Stade de France : un fiasco et des accusations #cdanslair 30.05.2022
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Bonsoir à toutes et à tous. Nous attendons vos questions SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Les scènes de chaos aux abords du Stade de France ont fait le tour du monde. Car cette finale de la Ligue des champions a tourné, on le sait maintenant, au fiasco. Mouvement de foule, lacrymogène, intrusion, pickpocket. Depuis samedi, chacun cherche à établir les responsabilités, alors même que la France doit accueillir les championnats du monde de rugby en 2023 et les JO en 2024.
Le ministre de l'Intérieur qui sera auditionné par le Sénat sur ce dossier a évoqué une fraude massive et industrielle et jusqu'à 40 000 supporters britanniques qui se sont présentés avec des faux ou sans billets. Outre-Manche, Boris Johnson se dit déçu et demande des comptes. L'affaire a pris aussi un tour politique avec une charge simultanée de Marine Le Pen, dénonçant, je cite, l'irruption de voyous de banlieue, la faillite de la sécurité. Jean-Luc Mélenchon est triant, lui, au passage, le préfet, l'Allemand et ses méthodes musclées. Une montée en tension politique à 15 jours du premier tour des législatives. Stade de France, un fiasco et des accusations, c'est le titre de cette émission.
Avec nous pour en parler ce soir, Alain Boer, vous êtes professeur de criminologie au Conservatoire des Arts et Métiers. Je rappelle votre livre, La criminologie pour les nuls, chez First Edition. Ève Roger, vous êtes directrice adjointe de la rédaction du Parisien Aujourd'hui en France. Vous revenez, vous aussi, sur les événements de samedi à la une de votre journal, c'est aujourd'hui, Stade de France, autopsie d'un fiasco. Neila Latroux est avec nous ce soir, vous êtes journaliste politique. On vous retrouve tous les matins dans le Brief Politique sur France Info. Je cite votre édito du jour, Législatif 2022. Edouard Philippe continue à tisser sa toile.
On dira un petit mot de politique aussi au cours de cette émission. Yves Tréhard, vous êtes éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Et à la une de votre journal aujourd'hui, polémique et question au soir du chaos du Stade de France. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Je voudrais avec vous et grâce à vous qu'on revienne presque dans le détail. Ce n'est pas la première fois qu'on organise des grands matchs, des grands événements sportifs au Stade de France. En général, on dit c'est un stade super parce qu'il se remplit très vite et il se désemplit très vite. Ça se passe très bien. Tout a été bien préparé.
Cette fois-ci, il y a eu un grain de salle, on va l'appeler comme ça, ou plusieurs chaînes de défaillance, comme le dit Le Monde cet après-midi. Que s'est-il passé concrètement ? Alors d'abord, il n'y a pas eu un grain de sable, il y a eu une plage. C'est ça. D'abord, ce match a été déplacé de Russie vers la France du fait des événements en cours. Et la France a demandé à pouvoir l'organiser, même insister auprès de l'UEFA. C'est important de savoir qui organise ce match car le fait qu'il y ait beaucoup d'organisateurs fait qu'il n'y en a en fait pas d'une. D'accord. Donc l'UEFA a donné à la France la possibilité d'organiser ce match à la place de la Russie.
La France a choisi le Stade de France à Paris qui, en général, fonctionne bien, sauf quand il fonctionne très mal. Et c'est déjà arrivé, notamment dans un championnat de France il y a deux ans. Donc il peut arriver que ça marche très mal, le Stade de France. Deux, l'UEFA a décidé d'organiser ça un peu à la va-vite et la France a décidé de se servir de ce match pour faire un crash test des prochains épisodes. Et le crash test est devenu un crash tout court. Enfin, fiasco, crash. Trois, il y a eu plusieurs épisodes en même temps car pour que quelque chose soit aussi mauvais, il faut plein de petits éléments. Chacun se défend en en prenant un seul pour expliquer que c'est la faute des autres.
On va le voir dans le détail ce soir. C'est un cumul. Chacun y a mis son petit grain de sable. Un, dans l'organisation de l'UEFA parce que l'UEFA a pris un dispositif qui est, il faut que ça soit fluide, il faut que ça soit facile, il ne faut pas qu'il y ait de contrôle, il ne faut pas qu'on embête les gens. Et plus c'est simple. Deux, le RER B, qui est l'accès le plus facile et le plus simple au Stade de France, était en grève. Une vraie grève, pas pour rire. Donc on a déplacé les spectateurs sur le RER D. Deux, les porteurs de billets étaient composés de trois catégories. Des vrais porteurs avec des vrais billets, en général dématérialisés et assez simple.
Mais Liverpool avait demandé qu'une partie des billets soit encore en papier. C'est un peu comme le pass sanitaire. Quand il est sur votre téléphone, ça marche assez bien. Quand vous le reproduisez en papier, vous pouvez en faire autant que vous voulez. Il y avait donc des vrais tickets, des vrais faux tickets et des faux tickets et des sans tickets. Il y avait quatre catégories de population qui se sont retrouvées enfermées dans une nasse qui est le couloir qui mène du RER D au Stade de France, qui est un couloir, un tunnel. Alors le tunnel, c'est à peu près le tunnel du Mont Blanc, les 5-7 et l'incendie de l'ambassade de Vienne.
Quand vous avez une accumulation massive de gens, vous êtes sûr qu'il va y avoir une tragédie, pas simplement un chaos. Il aurait pu y avoir une tragédie. Il aurait pu y avoir une tragédie dans ce tunnel. Ensuite, il y a un léger contrôle juste au bout du tunnel, juste à l'endroit où vous êtes sûr que vous allez créer le péage de fleuris en bière, quand 18 bretelles d'autoroutes viennent créer un boulot d'étranglement. Donc, devant l'afflux immense de personnes, la préfecture a dit qu'il faut arrêter tout ça, qui ne dépend pas d'elle, qui dépend de l'UEFA pour cet endroit-là et du Consortium Stade de France pour l'entrée qui est 200 mètres plus loin.
Tous les gens qui arrivaient à passer le contrôle, puis quand il n'y avait plus de contrôle, la foule, est arrivé jusqu'à l'entrée et s'est précipité vers la seule entrée qu'ils avaient, qui était celle qui était en face d'eux et pas les autres. Alain Boer, c'est parfaitement résumé tous les éléments, tous les grains de sable qui se sont accumulés pour faire cette soirée. On va les reprendre, si vous le voulez bien, dans le détail, avec vous, Ève Roger. C'est vrai que vous avez évoqué cette histoire de grève. On se dit, oui, une grève, quand on veut organiser un événement aussi important que celui-ci, c'est un élément à prendre en compte et à anticiper.
Ça, ça n'avait pas été anticipé. C'est tout un problème d'anticipation, parce que non seulement on savait qu'il y avait une grève du RERB qui conduit au Stade de France, mais on savait aussi qu'il y aurait 60 000 supporters anglais dont 20 000 seulement avaient des tickets. Nous, depuis la semaine dernière, on sait ça. Donc on se dit, il va se passer quelque chose. Mais quoi ? On ne savait pas trop si c'était du vandalisme à Paris. Ça se passe souvent comme ça, le fait qu'il y ait plus de supporters qui se présentent au devant du Stade ? C'est typique des Anglais, plutôt. Par exemple, les Espagnols sont arrivés, ils étaient 20 000, ils avaient 20 000 tickets.
Mais vous savez, c'est une culture, finalement. Les Anglais sont venus. Donc on a organisé des fanzones, parce qu'on savait qu'ils n'avaient pas de tickets. Donc il y a eu deux fanzones qui ont été créées, dont une grande, la Cour de Vincennes. Donc on savait qu'il y avait un surplus, disons, un surplus, et la grève du RER. Et c'est vrai que cette grève du RER, le fait qu'ils ont demandé aux supporters de prendre le RER D plutôt que le B, vous imaginez un Anglais dans le métro à Paris, à qui on dit, alors à Gare du Nord, il va falloir changer de métro, et puis après il va aller prendre le D, et arriver au D, il n'y a aucune indication.
C'est ça qui est dément, c'est-à-dire qu'il n'y a aucune indication, aucun stadier qui dit aux supporters anglais, il ne faut pas aller là, dans ce goulot d'étranglement, mais faire le tour du stade, où là, en 40 secondes, vous allez pouvoir passer. Il y avait 10 ou 15 sportifs disponibles, alors que dans le goulot d'étranglement, où là, la tragédie a failli avoir lieu, il y en avait 4. Et donc il n'y a pas de stadier qui dit juste, faites le tour du stade. C'est ça qui est incroyable.
Parce qu'eux ne sont pas formés, ne sont pas préparés. Habituellement, encore une fois, il y a des gens qui nous regardent ce soir et qui disent, tiens, pourquoi on en fait autant sur une histoire de stade ? Au final, il n'y a pas eu de mort, il n'y a pas eu de blessés, oui, d'accord, on a retardé le match.
Pourquoi c'est devenu une affaire ? Parce que les stadiers, on peut refroidir les responsabilités, mais les stadiers, déjà, il y en a beaucoup moins qu'avant, qu'avant le Covid. C'est-à-dire que le stadier, il est comme dans l'hôtellerie-restauration, il était mal payé, mal traité, il a décidé de faire autre chose, et maintenant, les stadiers, il y en a moins, ils sont moins bien formés. Ensuite, les supporters anglais, contrairement à ce qu'on a dit, n'étaient pas du tout tous bourrés, tous alcoolisés, ils ont eu au contraire un comportement extrêmement exemplaire.
C'est-à-dire que ces supporters, au lieu de se mettre en colère, de commencer à se bagarrer, tout ça, ils ont été extrêmement sur la réserve parce qu'ils ont aussi une histoire personnelle. C'est-à-dire que les supporters anglais, il y a le stade Ezel, le stade Lisbouro, il y a eu des morts à cause de ces mouvements de foule. Donc, on ne peut pas dire que les supporters anglais n'aient pas été exemplaires. Donc, c'est la première chose. Puis après, il y a la préfecture de police. Pourquoi il y avait aussi peu ? Enfin, il y avait 7000 policiers. Mais aujourd'hui, sur le terrain, nous, on a des témoignages de policiers qui disent qu'on n'était pas assez nombreux et on n'était pas bien placés.
Parce que c'était eux qui devaient prendre le relais des stadiers pour aller conduire les autres à l'autre entrée du stade de France. Et puis après, il y a eu cette immense lacrymogène, mais on peut aussi considérer qu'il n'y avait pas moyen de faire autrement. Sinon, il y aurait écrasement. Et ça, effectivement, là, Gérald Darman n'en a pas tort. C'est-à-dire qu'effectivement, s'il n'y avait pas eu l'évacuation du parvis au moment où il y avait l'afflux massif de ces supporters anglais, sans doute qu'il y aurait pu y avoir vraiment un drame. Yves Tréhard, je posais la question de pourquoi est-ce qu'au fond,
on en parle ce soir dans C'est dans l'air, il y aurait eu un drame. Et fort heureusement, vous l'avez dit tout à l'heure, Alain Bauer, tous les ingrédients étaient réunis pour que ça se termine très, très mal. Ça n'a pas été le cas, fort heureusement. Pourquoi c'est devenu aussi symbolique, cette affaire-là ? Comment est-ce que vous l'expliquez ? On va revenir ensuite sur le détail des responsabilités, mais juste pour avoir un élément de réponse là-dessus. D'abord, parce que, vous l'avez tous dit, c'est quand même un événement, un événement mondial.
C'est-à-dire qu'il y a des milliards en Afrique, en Asie, aux États-Unis, en Amérique latine, il y a des milliards de téléspectateurs qui regardent ce spectacle dans cette ville dite la ville lumière, même si c'est Saint-Denis, ce n'est pas Paris, comme dirait je ne sais plus quel homme politique qui a précisé que ce n'était pas Paris, que c'était Saint-Denis. C'est très intelligent comme remarque. Mais donc, c'est montré au monde entier. Après, il y a une singularité de cette rencontre de football. Vous dites pourquoi ça se passe mieux d'habitude. Ça se passe mieux d'habitude parce qu'il y a moins de monde.
Je suis un grand amateur de football, je vais très souvent au Stade de France, au rugby aussi, et quand on parle de rugby, on ne parle absolument pas de ce sujet-là. Et vous avez vu que dans l'après-midi, samedi, il y a eu un grand match, 60 000 spectateurs à Marseille, il n'y a rien eu, pas un problème. Pourquoi là ? Parce que, et Ève l'a dit, on est avec un public britannique. Et les Britanniques ont l'habitude de se déplacer, même quand ils n'ont pas de billets, avec leur équipe. C'est un grand classique. Et en plus, les Français sont toujours fébriles quand les Britanniques arrivent, parce qu'ils savent qu'il peut y avoir du hooliganisme.
Même si les Britanniques ont été très courageux avec ça, depuis 20 ans, ils ont pris le taureau par les cordes, de façon extrêmement ferme, et c'est un problème qui est à peu près réglé, même si, quand vous allez dans les travées du stade de Chelsea, je peux vous dire que ça bouge très violemment. Mais enfin, bon. Et deuxièmement, il y a eu une conjonction de problèmes, je ne vais pas reprendre ce qu'a pris Alain, parce qu'Alain a très très bien expliqué, et Ève, cette histoire de goulot d'étranglement, et c'est pas... de ne pas avoir anticipé cette grève de métro, c'est absolument absurde. Enfin, on se demande à quoi ils pensaient.
Mais ce qui est venu se greffer à cela, c'est quand il y a eu cette libération de ce premier contrôle, parce que sinon, il y aurait probablement eu des morts, c'était un deuxième Ezel qui se présentait, eh bien là, vous avez une population endogène, si je puis dire. Locale. Locale, de petites frappes, de petits voyous, qui est venu semer le trouble, faire les poches de tous ces supporters dont on disait, dont on avait peur, parce qu'il y avait leur imputation britannique, mais en fait, ils étaient là avec leurs enfants, rendez-vous compte, qui ont été gazés, enfin, qui ont été aspergés, gazés, pardon, qui ont été aspergés, tout ça. Et il y a eu... Je ne sais pas, alors...
Moi, je trouve que dans cette histoire, le ministre de l'Intérieur se retranche un peu facilement... D'ailleurs les Britanniques, derrière les supporters... derrière cette histoire de fausses billetteries, de fausses billetteries, qui existent probablement, mais de là à dire que c'est... Parce qu'il insiste, que c'est l'événement majeur, enfin, qui explique tout ça, c'est un peu rapide. En tout cas, Neila Latrousse, on a bien vu que c'était un dossier qui a embarrassé le gouvernement, à commencer évidemment par le ministre de l'Internet. Ce matin, il y avait un peu une mobilisation et l'idée de montrer que le gouvernement avait l'intention de répondre et de trouver des responsabilités.
Vous savez, ça m'a fait penser à deux événements qu'on a eus durant le quinquennat politique, où dès le départ, il y a eu cette espèce de sous-estimation de l'impact que ça pouvait avoir. Donc là, on a considéré qu'au final, un tweet expliquait que c'était un problème de supporters anglais, avec accessoirement une petite tendance. Là encore, si on surveille, chaque fois qu'il y a eu des Britanniques et une prise de parole de Gérald Darmanin, très souvent, c'est allé dans le même sens, que ce soit sur les pêcheurs, sur les migrants, etc., il y a globalement... Et c'est ce qui est en train de se passer aussi du côté britannique.
Globalement, un retard à l'allumage et en réalité, quand on parle de défaut d'anticipation, ce n'est pas qu'une question de défaut d'anticipation sécuritaire, c'est plus globalement sur le symbole politique qu'a été cette finale. Il n'y a pas eu non plus de prise de conscience de ce que représentait avoir la Ligue des champions à Paris. Moi, personnellement, j'étais extrêmement étonnée que le chef de l'État, par exemple, ne soit pas au stade de France. Il n'était pas en tribune.
Alors qu'il y avait l'émir du Qatar, alors qu'il y avait le roi d'Espagne, alors que la France s'est battue pour avoir cet événement, qu'il ne devait pas être organisé à Kiev, il devait être organisé à Saint-Pétersbourg, alors même que le chef de l'État, pendant toute sa campagne, a mis en scène ce bras de fer avec Vladimir Poutine. Avoir la Ligue des champions avec deux chefs d'État étrangers dans le stade Enpasiette, ça montre que déjà, on n'avait pas pris conscience de ce que symbolisait cet événement-là.
Par ailleurs, contrairement à une manifestation, contrairement aux Gilets jaunes, contrairement à des émeutes de banlieue où on a cette tradition de maintien de l'ordre, où on envoie effectivement des policiers avec des grenades de désencerclement, là on n'était pas dans un événement qui symboliquement représentait de la contestation, on était dans un événement joyeux et prestigieux. Donc évidemment que derrière, la réaction politique est aussi à la hauteur de l'émoi que peuvent provoquer ces images-là, qu'on ne s'attend pas de voir sur un événement de ce type-là, qui n'est pas qu'un événement européen, qui est effectivement un événement planétaire.
Oui, l'angle de choc des images n'est pas retombé d'ailleurs, depuis samedi après le chaos, l'heure est au règlement de compte et chacun tente d'établir les responsabilités. Le ministre de l'Intérieur cible les 30 à 40 000 supporters anglais qui se sont retrouvés, vous l'avez dit, sans billet ou avec des faux billets. Une fraude massive est organisée, selon lui, en Grande-Bretagne. Boris Johnson demande des comptes et la presse britannique se déchaîne. Romain Vesnenou et Christophe Roquet.
Après le chaos, la colère et l'incompréhension.
La presse anglaise accable l'organisation de la finale de la Ligue des champions samedi au Stade de France. La farce française nous fait voir rouge, titre métro. Le stade de farce ironise le Sun. Le Daily Mirror rapporte le récit
d'un père victime des gaz lacrymogènes avec son fils de 9 ans. Des témoignages et des images qui font le tour du monde depuis samedi soir. J'ai assisté, folie. Des supporters anglais parqués par milliers et parfois violentés.
Des jeunes qui escaladent l'entrée du stade. Et la police, submergée,
incapable de maintenir l'ordre malgré les matraques et le gaz lacrymogène.
Ils m'ont gazé deux fois. J'ai encore du mal à respirer.
Ils nous ont gazé sans raison. On a des tickets, on attendait juste pour voir le match.
Ces images, en particulier de supporters visiblement calmes, gazés par la police française, ont choqué les Britanniques. Nos reporters sur place n'ont remarqué aucune provocation de la part des supporters. Ces derniers n'ont tout simplement pas pu entrer dans le stade. Liverpool accuse la police française
de brutalité et d'intimidation.
La ministre des Sports britannique se dit très préoccupée. Cet après-midi, Downing Street
s'est dit extrêmement déçue par le traitement réservé aux supporters de Liverpool, la maire de la ville, qui était au stade samedi, réclame des comptes.
Je vais demander à la ministre des Affaires étrangères d'écrire au président français, Emmanuel Macron. Il doit s'expliquer. La police a été extrêmement brutale. Nous voulons des réponses.
La France, sommée de s'expliquer.
Réunion interministérielle ce matin avec le préfet de police de Paris, la ministre des Sports et le ministre de l'Intérieur. Gérald Darmanin qui l'affirme, le désordre de samedi est dû aux dizaines de milliers de supporters anglais
munis de faux billets.
La présence massive de ces faux billets est effectivement le mal racine qui a causé l'aéroport par trois fois du commencement du match. A 21h, 50% seulement des supporters britanniques étaient rentrés dans leur tribune, ce qui montre bien la difficulté qui se posait et qui ne s'est posée uniquement que dans l'entrée des virages qui concernaient les supporters de Liverpool. A deux ans des prochains Jeux olympiques en France et en pleine campagne législative, la politique rattrape le sport.
A gauche, Jean-Luc Mélenchon charge la police et les méthodes du préfet.
L'image, elle est lamentable et là, c'est un échec complet de la stratégie policière.
L'extrême droite, elle, accuse les jeunes de Seine-Saint-Denis d'avoir fait dégénérer
la situation.
Cette mésaventure de M. Darmanin annonce le quinquennat qui vient, c'est-à-dire le quinquennat de l'avènement de racailles qui font la loi
de plus en plus. La réalité des images que chacun a pu voir sur les réseaux sociaux, c'est que ce sont les traditionnels voyous de banlieue qui ont créé un phénomène en réalité de panique en cherchant à entrer sans billet. que le ministre de l'Intérieur soit ainsi dans le déni est très inquiétant.
Mercredi, les ministres de l'Intérieur et des sports seront auditionnés au Sénat pour faire la lumière sur le fiasco de samedi soir. Une triste image de la France déplore la commission des lois du Sénat.
Alors, nous allons revenir sur ces responsabilités, ces accusations. Cette question, si trois mois étaient insuffisants, alors pourquoi avoir accepté d'organiser cette finale ? Comment ça s'est passé ça ?
Qui a décidé le projet ? C'est Emmanuel Macron qu'on l'a dit tout à l'heure. Emmanuel Macron a poussé pour avoir ce match prestigieux en France et comme le disait Alain Bauer, c'était aussi une façon de s'entraîner parce que quand même la Coupe du monde de rugby puis les Jeux olympiques en 2024, il faut quand même montrer son savoir-faire. Et hélas, la France ne sait plus le faire. ne sait plus le faire parce qu'en 2016, on a organisé la Coupe d'Europe de foot. Ça s'est très bien passé. Mais entre-temps, j'y reviens, il y a quand même eu le Covid. Il y a eu une gestion, un changement de doctrine. C'est ça qui a désorganisé le système de sécurité des stades. C'est aussi une pratique.
Je vous ai parlé des stadiers, mais c'est aussi un changement de doctrine sur la gestion des supporters. En France, les supporters sont les ennemis. En France, c'est des gens qui sont là pour faire du vandalisme. D'ailleurs, on en a reparlé tout à l'heure. Donc, on les voit plutôt comme des ennemis à combattre et à juguler plutôt que des gens à accompagner. Et vous savez, en Angleterre, les supporters, les personnes qui s'en occupent sont bienveillantes, les accompagnent, etc. Donc, il y a un problème d'accompagnement des supporters et je pense que les supporters anglais font peur encore alors qu'effectivement, le hooliganisme a été quand même très bien traité.
Et très bien, vous voulez dire.
Oui, non, je tempérerai un tout petit peu ce que dit Ève. Si on a été choisi, c'est parce qu'on sait faire. D'accord. Si on a été choisi après l'affaire de Saint-Pétersbourg, enfin l'affaire, ce n'est pas une affaire, Saint-Pétersbourg à cause de l'embargo, du boycott, tout ça. Donc, c'est le Stade de France et la France qui a récupéré cet événement. On était évidemment candidat. Mais c'est parce qu'on sait faire aussi. On a la réputation d'être pas mauvais dans ce domaine. Alors évidemment, la situation, je dirais, le personnel des stadiés, tout ça, ça s'est peut-être un peu délité avec le candidat. Donc ça, vous êtes d'accord là-dessus ? Personnel stadié délité. Si on refait la liste...
On ne va pas tout leur mettre sur le domaine parce que ce ne sont pas des policiers non plus. J'entends bien. On est d'accord pour dire qu'il y a peut-être un problème défectif lié à la crise du Covid. Sur cette histoire de tickets, on dit que ce n'est pas la responsabilité des supporters britanniques qui, au fond, sont venus ici en famille pour accompagner leur équipe et qui ont respecté les zones où on leur demandait d'attendre, qui étaient dans les fan-zone, etc. Gérald Darmanin, on l'a attendu à l'instant, dit qu'il y avait entre 30 et 40 000 faux tickets ou personnes qui sont arrivées et qui se sont présentées au stade sans ticket. C'est la moitié du stade.
Oui, ça me paraît tout à fait démesuré et énorme comme proportion. Ce qui est vrai, c'est qu'en revanche, il y a 2 700 personnes munies de tickets qui n'ont pas pu accéder au stade.
D'accord, des vrais tickets.
Des vrais tickets. Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que la fausse billetterie, c'est une spécialité britannique et que ça se fait assez régulièrement. Même quand vous allez voir des matchs en championnat en première ligue anglaise, vous pouvez vous faire avoir. Alors bon, là-bas, ça fonctionne beaucoup avec des abonnements et tout, mais c'est une spécialité chez eux et quand il y a eu l'euro de football en 2021, c'était l'année dernière, puisque ça avait été décalé d'un an, eh bien, il y a eu des problèmes de fausse billetterie. Ça a eu lieu sur tout le continent.
Pour une fois, ça avait lieu dans tous les pays du continent européen, mais il y a eu des problèmes de fausse billetterie aussi et ça venait souvent de Grande-Bretagne. Pour prendre un TGV, pour prendre un train, on a des QR codes, on passe des bornes et on prend un avion. Pourquoi est-ce que ça ne se passe pas comme ça ? Parce qu'eux, ils veulent du papier. Dans les stades, est-ce qu'il y a une spécificité dans la billetterie qui a posé un problème, visiblement, qui a posé à ce chaos ? Si vous prenez un billet à la SNCF, vous pouvez l'avoir sur votre téléphone et faire une copie papier. Vous avez donc deux billets. Qu'est-ce qui permet de vérifier que vous avez deux billets ?
Il n'y a qu'une seule place assise. Vous ne pouvez donc le savoir que quand quelqu'un d'autre est assis à votre place ou quand vous vous dites « Mais pourquoi est-ce que quelqu'un demande à s'asseoir à ma place ? » Et là, vous découvrez soit qu'il y a un bug informatique, ce qui arrive de temps en temps encore aujourd'hui, soit que quelqu'un a fait une copie de votre ticket. Or, la production de tickets papier, qui est une des problématiques qu'avait demandé Liverpool à l'UEFA, a posé la possibilité d'avoir des vrais tickets, des vrais faux tickets, la copie d'un vrai ticket, donc d'avoir deux tickets pour une place. Et donc, le premier arrivé a sa place.
Le deuxième arrivé, il y a un anti-pass-back, ça s'appelle. Le système dit « Tu ne peux pas entrer. » Mais si le deuxième arrivé, c'est celui qui a le vrai ticket, comment il fait ? Il s'énerve, il bloque, donc il crée les conditions. Et puis, pour revenir à ce qui a été dit tout à l'heure, regardez le chaos qui existe dans les aéroports depuis la reprise du trafic aérien. Parlons d'un sujet où il n'y a pas d'émeude ni rien que ce soit. Il est impossible d'arriver, de passer la sécurité, etc., en moins de trois ou quatre heures dans la plupart des grands aéroports faute de personnel de sécurité. Pourquoi ?
Parce qu'on les a tous virés pendant la période du Covid, qu'ils étaient mal considérés, mal payés, mal traités et qu'ils ne veulent pas revenir sur le sujet au moment où il va y avoir des pics particuliers puisque la reprise du transport aérien est considérable et qu'on ne trouve plus personne. Donc, ce sujet-là ne doit pas être sous-estimé. Mais c'est un effet de cumul, c'est un effet cumulatif. Il y a ça, les vrais... Est-ce que c'est l'UEFA qui édite les tickets ? Qui édite les tickets ? C'est tout le monde. Alors, dans ce cas-là, c'est le contrôle de l'UEFA. Le stade est sous le contrôle du Consortium Stade de France.
L'extérieur du stade, de la police nationale en France, mais dans les autres pays, ça dépend de l'organisation locale, il y a donc trop de responsables. Quand vous organisez les Jeux Olympiques, moi, j'étais le conseil du comité international olympique pour la sûreté des Jeux quand ils n'ont pas lieu en France il y a très longtemps, eh bien, il m'est arrivé à Atlanta d'avoir 56 responsables dont aucun n'était le chef. Quand il y a trop de chefs, il n'y a pas de chefs. Et c'est une partie du problème. L'intérieur du stade, c'est le Consortium Stade de France. L'UEFA, à ce qui a été dit tout à l'heure, elle ne peut pas faire l'accompagnement entre le RERB et le RAD.
Ça, c'est la responsabilité de la RATP ou de la SNCF parce que je rappelle que le B et D sont en plus mixtes. Donc, vous rajoutez, il n'y a pas un seul chef. Le seul chef, c'est le préfet de police quand il décide pour des raisons d'ordre public, je prends la main parce que tout ça ne fonctionne pas. Ce qu'il fait très bien en évitant la tragédie du couloir, du tunel, Il considère, vu que ça a été bien géré, que le match a eu lieu, ni mort, ni blessé. Ben oui. Le problème, c'est le résultat. Ce n'est pas l'image. L'image est désastreuse. Ça, on ne va pas faire polémiquer. Mais le résultat, c'est quoi ? 36 minutes de retard, zéro mort, zéro blessé ?
On aurait eu Ezel, le Fouriani ou je ne sais pas quoi. Je peux vous dire qu'on est dans un état de crise où tout le monde a contribué à la crise. la RATP, la SNCF, le Consortium Stade de France, l'UEFA. À un moment, il a dit qu'on va arrêter les blessés. C'est la stratégie depuis mai 68. Et on va y revenir parce qu'on va passer un petit peu de temps avec le préfet l'allemand. C'est la stratégie qu'il a mis en place après les centaines de bains qui ont été blessés lors des manifestations. Donc, il faut prendre en compte ce qui est la réalité. Alain Bauer, je vous assure, revenir sur la stratégie parce que ça a fait l'objet d'une polémique politique. À chaque fois, son nom est cité.
C'est devenu un personnage du débat politique, le préfet l'allemand. Donc, on va y revenir et entend ce que vous en avez pensé. Ève Roger, est-ce que le ministre de l'Intérieur peut s'en sortir ? Alors, on a vu rapidement qu'il sera auditionné avec la nouvelle ministre des Sports. Est-ce qu'il peut s'en sortir en disant que c'est la faute des Anglais ? En tout cas, il peut tenter politiquement. Il peut tenter. Est-ce que ça va marcher ? C'est pas sûr. Il y a eu tout de même un mea-culpa au-delà de cette histoire de fausse billetterie et du club de Liverpool que le ministre de l'Intérieur accuse de ne pas avoir accompagné ses supporters. Il y a eu deux mini, on va dire, mea-culpa.
Un de la préfecture de police qui a considéré que le dispositif était sous-dimensionné, qu'il aurait peut-être fallu un tout petit peu plus de policiers. Et puis, du côté du ministre de l'Intérieur, au cours de sa conférence de presse, il a reconnu aussi qu'elle meutait pas forcément d'accompagnement des fonds. Et ça a été dit assez clairement là aussi dans sa conférence de presse. Il y a un témoin à cela, c'est qu'en amont de la rencontre, on a déjà vu politiquement des grosses communications avant un événement.
J'ai le souvenir notamment, il y a quelques semaines, quelques mois, les convois de la liberté, on avait le ministère de l'Intérieur qui avait surcommuniqué sur les barrages filtrants en dehors de l'Île-de-France pour éviter qu'il y ait trop de monde qui s'amassent, qu'on ne bloque pas le pays. On rappelle ce que c'était les convois de la liberté. C'était un mouvement qui voulait copier ce qui s'était passé au Canada, c'est-à-dire bloquer des accès de la capitale, des camions, des voitures, etc. Ça avait beaucoup communiqué en amont et le ministère de l'Intérieur, la préfecture, l'Elysée, on avait plein d'offres de conseillers qui nous disaient comment on va faire, comment on va gérer, etc.
Là, rien. La seule communication en amont, ça a été de dire que les supporters n'auraient plus le droit de porter des maillots du Réal ou de Liverpool sur les Champs-Elysées à partir d'une certaine heure pour éviter des bagarres. Et ça, ça a été reconnu par le ministre de l'Intérieur. On n'était peut-être pas sur les bonnes attentes en matière de ce qui pouvait déraper. Est-ce qu'il y a eu de la part du ministre de l'Intérieur, ce qu'on a entendu dans la voix de Marine Le Pen, un discours pour expliquer que des jeunes de ce quartier-là sont venus pour semer le désordre et procéder à des pick-pockets ?
Il en a parlé tout à l'heure, effectivement, quand il a pris la parole à l'heure du déjeuner, enfin vers 13h. Mais ça a duré, c'était mineur par rapport à... Ça veut dire que c'est anecdotique ? Alors, je ne veux pas lui faire ce procès, mais en tous les cas, ce qu'il a essayé de nous faire passer comme message, c'est, en gros, c'est la faute des Anglais parce que c'est la faute d'une fausse billetterie. Depuis longtemps. D'une fausse billetterie. Et c'est ça, le mal racine... En disant d'ailleurs, les Espagnols se sont bien comportés, en fait, ça ne s'est passé qu'à côté anglais. Oui, côté anglais.
Mais, en fait, ce qui s'est passé, je le répète ici, c'est qu'il y a eu ce problème majeur, ça c'est clair, mais il y a eu quand même aussi des actes de violence commis par des voyous, des voyous qui viennent de France, qui ne viennent pas de Grande-Bretagne. Et d'ailleurs, si vous regardez les gens qui ont été mis en garde à vue, le profil de ces gens-là, ce sont des gens qui, la plupart d'entre eux, sont français. Cette question, accuser les supporters anglais, Beaujau pourrait-il porter plainte contre Gérald Darmanin ? Ça lui apporterait quoi ? C'est simplement, il peut rappeler son ambassadeur de France, son ambassadeur de Grande-Bretagne en France.
Il peut y avoir un incident diplomatique. Ça peut se finir comme ça. Si, vraiment, c'est pour ça qu'à mon avis, d'ailleurs, je ne veux pas anticiper, mais si le ministre de l'Intérieur va se répandre un peu dans les médias maintenant, c'est probablement un peu pour tempérer, parce que même l'ambassadeur ou l'ambassadrice, d'ailleurs, c'est une femme, je crois qu'elle a moyennement apprécié tout ça. D'ailleurs, Gérald Darmanin, qui fera un 20h ce soir, vous disiez tout à l'heure retard à l'allumage, visiblement, et à prise de compte, accompagné ses images.
Là, il faut un discours politique pour que demain, le président de la République revienne sur le terrain et qu'il n'est pas question pour lui de voir son déplacement terni par que des questions autour du match. Il veut passer à une autre séquence, il veut parler d'autre chose, donc il faut que Gérald Darmanin soit capable de circonscrire l'incendie ce soir. Et vous l'avez dit rapidement tout à l'heure, on pense naturellement à la Coupe du Monde de rugby, même si ce n'est pas le même état d'esprit, vous avez raison sans doute de le rappeler. On pense aussi au JO. On a eu 600 000 personnes
qui sont attendues à la cérémonie d'ouverture. C'est ça, la cérémonie d'ouverture qui est totalement inédite, ça ne s'est jamais fait d'un stade sur 12 kilomètres de Berge, le long de la Seine, avec une partie payante et une partie gratuite, ce qui ne va sans doute pas améliorer les choses. Donc il y a vraiment effectivement cette inquiétude parce qu'en plus, la préfecture de police n'était pas très chaude pour faire ça. C'était un peu dangereux, un peu risqué, c'est encore un souhait d'Emmanuel Macron. Donc l'idée, c'est d'abord cette année et demie de spectateurs pendant la quinzaine des Jeux. Donc ce n'est évidemment pas des supporters de football.
Bien sûr que ça sera circonscrit dans les sites, mais il y a déjà des inquiétudes sur ces JO. Deux ans, non ? Non, deux ans, c'est rien. Pour organiser un match comme celui-ci, on nous dit il faut un an pour un match. Imaginez les JO pendant 15 jours à Paris, c'est 26 juillet, donc deux ans, c'est le temps de quelques jours dans notre échelle à nous. À la barre, on y réfléchit.
On prépare. Je voudrais dire pour l'histoire et ici ce soir que la cérémonie d'ouverture des JO de Paris 2024 est une folie criminelle. Voilà. Il n'y a rien qui, d'un point de vue de la sécurité et de la sûreté des athlètes, des organisateurs et du public, n'est envisageable sous cette forme-là. La préfecture de police n'était pas défavorable, il était totalement opposé pour des raisons légitimes. Il n'y a pas un expert français, étranger, du CIO ou d'ailleurs, qui trouve que ce truc a du sens, non seulement pour les menaces habituelles, mais je voudrais rajouter... Menaces habituelles qui sont juste... Qui sont le hooliganiste, les mouvements.
Tout le temps à cause d'un autre événement qui se passe à côté. Voilà. Et il est impossible de sécuriser 12 kilomètres au-dessus de Paris, sur la Seine, dans ces conditions-là. Et quelle est votre crainte par rapport au drone ? Un drone qui nous permet de devenir un drone kamikaze et de se faire exploser au milieu d'une foule sur la Seine, ce qui est encore pire qu'un mouvement de foule sur une berge créant les conditions d'un désastre. Donc ce truc-là n'a aucun sens.
Personne n'arrive à expliquer autrement que pour des raisons de communication, ce qui n'est pas seulement une initiative du président de la République, mais aussi de la maire de Paris qui insiste énormément pour avoir cette cérémonie invraisemblable, dont je dis aujourd'hui que ceux qui la veulent de cette forme-là, tel que c'est présenté, tel que c'est organisé, tel que c'est imaginé, c'est la cérémonie la plus dangereuse de l'histoire des jeunes. Vous l'avez parfaitement expliqué, cette menace que constituerait des drones qui pourraient se produire sur n'importe quel rassemblement, pas forcément aux bords de Seine.
Qu'est-ce qui fait le plus peur aux spécialistes de la sécurité dont vous êtes ? C'est un rassemblement sur des bords de Seine ? Non, c'est le mouvement de foule et surtout se trouver en situation de collision, créant une sorte de gigantesque désastre en série comme les grands carambolages et donc sauf que vous êtes sur l'eau, sur l'eau et donc dans des conditions d'intervention des services de secours qui sont extraordinairement handicapés à la fois par la foule qui est sur la rivière et par la capacité des services de secours à intervenir au milieu de plusieurs centaines de milliers de téléspectateurs.
Par ailleurs, c'est un événement qui attire mécaniquement, vous allez avoir 2-3 milliards de téléspectateurs, c'est quand même un appât extraordinaire. Donc que ça soit d'un point de vue sécurité civile ou antiterrorisme, autant on peut arriver à protéger des sites statiques avec des dispositifs anti-drones qui sont en cours d'expérimentation, notamment la Gendarmerie nationale, ça en est beaucoup servi après les tentatives d'intrusion sur nos centrales nucléaires au cours des dernières années, autant sur un dispositif aussi long, aussi compliqué, aussi dangereux, aussi mouvant, c'est extraordinairement dangereux.
En tout cas, vos réserves ont été parfaitement exposées et saisies et c'est noté et effectivement, on espère que les choses se passeront mieux que vous l'avez anticipé ou peut-être que le dispositif sera ajusté en fonction des réserves exprimé Néla Trousse. Vous vouliez dire un mot sur les JO ? C'est que ce qui est intéressant et assez cocasse, c'est qu'il y a quelques jours dans le Figaro, je crois, il y avait ces confidences de Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, qui explique justement sécuriser ses JO 2024 et que sa réussite, ce serait de faire en sorte que ces Jeux olympiques soient bien organisés.
Donc pour le coup, au cas où la polémique qui s'ensuit, ça rajoute, je pense, un peu de pression, ajoutée aux réserves d'Alain Bauer. Je pense que le ministre de l'Intérieur... C'est ça qui va aux 20h ce soir. Je pense qu'il a intérêt à rassurer, oui. En tout cas, normalement, les préfets de police se succèdent dans l'indifférence sans que les Français n'aient le temps de mémoriser leur nom. Ce n'est pas le cas du préfet l'Allemand. Depuis notamment la crise des Gilets jaunes, il a imposé sa méthode et une ligne dure dans le maintien de l'ordre. Il est régulier de l'opposition de l'extrême droite.
Son visage est placardé en tête de cortège lors des manifestations, aux côtés de celui du chef de l'État. Son nom et son couvre-chef le devancent, cette casquette que les internautes s'amusent à surdimensionner au-dessus de sa silhouette frêle. Il faut dire que Didier Lallemand, préfet de police de Paris,
ne quitte jamais son uniforme.
Je ne sais pas ce qu'on fait, on se promène.
Un homme à poigne nommé en 2019 pour rétablir l'ordre après des semaines de violence et de destruction. Et ce samedi de trop lorsque le Fouquet's notamment part en fumée sur les Champs-Elysées, l'acte 19 des Gilets jaunes. Monsieur le préfet de police, l'impuissance et l'injustice, je vous demande donc une impunité zéro. La place des...
Impétoyable, républicain,
autoritaire. En 2017, au moment de sa nomination comme préfet de Nouvelle-Aquitaine, Alain Juppé aurait mému ses mots. Selon le journal Le Monde, il paraît qu'on m'envoie un nazi. On va venir immédiatement
être très réactif. Les ordres sont... Les casseurs et ceux qui viennent détruire sont très rapides, très réactifs. C'est pour ça que le nouveau concept qui est mis en place vise à être encore plus réactif qu'eux.
Si ça avance, les gars, si ça avance, on balance.
Son arme, les brigades de répression de l'action violente, les braves, ces unités de police motorie de l'ordre. Composées de binômes
formés d'un motard et d'un policier, elles ne sont pas sans rappeler les voltigeurs qui dispersaient les manifestants à coup de matraque jusqu'en 1986. J'entends encore trop souvent que ce sont les voltigeurs qui ont été ressuscités. Les fonctionnaires ou les militaires qui sont embarqués sur ces motos agissent sur des opérations de maintien de l'ordre sur ces motos-là.
Ces méthodes de maintien de l'ordre font pourtant rapidement l'objet de vives critiques à mesure que se comptent les blessés.
J'espère que le préfet Lallemand ne va pas faire trop de bêtises cet après-midi à Paris. C'est-à-dire qu'il ne va pas comme d'habitude déployer ses méthodes de psychopathes pour enfermer les gens, les gazer, les bombarder, les matraquer.
Didier Lallemand devient l'homme à abattre aux yeux du Conseil de Paris où naît le communiste ose une comparaison hasardeuse.
Faut-il rappeler que Maurice Patette de la préfecture de police de 58 à 67 ? Imperméable aux critiques, l'ex-disciple de Jean-Pierre Chevènement semble s'amuser de son impopularité. Il joue même les provocations quittant oublier son devoir de neutralité républicaine comme lors de cet échange avec une gilet jaune.
Oui, je suis gilet jaune mais pas ce gilet jaune. Eh bien, nous ne sommes pas dans le même camp, madame.
La crise de Paris conserve le soutien de l'exécutif. Aujourd'hui, le préfet Lallemand il a toute ma... La réunion de la manifestation de samedi s'est déroulée dans des conditions de tension médiatique et sur le terrain compliqué et je ne suis pas de ceux qui tirent dans le dos des gens surtout lorsqu'on est en difficulté.
Didier Lallemand est même décoré de la... Pour le gouvernement il continue
à prendre les coups. A chaque échauffouré pointé du doigt aujourd'hui encore.
Je pense que cet homme a démontré son incompétence depuis bien longtemps. Il a aussi démontré sa brutalité et un état d'esprit qui est tout sauf républicain. un préfet de police qui voit des manifestants comme un camp contre un autre. Si vous voulez, déjà ce jour-là, si je peux me permettre, il aurait dû être débarqué manu militari de ses fonctions.
Estimant que son dispositif
samedi soir a permis de garantir la sécurité sans morts ni blessés graves, le préfet de police de Paris saisit la justice pour fraude massive aux faux billets à l'entrée du Stade de France.
Et Yves Tréhar, il a encore reçu le soutien du ministre de l'Intérieur, le préfet de l'Allemand. Oui, alors, bon, cela dit, le préfet de l'Intérieur a quelques responsabilités. Donc, si le préfet de l'Allemand, là, en l'occurrence, devait payer, ça serait vraiment de l'empiste, pour le coup, même si c'est un très haut fonctionnaire. Mais la responsabilité dans cette histoire, elle est celle du ministre de l'Intérieur français. Et s'il y en a un qui, d'aventure, je ne l'appelle pas, mais si, d'aventure, il devait démissionner, cette histoire, si elle continue, va le mettre gravement, va l'exposer gravement et le mettre gravement en danger. Le ministre de l'Intérieur.
Le ministre de l'Intérieur lui-même. Pourquoi vous dites ça ? Parce que c'est lui qui communique sur ce sujet. Non seulement, c'est le premier flic de France, selon le vocabulaire bien connu, qui ne veut pas dire grand-chose, d'ailleurs, mais c'est lui qui communique, c'est lui qui prend la responsabilité. C'est lui qui n'a pas anticipé ce que nous disait tout à l'heure Néhila Latour. Oui, nécessairement. Alors, peut-être qu'il y a des erreurs et des fautes que misent de la part du préfet de police, mais le supérieur hiérarchique dans cette histoire, c'est le ministre de l'Intérieur. Et c'est le ministre de l'Intérieur qui a fixé la ligne de défense.
Et de mon point de vue, cette ligne de défense va être corrigée dans la soirée à la demande du président de la République, qui, comme l'a très bien dit, il est là, qui veut lui passer à autre chose, faire autre chose, tout à fait normalement. Et là, il va être obligé de changer de discours. Il ne peut pas tenir ce choix. Il ne peut pas dire que c'est la faute des Anglais. Ça ne tiendra pas. C'est ça que vous dites ? Bien sûr, ça ne peut pas tenir. D'une part, parce que ça me paraît peu étayé. Parce que même si la Grande-Bretagne n'est plus dans l'Union européenne, c'est quand même nos voisins. Cette question, le préfet de police de Paris,
est-il sur la sellette ? La réponse est non. A priori, non. Puisque, justement, il joue exactement le rôle de paratonnerre. Et puis, on a vu, pas de blessés graves, pas de morts. La doctrine est maintenue. C'est-à-dire que le match a eu lieu. Il n'y a pas eu de dégâts. Donc, en fait, il joue le rôle de paratonnerre sur tous les sujets depuis deux ans pour Emmanuel Macron. Vous savez, on dit que c'est un peu le bad cop. Parce que c'est le bad cop. Il est méchant. Il est cinglant. Il est autoritaire. Il est désagréable. Et quand vous allez le voir, il vous le dit... Mais il est vraiment tout ça ? Je crois qu'il l'est. Puisque quand vous allez le voir, il vous dit vous connaissez ma réputation.
Eh bien, je suis pire. Donc, c'est vraiment le bad cop est bien pire. Et on sait qu'Emmanuel Macron, la sécurité, ce n'est pas exactement le terrain sur lequel il est plus à l'aise. Donc, en fait, il a besoin de Didier Lallement. Il a eu besoin de Didier Lallement pour mater les gilets jaunes. Il a eu besoin de Didier Lallement pour mater les black bollocks. C'est-à-dire qu'il ne peut pas faire sans lui aujourd'hui. Donc, c'est vraiment... Je ne crois pas du tout qu'il soit sur les scellettes. Est-ce qu'il est un préfet politique ?
On l'a entendu tout à l'heure lorsqu'il avait dit nous ne sommes pas du même camp, madame. Ça lui avait été d'ailleurs reproché. Est-ce que... Je le disais tout à l'heure rapidement en lançant le reportage. C'est assez rare qu'on soit aussi informé de la carrière d'un préfet de police de Paris. Tout le monde connaît son nom. Il fait partie du débat politique. Jean-Luc Mélenchon, on va en parler dans un instant, on fait une cible privilégiée dès qu'il le peut. Est-ce qu'il est un préfet politique ? C'est un préfet extrêmement politique et pas du tout politicien. D'accord. C'est-à-dire que c'est un préfet qui a eu une idée forte de ce qu'est le rôle d'un préfet de la République, R majuscule.
Et donc, ce n'est pas pour rien qu'on le voit souvent se représenter avec Jean-Pierre Chevènement qui a exactement cette même posture et il en est vraiment très représentatif. Deuxièmement, je ne suis pas sûr que la communication soit son point le plus fort. Voilà. Par contre, quand vous regardez un phénomène, une expertise, une scène de crime, vous regardez ce qui s'est passé, comment ça s'est passé et quel est le bilan. Et alors là, c'est très compliqué parce qu'en fait, à part la com, l'emballage, en matière de contenu, on a assez peu de choses à reprocher au préfet Lallemand. Et c'est toute la difficulté. C'est-à-dire qu'il est critiqué pour l'image qu'il aime donner lui-même.
Il est partie prenante de cette image. Ce n'est pas une victime de méchants journalistes ou de politiciens à l'affût. Il y prend, je pense, même du plaisir. Mais par contre, d'un point de vue technique et pratique, il a pris une préfecture de police en pleine apoplexie, décimée par l'affaire Benalla, qu'il ne fonctionnait plus, des services de sécurité qui n'arrivaient plus à maintenir l'ordre, y compris des forces spécialisées dans le maintien de l'ordre. Une désorganisation absolue et on est passé en bilan mort-blessé, une réduction de 90% des blessés entre le jour où il est arrivé et la fin des manifestations au gilet jaune.
Une situation que vous avez rappelée tout à l'heure, le ministre a rappelé que tout le monde a fait zéro mort, zéro blessé, 36 minutes de retard pour un match. Mais en termes d'image, c'est son... Brutalité ! On entendait tout à l'heure une interlocutrice dans le premier reportage britannique disant, mais c'est quoi ces métiers brutals de maintien de l'ordre ? Les bobis n'ont pas de matraque ou très peu et ce n'est pas des pratiques. L'accompagnement des bobis, c'est bienveillant, etc. Très peu sont armés, la logique est très différente, l'accompagnement des foules est très différent et surtout, le service d'ordre des clubs est très puissant. Or là, ça n'était pas...
Il y en avait un service d'ordre ? Mais non, parce qu'ils n'étaient pas chez eux, ni Liverpool, ni... Ni Marenguay. Donc, ils n'étaient pas chez eux, donc ils n'ont pas pu amener, ils n'avaient pas la maîtrise d'eux et comme on l'a dit tout à l'heure, les stadiers étaient en sous-nombre. Par ailleurs, ils ne sont pas les stadiers du club, du Stade de France. Il n'y a pas de club résident au Stade de France dans la réalité. Le club résident, c'est au Parc des Princes où ça se serait sans doute beaucoup mieux passé mais il n'y avait pas la quantité nécessaire, il n'y aurait pas eu de problème de métro. qui a un problème d'emballage mais qui n'a pas de problème de contenu.
Alors, vous dites problème d'emballage, Néhla Latrousse, dans le débat politique depuis les Gilets jaunes, il y a un débat autour des violences policières. Même l'expression de violences policières est sujette à débat. Le président de la République les avait reprises à son compte dans une interview chez nos confrères de Brut. Ça lui avait été reproché par les syndicats de policiers. Est-ce qu'il y a une méthode, l'allemand, qui débouche sur des violences policières ? On a parlé de... Effectivement, on les a entendues parfois, ceux qui avaient été victimes en tout cas de ces tirs de LBD. On ne va pas refaire l'histoire des Gilets jaunes.
Mais il fait partie aujourd'hui du débat politique, le dit l'allemand, sur ce sujet-là précisément. Oui, il fait partie du débat politique et je pense qu'il n'en a par ailleurs pas grand-chose à faire dans les portraits qui lui sont consacrés et où il accepte de se livrer. Il y a deux éléments qui me frappent. Un, d'abord, il considère que son travail est de protéger le président et donc, pour répondre à la question précédente, en cela, il est assez politique ou en tout cas, il correspond à la vision que se fait Emmanuel Macron de ce que doit être un fonctionnaire.
Souvenez-vous, quand il est arrivé, Emmanuel Macron, il a dit les directeurs d'administration, ils sont au service du pouvoir politique. Ils ne sont pas au service de l'État ou de l'administration, le fameux spoil system. Donc, je veux pouvoir changer mes directeurs d'administration. Là, en l'espèce, c'est un préfet où il n'y a pas d'État dans l'État. Il est complètement au service d'Emmanuel Macron. Il est là pour protéger le chef de l'État. Il applique la doctrine d'Emmanuel Macron.
En tout cas, je ne sais pas s'il y a une doctrine de maintien de l'ordre d'Emmanuel Macron, mais en tout cas, Emmanuel Macron lui a dit tu dois me protéger, je ne veux pas que les ennuis remontent jusqu'à l'Élysée, tu te débrouilles. De ce point de vue-là, on est en train de parler aujourd'hui des méthodes de Didier Lallement, on n'est pas en train de parler d'Emmanuel Macron et de son rapport à la sécurité. Donc ça, c'est le premier élément. Le deuxième élément qui me marque dans les portraits où il se confie, c'est qu'il se dit fan de Clémenceau, du général de Gaulle et du général de Gaulle, il retient qu'il faut éviter la chienlit. Donc en réalité, il ne veut pas de désordre.
Si ça doit passer par des gens qui ont les yeux qui pleurent ou le nez qui coule, au final, il s'en fout assez. Mieux vaut un bleu au final pour lui ou un nez qui saigne que la chienlit. Et donc, de ce point de vue-là, oui, il y a aussi une méthode de l'Allemand.
Vous disiez, est-ce qu'il est politique ? Et c'est vrai qu'il est toujours dans le bras de fer avec Anne Hidalgo, la maire de Paris et c'est vrai qu'on a toujours le sentiment qu'il est toujours contre les projets d'Anne Hidalgo. Donc en l'occurrence, la dernière, l'aménagement de la tour Eiffel avec les armes, pas les armes, c'est vrai qu'on se demande pourquoi le préfet de Paris met son veto là-dessus. Il y a eu d'autres projets, le krach, vous savez, la gestion du krach, les drogués dans l'Est de Paris où lui, il voulait les mettre hors de Paris et mettre un mur, etc. Donc c'est vrai que cette image de politique, on l'éprouve sur les projets parisiens.
En tout cas, en termes de maintien de l'ordre, il n'applique pas une doctrine particulière, il fait ce qu'on lui demande. Ah non, non, non, je ne suis pas d'accord. Non, non, le technicien, c'est lui. D'accord. Il n'y a aucun responsable politique dans l'équipe Macron qui ait aucune idée de... Y compris à Beauvau. Bien sûr. Si, le directeur de cabinet du ministre, mais il est lui-même un très haut fonctionnaire de l'État, Pierre Bousquet de Florent, qui connaît parfaitement le sujet.
Donc la préfectorale que le président de la République n'aime pas beaucoup puisqu'il est en train de l'éliminer, y compris la structure, mais la préfectorale, la colonne vertébrale de l'État fonctionne parfaitement. Je ferai une petite nuance. Je pense qu'il défend le président parce que le préfet à l'Allemand, il a une haute idée de l'État. Et dans la logique qu'il a de l'État, tout en haut de l'État, il y a un président. C'est un peu plus tchoux, je pense. Allez, à 15 jours du premier tour des législatives, cette tension autour des événements autour du Stade de France a réveillé une campagne à Thaune.
Pendant qu'Elisabeth Borne prépare un plan d'urgence sur le pouvoir d'achat, les ministres en campagne sont confrontés à la poussée de l'ANUP et à Jean-Luc Mélenchon qui rêve de revanche. Tous partagent le même objectif, en tout cas à 15 jours du scrutin, mobiliser et intéresser les Français. Thémoine Val et Benoît Thébaud.
C'est la grande absente à la une de la presse
jusqu'à ce matin encore. La campagne des législatives qui démarre bien loin de l'esprit des Français. La majorité sortante comptait pourtant sur ses poids lourds. Pas moins de 15 ministres en lice pour se donner de l'élan. Gérald Darmanin en campagne dans le Nord ces derniers jours. Tout comme ailleurs en France, Gabriel Attal, Olivier Véran ou la première ministre, Elisabeth Borne, candidate dans le Calvados. Depuis Matignon, elle tente d'imprimer le tempo, les thèmes à défendre pour les candidats en circonscription.
Des lois d'urgence pour le pouvoir d'achat seront les premiers textes de ce quinquennat. Elles seront examinées par la nouvelle assemblée dès la reprise de ses travaux. Et nous sommes convenus qu'il ne devait y avoir ni oublié ni angle mort.
Mais sur le terrain, début de campagne parasité par l'affaire Damien Abad. L'ancien Premier ministre Édouard Philippe se déplace dans tout le pays au soutien des candidats de son mouvement Horizon.
Bonjour à tous et merci de votre accueil très chaleureux. Je ne suis pas du tout venu pour vous parler de moi.
Et s'affiche même comme ici dans la Marne avec une candidate dissidente non investie par le parti présidentiel. Dans les sondages, ce manque de dynamique profite pour l'heure. Allopo Nupes talonne la majorité et la devance même vote contre 26. Les militants France Insoumise voient déjà leur champion prendre du galon. La Nupes creuse l'écart avec la Macronie. La dynamique se confirme. Oui, une majorité pour la planification écologique,
le partage des richesses et Jean-Luc Mélenchon à Matignon, c'est possible.
Autre ambiance à droite côté LR. 9 à 10% d'attention de vote. Ce serait au mieux 50 députés deux fois moins qu'aujourd'hui. Après la déroute de la présidentielle, certains candidats n'affichent même plus le logo du parti sur leur affiche de campagne.
Qu'importe pour le patron Christian Jacob.
Il y aura un rebond sur ces élections législatives pour nous tout simplement parce qu'on a cet ancrage territorial. Parce que nous avons des candidats contrairement à ceux d'En Marche qui ne sont dans leur circonscription ce qui n'est pas toujours le cas de ceux d'En Marche. Et ensuite, ils ont fait la démonstration de l'ancrage territorial ce qui nous a permis de gagner les municipales, les départementales et c'est la même raison qui justifiera. Faut-il y voir de la méthode Coué ? A l'extrême droite en tout cas, on continue de s'entre-déchirer. Déplacement vendredi de Jordan Bardella dans le Var au soutien du candidat RN qui affrontera Éric Zemmour.
Ils viennent, Éric Zemmour et ses amis que je respecte, depuis le 16e arrondissement de Paris dans des terres où Marine Le Pen a fait 50, 55, 57% des voix au second tour de l'élection présidentielle. Donc si vous voulez, Éric Zemmour, ce n'est pas Dieu. Il n'arrive pas dans une circonscription. Tout le monde se retire. Divergence de stratégie, semble-t-il. Le candidat reconquête aurait lui préféré un pacte de non-agression. Vous savez, il y a deux stratégies. Il y a eu la stratégie de Jean-Luc Mélenchon qui a, profitant de sa situation de force, de sa position de force, rassemblé toute la gauche et qui va permettre à la gauche rassembler autour de lui à ses conditions.
Vous voyez, je ne sais pas le résultat d'avoir 100, 150 députés. Et puis, il y a la stratégie de Marine Le Pen. Marine Le Pen n'a qu'un adversaire manifestement, c'est reconquête. Il reste seulement 13 jours de campagne avant le premier tour et cette question, l'abstention, pourrait-elle dépasser les 50% ? Ce serait seulement la deuxième fois pour des législatives dans l'histoire de la Ve République. Et cette question, Neila Latrouz, que peut-on dire du silence d'Elisabeth Borne depuis hier ? Est-ce que c'était son rôle de prendre la parole ? C'est vrai que c'est pour le moins curieux de n'avoir eu ni prise de parole du chef de l'État ni du Premier ministre.
C'est-à-dire qu'il y a cette volonté au final des sports qui a été la première à prendre la parole, je le rappelle, ce matin, en radio, alors que, disons, son expérience gouvernementale ou son expérience en matière de communication, elle s'en est très bien sortie, mais on s'attendait à ce que ce soit davantage géré par le côté politique que par le côté vraiment purement sportif. C'est vrai qu'Elisabeth Borne est étonnamment absente depuis ce week-end. C'est elle qui est censée faire la campagne des législatives ? On a beaucoup lu ça, moi je n'y crois pas énormément.
En 2017, Edouard Philippe est arrivé, il ne connaissait pas plus de la moitié des candidats investis et ce n'est pas lui qui avait fait campagne, donc il n'y a pas trop de raisons que ce soit Elisabeth Borne qui la fasse cette fois-ci. Est-ce qu'elle fait campagne en expliquant qu'elle fait surtout qu'elle prépare un plan d'urgence sur le pouvoir d'achat ? Est-ce que ce n'est pas le meilleur manœur de faire campagne ? C'est ce qu'elle va faire. Pour ajouter à ce qui vient d'être dit, Edouard Philippe ne voulait surtout pas être le patron de la majorité quand il était Premier ministre. Il ne voulait pas être celui qui ne soit qu'un parti.
Alors, Elisabeth Borne, moi je crois qu'effectivement, ce n'est pas trop son sujet, la sécurité du Stade de France, sans lui faire de procès d'intention, je ne pense pas que ce soit vraiment... Elle va peut-être être obligée de sortir du bois si ça continue. Mais elle, c'est surtout le pouvoir d'achat, effectivement. Et il ne faut pas se masquer la réalité. Le sujet, il est là. Et la majorité de présidents de la République est attaquée sur le pouvoir d'achat. Il est attaquée par... Ils sont attaqués sur la sécurité aussi. Oui, depuis hier. Mais d'une manière générale. D'une manière générale. Mais le pouvoir d'achat, on le voit dans toutes les études d'opinion.
C'est vraiment le sujet numéro un des Français. Parce que vous avez une inflation qui est très forte et encore une inflation moins que nos principes aux voisins. Mais chez nos voisins, elle va très vite tourner vinaigre, si je puis dire. Et donc, elle va faire campagne sur ce sujet qu'elle connaît bien, qu'elle maîtrise, avec Bruno Le Maire qui se répand partout aussi. Et qui est probablement... C'est une carte qui est beaucoup plus populaire que de jouer sur la sécurité où là, ils sont en défense, justement. Ils ne sont pas à l'offensive. Sur l'économie, ils sont à l'offensive. Sur la... Là, depuis ce qui s'est passé avant-hier, ils sont complètement sur la défensive en termes de sécurité.
Avec une difficulté supplémentaire, c'est que certes, ils peuvent faire campagne sur le pouvoir d'achat, mais ne pas expliquer ce qu'ils vont faire puisqu'on est en période de réserve, que les ministres n'ont pas le droit de faire des annonces et que donc, tous les éléments
du futur projet de loi pouvoir d'achat ne peuvent pas être dévoilés avant la fin de la campagne. C'est pas comme si on n'en avait pas entendu parler depuis deux mois. Donc, c'est extrêmement... Ça va être compliqué, en tout cas, de vanter des mesures
dont on n'a pas le contour, ni le chiffrage, ni les arbitrages. Ça peut peser sur la campagne, ce qui s'est passé au Stade de France. Oui. Ce qui peut peser, c'est le cumul. C'est l'affaire Abad, ce qui s'est passé au Stade de France. On n'a pas parlé de l'envahissement du Stade à Saint-Etienne. Ce qui ressemble plus à une configuration classique, l'envahissement d'un stade. Oui, mais pas à cette salle pour autant. Non, pas à cette salle, mais ce sont des images qu'on a déjà vues. Oui, à Saint-Etienne, il y a Marine Le Pen, évidemment, se servir de ça, tout comme Éric Zemmour, d'ailleurs. Qui a commencé l'un et l'autre, qui ont commencé à le faire depuis samedi soir.
Et nous revenons maintenant à vos questions. Emmanuel Macron, va-t-il rester en dehors de cette affaire ou bien va-t-il mettre les mains dans le cambouis ? Néhila Latrousse ? Il n'y a objectivement aucun intérêt.
Quelle solution propose Mélenchon ? C'est vrai qu'on l'a beaucoup entendu critiquer. Et sur sa doctrine, est-ce qu'il a une autre doctrine de maintien de l'ordre ? Un SMIC à 1 500 euros, donc du pouvoir d'achat, de l'argent dans l'État, qui ferait qu'il n'y aurait plus personne dans les rues. C'est ça la technique de Jean-Luc Mélenchon.
Sans plus de policiers. C'est la réponse généralement de la gauche. Les Anglais ne risquent-ils pas de boycotter la France pour les grandes vacances vu l'accueil qu'on leur réserve ? Ça peut arriver. En tout cas, en termes d'images, vous l'avez dit les uns et les autres. On le sait, entre les Anglais et les Français, ça ne se passe jamais normalement. On leur a fait à une mauvaise manière, une très mauvaise manière. Et on l'a vu dans la presse britannique, c'est très sévère contre naturellement, contre les Français, contre l'organisation. démarre toujours au quart de tour. Comment peut-on croire qu'il y a eu 40 000 faux billets ? C'est Gédéon
qui pose cette question. On ne le croit pas. Ah, on ne le croit pas. On ne le croit pas qu'il y en a eu autant. Ça, ça semble complètement fou. Ça veut dire qu'il y avait 80 000 personnes dans le stade, 40 000 dehors avec des faux billets. Ça semble complètement excessif, disons. Il y en a eu, c'est certain. Mais je crois qu'il y a eu une enquête qui a été diligentée pour savoir exactement le nombre de faux billets. Mais il y a quand même un tout petit détail. C'est-à-dire que les stadiers qui, avec leurs petits stylos, scannaient les tickets, à force de voir faux billets, faux billets, faux billets, ils se sont demandé est-ce que c'est leur stylo qui était en panne ?
Et non pas est-ce qu'il y a autant de faux billets que ça ? Donc je pense que nécessairement, il y en a eu plus qu'à l'habitude, sans doute, mais sans doute pas entre 30 000 et 40 000.
Après ce fiasco, que ferait-on différemment pour une prochaine grande finale de foot ? Alain Boer ? En général, tout va se faire dans le cumul de tout ce que nous avons dit. C'est-à-dire l'anticipation à prendre des... La France est formidable. Avant une catastrophe, on ne prépare rien. Après une catastrophe, on est super réactifs. Donc du 5-7, du tunnel... Sans malice, vous dites ça. Ah oui, oui. On a toujours été comme ça. C'est-à-dire qu'avant, vous pouvez raconter ce que vous voulez. C'est pour ça que j'ai fait ma petite annonce sur les JO de 24. Mais avant, vous pouvez raconter ce que vous voulez. Ça ne va pas arriver. Surtout, ça ne va pas nous arriver.
Et en plus, il ne faut surtout pas se préparer parce que si on se préparait, on pourrait être vu en train de se préparer et donc ça amènerait à ce que ça arrive. C'est une culture du déni qui est purement nationale. Ailleurs, on vous dit d'accord, mais combien ça coûte ? En France, ce n'est pas possible. Mais une fois que c'est arrivé, toute une série de mesures, toute une série de réunions qui n'ont pas été mises en place, y compris, je pense, au comité de l'organisation des JO de l'Olympique vont avoir lieu sur « Bon, alors, qu'est-ce qu'on doit revoir ? Qu'est-ce qu'on doit recontrôler ? Comment on fait l'éclat ? » Et on sera parfaitement prêt pour la guerre qu'on vient de perdre.
Après, il faut espérer gentiment. Non, non ! Parce que la répétition est toujours possible. Il ne faut pas penser non plus à l'inventivité formidable ni des criminels, ni des hooligans, ni des braves gens qui viennent au Stade de France. En la matière, ils sont assez corrects. Et comme on l'a rappelé, les supporters britanniques étaient plutôt zen dans cette affaire. Et les supporters espagnols ? Et les supporters espagnols, comment font les Espagnols pourtant fous de football dans un immense stade comme celui-ci et comme celui de Barcelone ? Là, c'est un petit stade pour eux. Saint-Bernabat, le stade de Madrid, le stade de Barcelone, le stade de Madrid, c'est 120 000 spectateurs.
Mais il y a souvent des spectateurs assis sur la liste. Donc effectivement, on se met à deux sur un même siège où on se tasse.
Il y a beaucoup plus d'abonnés, une logique de l'abonnement. C'est sûr. Très peu qui est libre, plutôt pour les visiteurs. Et puis 20 000, c'est 20 000. Les Espagnols, ils étaient 20 000 pour 20 000. Ça leur convenait. Très bien, il n'y avait pas de fan zone pour les... Encore de la culture des Anglais parce que ce n'est pas nouveau. La Terre, ça existe en Amérique. Pourquoi le football ? Le sport planétaire et populaire est-il l'une des rares disciplines sportives à créer de tels troubles ? Eh bien parce que le football, par exemple, on va prendre la comparaison qui s'impose, c'est entre le football et le rugby.
Un match de rugby est beaucoup plus difficile à suivre parce que ce sont des règles plus compliquées à comprendre. C'est moins accessible à tout le monde. Alors que le football, par définition, vous avez un ballon, deux équipes. Vous n'allez pas vous faire des amis avec les... Dans le foot ? Non mais bien sûr, mais vous savez ce qu'on dit. On dit que le football est un sport de gentleman exercé par des voyous et que le rugby est un sport de voyous exercé par des gentleman. Allez, pourquoi le gouvernement ne pipe mot sur les agressions subies par des spectateurs à la sortie du stade sur le regard intérieur et très en deçà du discours qu'il devrait tenir là-dessus ?
Moi, je fais un petit pari là-dessus. C'est que politiquement, au lendemain du second tour de la présidentielle, on a vu que la volonté c'était de nommer une première ministre de gauche pour dire, regardez, on a une nouvelle orientation qui est un peu plus sociale. Dans la perspective des législatives, sachant que toute la difficulté est d'aller chercher cet électorat de gauche qui pourrait être tenté de se reporter vers Jean-Luc Mélenchon. On évite d'avoir des propos qui sont, disons, qui agiraient comme... Ou qui agiraient un peu comme des repoussoirs à l'égard de cet électorat-là. Stigmatisant. Stigmatisant.
Le préfet de police de Paris et le ministre de l'Intérieur incarnent-ils une doctrine policière dépassée et déconnectée de la réalité ? Alain Boer. Non, la doctrine policière, elle a beaucoup évolué. Elle a été inventée par Maurice Grimaud pour les manifestations afin d'éviter les morts et les blessés. Elle a ensuite été prise en défaut par une troupe de barbares à moto avec des barres de fer et qui ne buvaient pas que de l'abadoie qui s'appelait le peloton volet-tigeur motorisé en 1986 qui a provoqué l'affaire Oussikine qu'on peut voir d'ailleurs sur une plateforme à peu près intéressante du point de vue de la réalité des faits. Je ne parle pas du côté...
Et puis, elle a réévolué récemment avec le schéma national de maintien d'ordre qui a posé beaucoup de problèmes aux journalistes, quel que soit leur statut, parce que c'est important de permettre le suivi. Et donc, elle évolue assez régulièrement et donc, elle n'est pas dépassée. Par contre, je pense qu'elle n'est pas toujours adaptée à un problème qui n'est pas une manifestation ou des black blocks qui était une manifestation sportive. Mais des spectateurs allant à un match. Darmanin et l'Allemand ne devraient-ils pas faire des excuses au niveau international ? Ça ne se passe pas comme ça. Où ira-t-il ? Oui, c'est ça. Pourquoi n'y a-t-il pas seulement un vendeur de billets ? Non, mais...
Parce que c'est la règle de l'UEFA. C'est l'UEFA, oui. Elle fait des blocs de billets, la moitié pour le stade qui accueille, le pays qui accueille, et dans les 50% qui restent, moitié pour l'équipe A et moitié pour l'équipe B. Le problème, ce n'est pas la diffusion des billets. C'est l'autorisation de les faire en papier ou de permettre de les dupliquer ou d'avoir un dispositif insuffisamment crypté et sécurisé. On est calés maintenant sur l'édition de billets pour les matchs de foot. Grâce à vous, je vous remercie. Il est l'heure de se retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de CETA. Bonsoir Anne-Elisabeth au programme ce soir.
Bonsoir Caroline. Il avait 32 ans, c'était sa deuxième mission pour couvrir la guerre en Ukraine. Journaliste-reporteur Dimash pour BFM TV qui a annoncé cet après-midi la mort de son envoyé spécial tué alors qu'il se trouvait à bord d'un convoi humanitaire. Un drame qui est en réalité un crime pour la ministre des Affaires étrangères. On y revient avec nos invités.
Merci beaucoup Anne-Elisabeth et toute l'équipe de CETA dans l'air s'associe évidemment à une pensée particulière ce soir pour d'autres confrères de BFM qui a perdu la vie, vous l'avez dit, en Ukraine. Il s'appelle Frédéric Leclerc Imhoff et il s'est battu pour que nous ayons les uns et les autres des images indispensables pour couvrir ce conflit. On pense naturellement à ses proches et à sa famille. On se retrouve demain en direct à 17h50 pour un nouveau CETA dans l'air. Belle soirée.
Gérald Darmanin