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interviewRMC· 12 mars 2022 12 min

La Matinale Week-End: l'interview intégrale de Laurent Jacobelli, porte-parole de Marine Le Pen

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

RMC, la matinale week-end, l'interview politique.

0:04
Laurent Jacobelli

8h44 sur RMC, bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour. Porte-parole de la campagne de Marine Le Pen. Vous demandez pardon ? C'est-à-dire ? Est-ce que vous demandez pardon ce matin, Laurent Jacobelli ?

0:13
Présentateur

Mais dites-moi pourquoi et je vous dirai si je demande pardon ou pas.

0:15
Laurent Jacobelli

Est-ce que comme Robert Ménard, vous demandez pardon aux Irakiens, aux Syriens, aux Libyens ?

0:19
Présentateur

Ah non, pas du tout. Non, non, je pense que vous parlez de l'accueil des réfugiés, j'imagine. Oui. Je pense qu'aujourd'hui, il y a en Ukraine une véritable guerre. C'est clair, la Russie agresse l'Ukraine et qu'il y a donc des réfugiés de guerre. On le voit, ce sont des femmes, des enfants, des retraités qui fuient la bataille. Et ça, on peut le comprendre.

0:38
Laurent Jacobelli

Mais quelle différence avec la guerre en Syrie, la guerre en Libye, la guerre en Irak ?

0:41
Présentateur

Tout simplement, ce ne sont pas de jeunes hommes en âge de lutter, de défendre leur pays, comme on l'a vu dans d'autres événements, qui essayent de rejoindre la France pour des raisons, on va dire, souvent aussi économiques, pour des raisons de peuplement. On peut imaginer aujourd'hui que les réfugiés ukrainiens repartent dans leur pays. Ils en ont d'ailleurs envie, dès que leur pays sera à nouveau libre. Donc c'est deux poids, deux mesures, Laurent Jacques Véli. C'est pas deux poids, deux mesures. C'est ce que dit Robert Ménard. Mais Robert... Ce n'est pas glorieux pour nous, c'est-à-dire, y compris pour Marine Le Pen. Il y a deux choses très claires.

Il y a le droit d'asile et l'accueil des réfugiés. Il y a la Convention de Genève. Et je crois que nous sommes très clairs avec Marine Le Pen sur le fait que nous voulons continuer à accueillir en France ceux qui souffrent de la guerre, comme les ukrainiens.

1:25
Laurent Jacobelli

Alors que, réécoutons-la, c'était en 2015, au moment justement du débat sur l'accueil des réfugiés syriens.

1:35
Auditeur

Si j'étais habitante d'un pays en guerre, je pense que, comme beaucoup de Syriens d'ailleurs, le fonds contre l'État islamique, je me battrai. Je me battrai contre ceux qui sont en train de détruire mon pays. Je me battrai contre ceux qui sont en train de semer le chaos, le meurtre de masse et les tortures. Je ne partirai pas dans un autre pays.

1:56
Laurent Jacobelli

Elle dit la même chose aujourd'hui aux ukrainiens ?

1:58
Présentateur

Non, je le répète, ceux qui fuient l'Ukraine aujourd'hui, ce sont des femmes et des enfants. Les images sont parlantes. Elle parlait des femmes syriennes. Et donc, je vais me permettre de terminer, mais ce sont donc des personnes qui fuient la guerre et qui ne peuvent pas prendre les armes pour leur pays. Et donc, il est normal de les accueillir. En Syrie, vous le savez, il y avait un danger clair. C'était l'État islamique et le terrorisme. Nous ne pouvions pas prendre le risque d'importer en France, comme malheureusement ça a été fait, de véritables bombes humaines qui étaient des terroristes infiltrés. Il n'y a pas un seul type de réfugiés. Il n'y a pas un seul type d'immigration.

2:34
Laurent Jacobelli

Et donc là, vous n'avez aucune inquiétude pour les couloirs humanitaires qui se mettent en place entre l'Ukraine et les pays européens ?

2:40
Présentateur

J'en ai une, je vais vous le dire. Parmi ceux qui fuient l'Ukraine, il y a à peu près, nous disaient vos confrères du Figaro, un tiers qui ne sont pas ukrainiens. Eh bien, dans ces cas-là, il faut les renvoyer dans leur pays et non pas les accueillir. Vous voyez, ce sont deux traitements différents. Mais je pense qu'il ne faut pas être aveugle en matière d'immigration et d'accueil de réfugiés. Le droit d'asile a trop longtemps servi de fauner à une immigration massive, économique, de peuplement qui ne portait pas son nom.

3:08
Laurent Jacobelli

Robert Ménard peut continuer à vous soutenir ? Bien sûr, on peut avoir parfois... Même s'il vous dit que vous faites, non pas une erreur, mais une faute morale.

3:15
Présentateur

Robert Ménard est un homme indépendant. Il a sa propre grille de lecture. Il a considéré que parmi tous les candidats à la présidence de la République, Marine Le Pen était la plus à même de diriger le pays. Ça ne veut pas dire qu'on est 100% d'accord. Mais Marine Le Pen ne dit pas autre chose quand elle dit qu'elle veut faire un gouvernement d'union. C'est-à-dire qu'on peut avoir quelques différences. Sur l'essentiel, nous sommes d'accord. La souveraineté de la France, l'importance de défendre notre civilisation, l'importance d'avoir une France solidaire avec les plus fragiles d'entre nos compatriotes.

Si on est d'accord sur l'essentiel, travaillons ensemble, même s'il y a parfois quelques différences.

3:45
Laurent Jacobelli

Sur les réfugiés, Laurent Jacobé lit déjà 10 000 sur le sol français, 2 500 qui vont être transférés de la Moldavie jusque chez nous ici en France, parce que c'est la répartition européenne. On voit que la Pologne est déjà quasiment à saturation. On attend jusqu'à 100 000 réfugiés en France. Vos vocabulaires, quand on parle de ce genre de nombre, c'est une déferlante. C'est ce que vous dites au Rassemblement National. Ce sera déferlante migratoire. C'est très difficile à gérer. Il faut les accueillir tous, sans condition.

4:17
Présentateur

Les pays voisins doivent supporter le plus gros effort. C'est vrai que si demain il y a des événements, et je ne le souhaite pas, et personne ne le pense, en Italie ou en Espagne, la France sera la première à accueillir nos voisins. Deuxièmement, il y a un effort de solidarité internationale lié à la Convention de Genève. Je le répète, ce sont des vrais réfugiés de guerre. Je pense qu'il ne faut pas tout confondre. Il ne faut pas caricaturer notre discours. Le discours de Marine Le Pen, c'est de protéger les Français d'une immigration. Ils tentent parfois, qui tentent parfois d'utiliser la voie du droit d'asile pour arriver en France.

Et c'est le cas notamment, on en a parlé tout à l'heure, des conflits précédents. C'est le cas de tous ces jeunes hommes.

4:53
Laurent Jacobelli

Là, c'était des faux réfugiés de guerre. Parce que vous venez de dire vrai pour les Ukrainiens. Oui, bien sûr, la plupart, je le dis. Les Syriens, Irakiens, c'était des faux réfugiés de guerre.

4:59
Présentateur

Oui, quand on est jeune et qu'on est en âge de prendre les armes, on défend son pays, on ne vient pas s'installer en France.

5:04
Laurent Jacobelli

J'ai besoin de vos lumières à nouveau, Laurent Jacovelli, parce que Marine Le Pen était en meeting à Bouchin dans le Nord hier. Puis il y a eu une petite phrase que je n'ai pas bien comprise au sujet des carburants.

5:13
Auditeur

C'est aussi culièrement suspecte. Pensez à l'action de profiteurs de guerre qu'au jeu du marché. Je demande donc au gouvernement une enquête de la direction de la Comité.

5:39
Laurent Jacobelli

Des suspicions des profiteurs de guerre. Vous avez des preuves, Laurent Jacovelli. Qui profite pour faire grimper les prix ?

5:45
Présentateur

Marine Le Pen a posé une question. Elle a demandé une enquête. Elle n'a rien affirmé. Mais c'est vrai que quand le prix du litre augmente de 40 centimes pratiquement en 10 jours, alors qu'en général, on le sait bien, le temps de répercussion d'un certain nombre de crises internationales sur le coût de l'énergie prend plus de temps, la question se pose. Marine Le Pen veut protéger les Français. Elle veut protéger leur pouvoir d'achat. Mais qui en profiterait ? Total ? Mais pourquoi pas ? En tout cas, il faut s'assurer que les grands groupes pétroliers ne profitent pas des événements internationaux pour faire...

Mais peut-être qu'il faut demander au patron de Total d'arrêter ses activités en Russie. Non, parce que je pense qu'on a tous besoin d'énergie fossile aujourd'hui et que Total emploie un certain nombre de personnes dans le monde et notamment des Français. En revanche, il faut une règle de concurrence très claire et donc il faut une enquête. Mais vous avez un peu tronqué l'extrait pour me faire réagir et je le comprends bien, mais Marine Le Pen propose tout un panel de mesures pour protéger les Français. Oui, oui, on va y venir. Ce serait important de les détailler.

6:39
Laurent Jacobelli

Comment pouvez-vous dire à la fois Total profite est un profiteur de guerre et en même temps, laissons-le continuer ses activités en Russie. D'autres candidats à la présidentielle disent « Jamais je ne serre la main de Patrick Pouyanné, il a du sang sur les mains et c'est un complice de guerre ».

6:54
Présentateur

C'est ce que dit Yannick Jadot hier. Oui, mais je pense que Yannick Jadot est dans des positions sondagères telles qu'il est obligé maintenant d'avoir recours à l'excès pour exister. Je pense que la position de Marine Le Pen est beaucoup plus sage.

7:05
Laurent Jacobelli

Si elle est présidente, elle laisse Total continuer ses activités en Russie sans problème.

7:08
Présentateur

Ça dépend. Évidemment, on verra comment évolue la situation, mais aujourd'hui, vous savez, un certain nombre de mesures d'embargo sont peut-être susceptibles d'avoir plus d'effets négatifs sur les Français et la population française que sur la Russie. Je le répète, sur l'énergie et le pouvoir d'achat, il faut se poser les vraies questions. Marine Le Pen, elle propose très clairement de passer d'une TVA de 20% à 5,5%. Elle propose, faite par Emmanuel Macron lorsqu'il était ministre de l'Economie et président de la République, donc elle propose de cramer la caisse.

7:37
Laurent Jacobelli

Ce sont des milliards d'euros en moins dans les recettes de l'État.

7:40
Présentateur

Non, ce sont des coûts d'opportunité. Pour être très clair, quand le prix du pétrole flambe, l'État s'engraisse. Il y a un paradoxe, il y a quelque chose d'insupportable de voir nos compatriotes s'appauvrir, ne plus pouvoir faire le plein pour aller travailler ou emmener les enfants à l'école et de voir l'État qui remplit les caisses.

7:55
Laurent Jacobelli

Donc on privilégie la bagnole, les énergies fossiles et on arrête de financer le renouvelable, parce que ces taxes, elles financent quoi ? Les énergies renouvelables.

8:02
Présentateur

Attendez, si financer le renouvelable, c'est financer des éoliennes qui polluent visuellement et qui ne servent à rien 75% du temps, oui, il faut arrêter et ça fera 5 milliards d'économies de taxes par an. Je pense qu'il faut maintenant revenir à l'essentiel, privilégier la filière nucléaire qui est la plus sûre, la plus propre et qui permet une indépendance énergétique de la France et qui permet d'avoir une électricité peu chère. Parce qu'il faut le dire, le marché européen de l'énergie a renchéri le coût de l'électricité pour les Français, alors que rien ne l'obligeait.

Et que la folle politique de pêche à la voie des verts, qu'a fait Macron et qu'ont fait Hollande avant lui et beaucoup d'autres, a amené à renoncer au nucléaire qui était et qui est une filière d'avis pour la France.

8:48
Laurent Jacobelli

Il y aura des constructions de centrales si Marine Le Pen est élue ? Oui. Combien ? Je pense qu'il en faut... On est à un mois de premier tour, donc j'imagine que vous avez des précisions.

8:56
Présentateur

Il en faudra à terme les centrales nouvelle génération entre 10 et 20, mais tout simplement pour assurer l'indépendance énergétique de la France, la souveraineté énergétique. Je vais vous dire, on parle beaucoup de la souveraineté de l'Ukraine. Tous ceux qui nous expliquent qu'il faut dissoudre la France dans l'ensemble européen ou même dans la mondialisation, aujourd'hui se réveillent et disent « Sauvons la souveraineté ukrainienne ». Très bien. Sauvons aussi la souveraineté française en matière d'énergie, en matière alimentaire et d'ailleurs aussi en matière politique.

9:22
Laurent Jacobelli

Laurent Jacoveli, j'ai encore une question très précise. Une question précise. Marine Le Pen, présidente des femmes, elle vient d'annoncer la gratuité des pilules contraceptives pour toutes si jamais elle est élu. Il y a un autre problème qui concerne 4 millions de femmes, une femme sur 10 qui se tord de douleur en France. Vous savez pourquoi ? Quel est ce problème ?

9:39
Présentateur

L'endométrie, c'est ça ?

9:39
Laurent Jacobelli

Tout à fait. Est-ce que Marine Le Pen rendra le test salivaire de dépistage remboursé par la Sécurité sociale et est-ce qu'elle fera une reconnaissance de cette maladie en infection de longue durée ?

9:50
Présentateur

Oui, elle a évoqué d'ailleurs ce sujet elle-même. Elle a fait un petit clip de campagne sur les réseaux sociaux. Je crois que c'est la seule candidate à avoir amené cette question sur le devant de la scène. Vous savez, Marine Le Pen est candidate à la présidence de la République, c'est-à-dire qu'elle a un programme pour tous les Français, les femmes et les hommes, mais c'est aussi une femme. Et donc elle est sensible à certains sujets que peut-être des candidats hommes connaissent moins et au moins ont envie de mettre en avant. Je pense que...

10:14
Laurent Jacobelli

Emmanuel Macron en a fait une cause du quinquennat, mais il n'est pas allé jusque-là, jusqu'au remboursement pour le moment.

10:17
Présentateur

Oui, enfin vous savez, Macron parle beaucoup, il lance des causes, mais pour agir derrière, en général, il y a moins de monde. C'est probablement la différence avec Marine Le Pen.

10:25
Laurent Jacobelli

Elle a envie de débattre avec lui rapidement, avant le second tour, avant l'entre-deux tours ?

10:29
Présentateur

Oui, je pense que les Français ont besoin de débat. Le Président de la République se cache, il se terre dans le palais de l'Elysée depuis le début du quinquennat. Il a refusé d'affronter la question posée par les Gilets jaunes, à la fois sur le pouvoir d'achat et le besoin démocratique en France. Il a refusé un débat sur les retraites. Aujourd'hui, il refuse le débat avec ses adversaires. Le Président de la République...

10:48
Laurent Jacobelli

Et pourquoi ne pas débattre d'abord avec Valérie Pécresse, avec Éric Zemmour ? Les deux se sont affrontés sur le débat.

10:54
Présentateur

Oui, mais c'est la petite finale, pour savoir qui sera troisième, qui sera quatrième. Très bien, c'est leur affaire. C'est déshonorant ? On a vu ce triste débat, je crois que vous l'avez regardé comme moi, qu'on avait là deux candidats qui n'avaient absolument pas la stature d'être Président de la République. On va être très clair aujourd'hui.

11:09
Laurent Jacobelli

Donc ça veut dire aucun rapprochement, ni avec l'un ni avec l'autre, en cas de qualification de Marine Le Pen au second tour ?

11:14
Présentateur

Ils pourront appeler leurs électeurs à voter pour Marine Le Pen au second tour. Je prends le pari aujourd'hui que Valérie Pécresse, c'est déjà pour qui elle appellera à voter, et même à qui elle demandera d'être ministre ou Premier ministre. Mais aujourd'hui, il y a deux visions du monde qui s'affrontent. De la vision mondialiste d'Emmanuel Macron, de la loi de l'économie sauvage, sans concession, et puis la vision patriote, solidaire de Marine Le Pen. Eh bien, laissons les Français choisir.

11:36
Laurent Jacobelli

Laurent Jacobelli, juste une petite dernière question personnelle et rituelle. Ça ressemble à quoi un samedi chez vous ? Quel est le programme aujourd'hui ?

11:42
Présentateur

Eh bien, écoutez, lorsque je vais vous quitter, je vais aller en Saône-et-Loire faire une réunion publique, et je serai demain aussi en réunion publique dans l'aube. Du travail, du travail, de la compagnie. On est sur le terrain, nous. Voilà, on va à la rencontre des Français, parce que c'est important de les écouter. Ils souffrent, je crois, d'avoir été méprisés.

11:55
Laurent Jacobelli

Les loisirs, c'est pour plus tard. Vous avez peut-être une passion, quand même, dans la vie, non ?

11:58
Présentateur

Oui, bien sûr. Le cinéma, la lecture, deux passions que... Allez, je dois vous le dire. Ça, c'est des trucs qu'on met sur le CV, comme tout le monde. Non, non, mais c'est la vérité, mais que j'ai mis sur le côté. J'ai une vraie passion, moi, je vais vous dire, c'est la politique. Et c'est tellement motivant de se battre aux côtés de Marine Le Pen pour les Français, qu'on verra après. Pour l'instant, l'objectif, c'est de gagner. Merci.