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interviewRMC — Face à Face· 15 avril 2025 20 min

Face à Face : Michel Barnier - 15/04

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

Vous écoutez RMC Face à Face

0:07
Présentateur

Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Michel Barnier

0:15
Michel Barnier

Bonjour Apolline de Malherbe

0:16
Présentateur

Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions ce matin C'est la première interview au matinal que vous donnez depuis que vous aviez quitté Matignon Vous avez bien sûr été Premier ministre de septembre à décembre dernier Vous avez été aussi ministre des affaires étrangères Vous avez été deux fois commissaire européen Vous avez été négociateur du Brexit De nombreuses questions à vous poser ce matin Et notamment sur la manière dont François Bayrou pourrait peut-être réussir Là où vous avez échoué sur les efforts budgétaires Mais je voudrais d'abord vous interroger sur un témoignage que j'ai reçu ce matin Et qui m'a particulièrement frappé Le témoignage d'un boulanger Il s'appelle Cédric Il a 4 commerces, 4 boulangeries Il fermera pour la première fois le 1er mai prochain Pourquoi ?

Parce qu'on dit aux boulangers qu'officiellement Depuis des années ils sont tous ouverts Mais qu'officiellement ils n'ont pas le droit d'être ouverts le 1er mai Pas le droit de faire travailler leurs salariés Même s'ils étaient prêts à les payer double ou triple Écoutez Cédric

1:07
Invité

Je ne prendrais pas le risque de payer 750 euros d'amende par salarié Je pensais que c'était légal C'était un jour qui était payé triple Tout est fait pour empêcher les gens de travailler En France j'ai l'impression qu'on ne veut plus travailler Pourtant c'est la seule façon de créer de la richesse Au lieu de nous prendre des impôts Qu'on nous laisse travailler on créera de la richesse Et on nous met des bâtons dans les roues en permanence

1:26
Présentateur

On est prêt à travailler plus On est prêt à payer nos impôts Et on nous met des bâtons dans les roues On nous dit d'arrêter de bosser Est-ce que ce n'est pas une des contradictions françaises Michel Barnier ?

1:35
Michel Barnier

Évidemment Ce problème s'inscrit dans le défi général de l'impuissance publique Hier on a déploré le décès d'un grand prix Nobel de littérature Par Jova, Parques Lursa Qui était franco-péruvien Et qui disait un jour dans une interview On ne peut pas vivre qu'avec des vérités Et je serais tenté de dire J'oserais dire à votre micro On ne peut pas gouverner sans dire la vérité Donc c'est ce que j'essayais de faire quand j'étais Premier ministre Dire la vérité sur les comptes publics Sur le fait qu'on tire des chèques en blanc ou en bois Sur la tête de nos enfants depuis trop d'années Je rappelle le chiffre On va payer au titre des intérêts A des gens qui nous prêtent de l'argent Souvent des fonds de pension américains ou autres On va payer 60 à 65 milliards d'euros cette année Et puis l'impuissance publique C'est le deuxième constat que j'ai fait en devenant Premier ministre Et vous avez avec ce témoignage de ce boulanger Un exemple L'impuissance publique à réduire la bureaucratie A donner de la souplesse A permettre aux gens qui veulent travailler de le faire A réduire l'immigration Ou à la supprimer l'immigration clandestine A réduire la dette L'impuissance publique à se parler A prendre en charge l'intérêt national Pourquoi je suis tombé ?

Parce que vous avez des partis politiques L'extrême droite d'un côté L'extrême gauche de l'autre Et le parti socialiste qui à cet instant-là était irresponsable Qui ont laissé de côté l'intérêt du pays L'intérêt du pays c'était de chacun prendre sa part Chacun prendre sa part du déficit de la France Et de réduire ce déficit pour nos enfants S'ils ne le font pas pour les autres Qu'ils le fassent au moins pour leurs enfants Pour les jeunes français Et donc il faudra que chacun rende des comptes Voilà ce que je pense En 2027 Le jugement du peuple arrive En 2027 Il va falloir que chacun rende des comptes

3:25
Présentateur

Et on va y revenir Et on va s'y projeter aussi avec vous Parce que vous vous êtes projeté aussi en 2027 Notamment auprès de vos partisans Et des anciens membres de votre gouvernement Vous dites Il faut dire la vérité Et en même temps vous dites Je suis tombé Est-ce que c'est pas parce que vous avez dit la vérité Que vous êtes tombé ?

3:39
Michel Barnier

Possiblement Mais je ne le regrette pas J'ai dit un jour à Pauline de Ballère Je préfère être un populaire qu'il est responsable

3:45
Présentateur

C'est la vérité Si on ne peut plus gouverner Non mais cette vérité

3:48
Michel Barnier

Elle est là Vous savez très bien qu'à un moment donné Pour des raisons totalement tactiques Et opportunistes Madame Le Pen a baissé le pouce Et elle a joint ses voix à l'extrême gauche Et le parti socialiste C'est là où j'ai eu la plus grande déception Mais c'est pas à cet instant Comporté comme un parti de gouvernement Il n'a pas été à la hauteur le parti socialiste Alors peut-être qu'il est devenu Parce que j'ai essuyé les plâtres Probablement Mais j'espère que les circonstances seront un peu différentes Pour le Premier ministre A qui je souhaite de réussir Il vous doit beaucoup Finalement François Bayon

4:15
Présentateur

Parce que vous avez essuyé les plâtes Comme vous dites

4:20
Michel Barnier

Je ne peux pas dire qu'il me doit beaucoup On verra bien En tout cas je souhaite qu'il réussisse Mais le problème que j'ai indiqué L'état de la France Le déficit public L'impuissance publique Ce constat il est toujours là Et le diagnostic Moi j'ai envie de le reprendre là où il était Il faut que les partis politiques Prennent leurs responsabilités Et puis il faudra qu'on Qu'on assume dans le débat présidentiel Qui est le principal débat Qui va commencer Et puis j'espère Avec majorité absolue A l'Assemblée nationale Qu'on assume ce constat De l'impuissance publique Et qu'on règle cette question Et qu'on dise la vérité aux gens Je suis frappée En fait vous êtes en campagne Non je participe au débat Je participe au débat Si vous personnalisez les choses

4:59
Présentateur

Non mais je veux dire Vous estimez que la campagne Elle commence maintenant

5:02
Michel Barnier

Evidemment qu'elle commence maintenant

5:03
Présentateur

Et vous en prenez votre part Alors on va voir à quel rôle

5:04
Michel Barnier

On va voir à quelle place Il faut que le plus tôt possible En tout cas en 2027 Au plus tard On ait la capacité D'avoir un nouveau président de la République Et j'espère qu'il serait issu De la droite et du centre Et une majorité absolue Ça ne veut pas dire Une majorité homogène et fermée Une majorité plurielle Je pense même Qu'il faudra une coalition Même si le président de la République A un grand parti avec lui Ce que je souhaite Il faudra qu'il fasse attention aux autres Qu'on ait une coalition Ce que j'ai essayé de faire A l'Assemblée nationale Pendant quelques mois En réunissant des gens Qui soutenaient le gouvernement actuel Ou le gouvernement précédent Et puis mon propre parti Les Républicains Qui s'est joint pour la première fois Avec le Sénat Ne l'oubliez pas Pour soutenir le gouvernement

5:44
Présentateur

Michel Barnier On regardera dans un instant Jusqu'où irait cette coalition Mais vous le dites Le diagnostic est le même François Bayrou Va tout à l'heure tenir Une sorte de conférence Sur les finances publiques Avec l'objectif Je cite De sensibiliser les français Aux pathologies budgétaires Du pays Ça fait combien de temps Qu'il y a des pathologies budgétaires Dans ce pays ?

6:02
Michel Barnier

Ça fait une trentaine d'années Quand on parle du constat D'ailleurs j'espère qu'on aura Un instant pour en parler Je veux dire aussi Que notre débat politique Est très hexagonal On se regarde le nombril Trop souvent Il y a des problèmes Que personne ne viendra régler pour nous La question de la dette française C'est un autre problème La question de la durée du travail Des 35 heures C'est un autre problème Je pense à ce boulanger La question de la compétitivité C'est un autre problème Personne ne viendra régler Le problème à notre place On a trop pensé

6:28
Présentateur

Pendant longtemps Jusqu'à ce que Donald Trump En gros Siffle la fin de la récré On a trop pensé Qu'on pouvait s'en remettre aux autres La fin des dividendes Comme le dit Emmanuel Macron

6:39
Michel Barnier

On a trop regardé nos problèmes Par nous-mêmes Je répète qu'il y a des problèmes Que nous pouvons seulement nous régler Et personne ne vient régler pour nous Il y a des problèmes aussi Qui viennent d'ailleurs Et vous voyez bien Avec les folies de M. Trump L'attitude d'agression De la Russie Il faut regarder ce qui se passe Autour de nous Moi j'ai eu la chance D'être à Bruxelles Pendant quelques années Et de voir un peu Les problèmes de la France Et encore je répète Il y a des problèmes Que nous devons nous-mêmes Régler pour nous-mêmes

7:03
Présentateur

Alors lesquelles sont les priorités ? Comment faire pour trouver 40 milliards d'économies ? Et encore Est-ce que 40 milliards C'est suffisant ?

7:10
Michel Barnier

Non je ne crois pas Que ce soit suffisant Mais c'est un début Il faut aboutir à une situation En 2029 ou 30 On est 3% de déficit On est loin du compte Le gouvernement actuel Pour différentes raisons A pas fait l'effort Que n'a pas obtenu L'effort que j'avais souhaité Dès la première année Moins 1% de déficit Donc la marche à franchir En 2026 Ce sera un peu plus haute Et donc plus difficile Je souhaite qu'il y arrive Il y a des solutions Et encore une fois Il faudra peut-être travailler Par exemple sur la base Du rapport de la Cour des comptes Sur l'assurance maladie Il y a des réductions De dépenses Des fonctionnements de l'Etat Il y a trop d'agences Dans ce pays Il y a trop de bureaucratie Je pense que si on réglait La question de L'inflation des normes Des règlements de la bureaucratie Qui empoisonnent souvent La vie des gens Et des agriculteurs Comme des entreprises Et parfois des consommateurs On gagnerait un ou deux points De PIB Donc il y a un effort collectif Mais tout ça exige Comment dirais-je Apolline de Baller Un effort d'intelligence nationale Il faut que tout le monde

8:09
Présentateur

Vous y croyez encore à ça ? A une forme d'union nationale ?

8:12
Michel Barnier

Moi je crois que Chacun doit prendre sa responsabilité Doit prendre sa part Et on ne peut pas perdre Les deux ans qui viennent Tout le monde est responsable De ce qui va se passer Bien sûr le gouvernement Doit bouger Mais aussi les partis politiques Doivent bouger Ils doivent être responsables Ils vont devoir rendre des comptes Aux Français Et comment on n'a pas Utilisé ces deux années Pour lutter contre l'impuissance publique Pour réduire de déficit Pour maîtriser L'immigration aux frontières Comme essaye de le faire Avec beaucoup de courage Bruno Retailleau Vous soutenez Bruno Retailleau Dans la course à la présidence J'ai fait le choix de le soutenir lui Pas de m'opposer à quelqu'un d'autre Je fais le choix de le soutenir Parce qu'il a le sens de l'Etat Qu'il était mon ministre Qu'il est extrêmement courageux Et qu'on a besoin de quelqu'un Comme ça à la tête de ce parti politique

8:52
Présentateur

Vous l'avez entendu Les maires de France Boycottent le rendez-vous Avec François Bayrou Tout à l'heure Ils estiment que c'est toujours A eux de faire les efforts Et c'est toujours sur eux Qu'on se repose Est-ce que vous les comprenez ?

9:02
Michel Barnier

Oui je peux comprendre cette réaction Maintenant il faut toujours Essayer d'être à la table Pour écouter ce qui se dit Je pense que le Premier ministre A raison de vouloir Dialoguer avec tout le monde Et expliquer Mais je n'ai pas beaucoup aimé Lorsque je suis devenu Premier ministre D'avoir entendu Avant que j'arrive Ce procès qu'on faisait Aux collectivités locales Aux maires Des petites communes Comme des grandes Aux départements Aux régions En disant C'est vous qui êtes responsable du déficit On a vu Quelques mois plus tard Que ce n'était pas vrai Donc il ne faut pas mettre en accusation Les maires Qui sont à la veille D'élections municipales Et qui font un travail formidable Pour la République française Pour l'unité du pays Et on ne peut pas les considérer Comme les sous-traitants de l'État

9:37
Présentateur

Donc vous comprenez Qu'ils se disent On en a assez de payer pour tout le monde

9:41
Michel Barnier

Je comprends qu'ils soient vigilants Même si je pense Comme je m'y étais engagé Que départements, régions et communes Doivent participer à l'effort De réduction de la dépense publique

9:49
Présentateur

Il y a un point sur lequel Vous aviez fini par céder C'était la question de L'indexation des pensions de retraite Sur l'inflation Aujourd'hui ça fait à nouveau partie Finalement ça revient par la fenêtre Des questions qui pourraient être soulevées Pour trouver ces économies Supprimer l'abattement de 10% Pour les retraités Et ne plus indexer sur l'inflation Mais peut-être seulement sur les salaires Ça fait partie des pistes Dont vous vous dites Il faut absolument les exploiter

10:15
Michel Barnier

Pour être précis J'avais simplement proposé De retarder l'indexation De quelques mois Du 1er au 30 juin Donc j'avais proposé De la supprimer Je pense que tout le monde Doit faire un effort Je l'ai dit moi-même Plusieurs fois Chacun devra faire un effort Vous m'avez Si vous regardez les déclarations Que j'ai faites à la télévision Ou dans les journaux Chacun doit faire l'effort Mais il faut que cet effort soit juste Ce que les français ne supportent pas non plus C'est le sentiment d'injustice Qu'il y a dans ce pays La justice fiscale La justice sociale Donc il y a des efforts à faire Mais il y a aussi des efforts À faire par exemple Contre la fraude sociale Ou la fraude fiscale Pour moins gérer les hôpitaux Ou un certain nombre de services publics Avec trop d'administrations

11:00
Présentateur

Ça, ça serait une priorité pour vous On sait que la Cour des comptes Notamment sur la question de l'assurance maladie Dit qu'il reste environ 4 milliards

11:06
Michel Barnier

Je pense que la Cour des comptes A faire un rapport sérieux Et qu'il faut l'écouter Et je sais que la fraude existe La fraude aussi J'ai proposé de travailler Par exemple pour un changement Complet des gardes vitales Pour vérifier que Tout le monde Tous ceux qui ont une carte vitale

11:19
Présentateur

Mais la fraude c'est surtout Du fait des médecins D'ailleurs Cédric Le Boulanger Tout à l'heure qui nous appelait Parmi les points dont il témoignait Il y avait la question du 1er mai Mais il y avait aussi par exemple Le fait que l'un de ses salariés Dit-il L'assurance maladie l'a appelé hier Pour l'informer Qu'un de ses salariés Qui était officiellement en arrêt N'était en réalité pas vraiment en arrêt Et que c'était un arrêt de complaisance Qui lui était délivré par son médecin

11:40
Michel Barnier

Et chacun a fait son travail Et donc dans ce cas-là L'assurance maladie a fait son travail Et on sait bien qu'il y a de la fraude Donc il faut que L'esprit de responsabilité À Pauline de Valère Auquel j'appelle Les partis politiques Ils vaut pour tout le monde Chacun doit faire un effort Mais la situation est très grave Elle l'est d'autant plus Que nous sommes agressés De l'extérieur Par M. Trump Ou par M. Poutine Il faut bien ouvrir les yeux Et se dire que Puisque je veux dire un petit mot Quand même La situation de M.

Trump Et des provocations Qu'il fait tous les jours Je crois qu'il ne faut pas passer Trop de temps à commenter Ce qu'il fait Ni ce que fait son vice-président En revanche Il faut être Beaucoup de sang-froid Et beaucoup d'action collective Au niveau européen Et la grande chance Je veux le dire Parce que Vous le savez Je suis patriote européen Et je suis fier de l'être La grande chance que nous avons C'est d'être appuyé Sur un marché unique De 450 millions de citoyens C'est l'Union européenne Et c'est notre chance Parce que c'est la seule chose Qui peut faire plier M. Trump Et qui peut faire aussi Que le président chinois un jour Où M.

Poutine nous respecte à nouveau C'est le moment de dire Merci l'Europe pour vous Non pas C'est le moment d'être européen En même temps que d'être patriote Et se dire qu'une partie de nous Réponse à cette agression extérieure On y répondra mieux En étant ensemble

12:51
Présentateur

Est-ce qu'elle répond suffisamment vite Et suffisamment fort A l'Union européenne ?

12:55
Michel Barnier

Moi je pense qu'elle a bien fait Et d'ailleurs c'est pas la première fois

12:57
Présentateur

De ne pas s'agiter immédiatement Il n'y a pas d'agitation

13:00
Michel Barnier

Il faut être très calme Avec beaucoup de sang-froid Vous voyez bien d'ailleurs M. Trump change d'opinion Il est dans une sorte de croisade Contre la Chine Une croisade contre l'Europe Il n'aime pas l'Europe M. Trump Parce que nous sommes Il est entouré de spéculateurs De financiers De milliardaires Qui n'aiment pas le pôle De gouvernance Que nous constituons Et qui les empêchent De spéculer tranquillement Comme M.

Poutine N'aime pas l'Europe De son côté Parce que nous sommes Un pôle d'attractivité politique Pour les peuples D'Europe centrale Qui sont déjà revenus Dans l'Union européenne Et d'autres Qui pourraient un jour y revenir Qu'est-ce qui vous a frappé Le plus pendant ces trois mois A Matignon ? Il y a le régime des partis Sans l'esprit de compromis Et donc je pense Que dans ce pays On doit avoir La culture du compromis On doit l'apprendre On n'est pas toujours d'accord On ne vient pas du même endroit On ne va pas au même endroit Mais sur des sujets D'intelligence nationale D'intérêt national L'intérêt de nos enfants Il faut qu'on soit ensemble Ça vous a déçu ? Vous êtes déçu ?

Oui j'ai été déçu J'ai été déçu par l'irresponsabilité De l'extrême droite Du Rassemblement national Et de l'extrême gauche Qui donne ce spectacle navrant A l'Assemblée nationale Et puis de l'irresponsabilité Enfin du manque du sens De responsabilité Du parti socialiste Au moment où je suis tombé Parce qu'ils m'ont fait tomber

14:08
Présentateur

C'est eux qui vous ont fait tomber Vous estimez vraiment Que c'est le parti socialiste ?

14:11
Michel Barnier

Oui j'attendais Vous savez quand je suis arrivé A Matignon Le lendemain Ou le surlendemain J'ai appelé monsieur Hollande J'ai appelé monsieur Vallaud J'ai appelé monsieur Fort Et tous les trois m'ont dit La même chose Alors que je n'avais pas ouvert la bouche Je n'avais pas informé le gouvernement Je n'avais pas annoncé mon programme Avec dix jours seulement Pour faire le budget Ils m'ont dit On vote la censure Tu n'es pas de gauche Nous voulons un premier ministre de gauche Donc nous allons voter la censure Contre le budget Et donc je savais Je n'avais rien à attendre De ce côté-là Ça c'est pas responsable Et je leur en veux Vous leur en voulez ?

Je leur en veux Pas personnellement Mais je leur en veux Pour l'intérêt du pays

14:44
Présentateur

Et quand je vous ai dit Tout à l'heure Vous êtes en campagne Vous savez immédiatement Non non pas du tout Pas du tout Mais pourquoi pas ? Mais pourquoi pas ?

14:50
Michel Barnier

Et pourquoi pas ? Nous verrons bien Ce que je veux dire à bonne élève C'est que ça ne sert pas De personnaliser les choses à ce stade Non mais je ne dis pas personnaliser

14:57
Présentateur

Mais je veux dire À un moment Les uns et les autres Les uns et les autres Commencent à se lancer dans la course Vous avez d'ailleurs vous-même Plusieurs fois Été dans la course Y compris à la tête De votre propre famille politique Aujourd'hui Vous vous engagez Pour Bruno Retailleau À la tête des LR On le voit bien Je veux dire Vous avez Vous restez sur votre faim Après ces trois mois Vous avez fait beaucoup Non

15:18
Michel Barnier

Dites toutes les choses autrement Je veux rester utile Tant que vous avez des convictions Tant que vous avez une capacité Identique à celle que j'avais Quand j'étais élu la première fois J'avais 22 ans En haute parenthèse La même capacité de vous indigner La même capacité de vous enthousiasmer Vous avez envie d'être utile C'est mon cas Je viens de créer d'ailleurs Une association Des amis de Michel Barnier Pour réunir tous ceux Qui veulent m'aider Et je vais participer à ce débat Et je veux être utile Et je verrai bien Mais je veux être utile Je veux être une solution À l'unité de mon camp Qui est le camp de la droite Et du centre Élargie à tous ceux Qui voudront participer Au redressement de notre pays Et à la lutte Contre l'impuissance publique Et ça veut dire que Quand vous dites On verra bien Je verrai bien

15:56
Présentateur

Ça veut dire Pourquoi pas ?

15:57
Michel Barnier

Ça veut dire Que je prendrai ma part Et que je veux être utile Au débat politique Et à mon pays Je veux continuer À être utile à mon pays

16:03
Présentateur

Michel Barnier Marine Le Pen Inéligible En attendant son procès En appel inéligible Avec effet immédiat Vous disiez tout à l'heure Certains français Ont un sentiment d'injustice Marine Le Pen Dit que c'est une forme D'injustice Ou en tout cas De justice politique Qu'est-ce que vous en dites vous ?

16:19
Michel Barnier

Je pense qu'il faut faire Très attention Madame Le Pen est députée Ses amis le sont Monsieur Bardelay Ils font la loi Ils font la loi C'est leur honneur C'est leur responsabilité Il faut qu'ils respectent la loi Et que dans cette loi Et dans cet état de droit Il y a le respect De l'indépendance De la justice Voilà ce que je pense Et donc s'ils ont commis une faute Et clairement la justice dit Qu'ils ont détourné Des fonds publics européens Il faut qu'ils respectent la loi C'est une autre question Apolline de Malherbe Indépendante On ne va pas faire Des lois de circonstance Pour Madame Le Pen Ou pour quelqu'un d'autre Savoir s'il est normal Qu'une peine soit exécutoire Avant le dernier recours Voilà Ça c'est une question Qui peut être posée Mais indépendamment Du cas de Madame Le Pen

17:00
Présentateur

Donc sur la question De l'exécution immédiate Ce qu'on appelle L'exécution provisoire Là vous dites

17:04
Michel Barnier

Je pense qu'il y a un sujet Pour les élus locaux Pour tous ceux qui sont Dans ce cas là Mais indépendamment Du cas de Madame Le Pen En attendant Quelqu'un qui fait la loi Devoit la respecter C'est aussi simple que ça

17:18
Présentateur

Vous avez dit tout à l'heure Michel Barnier Il faudra une grande coalition Elle Elle commence où Elle s'arrête où ?

17:24
Michel Barnier

En tout cas C'est le socle Comme je l'ai souvent dit Qui rassemble aujourd'hui Les centristes Une famille importante Les amis d'Edouard Philippe Les amis de M. Macron Et puis les républicains Mais sans doute Grâce à un parti des républicains Qui a retrouvé de l'élan Depuis que j'ai été premier ministre Et avec des grands ministres Comme M. Rotaillot Mme Genevard Et d'autres Aujourd'hui M.

Tabarro Qui font Je pourrais citer Les quelques ministres Qui sont restés Et qui font la preuve Que les républicains Sont un parti De gouvernement responsable Et c'est l'honneur De Bruno Rotaillot En particulier De tenir cette place Depuis que je suis revenu Au gouvernement Pendant trois mois On a vu Les militants revenir On a vu Les élus revenir Donc on a besoin De la partie de la droite républicaine Qui soit fort Notamment pour que des citoyens En toute bonne foi Et je pense qu'il faut les écouter Qui ont eu la tentation Ou qu'ont eu un vote Pour M. Scotti Ou Mme Le Pen Reviennent vers nous Donc ce parti est important Dans cette coalition Avec tous ceux qui sont plus au centre

18:25
Présentateur

Reviennent vers nous Mais aucun accord

18:28
Michel Barnier

Jamais

18:29
Présentateur

D'aucune sorte

18:29
Michel Barnier

Jamais

18:30
Présentateur

Avec l'ERN Ou avec l'ERN Jamais

18:31
Michel Barnier

Jamais

18:32
Présentateur

Jamais Michel Barnier Un mot encore D'ailleurs

18:34
Michel Barnier

Au-delà du fait Qu'ils m'ont fait tomber Et c'est eux qui ont pris aussi Avec le parti socialiste La décision de joindre leur voix Il faudra qu'ils rendent des comptes Parce que moi je vais leur demander Et les français leur ont demandé Ils ont joué leur voix A l'extrême gauche A un parti antisémite Et un parti qui fait n'importe quoi Donc il faudra bien que Cette irresponsabilité là Chacun l'assume

18:56
Présentateur

Il faudra rendre des comptes C'est un mot que vous redites De nombreuses fois Depuis le début de cet entretien Michel Barnier Un mot sur les plus fragiles Les plus âgés La question aussi De la loi fin de vie Qui commence à être discutée Cette semaine Bruno Retailleau Que vous soutenez pour LR Dit Cette loi va dans le très mauvais sens Demain ce que je crains C'est que ce soit Beaucoup plus facile De demander la mort Que d'avoir des soins Au moment de votre mort Les uns et les autres Vont se poser la question Suis-je un fardeau pour la société Est-ce que vous partagez Son inquiétude Ou est-ce qu'au contraire Vous soutenez cette loi ?

19:27
Michel Barnier

Moi j'aurais sans doute Comme le Premier ministre L'a décidé Séparer les sujets Des soins palliatifs Qui ont une loi Celle de M.Leonetti Qui a été complétée depuis Et qui est une loi Qu'il faut appliquer Qui exige des moyens La fin de vie C'est pas soigner C'est autre chose Donc je crois Qu'il faut faire très attention Et je me pose des questions aussi Sur le texte que j'ai vu Comme Bruno Retailleau Comme d'autres Au-delà des questions morales Qui va beaucoup trop loin Voilà ce que je pense Ce texte en l'état Va beaucoup trop loin Je pense tel qu'il est Actuellement Issu des débats parlementaires Il va trop loin D'ailleurs Beaucoup de députés Qui sont favorables A cette idée là Souhaitent revenir Ou préciser un certain nombre De points Je pense qu'il faut leur donner Cette possibilité

20:11
Présentateur

Merci Michel Barnier D'avoir répondu à mes questions Ce matin Vous qui êtes évidemment L'ancien Premier ministre Et qui dites que L'important ce sera aussi 2027 Même si d'ici là Il faut être utile 2027 Où il faudra rendre des comptes Merci à vous Et agir avant Il est 8h52 sur RMC et BFM TV

Face à Face : Michel Barnier - 15/04 — Michel Barnier · Pourquijevote