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interviewFrance 2 — Les 4 Vérités· 13 mai 2024 12 min

Choose France : la lueur d'espoir.... Bruno Le Maire est l'invité des 4V du 13 mai 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. Tout de suite, Les 4V. Jean-Baptiste, vous recevez donc ce matin Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

0:18
Bruno Le Maire

Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Jean-Baptiste Marteau. Bienvenue dans Les 4V. La France va donc une nouvelle fois aujourd'hui dérouler le tapis rouge aux investisseurs étrangers. C'est le principe du sommet Choose France qui se tient pour la septième fois au château de Versailles. Plusieurs annonces importantes sont attendues aujourd'hui, notamment pour un montant de plus de 15 milliards d'euros. 56 projets dont le plus important concerne Microsoft. On va y venir. Est-ce que c'est une lueur d'espoir dans un océan de dettes ou est-ce qu'il y a vraiment des raisons de se réjouir Bruno Le Maire ?

0:45
Locuteur non identifié

C'est plus qu'une lueur d'espoir, c'est un grand succès. C'est un succès qui est dû à une politique économique qui est la même depuis sept ans. Moi je vois beaucoup de nos compatriotes qui se disent mais pourquoi est-ce qu'ils ont baissé les impôts de production sur les entreprises ? Pourquoi est-ce qu'ils ont baissé l'impôt sur les sociétés ? Pourquoi est-ce qu'ils ont cette politique économique pour les entreprises ? Tout simplement parce que ça crée de l'activité sur tous les territoires. Ça nous permet d'avoir de la croissance. On a eu de la croissance au début de ce trimestre. Ça nous permet d'avoir de l'activité dans des territoires qui sont reculés, dans des territoires ruraux.

Quand vous avez une entreprise, on a beaucoup cité Microsoft, c'est formidable Microsoft, c'est 4 milliards d'euros d'investissement. Mais prenez une entreprise comme GSK à Évreux dont j'ai été élu pendant 15 ans. Quand elle investit 200 millions d'euros, GSK c'est un des poumons économiques de la ville d'Évreux. C'est l'avenir de ce site et des centaines de salariés qui sont sur place qui est garanti. C'est à ça que sert la stabilité de notre politique économique, celle que nous menons avec le président de la République depuis sept ans.

Être attractif pour les investissements, avoir de l'activité sur tous les territoires, nous rapprocher du plein emploi et tenir cet objectif stratégique pour la nation française, redevenir une grande nation de production. On a été pendant des années une nation de consommateurs. On doit redevenir une grande nation industrielle, agricole, de production.

1:59
Bruno Le Maire

C'est du symbole aujourd'hui en tout cas à Versailles. C'est le fait de recevoir tous ces chefs d'entreprise dans un cadre prestigieux, de les traiter peut-être différemment, qui les fait venir en France. Ou est-ce que c'est une manière d'afficher tout ce que vous avez fait en coulisses peut-être avant ?

2:09
Locuteur non identifié

On ne fait pas venir des mouches avec du vinaigre, comme on dit. Donc c'est bien de traiter bien les gens quand ils investissent sur votre territoire. Mais surtout, le plus important, c'est de comprendre, et l'exemple que vous avez montré avec la Chine est très significatif, que nous vivons actuellement deux révolutions économiques. La révolution énergétique avec la décarbonation de l'économie et la révolution technologique avec l'intelligence artificielle. C'est une occasion historique pour la France de redevenir cette grande nation de production dont je parlais tout à l'heure.

C'est-à-dire de rouvrir des usines pour les éoliennes, pour les aimants permanents, pour les batteries électriques, pour le traitement des terres rares, et redevenir une grande nation de l'intelligence artificielle, parce que nous sommes aujourd'hui leaders en Europe, que nous avons des grands succès dans certaines start-up, comme la start-up Mistral, et que nous voulons, avec des investissements comme Mistral, accentuer cette avance. C'est une grande nation de production dans les nouvelles technologies, et dans la décarbonation, c'est l'enjeu de Choose France.

3:06
Bruno Le Maire

L'informatique, l'intelligence artificielle sont évidemment des thèmes qui sont mis particulièrement en avant dans ce sommet. Malgré tout, vous dites qu'on est leader en Europe, on est malgré tout en Europe, très en retard par rapport aux Etats-Unis, à la Chine. On peut encore attraper notre retard sur l'intelligence artificielle ?

3:18
Locuteur non identifié

Bien sûr, sous deux conditions. La première, c'est qu'on privilégie l'innovation sur la régulation. On aime bien la régulation en Europe. Oui, on aime trop la régulation. On va être des normes, des carcans, des obligations, des contraintes. Il y a des normes qui sont indispensables, notamment dans le domaine environnemental. Et il y en a qui sont complètement inutiles, qui coûtent cher et qui nous ralentissent. Quand je défends le projet de loi sur la simplification en France, c'est bien fait justement pour alléger la charge administrative qui empêche nos TPE, nos petites et moyennes entreprises, nos start-up, de se développer rapidement. C'est la première condition.

Débureaucratiser, comme l'avait dit le Premier ministre, la production française et je dirais aussi la production européenne. La deuxième condition, c'est l'argent. Tout ça demande des dizaines de milliards d'euros d'investissement. Donc nous avons besoin de mettre en place ce que je défendrais ce soir à Bruxelles. L'union des marchés de capitaux, c'est un terme très complexe pour dire quand une entreprise arrive en France, elle peut lever de l'argent avec les mêmes règles, dans les mêmes conditions, à Paris, à Berlin, à Bruxelles, à Rome ou à Madrid, sans aucune contrainte, sans aucune difficulté. C'est ce qui nous permettra de résister à la Chine et aux Etats-Unis.

Investir plus et plus facilement.

4:25
Bruno Le Maire

On multiplie les projets d'investissement étrangers en France, mais dans le même temps, Bruno Le Maire, c'est vrai que notre déficit commercial a battu encore un record l'année dernière, presque 100 milliards d'euros de déficit commercial. Donc on continue d'importer encore énormément, notamment de Chine.

4:37
Locuteur non identifié

Alors ça se résorbe, mais vous avez parfaitement raison. C'est un des grands enjeux de faire basculer une France qui, depuis 40 ans, a désindustrialisé, fermé des usines, renoncé à sa culture ouvrière, vers une France que nous faisons depuis 7 ans, qui ouvre des usines, plus de 600 usines ouvertes, qui recrée des emplois industriels et des emplois d'ouvriers, plus de 150 000 emplois ouvriers qui ont été créés, et qui redevient une nation de production. Pourquoi est-ce qu'on a un déficit commercial ? Si vous ne produisez pas des voitures, des avions, des biens manufacturiers, et que vous n'avez rien à exporter, vous avez un déficit commercial. C'est ce qui a été fait pendant 40 ans en France.

C'est ce que nous avons inversé avec le président de la République depuis 7 ans. Et pour moi, le plus grand succès de notre politique économique, il est là. Et c'est ce qu'il faut lire derrière tous les frances. Ce n'est pas simplement d'avoir des patrons qui viennent à Versailles. Ce n'est pas ça le sujet. C'est de refaire basculer la France du côté des nations qui réussissent à produire des voitures, des avions, des fusées, des satellites, des biens manufacturiers, mais aussi demain aussi des vêtements, des biens électroménagers, pour les exporter en dehors de nos frontières, rééquilibrer notre planche commerciale, et rester une grande puissance économique au XXIe siècle.

Et je le dis, la chance historique, c'est qu'avec la décarbonation et l'IA,

5:49
Bruno Le Maire

on peut gagner cette bataille. On parlait des voitures électriques avec Axel de Tarlet. Est-ce que face à la Chine, l'Europe dans son ensemble, peut-être l'Allemagne en particulier, mais l'Europe et nous aussi, on est vraiment trop naïfs encore avec les Chinois ? On continue à les accueillir et à acheter leurs voitures électriques sans en produire beaucoup ?

6:03
Locuteur non identifié

L'Europe se soigne, mais elle n'est pas encore guérie. Elle se soigne quand je vois qu'il y a une enquête qui est menée sur le dumping sur les véhicules chinois. On sait tous qu'il y a des surcapacités chinoises. Tous. Donc il est peut-être temps qu'on réagisse. Donc c'est bien que la Commission européenne ait lancé une enquête. On en a mis du temps. Mais oui, on a mis d'abord trop de temps, comme toujours. C'est trop lent, il faut aller plus vite. Et puis surtout, je voudrais qu'on parle d'une seule voix. Axel de Tarlet l'a très bien dit. J'ai pris la décision de réserver le bonus sur les véhicules électriques. Il peut aller jusqu'à 7000 euros. C'est quand même très important.

Uniquement aux voitures qui respectent les normes environnementales les plus strictes, c'est-à-dire les voitures européennes. J'aimerais que tous les autres pays européens fassent la même chose. Parce qu'unis, on est plus fort. S'il n'y a que la France qui prend cette décision, qu'est-ce qui se passe ? La Chine peut riposter contre la France.

Alors que si demain, les 27 États de l'Union européenne disent « On va protéger notre marché, réserver nos aides aux produits européens, défendre l'idée d'un contenu européen, par exemple pour les champs éoliens, ce sera 50 ou 60 % de produits exclusivement européens, comme nous sommes le plus grand marché de la planète, le plus grand marché de consommateurs, ça pourra changer la donne. »

7:07
Bruno Le Maire

La France a donc été le pays le plus attractif en 2023, selon le cas billet EU une nouvelle fois. Mais c'est aussi le pays le plus endetté. En quelques mots, qu'est-ce qui bloque encore, Bruno Le Maire ? Pourquoi on continue comme ça d'être de plus en plus endetté, d'avoir une dette de plus en plus importante, même si on est attractif ? D'abord, nous réagissons économiquement.

7:23
Locuteur non identifié

J'insiste là-dessus, il faut bien faire la distinction. Ça peut paraître paradoxal. Oui, ça peut paraître paradoxal, mais on est le pays le plus attractif, on a de la croissance, et surtout la meilleure nouvelle qui soit tombée économiquement pour les Français depuis plusieurs mois, c'est que désormais, les salaires augmentent plus vite que l'inflation. Et ça, pour moi, c'est absolument essentiel, c'est-à-dire que les gens qui bossent, les gens qui travaillent, vont pouvoir vivre mieux, puisque l'inflation recule, et que les salaires continuent d'augmenter. Après, cette dette, il faut s'en débarrasser.

Il faut renoncer, effectivement, à continuer à dépenser toujours plus, à faire des chèques. Nous avons mis fin à la politique du quoi qu'il en coûte avec le président de la République. Nous rentrons dans une nouvelle phase. Le Covid est derrière nous, l'inflation est derrière nous. Il faut rétablir sereinement, mais fermement, les comptes publics avec un objectif, revenir sous les 3% de déficit en 2027.

8:11
Bruno Le Maire

Toujours sans augmenter les impôts, vous tenez à cette ligne, même sur les plus riches, même sur les bonus, les profits particuliers ?

8:17
Locuteur non identifié

Est-ce que l'exemple de Choose France, et je préfère dire d'ailleurs choisir la France que Choose France...

8:22
Bruno Le Maire

Oui, c'est vrai que pourquoi en anglais, ça peut paraître un peu paradoxal ?

8:24
Locuteur non identifié

Oui, c'est choisir la France. Et choisir la France, dans le fond, c'est un bon slogan politique à mes yeux. Oui, je vous le confirme, nous n'augmenterons pas les impôts. Pourquoi ? Parce que c'est cette stabilité fiscale qui fait que les investisseurs viennent en France, qu'ils viennent ouvrir des usines, qu'ils viennent créer des emplois. Et je vous disais que les salaires augmentent plus vite que l'inflation. Donc tout d'un coup, les gens qui travaillent retrouvent un tout petit peu d'air. Au moment où ils retrouvent un petit peu d'air, ce n'est pas le moment de leur dire qu'on va augmenter leurs impôts.

Au contraire, il faut continuer dans cette politique où nous refusons catégoriquement toute augmentation d'impôts sur les ménages français.

9:02
Bruno Le Maire

Un mot des européennes, on a moins de 4 semaines du scrutin, on voit mal comment la liste de la majorité pourrait rattraper, elle est celle du Rassemblement National, alors que celle maintenant de Raphaël Glucksmann est en 3e, voire se rapproche effectivement de votre liste telle de Valérie Ayé dans les sondages. Vous pouvez encore espérer quelque chose ? Ou alors l'usure du pouvoir fait que de toute façon, vous allez être battu dans 4 semaines ?

9:20
Locuteur non identifié

Non, moi je resterai confiant. Je pense que nous aurons un bon résultat aux élections européennes. Je pense que Valérie Ayé fait une très bonne campagne. Je pense que toute la majorité est en train de se mobiliser. Et surtout que beaucoup de nos compatriotes sont en train de voir que les seuls qui ont une politique européenne cohérente, volontariste, c'est la liste de la majorité. Les résultats économiques, à quoi ils sont liés, sont liés aussi non seulement à notre politique économique, mais à la relance que nous avons votée après le Covid. Ni M. Glucksmann ni M. Bardella n'ont voté la relance.

La protection de notre outil économique, c'est lié à la dette en commun que nous avons décidé avec le président de la République. Ni M. Glucksmann ni M. Bardella n'ont voté cette dette en commun qui a permis de protéger nos compatriotes face à la crise du Covid. Les Européens de cœur et d'action et de décision, c'est nous. Et je pense que c'est ce qui fera la différence le 9 juin.

10:11
Bruno Le Maire

Un tout petit mot pour terminer sur la SNCF qui tient son assemblée générale aujourd'hui. Son PDG nommé en 2019 ne sera pas reconduit pour un second mandat. Jean-Pierre Farandou a 65 ans. Le gouvernement évoque la limite d'âge. C'est aussi peut-être l'accord qu'il a signé récemment avec les syndicats qui rogne en partie les effets de la réforme des retraites qui n'a pas beaucoup plu à l'exécutif ? Non, pas du tout.

10:28
Locuteur non identifié

Moi, j'ai dit ce que j'avais à dire sur cet accord. Je le confirme. Vous l'avez découvert au dernier moment. Je veux savoir comment est-ce que cet accord sera financé. Je ne trouve pas que ce soit un très bon signal de dire qu'on peut partir plus tôt de son travail alors que toute notre politique économique, c'est de faire en sorte que tous les Français puissent travailler davantage pour avoir une économie qui se porte mieux. Donc Jean-Pierre Farandou est en partie sanctionné pour ça. Non, mais c'est cet accord. Je verrai Jean-Pierre Farandou prochainement. Je lui demanderai surtout comment est-ce qu'il compte financer cet accord parce que je suis ministre des Finances.

C'est ma responsabilité de savoir comment est-ce qu'on finance cet accord. Ça n'empêche que Jean-Pierre Farandou a fait un travail remarquable à la tête de la SNCS. Les deux choses sont parfaitement compatibles. Moi, j'ai une difficulté avec cet accord. Je l'ai dit. Je verrai Jean-Pierre Farandou pour qu'on s'explique sur ce sujet, pour qu'il me dise comment financer cet accord. mais un mandat ne se résume pas à une décision prise avec les syndicats. Jean-Pierre Farandou a été un grand patron de la SNCF et il a fait un très bon boulot.

11:23
Bruno Le Maire

Merci Bruno Le Maire d'avoir été l'invité des KD. Bonne journée à Versailles et à Bruxelles. Nous avons une longue journée qui vous attend.

11:27
Présentateur

Merci à tous les deux. Merci aussi à Frédéric Chevalier pour la traduction en langue des signes. C'était Les 4 V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv.