Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewSUDRADIO· 15 juillet 2026 6 min

Guerre en Iran : quel impact sur les carburants en pleine période de grandes vacances ?

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Présentateur

Et c'est l'une des conséquences de la reprise des hostilités au Moyen-Orient. Le prix du pétrole repart à la hausse alors à deux jours d'un week-end de grand départ. Est-ce qu'il vaut mieux faire son plein dès maintenant en prévision pour éviter d'avoir à le payer bien plus cher ce week-end ? Pour le savoir, nous sommes avec Jean-Louis Chuliansky. Bonjour. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio. Vous êtes l'ancien président de l'UFI, l'Union française des industries pétrolières. Alors, force est de constater que les prix à la pompe augmentent de nouveau. On est passé au-dessus de la barre des 1,90€ le litre pour l'essence, également pour le gasoil.

Est-ce que cette hausse risque de se poursuivre dans les prochains jours ?

0:40
Invité politique

Écoutez, la situation est très incertaine parce que tout dépend de ce qui se passe sur le détroit d'Hormuz. Il y a quelques jours, les hostilités ont repris. Et donc, les prix du pétrole qui étaient descendus à 70 dollars le baril sont remontés à 85 dollars le baril. Et comme conséquence, on a vu les prix à la pompe remonter aussi. Et vous l'avez dit, on est aux alentours de 2€ le litre aujourd'hui.

1:07
Présentateur

En dessous, juste en dessous des 2€, est-ce qu'on peut à nouveau passer cette barre des 2€ le litre ? Vous l'avez dit, c'est très difficile à prévoir. Mais est-ce qu'on s'oriente plutôt vers ça ?

1:17
Invité politique

C'est très difficile à prévoir. Mais effectivement, la tendance est plutôt haussière. Elle est plutôt haussière parce qu'on ne voit pas des signes d'accalmie autour du détroit d'Hormuz. Les Iraniens veulent à tout prix contrôler ce détroit. Les Américains veulent les empêcher de contrôler ce détroit. Et comme conséquence, les marchés sont très fébriles, très inquiets. Et le prix du pétrole, comme vous l'avez dit, et on le voit, est reparti à la hausse. Donc si on devait faire un pari aujourd'hui, c'est la question que vous me posez, je pense, c'est qu'il vaut plutôt mieux faire le plein en quelque sorte.

1:55
Présentateur

Parce que vous avez une très grande expertise en la matière. Donc c'est vrai que votre regard et votre pari, entre guillemets, il est particulièrement important. Puisque effectivement, pour ceux qui nous écoutent, qui vont peut-être prendre la route ce week-end pour partir en vacances, la question qu'on se pose forcément, c'est de savoir, est-ce qu'on attend ce week-end pour faire son plein, naturellement, ou est-ce qu'il faut le faire dès aujourd'hui, sans plus tarder ?

2:20
Invité politique

Alors, sans paniquer, de toute façon, il n'y a pas de risque de pénurie. Il ne s'agit pas de s'affoler. Mais si on a l'occasion, il vaut mieux faire le plein. Parce que le risque d'augmentation, aujourd'hui, est plus élevé que le risque de baisse. Et donc, on fait le plein, puis on est tranquille. Mais je le répète, c'est sans panique. Il ne s'agit pas de se ruer sur les stations de service. Il y a autant d'essence et de gazole que l'on veut. Mais c'est plutôt un achat de précaution. De précaution de prix. Et de se couvrir, en quelque sorte, sur le risque d'une augmentation de 5, voire 10 centimes d'euros du litre.

3:02
Présentateur

C'est-à-dire qu'on ne risque pas, en tout cas, dans les tout prochains jours, de revivre ce qu'on a vécu au mois de mai dernier. Parce que là, ça avait été quand même, entre la question des pénuries, puis l'augmentation des prix aussi, qui avait été très conséquente. Oui, Jean-Louis.

3:17
Invité politique

Oui, non, non, ça n'a rien à voir. Vous évoquiez, mais à ce moment-là, le prix du baril était monté presque à 120 dollars. Et donc, on est très loin, on est à 85 dollars le baril. Il y a une très grande marge, en quelque sorte. On est loin des extrêmes. Mais malgré tout, le risque d'augmentation aujourd'hui, c'est la question que vous me posez, le risque d'augmentation est plus élevé que le risque de baisse. Donc, si on veut faire un achat de précaution, ben oui, comme vous l'avez dit tout à l'heure, on fait le plein et puis on part tranquillement en vacances.

3:58
Présentateur

Comment se fait-il ? La France dépend quand même très peu du pétrole qui transite par le détroit d'Hormuz. Pourquoi nos prix à la pont, finalement, sont-ils à ce point dépendants de ce qui se passe actuellement de la guerre au Moyen-Orient, Jean-Louis Chelinski ? Parce que c'est quelque chose qui est difficile à comprendre comme ça, à première vue.

4:14
Invité politique

Ça, c'est une très bonne question. Effectivement, la France ne s'approvisionne pratiquement pas en pétrole qui transite par le détroit d'Hormuz. L'approvisionnement pétrolier vient d'Afrique, directement de la côte occidentale, ou bien vient d'Europe, Norvège et un peu les États-Unis. Par contre, le marché pétrolier est un marché mondial. Le cours est un cours mondial. Donc, si on manque de pétrole du côté du détroit d'Hormuz, les prix mondiaux du pétrole augmentent. Et donc, les prix qu'on paye en France augmentent. Et ça, c'est inévitable.

Donc, même si on ne s'approvisionne pas du côté d'Hormuz, en quelque sorte, le prix du pétrole, qui est un prix mondial, affecte l'approvisionnement de la France et par conséquent, c'est pris à la pompe.

5:05
Présentateur

Même si on a des routes alternatives qui se développent, notamment par l'Arabie saoudite, on a, en tout cas, face à l'Iran qui souhaite contrôler le détroit d'Hormuz, imposer des droits de passage aux pétroliers, on a d'autres voies possibles, ou en tout cas, qui se mettent en place ?

5:21
Invité politique

Alors, effectivement, il y a des alternatives qui se mettent en place. Cette situation de dépendance vis-à-vis du détroit d'Hormuz, elle est insupportable. Et donc, par exemple, les Émirats Arabes Unis ont annoncé la construction d'un nouveau pipeline qui contourne le détroit d'Hormuz. L'Arabie saoudite veut augmenter la capacité du pipeline qui va vers la mer Rouge. Donc, tout ça, ce sont des projets qui vont se mettre en place pour atténuer l'effet du détroit d'Hormuz. Mais malheureusement, ça ne peut pas être immédiat. Ça prendra quelques années.

Donc, pour quelques temps encore, le monde, pas seulement la France, le monde, le marché pétrolier mondial, est très dépendant de ce qui se passe dans ce détroit.

6:03
Présentateur

Merci beaucoup. C'était très complet, Jean-Louis Chiliansky. Merci pour toutes ces explications. Ancien président de l'UFI, l'Union Française des Industries Pétrolières, je le rappelle. Passez une très belle journée. 7h41 sur Sud Radio. On reste ensemble. Alors, on quitte la voiture, on sort de la voiture et on va se balader à pied avec Rémi André dans un instant, ses escapades, avec encore une très belle rencontre à suivre sur Sud Radio. A tout de suite. Sous-titrage Société Radio-Canada