Philippe Bilger : "Ce serait un désastre démocratique si Marine Le Pen ne pouvait pas se présenter"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Et monsieur Philippe Bilger, bonjour. Bonjour Maxime. Bonheur de vous retrouver pour la première fois.
Mais oui, bonheur bonheur réciproque. Pendant que la reine Arlet Chabo prend une légère respiration loin de Paris. Vous êtes avec nous ce matin pour revenir sur quand même le fait politique et judiciaire de cette semaine, le procès de Marine Le Pen avec des réquisitions qui ne laissent pas présager une issue excessivement favorable pour celles qui incarnent la victoire pour 100 ans, c'est-à-dire le Rassemblement national.
Absolument. Si vous acceptez, il faut partir d'un constat. Je trouve que évidemment l'activité judiciaire doit avoir son rôle mais qu'en même temps ce serait un désastre démocratique si Marine Le Pen pouvait pas se présenter.
Et donc à partir de ce constat, me semble-t-il indiscutable, l'alternative était simple. ou bien la l'institution judiciaire représentée par les deux avocats généraux qui ont pris les réquisitions en appel et qui sont d'ailleurs tout à fait brillants. Ou bien elle considère que euh la politique doit demeurer en dehors de son argumentation et en réalité elle prend cette institution des réquisitions en se lavant les mains des conséquences politiques. apparemment ce qu'elle a mis en œuvre ou bien une seconde branche aurait été concevable, celle que je suggère, c'est d'avoir le courage dans les réquisitions de poser sur la table judiciaire les éléments à la fois de la nécessaire répression judiciaire bien sûr, mais à côté de la qualité démocratique, c'est-à-dire de faire en sorte que Marine Le Pen a été condamné de telle manière qu'elle aurait pu tout de même se représenter à la présidentielle.
Alors, nous en sommes au niveau des réquisitions. Bien sûr, la cour d'appel tranchera dans quelques temps, mais on ne part pas vers cette synthèse que j'aurais souhaité nécessaire répression des infractions qui semblent acquises et d'autre part volonté de sauvegarder la démocratie en permettant à Marine Le Pen de se représenter. Voilà, ça c'est ce qu'on appelle une belle plaido de monsieur Philippe Biller.
Donc voilà, je trouve que de l'importance de l'équilibre de temps en temps. Voilà. Et il faut placer la politique au cœur du judiciaire au lieu de faire semblant de l'écarter de manière parfaitement artificielle.
Et pour ceux qui veulent s'intéresser à ce sujet, je rappelle donc l'existence aussi de votre blog où on peut vous lire précisément sur ce sujet. Merci beaucoup Philip Ber d'avoir été avec
Marine Le Pen