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interviewBFMTV· 19 mars 2023 49 min

Retraites, 49.3: l'interview intégrale de Yaël Braun-Pivet sur BFMTV

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonsoir Yann Breau-Pivet, bienvenue dans cette émission, vous êtes présidente de l'Assemblée nationale, députée des Yvelines, je vais vous interroger avec Benjamin Duhamel. Je voudrais tout d'abord avoir votre réaction à ces mobilisations. Depuis jeudi, elles sont pour partie, même plutôt majoritairement, spontanées. On voit des gens un peu partout en France, ou un peu uniquement dans les grandes villes, qui se réunissent. La grande majorité de ces rassemblements se passent dans le calme. Il y a des débordements aussi, on va y revenir. Ça vous inspire quoi ?

0:25
Yaël Braun-Pivet

On voit que la mobilisation des Français ne faiblit pas, qu'il y a beaucoup d'émotions dans le pays, qu'il y a de la colère aussi chez certains de nos compatriotes. Donc ça me préoccupe, pour tout vous dire, ça me préoccupe, parce que nous sommes dans un pays qui a besoin de se réformer, et qui a besoin de se réformer par le dialogue, par la concertation. Et c'est vrai que lorsque l'on voit des blocs comme ça, qui s'affrontent les uns contre les autres, c'est pas bon signe. Et donc ça interpelle la femme politique que je suis.

1:03
Présentateur

Madame Bronte-Pivet, la permanence d'Éric Ciotti a été vandalisée. Les permanences de Guillaume Gouffier-Valente, Brigitte Klinkert, la sénatrice Amel Gacker ont été vandalisées également. Le député de votre parti, Karl-Olive, est venu chez RMC ce matin, accompagné d'une protection policière. On pourrait citer également Agnès Évren, élue des Républicains, qui a publié aujourd'hui les menaces de mort dont elle est la cible. Qu'est-ce qui se passe ?

1:29
Yaël Braun-Pivet

Alors, il faut essayer de dézoomer un petit peu. Les violences contre les élus ne cessent d'augmenter. L'année 2022, on en a répertorié plus de 32% par rapport à l'année précédente. Donc on a un mouvement qui est un mouvement de fond, avec des violences qui augmentent de façon récurrente. Rien que depuis le début de cette mandature, c'est près de 50 parlementaires qui ont été menacés, soit de mort, soit avec des permanences dégradées. Et là, on voit qu'effectivement, depuis quelques jours, ce mouvement, alors je ne veux pas dire qu'il s'accélère, mais en tout cas, il est toujours présent. Et on voit des élus de tous bords qui se font...

2:06
Présentateur

Mais à qui la faute, Mme Brande-Pivet ? Parce que les syndicats nous disent, Philippe Martinez nous a dit à la mi-journée, nous avions prévenu, dans un courrier, nous avions prévenu que cela arriverait, parce que nous ne sommes pas écoutés.

2:16
Yaël Braun-Pivet

Non, mais attendez, à qui la faute ? Quand je vous dis que c'est un mouvement de fond, de violence contre les élus, la faute, elle est évidemment, elle est imputable à ceux qui exercent ces violences. Là, il n'y a pas de débat. Et moi, je ne veux pas entendre qui a provoqué cette violence, qui a provoqué cette colère, surtout quand on voit que, comme je vous l'indiquais, depuis 2022, c'est plus de 30% de faits de violence contre les élus. Donc ça indique surtout que nous avons une démocratie qui ne va pas bien, où certaines personnes estiment qu'il faut passer par la violence contre ceux qui s'engagent, contre ceux qui s'engagent et qui se dévouent. Cors et âme pour l'intérêt général.

2:57
Présentateur

Vous utilisez les mêmes arguments que les gens qui sont opposés à vous politiquement, j'entends. La démocratie ne va pas bien, c'est ce que vous disent les opposants. LFI vous dit, vous n'avez pas été dans un processus démocratique, vous ne nous avez pas écoutés.

3:09
Yaël Braun-Pivet

Alors, LFI...

3:11
Présentateur

Les Saint-Lucas disaient la même chose.

3:12
Yaël Braun-Pivet

Oui, alors, attendez, il faut remettre un petit peu l'église au milieu du village. LFI est le groupe politique qui a joué l'obstruction à l'Assemblée pendant l'intégralité du débat des retraites et qui a empêché le débat. C'est très clair. Moi, j'ai présidé des nombreuses heures de débat et j'ai donné la parole continuellement au même groupe portant les mêmes amendements à la virgule près. Et ils ne souhaitaient pas le débat. Ils faisaient des interventions qu'ils avaient pré-rédigées et ils les déclamaient.

3:43
Invité

Et eux, vous répondent, Mme Brondivet, que vous avez utilisé des procédures raccourcissant le temps parlementaire, au Sénat, que la procédure de vote bloquée a été engagée. Donc là, encore, il y a une sorte de dialogue de sourds sur ce que vous mettez en avant, à savoir le principe même de la démocratie qui aurait été bafouée ou non.

4:01
Yaël Braun-Pivet

Non, pour moi, ce n'est pas un dialogue de sourds. Et il faut vraiment revoir les choses telles qu'elles sont. Telles qu'elles sont. Lorsque l'on regarde l'obstruction parlementaire avérée des Insoumis, avec un nombre d'amendements que si nous avions voulu les examiner les uns après les autres, nous y étions à Noël, en n'examinant aucun autre texte. Aucun autre texte. Donc, il y a eu une obstruction manifeste et le gouvernement a utilisé une procédure démocratique puisqu'elle figure dans notre Constitution. Moi, je voudrais quand même qu'on sache bien de quoi on parle. Lorsqu'on applique la règle de droit, lorsque l'on respecte nos institutions, c'est par essence démocratique.

Et puis, la France Insoumise, ils ont beau jeu parce qu'ils invoquent nos institutions ou la règle de droit quand ça les arrange. Et quand ça leur est, à leurs yeux, défavorable, cela devient antidémocratique.

5:02
Présentateur

On peut aller au-delà de la France Insoumise, Madame la Présidente. Quand on regarde les cortèges, quand on écoute les gens qui manifestent, ils disent aussi que le véhicule législatif était contraint. Texte budgétaire, 50 jours pour faire la navette. Au Sénat, vote bloqué, 44-3. Retour à l'Assemblée nationale, 49-3. Alors, si on regarde les choses, j'imagine que vous-même, vous êtes avant tout parlementaire. Bien sûr. Ce n'est pas l'idéal pour vous. Ce n'est pas ce pour quoi vous avez signé au début ici ?

5:30
Yaël Braun-Pivet

Alors, moi, j'ai signé pour m'engager, pour être utile et pour servir mon pays et pour servir mes concitoyens. C'est pour ça que je me suis engagée. Là, vous me parlez de procédure. Je ne me suis pas engagée pour une procédure.

5:44
Présentateur

C'est une procédure qui bloque les débats parlementaires, qui les raccourcit, qui les contraint.

5:49
Yaël Braun-Pivet

C'est faux. Elle ne bloque pas les débats parlementaires. Ce qui bloque les débats parlementaires, c'est l'obstruction parlementaire.

5:55
Invité

Donc, il n'y a aucun problème avec l'usage du 49-3 ? Aucun problème ?

5:58
Yaël Braun-Pivet

Là, on parle de la procédure qui a été choisie par le gouvernement, c'est-à-dire un projet de loi rectificatif de la Sécurité sociale. Cette procédure qui a été choisie donne le temps du débat. Et le temps qui a été alloué au débat à l'Assemblée et au Sénat est un temps qui, lorsque l'on regarde, qu'on comptabilise les heures, est un temps très classique pour une réforme des retraites. Donc, il n'y a pas de raccourcissement de ces débats. J'ajouterais qu'au Sénat, les débats ont été jusqu'à leur terme qu'il y a eu un vote au Sénat.

Et que, par ailleurs, lorsque les parlementaires se sont réunis dans une commission mixte paritaire, ils sont parvenus à un accord et ils ont voté pour cet accord à une large majorité. Donc, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas eu de débat à l'Assemblée. On ne peut pas dire qu'il n'y a pas eu de vote. Il y a eu des votes au Sénat et en commission mixte paritaire. Il n'y a pas eu de vote à l'Assemblée. Il n'y a pas eu de vote final à l'Assemblée nationale. Il y aura un vote final demain de deux motions de censure qui ont été déposées.

6:54
Invité

Mais pour qu'on comprenne bien ce que vous dites, vous ne regrettez pas l'usage du 49-3 par le gouvernement ?

6:58
Yaël Braun-Pivet

Alors, ce n'est pas ce que j'ai dit. Je regretterais toujours qu'on n'ait pas pu arriver à un consensus et qu'on n'ait pas réussi à créer une large majorité autour de cette réforme qui est une réforme nécessaire. Nous avons essayé, puisque, rappelez-vous, replaçons-nous un petit peu en arrière. Je faisais partie de ceux qui se sont opposés à ce que l'on mette un amendement dans le budget de la Sécurité sociale. Parce qu'à l'époque, je n'étais pas seule, je pensais qu'il fallait laisser le temps de la négociation sociale et du débat politique. Nous avons, le gouvernement a pris ce temps. Il y a eu ces négociations sociales avec Olivier Dussopt, les syndicats.

Il y a eu le temps politique et le texte qui est aujourd'hui adopté en CMP n'a rien à voir avec le texte qui aurait pu être adopté ou présenté à l'automne dernier. CMP, c'est la commission mixte parité. Voilà, excusez-moi. L'âge a changé, nous ne sommes plus à 65 mais à 64. Et il y a eu un certain nombre d'avancées qui sont dues aux discussions avec les syndicats et aux discussions avec les forces politiques de notre pays.

8:08
Invité

Donc on ne peut pas dire que tout cela n'a pas marché. Qu'est-ce qui n'a pas marché qui, à la fin, vous a contraint ou a contraint le gouvernement à avoir recours au 49-3 ? Qu'est-ce qui n'a pas marché ? On a le sentiment parfois, quand on égale les interviews des ministres, que ce soit à la télévision ou dans la presse écrite, qu'au fond, c'est de la faute des républicains, c'est de la faute parfois des responsables syndicaux qui ne sont pas responsables, mais le gouvernement n'a aucune responsabilité.

8:27
Yaël Braun-Pivet

Moi, je pense qu'on a tous notre part de responsabilité. C'est ce que j'expliquais au début. Moi, je pense que sur ce type de réforme qui concerne l'ensemble de la population, nous aurions dû réussir à créer du consensus. Nous ne l'avons pas fait, mais c'est, j'ai envie de vous dire, la faute à tout le monde. La faute aux syndicats, la faute à toutes les forces politiques, la faute au gouvernement, ma faute aussi. Je pense qu'on a tous une part de responsabilité à ne pas avoir réussi à créer du consensus.

Mais je pense que nous n'avons vraiment pas été aidés, et je reviens à la France insoumise, à ceux qui ont joué l'obstruction, parce qu'ils ont empêché l'Assemblée nationale de remplir pleinement sa mission de débattre. Et du débat naît le consensus. Et là, on a une vraie faille. Parce que pendant les 15 jours à l'Assemblée nationale où nous avons examiné ce texte, malheureusement, nous n'avons eu que peu de débats, nous avons eu beaucoup de monologues. Et je crois que là, il y a vraiment un manque, et un manque qui nuit à la fin, parce que nous n'avons pas utilisé cette période de 15 jours à l'Assemblée nationale pour réussir à créer une plus large adhésion à notre réforme des rôles.

9:37
Présentateur

Mais les amendements participent du même fonctionnement que le 49-3. Ils sont une arme légale. Et d'ailleurs que la majorité a utilisé elle-même à plusieurs moments, je ne vais pas entrer dans le détail, mais a fait sauter un amendement pour faire tomber tous les sous-amendements, etc. Cette tactique parlementaire, vous la maîtrisez mieux que personne. Ils l'ont utilisée comme vous l'avez utilisée.

9:55
Yaël Braun-Pivet

Mais c'est pour ça que je vous disais que finalement, c'est assez, il faut noter, et c'est assez cocasse de les voir arguer du fait qu'ils ont le droit d'amender, de suramender, de déposer des milliers d'amendements, et que ça c'est constitutionnel et que c'est leur liberté de parlementaire. Et que quand on utilise un autre outil constitutionnel tel que le vote bloqué ou le 47-1, là ça devient antidémocratique. La constitution n'est pas à la carte.

La constitution c'est un ensemble de règles qui fait qu'aujourd'hui nous pouvons avoir un pays avec des institutions qui sont solides, qui résistent à toutes les crises politiques, aux crises sociales, qui permettent de fonctionner aujourd'hui, comme on le voit, avec une majorité relative. Et la constitution, on ne choisit pas les articles de la constitution qui nous conviennent et ceux qui ne nous conviennent pas.

10:45
Présentateur

On verra dans la suite de cet entretien si les institutions vont permettre de fonctionner pendant les quatre années qui viennent dans le contexte actuel. Mais l'utilisation du 49-3, est-ce que c'est une défaite ? Je ne parle pas de qui gagne le bras de fer en tant que parlementaire. Vous faites la loi pour tous les Français. Est-ce que ce n'est pas une défaite en 49-3 ?

11:07
Yaël Braun-Pivet

C'est la défaite de l'absence de consensus. C'est ça. C'est ça que ça veut dire. Ça veut dire que finalement, en utilisant un outil procédural tel que le 49-3, nous n'avons pu que constater que nous n'avions pas réussi à emporter un large consensus sur cette réforme des retraites. Maintenant, je vous dirais quand même que c'est un outil qui existe depuis l'origine. Il a été pensé par le général de Gaulle. C'est un outil. À une autre époque, évidemment. À une autre époque, oui. Mais qui a été utilisé à une centaine de reprises. Il a été pensé pour deux choses. Pour faire face à de l'obstruction et pour faire face à une situation de majorité relative.

Donc aujourd'hui, nous sommes dans cette situation-là. J'ajoute, pour terminer, qu'il a été utilisé par toutes les forces politiques de notre pays, qu'elles soient de droite ou qu'elles soient de gauche. Et qu'enfin, nous avons révisé à 24 reprises la Constitution. Et que personne, quel que soit son bord politique, n'a jamais proposé de le supprimer. Oui.

12:10
Présentateur

Mais si je vous demande si vous voulez d'un super pouvoir, il y a peu de chance que vous me disiez non, j'en veux pas.

12:16
Yaël Braun-Pivet

Donc ce sont les mêmes qui aujourd'hui en critiquent l'utilisation, qui l'ont utilisé précédemment. Donc il y a aussi un peu une espèce de tartufferie dans tout cela. La Constitution, c'est pas quand ça vous arrange. C'est pas quand ça vous arrange.

12:27
Invité

Une question très précise sur la succession de réunions qui ont eu lieu à l'Élysée jeudi avant la décision d'aller au 49-3. Ce que l'on sait, à travers les coulisses, c'est que notamment la première réunion le matin même, aux alentours de 8h15, vous étiez une des seules à plaider tout de suite pour utiliser le 49-3, alors même qu'autour de la table, les autres interlocuteurs, eux, disaient « il faut aller au vote, il faut qu'on prenne le risque ». Est-ce que c'est pas un peu contradictoire d'avoir la présidente de l'Assemblée nationale qui très tôt disait « il faut aller au 49-3, il ne faut pas risquer d'aller au vote ».

12:54
Yaël Braun-Pivet

Alors effectivement, à 8h15, j'étais à l'Élysée. Nous étions quelques-uns autour du président de la République à réfléchir. Moi, je n'ai pas coutume de relater des conversations que nous pouvons avoir dans ce type de cadre, mais je pourrais vous indiquer que je n'étais absolument pas la seule à porter cette voie-là.

13:13
Invité

Non, pas la seule, mais par exemple Aurore Berger, aux coparlementaires, qui, elle, disait « il faut aller au vote, il faut prendre le risque ». Et c'est d'ailleurs aussi ce qu'on entend beaucoup chez les parlementaires qui sont frustrés, déçus, qui disent « mais on aurait presque préféré perdre, mais on aurait voulu aller au vote plutôt que ce 49-3 soit utilisé ».

13:27
Yaël Braun-Pivet

Non, mais je comprends la frustration de ces parlementaires, de la présidente du groupe Renaissance, de ne pas avoir réussi à aller au vote. Maintenant, moi, j'ai considéré en mon âme et conscience que nous ne pouvions pas, sur une réforme de cette importance, sur une réforme de cette importance pour notre pays, pour notre jeunesse, pour l'ensemble de nos retraités, de nos futurs retraités, que nous ne pouvions pas prendre le risque d'une défaite. Et donc, effectivement, moi, j'ai plaidé assez tôt pour ce recours. Mais ça n'est jamais de gaieté de cœur, vous savez.

Mais je crois qu'il faut aussi, par moment, et c'est la fonction qui est la mienne aujourd'hui, savoir prendre, en tout cas conseiller des décisions qui ne sont pas les plus faciles, mais qui paraissent être justes pour son pays.

14:21
Présentateur

Oui, alors cet argument, il est repris par à peu près tous les personnages importants de la majorité. Bruno Le Maire, ce matin dans la presse, il a redit à midi à la télévision. Sauf que face à cet argument, il y a les images que l'on voit depuis tout à l'heure, mais que l'on voit depuis jeudi et que l'on voit depuis deux mois. En fait, il y a une majorité de Français, selon tous les instituts de sondage, d'ailleurs c'est assez rare qu'il y ait une forme de consensus à ce niveau-là, les Français ne veulent pas de ce texte. Et le pire, c'est qu'ils l'ont très bien compris. Et ils ont compris les enjeux, mais ils vous disent non, on n'en veut pas.

Donc, à la fin, est-ce que vous dites aux Français, non, mais vous n'avez pas compris ?

14:55
Yaël Braun-Pivet

Je ne dis jamais ça aux Français.

14:58
Présentateur

Alors, s'ils vous disent qu'ils n'en veulent pas, et vous continuez de dire, mais attendez, c'est très très important. Mais où est-il y a-tu, ça, là ?

15:04
Yaël Braun-Pivet

Parce que nous sommes dans une démocratie, nous sommes dans une démocratie représentative, et un pays ne se gouverne pas sur la foi des sondages. Il y a les manifestations aussi, Mme Brunpil. Oui, mais c'est pour ça qu'il faut entendre ce que nous disent nos concitoyens à travers les sondages, à travers les manifestations, mais un pays ne se gouverne pas à coup de sondages.

15:26
Présentateur

Mais vous l'avez vraiment entendu, ce que vous disiez les Français ?

15:29
Yaël Braun-Pivet

Mais bien sûr, mais bien sûr. Pourquoi le texte a évolué ? Si nous avions été sourds, le texte qui est soumis au Parlement demain, ce serait exactement le même, ça serait la même copie que celle qui avait été présentée par le gouvernement. Si nous étions sourds, nous ne le sommes pas. Le texte a évolué.

15:48
Présentateur

Mais il n'a pas évolué sur les deux points de cristallisation principaux. Vous le savez, c'est 64 ans et 43 annuités. Ça, ça ne passe pour personne.

15:53
Yaël Braun-Pivet

Mais les 43 annuités, cette réforme, elle a été faite avant nous par la gauche. Non ?

16:02
Présentateur

Oui, mais vous n'avez pas fait changer de choses.

16:04
Yaël Braun-Pivet

On l'a accéléré, mais ce n'est pas une réforme qui arrive comme ça aujourd'hui. C'est une réforme qui a été faite par la gauche auparavant. Quand nous sommes dans le programme présidentiel du président Macron, nous étions à 65 ans. Pourquoi nous sommes passés de 65 ans à 64 ans ? Nous avons bien écouté. Nous avons écouté les syndicats, nous avons écouté les Français.

16:28
Invité

Les syndicats disaient qu'on ne veut pas du report de l'âge. Ils ne demandaient pas qu'on passe de 65 à 64.

16:31
Yaël Braun-Pivet

Après, il y a ce qu'on appelle une négociation. Nous avions un objectif qui était d'arriver à l'équilibre du système en 2030. Nous pensions au départ qu'il fallait aller jusqu'à 65 ans. J'observe que d'autres candidats à la présidentielle, notamment Valérie Pécresse, portaient également cette même réforme. François Fillon avant elle, etc. Et qu'en dialoguant avec les syndicats et en écoutant les Français, nous avons ramené cet âge de 65 ans à 64 ans. En écoutant les syndicats et les Français, nous avons apporté des modifications à ce texte. Donc vous ne pouvez pas dire que nous avons écouté ce qu'on n'est pas exact.

17:10
Présentateur

Madame la présidente, je pense qu'il y a des gens qui vous écoutent là et qui doivent se dire, mais qu'est-ce qu'elle est en train de nous raconter ? Parce que les syndicats vous ont dit depuis le premier instant, nous ne voulons pas des 64 ans. Vous avez réussi quelque chose que personne n'avait réussi depuis 12 ans. Vous avez créé un front intersyndical qui n'a pas bougé depuis le début de ces négociations. Il y a des millions de Français dans la rue depuis deux mois. Et vous dites aux Français ce soir, nous avons écouté, nous avons évolué. Il y a un moment donné où il y a quelqu'un qui ne comprend pas l'autre côté.

17:43
Yaël Braun-Pivet

Certains Français et certains syndicats auraient voulu que nous abandonnions purement et simplement cette réforme. Ça n'a pas été le choix que nous avons fait. Parce que nous souhaitons pérenniser le système des retraites et nous pensons que pour le pérenniser, il faut qu'il soit à l'équilibre, que nous ne pouvons pas avoir durablement un système des retraites qui est déficitaire. Je rappelle 150 milliards de déficits pour les 10 prochaines années. – Ils l'ont entendu, vous le savez. – Ça, les Français l'ont entendu. Les Français ne veulent pas qu'on baisse les pensions. Les Français ne veulent pas qu'on touche à leur pouvoir d'achat. Et ils ont raison.

Donc nous ne pouvons pas augmenter les cotisations. Donc dites-moi, quelle est l'autre façon de pérenniser le système, de garder l'équilibre de notre régime de retraite, tout en permettant de payer les pensions de nos compatriotes sans qu'elles baissent.

18:29
Présentateur

– Mais l'opposition vous en fait des propositions. L'opposition dit, LFI par exemple, puisque M. Bompar était sur ce plateau il y a quelques instants, LFI dit, nous c'est 60 ans et nous avons un schéma de financement de ce système.

18:41
Yaël Braun-Pivet

– Moi, ce schéma de financement, moi je ne l'ai pas vu. En tout cas, le peu que j'en ai entendu n'est pas crédible parce qu'il repose sur des rentrées financières qui ne sont pas stables, qui ne sont pas stabilisées, type des taxations, des super profits, etc. qui peuvent varier. Donc vous ne pouvez pas assurer la pérennité d'un système, la pérennité financière d'un système sur des ressources qui sont variables. Et par ailleurs, moi ce que je pense profondément, c'est que nous ne pouvons pas durablement financer notre système social sur de la dette. Nous avons aujourd'hui une dette publique qui atteint près de 3 000 milliards d'euros. 3 000 milliards d'euros.

Nous devons investir sur l'ensemble de nos services publics, nous en parlons régulièrement.

19:31
Invité

– C'était l'argument du président de la République qui a d'ailleurs dit, si on va au vote et qu'on perd, on prend un risque important économique, financier.

19:38
Yaël Braun-Pivet

– Ce n'est pas ça que je dis.

19:38
Invité

– Non, non, mais c'était aussi l'argument utilisé par le président de la République. Ça, vous comprenez que les Français puissent se dire, mais c'est quoi, il y a eu une sorte de chantage, c'est-à-dire si jamais on retirait, on prenait un risque financier, les taux d'intérêt allaient augmenter ?

19:48
Yaël Braun-Pivet

– Le sujet, il est surtout, comment on finance aujourd'hui nos services publics, la justice, notre armée, notre hôpital, notre école, si on ne fonctionne qu'avec de la dette ? Ça ne marchera pas, on ne peut pas continuer comme ça. Et donc, prévoir un système des retraites qui soit équilibré de façon intrinsèque et de pouvoir, à côté, avec d'autres ressources, financer nos services publics, c'est ce qui me paraît être une gestion saine de nos pouvoirs publics.

20:22
Présentateur

– Donc ça veut dire qu'on est arrivé là, à ce moment précis de nos vies, au bord du précipice ? Parce qu'Emmanuel Macron a été élu en 2017, il y a eu la crise Covid, il y a eu le quoi qu'il en coûte, 600 milliards d'euros injectés dans l'économie. Ça a été plutôt salué, par ailleurs, d'un bord de l'autre de l'hémicycle, donc il n'y a pas de débat là-dessus. Mais aujourd'hui, il fallait absolument faire cette réforme, là, en 2023, sinon la note de la France allait être dégradée, sinon plus rien ne fonctionnait, sinon on ne pouvait plus rien financer. – Ça n'est pas ce que je dis.

– Non, mais ce que vous disiez, Benjamin, c'est que le tableau est très catastrophiste dans la façon dont vous présentez les choses.

20:54
Yaël Braun-Pivet

– 3 000 milliards de dettes, oui, c'est catastrophique.

20:56
Présentateur

– Oui, mais ça ne date pas d'il y a 6 mois.

20:57
Yaël Braun-Pivet

– Non, ça ne date pas d'il y a 6 mois. Mais la crise Covid s'est invitée parmi nous, et vous l'avez rappelé, c'est 600 milliards d'euros, le quoi qu'il en coûte, mais qui nous a permis de sauver nos entreprises, nos emplois, et de soutenir tous nos petits commerçants et toute notre économie, et finalement de permettre à notre pays de rester debout. Maintenant, il faut regarder cette situation de façon lucide, et moi je pense que nous ne pouvons pas accepter durablement d'avoir un système de retraite auquel nous tenons, particulièrement tous qui soient durablement déficitaires.

21:30
Invité

– Donc Mme Braun-Pivet, vous ne reculerez à aucun moment, c'est-à-dire que…

21:36
Présentateur

– Il n'y aura pas de susmulgation.

21:37
Invité

– Pas de susmulgation.

21:38
Présentateur

– Pour reprendre le mot inventé en 2006.

21:39
Invité

– Exactement, certains espèrent un scénario à la 2006 avec le contrat premier embauche qui avait été voté, promulgué, puis suspendu. Certains qui manifestent, on le voit d'ailleurs à l'image, continuent à espérer que le gouvernement finisse par reculer. Vous nous dites, jamais il n'y aura aucun recul sur ce texte de la part du gouvernement.

21:57
Yaël Braun-Pivet

– Écoutez, il ne vous aura pas échappé que je ne suis pas le gouvernement, je suis la présidente de l'Assemblée nationale, bien sûr, mais là nous sommes dans un processus qu'on va laisser aller à son terme, c'est-à-dire que demain il y aura des motions de censure et le texte sera réputé adopté si ces motions de censure sont rejetées. Donc nous verrons bien après l'instant, je crois qu'il y aura des recours au Conseil constitutionnel, la promulgation, donc nous allons laisser le processus démocratique se poursuivre jusqu'à son terme.

Mais ce qui est certain, c'est que, et ça moi je trouve que c'est quelque chose qui est très important, c'est que finalement cette réforme des retraites, elle nous a dit quoi ? Elle nous a montré très crûment que la vie au travail n'était pas égalitaire, que les carrières des femmes n'étaient pas identiques.

22:47
Invité

– Ça nous a rappelé, je pense que beaucoup le savaient avant même le débat sur les retraites.

22:50
Yaël Braun-Pivet

– Non, mais je pense que ça l'a mis en lumière, que les carrières des femmes étaient plus souvent hachées, plus souvent les salaires étaient inférieurs, que les femmes s'arrêtaient davantage pour élever les enfants, pour s'occuper d'un proche handicapé, etc. qu'elles étaient plus souvent soumises aux temps partiels contraints. Nous le savions tout ça. Mais ce que je veux dire, c'est que lorsque tout d'un coup on s'occupe du moment de la retraite, finalement ça apparaît plus crûment.

23:19
Présentateur

– Vous saviez, Madame Montlivet, que le quotidien des éboueurs par exemple était très compliqué et que ça sentait très mauvais, qu'ils portaient des charges lourdes, etc. et qu'ils devaient deux ans de plus du coup faire ça ?

23:30
Yaël Braun-Pivet

– Mais on le sait tous.

23:31
Présentateur

– C'est pareil pour les égoutiers, c'est pareil pour d'autres métiers.

23:34
Yaël Braun-Pivet

– Il faut regarder à quel âge ils ont commencé, ils ont des critères de pénibilité, donc a priori des personnes qui ont toute leur carrière été dans ce type de métier ne partiront pas à 64 ans.

23:46
Présentateur

– Non, c'est plutôt pour eux, c'est de 57 à 59, mais c'est deux ans de plus.

23:49
Yaël Braun-Pivet

– Mais c'est pour eux, non mais vous venez de dire 64 ans, vous venez de le dire. – Non, j'ai dit deux ans de plus. – Non, j'ai dit deux ans de plus. – 62 à 64, ça n'est pas exact, il y a 4 personnes sur 10…

24:00
Présentateur

– 57 à 59 pour les égoutiers, mais c'est deux ans de plus.

24:02
Yaël Braun-Pivet

– C'est deux ans de plus comme l'ensemble de la population française nous souhaite. C'est le principe de cette réforme, il faut travailler plus, il faut travailler plus pour que notre système de retraite soit à l'équilibre, et c'est-à-dire qu'il puisse perdurer. C'est ça l'objectif de la réforme.

24:19
Présentateur

– Les images, si vous nous rejoignez, que vous voyez en haut à droite de votre écran, c'est le centre de la capitale, les Halles, donc on est vraiment au cœur de Paris, il y a une mobilisation, on a vu quelques charges policières il y a quelques instants, mais dans l'ensemble ça a l'air de bien se passer pour l'instant, évidemment on sera alerté s'il y a quoi que ce soit. On a vu des mobilisations, enfin une mobilisation à Lyon tout à l'heure, également à Nice, devant les bureaux d'Eric Ciotti, qui ont été vandalisés la nuit dernière.

Je voudrais maintenant vous faire écouter Jean-Luc Mélenchon, Madame Bronte-Pivet, il a parlé de vous à la mi-journée, peut-être l'avez-vous déjà entendu, il n'a pas du tout été tendre.

24:53
Invité

– Nous avions, nous, le droit de déposer notre motion et le Rassemblement National a magouillé avec les macronistes et la présidente de l'Assemblée Nationale qui d'un seul coup a changé à nos yeux complètement, parce que ce n'est plus la présidente de l'Assemblée Nationale, c'est un chef de bande macroniste. Elle est complètement en dessous de ce qu'ont été tous les présidents de l'Assemblée Nationale. Et elle, elle a magouillé pour faire que le Rassemblement National. – Jean-Luc Mélenchon… – Et là, pardon, mais pourquoi ils ont fait ça ? – Pour que vous puissiez derrière passer en disant, alors, vous votez pas la motion ou bien, alors, vous votez avec le Rassemblement National.

– Jean-Luc Mélenchon, il faut qu'on marque une pause et on verra, Madame Le Pen, c'est raté, votre campagne à la noix ne marche pas, vous ne nous intimidez pas. – Comment vous réagissez à ça, Madame Bronte-Pivet ?

25:36
Yaël Braun-Pivet

– Bien que le débat politique ne permet pas tout. Je suis une élue de la Nation. Je crois que Jean-Luc Mélenchon ne l'est plus. J'ai été élue par mes pères, présidente de l'Assemblée Nationale. Je préside cette Assemblée de façon très impartiale et surtout très respectueuse de nos règles. Et moi, j'ai envie de vous dire, je crois que ces hommes et ces femmes politiques nous font du mal, mais collectivement. Moi, on s'en fout. Vraiment. Il peut s'attaquer à moi, qu'il n'hésite pas, ça m'est égal. Mais ils font du mal à notre démocratie.

Quand il y a des décisions qui sont prises à l'Assemblée Nationale, dans une instance qu'on appelle la Conférence des présidents, qui regroupe l'ensemble des partis politiques, ces décisions sont par essence démocratiques. Ce ne sont pas des décisions unilatérales de ma part. Ce sont des décisions qui sont votées par les présidents de groupe qui sont présents dans cette Conférence des présidents. Et pour tout vous dire, en Conférence des présidents, je n'ai pas le droit de vote. Je n'ai pas le droit de vote.

Donc, faire croire que dans les instances de l'Assemblée Nationale, nous magouillons, faire croire que j'utilise les pouvoirs qui me sont conférés par mes collègues députés à des fins politiques ou politiciennes, c'est abîmer une fois de plus. Mais comme les insoumis le font depuis le début du mandat, c'est abîmer notre institution. Et c'est grave. Et c'est très grave. Et c'est dangereux pour la démocratie. Et il faut que nos concitoyens voient bien ce qui est en train de se passer. Ils piétinent les règles de notre institution. Vous parlez de Jean-Luc Mélenchon ou des... Des insoumis, d'une façon générale, à la demande, j'imagine, de Jean-Luc Mélenchon.

Lorsqu'il enfreigne notre règlement, lorsqu'il arbore une écharpe de parlementaires, celle qui nous rend si fiers de représenter les Français. Et lorsqu'il l'arbore et qu'il met un pied sur la tête d'Olivier Dussopt, lorsqu'il le traite d'assassin, lorsqu'il chahute, lorsqu'il crie, lorsqu'il empêche la Première Ministre de parler, lorsqu'il... Encore jeudi soir, lorsqu'un député insoumis dit à un autre député « Ta gueule ! » Ça n'est pas acceptable. C'est dangereux. Et que Jean-Luc Mélenchon, qui a été ministre, qui est un éminent politique de notre pays, joue à ça, attise ça, c'est grave.

28:02
Invité

Madame Brune-Pivet, à la mi-journée, Bruno Le Maire expliquait, en réagissant notamment à ce qui était arrivé à Éric Ciotti, c'est-à-dire le fait que sa permanence ait été caillassée, il disait, voilà, il parle d'Éric Ciotti, il parle également de la coupure de courant au domicile de Bruno Retailleau, il dit « La faute à tous ceux qui alimentent la violence verbale. » Est-ce que de la même manière, comme Bruno Le Maire, vous faites une sorte de continuum entre cette violence verbale et ce qui est arrivé, la coupure de courant chez Bruno Retailleau, la permanence d'Éric Ciotti caillassée ?

Est-ce qu'au fond, vous considérez que, voilà, cette violence verbale, ce que dit Bruno Le Maire, ça peut arriver chez les insoumis, que tout ça est lié ?

28:35
Yaël Braun-Pivet

Oui, parce qu'en fait…

28:38
Invité

Donc il y a une forme de responsabilité de la part de ceux qui font preuve de violence verbale ?

28:44
Yaël Braun-Pivet

Il y a une responsabilité de la part de ceux qui soufflent sur les braises, bien sûr. Il y a une responsabilité chez ceux qui trouvent des excuses à ceux qui exercent une violence. Moi, j'ai entendu Jean-Luc Mélenchon s'exprimer sur la permanence d'Éric Ciotti. Qu'est-ce qu'il a dit ? Il a dit « Ah oui, mais je n'ai pas entendu Éric Ciotti lorsque telle ou telle permanence a été… » Quel rapport ? La violence, on la condamne à 100% ? À 100% tout le temps ? Dans quel pays vous voulez vivre ? Dans un pays où les élus risquent leur peau, risquent leur vie parce qu'ils s'engagent ? Moi, je ne les rends pas publics. Mais jeudi, j'ai reçu à ma permanence une lettre manuscrite absolument ignoble.

Je ne l'ai pas rendue publique parce que je n'ai pas souhaité faire de la publicité à cet individu.

29:36
Invité

Jean-Luc Mélenchon a aussi dit évidemment qu'aucun d'entre nous ne peut approuver l'attaque d'une permanence parlementaire. Mais il a aussi dit que, je cite Éric Ciotti, est fort mal placé pour se plaindre.

29:45
Yaël Braun-Pivet

Voilà, c'est ça. Donc à chaque fois, il y a une bonne raison pour finalement excuser, amoindrir, atténuer.

29:55
Invité

Donc il y a une complaisance avec ces violences de Jean-Luc Mélenchon ?

29:58
Yaël Braun-Pivet

Je le crois profondément. Je le crois profondément. Et lorsque je vois une partie de ces parlementaires, des parlementaires qui sont issus de son mouvement à l'Assemblée nationale, je ne suis pas loin d'en être très convaincue.

30:10
Présentateur

Nous allons un instant retrouver notre équipe qui est au Halle, dans le centre de la capitale, pour nous raconter ce qui s'y passe. Sur les images qui nous parviennent, les choses ont l'air calmes. Est-ce qu'il y a du monde ? Racontez-nous.

30:21
Invité

Écoutez, la manifestation n'a pas pu vraiment démarrer, puisque dès le départ, après être rassemblée devant le centre commercial des Halles, les manifestants ont été bloqués par les forces de l'ordre, que ce soit les gendarmes, les policiers de la BRAV, de la brigade de répression de l'action violente, et également les CRS qui sont présents ici. Nous nous trouvons actuellement dans la rue Montmartre, qui est vraiment juste à côté du centre commercial. Il y a également la rue Montorgueil, où les manifestants ont commencé à entrer. Mais à chaque fois, ils ont été bloqués. Et pour l'instant, on assiste à une grande nasse dans ces deux rues, avec des manifestants qui sont bloqués.

Ils ne sont pas très nombreux. Ils font quelques centaines à peine. Donc c'est beaucoup moins qu'hier. On faisait compter jusqu'à 4 000 personnes place d'Italie. Et vous l'entendez, ils continuent de chanter des slogans. Là, actuellement, c'est un slogan anticapitaliste, mais également de chansons contre Emmanuel Macron. Ils font également référence à cette réforme des retraites, à ce 49-3 depuis tout à l'heure. Alors, ça se passe globalement dans le calme, parce que pour l'instant, les policiers et les forces de l'ordre n'ont pas fait usage de gaz lacrymogène. Il n'y a pas eu vraiment de charge, à proprement parler, contre les manifestants.

C'est simplement les policiers qui se positionnent pour les empêcher de continuer à manifester. On n'a pas vu non plus, pour l'instant, de jets de projectiles. Donc les manifestants sont bloqués par les forces de l'ordre, juste à côté du point de départ de la manifestation, qui était, je vous le rappelle, au Centre commercial des Halles, en plein cœur de Paris.

31:42
Présentateur

Merci beaucoup. Vous nous tenez au courant, évidemment, de ce qui se passe et de la façon dont les choses évoluent. Madame Bonne-Pivet, il y a ces mobilisations. Ce que nous disait M. Philippe Martinez à la mi-journée, c'est qu'elles vont continuer jusqu'à jeudi, qui sera, l'espère, l'intersyndicat, le point culminant jusqu'à maintenant de cette mobilisation. Cette mobilisation, elle est un peu sans précédent depuis un moment. Elle traduit sans doute le mécontentement des Français dont nous avons entendu parler.

La question de Benjamin tout à l'heure, et que je reformule un peu différemment, mais c'est, vous dites, si demain les motions sont rejetées, fermer le banc, c'est terminé, quel que soit le niveau de mobilisation ?

32:22
Yaël Braun-Pivet

Mais, à nouveau, je pense que, moi, je reste dans mon champ. Moi, au niveau du Parlement, demain, si les motions de censure sont rejetées, les textes seront considérés comme adoptés. Après, il y aura un recours probablement au Conseil constitutionnel. Après, moi, je pense qu'il faut que le Président de la République, que la Première Ministre, le ministre du Travail, regarde la situation et voit comment nous arrivons à trouver une issue.

32:52
Invité

Vous attendez que le Président de la République prenne la parole ? Il est dit qu'il pourrait parler la semaine prochaine. Est-ce que vous attendez qu'il y ait une forme de réaction au 49-3 et que le Président donne des explications ?

33:04
Yaël Braun-Pivet

Je crois que c'est toujours important. La Première Ministre est venue jeudi soir sur les plateaux pour pouvoir expliquer. Il faut s'adresser aux Français. Donc, si le Président fait le choix de s'adresser aux Français, évidemment que cette parole est bienvenue, j'irai même plus loin. Elle est nécessaire lorsque l'on sent qu'il y a ce niveau de tension dans le pays et qu'il y a cette crispation qui existe et qu'il ne faut pas nier ni minimiser.

Il est important que le Président, qui est le seul élu qui a été élu par l'ensemble des Français, puisse s'adresser à la nation pour indiquer quel est le chemin qu'il souhaite emprunter dans les jours, dans les semaines et dans les mois à venir, bien sûr.

33:48
Présentateur

L'Institut Elab nous rappelait hier qu'il y a un des électeurs d'Emmanuel Macron sur deux qui est opposé également à cette réforme. Avant d'être présidente de l'Assemblée nationale, vous êtes une élue du territoire des Yvelines. Vous les voyez, les gens sur place. J'imagine que vous n'avez pas non plus tous les jours que des « bravo, c'est formidable, tenez bon ».

34:07
Yaël Braun-Pivet

Alors, j'en ai, et heureusement, parce que c'est important aussi, parce qu'on se sent soutenus. – Oui, mais il y a effectivement, il y a eu, et surtout pendant tout le processus d'adoption du texte, beaucoup de questionnements sur des points, sur les carrières longues, sur les droits des femmes. Les questionnements des Français se retrouvent dans tous les partis politiques, évidemment. Mais à ces questions, j'espère que nous avons réussi à apporter des réponses, des réponses sérieuses. Mais à nouveau, moi je crois profondément qu'on ne peut pas demander au régime des retraites, finalement, de faire, d'effacer tout ce qui s'est passé pendant les carrières des gens.

Et là, on voit bien qu'il y a, et nous avons collectivement, du travail à faire sur les conditions de travail, sur le rapport au travail, sur la pénibilité, sur les carrières des femmes, sur l'égalité salariale. Et donc là, il est important que, dans le calendrier qui sera celui que fixera le président de la République, sa première ministre, etc., mais je pense qu'il est important que nous ouvrions tous ces chantiers fondamentaux pour nos compatriotes.

35:18
Présentateur

Avant, ça ? Parler de la relation au travail, de la pénibilité, etc., peut-être avant de dire aux gens, voilà quel est le texte sur la réforme des retraites ?

35:27
Yaël Braun-Pivet

Je ne crois pas. Je crois qu'il était important d'appurer financièrement et surtout de sécuriser l'aboutissement d'une carrière professionnelle qui est la retraite. Savoir que c'est très important que chaque Français puisse se dire, moi, que je prenne ma retraite dans 10 ans, dans 15 ans, dans 20 ans, dans 30 ans, j'en aurai une. C'était ça, notre objectif. Et ça l'est toujours. Il est important que chaque Français ait confiance dans le système. Et moi, je ne veux pas léguer à mes enfants un système de retraite qui soit déficitaire et qu'en plus, on ne cesse d'augmenter la dette qu'ils seront obligés de rembourser. Ça ne serait pas vraiment un cadeau qu'on leur ferait.

36:05
Présentateur

Donc les images toujours du direct, les Français qui se mobilisent, on l'a dit depuis deux mois, on suit évidemment ce qui se passe. Et demain, BFMTV, comme à chaque fois qu'il se passe quelque chose de cet ordre, sera mobilisé toute la journée, toute la soirée, pour rendre compte, raconter une journée qui sera décisive à l'Assemblée nationale. Les élus que tout le monde regarde, ce sont les élus et les républicains. Ce sont eux qui ont la décision entre leurs mains, par leur vote, demain, cette motion de censure.

Les élus et républicains qui ont été, j'allais dire tensés, mais ça voudrait dire qu'il y a un lien de hiérarchie, qui ont plutôt été attaqués assez nettement par Elisabeth Borne, d'abord à la télévision, par Bruno Le Maire ce matin. Vous allez me dire ce que vous en pensez dans un instant, Madame la Présidente. Mais avant ça, on va écouter Aurore Berger. C'est la patronne du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale. Voilà ce qu'elle dit des élus, les républicains.

36:53
Invité

Mais pour vous dire vraiment les coulisses, on va tout se dire. Quand à la fin, vous avez des députés LR, parce que c'est arrivé, qui viennent frapper à la porte de Matignon, en disant « Moi, finalement, je suis prêt à voter la réforme. Par contre, vous me mettez 170 millions d'euros sur la table pour faire un contournement autoroutier. » C'est ça, mon arbre. Heureusement que le gouvernement a dit non. Heureusement qu'à un moment, on a des gens responsables et une première ministre qui dit « Non, attendez, on est chez les fous. Vous demanderez où est l'air. Ils savent pertinemment qui chez eux est venu frapper à notre porte pour demander ce genre de choses. »

37:24
Présentateur

Est-ce que c'est le meilleur moyen de se les mettre dans la poche du vote de demain, ça ?

37:28
Yaël Braun-Pivet

Il ne s'agit pas de se les mettre dans la poche. Vous savez, il s'agit demain que chacun soit en face de ses responsabilités. Est-ce que demain, en votant la motion de censure et donc en faisant tomber le gouvernement d'Elisabeth Borne, est-ce que les Républicains ont le souhait de s'allier avec le Rassemblement national et la France insoumise pour proposer une majorité de substitution ?

37:50
Invité

Non, mais c'est d'accord. Mais là, on parle d'Aurore Berger qui, au fond, c'est quasiment une sorte d'humiliation, une façon de les humilier ou d'essayer d'expliquer qu'ils ont volontairement voulu être rachetés. Et est-ce que, ce que vous demandez Jean-Baptiste, est-ce que c'est la bonne méthode ? Est-ce que c'est une bonne façon de faire à la veille d'une motion de censure ? Et dans l'absolu, d'ailleurs.

38:08
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, ce qui est sûr, c'est que les Républicains nous ont manqué. Ils ont signé un accord en commission mixte paritaire, ils ont voté un texte au Sénat et il s'est avéré qu'à l'Assemblée nationale, ils n'étaient pas en capacité d'assumer ce vote en commission mixte paritaire et leur vote au Sénat. Donc, c'est en cela que je veux dire...

38:32
Invité

Et c'est qui ces députés, les Républicains, vous savez ? Ces députés, les Républicains, qui, soi-disant, ont donc appelé en demandant de l'argent pour un contre-demand...

38:38
Yaël Braun-Pivet

Ah non, alors ça, je ne suis au courant de rien de tel, donc je ne peux pas...

38:44
Invité

Parce que ce que disent aussi ces députés, les Républicains, c'est que pour certains, ça s'est passé à l'inverse. C'est-à-dire que c'est parfois des conseillers parlementaires, des ministres qui les auraient appelés, eux, directement, en disant, au fond, si vous nous assurez ce vote-là, on pourra regarder ce qu'on peut faire dans la circonscription. C'est-à-dire l'exact inverse de ce que dit Aurore Berger.

39:01
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, moi, vous savez, ce que disent les conseillers, ce que font, ce que disent les gens en coulisses et sous le sceau de l'anonymat, je n'y prête jamais beaucoup d'attention.

39:09
Invité

Les députés l'ont dit sur ces plateaux-là, ce n'est pas sous le sceau de l'anonymat, en l'occurrence.

39:13
Présentateur

Est-ce que ce n'est pas finalement louable que des parlementaires votent en leur âme et conscience, et pas uniquement sur une directive d'un patron de groupe ? Est-ce que vous dites, ils nous ont manqué, mais ils vous ont manqué... En tout cas, certains ont décidé de voter, d'autres ont décidé de ne pas le faire.

39:25
Yaël Braun-Pivet

Oui, mais vous savez, c'est louable de voter en son âme et conscience, et c'est même heureux. Mais vous savez, en politique, il faut aussi avoir la cohérence dans ses convictions. Et c'est là que le bas blesse. Parce que moi, j'ai regardé des déclarations dans le passé de certains de ces parlementaires qui se sont opposés farouchement à un rallongement de l'âge de retraite, de la retraite, et qui, il y a quelques années, prenaient exactement l'inverse. Ils considéraient qu'il fallait absolument augmenter l'âge de la retraite, qu'aujourd'hui, il fallait, compte tenu de l'augmentation de l'espérance de vie, travailler plus, etc.

Moi, je crois que lorsque l'on est parlementaire, lorsqu'on fait de la politique, il faut avoir de la cohérence, de la constance. Et ça, ces parlementaires, les Républicains, ils se sont engagés derrière Valérie Pécresse, qui portait le repoussement de l'âge légal à 65 ans.

40:17
Présentateur

Mais vous savez pourquoi ils ont voté contre ? Eux, on dit, le processus ne nous a pas respectés.

40:21
Yaël Braun-Pivet

Oui, mais alors ça, c'est vraiment ça, je trouve que c'est... C'est ce qu'ils disent. Oui, mais ça, c'est une excuse, j'ai envie de vous dire, une excuse à deux balles. Moi, quand vous vous engagez pour la retraite à 65 ans, c'est quelque chose que porte votre famille politique depuis toujours. C'est ce qu'a porté votre famille politique au Sénat. C'est ce que portent vos chefs de parti. Et vous vous dédouanez en disant, mais la méthode ne m'a pas plu. Non, s'il vous plaît, soyons sérieux.

40:45
Invité

Vous craignez demain que ces motions de censure, ou en l'occurrence la motion de censure qui est susceptible de réunir le plus, c'est-à-dire celle du groupe Lillotte, vous craignez qu'elles soient adoptées et que le gouvernement tombe ? Est-ce que ça vous paraît un scénario plausible ?

40:58
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, moi, je n'aime pas faire de pronostics parce que justement, chaque parlementaire vote en son âme et conscience. Maintenant, moi, je pense que comme il n'y a pas d'alternative autre que celle de la majorité que nous représentons aujourd'hui, je pense qu'il serait extrêmement dangereux d'associer ces voix pour voter une motion de censure contre le gouvernement. Je rappelle que depuis le début de la mandature, avec justement ce gouvernement, avec une méthode forgée autour du compromis, autour de la concertation, notre Assemblée, avec le Sénat, a réussi à adopter 20 textes.

41:35
Invité

Sur les textes importants, ça ne marche pas.

41:37
Yaël Braun-Pivet

Mais si ça marche !

41:38
Invité

Non, sur les retraites, ça n'a pas marché.

41:39
Yaël Braun-Pivet

Oui, mais ça n'a pas marché sur les retraites, mais ça a marché sur tous les textes qui étaient relatifs au pouvoir d'achat que nous avons voté à l'été et qui ont permis à nos compatriotes d'avoir une hausse limitée des prix de l'énergie, d'avoir des restournes sur l'essence, etc. Nous avons réussi à trouver du consensus. Quand il s'agit de faire des chèques,

41:57
Invité

c'est sûr que c'est plus facile de trouver des alliés.

41:59
Yaël Braun-Pivet

Nous venons de trouver un consensus sur le texte concernant les énergies renouvelables pour permettre leur déploiement. Nous venons de voter un certain nombre de textes, des courts textes, mais sur les violences faites aux femmes, sur la protection des enfants, des textes votés à l'unanimité. Donc nous arrivons à faire fonctionner la machine Assemblée nationale. Maintenant, il y a effectivement des textes pour lesquels nous n'y arrivons pas. Et le texte pour les retraites, comme le budget, en sont un bon exemple. Et je le regrette.

Et je le regrette, évidemment, parce que nous devons, finalement, nous, hommes et femmes politiques, aujourd'hui, jeter toutes nos forces dans la bataille pour réussir à travailler ensemble dans le sens de l'intérêt général. C'est pour ça que moi, je me suis engagée en politique derrière Emmanuel Macron. Moi, je crois profondément dans la capacité des uns et des autres à se retrouver.

42:50
Présentateur

19h45, nos équipes en direct des Halles, où il y a du monde aux abords. Donc les marches que vous voyez, si vous n'êtes pas parisiens, elles conduisent au Halles, qui est donc cet endroit central, qui est un nœud ferroviaire également pour venir de la grande banlieue et de l'approche, d'ailleurs, banlieue. Là, voilà les rues adjacentes qui desservent différents quartiers du deuxième arrondissement. Nos équipes sont sur place. Il y a pas mal de monde sur ces images.

43:11
Invité

Il y a plusieurs centaines de personnes. Là, vous avez la rue Montmartre à l'image avec une première nasse. Les gendarmes d'un côté, les policiers de l'autre, qui sont en train de se rapprocher et de bloquer de ce côté-là, en tout cas, plusieurs dizaines de personnes. Et si on bascule sur la droite, vous serez sur la rue Montorgueil, où là aussi, c'est l'endroit où le cortège a voulu s'élancer tout à l'heure. Mais dès le début, puisqu'il s'est lancé juste du centre commercial qui est à peine à 50 mètres derrière nous, ils ont été bloqués là aussi par des policiers de la Brave et également des gendarmes que vous voyez à l'image.

On est donc en présence de deux nasses de part et d'autre de ces deux rues et de plusieurs centaines de personnes qui restent bloquées et qui, du coup, ne peuvent plus manifester et qui, depuis quelques minutes, sont en train de chanter quelques chansons qu'on avait déjà l'habitude d'entendre à l'époque des Gilets jaunes en 2019, des chansons à l'encontre du chef de l'État, également des allusions à l'utilisation du 49-3. Et donc, depuis quelques minutes, depuis même peut-être plus d'une demi-heure, cette manifestation est complètement bloquée et ne peut pas évoluer dans les rues de Paris comme certains de ces manifestants souhaitaient le faire.

44:13
Présentateur

Merci beaucoup, vous nous tenez au courant. Évidemment, je profite d'avoir la présidente de l'Assemblée nationale pour clarifier les choses pour nos téléspectateurs, s'il vous plaît. Demain, donc, vous nous confirmez que ce sont uniquement les députés qui votent cette motion, qui vont s'exprimer, c'est ça ? On ne vote pas contre, on vote uniquement pour une motion.

44:30
Yaël Braun-Pivet

Exactement. Donc, les deux motions vont être examinées à partir de 16h à l'Assemblée nationale. Il y a à peu près 2h30 de temps de parole, ce qui permet et au gouvernement et au porteur de la motion et à chaque groupe politique de s'exprimer, donc d'exprimer la position de son groupe. Et ensuite, les motions sont mises au voie successivement dans l'ordre des dépôts. Et donc, la première à avoir été déposée, c'est celle menée par le groupe Liot. Donc, elle sera mise au vote en premier. Puis, j'annoncerai le résultat. Et ensuite, je mettrai au vote la motion déposée par le Rassemblement national.

Et effectivement, il faut qu'il y ait une majorité absolue des membres de l'Assemblée nationale qui votent pour la motion, pour que celle-ci soit adoptée et que, dans ces cas-là, le gouvernement soit... sa responsabilité soit mise en jeu.

45:15
Présentateur

Je m'arrête sur cette phrase précise parce que je crois qu'elle est très importante. La majorité de l'Assemblée nationale présente ou la majorité absolue, c'est-à-dire 287 voix ?

45:24
Invité

Non, 287 voix, la majorité absolue de l'Assemblée. Vous craignez... Est-ce qu'éventuellement, il pourrait y avoir des députés de la majorité qui votent cette motion de censure ? Parce que certains étaient mal à l'aise avec cette réforme de la majorité. Est-ce que c'est quelque chose de totalement inenvisageable ? Ou alors, est-ce que vous le craignez ? Un député de la majorité qui vote une motion de censure contre le gouvernement ne fait pas partie de la majorité.

45:45
Présentateur

Au moins, c'est très clair. Madame Broun-Pivet, encore en haut de mots, justement, du fonctionnement de l'Assemblée nationale, puisque vous présidez à ces débats. Il y a eu beaucoup de choses, beaucoup de choses depuis le début de cette législature. Vous avez parlé du comportement des LFI, il n'y a pas eu qu'eux. On a vu des ministres parfois faire des sudokus, parfois faire des bras d'honneur. Quel regard vous portez sur ces comportements-là ?

46:10
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, moi, j'en appelle souvent au respect. Je trouve que ces comportements ne sont pas respectueux, ne sont pas respectueux de l'institution, de l'Assemblée nationale, en tant que telle, ne sont pas respectueux des Français qui nous ont élus et qui attendent, je crois, mieux de leurs élus et qui ne sont pas respectueux, finalement, de nous. Vous voyez, quand un élu insulte un autre élu, c'est, je trouve, une dégradation profonde de notre système démocratique. Donc moi, j'ai une attitude extrêmement ferme. Je n'ai pas hésité à chaque fois à prononcer des sanctions.

46:57
Présentateur

Il y a eu deux exclusions votées par le bureau, deux sur trois sous la Ve République. Donc c'est quand même...

47:01
Yaël Braun-Pivet

Et alors, pour tout vous dire, ces exclusions sont proposées par le bureau mais sont votées par l'Assemblée nationale. Vous avez dû voir ces images. C'est l'Assemblée nationale qui vote. Ça a beaucoup de force. Ça a beaucoup de force parce qu'il y a des comportements qui sont intolérables dans notre enceinte et qui nous choquent tous, quels que soient nos bords politiques. Quels que soient nos bords politiques.

47:24
Présentateur

Un tout dernier mot. Ça peut paraître plus anecdotique mais ce papier est paru il y a un mois. Il m'a marqué sur le fonctionnement de l'Assemblée, la buvette. On a appris il y a un mois que le bureau de l'Assemblée s'était saisi du problème d'alcoolisme dans l'hémicycle.

47:38
Yaël Braun-Pivet

Ça n'est pas un problème d'alcoolisme. En tout cas, de consommation excessive d'alcool. Mais le bureau de l'Assemblée nationale, on en a discuté mais vous savez que c'est au sein du bureau qu'on a décidé d'imposer à nouveau le port de la veste dans l'Assemblée nationale parce qu'on a dû en arriver là. Parce qu'au début du mandat, il y avait des gens qui venaient dans l'Assemblée, dans l'enceinte de l'hémicycle, en jean, en basket et en sweat à capuche. Et c'est la consommation excessive d'alcool qui pourrait... Non mais ce que je veux dire,

48:07
Invité

c'est que... Juste par rapport à la question de l'Ordise, est-ce que c'est, selon vous, la consommation excessive d'alcool qui pourrait expliquer un certain nombre de comportements qu'on a pu voir pendant la discussion sur les retraites ? Je ne crois pas. Non, d'accord. Mais c'est rizoli ça.

48:17
Yaël Braun-Pivet

Elle reste exceptionnelle. Mais ce qui est important, finalement... La consommation excessive ou les comportements ? Non, mais c'est que vous voyez que notre Assemblée fonctionne de façon très démocratique. Nous avons des instances collégiales où tous les groupes sont représentées et tous les sujets peuvent y être abordés. Et ça, je crois que c'est très important et très rassurant pour nos concitoyens.