Marine Le Pen sur RTL, l'interview en intégralité
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RTL Matin Elle est la chef des députés RN à l'Assemblée, elle a déjà été trois fois candidate à la présidentielle en 2012, 2017 et 2022. Pour l'an prochain, sa candidature est suspendue à la décision que la justice rendra le 7 juillet. Marine Le Pen est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL Marine Le Pen. Bonjour. Emmanuel Macron a donc parlé au français hier soir. Le chef des états vous a-t-il rassuré ? Est-ce que vous avez entendu les mots que vous attendiez ?
Je n'ai rien trouvé de choquant dans la déclaration du président de la République hier soir. C'était en même temps court et factuel. Il a exprimé, et c'est tout à fait légitime, la nécessité de la défense des intérêts français qui passe par évidemment la protection de nos compatriotes et notamment ceux qui sont très nombreux. Je pense aux 100 000 français qui sont en Israël, je pense aux 40 000 français qui sont aux Émirats arabes.
Il y en a 400 000 à peu près. Voilà.
Et à tout le monde. Et à tous les autres. Évidemment, la défense de nos bases militaires. Envoyer le porte-avions, c'est une bonne idée en Méditerranée ? C'est une bonne décision ? Oui, ce n'est pas une décision choquante. Le concept de la dissuasion nucléaire, c'est précisément de montrer notre force. Donc, ce n'est pas, encore une fois, une décision qui me choque. J'ai trouvé qu'il manquait tout de même dans cette déclaration, peut-être, la préoccupation, enfin, la conscience par le Président de la République de la préoccupation qui est celle de nos compatriotes sur, potentiellement, l'explosion du coût de l'énergie qui fait partie aussi, bien entendu, des intérêts français.
Il a dit qu'il n'y a pas de raison de paniquer. C'est ce qu'expliquent aussi tous les observateurs sur la hausse des prix des carburants. Pour vous, il faudrait déjà une intervention de l'État, d'une manière ou d'une autre, pour essayer de contenir les prix sur le gaz et l'électricité ?
Oui, je pense que Mme Van Der Waals, qui est la présidente de l'État, qui est la présidente de l'État, qui est la présidente de l'État, qui est la présidente de l'État, Mme Van Der Leyen, plutôt que de multiplier les rendez-vous diplomatiques avec les dirigeants du Moyen-Orient, ce qui n'est pas du tout de sa compétence, clairement, qu'elle s'est attribuée, une compétence qu'elle s'est attribuée, ferait mieux de réfléchir avec l'ensemble des dirigeants européens à modifier le mécanisme de fixation des prix de l'électricité en Europe, que nous avons très lourd. Mme Van Der Leyen, la présidente de l'État, a dit que le prix de l'électricité dépendait du prix du gaz.
On risque, évidemment, à côté de l'augmentation du prix du pétrole, de se retrouver avec une augmentation massive du prix du gaz et une augmentation du prix de l'électricité. Alors bien sûr, tout cela n'est pas obligatoire, tout cela dépend évidemment de la manière dont va tourner le conflit, mais gouverner, c'est prévoir, et lorsque l'on sait que le prix du gaz, entre samedi dernier, et mardi, a déjà doublé, et que le blocage du Détroit d'Hormuz pendant un mois pourrait entraîner encore une augmentation de 130%, ce sont des choses dont il faut parler.
Il y a ce qui est possible au niveau européen, il y a ce qui est possible au niveau national. Sur le carburant, Jordan Bardella propose une baisse de la TICPE, la taxe sur les carburants, et de la TVA sur l'énergie. Vous l'avez demandé d'ores et déjà ? Bien entendu, évidemment. Dès maintenant ?
Évidemment, évidemment. On ne peut pas imaginer, si vous voulez, que dans la situation que nous connaissons, une augmentation du prix de l'énergie, ça permette à l'État de s'enrichir. Ce qui serait le cas s'il n'y avait pas une baisse de la TVA et une baisse de la TICPE.
De combien ? Là, elle est à 20% sur l'essence.
Ah bah nous, nous sommes, vous le savez, pour qu'elle baisse à 5%. Ça va faire un petit trou dans les finances. Nous avons toujours considéré que l'énergie était un bien de première nécessité, et que par conséquent, c'est un effort qu'il fallait absolument faire, parce que cet effort est positif pour l'économie. Alors ça fait un trou, mais le trou, on le comble avec les économies sur le train de vie de l'État, que le gouvernement a refusé de faire.
Cette guerre qui se déroule en Iran et qui touche désormais une partie du Moyen-Orient, est-elle aussi notre guerre ? Est-ce qu'on doit s'y impliquer davantage, Marine Le Pen ?
Non, il faut que, je crois que, encore une fois, le cadrage donné par le Président, qui consiste à être dans une position défensive à partir du moment où nous avons été directement victimes d'atteinte à nos intérêts. De nos bases militaires. Évidemment, puisque nos bases, deux de nos bases militaires ont été touchées, me paraît être le bon cadre. Donc on doit rester à distance. Vous m'avez pas... J'ai pas eu l'occasion.
J'ai eu l'occasion quand même de vous dire, parce que je voudrais le dire, j'aurais dû commencer par ça, en réalité c'est quand même de dire que la fragilisation, et espérons-nous d'ailleurs la chute du régime des Mollahs, est quand même une bénédiction pour le peuple iranien, dont je rappelle que la répression... Il est pas tombé, il est pas tombé le régime des Mollahs. Oui, c'est bien ce que je dis. Ce serait une bénédiction pour le peuple iranien, étant entendu qu'ils ont payé un tribut absolument épouvantable, puisque la répression menée par le régime des Mollahs a fait, selon les études, entre 30 000 et 90 000 morts, sans compter évidemment le fait qu'ils vivent sous la botte...
Donc pour vous cette guerre, elle doit aller jusqu'au renversement du régime, c'est clair et net ? Parce qu'on ne comprend pas encore, et c'est normal, le but de guerre, ni de Benyamin Netanyahou, ni de Donald Trump. Est-ce que pour vous, l'idée c'est d'aller jusqu'au renversement du régime ?
Je pense que... On reste au niveau des hypothèses, puisque vous avez raison, il n'y a pas eu de but de guerre exprimé en réalité, ni par les Américains. Il y a eu beaucoup de choses avec nous. On a tout appris à la télé. Peut-être plus par les Israéliens, puisque les Israéliens, là, défendent leur survie, si vous voulez. Pour eux, c'est une guerre de survie, puisque l'Iran, vous le savez, a toujours déclaré vouloir la disparition de l'État d'Israël. Donc je pense que c'est le but de guerre des Israéliens.
Le but de guerre des Américains, nous l'apprendrons assez vite, parce qu'en général, Donald Trump a tendance à dire ce qu'il pense, et a certainement un lien avec la guerre commerciale, la guerre monétaire que les États-Unis mènent à la Chine.
En touchant l'Iran, ils affaiblissent évidemment économiquement la Chine.
Oui, mais comme ça vient juste après le Venezuela, si vous voulez, on peut quand même s'imaginer qu'il y a quelque chose de ce type-là.
Mais est-ce que c'est un soutien inconditionnel pour vous ?
Non, mais moi, je n'ai eu aucun soutien inconditionnel à l'égard de personne, si vous voulez, parce que je considère que la France est un pays souverain, et que par conséquent, elle peut potentiellement soutenir une action ou ne pas s'y opposer, mais elle ne peut jamais s'engager dans un soutien inconditionnel. Ça voudrait dire que nous faisons primer la souveraineté des autres sur la nôtre, et ça, pour moi, c'est inenvisageable.
Emmanuel Macron, pour défendre les intérêts de la France, a redéfini notre doctrine nucléaire. Il était très clair, la décision d'appuyer sur le bouton restera un pouvoir exclusif du chef de l'État, mais il veut qu'on fasse participer nos alliés européens à des exercices de dissuasion. Ces choix-là, si vous arrivez au pouvoir dans un an, est-ce que vous les maintiendrez ?
D'abord, permettez-moi de me réjouir qu'Emmanuel Macron ait renoncé à tout partage de quelque nature et de quelque degré que ce soit de notre puissance, de notre puissance nucléaire. J'ai un peu la faiblesse de penser que la pression du Rassemblement national l'a ramené à une forme de raison, un petit peu comme sur le Mercosur, vous voyez, mais nous resterons d'ailleurs...
Vous avez dit qu'il voulait partager le bouton.
Oui, enfin, il a été très ambigu. En tout cas, là, c'est clair. Alors, qu'est-ce qu'il propose ? Il propose que les alliés participent comme spectateurs à des exercices... Bon, OK, ils seront réduits à un rôle, là, pour le coup, vraiment de spectateurs, parce que vous comprenez bien que la confidentialité des procédures ne leur permettra pas de faire autre chose que cela. Et il propose une dissémination géographique de nos armes nucléaires. Bon, je ne vois pas bien l'intérêt de cette décision. Si vous arrivez au port demain, vous maintenez ça ? Non, mais je ne vois pas l'intérêt. Donc, de deux choses l'une, si vous voulez.
Soit je dirais à nos alliés, bon, écoutez, OK, il y a une dissémination géographique, mais dans ces cas-là, il faut qu'il y ait une contrepartie, et la contrepartie, elle passe par l'achat de matériel français, parce qu'à l'époque... Oui. Si vous voulez mettre votre arme nucléaire dans des pays qui achètent des F-35 américains, ce que vous voulez dire, à un moment, il y a une contradiction qui est majeure. Alors, que les choses soient très claires, hein. Pour nous, aucun partage, ça veut dire aucun partage ni sur la décision, ni sur la procédure, ni sur la détermination, bien sûr, de nos intérêts, ni sur le financement, donc je ne sollicite pas une contrepartie financière.
Je sollicite que les pays en question, les alliés, nos alliés, achètent du matériel français plutôt que du matériel américain.
Marine Le Pen, on l'aurait presque oublié, mais on est à 11 jours du premier tour des municipales. Jordan Bardella veut mettre en place un cordon sanitaire anti-LFI. Mais il y a quoi, derrière ces mots ? Quelle réalité ? Ça va se traduire comment, concrètement ?
Il y a une réalité morale et éthique. En réalité, c'est un message qui est lancé à l'ensemble de la classe politique française, pour une raison simple, c'est qu'à la dernière élection législative, ils se sont tous mis ensemble. Ils se sont fait élire les uns les autres.
Mais est-ce que vous, RN, vous retirerez vos candidats pour faire barrage à LFI ?
Mais non, mais pourquoi on retirerait nos candidats pour faire barrage à LFI ? Ce sont des élections municipales, cher ami. Donc, figurez-vous, il y a un truc extraordinaire. Quand les gens votent pour le Rassemblement national, c'est pour avoir des élus au Rassemblement national.
Donc les RN se maintiendront partout ?
Mais bien entendu, car le Rassemblement national... Donc c'est du blabla votre cordon sanitaire. Mais non, mais le Rassemblement national, d'abord, un, il respecte les électeurs. Je sais que c'est un truc qui est assez étonnant pour le reste de la classe politique, mais enfin quand même, nous on y tient. Ça veut dire que quand les gens votent pour nous, c'est pour avoir des élus qui défendent leurs idées. Donc des conseillers municipaux. Donc deux choses l'une. J'ai eu le goût... J'ai l'occasion de dire, les municipales, c'est gagnant ou gagnant.
C'est gagnant parce qu'on gagne la mairie, et on a un maire et une équipe municipale, ou c'est gagnant parce qu'on a de toute façon des conseillers municipaux d'opposition qui ont un rôle fondamental à jouer. Mais en revanche, la classe politique doit s'interroger, puisque une partie non négligeable des députés LFI l'ont été, grâce précisément aux dernières élections législatives, au retrait de candidats macronistes, LR, socialistes,
et autres. A propos de Jean-Luc Mélenchon et de LFI, quand vous entendez Raphaël Glucksmann comparer Jean-Luc Mélenchon à Jean-Marie Le Pen, vous vous dites quoi ?
Je me dis que les propos et le comportement de Jean-Luc Mélenchon, actuellement, sont bien pires que ce qui a pu être reproché...
Il est dans les mêmes dérives que celles qui vous ont conduite à exclure Jean-Marie Le Pen du Rassemblement National ?
Il est dans une provocation électoraliste qui vise à manier l'antisémitisme pour essayer de mobiliser l'électorat antisémite. Donc c'est Jean-Marie Le Pen empire, en fait ? Non, ça me paraît extrêmement clair, mais je note qu'un certain nombre lui trouvent des excuses, et pour le coup, disons clairement les choses. Qui lui trouve des excuses ? Parce que je vais vous dire, les Français pensent ça. Si quelqu'un du Rassemblement National avait dit ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon, ça aurait fait la une des journaux télévisés, la une des journaux papiers. Ça aurait engendré des manifestations dans la rue.
Là, ce n'est pas le cas, parce que c'est quand même un mec de gauche, et quand même, la famille de gauche est toujours beaucoup plus complaisante. Jean-Luc Mélenchon occupe la une des journaux radio, télé et presse écrite depuis un moment. Non, non, non, c'est faux. Et a parfois l'indignation sélective.
J'ai une dernière question. Une question qui concerne la présidentielle. Vous avez été très clair, si vous êtes condamné, que vous avez un bras électronique, vous ne ferez pas campagne, c'est-à-dire que le 7 juillet, c'est Jordan Bardella qui sera candidat. S'il devient président de la République, vous avez dit, j'aurai le rôle qu'il souhaitera que j'ai, en tout cas, c'est sûr, pas un rôle de tutelle. Il y a une question à laquelle vous avez répondu non, dans un premier temps, et depuis, vous n'êtes pas clair. Pardonnez-moi, vous tournez un peu autour du pot. S'il est élu, et qu'il vous propose d'être sa première ministre, est-ce que vous accepterez ou pas ? Quand n'ai-je pas été clair ?
Est-ce que vous avez un peu de réponse claire à cette question ? S'il vous dit, pour vous, c'est Matignon, vous dites oui ?
Eh bien, il faut lire les journaux, figurez-vous, de temps en temps, parce que j'ai été extrêmement clair, j'ai été extrêmement clair, à chaque fois qu'on m'a posé cette question. Donc, c'est oui ou c'est non ? Donc, vous aurez votre petite dépêche AFP, parce que c'est le but de... On parle aux auditeurs, on parle pas... Pour la énième fois, je répète que je ne souhaite pas être premier ministre. Mais pour l'instant, mon sujet, c'est les municipales, et mon sujet, c'est de dire aux Français que le changement, il commence, maintenant aux municipales, il n'interviendra pas seulement dans un an aux présidentielles, et qu'il faut donc qu'ils aillent voter.
C'est essentiel pour pouvoir, au niveau de leur commune,
obtenir le changement qu'ils souhaitent. Là, tout le monde sera d'accord, il faut voter aux élections, 15 et 22 mars, premier et second tour. Merci Marine Le Pen d'être venue sur RTL. Merci à vous.
Marine Le Pen