Simone Veil — Questions et méthode · Pourquijevote
Registre vérifiable
Face aux questions
Ce registre relie les questions posées aux éléments effectivement observés dans les réponses. Il présente le corpus, ses limites et les passages sources, sans note globale ni comparaison entre personnes.
Comment lire ce registre
Cette page est la piste d’audit de la fiche de synthèse. Elle permet de retrouver la question, la réponse retenue et la preuve utilisée.
1
Une question isolée
Les questions multiples sont séparées pour ne pas confondre plusieurs demandes dans une même mesure.
2
Un état descriptif
La catégorie indique ce qui est observable dans la réponse, sans juger la personne ni la position défendue.
3
Un passage vérifiable
Chaque résultat affiché renvoie au verbatim et, lorsque la source le permet, au moment exact de l’entretien.
Période observée
16 juin 2021 au 16 juin 2021
Questions
15
Entretiens
1
Sources
1
Heures analysées
0,7 h
Répartition sur 15 questions évaluables
Réponse directe
7
Réponse partielle
4
Réponse à côté
4
Questions et passages vérifiables
Une réponse à côté signifie que la demande centrale n’est pas traitée, même si le passage est long ou argumenté.
Questions 1 à 15 sur 15
Question 1Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
Vous suiviez cela attentivement ?
Réponse à côté
Mais écoutez, c'est vrai que, vous l'avez dit tout à l'heure, vous-même. Aujourd'hui, bon, tant mieux, je crois que chacun considère que cette pyramide est une belle réalisation. Mais à ce moment-là, c'était un combat à la fois esthétique et idéologique et nos opposants. C'est-à-dire, surtout, le Figaro magazine dirigé par un homme brillant qui s'appelait Poels, mais en même temps très idéologue. Oui, absolument. Je dois dire que c'était un opposant que je respectais beaucoup parce qu'il était brillant, intelligent, mais il pouvait faire mal. Il était normal que nous puissions organiser une contre-offensive, par exemple, en obtenant le soutien de personnalités comme Pierre Boulez, Jean Prou…
« Mais écoutez, c'est vrai que, vous l'avez dit tout à l'heure, vous-même. Aujourd'hui, bon, tant mieux, je crois que chacun considère que cette pyramide est une belle réalisation. Mais à ce moment-là, c'était un combat à la fois esthétique et idéologique et nos opposants. C'est-à-dire, surtout, le Figaro magazine dirigé par un homme brillant qui s'appelait Poels, mais en même temps très idéologue. »
Dossier de profondeur politique
Mécanismes, contraintes, arbitrages, objections et références explicitement présents dans les réponses, classés par domaine et reliés aux passages d’origine.
Le dossier de profondeur n’est pas encore publiable pour cette période.
Méthode, périmètre et limitesVersion small-8b7aadfb4e0b
Méthodologie :
question_coverage
Publiée :
4 sept. 2026
Les catégories décrivent uniquement la séquence observée.
Les questions non évaluables restent comptées dans le corpus mais ne reçoivent pas de catégorie publique.
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
« Oui, absolument. Je dois dire que c'était un opposant que je respectais beaucoup parce qu'il était brillant, intelligent, mais il pouvait faire mal. Il était normal que nous puissions organiser une contre-offensive, par exemple, en obtenant le soutien de personnalités comme Pierre Boulez, Jean Prouvé, Mme Pompidou et d'autres qui étaient favorables au projet. Donc, disons que chaque projet était une lutte et un combat, mais c'est normal et tant mieux. Rien n'est pire que l'indifférence, rien n'est pire que la platitude, rien n'est pire que l'immobilisme. Et à ce moment-là, c'est vrai, grâce à nous et grâce à nos adversaires, la culture était en combat. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 14:04
« Non, c'est un pouvoir, un pouvoir important lorsqu'il se traduit par des nominations qui ont une force et un sens. Lorsque, dès notre arrivée, je propose que l'on nomme Jean-Pierre Vincent à la comédie française, c'est l'expression d'un radical changement de l'institution. Lorsque je propose plus tard que ce soit Antoine Vitesse qui lui succède, c'est aussi un changement important. Mais il n'y a pas que des nominations, il y a d'abord, effectivement, le budget du dernier pas, mais surtout les grandes lignes de la politique culturelle, ce qu'on entreprend pour le théâtre, pour sauver le cinéma français. Par exemple, c'est clair que les mesures que nous avons prises ont permis quand même, en ce temps-là, d'éviter que le cinéma français connaisse le sort de tous les autres cinémas européens, italiens, allemands, anglais, par la volonté qui a été la nôtre de sauvegarder le cinéma en salle. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 15:30
Question 2Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
Question prioritaire. Et la culture était éminemment politique. C'est-à-dire que vous faisiez de la politique avec la culture. Et là aussi, on est étonné de trouver ces notes. Je vous en cite une, par exemple. Elle date de 1991 au sujet de la Bibliothèque de France. Et donc là, vous vous battez contre Chirac. Vous dites, nous disposons d'importants moyens de rétorsion contre la ville de Paris au titre des abords des monuments historiques. Nous sommes en mesure de bloquer toute une série de chantiers parmi lesquels l'aménagement de l'avenue des Champs-Elysées, la réalisation de la maison européenne de la photographie rue François Miron. Je ne vais pas citer tout ce que vous évoquez, mais ça veut dire que si Chirac refuse la BNF, vous, vous allez l'embêter sur toute une série de points à Paris.
Réponse directe
Mais c'était un combat. Et disons que ce livre raconte l'épopée, la genèse, la naissance de nos projets. Mais aussi, effectivement, les luttes assez vives, il faut le dire, entre l'opposition de l'époque incarnée par Jacques Chirac et nous-mêmes. Et Jacques Chirac, après avoir été dans un premier temps plutôt un soutien de notre politique de la culture, il était tellement content que M. Gilles Ferzistin ait été battu. Ensuite, il est redevenu homme d'opposition. Et son équipe a combattu avec force tous nos projets. Parce que, je ne crois pas qu'il n'était pas nécessairement en désaccord avec l'idée de la BNF, mais il était en désaccord peut-être avec l'implantation, je n'ai plus exactement…
« Mais c'était un combat. Et disons que ce livre raconte l'épopée, la genèse, la naissance de nos projets. Mais aussi, effectivement, les luttes assez vives, il faut le dire, entre l'opposition de l'époque incarnée par Jacques Chirac et nous-mêmes. Et Jacques Chirac, après avoir été dans un premier temps plutôt un soutien de notre politique de la culture, il était tellement content que M. Gilles Ferzistin ait été battu. Ensuite, il est redevenu homme d'opposition. Et son équipe a combattu avec force tous nos projets. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 10:02Voir 1 autre passage
« Parce que, je ne crois pas qu'il n'était pas nécessairement en désaccord avec l'idée de la BNF, mais il était en désaccord peut-être avec l'implantation, je n'ai plus exactement le souvenir. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 10:44
Question 3Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
Vous aussi, d'ailleurs, vous aviez des doutes sur l'architecture ?
Réponse directe
C'est vrai. Et surtout sur l'implantation. J'avais tenté de convaincre François Mitterrand de choisir d'autres sites. Soit l'île Seguin, je rêvais d'une île bibliothèque. Soit près du château de Vincennes, là où il y a une caserne. La bibliothèque eût été placée entre le jardin de Vincennes et ce magnifique monument du château de Vincennes. Finalement, François Mitterrand a opté pour ce lieu et je redoutais qu'il soit progressivement enserré et entouré par des constructions plus ou moins laides. Non, enfin, notez si vous voulez, puisque vous évoquez le Grand Louvre, que dès les premières semaines de notre accès aux responsabilités, nous arrachons trois décisions qui donnent son assise en qu…
« C'est vrai. Et surtout sur l'implantation. J'avais tenté de convaincre François Mitterrand de choisir d'autres sites. Soit l'île Seguin, je rêvais d'une île bibliothèque. Soit près du château de Vincennes, là où il y a une caserne. La bibliothèque eût été placée entre le jardin de Vincennes et ce magnifique monument du château de Vincennes. Finalement, François Mitterrand a opté pour ce lieu et je redoutais qu'il soit progressivement enserré et entouré par des constructions plus ou moins laides. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 10:57
Question 4Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
Et puis alors, là aussi, Jack Long, ministre, scrute la presse. Alors, vous écrivez par exemple dans une note à François Mitterrand en 1984, vous faites le compte des journaux qui sont pour et contre le projet. Alors, vous dites par exemple « Le Matin et Libération sont prêts à faire campagne pour le Grand Louvre, les trois principaux hebdomadaires aussi. En revanche, deux journaux vont organiser des campagnes hostiles, Le Figaro et François. » Ça veut dire que vous étiez aussi ministre de la communication du gouvernement sur ces sujets-là ?
Réponse à côté
Mais écoutez, c'est vrai que, vous l'avez dit tout à l'heure, vous-même. Aujourd'hui, bon, tant mieux, je crois que chacun considère que cette pyramide est une belle réalisation. Mais à ce moment-là, c'était un combat à la fois esthétique et idéologique et nos opposants. C'est-à-dire, surtout, le Figaro magazine dirigé par un homme brillant qui s'appelait Poels, mais en même temps très idéologue. Oui, absolument. Je dois dire que c'était un opposant que je respectais beaucoup parce qu'il était brillant, intelligent, mais il pouvait faire mal. Il était normal que nous puissions organiser une contre-offensive, par exemple, en obtenant le soutien de personnalités comme Pierre Boulez, Jean Prou…
« Mais écoutez, c'est vrai que, vous l'avez dit tout à l'heure, vous-même. Aujourd'hui, bon, tant mieux, je crois que chacun considère que cette pyramide est une belle réalisation. Mais à ce moment-là, c'était un combat à la fois esthétique et idéologique et nos opposants. C'est-à-dire, surtout, le Figaro magazine dirigé par un homme brillant qui s'appelait Poels, mais en même temps très idéologue. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 13:24Voir 2 autres passages
« Oui, absolument. Je dois dire que c'était un opposant que je respectais beaucoup parce qu'il était brillant, intelligent, mais il pouvait faire mal. Il était normal que nous puissions organiser une contre-offensive, par exemple, en obtenant le soutien de personnalités comme Pierre Boulez, Jean Prouvé, Mme Pompidou et d'autres qui étaient favorables au projet. Donc, disons que chaque projet était une lutte et un combat, mais c'est normal et tant mieux. Rien n'est pire que l'indifférence, rien n'est pire que la platitude, rien n'est pire que l'immobilisme. Et à ce moment-là, c'est vrai, grâce à nous et grâce à nos adversaires, la culture était en combat. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 14:04
Question 5Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
Alors, effectivement, parce que là aussi, elles sont fort bien écrites. On n'est pas encore à l'époque du PowerPoint et donc on a affaire à de longues lettres. François Mitterrand écrivait très bien, on le sait. Et vous aussi, Jacques Lang, on le découvre dans ses notes. Et alors, toujours parmi vos épisodes d'harcèlement du président de la République, à un moment, par exemple, vous avez un différent sur le financement du cinéma et sur la manière dont le cinéma peut coexister avec une chaîne de télévision. A l'époque, c'était la 5 et vous lui écrivez, voulez-vous la mort du cinéma français ?
Réponse directe
Ça a été un moment... Le plus souvent, entre le président de la République et moi-même, il y avait une forme, on dirait, d'harmonie et d'affection. Et il m'accordait sa confiance. On le décrivait François Mitterrand comme une sorte d'impérator ou de César, mais vis-à-vis de ses ministres, il était confiant. Sauf s'il commettait de graves bêtises. Et il y a eu deux ou trois fois où je me suis trouvé, en effet, en désaccord. Et lui, avec moi, la création d'une chaîne privée, je la trouvais choquante. Et surtout, je redoutais que l'on remettait en cause ce que nous avions arraché pour le cinéma. Et dans ce document, ou ce livre, pardon, qui est publié là, il y a une lettre manuscrite de Franço…
« On le décrivait François Mitterrand comme une sorte d'impérator ou de César, mais vis-à-vis de ses ministres, il était confiant. Sauf s'il commettait de graves bêtises. Et il y a eu deux ou trois fois où je me suis trouvé, en effet, en désaccord. Et lui, avec moi, la création d'une chaîne privée, je la trouvais choquante. Et surtout, je redoutais que l'on remettait en cause ce que nous avions arraché pour le cinéma. Et dans ce document, ou ce livre, pardon, qui est publié là, il y a une lettre manuscrite de François Mitterrand qu'il m'adresse. C'était une manière de solliciter, au fond, mon affection pour calmer le jeu. Et il me dit dans cette lettre, faisons baisser la fièvre. Et voilà. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 7:33
Question 6Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
Pourquoi combattre la BNF, Jacques Lang ?
Réponse partielle
Parce que, je ne crois pas qu'il n'était pas nécessairement en désaccord avec l'idée de la BNF, mais il était en désaccord peut-être avec l'implantation, je n'ai plus exactement le souvenir.
« Parce que, je ne crois pas qu'il n'était pas nécessairement en désaccord avec l'idée de la BNF, mais il était en désaccord peut-être avec l'implantation, je n'ai plus exactement le souvenir. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 10:44
Question 7Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
Mais ça veut dire aussi que vous deviez vous battre avec votre image, essayer de comprendre quelle était-elle, et puis surtout, comment vous pouviez la contrer ?
Réponse à côté
Non, ça c'est vraiment secondaire. Bon, il pouvait se produire comme ça, à la marge que ce soit attaqué sur ceci ou cela, mais ça fait partie, disons, du folklore politico-journalistique. Ce n'était pas vraiment pas faux. Je n'ai plus en mémoire cela. Vous le rappelez à l'instant, oui. Mais quand on est en responsabilité ou dans l'opposition, il n'y a aucune raison de se laisser taper dessus sans réagir. Moi, je suis quelqu'un qui aime dire ce qu'il pense et agir en conséquence. Ce livre, d'abord, il faut en être reconnaissant à M. Barré, qui est le concepteur de bouquins, et à M. Martel, qui a eu le courage de collecter des notes, des discours, des textes. Et il m'avait demandé, il y a un…
« Non, ça c'est vraiment secondaire. Bon, il pouvait se produire comme ça, à la marge que ce soit attaqué sur ceci ou cela, mais ça fait partie, disons, du folklore politico-journalistique. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 1:59Voir 2 autres passages
« Ce n'était pas vraiment pas faux. Je n'ai plus en mémoire cela. Vous le rappelez à l'instant, oui. Mais quand on est en responsabilité ou dans l'opposition, il n'y a aucune raison de se laisser taper dessus sans réagir. Moi, je suis quelqu'un qui aime dire ce qu'il pense et agir en conséquence. Ce livre, d'abord, il faut en être reconnaissant à M. Barré, qui est le concepteur de bouquins, et à M. Martel, qui a eu le courage de collecter des notes, des discours, des textes. Et il m'avait demandé, il y a un an ou un an et demi, est-ce que vous accepteriez d'ouvrir vos archives ? Je dis « Bien sûr, librement ». D'ailleurs, la preuve, c'est que vous retrouvez des documents qui, peut-être, sont un peu corrosifs. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 2:47
Question 8Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
Il se bat pour le budget de la culture. Et il se bat en écrivant à Michel Charas, par exemple, qui est ministre délégué du budget. Donc, c'est, par exemple, le 19 octobre 1990. Il refuse de vous donner de l'argent. Et alors, vous lui écrivez des lettres, comme par exemple, « Monsieur le ministre, est-ce un canular ?
Réponse directe
Oui, bien sûr. Si vous voulez, une discussion. Quand vous croyez aux choses, et moi, j'y croyais et j'y crois encore. Quand je croyais, comme François Mitterrand, croyais que la culture devait être au premier rang des préoccupations du gouvernement et du pays. Alors, on se bat. Et en effet, Charas était un ami, en même temps, il était ministre des Finances. Et de temps à autre, nos relations étaient hardes, comme on dit en français, dures et dures. Bien oui, bien sûr. Et j'informais François Mitterrand de la situation qui était éventuellement réservée au ministère de la Culture. C'est tout à fait normal. C'est le contraire qui est anormal. C'est lorsque des gouvernants croisent les bras, so…
« Oui, bien sûr. Si vous voulez, une discussion. Quand vous croyez aux choses, et moi, j'y croyais et j'y crois encore. Quand je croyais, comme François Mitterrand, croyais que la culture devait être au premier rang des préoccupations du gouvernement et du pays. Alors, on se bat. Et en effet, Charas était un ami, en même temps, il était ministre des Finances. Et de temps à autre, nos relations étaient hardes, comme on dit en français, dures et dures. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 4:33Voir 1 autre passage
« Bien oui, bien sûr. Et j'informais François Mitterrand de la situation qui était éventuellement réservée au ministère de la Culture. C'est tout à fait normal. C'est le contraire qui est anormal. C'est lorsque des gouvernants croisent les bras, sont passifs, immobiles, et laissent passer les choses. Non. Nous étions dans un combat pour donner au pays un élan culturel nouveau. Et ça a supposé, effectivement, vous évoquez les finances, des moyens, des possibilités concrètes d'agir. Alors Charas, de manière en même temps très amicale, se moquait parfois de mes entêtements et de mes engagements. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 5:05
Question 9Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
Maisons de la radio et de la musique. Alors lorsque l'on pense à la musique, à la fête de la musique, Jack Lang, on pense à vous, on pense donc à toutes ces notes que vous faisiez, à François Mitterrand. Vous continuez à en faire pour Emmanuel Macron ?
Réponse directe
Pas au même rythme, tout de même. Non, de temps à autre, effectivement, il m'arrive de m'adresser au président sur tel sujet que... Par exemple ? Par exemple, sur Notre-Dame de Paris, mais je ne vais pas en parler aujourd'hui. Par exemple, tout récemment, j'ai attiré son attention sur la fête de la musique. Bon, j'approuve la manière dont les autorités publiques ont géré la crise sanitaire. C'est très difficile. Et en même temps, je ne refuse pas à comprendre pourquoi le pays inventeur de la fête de la musique, la France, aujourd'hui se trouve dans une contre-exception, si j'ose dire. Puisque les règles qui ont été instaurées en serrent et en ferment les initiatives de manière très stricte.…
« Pas au même rythme, tout de même. Non, de temps à autre, effectivement, il m'arrive de m'adresser au président sur tel sujet que... Par exemple ? Par exemple, sur Notre-Dame de Paris, mais je ne vais pas en parler aujourd'hui. Par exemple, tout récemment, j'ai attiré son attention sur la fête de la musique. Bon, j'approuve la manière dont les autorités publiques ont géré la crise sanitaire. C'est très difficile. Et en même temps, je ne refuse pas à comprendre pourquoi le pays inventeur de la fête de la musique, la France, aujourd'hui se trouve dans une contre-exception, si j'ose dire. Puisque les règles qui ont été instaurées en serrent et en ferment les initiatives de manière très stricte. Dans le même temps, aux Etats-Unis, dans 150 villes, en Chine, dans 200 villes, à Berlin, en Angleterre, partout, elle va battre son plein. Et j'ai attiré l'attention du président sur ce sujet. J'ai confiance, j'ai confiance qu'il pourra, en raison de l'évolution des choses, proposer une sorte d'assouplissement qui permettra à ceux qui aiment cet événement de se retrouver, de se rencontrer, de s'aimer aussi, et de célébrer l'arrivée de l'été. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 20:16
Question 10Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
qu'est-ce qui n'est pas réjouissant ?
Réponse directe
tous les oh bah des chaînes de télévision au rabais des programmations banales pire que la 5 pardon pire que la 5 parce que la 5 que la 5 en question heureusement d'ailleurs dans l'intervalle nous avons réussi à créer une 5 publique qui est remarquable Arte qui est aussi une chaîne remarquable et disons-le le paysage des chaînes publiques en France est un paysage assez brillant
« tous les oh bah des chaînes de télévision au rabais des programmations banales pire que la 5 pardon pire que la 5 parce que la 5 »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 25:28
Question 11Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
Guillaume Herner Et aujourd'hui, on va évoquer une institution culturelle, la Maison de la Radio, qui va devenir la Maison de la Radio et de la Musique. Et pour accompagner de ça, notre institution culturelle, Jacques Lang, bonjour. Vous êtes président de l'Institut du Monde Arabe, ancien ministre de la Culture, et vous publiez un livre tout à fait étonnant, une révolution culturelle dit et écrit, une édition établie et présentée par le camarade Frédéric Martel. On découvre toute une série de notes, de lettres que vous avez adressées à François Mitterrand, mais aussi à vos confrères, aux ministres avec qui vous aviez travaillé à l'époque. On a presque envie de dire que ce sont des choses qu'on ne lit jamais. Il y a eu un livre qui s'appelait Un Président ne devrait pas dire ça. Alors je ne sais pas si un ministre devrait publier ça. Alors je vous en cite une, par exemple, c'est une note que votre équipe, vous avez faite le 20 mai 1985 pour la préparation de l'heure de vérité sur Antenne 2, donc le 3 juin 1985, avec une mention confidentielle. Et il est écrit, pensez à toutes les questions vaches qu'on peut adresser à Jacques Lang, Homme de politique, spectacle, bouffon du roi. Comment vous prépariez-vous à ce type d'émission ?
Réponse directe
Je ne me souviens plus exactement, mais c'est vrai que, surtout dans les premiers temps, j'étais un bleu, j'étais un neuf, un nouveau, et donc il fallait s'aguerrir et en effet se préparer. Oui, en pensant un peu à l'avance, aux choses trappent, voilà, c'est normal. Ça veut dire que ? Mais, quelle que soit la préparation, vous le savez, c'est l'émission elle-même qui compte, c'est le mouvement dans l'instant. Et puis c'est surtout ce qu'on a vraiment à dire ou pas.
« Je ne me souviens plus exactement, mais c'est vrai que, surtout dans les premiers temps, j'étais un bleu, j'étais un neuf, un nouveau, et donc il fallait s'aguerrir et en effet se préparer. Oui, en pensant un peu à l'avance, aux choses trappent, voilà, c'est normal. Ça veut dire que ? Mais, quelle que soit la préparation, vous le savez, c'est l'émission elle-même qui compte, c'est le mouvement dans l'instant. Et puis c'est surtout ce qu'on a vraiment à dire ou pas. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 1:24
Question 12Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
Alors, le ministre de la Culture, qu'est-ce qu'il fait ?
Réponse partielle
Oui, bien sûr. Si vous voulez, une discussion. Quand vous croyez aux choses, et moi, j'y croyais et j'y crois encore. Quand je croyais, comme François Mitterrand, croyais que la culture devait être au premier rang des préoccupations du gouvernement et du pays. Alors, on se bat. Et en effet, Charas était un ami, en même temps, il était ministre des Finances. Et de temps à autre, nos relations étaient hardes, comme on dit en français, dures et dures. Bien oui, bien sûr. Et j'informais François Mitterrand de la situation qui était éventuellement réservée au ministère de la Culture. C'est tout à fait normal. C'est le contraire qui est anormal. C'est lorsque des gouvernants croisent les bras, so…
« Oui, bien sûr. Si vous voulez, une discussion. Quand vous croyez aux choses, et moi, j'y croyais et j'y crois encore. Quand je croyais, comme François Mitterrand, croyais que la culture devait être au premier rang des préoccupations du gouvernement et du pays. Alors, on se bat. Et en effet, Charas était un ami, en même temps, il était ministre des Finances. Et de temps à autre, nos relations étaient hardes, comme on dit en français, dures et dures. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 4:33Voir 1 autre passage
« Bien oui, bien sûr. Et j'informais François Mitterrand de la situation qui était éventuellement réservée au ministère de la Culture. C'est tout à fait normal. C'est le contraire qui est anormal. C'est lorsque des gouvernants croisent les bras, sont passifs, immobiles, et laissent passer les choses. Non. Nous étions dans un combat pour donner au pays un élan culturel nouveau. Et ça a supposé, effectivement, vous évoquez les finances, des moyens, des possibilités concrètes d'agir. Alors Charas, de manière en même temps très amicale, se moquait parfois de mes entêtements et de mes engagements. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 5:05
Question 13Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
Et alors, autre bataille, immense bataille pour vous, qui débute d'ailleurs peu de temps après l'élection de François Mitterrand le 10 mai 1981, la bataille du Grand Louvre pour faire naître le Grand Louvre. Et là aussi, il y a une multitude de combats qui sont des combats politiques qui vont se dérouler en coulisses. Là aussi, qu'est-ce qui bloquait avec le Grand Louvre, Jacques Lang ?
Réponse partielle
Non, enfin, notez si vous voulez, puisque vous évoquez le Grand Louvre, que dès les premières semaines de notre accès aux responsabilités, nous arrachons trois décisions qui donnent son assise en quelque sorte au ministère de la Culture. Et en fait, à ce moment-là, un ministère plus puissant face, je dirais, au puissant ministère des Finances. Un, la loi sur le prix unique du livre, qui en temps normal aurait dû être présentée par le ministre de l'Économie. Deux, le doublement du budget de la Culture. Et trois, la note que j'adresse à François Mitterrand sur le Grand Louvre en lui disant « Et si nous décidions de transférer ailleurs le ministère des Finances, qui à l'époque était rue de Riv…
« Non, enfin, notez si vous voulez, puisque vous évoquez le Grand Louvre, que dès les premières semaines de notre accès aux responsabilités, nous arrachons trois décisions qui donnent son assise en quelque sorte au ministère de la Culture. Et en fait, à ce moment-là, un ministère plus puissant face, je dirais, au puissant ministère des Finances. Un, la loi sur le prix unique du livre, qui en temps normal aurait dû être présentée par le ministre de l'Économie. Deux, le doublement du budget de la Culture. Et trois, la note que j'adresse à François Mitterrand sur le Grand Louvre en lui disant « Et si nous décidions de transférer ailleurs le ministère des Finances, qui à l'époque était rue de Rivoli, pour dédier le palais du Louvre en totalité au musée ? » Ce sont trois décisions qui, je dirais, arriment le ministre de la Culture dans une relation de force vis-à-vis des puissances financières habituelles. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 11:50
Question 14Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
Mais alors, pourquoi combattre la BNF, par exemple ?
Réponse partielle
Parce que, je ne crois pas qu'il n'était pas nécessairement en désaccord avec l'idée de la BNF, mais il était en désaccord peut-être avec l'implantation, je n'ai plus exactement le souvenir.
« Parce que, je ne crois pas qu'il n'était pas nécessairement en désaccord avec l'idée de la BNF, mais il était en désaccord peut-être avec l'implantation, je n'ai plus exactement le souvenir. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 10:44
Question 15Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
Alors pourquoi Mitterrand ne voulait-il pas manger avec Bourdieu ?
Réponse à côté
Peut-être qu'à ce moment-là, il souhaitait rencontrer seulement Hélène Stein, c'est tout, c'est pour des raisons de commodité, de discussion, mais très franchement, Edgar Morin, François Mitterrand, même combat.
« Peut-être qu'à ce moment-là, il souhaitait rencontrer seulement Hélène Stein, c'est tout, c'est pour des raisons de commodité, de discussion, mais très franchement, Edgar Morin, François Mitterrand, même combat. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 17:11
« Non, c'est un pouvoir, un pouvoir important lorsqu'il se traduit par des nominations qui ont une force et un sens. Lorsque, dès notre arrivée, je propose que l'on nomme Jean-Pierre Vincent à la comédie française, c'est l'expression d'un radical changement de l'institution. Lorsque je propose plus tard que ce soit Antoine Vitesse qui lui succède, c'est aussi un changement important. Mais il n'y a pas que des nominations, il y a d'abord, effectivement, le budget du dernier pas, mais surtout les grandes lignes de la politique culturelle, ce qu'on entreprend pour le théâtre, pour sauver le cinéma français. Par exemple, c'est clair que les mesures que nous avons prises ont permis quand même, en ce temps-là, d'éviter que le cinéma français connaisse le sort de tous les autres cinémas européens, italiens, allemands, anglais, par la volonté qui a été la nôtre de sauvegarder le cinéma en salle. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 15:30
« Cuisines, non. Enfin, la cuisine, d'ailleurs, je ne suis pas contre les cuisines. Vous le savez, moi, je suis un fanatique de la gastronomie, pour laquelle j'ai essayé d'agir, d'ailleurs, en son temps. Ce qui est passionnant, ce que Martel a pu réaliser à partir de ses notes, c'est que ça raconte toute l'épopée de ces années 80 et suivantes, et surtout, ces relations, je dois dire, quand je l'ai relis aujourd'hui, j'en suis moi-même parfois surpris, ces relations entre François Mitterrand et le ministre de la Culture de l'époque que j'étais. »
France Culture — L'invité(e) des Matins · Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle VeilVérifier à 3:40