd beaucoup de villes. Mais ramené au nombre de villes et surtout au nombre de villes de plus de 10000 habitants, à minima, on aura 70 75 % des mèes élues. C'estàd que le dégagisme est très fort à l'échelle nationale.

On sait depuis les années 80, il est très marginal à l'échelle locale mais on voit quelque chose a changé à travers ce que les maires nous ont dit dans leur relation avec les administrés qui étaient avant des citoyens qui sont maintenant des consommateurs qui disent "J'ai droit, je paye." Alors que vous savez qu'avec la suppression de la taxe d'habitation, il y en a deux sur trois qui ne payent quasiment plus rien et puis difficultés des meilleurs. Vous dites même vous dites même ce sont des urgenistes territoriaux.

Oui, notamment. Et c'est pour j'ai pris ce terme avec Bristoco notamment sur la question de la santé, la question de l'accès aux soins, ça touche tous les territoires, les métropoles, les petites communes, la question de la sécurité, la question financière, on est vraiment sur une nationalisation des enjeux. Et là, le maire peut être pris en difficulté parce que traditionnellement le maire peut et comme vous le disiez, on voit ce qu'il fait, on voit ce qu'il fait.

C'est la vraie différence par rapport à un élu national qui a beaucoup de mal à montrer que il a réussi à changer la vie quotidienne des gens. Hugo Biolet sur le le ce côté urgentiste du du quotidien parce qu'il y a deux choses. On dit à la fois les mères au fond quand même populaires et il y a un lien d'attachement fort avec les avec les Français, avec les électeurs et quand on regarde les chiffres, il y a aussi un un un une hausse des violences, une hausse de de de de des comportements violents à l'égard des mères, que ce soit par les mots ou par les ou par les gestes.

Est-ce que ça aussi vous vous le ressentez ? sent comme une conséquence de de quelque chose de beaucoup plus global en fait. C'est-à-dire que aujourd'hui quand les mères se battent et tiennent à bout de bras pour reprendre l'exemple une maison de santé pour essayer de la faire venir et de faire venir quelques médecins pour que à l'intérieur et ben il y ait pas un papi, une mamie qui bah qui se retrouve dans une très très mauvaise posture parce qu'il peut pas aller chez son médecin quand il a un problème.

Et ben en fait ça c'est quand même la conséquence de globalement quelques années de bouleversement. Et mon inquiétude, c'est que à force de porter à bout de bras euh bah les urgences des problèmes dans ce contexte un peu nouveau, hm, et ben à un moment donné euh ça éclate parce que l'impuissance augmente parce que la vision à à une échelle euh à minimum national euh pour apporter des des réponses concrètes à tout ça, elle y soit pas. Ouais, je disais les les chiffres, c'est c'est le chiffre que je cherchais tout à l'heure, entre 30 et 40 faits de violence euh sont recensés contre des élus chaque semaine au ministère de de l'intérieur.

Même question clair clairouri, on on est face à un paradoxe là, peut-être un point de bascule parce que Frédéric Dab dit quelque chose d'intéressant aussi dans son dans son dans son livre. Il dit "Attention à ce que cette élection des mères qu'elle soit pas nationalisée avec l'impact que ça peut avoir sur la défiance des élus locaux." Est-ce que vous le craignez ça ?

Ouais, moi je trouve qu'il faut enfin il faut je il y avait un bouquin là, on a les élus qu'on mérite. Je sais plus très bien, je sais plus qui enfin bref mais je trouve qu'il faut faire attention et là je le dis avec ma casquette de présidente du mouvement associatif, très souvent on dit les élus font pas assez c, font pas assez ça et cetera. Moi je pense qu'il faut déjà rappeler enfin remercier et se dire qu'on qu'on a une communauté de destin.

En fait, on est toutes et tous des gens engagés. On décide de donner notre temps pour quelque chose qui nous dépasse un peu pour l'intérêt général. En l'occurrence, on le fait parfois pas bien, mais on le fait quand même de façon assez déterminée et il y a des limites qui sont dépassées et qui sont pas acceptables à certains moments et vous paraî des faits de violence et je pense qu'il faut les dénoncer systématiquement quel que soit la situation.

Est-ce que tout ça a un impact ? C'est le grand blues des élus locaux qui démissionnent. Mais c'est là où c'est dangereux.

Et puis si tous les dégoûtés partir, est-ce que les dégoûtants et est-ce que c'est ça qu'on a envie de partager ensemble ? Et je pense que la question qu'il faut qu'on se pose à la fin, c'est enfin même au départ d'ailleurs, c'est dans quelle société on a envie de vivre on a envie de vivre ensemble. Quels sont les fondamentaux de cette société ?

Quels sont les points qui font qu'on est plus uni que ce qu'on est divisé ? Et pourquoi est-ce que les élus locaux, mais les élus nationaux aussi, les responsables associatifs, les responsables syndicaux, les entreprises et cetera ont la responsabilité de mettre en avant ce qui nous unit plutôt que ce qui nous divise ? Pour être concret, la question des moyens par exemple, est-ce que vous estimez qu'aujourd'hui les élus locaux à qui on demande vraisemblablement toujours plus de gérer une ville comme un service public, comme une entreprise ?

Est-ce qu'ils ont les moyens de répondre à ces attentes ? Ah non, vraisemblablement non, ils ont pas les moyens de répondre à ces attentes. Mais après, ça veut pas dire qu'il y a pas il y a pas ils ne répondent pas quand même à ses attentes parce que de façon très concrète, c'est ce que enfin c'est les exemples qui sont donnés.

Le travail entre les élus locaux et les responsables associatifs ou les acteurs associatifs dans des villages, il permet euh que des crèches associatives soient ouverte, qu' a des activités sportives. Je vous rappelle quand même que 90 % des clubs de sport sont sous statut associatif et sont hyper localisés. C'est quand même ça hein.

Et donc ça c'est permis grâce à l'action commune des responsables associatifs et des élus locaux et des maires. C'est l'organisation du pércolaire, c'est les rencontres au moment de la carmè, c'est le fait de pas laisser à l'abandon des personnes âgées parce que il y a pas de transport qui leur permettent de de de d'être véhiculé. Donc du coup, c'est d'organiser collectivement le fait que quelque chose se produise.

En fait, c'est retrouver du pouvoir d'agir. La question qu'on pose ce soir, c'est celle de la crise du politique. Mais en toile de fond, il y a la question de la crise de la démocratie qui se pose.

Oui. Et notamment de la crise de la démocratie représentative. Et à la fin, quand ça fonctionne, c'est quand les citoyens, les citoyennes trouvent ou retrouvent du pouvoir d' Alors, justement pour avancer Jean-Paul de Levois, euh question qui me fait la transition parfaite.

Faut-il plus de décentralisation au fond ? Faut-il plus de pouvoir pour les élus locaux et les maires en particulier ? C'est intéressant parce que c'est tout l'esprit de de de la question que vous posez au départ sur la crise votre réponse.

Oui. Non mais je vous le dire sur la crise de confiance. En réalité ça justifie le maintien du système.

Oui. Or aujourd'hui il faut le système. Pourquoi ?

Le pouvoir a changé de nature. Nous étions dans une société d'obéissance dans lequelle il fallait que le citoyen obéisse aux politiques, le fidèle au curé, le militant au parti. Nous sommes passés de cette société d'obéissance verticale à une société d'adhésion.

Il faut que les gens adhèrent. C'est vrai. Les enfants aujourd'hui veulent n'obéissent plus aux parents.

Ils veulent adhérer à ce que les parents leur demandent. Le citoyen veut aussi adhérer à un objectif. Or la proximité c'est une formidable capacité pour le maire qui est un repère de mobiliser l'intelligence collective.

Donc oui, plus de décentralisation. Je ne sais pas si j'appelle ça décentralisation parce que la décentralisation très souvent a été perçue comme une déconcentration de l'État et une déclinaison de l'État à l'échelon local. Or, je crois qu'aujourd'hui, il faut permettre un espèce de bouillonnement d'intelligence collective qui fait que les gens pourquoi ça n'est qu'en situation de crise que l'on voit des services publics bénévoles spontanés se mettre en place.

C'est c'est assez fascinant. Ça veut dire que en fin de compte cette société est beaucoup plus généreuse qu'on le dit, beaucoup moins individualiste qu'on le dit mais il faut que ce soit la crise qui révèle ça et qui est au cœur de cette chef d'orchestre c'est le maire. C'est c'est d'ailleurs curieux que dans les reportages médiatiques quand on voit ces inondations, on voit souvent le maire alors que derrière il y a tous les pompiers, il y a toute la logistique mais il faut quelqu'un qui soit un repère qui rassure, qui apaise, qui coordonne et qui mobilise.

Or le vrai défi aujourd'hui c'est qu'on aura pas les moyens budgétaires. Mais en réalité la différence qu'il y a entre un entrepreneur et un fonctionnaire c'est quand il y a pas de moyen, le fonctionnaire dit je fais pas. L'entrepreneur dit j'ai pas le moyen.

On va trouver une solution procurer les moyens pour faire en sorte. Or, le maire, c'est un pardonnez-moi, c'est un débrouillard. C'est quelqu'un qui sait trouver une réponse à des difficultés, à des défis, à condition d'avoir une respiration démocratique nouvelle.

C'est je ne suis pas supérieur parce que j'ai un mandat, je décide, vous obéissez. Non, non, je vais d'abord faire la pédagogie des enjeux. Qu'est-ce qui est au cœur de ma préoccupation dans ma commune ?

C'est le maintien du commerce, c'est le développement. Alors, une fois que cette pédagogie des enjeux est fait est appropriée par l'opinion comment on organise un débat équilibré et de ce débat n'est une décision qu'ensuite j'exécute. La démocratie c'est la voix du peuple mais aussi le contrôle du peuple.

Alors et moi, j'ai une proposition contr concrète à faire notamment sur le fait que les citoyens quand on confie un territoire à un maire, on confie pas uniquement un budget. Moi je suis énervé par cette vision purement budgétaire. Aujourd'hui, les élus disent "J'ai bien géré, je suis classé triple A, donc je suis un type bien." Je me fous de savoir c'est normal qu'il soit brogestionnair, mais la pertinence de leur choix budgétaire, c'est ça la vraie question.

Et la deuxième, c'est que je vous confie un territoire dans lequel le mal-être de notre société aujourd'hui fait que nos concitoyens vont chercher un bien vivre dans une commune et reprendre une communauté de destin. Et si on avait les indicateurs, on dirait au maire, voilà, on va bâtir toute une batterie d'indicateurs sur la qualité de l'air, la qualité de l'eau, la qualité de la biodiversité, la qualité du bien-être, les relations sociales, les liens, les violences et cetera. Et ces indicateurs sont au début de mon mandat.

Puis à la fin de mon mandat, vous verrez si ces indicateurs autmentés ou bien qu'ils soient au fond comptable de leur euh de de de leur mandat. Les indicateurs en France, on en a fait beaucoup et des commissions aussi. Euh euh non mais [rires] oui, mais c'est un moyen pour les citoyens de vérifier le bilan d'un élu.

C'est pas uniquement sur laquilaire pour pour avancer Frédéric Dab sur la décentralisation. C'est vrai que quand on pose la question au français selon le dernier baromè 79% des français expriment le souhait d'accorder davantage de pouvoir aux collectivités territorial. Ça fait des années qu'on en parle de décentralisation.

Ça fait des années qu'on qu'on parle de donner plus de pouvoir aux élus locaux et on on a l'impression que rien ne se passe. Bah justement l'opinion bouge énormément. Ça fait peut-être des années que sur le principe on disait parce que le local ne ment pas, le local est efficace mais là il gagne par forfait ou par défaut par rapport à not à la situation de l'État. centrale.

Moi, j'ai été frappé par une enquêteope faite pour région et peuple solidaire l'été dernier, une autre pour la tribune dimanche où des mots qui étaient des mots vol de mort, c'est-à-dire que les Français ne prononçaient jamais, émergent spontanément. fédéralisme au niveau régional, c'est pas notre culture. La culture française, vous connaissent depuis Philippe Auguste ou bien Philippe Catbel, c'est un état central, c'est un état qui met au pas les différentes régions, les différents terroirs.

Là, clairement, les Français sont une majorité très forte et pas seulement dans des régions où il y a une identité forte. Je pense à la Corse, l'Alsace ou la Bretagne veulent que la loi puisse être adaptée aux spécificités régionales. On veut et c'est 25 mois de plus qu' a une dizaine d'années que les communes et les régions aient plus de pouvoir que par le passé parce que il y a une crise au national de l'efficacité bien sûr le politique on l'a dit ne change plus la vie et surtout et ça me frappe une crise de l'écoute.

Le sentiment de ne pas être écouté le sentiment de pas être considéré n'a jamais été aussi forte. Et les mères sont très challengés là-dessus. Ils font beaucoup d'efforts, des concertations, on l'a vu dans le film des agendas 2050, 2100, 2500 presque pour montrer que on peut se projeter positivement dans son territoire.

C'est pour ça que pour la première fois, le bilan n'est pas le premier déterminant du vote. En temps normal, un mère dit comme vous dites, "J'ai bien travaillé, je suis sûr d'être réélu, c'est pas si évident que ça mais clairement on est peut-être à la croisée des chemins, même si les Français attendent aussi que l'État central rejole. C'est pour ça qu'il y a une vraie attente d'espérance sur une belle présidentielle qui remettra le pays à l'endroit." Clair Touri, plus de décentralisation, plus de démocratie participative.

C'est une expression qu'on a l'habitude maintenant d'entendre. Il y a eu quand même un élan de démocratie participative avec les conventions citoyennes he 77 % des Français se disfavorables à des conventions citoyennes suivies de de référendum. Euh est-ce que c'est le sens de de de l'espoir démocratique qu'il faut qu'il faut accentuer ?

Je pense qu'il y a plein de choses en fait. Je pense que systématiser les conventions citoyennes, je sais pas si c'est toujours la bonne réponse. Enfin je je vais je vais y revenir.

Je pense que juste par rapport à ce que disait Frédéric Dab, il y a il y a un enjeu à dire le réel. Moi, je crois que c'est quand même ça. Euh enfin ce qui ressort quand même de la crise du politique et notamment de le national, c'est le décalage permanent entre ce que l'on vit et la façon dont on dont on le raconte.

Euh, il s'avère qu'au CE, vous parliez du Conseil économique, social et environnemental, on a un exercice qu'on doit faire tous les ans qui est le rapport annuel sur l'État de la France. L'an dernier, le thème de ce rapport annuel, c'était la crise démocratique et on a essayé de mettre en miroir le la la l'adhésion aux institutions, à la démocratie et cetera et la question des inégalités. Et ce qui ressort, c'est que un décalage immense entre le discours macro et le micro, le vécu.

Je vous donne un exemple concret. 2024, on vous dit le pouvoir d'achat augmenté en tendance. C'est vrai, vous êtes une famille monoparentale, un ouvrier, famille nombreuse, un jeune.

Vous habitez en autre mère, c'est faux. Et donc du coup, c'est un exemple, c'est sans doute anecdotique, mais il y a toujours un décalage entre ce que l'on dit et ce que vous vivez. Est-ce que c'est possible de dire finement le vécu des gens quand on est un élu national ? sans doute très difficile.

Après, vous savez comme moi qu'il faut se méfier de de du sentiment et de la et de la réalité des et de la réalité des faits. Oui, mais quand quand vous don bien justement, quand vous donnez pas l'opportunité au corps intermédiaire de s'exprimer parce que c'est aussi ça, il y a la démocratie participative, il y a aussi la démocratie sociale, la démocratie civile, c'est donner la parole au corps intermédiaire, à celles et ceux qui se trouvent entre les individus, les citoyens et le pouvoir. Et c'est aussi la fonction de ces corps intermédiaires d'exprimer plus finement le réel.

Et en complément de ça, vous avez tous ces dispositifs de démocratie participative qui marchent à certaines conditions. À certaines conditions, ça veut dire qu'on fait pas de la consultation, on fait de la participation. Donc on met les gens en mouvement, on leur donne une responsabilité.

Ah bah moi j'ai piloté la convention citoyenne sur la fin de vie. Je vous diraiis jamais que c'était pas un succès. C'était exceptionnel. 184 citoyens tirés au sort représentatifs de la diversité de la population française qui ont travaillé sur un sujet hyper difficile pendant 27 jours, 9 weekends qui ont donné de leur temps et qui ont réussi à trouver un chemin malgré les divergences.

Bah c'est en train d'être débattu à l'Assemblée nationale. Ça fait 3 ans et demi. Oui mais d'accord mais il y a eu des alléas politiques mais on peut pas dire qu'il se passe rien et ça fait pas tout à fait 3 ans et demi.

Ça fait un peu moins de 3 ans. Je vous pose la question parce que sur la convention citoyenne sur le climat par exemple. Ouais mais on prend toujours cet exemple là.

Moi je prends l'exemple de la fin de vie. la fin de vie en l'occurrence exactement ce que c'est censé être. On a eu un débat national qui a été alimenté par tout un tas d'acteurs, le comité d'éthique, les parties prenantes, les soignants, les familles, les patients, les citoyens.

Ça arrive à l'Assemblée nationale. Donc il s'avère qu'il y a une dissolution. Manque de pot, le texte était en train d'être étudié.

Donc on repart à zéro et puis ça revient ça. Ça suit son cours. La démocratie participative, c'est pas dire à des citoyens, vous allez décider à la place des élus.

C'est dire à des citoyens, vous avez un mandat parce qu'il y a des sujets qui sont difficiles et qui nécessitent et vous êtes formé et qui nécessitent d'être musclé pour pouvoir ensuite être débattu et tranché par celles et ceux qui ont la légitimité de l'élection. Votre sentiment d'abord sur sur le principe demander à des citoyens de participer à une convention sur un sujet donné. Est-ce que c'est c'est ça va dans le bon sens ?

B l'écoute et ça peut passer par une convention, ça peut passer par plein d'autres trucs en fait, elle est elle est absolument majeure. Moi le le premier truc quand quelqu'un vient en mairie, c'est que il cherche une oreille attentive qui pourrait répondre à à une problématique, il y a plein de problématiques qui peuvent être hyper variées. Il y a un niveau de frustration qui est énorme.

H qui est énorme quand je discute parce que je me prends plein de problèmes que les gens peuvent pas régler entre eux. Reprenons l'exemple de tout à l'heure. Tiens, euh tout à l'heure, on est on a on a un petit peu parlé de quand il y a un service public qui s'écroule, il y a un service associatif qui remonte.

Notre crèche associative qui est tenue à bout de bras par des dizaines de personnes, il y a un concept pour ça. Ça s'appelle l'économie contributive. H l'activité contributive.

Et ben ces gens-là en fait il ils portent le service public et ils attendent un soutien, ils attendent des moyens, ils attendent que dans le pacte social, on puisse garder les enfants correctement. Ils font ça à bout de bras et puis ils attendent quelques réponses. H Et là il y a il y a tout un truc d'écoute, il y a tout un truc pour faire remonter ces ces ces besoins, ces pratiques là et que ça puisse derrière se traduire en loi, en budget et cetera et cetera. et ce cet ascenseur entre le législatif et le concret et et la vision et cetera, il y a un truc qui est cassé au milieu de tout ça.

Le maire reste, je crois, encore un élu apprécié parce que là-dedans, on prend des responsabilités parce qu'on a pas le choix et quand on voit quelqu'un qui est dans le besoin, et ben on essaie de faire quelque chose et on est peut-être encore en des dernières. Voilà, pour avancer simplement, il nous reste peu de temps sur la démocratie participative et sur ces histoires de convention citoyennes. Est-ce que quand même quand les choses sont pas appliquées tel qu'elles avaient été énoncé dès le début, pardon de le dire mais je pense à la convention climat, est-ce que ça participe pas tout de même à euh euh affaiblir la parole publique et la parole politique ?

Non, non, mais là vous parlez d'un d'un yatus entre le pouvoir politique et la confusion de la convention citoyenne. Moi, je parle du miracle de la convention citoyenne. C'est-à-dire que quand vous prenez des élus qui a priori des citoyens qui a priori arrivent avec des opinions différentes et cetera, très rapidement au bout de la deuxè ou 3è séance, ils intègrent la complexité de la décision.

Ils disent "Ah, c'est plus compliqué qu'on imaginait." H Et à la fin, ils apportent une solution. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on peut parfaitement mettre d'accord des gens d'origine, de statut, de dimensions différentes autour d'un projet.

Moi, j'ai vécu en tant que maire pendant 1 an et demi, j'ai je voulais mettre en place une politique de déchets. J'ai j'ai fait venir Dominique Vouvané et et Barnier, deux politiques différents pour qu'ils entendent des tests différentes. Résultat, quand on a créé une usine de compostage, des opposants sont venus en disant "Ça va être le cancer et cetera.

C'est ma propre population qui a défendu mon projet parce qu'elles se sont appropriées. Et donc je crois que quand vous donnez aux gens les moyens d'être intelligents, ils sont intelligents. Or aujourd'hui ce que je perçois c'est qu'il y a une espèce de peur des exécutifs quel qu'ils soient.

Ils ont peur du peuple. Est-ce que le peuple a toujours raison ? La réponse est non.

Mais si on n'éduque pas le peuple, on a une dynamique. La force des territoires remplacera la faiblesse des États. Et c'est ça qu'il faut.

Et vous l'époquiez tout à l'heure sur les identités. Pour être plus français, faut être plus breton plus cors, il va falloir développer l'identité. Pour être plus européen, il va falloir être plus français, plus Italien.

La force, personne ne remet en cause le le l'exercice et et le le dispositif en tant que tel. Appeler l'intelligence pour trouver un consensus en mais simplement l'application. Pardon Frédéric Dab, je repose la question.

Est-ce que ça participe pas à affaiblir la parole la parole politique ? Quand le président de la République crée la convention citoyenne et s'engage à reprendre l'ensemble des propositions et puis finit par dire "J'ai trois jokers" et à l'arrivée, il y a 15 % des propositions qui sont retenues dans le projet de loi. Est-ce que ça ne participe pas à affaiblir la parole politique ?

Mais ce n'est pas que les petites entre guillemets conventions citoyennes, c'est le phénomène des promesses non tenues. Quand à l'élection présidentielle quelqu'un dit "Je vais créer un million de d'emplois", un autre qui dit "Es années après, je vais réduire l'impôt sur le revenu d'un tiers." les promesses non tenues.

C'est un véritable poison et c'est vrai, c'est encore un élément sur lequel l'éluc se distingue positivement de l'élu national. Tous les maires que je rencontre sur leur profession de foi ont mis voilà les 30 engagements qu'on avait pris en 2020. On en a euh exécuté 22.

Six sont work si je puis dire en en déroulement et deux n'ont pas pu être fait. Le citoyen est intelligent. Le citoyen peut comprendre que des promesses ou des engagements n'ont pas pu être tenus.

Mais c'est vrai que à l'échelle nationale, ce qui a fait très mal, c'est le décalage entre le discours et les actes et sur les conventions citoyennes. Beaucoup de Français ont compris que c'est le c'est le pouvoir exécutif qui décide, qui tranche. Mais c'est vrai que quand il a été dit toutes les préconisations de la convention seront prises, puis on passe à deux trois jokers et finalement on en applique pas beaucoup, effectivement c'est assez dévastateur sur la parole politique et sur le lien de confiance entre représentants et représenté.

Frédéric Dabi, concrètement, qu'est-ce qu'il faudra euh suivre et surveiller au soir du du premier second tour de ces élections municipales ? Déjà, les résultats dans sa propre ville, dans [rires] son euh dans son dans son territoire, c'est l'élection de la proximité. Il y a il y a quand même 600000 élus.

On a vraiment un terro démocratique. Le taux de participation, ce serait important. Le taux de participation, c'est la première chose à voir.

Alors, ce qu'on on peut être sûr de quelque chose ce soir, dimanche, c'est que sans doute, il sera très supérieur à 2020. On avait eu un record d'abstention puisque on était sous Covid, on était à quelques jours du confinement, il y a même eu des rumeurs d'annulation de l'élection, le taux de participation et puis le résultat par grande force et puis le récit sur l'enseignement du scrutin. Les élections municipales sont peut-être le seul scrutin où il y aura le 22 mars au soir une bataille symbolique engagée sans doute par les écuries présidentielles ou les forces politiques pour dire "Nous avons gagné, tout le monde aura gagné parce que il aura gagné une ville symbolique parce que il aura défendu telle ou telle commune." C'est ce combat qui va être le prélude de la prochaine campagne présidentielle.

Hugo Biolet, vous avez pas de problème. Vous serez réélu à priori. Faut jamais. [rires] Non, mais on on parle de de cette réécriture et le le tout le monde va avoir envie d'avoir gagné, mais le vrai truc c'est ce qui va se passer après, ça va être les projets dans toutes les communes.

Et moi, c'est ça que j'attends et de me dire que là, on a on a on a 1 million de candidats un peu partout probablement. En tout cas, la dernière fois, il y avait 1 million de candidats un peu partout en France. Moi, je suis super content parce que la démocratie, c'est là qu'elle fonctionne et et c'est là qu'elle est puissante et et moi je ce que ce que j'espère c'est que ces 1 million de personnes-là, ce soit eux qui demain réincarnent le mot politique qui malheureusement et et moi il y a 6 ans quand je me suis présenté, je voulais absolument pas entendre parler de ce mot-là non plus.

Et ben pourtant, c'est à eux de l'incarner. C'est aux pompiers, c'est aux associations et c'est et c'est à à ces 35000 maires aussi. Et ce sera le mot de la fin.

Merci. Merci à tous les cas d'avoir participé à cette à cette émission. Merci à vous de votre fidélité.

On se retrouve dans un mois maintenant pour une nouvelle soirée cinéma débat. D'ici là, vive la politique. Allez voter dans 15 jours pour ces élus qui changent votre quotidien.

Merci. Bonsoir