Procès de Lafarge pour financement du terrorisme : l'association Sherpa, partie civile, salue une audience "historique"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Attaque 2 %Défensif 3 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:42OuverteRéponse partielle
Que reprochez-vous à Lafarge exactement ?
- 3:01OuverteÉludée
Il y a un paramètre important quand même, c'est qu'il y a un ancien directeur de la communication de Lafarge qui a écrit un livre d'ailleurs, qui a beaucoup fait parler à l'époque. Lui il dit que les services secrets français étaient informés et même impliqués.
- 3:17OuverteRéponse directe
Vous c'est quoi votre position là-dessus ? Est-ce que les autorités françaises ont réagi à ce propos ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51InvitéFait
« La plainte que nous avons portée avec l'association ECCHR est plus large qu'elle visait également la complicité de crimes contre l'humanité pour lequel l'instruction se poursuit. »
- 1:15InvitéFait
« Aujourd'hui, les juges ont décidé de scinder l'instruction en deux. Mais aujourd'hui, ce sera pour financement de terrorisme et non-respect de sanctions internationales pour le paiement de groupes terroristes, l'État islamique et le front al-Nusra. »
- 1:47InvitéFait
« C'est en pleine guerre civile syrienne où il y a une expansion de ces groupes djihadistes et l'émergence de l'État islamique. »
Temps de parole
- Invité72 %
- Présentateur28 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Il est 6h21, c'est un procès historique inédit qui s'ouvre aujourd'hui à Paris pour la première fois. Une entreprise française est poursuivie pour financement de terrorisme, il s'agit de Lafarge. Le cimentier est accusé d'avoir payé des groupes armés, dont l'Etat islamique, pour pouvoir maintenir son usine en Syrie. Alors que le pays était en pleine guerre civile en 2013 et 2014, près de 200 anciens salariés syriens se sont constitués partis civils, ainsi que l'association Sherpa, dont vous faites partie. Anna Kiefer, bonjour. Vous êtes juriste chargée de plaidoyer et de contentieux au sein de cette association Sherpa qui défend les droits humains. Que reprochez-vous à Lafarge exactement ?
Alors ce n'est pas nous qui leur reprochons directement, c'est le tribunal et c'est ce pourquoi ils vont être jugés aujourd'hui. Vous avez porté plainte contre Lafarge quand même. Alors la plainte que nous avons portée avec l'association ECCHR est plus large qu'elle visait également la complicité de crimes contre l'humanité pour lequel l'instruction se poursuit. Aujourd'hui, les juges ont décidé de scinder l'instruction en deux. Mais aujourd'hui, ce sera pour financement de terrorisme et non-respect de sanctions internationales pour le paiement de groupes terroristes, l'État islamique et le front al-Nusra. Alors on parle de quelle somme exactement et comment ça se serait passé ?
Alors les juges d'instruction ont retenu 5 millions d'euros versés à trois groupes, donc les deux précédemment cités ainsi que Harar Alcham. Et ce serait par le fait de paiement dit de sécurité. Alors des donations qui ont été faites chaque mois à certains groupes pour assurer la sécurité des travailleurs qui se rendaient à l'usine, pour permettre aux marchandises aussi de circuler parce qu'il y avait de nombreux checkpoints autour de l'usine. On est en 2013-2014. C'est en pleine guerre civile syrienne où il y a une expansion de ces groupes djihadistes et l'émergence de l'État islamique.
Oui, c'est ce que dit la Farge. L'entreprise dit qu'elle a été victime de raquettes, d'extorsions et que finalement elle a été contrainte de verser cet argent pour protéger ses employés.
Alors l'entreprise a choisi de rester et pour rester, il lui a fallu payer ses groupes. Et ça c'est inexcusable à vos yeux ? Alors ce n'est pas moi qui vais juger de ça, ce sera le tribunal. Mais en tout cas on voit qu'il y a des faits suffisamment graves pour que la Farge ait huit prévenus, dont quatre dirigeants ont été renvoyés devant le tribunal aujourd'hui pour des faits graves, c'est historique. C'est la première fois qu'on a une entreprise qui va être jugée pour financement de terrorisme avec ses dirigeants. On voit que vous vous posez la question de comment cela a été fait.
Donc il y avait ces paiements dits de sécurité, mais il y avait aussi l'achat de matières premières pour faire fonctionner l'usine. Le pétrole par exemple. Voilà, et les juges d'instruction ont pu identifier des fournisseurs qui étaient liés à l'État islamique auxquels la Farge avait recours pour ces matières premières. Environ 2 millions pour ces achats de matières premières et 3 millions pour les paiements dits de sécurité à ces trois groupes.
Alors il y a un paramètre important quand même, c'est qu'il y a un ancien directeur de la communication de la Farge qui a écrit un livre d'ailleurs, qui a beaucoup fait parler à l'époque. Lui il dit que les services secrets français étaient informés et même impliqués. Grosso modo que la Farge aurait été chargée de collecter des informations pour le renseignement français. Vous c'est quoi votre position là-dessus ? Est-ce que les autorités françaises ont réagi à ce propos ?
Alors les juges d'instruction ont très clairement dit que même les prévenus pendant le cadre de ces 9 ans de procédure ne sont jamais allés jusqu'à affirmer qu'il y avait eu des instructions de l'État français de rester. Qu'il n'y avait jamais eu d'instruction émise de la part de l'État de fournir du renseignement et donc de financer ces groupes armés. C'est par opportunité que des renseignements ont pu être fournis parce que la Farge restait.
La Farge ayant une autonomie, ayant décidé de rester et de continuer à maintenir l'activité afin de protéger son usine qu'elle venait d'inaugurer juste avant la guerre civile, elle l'a inaugurée en 2010, 680 millions d'euros et elle a, je pense, ne pas voulu perdre cet important patrimoine et a décidé de rester en pleine autonomie.
Par opportunité, comme elle payait ses groupes, elle avait des informations sur les checkpoints et sur les groupes sur le terrain et le directeur de la sécurité à l'époque, le directeur de la sûreté pardon, Jean-Claude Veillard a pu, en tant qu'ancien militaire, via des contacts qu'il avait à la DGSE, transmettre certaines informations de manière assez sporadique, mais on n'a pas d'informations dans le dossier d'instruction de l'État français.
Si ce procès est à ce point important à vos yeux, je dis vous, mais l'association Sherpa, c'est parce que ça pourrait faire jurisprudence pour d'autres conflits à venir, avec d'autres groupes terroristes, mais c'est vraiment pointer du doigt la responsabilité des multinationales qui opèrent dans les zones de conflit.
Oui, ça envoie un message fort. Alors déjà, le fait qu'il y ait un procès, qu'il y ait une procédure, pour toutes les entreprises qui aujourd'hui se retrouvent avec des activités dans des zones de conflit, de ne pas faire prévaloir les intérêts économiques sur les droits humains. Y compris quand il ne s'agit pas de mouvements terroristes ? Là, vous avez au-delà, c'est à partir du moment où on est dans un pays en guerre, on ne fait plus de business. Alors pas, on ne fait plus de business, mais en tout cas, il faut respecter les droits humains en tout temps, que ce soit d'ailleurs en temps de paix ou en temps de guerre. On voit que cela s'applique là.
Je parle en particulier pour les zones de conflit, puisqu'on voit qu'il y a eu quand même des accusations de complices et crimes contre l'humanité, ce qui est très grave, parce que la Farge a, a priori, aurait financé des groupes qui se sont rendus complices de crimes contre l'humanité et de génocides envers le peuple yézudi.
Qui se sont servis de cet argent pour commettre des crimes, c'est ça ?
Alors, ça a alimenté ces groupes à un moment où ils étaient en pleine histoire, 2013-2014. Et certains des dirigeants ont pu dire, à l'époque, on ne savait pas la nature de ces groupes. Il n'y avait pas encore eu les attentats de Paris de 2015. On est en 2013-2014. Mais on sait pourtant, les informations avaient déjà des exécutions sommaires, des décapitations, des crucifixions. Le génocide des yézidis en 2014. Et les informations du dossier montrent qu'à ce moment-là, la Farge était encore en train de négocier un accord, un nouvel accord avec l'État islamique pour permettre son activité.
La Farge devant la justice pour financement de terrorisme. Vous allez suivre ce procès qui va durer six semaines. Pour le compte de votre association Sherpa, Anna Kiffer, merci beaucoup. Procès qui va donc durer jusqu'à la mi-décembre devant le tribunal correctionnel de Paris. C'est parti.