L’alto à l’honneur au festival de la Chaise-Dieu
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Festival immanquable pour vous Lisberto pour y jouer et pour assister au concert ?
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Et vous jouerez avec eux, non seulement vous allez parler de votre violon sous forme de masterclass avec des musiciens aguerris, mais vous allez aussi vous produire en concert avec eux.
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Quand ce sont les autres qui les jouent, est-ce que vous pouvez parfois saisir des nuances dans l'interprétation encore aujourd'hui ?
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Quand et pourquoi avez-vous choisi l'alto, qui est un petit peu plus gros que le violon ?
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Et pourquoi ? Qu'est-ce que vous préférez dans l'alto ?
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Ce morceau de Schumann, Merchant Builder, opus 113, Lebhaft.
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Fin d'été, Julie Gacon
La sonate en mi-bémol majeur de Brahms, le piano d'Adam Laloum et votre violon alto Lisberto, bonjour ! Bonjour ! Merci beaucoup d'être avec nous, vous êtes donc altiste et vous vous apprêtez à partir pour la chaise d'yeux en Haute-Loire pour le festival de musique classique qui fête ses 60 ans cette année. Festival immanquable pour vous Lisberto pour y jouer et pour assister au concert ?
Tout à fait, c'est incroyable que dans ce petit village d'Auvergnat, il y ait autant de concerts en si peu de temps. Ça va être ma quatrième année et je viens aussi pour l'académie Génération Chaises-Dieu où avec mes collègues Pierre Fouchonneret et Romain Descharmes, on aide, on écoute quatre groupes de jeunes et on les prépare à se produire aussi et à faire rayonner le festival dans la région.
Et vous jouerez avec eux, non seulement vous allez parler de votre violon sous forme de masterclass avec des musiciens qui sont quand même déjà aguerris, mais vous allez aussi vous produire en concert avec eux. On aura peut-être l'occasion d'en parler, mais d'abord parce que Mozart, Brahms, Schubert sont au programme à ce festival de la chaise d'yeux, des compositeurs et leurs oeuvres que vous avez déjà beaucoup jouées. Quand ce sont les autres qui les jouent, est-ce que vous pouvez parfois saisir des nuances dans l'interprétation encore aujourd'hui ?
Oui, tout à fait. Moi, c'est des oeuvres que j'ai jouées presque des centaines de fois. Et selon les lieux, une acoustique différente, selon aussi les partenaires de jeu, ça change du tout au tout. À chaque fois, on redécouvre en fait une pièce en fonction de notre environnement.
Là, ce sera dans le cadre somptueux de la chaise d'yeux, il y a à la fois l'abbatial Saint-Robert, l'auditorium Xifra à la chaise d'yeux, l'abbatial Saint-Austre-Moine à Hissoir. Vous avez commencé, Lisberto, par apprendre le violon très jeune au conservatoire de Villefranche-sur-Saône, à une heure de route de Bourg-en-Bresse où vous êtes née. Quand et pourquoi avez-vous choisi l'alto, qui est un petit peu plus gros que le violon ?
Alors déjà, j'adorais quand même le violon. J'ai eu un professeur à Villefranche-sur-Saône incroyable qui m'a stimulée, motivée et qui a su aussi me quitter à temps, me faire partir au conservatoire de Lyon. Et à Lyon, tout simplement, il manquait énormément d'altistes et on proposait un double cursus au conservatoire parce qu'il y a une proportion dans l'orchestre, dans la musique de chambre. Il faut qu'il y ait deux fois moins d'altistes que de violonistes. Et là, on n'y était pas, il n'y en avait même pas un quart. Donc, il proposait un double cursus et je suis tombée sur une prof aussi géniale à l'alto qui m'a prêté un super instrument.
Et tout de suite, en fait, c'était un peu la révélation. Je me suis dit, oh là là, mais en fait, je préfère vraiment les cours d'alto. Je préfère vraiment jouer de l'alto. Et je passais beaucoup plus de temps à la maison à travailler mon alto que mon violon. Donc, ça s'est fait un peu naturellement. Et pourquoi ? Qu'est-ce que vous préférez dans l'alto ? Je préférais le son. On dit que c'est l'instrument qui se rapproche le plus de la voix humaine. Mais j'étais aussi physiquement plus confortable avec un instrument un peu plus gros. Et puis, le son et le rôle même de l'instrument est différent. Tout le côté virtuose qu'il y a le violon.
Moi, j'aimais bien aussi en musique de chambre faire le lien entre les instruments. L'alto, c'est vraiment celui qui distribue les voix entre le violoncelle et le violon. C'est un lien. C'est moins exposé. Mais il n'y a pas d'alto, il n'y a pas de quoi tuer.
Alto avec lequel vous jouez, par exemple, dans ce disque que vous avez produit avec, au piano, dans la lume. Ce morceau de Schumann, Merchant Builder, opus 113, Lebhaft. Schumann, Merchant Builder. Vous jouez sur quel instrument, Lisberto ? Quel alto ? D'où vient-il ? Qui vous l'a procuré ?
J'ai la chance d'avoir un alto italien du XVIIe siècle, donc de 1660, précisément, qui est fait par le luthier Cassini. Un alto italien du XVIIe, comme prête. C'est Bernard Magrez, un sponsor qui est dans le vin, qui me le met à disposition pour une durée indéterminée.
C'est très courant dans votre milieu, un système de mécénat, quelqu'un achète l'instrument et vous le met à disposition. Et vous-même, vous le mettez à disposition, vous le prêtez volontiers, votre alto ?
Moi, celui-là, je joue dessus, mais j'ai un très, très bon alto moderne que je prête moi-même aussi, parce que les instruments, il faut qu'ils soient joués, sinon ils s'abîment. Donc, on ne laisse jamais un instrument au placard. Voilà, donc, pour l'instant, quelqu'un en profite. Et puis moi, j'ai cet instrument merveilleux à ma disposition.
Est-ce que les conditions climatiques, comme cet été, jouent sur le son de l'alto ?
Oui, alors les instruments italiens sont plus sensibles que les instruments modernes. On dit plus capricieux aussi, c'est-à-dire l'hygrométrie, la température. C'est surtout les fluctuations qui ont un impact, en tout cas sur le mien, qui est vraiment un peu capricieux en ce moment. Parce qu'on passe des endroits climatisés à des canicules, il y a du plein air, avec un temps orageux, beaucoup d'humidité. Donc, voilà, j'ouvre ma boîte le matin, je sais rarement quels sons il va me proposer.
Alors, vous nous parliez au Festival de la Chaisse-Dieu de ce concert d'un jeune quatuor auquel vous allez participer, dans le cadre de la Génération Chaisse-Dieu, qui conseille des musiciens accueillis en résidence pendant les dix jours de festival et qui travaillent sous forme de masterclass. Qu'est-ce que vous essayez de leur apporter à ces musiciens et musiciennes qui, en général, sont déjà aguerris ?
C'est vraiment un système d'échange. On n'impose rien, on suggère, on leur donne un peu des options. Et ça, c'est toujours fait dans la musique de mélanger les générations. Parce que là, maintenant, je suis quand même bien plus vieille que les jeunes qui vont arriver. On a toujours eu ce système d'échange de jouer avec des aînés, en fait. Mais quand on joue, ce n'est vraiment pas des systèmes de cours, c'est vraiment un partage. On peut apporter une expérience. Et puis, moi, mon but, là, avec le quatuor magenta, avec qui je vais jouer le quintet de Mozart, ce n'est pas du tout de m'imposer. Au contraire, c'est de me fondre dans leur son.
Parce que le quatuor, c'est déjà une identité, une voix. Et donc, c'est vraiment à moi de m'adapter et de faire que la cinquième personne ait la même voix que les quatre autres, en fait.
Vous dites que le but aussi de ces échanges avec ces plus jeunes artistes, c'est les aider à ce qu'ils soient convaincus par ceux qu'ils jouent. On peut jouer sans être convaincu ? Ça donne quoi ? Ça s'entend quand on n'est pas convaincu ?
Oui, oui, oui. Comment mener une phrase ? Comment rendre un discours pertinent ? Le discours musical, oui, on peut... En fait, à tous les niveaux, à toutes les échelles, c'est notre recherche, c'est notre but, en fait, c'est d'avoir un discours musical et d'être convaincant en éminant aussi quelque chose de personnel.
Merci beaucoup, Lisberto. Vous apprêtez à voyager, vous et votre alto, vers la Haute-Loire pour le festival de la Chèse-Dieu qui commence demain et jusqu'au 30 août. C'est la 60e édition du festival, 35 concerts prévus. Le festival attend 26 000 spectateurs et vous jurez, vous, dimanche, lundi et aussi mardi prochain. Cette fois, dans le cadre de la génération Chèse-Dieu, vous avez aussi cofondé le Quatuor Strada et publié et sorti quelques albums avec le pianiste Adam Laloum. et on termine pour vous saluer avec ce morceau de Schubert que vous jouez, sonate en la mineur. La sonate en la mineur de Schubert, ici jouée avec le piano d'Adam Laloum et le violon alto de Lisberto. Merci.