Réforme des retraites, pouvoir d'achat, affaire Abad... Le 8h30 franceinfo de Philippe Martinez
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Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Bonjour Philippe Martinez, vous serez dans le bureau d'Elisabeth Borne cet après-midi à Matignon pour parler salaire et retraite, notamment on va évoquer longuement ces deux dossiers avec vous.
- 0:09OuverteRéponse directe
D'abord les accusations portées contre Damien Abad, deux femmes accusent le ministre des Solidarités de viol, il récuse ces accusations, il entend rester au gouvernement. Si une affaire comme ça se passait à la CGT, que feriez-vous ?
- 1:28RelanceRéponse directe
Ça veut dire que si demain matin, une femme vous accusez vous, vous arrêteriez tout ? Sans plainte, sans mise en examen, sans rien. Présomption de sincérité.
- 1:46RelanceRéponse directe
Dans le cas de Damien Abad, l'une des deux femmes a porté plainte, plainte classée sans suite, aucune procédure judiciaire en cours. Vous vous dites, il doit quand même se retirer.
- 1:56OuverteRéponse directe
Le témoignage vaut, pas condamnation, mais mission d'attention.
- 3:32OuverteRéponse directe
Dialoguer, concerter et co-construire, c'est la méthode que s'est fixée la première ministre Elisabeth Borne, que vous avez donc rencontrée cet après-midi à Matignon. Vous êtes dans quel état d'esprit avant de la voir ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueFait
« Une affaire comme ça s'est passée à la CGT et le responsable a été suspendu immédiatement. »
- 0:31Invité politiqueFait
« Le problème qui est posé c'est, évidemment il y a la présomption d'innocence, mais on oublie souvent de parler de la présomption de sincérité, qui est quelque chose de reconnu par l'ONU d'ailleurs. »
- 0:41Invité politiqueFait
« C'est-à-dire le fait que la parole des femmes qui témoignent soit autant prise en compte que la parole du présumé agresseur, puisque c'est cet équilibre-là qu'il faut tenir. »
- 2:02Invité politiqueFait
« Nous avons mis depuis six ans en place une cellule de veille à la CGT, contre les violences faites aux femmes et contre les harcèlements. »
- 2:10Invité politiqueFait
« nous mettons en place des procédures qui, selon la gravité des faits, peuvent conduire à la suspension. »
- 4:22Invité politiqueFait
« on ne propose pas de repousser l'âge de la retraite à 65 ans, puisque tous les syndicats sont contre. »
- 8:12Invité politiqueFait
« La gauche, la différence, c'est mettre la retraite à 60 ans ou la reporter à 65 ans. »
- 8:24Invité politiqueFait
« Oui. Le parti socialiste, jusqu'à il y a deux semaines, n'était pas un parti de gauche ? »
- 8:33Invité politiqueFait
« Il doit être moins de gauche que quand, en 1981, la gauche est arrivée au pouvoir et qu'elle a mis la retraite à 60 ans. »
- 8:45Invité politiqueFait
« En tout cas, les gouvernements de ces pays-là, oui. »
- 8:54Invité politiqueFait
« Nous, la référence, c'est les syndicats. Ce n'est pas forcément les gouvernements parce qu'ils se ressemblent parfois beaucoup. »
- 9:21Invité politiqueFait
« Comment, pourquoi, au moment de l'âge légal de la retraite, plus de 50% des salariés sont plus au boulot ? »
- 10:00Invité politiqueFait
« Mais rappelez-vous, rappelez-vous, c'est ce même gouvernement qui, en arrivant à supprimer trois critères de pénibilité. »
- 10:31Invité politiquePromesse
« Nous, on pose un certain nombre de questions. Nous, on est pour la retraite à 60 ans. »
- 13:52Invité politiqueFait
« Par exemple, parlons des exonérations de cotisation. On n'a fait que des exonérations de cotisation. »
- 14:43Invité politiquePromesse
« Nous, on propose 2 000 euros. »
- 16:07Invité politiqueChiffre
« Les Français disent qu'il nous manque 490 euros. »
- 16:16Invité politiqueFait
« Il faut que le gouvernement impose, impose que tous les minimas de branche augmentent dès que le SMIC augmente. Il y a 85% des minimas de branche, aujourd'hui, qui démarrent en dessous du SMIC. »
- 16:58Invité politiqueFait
« C'est ça qui a joué sur l'inflation. »
- 17:41Invité politiqueChiffre
« en moyenne 500 euros au lieu de 1 000. Pour 4 millions de personnes. »
- 20:01Invité politiqueFait
« C'est l'impôt le plus injuste. »
- 21:14Invité politiquePromesse
« Oui, bien sûr. Partout ? Bien sûr. »
- 21:54Invité politiquePromesse
« Augmenter les pensions des retraités, vous verrez, vous verrez, ils n'auront plus besoin de louer une partie de leur appartement pour finir les fins de mois. »
Temps de parole
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Bonjour Philippe Martinez, vous serez dans le bureau d'Elisabeth Borne cet après-midi à Matignon pour parler salaire et retraite, notamment on va évoquer longuement ces deux dossiers avec vous. D'abord les accusations portées contre Damien Abad, deux femmes accusent le ministre des Solidarités de viol, il récule ces accusations, il entend rester au gouvernement. Si une affaire comme ça se passait à la CGT, que feriez-vous ?
Une affaire comme ça s'est passée à la CGT et le responsable a été suspendu immédiatement. Avant sa mise en examen ? Suspendu immédiatement. Le problème qui est posé c'est, évidemment il y a la présomption d'innocence, mais on oublie souvent de parler de la présomption de sincérité, qui est quelque chose de reconnu par l'ONU d'ailleurs. C'est-à-dire le fait que la parole des femmes qui témoignent soit autant prise en compte que la parole du présumé agresseur, puisque c'est cet équilibre-là qu'il faut tenir. Et donc pourquoi on croirait plus quelqu'un qui se défend que quelqu'un qui accuse ?
Au nom de la présomption d'innocence justement, qui fait qu'on est innocent jusqu'à preuve du contraire.
Nous nous réclamons aussi la présomption de sincérité, c'est-à-dire ne pas remettre en cause, comme ça, la parole des femmes. Et si cette présomption de sincérité était plus appliquée, je pense que la parole des femmes se libérerait plus facilement, parce que c'est difficile de témoigner, j'en ai croisé, c'est difficile de témoigner, c'est difficile de porter plainte. Eh bien cette parole-là, elle doit être libérée.
Ça veut dire que si demain matin, une femme vous accusez vous, vous arrêteriez tout ? Bien sûr. Sans plainte, sans mise en examen, sans rien. Présomption de sincérité.
Dans le cas de Damien Abad, l'une des deux femmes a porté plainte, plainte classée sans suite, aucune procédure judiciaire en cours. Vous vous dites, il doit quand même se retirer.
Je crois qu'il y en a une deuxième qui vient de témoigner. Sans plainte.
Sans plainte.
Je vous répète.
Le témoignage vaut, pas condamnation, mais mission d'attention.
Puisque vous me posez la question, nous avons mis depuis six ans en place une cellule de veille à la CGT, contre les violences faites aux femmes et contre les harcèlements. C'est une cellule qui recueille la parole des femmes et dès qu'il y a des témoignages de ce style, nous mettons en place des procédures qui, selon la gravité des faits, peuvent conduire à la suspension. Et nous, je vous le répète, nous l'avons appliqué pour un dirigeant national de la CGT.
Mais vous entendez ceux qui ne sont pas d'accord avec vous, qui disent, attendez, on va mettre de côté des hommes qui sont accusés et qui, quelque temps plus tard, on va apprendre qu'en fait, ils ont été blanchis, qu'ils n'ont rien à se reprocher. Dans ces cas-là, on a porté atteinte à leur nom, à leur image et à leur poste aussi, puisqu'ils ont dû quitter leur poste.
Mais premièrement, moi je parle de suspension.
Oui.
Deuxièmement, mais vous imaginez, les femmes qui ont été agressées et qui continuent à voir, souvent, leur agresseur circuler librement, avoir des responsabilités, c'est à leur place qu'il faut se mettre. Pas uniquement à la place de l'homme qui jure la main sur le cœur, qu'il n'a rien fait, etc. On en a connu d'autres avant cette affaire qui juraient de la même façon.
Et on a eu des exemples inverses, Philippe Martinez, je pense que vous avez l'exemple aussi, Dominique Baudis.
Mais c'est pour ça qu'il faut une suspension, mais il faut que la parole des femmes soit autant prise en compte que celle des hommes qui sont accusés. Je ne nie pas qu'il peut y avoir des accusations à tort, mais il faut un équilibre entre la parole des femmes et la parole des hommes qui sont supposés agresseurs.
Philippe Martinez, dialoguer, concerter et co-construire, c'est la méthode que s'est fixée la première ministre Elisabeth Bande, que vous avez donc rencontrée cet après-midi à Matignon. Vous êtes dans quel état d'esprit avant de la voir ?
Dans le même que d'habitude, c'est-à-dire... Pourquoi vous rigolez ? Parce que vous dites ça avec un sourire.
On imagine la suite de la phrase.
Mais dans le même que d'habitude, sauf que cette notion de dialoguer, concerter, écouter, ce n'est pas nouveau. On l'entend depuis 5 ans.
Vous la croyez ?
J'ai des doutes. Mais pas de Mme Borne, parce qu'elle l'applique comme elle le faisait quand elle était ministre du Travail, ce que dicte l'Elysée. Et donc, M. Macron, régulièrement, dit ça. Mais par exemple, et on va y venir, quand on écoute, on concerte, et on entend surtout, on ne propose pas de repousser l'âge de la retraite à 65 ans, puisque tous les syndicats sont contre. Vous voyez ? Un exemple. Or, c'est ce qu'il a fait, en connaissance de cause, dans son programme de candidats, qu'il répète aujourd'hui.
Il y a des discussions, oui. Oui, on va en parler longuement, parce qu'il y a un petit bougé, peut-être, ces derniers jours, sur cette question de... Vous diriez si vous avez lu la même chose que nous, dans les propos d'Elisabeth Borne. Le fait que ce soit une femme, ça change quelque chose ou rien du tout ?
Non, mais c'est très bien qu'une femme puisse être première ministre. Il y a besoin que les femmes occupent des responsabilités de ce niveau-là. Ça, c'est une chose. Après, c'est une femme, mais c'est une femme politique. Donc, sur le côté politique, ça ne change rien. C'est quel projet ? Et si on n'est pas d'accord, eh bien, on sera opposé de la même façon, et on argumentera des propositions contraires ou inverses. Vous pensez qu'un jour, peut-être, il y aura aussi une femme à la tête de la CGT ? Je souhaite que ça se fasse le plus rapidement possible.
Ça n'est jamais arrivé.
Ça n'est jamais arrivé. En un siècle, plus d'un siècle d'existence. Écoutez-moi, je souhaite que ça arrive le plus rapidement possible. Vous savez que la CGT a été la première organisation, et d'ailleurs est toujours la seule, à avoir la parité dans son organe de direction. Ça fait maintenant plus de 25 ans. Mais il faut franchir un nouveau cap, parce que si on veut que les femmes prennent des responsabilités à tous les niveaux, d'ailleurs, pas uniquement à la tête des organisations, parce qu'il ne faut pas que ça soit l'arbre qui cache le désert à tous les niveaux de l'organisation, ben oui, il faut des signes comme ça, et je souhaite que ça arrive le plus rapidement possible.
Après vous, très clairement, vous souhaitez que ce soit une femme qui vous succède ? On verra ça, parce que je ne décide pas tout seul, sinon vous m'accuseriez d'être autoritaire.
Non, mais ça doit être le critère numéro un à compétence égale.
Je pense qu'il faut que ça se fasse le plus rapidement possible. Aujourd'hui, c'est un nouveau cap à franchir pour la CGT, de reconnaître et de donner la place qu'elle mérite aux femmes comme dirigeantes. Il y a des très grandes dirigeantes à la CGT.
On va ouvrir le dossier de ce début de quinquennat dans un instant avec vous, Philippe Martinez, celui des retraites, 64, 65 ans, durée de la cotisation. On va voir où vous êtes prêts à rentrer en négociation, ou pas avec le gouvernement dans un instant. Le fil info tout d'abord, 8h40, Solène Cresson.
C'est le seul grand pont de l'année, début du week-end de l'Ascension, et Bison-Futé voit du rouge aujourd'hui partout en France, dans le sens des départs. 21 morts aux Etats-Unis dans une fusillade à Ovalde, au Texas, 19 enfants de moins de 10 ans tués. Le tireur est mort aussi, il avait 18 ans. Trop c'est trop, nous devons trouver le courage d'agir, a déclaré la vice-présidente américaine Kamala Harris. Une audition libre de près de 3h hier pour Nicolas Hulot à la brigade de protection des mineurs. L'ancien ministre et animateur télé accusé par plusieurs femmes de viol et d'agression sexuelle, l'une d'elles était mineure au moment des faits qu'elle dénonce.
L'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder renonce à entrer au conseil de surveillance de Gazprom, le géant russe du gaz. Après de nombreuses critiques, ce proche de Vladimir Poutine a aussi quitté Rosnev, la grande compagnie pétrolière. Et puis un TGV pour relier Paris à Berlin en 7h. La SNCF et la Deutsche Bahn s'unissent pour le lancer dès la fin de l'année 2023. France Info.
Le 8.30 France Info. Salia Brachia, Marc Fauvel.
Une grosse journée pour vous Philippe Martinez puisque cet après-midi, on l'a dit, vous allez voir Elisabeth Borne. Mais avant, dans une heure, dans un peu plus d'une heure, vous allez voir Olivier Dussopt, le ministre du Travail et du Plein-Emploi. C'est lui qui va piloter la réforme des retraites. C'est un homme venu de la gauche, sachant cela. Vous rigolez. Sachant cela, est-ce que ça vous rassure ?
Madame Borne aussi, paraît-il.
Voilà. Paraît-il. Tout est dans le paraît-il. Ça ne vous rassure pas.
Non, mais ça ne veut rien dire. Je veux dire, il y en a plein qui viennent de la gauche. Monsieur Valls vient de la gauche, non ? Est-ce qu'il est de gauche aujourd'hui ? Ce n'est pas la vôtre. La gauche, la différence, c'est mettre la retraite à 60 ans ou la reporter à 65 ans. Ça, c'est des marqueurs. Augmenter les salaires ou donner des primes.
Si on est de gauche, on doit être pour la retraite à 60 ans ?
Oui. Le parti socialiste, jusqu'à il y a deux semaines, n'était pas un parti de gauche ? Il doit être moins de gauche que quand, en 1981, la gauche est arrivée au pouvoir et qu'elle a mis la retraite à 60 ans.
Parlons de la réforme. Quand on regarde autour de nous, en Europe, quasiment tous les pays travaillent plus tard que nous. Certains sont passés à 65 ans et même d'autres au-delà. Ça veut dire qu'ils se trompent tous ?
En tout cas, les gouvernements de ces pays-là, oui. Mais il y a beaucoup de syndicats en Europe et dans le monde qui demandent de baisser l'âge de la retraite. Nous, la référence, c'est les syndicats. Ce n'est pas forcément les gouvernements parce qu'ils se ressemblent parfois beaucoup. La question, c'est est-ce qu'on va donner de l'emploi, par exemple, aux jeunes ? Comment on peut, moi, j'attends qu'on m'explique, en gardant plus longtemps des salariés au travail, c'est-à-dire jusqu'à 65 ans, on va libérer du boulot pour ceux qui n'en ont pas ? Je ne comprends pas. Il y a une question qui est posée aussi, qui n'est toujours pas réglée.
Comment, pourquoi, au moment de l'âge légal de la retraite, plus de 50% des salariés sont plus au boulot ? Comment on règle ça ? Voilà des vraies questions. Parce que si on maintient, par exemple, ces salariés-là jusqu'à 60 ans, ça fait des cotisations sociales, donc ça fait rentrer de l'argent, ça fait moins de chômeurs. Voilà, c'est des questions essentielles. Et puis, il faut profiter de la vie. Il y a des travaux pénibles, il y a des métiers, enfin, si vous discutez avec des infirmières, des personnels des EHPAD qui nous disent, mais vous nous imaginez, travailler jusqu'à 65 ans...
C'est ça, le gouvernement dit, on peut discuter de tout ça, de la pénibilité.
Mais rappelez-vous, rappelez-vous, c'est ce même gouvernement qui, en arrivant à supprimer trois critères de pénibilité. Alors vous me dites, est-ce qu'on peut les croire ? Moi, je regarde les faits, et ils nous parlent de pénibilité aujourd'hui, et quand ils sont arrivés, dans le précédent quinquennat, ils ont supprimé trois critères.
Elisabeth Borne a dit le week-end dernier, les 65 ans, j'en fais pas un totem. Si c'est 63, par exemple, au lieu de 62 aujourd'hui, est-ce que c'est négociable ? Ou est-ce que c'est 60 ans et rien d'autre ?
Nous, on pose un certain nombre de questions. Nous, on est pour la retraite à 60 ans. Je précise que l'âge légal, c'est pas...
Mais c'est pas vous qui avez gagné l'élection présidentielle ?
Oui, parce que j'étais pas candidat. J'avais remarqué, oui. Nous, l'âge légal, c'est pas obliger les gens à partir à 60 ans. C'est permettre aux gens qui le souhaitent de partir à 60 ans. C'est une précision, parce qu'on n'est pas... Moi, je connais plein de gens qui veulent travailler plus longtemps. On les oblige pas à se la partir.
L'âge légal, c'est 63 ans, aujourd'hui.
Oui, mais pourquoi ? C'est parce que par un mécanisme fait, d'ailleurs, par un gouvernement socialiste. La réforme touraine. La réforme touraine. Allongement de la durée de cotisation. On peut partir à l'âge légal, mais si on n'a pas une pension complète, on continue à travailler pour pas qu'il y ait des cotes. Donc il faut conjuguer et l'âge légal et le fait de pouvoir vivre décemment avec ces pensions. C'est pour ça qu'il faut une revalorisation rapide des pensions.
Justement, Philippe Martin, il y a le levier de l'âge légal, qui est aujourd'hui à 62, Emmanuel Macron dit 64 ou 65. Il y a un autre levier, c'est celui de la durée de cotisation. La réforme touraine avait prévu qu'on passe de 42 à 43 années de cotisation. Ça devait se faire tout doucement d'ici pour arriver à 43 années de cotisation en 2035. Si le gouvernement joue sur ce levier, si on va un peu plus vite pour aller vers les 43 ans, ce serait une réforme moins douloureuse pour vous ?
C'est les mêmes conséquences. Ça ferait moins d'économie, beaucoup moins d'économie. Si vous voulez, on parle d'économie. Moi, j'ai des doutes sur la notion d'économie. Mais c'est une façon camouflée de reporter l'âge légal. Je vous explique que vous imaginez quelqu'un qui a travaillé toute sa vie et qui a une décote et qui est obligé de continuer d'ailleurs à bosser avec des petits boulots.
Ça permettrait par exemple à quelqu'un qui a commencé à travailler à 19 ans, qui a cotisé pendant 43 années, de s'arrêter à 62, si on reste à 62.
Ou alors quelqu'un qui a commencé à bosser à 24 ans, avec 43 cotisations, de finir à 67. Vous voyez, on peut le prendre dans les sens qu'on veut. Non, non, ça c'est... Il faut régler et l'âge légal et la durée de cotisation. Et donc nous aussi, on a des propositions. Par exemple, pour les étudiants, comment on prend en compte une partie des années d'études pour calculer l'âge de la retraite, et y compris le niveau des pensions. C'est ça. Un État solidaire... Sauf qu'on ne cotise pas quand on est étudiant. Mais la solidarité, c'est de permettre à ces étudiants qui...
Il faut que les jeunes fassent des études, mais faire des études et être pénalisé à la fin de sa carrière, il faut trouver un système solidaire. Eh bien, il y a possibilité d'avoir des années qui sont reconnues pour... Pour les étudiants ? Pour les étudiants, et que le système solidaire leur permette d'avoir des cotisations.
C'est ce que vous avez essayé de négocier avec la Première Ministre ?
Mais elle connaît parfaitement ce qu'on... Vous savez qu'elle n'est pas nouvelle.
Oui, elle était ministre du Travail avant.
Et vous savez que pendant deux ans, on a discuté retraite dans le précédent quinquennat. Sans vous mettre d'accord. Oui. Et la réforme n'est pas passée d'ailleurs, parce qu'il y a eu une très forte mobilisation. Et qu'il y a eu le Covid. Mais il y a eu une très forte mobilisation. Vous le savez, je pense qu'on en a parlé ici.
Mais du coup, vous irez quand même négocier, ou ce sera la politique de la chaise vide ?
Non. Négocier le report de l'âge légal, c'est non. Négocier l'allongement de la durée de cotisation, c'est non ? Voilà. Ça, c'est dans la loi, déjà. L'accélération. Donc ça, il n'y a pas à négocier. Non, mais il suffit, dans le cadre de la loi sur le plan de financement de la sécurité sociale, d'activer le mécanisme. Ça se passe à l'Assemblée nationale. Ce n'est pas nous, là. Mais rediscuter financement, proposition, financement des retraites. Par exemple, parlons des exonérations de cotisation. On n'a fait que des exonérations de cotisation. Et on nous dit, aujourd'hui, il n'y a plus d'argent. Ça a deux conséquences, les exonérations de cotisation pour les bas salaires.
C'est qu'on maintient les salariés dans... C'est des trappes à bas salaire. Parce que quand on franchit un seuil, les patrons sont obligés de payer des cotisations. Au moment où on parle de pouvoir d'achat, voilà un vrai sujet.
Alors justement, les salaires, Bruno Le Maire a convoqué les patrons à Bercy pour leur mettre la pression. Leur demander de... Là aussi, vous rigolez. Mais oui, parce que... Mais oui, mais ça veut dire quoi ? Tout ce que fait le gouvernement, là, pour le moment, n'est pas à la hauteur, c'est ça ? Même sur les salaires ?
Mais Mme Borne avait fait la même chose qu'en télé. Vous ne vous rappelez pas ?
Si, si, si, je me rappelle. Oui, mais de le faire...
Et ça a marché ?
De le faire plusieurs fois, peut-être que ça peut...
Elle leur a attiré l'oreille en disant que vous n'êtes pas gentil, il faut augmenter les salaires.
Il n'y a aucun progrès du côté des entreprises, selon vous ?
Il faut, premièrement, sur les salaires, augmenter le SMIC de façon importante. C'est-à-dire ? Nous, on propose 2 000 euros. 2 000 euros en brut ? 2 000 euros. Le SMIC, c'est la première ligne sur votre feuille de paie. Brut ou net ? Je vous explique. Il y a 3 niveaux dans une feuille de paie. Il y a la première ligne. C'est ça, le SMIC. C'est la reconnaissance de votre qualification. Le SMIC, c'est pour reconnaître une qualification qui n'est pas reconnue par un diplôme. Voilà. Nous, on propose 2 000 euros. D'accord ? Après, vous avez le salaire brut. Il y a des primes, des cotistes, etc. Et puis après, il y a le salaire net. 3 lignes sont importantes.
Mais la première, c'est essentiel parce que c'est ce qui paye votre qualification. D'ailleurs, on ne comprend pas pourquoi, à qualification égale, très souvent, les femmes n'ont pas le même salaire que les hommes.
Pardon, je dois être mal réveillé. Mais du coup, c'est 2 000 brut ou c'est 2 000 net que vous réclamez pour le SMIC, sachant qu'aujourd'hui, c'est 1 300 net ?
C'est 2 000. Mais je vous ferai une formation sur la feuille de paie. Avec grand plaisir. Vous en avez besoin. Oui. Donc, le SMIC, c'est le paiement de la qualification. Oui. 2 000. Après, si vous avez des primes, des sources comme ça. Oublons les primes. Donc, c'est 2 000 euros le salaire de base. Ah, d'accord.
Donc, ce n'est pas 2 000 euros brut. Non, non, non. C'est beaucoup plus, en fait.
Non, c'est la première ligne.
C'est la première.
Salaire de base, ça vous parle ? Oui. Très bien.
Bon, là, pour le moment, le gouvernement a... Donc, il faut...
Je continue.
Allez-y.
Donc, il faut augmenter le SMIC de façon importante. On est même en dessous des besoins qu'expriment les Français, parce que vous avez vu qu'un sondage disait... Les Français disent qu'il nous manque 490 euros. Donc, aujourd'hui, le SMIC est à 1 645 euros. Vous rajoutez 490, c'est largement au-dessus de 2 000. Il faut que le gouvernement impose, impose que tous les minimas de branche augmentent dès que le SMIC augmente. Il y a 85% des minimas de branche, aujourd'hui, qui démarrent en dessous du SMIC. Parfois, plusieurs niveaux, notamment dans les métiers à prédominance féminine.
Ça, il faut rectifier. Philippe Martinez, la France est l'un des pays en Europe où l'inflation est la moins élevée. Aujourd'hui, si on regarde, si on se compare à l'ensemble de nos voisins, grâce aux mesures notamment prises pour maîtriser les prix de l'énergie, il y en a eu pour 26 milliards d'euros ces derniers mois. Est-ce que sur ce point, et juste sur ce point, vous saluez l'action du gouvernement ?
De donner des primes, évidemment que ça met du beurre dans les épinards.
Là, ce n'est pas les primes, c'est le blocage des prix du gaz et de l'électricité.
C'est ça qui a joué sur l'inflation. Quand vous réduisez le prix du carburant, même si cet effet a été globalement annulé, c'est une forme de prime.
Mais est-ce que vous dites quand même que la France s'en sort mieux, que les Français s'en sortent en termes de pouvoir d'achat, que la plupart de leurs voisins ? Est-ce que vous êtes d'accord sur le constat ou pas ?
Peut-être, oui, peut-être qu'on s'en sort mieux. Moins mal. Voilà, je préfère moins mal d'ailleurs. C'est bien, merci. Je vous ai soufflé la réponse. Merci. Mais on ne peut pas dire que ça va bien. Le problème de salaire, il existe depuis longtemps, et là, ça devient dramatique. Dramatique.
Vous parliez de prime, la prime Macron, le triplement de la prime Macron qui va être décidée cet été au Parlement. Vous, vous dites top, on y va ?
C'est une option. J'ai entendu une excellente chronique avant de venir sur France Info qui disait qu'en moyenne, parce que ce n'est pas la première, en moyenne 500 euros au lieu de 1 000. Pour 4 millions de personnes. Au lieu de 1 000. Et puis, c'est les patrons qui décident. J'étais dans une entreprise, j'étais avec des salariés d'une entreprise il y a peu de temps dans un abattoir dans les Landes. Les filles ont touché 350 euros. Prime Macron, on est loin des 1 000. Et encore, si elles étaient absentes une journée, elles n'avaient pas de prime du tout. Vous voyez, la réalité des primes. Donc, c'est une option. Personne n'a touché 1 000 euros.
Et puis, pourtant, les industries agroalimentaires n'ont pas souffert du confinement, me semble-t-il.
8h51, le filinfo, Solène Cresson. Et on poursuit dans un instant avec Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT.
Quand, au nom de Dieu, allons-nous nous opposer au lobby des armes à feu, a lancé très ému le président américain Joe Biden après la fusillade survenue à Ouvaldé, petite ville du Texas. 19 enfants de moins de 10 ans, 2 adultes tués. Le tireur, un jeune de 18 ans, est mort. Alors que 300 personnes ont manifesté à Paris hier pour dénoncer la présence de Damien Abad au gouvernement, accusé de viol et d'agression sexuelle, le leader de la CGT, Philippe Martinez, demande ce matin sur France Info la présomption de sincérité pour la parole des femmes.
La Hongrie sous état d'urgence après le Covid, c'est à cause cette fois de la guerre en Ukraine, justifie le Premier ministre proche de Vladimir Poutine. Viktor Orban aura donc les pleins pouvoirs et il n'a pas donné de date de fin. Le gouvernement britannique donne son feu vert au rachat de Chelsea, le club de foot vendu à l'homme d'affaires américain Todd Buelli. Transaction à près de 5 milliards d'euros. Chelsea appartenait à l'oligarque russe Roman Abramovich. Il ne touchera rien sanctionné depuis le début de la guerre en Ukraine. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Braquea, Marc Fauvel. Toujours avec Philippe Martinez, le patron de la CGT. On parlait de la ristourne sur le carburant il y a quelques instants. Est-ce que vous souhaitez qu'elle soit à l'avenir différente de sa version actuelle ? C'est-à-dire que tout le monde en bénéficie à la pompe ? Oui, bien sûr. C'est-à-dire pour les travailleurs uniquement ?
Non, pour tout le monde. Il faut notamment baisser les taxes sur les carburants. Il faut baisser les taxes sur les carburants. On parle beaucoup de la TVA par exemple. C'est l'impôt le plus injuste. C'est l'impôt le plus injuste. Donc, pour les produits de première nécessité, et le carburant pour beaucoup, beaucoup de familles en France, c'est un produit de première nécessité, il faut baisser par exemple la TVA.
Ah, vous dites l'inverse du gouvernement ? Oui, vous dites l'inverse du gouvernement qui prépare une mesure. Ça vous surprend ?
Oui, ça peut être surprenant parce que vous pourriez nous dire, et donc d'abord ceux qui en ont le plus besoin, là vous nous dites qu'il faut baisser les carburants pour tout le monde, pour le travailleur qui part le matin à l'usine, et pour Bernard Arnault, je suis désolé, on sait toujours Bernard Arnault, qui part en week-end dans nos villes.
Voilà, je ne sais pas s'il y a une voiture d'ailleurs. J'en sais rien. Mais pour Bernard Arnault, nous on propose de remettre l'impôt sur la fortune, vous voyez ? Ça, ça serait une bonne mesure. Vous voyez la différence qu'on fait ?
Donc il faut baisser les textes sur le carburant pour tout le monde.
En général, la TVA sur les produits de première nécessité, parce que c'est l'impôt le plus injuste. Puisque vous citez une des plus grosses fortunes de France, lui la TVA, il ne la sent pas quand il va, enfin je ne sais pas s'il va faire ses courses, mais quand quelqu'un va lui faire ses courses, il ne la sent pas. Pour un foyer modeste qui est payé au SMIC, on la sent la TVA. Donc par contre, remettre l'impôt sur la fortune, les foyers modestes, ils ne seront pas touchés.
Un mot sur les loyers qui ont été réévalués à la hausse. Est-ce que vous, vous êtes favorable à un gel, en fait, des loyers ?
Oui, bien sûr. Partout ? Bien sûr. Bien sûr. C'est des mesures d'urgence, y compris, pardon, c'est aussi être plus vigilant sur, vous savez, les locations d'appartements dans certains... Je vous dis, j'étais dans les Landes il y a peu de temps, on ne peut plus, les habitants, ils ne peuvent plus habiter au bord de la côte, parce qu'il y a de la spéculation, entre guillemets, sur les locations. Donc il faut, oui, plus réglementer.
Vous entendez l'argument du gouvernement qui dit que ça risque de pénaliser les retraités, par exemple, qui louent un bien pour compléter leur revenu à la fin du mois.
J'ai une solution. C'est pas normal. Augmenter les pensions des retraités, vous verrez, vous verrez, ils n'auront plus besoin de louer une partie de leur appartement pour finir les fins de mois.
Il y a une mesure de pouvoir d'achat qui va intervenir dans quelques mois. C'est la fin de la redevance audiovisuelle. Est-ce que là, vous la saluez, 138 euros de moins à payer ?
Non, parce que comment on va financer l'audiovisuel public ? Comment on va assurer que vous et d'autres ne soyez pas sous la coupe de partenaires privés qui vous laisseront faire votre métier, mais avec quand même quelques restrictions. Je vois ce qui se passe sur d'autres chaînes privées où c'est des milliardaires qui gèrent. On voit que la... Pardon, j'ai un chat dans la gorge. On voit que la liberté de l'information est pour le moins menacée. Donc il faut... C'est toujours la même chose. Il y a plein de gens, moi, que je connais qui aimeraient payer des impôts. Parce que ça veut dire que leur salaire leur permettrait de payer des impôts. Donc c'est une logique de choix de société.
Il faut que la redevance continue à exister parce qu'il faut une audiovisuelle publique qui permette de ne pas faire la même chose.
Après, le gouvernement promet que ce sera dans le budget chaque année. Ce ne sera pas privatisé.
Oui. Quand on met le doigt dans l'engrenage, des fois, c'est le bras qui part.
Dans trois semaines, le premier tour des élections législatives. Est-ce que vous rêvez, comme Jean-Luc Mélenchon, qu'il arrive à Matignon ?
Moi, je ne rêve pas d'arriver à Matignon. Non.
Est-ce que vous rêvez que Jean-Luc Mélenchon, je reformule, arrive à Matignon ?
Moi, je préfère, en tout cas à la CGT, on préfère quelqu'un qui propose la retraite à 60 ans que quelqu'un qui propose la retraite à 65 ans. Ça, c'est une mesure, par exemple, qui nous convient bien. Après, je pense qu'il y a besoin de travailler. Vous avez remarqué que Jean-Luc Mélenchon, enfin la NUPS, n'a pas le même avis que nous sur... On en a parlé beaucoup sur le SMIC, par exemple. Donc il y a encore des progrès à faire.
On vous écoute, là, parce qu'on a eu Laurent Berger de la CFDT la semaine dernière. Et alors lui, il tient un tout autre discours, par exemple, sur la retraite. Lui, il dit, je me demande comment Jean-Luc Mélenchon va trouver l'argent pour instaurer la retraite à 60 ans.
Oui, mais je sais qu'on n'est pas d'accord avec Laurent Berger sur le fait de revenir à une retraite à 60 ans. Mais vous savez que lui, la CFDT, moi, la CGT. Par contre, on est tous les deux d'accord, et c'est à remarquer, pour dire non à la retraite à 65 ans. Je vous le répète.
Bien sûr, vous n'êtes pas d'accord sur la suite. Il y a eu une réunion, il y a quelques jours, entre tous les syndicats, Philippe Martinez. Il y a eu une réunion, il y a quelques jours, vous vouliez un mouvement commun. La CFDT a dit non. La CFDT a dit non parce qu'elle ne voulait pas d'action avant les législatives.
Il ne faut pas croire tout ce qu'on raconte dans les journaux. Je vous dis que c'est suffisamment rare, et je vous l'ai dit, que quand on prétend écouter, entendre, se concerter, que tous les syndicats, tous, sont contre la retraite à 65 ans, et bien ça devrait déboucher les oreilles du président de la République. Vous avez la certitude que Laurent Berger ne vous lâchera pas en cours de route ? Ils sont contre la retraite à 65 ans. Après, ce n'est pas moi qui décide, ils ont un congrès, je pense qu'ils vont en discuter. Moi, je vous dis, je vous fais état des discussions que nous avons, et ici, il n'a pas dit qu'il était pour la retraite à 65 ans. Non, effectivement. Et bien voilà.
Merci à vous, Philippe Martinez. Merci à vous.
Grosse journée en perspective. Olivier Dussopt, dans une heure, au ministère du Travail. Côté-moi, bon courage. Elisabeth Borne, à quelle heure vous voyez la première ministre ? Ça commence bien. À 17h. À 17h. Merci, très bonne journée à vous. Merci.