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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 9 septembre 2025 6 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploi

Ce responsable patronal réclame "un cap" après la chute du gouvernement Bayrou, peu importe "le casting"

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse directe

    Comment le monde économique réagit à l'instabilité politique ?

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Dans quel état d'esprit êtes-vous ce matin ? Est-ce que vous avez déjà connu une rentrée à ce point nébuleuse ?

  • 1:20OuverteRéponse directe

    Parce que les carnets de commandes ne se remplissent plus ?

  • 2:14OuverteRéponse directe

    Le premier dossier qui attend le prochain gouvernement, c'est évidemment le budget. Qu'est-ce qui, pour vous, serait inacceptable dans un projet de budget ?

  • 2:57RelanceRéponse partielle

    Vous dites « rajouter », mais l'impôt sur les sociétés a fortement baissé ces dernières années.

  • 3:27OuverteRéponse directe

    Mais il y a aussi énormément d'aides aux entreprises. Cette commission sénatoriale qui a recensé plus de 2 200 dispositifs d'aides aux entreprises pour un coût total de 211 milliards d'euros. Il n'y a pas moyen de faire des économies sur ce domaine-là ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:48InvitéFait
    « le casting n'est pas ce qu'il y a de plus important. Ce qui est important, c'est qu'on prenne des décisions, c'est qu'on sache où on va. »
  • 1:08InvitéFait
    « Les recrutements sont à l'arrêt. »
  • 1:11InvitéFait
    « pour les entreprises et nos 350 000 adhérents à la CPME, il n'y a rien de pire que ça. »
  • 2:21InvitéFait
    « Ce qui serait inacceptable, c'est que ce ne soit pas un budget qui prenne en compte, justement, la situation de ces entreprises. »
  • 3:04InvitéChiffre
    « On est quand même le pays avec le record du monde des prélèvements libératoires, le record du monde des charges qui sont payées aujourd'hui par les sociétés. »
  • 3:12InvitéChiffre
    « si vous voulez donner 1 euro de salaire en plus à un salarié, cela va coûter 2,50 euros à nos PME. »
  • 3:39InvitéFait
    « Ces chiffres sont largement remis en cause. »
  • 3:56InvitéFait
    « on fait des augmentations et après on dit qu'on compense parce qu'on va vous aider de ça et là. »
  • 4:55InvitéFait
    « la taxe Zuckman. Tout le monde parle de cette taxe Zuckman qui pourrait être la solution géniale. »
  • 5:05InvitéFait
    « pour les grosses PME, les ETI patrimoniales, les gens ne se rendent pas compte qu'aller payer que ce soit 1% ou 2% de la valorisation d'une entreprise, ce qui est complètement conceptuel, théorique et fictif. »
  • 5:32InvitéFait
    « la conséquence directe, c'est quoi ? C'est que les patrons, les propriétaires de ces entreprises patrimoniales, pour pouvoir payer la taxe, ils vont être obligés de céder des actions ou encore pire, de vendre leurs actions à des fonds de pension américains. »

Temps de parole

  • Invité78 %
  • Présentateur22 %

3,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

À 6h21, la parole au patronat au lendemain de la chute du gouvernement Bayrou. Comment le monde économique réagit à l'instabilité politique ? Bonjour Olivier Ducatillon.

0:18
Invité

Bonjour Mathilde.

0:19
Présentateur

Vous êtes le président de l'Union des industries textiles. Vous êtes aussi l'un des responsables de la CPME, la Confédération des petites et moyennes entreprises. Vous êtes au sein de la CPME chargée spécifiquement du Made in France. Dans quel état d'esprit êtes-vous ce matin ? Est-ce que vous avez déjà connu une rentrée à ce point nébuleuse ?

0:36
Invité

Effectivement, on ne peut pas dire que ce soit la grande forme. On s'attendait aux résultats. Et bien sûr, ce que nous attendons, c'est une décision rapide. Et très honnêtement, le casting n'est pas ce qu'il y a de plus important. Ce qui est important, c'est qu'on prenne des décisions, c'est qu'on sache où on va. Aujourd'hui, on est dans un climat d'incertitude record depuis un an. Donc incertitude politique ne fait pas bon ménage avec l'économie. Incertitude économique et tout est à l'arrêt. Tout se grippe. Les investissements sont à l'arrêt. Les recrutements sont à l'arrêt. Et pour les entreprises et nos 350 000 adhérents à la CPME, il n'y a rien de pire que ça.

Et ce qu'on attend, c'est du concret. Parce que là, ce qu'il nous faut, c'est de l'activité.

1:20
Présentateur

Parce que les carnets de commandes ne se remplissent plus ?

1:22
Invité

Aujourd'hui, le problème, il est là. C'est qu'il nous faut de la commande, qu'elle vienne du privé ou qu'elle vienne du public. Il faut des commandes. Les chefs d'entreprise sont très pragmatiques. L'activité souffre. Il n'y a aucune visibilité. Donc les perspectives sont très inquiétantes. Et là, il nous faut de l'action. Encore une fois, le casting, les extrapolations. Les extrapolations, ça, c'est très bien. Mais ce qu'il faut, c'est des décisions, un cap et qu'on sache où on va. Et il faut que nos représentants politiques réapprennent à se parler, réapprennent à échanger. Et qu'on retrouve ce qu'on a connu il y a un moment, cette culture du compromis.

Compromis de faire avancer, faire bouger les lignes pour que les décisions puissent se prendre. Parce que là, ce qu'on a vécu depuis un an, c'est une inaction totale. Puisque chacun reste campé sur ses positions, sur ses dogmes. Et ce n'est pas comme ça qu'on va faire avancer le pays. Donc c'est important que ça bouge.

2:14
Présentateur

Le premier dossier qui attend le prochain gouvernement, c'est évidemment le budget. Qu'est-ce qui, pour vous, serait inacceptable dans un projet de budget ?

2:21
Invité

Ce qui serait inacceptable, c'est que ce ne soit pas un budget qui prenne en compte, justement, la situation de ces entreprises. Et qu'on essaye de trouver ou d'entendre une petite musique qui nous dit « Bah, la solution de facilité, c'est de rajouter des taxes. » Vous savez, dans la baignoire ou qui fuite partout, on remet de l'eau, on remet de l'eau. Et l'eau, c'est les taxes pour nos entreprises. Ce qui serait dramatique. Jusque-là, nos entreprises, nos PME, elles ont résisté. Et elles ont fait preuve d'une résilience extraordinaire. Mais là, il ne faut surtout pas qu'on ait un budget contre les entreprises. On va nous rajouter des taxes.

2:52
Présentateur

Vous dites « rajouter », mais l'impôt sur les sociétés a fortement baissé quand même ces dernières années.

2:57
Invité

Oui, mais vous voyez par un bout de la lorniette sur l'IS. C'est une chose, mais regardez tout le reste. On est quand même le pays avec le record du monde des prélèvements libératoires, le record du monde des charges qui sont payées aujourd'hui par les sociétés. Quand vous avez en tête que si vous voulez donner 1 euro de salaire en plus à un salarié, cela va coûter 2,50 euros à nos PME. C'est juste invivable. On ne peut plus. Il ne faut pas n'en jeter plus là. On ne peut plus.

3:25
Présentateur

Mais il y a aussi énormément d'aides aux entreprises. J'imagine que ça ne vous a pas échappé. Cette commission sénatoriale qui a recensé plus de 2 200 dispositifs d'aides aux entreprises pour un coût total de 211 milliards d'euros. Il n'y a pas moyen de faire des économies sur ce domaine-là ?

3:39
Invité

Déjà, on peut discuter. Vous l'avez vu. Ces chiffres sont largement remis en cause. Quand on prend la partie d'une TVA, d'une baisse de TVA pour les particuliers, pour les consommateurs, on intègre ça dans les aides aux entreprises. Il faut être un minimum sérieux par rapport à ça. Des aides, il y en a eu. Parce qu'on est dans une culture en France, plutôt que de s'attaquer aux vrais problèmes du coût du travail, on fait des augmentations et après on dit qu'on compense parce qu'on va vous aider de ça et là. C'est ça aussi qu'il faut arrêter. Il faut qu'on ait une visibilité claire sur à quelle sauce va-t-on être mangée, nous les chefs d'entreprise, parce que c'est vraiment insupportable.

Ce qui est clair aujourd'hui, quand vous dites qu'il y en a eu, il y en a eu pour des raisons diverses et variées. Après, là que mailleur, tout doit être contrôlé, vérifié, ça c'est hyper important. On est tous d'accord là-dessus, mais à un moment, n'en jetez plus, la cour est pleine. On ne peut pas taxer plus les entreprises qu'elles ne le sont aujourd'hui.

4:35
Présentateur

Y compris les très grandes sociétés, parce que les grandes entreprises, elles ont davantage profité d'ailleurs de la baisse de l'impôt sur les sociétés que les PME que vous représentez.

4:43
Invité

Bien sûr, nous on représente les 350 000 PME françaises. Donc bien sûr, je vais vous dire que les grandes entreprises, elles ont plus de marge de manœuvre, elles ont des trésoreries, elles ont une taille qui leur permet peut-être d'absorber plus de choses. Mais je vous prends un exemple, la taxe Zuckman. Tout le monde parle de cette taxe Zuckman qui pourrait être la solution géniale. Oui, sauf que pour les grosses PME, les ETI patrimoniales, les gens ne se rendent pas compte qu'aller payer que ce soit 1% ou 2% de la valorisation d'une entreprise, ce qui est complètement conceptuel, théorique et fictif. On est bien d'accord, c'est une valorisation basée sur des chiffres, sur un historique.

Mais valorisation, pour aller débourser 1% ou 2% de valorisation, il faut avoir la trésorerie. Et les gens ne se rendent pas compte qu'une taxe, au départ, on peut se dire super, c'est génial. Sauf que la conséquence directe, c'est quoi ? C'est que les patrons, les propriétaires de ces entreprises patrimoniales, pour pouvoir payer la taxe, ils vont être obligés de céder des actions ou encore pire, de vendre leurs actions à des fonds de pension américains. Est-ce que c'est ça qu'on veut ? Est-ce que c'est la taxe Zuckman, fonds de pension américains ?

5:46
Présentateur

Quel que soit le bout par lequel on prend l'affaire, on ne touche pas les entreprises pour vous, si je résume.

5:50
Invité

Non mais, on ne touche pas aujourd'hui, encore une fois, vous avez l'impression de présenter l'entreprise comme un public privilégié. Mais nos PME, aujourd'hui, les patrons de PME sont des super-héros, sur lesquels on n'a fait que ponctionner, ponctionner depuis de nombreuses années. Donc les entreprises ont fait leur part, il faut continuer. La solution, c'est la relance, la production, la commande. Il faut retrouver du compromis, du consensus et donner des commandes.

6:16
Présentateur

Merci Olivier Ducatillon, vous êtes au sein de la CPME chargée du Made in France et vous êtes également président de l'Union des industries textiles.

Ce responsable patronal réclame "un cap" après la chute du gouvernement Bayrou, peu importe "le casting" · Pourquijevote