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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 21 février 2026 28 min

Documentaire : L'esprit des forêts

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

De l'océan Atlantique jusqu'à l'intérieur des terres, il est l'arbre d'or de la quittène. Le pain maritime règne sur plus d'un million d'hectares constituant le [musique] massif forestier des landes de Gascogne. L'une des plus grandes forêts d'Europe [musique] n'a pourtant rien de naturel.

Elle est le fruit d'une plantation massive à la fin du [musique] 19e siècle pour civiliser une terre marécageuse et sablonneuse. La grande [musique] entreprise de Napoléon I menée depuis Paris. Mais la région entretient avec son arbre totem un rapport ambigu.

S'il génère toujours une grande richesse économique, [musique] il est à l'origine d'un traumatisme, la disparition de toute une société agropastorale. Une histoire que certains landais s'attachent aujourd'hui à ressusciter jusqu'à la deuxième moitié du 19e siècle, la lande, s'est étendue de terre où ne pousse que quelques plantes sauvages, forment l'essentiel du paysage. Pour le poète Théophile Gautier, elle est d'ailleurs un Sahara français poudré de sable blanc d'où surgissent de l'herbe sèche et des flaques d'eau vertes.

Seul quelques bergers sur et chasse indispensables [musique] pour parcourir des grandes distances et traverser les marécages sont présents. Le grand plateau hollandais, c'était quelque part un gigantesque désert. On appelait ça la grande lande.

On l'a on l'a comparait au Kamchaka. On l'a comparé à la Tartarie, on l'a on a eu quantité de métaphore exotique parce qu'on arrivait pas à comprendre l'identité exacte de ce pays qui était en fait beaucoup plus complexe qu'un simple désert de sable. Et on se disait qu'est-ce que c'est que cette espèce de paysage d'Afrique de Sahara à l'intérieur même de la France ?

C'est un scandale. Il faut coloniser ce pays. Et il y a eu quantité d'entreprises coloniales qui sont nées à partir de la fin du 18e siècle.

Beaucoup n'ont pas compris la nature de ce sol qui est un sol très pauvre, un sol de sable très pauvre. Cette terre quasi vierge fait la convoitise de certains industriels qui tentent d'implanter du riz, du tabac, du coton et même des dromadaires en 1827. sans succès.

Les dunes poussées par le vent et l'océan menacent toutes les cultures. En sous-sol, une couche imperméable empêche les eaux de pluie de s'infiltrer, transformant la surface tantôt en marécage, tantôt en désert aride suivant la saison. Le pain maritime existant déjà ici de manière éparce est la seule espèce capable grâce à ses racines de percer cet obstacle et d'assaignir le territoire.

Bah les avantages de pas maritimes, c'est d'abord qu'il pousse très facilement et c'est qu'il est d'un grand rendement et qu'on avait compris depuis au minimum la fin du Moyen-Âge que c'était le meilleur moyen de mettre en valeur cette terre et donc de s'enrichir. Le pain est ce qu'on appelle une essence de lumière et il se prête beaucoup mieux à la colonisation des espaces déserts. Donc pour mettre en valeur des terrains sableux, le meilleur moyen c'était le pain qui en plus était rentable puisque le pain produisait de la résine, de la poids et il était de bien meilleure qualité évidemment que le bois de chaîne qui n'est pas de très très grande qualité dans les landes.

Le 19 juin 1857, [musique] Napoléon 3, persuadé que le pain fera la fortune de la région, promulgue la loi relative à l'assainissement [musique] et à la mise en culture des landes de Gascogne. Commune et propriétaires terriens doivent planter massivement. [musique] La société locale organisée autour des bergers et châssiers est [musique] menacé.

On disait à l'époque ces gens sont des sauvages. Ils se promènent sur les chasses, ils sont vêtus de pot de bête. Donc on considère que les Landais sont des sauvages et qu'ils sont incapables de cultiver leur pays.

Et donc, il faut une intervention autoritaire. Et à ce moment-là, on parle de colonisation. Du coup, il y a un aspect extrêmement autoritaire sous prétexte de salubrité publique dans l'action de Napoléon I car en gros, on nous a expliqué que les landes en quelque sorte n'étaient n'étaient rien et que du jour au lendemain, elles sont passés à ils sont passés à la lumière, au progrès, à la civilisation, à la richesse.

Au cœur de la future forêt, Napoléon I que l'histoire reconnaîtra comme le régénérateur des landes, achète près de 7000 hectares de terre sur ses deners personnels. Le domaine impérial de Solferino, du nom de la bataille qu'il vient de remporter en Italie, voit le jour en 1863. Le village Solferino, il est une réalisation en miniature des pensées progressistes de Napoléon 3.

Il y avait la révolution industrielle en Grande-Bretagne qu'il a beaucoup inspiré et en même temps, il voulait soigner la population agricole. Donc il a créé des domaines agricoles. L'idée c'était que une vie en communauté avec des des commodités communes et c'était des maisons qui étaient quand même assez bien équipées et c'est vrai que les maisons landaises au sol de terre battu avec peu d'aménagement avait rien à voir avec ces maisons à étage.

Il y avait pas du tout de maison à étage dans les landes par exemple. Là on a des cottages avec un étage, un escalier, tout ça c'est des trucs inconnus. Donc c'est quand même aussi une sorte de modernité ce village.

Dans ce village expérimental, d'utopie [musique] agricole et sociales qui doit accompagner le développement de la forêt. Les fermes appelées à l'anglaise [musique] cottage sont mises à la disposition d'ouvriers agricoles en échange de 75 journées de travail par an. Le couple impérial entend coloniser cette région peu peuplée. [musique] Ici, c'est l'avenue du centenaire qui était le cour Napoléon où se trouve l'église Saintogénie qui est au milieu de la route à l'intérieur de de laquelle se trouvent les vitre avec les lettres E de Eugénie et N de Napoléon.

Il y a le vitrail qui est en étoile et dans chaque branche, il y a l'illustration d'une culture qui a été faite à Solferino. Donc il y a un épis de maïs, du segle, une fleur de tournesol. Bon, il y a aussi une pomme de pain évidemment pour la forêt des landes. [musique] L'expérience du village de Solferino s'arrête brusquement en 1870 avec la chute du second empire.

Mais rien ne peut retenir la marche conquérante de la gigantesque forêt qui continue à croître. Balafré par les routes et le chemin de fer de l'époque napoléonienne, le village de Labouer reste le témoin de cette lande [musique] sacrifiée. Ici, on veut rétablir une autre histoire que celle qui glorifie la plantation des pains.

Félix Arnoda. Ouais. Donc tu vois Ah ben là c'est les résiliers là.

Là on voit la forêt de pain. Donc il y avait plus de bergers puisque ou quasiment plus parce qu'il pouvait plus se déplacer dans dans la forêt et plus surveiller leurs troupeaux et et très souvent il se il se il se faisait embaucher. Ouais il par les propriétaires.

Il devenait résigné quoi. Ouais dans tous les sens du terme. Ouais résigné.

Ces milliers de photographies sont l'œuvre de Félix Arnaudin. Fils de la bourgeoisie locale. Il refuse la transformation de la lande de son enfance.

Pendant 50 ans, il s'attache à documenter des traditions et des paysages qui meurent sous ses yeux. Sans lui, on ne saurait rien de des véritables landes quoi. Et et de cette extrême horizon comme il disait. et il s'est euh il s'est engagé à tout sauver.

Avant 1875, [musique] il y avait donc sur cette grande land essentiellement des bergers sur chasse et 1 million de bêtes. À partir du moment où la loi d'assainissement [musique] a été promulguée par Napoléon I, ça a été un choc, un bouleversement total pour les gens. Il y a énormément de bergers qui se sont suicidés [musique] parce qu'ils étaient dépossédés de leur terre.

Il y avait un droit de package hein sur toutes les communes et les bergers qui ont mis le feu aux premières forêt en en signe de révolte était condamné à mort. Les bouleversements de cette [musique] époque renferment les racines d'une identité politique landaise de révolte et de futur syndicalisme dont Félix Arnaudin fut le premier défenseur. Pour lui, il y avait une vie naïve et libre qui se transformait en devoir de profit de d'argent à tout prix quoi.

C'est comme ça qu'il a interprété les choses. Il était visionnaire parce qu' il avait dit que ça crééait de grands incendies, que les tempêtes allaient dévaster cette forêt. Il était farouchement opposé à à ses pains en rand d'oignon comme il disait qui qui borne la vue et bête la pensée.

Mon arrière-grelue. Pourquoi dans cette famille de pite bourgeoisie landaise ? Pourquoi lui avait s'est dit non mais je je veux pas que ça disparaisse, je je veux je veux faire des photos, je veux immortaliser cette lande.

Alors les gens l'appelaient souvent en pas toi loupc. Loupec ça veut dire le fou. À l'aube du 20e siècle, les pains envahissent progressivement 1 million d'hectares de landes.

Les usines de papéterie prospèrent. La France a besoin de bois pour achever sa révolution industrielle. La richesse de l'arbre d'or se trouve surtout dans sa résine dont l'exploitation pour l'industrie chimique fait vivre des milliers de familles.

La sève contenue dans l'écorce du pain permet d'obtenir l'essence de terrébantine, produits détachants et solvant que l'on retrouve dans les peinture. Mon père était résigné, mon grand-père aussi. Et donc c'était euh le travail euh le seul travail qu'il y avait véritablement dans cette forêt ici.

Il y avait des milliers et des milliers de personnes qui qui travaillaient dans la dans la forêt. Le métier était quand même très physique. On parcourait, je sais pas au moins 15 km par jour et puis par tous les temps.

C'était là il s'agissait pas de se mettre à l'ombre quand il faisait trop chaud ou à l'abri quand il pleuvait. Mais ces pains qui rapportent tant sont particulièrement vulnérables aux catastrophes naturelles du fait de leur [musique] plantation industrielle mal pensée au 19e siècle. En 1949, le feu du siècle détruit une grande partie de la forêt et prend la vie de 82 personnes.

Puis les tempêtes comme celles de 1999 mettent à nouveau à mal toute une économie. Il devient urgent de repenser l'exploitation de la plus grande forêt artificielle d'Europe. Près de Loucha, au sud de Bordeaux, c'est un nouveau massif qui se développe.

Fini la monoculture de pain. Ici, chaînes, feuillu et arbuste sont invités à croître en harmonie avec l'arbre roi. Voilà, donc ici, on est devant le pain numéro 228.

Il a une petite plaquette. Tous les arbres de la parcelle ont une petite plaquette métallique avec un numéro. C'est moi qui les ai posé.

Et celui-ci est bon, il est un peu courbé en haut mais c'est quand même un arbre assez joli. J'ai en tête un petit peu la personnalité de beaucoup de mes arbres et je vis avec eux quoi. Dans cette partie du massif forestier, on défend une silviculture irrégulière, moins industrialisée, qui donne un bois de meilleure qualité et doit permettre à terme une régénération naturelle des espèces.

Je pense que ce qui est primordial, c'est de respecter le fonctionnement naturel des milieux de la forêt, conserver au mieux les habitats pour une diversité maximale de la faune. Pareil pour la flore, c'est-à-dire laisser évoluer au mieux cette machine très dynamique qui est un milieu naturel, une forêt et si on la laisse faire, c'est spectaculaire. Dans certains cas, en 5 ou 10 ans, on a un changement radical et positif.

Un siècle et demi après la plantation massive imposée depuis l'état central, les Landais se réapproprient enfin l'histoire et la marche de leur forêt. [musique] Il y a ici comme un souffle quelque chose qui base secrètement une force primale qui vous ramène à vos origines. [musique] À une quinzaine de kilomètres de la côte méditerranéenne [musique] entre Toulon et Marseille, la Sainte Baum, une forêt relique préservée depuis la fin de l'aire glaciaire il y a 12000 ans.

Et au cœur de cette forêt, comme fondue dans la roche, c'est un sanctuaire qui a été construit dédié à la disciple de Jésus, Marie-Madeleine. Un lieu devenu au fil des siècles un important pèlerinage du monde chrétien. La sainte Baume est une montagne [musique] sacrée.

Son histoire est celle d'un lien puissant et mystérieux entre une forêt et les hommes qui encore aujourd'hui comme une expérience initiatique la traverse pour se retrouver. J'avais vraiment la sensation d'être attiré par cette forêt. C'est pas pour rien si avant Marie-Madeleine on dit queil y avait elle était célébrée par la DS Artémise.

C'est si vous voulez cette forêt cette montagne la Sainte Baum. On dit la Sainte Baum c'est vraiment un symbole de féminité. De nombreuses personnes qui sont venues ici ont eu leur vie changée.

C'est vraiment une forêt qui marque. [musique] 1148 m de haut en son point culminant sur 12 km de long, la sainte [musique] Baume est une barrière toute de calcaire. À son pied sur la face nord, sa forêt relique, [musique] 130 hectares luxuriant au milieu de la sèche Provence.

Pour se rendre compte de [musique] cette bizarrerie, il faut d'abord se balader à sa périphérie parmi les chaînes vertes dans ce paysage typiquement [musique] méditerranéen. Alors ce qui est extraordinaire ici c'est que sur une distance relativement courte on a un changement de végétation remarquable. puisque de ce côté-ci, on voit une végétation de gar, c'est-à-dire du cist, du romarin, du thint, de la sariette, c'est-à-dire des plantes que l'on trouve habituellement dans la garue sèche ailleurs en Provence.

Bien entendu, [musique] c'est le feu et le pastoralisme qui depuis le néolithique il y a environ 6000 ans ont façonné ce paysage méditerranéen. D'ici le vert tendre de la Sainte [musique] Baum à peine jauni par l'automne détonne. Alors en fait cette forêt de la Sainte Baum est un petit peu représentative ce que pourrait être la forêt dans toute la région.

Si l'homme ne l'avait pas euh détruite, ne l'avait pas coupé. Certains parlent de forêt refuge, c'est-à-dire qu'elle s'est réfugié ici dans ce petit creux là au pied de du rocher où elle est protégée à la fois par des conditions climatiques très particulières, mais aussi par l'homme qui n'a pas exercé d'action destructrices à son égard. À quelques kilomètres à peine de la mer Méditerranée, une forêt dif de où et de une odeur de bois mort et du mus.

Des sépultures ont été retrouvées ici, remontant à l'âge du fer et aux populations celtes et ligure. Il y a un un écrivain romain qui s'appelait Lucain qui vivait au premer siècle de notre ère. C'était le neveu de Sneec qui parle de la période de Jules César, c'est-à-dire 100 ans auparavant, hein, c'était pas la même période, c'était 100 ans auparavant.

Et lorsque Jules César est venu avec ses soldats pour couper du bois lors du siège de Marseille, les populations locales lui ont fait savoir que ce bois était sacré et qu'il ne fallait pas toucher aux arbres de la forêt. Et dans le texte de Lucin, il est dit il y avait un bois sacré qui n'avait jamais été profané et il décrit des idoles en bois, des cultes païens et cetera. [musique] Il faut traverser la forêt et marcher jusqu'au pied de la paroi rocheuse pour accéder au sanctuaire de Marie-Madeleine, la prostituée qui dans l'Évangile est convertie [musique] par le Christ et assiste à sa crucifixion et à sa résurrection.

D'après la tradition chrétienne, elle serait arrivée ici en l'an 47 de notre ère. Elle débarque de Palestine où elle aurait été chassé par les persécutions. Elle aurait évangélisé avec son frère Lazar et sa sœur Marthe avant de se retirer dans ce lieu impressionnant avec une certaine grandeur de la falaise et en même temps austère.

Une grotte sombre. Il y a pas le soleil de tout l'hiver, il y a l'humidité. On entend les gouttes qui tombent régulièrement et donc le désir d'être avec Jésus qu'il a sauvé de la mort et du péché, le désir de se retirer dans la solitude [musique] avec lui, de n'être qu'à lui par amour. [musique] Un peu avant de mourir, Marie-Madeleine redescend dans la plaine pour recevoir la communion de Saint-MXin.

Voilà la grotte. Baumo en provençal qui donnera baum devenu sainte et gardé [musique] à partir du 5e siècle par différents ordres monastiques qui placent le massif sous leur protection. La sainte Baume [musique] attire avec un succès grandissant les premiers pèlerins.

Et au 13e siècle, le roi [musique] Saint-Louis, de retour de croisade, se rend ici tandis que son neveu Charles de Djou, compte de Provence se met en tête de retrouver les reliques de la sainte. il les recherche et il les retrouve, ce qui donne un élan pèlerinage. Et le compte de Provence pour ce lieu, pour donner un éclat particulier à ce lieu, choisit une communauté qui est apparue il y a pas longtemps qui sont les dominicains.

Les Bénédictins sont des moines qui visent à la contemplation dans une communauté retirée du monde. Les Dominicains contemplent mais veulent partager leur contemplation. Les frères du coup à la fin du 13e siècle sont installés ici et resteront les gardiens jusqu'à aujourd'hui.

Qui enlève le péchés du monde, [musique] le cœur d'Israël ne pas du tout. [musique] Il y a toujours eu derrière moi donc le lieu pour les frères avec la clôture, ce lieu réservé à leur contemplation justement, à leur permettre de pouvoir ouvrir l'écriture, faire de la théologie, prier dans le silence et à ma droite ici des bâtiments beaucoup plus importants que ceux qu'on voit actuellement sur quatre étages dont on voit les pierres d'attente dans la falaise encore aujourd'hui. [musique] Ils ne le savent pas toujours les pèlerins [musique] de la Sainte Baum auquel se mélange aujourd'hui de simples visiteurs.

Mais ils empruntent [musique] ce qui devient à partir du 14e siècle l'un des plus importants chemins de l'Occident catholique, [musique] le chemin des rois qui traverse une forêt qui va désormais être sous protection royale. [musique] Et en 1516, c'est François I peu après sa [musique] victoire à Marignan qui ici semble venir rendre grâce aux arbres relique autant qu'à la sainte. [musique] François 1er a été un grand messen.

Il est venu trois fois à la Saintbaum et la troisième fois il a vraiment orienté son messena sur la protection à part des ordonnances. Il y avait des amendes hein qui pouvaient être données aux gens qui en freignaient euh le l'ordonnance qui avait été faite de ne pas couper, de ne pas faire pêtre les troupeaux et de ne pas euh utiliser pour les vaisseaux, les bateaux parce que on utilisait le bois pour cela. Si la forêt indemne traverse les siècles, les infrastructures elles souffrent du passage du temps et des visiteurs.

Et c'est parce que François 1er fait le constat d'un délabrement de l'ensemble qui est décidé l'édification de sep oratoir qui balisent le chemin des rois puis celui du Saint Pilon qu'on empreinte pour accéder à la crête. C'était vraiment pour offrir un chemin de pèlerinage dans la nature parce que ils sont tous dans la nature et ils nous font faire un chemin, on va dire d'ombre vers la lumière que l'on sent quand on est au 7e oratoire qu'on là on arrive sur la lumière et chaque halte qui se fait raconte un épisode de la vie de Marie-Madeleine et ça permet de faire une halte consciente et d'écouter cette parole qu'on a aussi à trouver quand on se met en chemin avec Marie-Madeleine. La récompense à près de 1000 m comme sortie de la Méditerranée qu'on voit d'ici nettement, une vague de calcaire sur laquelle le pèlerin glisse, sa foi pour planche un peu plus près du cœur de la sainte.

Tous les chemins qui mènent à la Saint-Bau convergent au Saint-Pilon. C'est un lieu qu'on peut aborder par des aspects différents, soit la beauté du lieu, mais c'est quand même le lieu d'élévation de Marie-Madeleine. C'est là où l'on dit dans la tradition qu'elle est portée cette fois par les anges et nourrie de manière céleste.

C'est un chemin pèlerin qui à travers un chemin de monté à l'extérieur te fait faire un chemin de monté à l'intérieur de toi aussi. Et pour terminer, je dirais vraiment par le silence et le recueillement. Toutefois, c'est plus souvent dans le bruit et les fracass [musique] que s'écrit l'histoire.

Et pendant la révolution, à la Sainte Baum, ils sont assourdissants. Le sanctuaire est détruit et la forêt mise en vente sauvée inextrémiste par le marquis d'Albertas qui la rachète. Les troubles passés, un nouveau lieu d'accueil est construit au pied de la montagne.

L'hostellerie qui héberge dominicains, [musique] pèlerin et visiteurs. [musique] Des débats ont lieu sur l'avenir de la Sainte Baum et tandis que la société s'industrialise, la forêt devient domaniale et est de plus en plus perçu comme un symbole de paradis perdu. Un paradis où aujourd'hui, à l'heure où se joue une révolution écologique, l'on vient pour sentir et mieux comprendre tout ce qui vit et qui n'est pas humain.

Dès lors qu'on installe un miroir, on voit les choses complètement différemment. On a une vision sous l'eau ou pied et une vision on est dans la verticalité. Et ça nous permet, si vous voulez, de d'appréhender à la fois la nature, mais aussi nos semblables d'une autre manière.

Cette forêt euh nous donne un autre regard sur la nature, nous permet de d'y installer de la spiritualité, un grand respect. Je pense que nous sommes la nature. Parler aux hommes, aux arbres, aux oiseaux.

Les entendre nous parler. Voilà quoi invite la sainte baume. Étendre la communauté par-delà l'humain.

Découvrir une nouvelle carte du vivant faite [musique] de mutualisme. Retrouver une sensibilité au vivant son prodige et ses métamorphoses. [musique] Je me suis aperçu que on pouvait ressentir une attirance par rapport à cette forêt s'il y avait quelque chose de viscéral, quelque chose de profond et de très doux.

Moi, quand je me base dans cette forêt, j'ai vraiment l'impression de rentrer dans un autre monde, dans quelque chose de peut-être qui me ramène à avant la naissance, quelque chose, une renaissance. [musique] Qui étaiton avant notre naissance ? Quelques atomes de feuilles, de lien, un raceau de sainte baume disséminé dans l'univers. [musique]