comment aujourd'hui on peut continuer cette mobilisation ?
Réponse directemerci Marie-Arlette d'avoir réveillé la salle j'avais un petit peu peur que les gens se soient endormis alors ça va ils sont bien là ils sont bien là alors moi j'ai une question en fait sommes-nous la gauche la plus bête du monde au sortir de cette réforme des retraites au sortir de cette mobilisation je crois que la question se pose la question des retraites elle nous a énormément occupé et moi ce que j'entends en filigrane dans l'ensemble des interventions avec quelques nuances c'est et maintenant qu'est-ce qu'on fait comment est-ce qu'on est en capacité d'assurer la continuité de l'opposition à cette réforme mais au-delà de ça comment est-ce qu'on a en capacité de porter une structuratio…
« merci Marie-Arlette d'avoir réveillé la salle j'avais un petit peu peur que les gens se soient endormis alors ça va ils sont bien là ils sont bien là alors moi j'ai une question en fait sommes-nous la gauche la plus bête du monde au sortir de cette réforme des retraites au sortir de cette mobilisation je crois que la question se pose la question des retraites elle nous a énormément occupé et moi ce que j'entends en filigrane dans l'ensemble des interventions avec quelques nuances c'est et maintenant qu'est-ce qu'on fait comment est-ce qu'on est en capacité d'assurer la continuité de l'opposition à cette réforme mais au-delà de ça comment est-ce qu'on a en capacité de porter une structuration de cet après pour donner des perspectives parce que quand on est socialiste je crois que la première de notre responsabilité c'est de porter l'espoir c'est d'être en capacité de l'incarner et donc de faire des propositions qui vont permettre cette continuité du mouvement dans le cadre de la composition de la constitution d'un projet alternatif parce que désormais et je crois qu'on est tous d'accord là-dessus quel que soit l'endroit duquel on parle que ce soit les experts que ce soit les syndicalistes que ce soit les associatifs que ce soit les politiques tous les progressistes c'est que si nous n'arrivons pas à incarner cet espoir le risque c'est qu'en 2027 nous ayons l'extrême droite en responsabilité nationale et je crois que quand on est progressiste aucun de nous ne peut s'y résoudre donc comment est-ce qu'on fait cette réforme des retraites elle était injuste elle est injuste et complètement déséquilibrée elle était d'abord déséquilibrée sur le plan économique j'imagine que vous avez vu le rapport du corps qui est sorti mi-juillet au final cette réforme va avoir un surcoût de plus de 9 milliards d'euros que si la loi n'avait pas changé donc elle nous avait été vendue comme étant nécessaire pour assurer l'équilibre des comptes de la protection sociale à terme et là ce qu'on nous dit c'est qu'en dépit de cette réforme au final le système sera encore plus déséquilibré que si nous n'avions rien fait elle est aussi déséquilibrée d'un point de vue d'une valeur fondamentale pour nous en tant que socialistes en tant que peuple de gauche c'est la notion de justice elle est totalement injuste parce qu'elle vient accroître des inégalités notamment les inégalités liées aux origines sociales aux origines territoriales à toutes les disparités qui aujourd'hui malheureusement continuent de labourer notre société parce qu'on sait que 64 ans en fonction de la profession qu'on a exercée en fonction de l'endroit où on est né en fonction de son état de santé en fonction de sa pénibilité en fonction de la durée de sa carrière en fonction aussi du chômage dont on a pu souffrir parce que le chômage a un impact très fort sur la santé physique et psychique et bien on n'arrivera pas tous dans le même état à l'âge de 64 ans et alors qu'on nous explique qu'il faut lutter contre le chômage des seniors on voudrait faire travailler plus les seniors mais du coup quoi ? ils continueraient d'être au chômage jusqu'à 64 ans au final ? le troisième point de déséquilibre c'est sur la notion même la conception même qui a été à l'origine de ce projet de loi je ne veux pas du tout remettre en cause la légitimité démocratique de l'élection d'Emmanuel Macron on est des démocrates on respecte les résultats issus des urnes et en l'occurrence il a été élu mais dans un contexte qui était quand même extrêmement particulier il faut le rappeler moi je n'ai pas voté au deuxième tour pour Emmanuel Macron parce que je voulais d'une réforme des retraites j'ai voté au deuxième tour pour Emmanuel Macron parce que je ne voulais surtout pas voter pour Marine Le Pen et ça le fait qu'Emmanuel Macron lui-même qui a dit au lendemain de l'élection qu'il n'oublierait pas dans quel contexte il a été élu et qui quelques mois après nous explique qu'il a été élu pour mettre en oeuvre sa réforme des retraites il est venu fragiliser un lien de confiance fondamentale dans notre pays et qui est à mon sens au fondement de la démocratie et ça il emporte une responsabilité majeure Frédéric l'a dit tout à l'heure et merci beaucoup pour ton propos introductif le sentiment de résignation et ça c'est extrêmement grave parce qu'Emmanuel Macron ce qu'il a fait en réalité et j'y reviendrai c'est qu'il a tué ou il a tenté de tuer la démocratie sociale on ne remet pas en cause à la légitimité démocratique je l'ai dit quand on a été élu l'idée ce n'est pas de rejouer l'élection en permanence bien évidemment mais quand on est dirigeant quand on est en responsabilité nationale l'objectif c'est aussi de montrer que dans notre façon de gouverner on entend ce qui peut être dit par les concitoyens on entend l'opposition à une mesure ou à une proposition et derrière on est en capacité de faire évoluer sa position ce que Chirac avait fait en 2006 ça a été rappelé sur le CPE face à l'opposition très bien ok je retire cette réforme ça veut dire quoi concrètement ça veut dire que on est en capacité quand on gouverne un pays de dire qu'on entend les mouvements contestataires qu'on entend les oppositions et qu'à partir de là quand une réforme est rejetée par plus de 7 français sur 10 quand vous avez une mobilisation si importante que celle qu'on a eue dans la rue grâce à l'intersyndical uni quand vous avez une majorité de travailleurs qui sont opposés à cette réforme on est en capacité de dire très bien j'ai entendu c'est aussi comme ça qu'on restaure le lien de confiance avec les concitoyens c'est comme ça qu'on leur dit allez voter en fait c'est utile que vous alliez voter parce que vous pouvez avoir confiance dans vos gouvernants aujourd'hui ils disent quoi les français et tu nous l'as rappelé Frédéric de toute façon ça sert à rien au final ils font toujours ce qu'ils veulent de toute façon ça ne sert à rien d'aller voter puisque de toute façon ils feront ce qu'ils veulent à la fin et même si on s'oppose même si on se mobilise même si on va manifester même si on organise la contestation même si on se met en grève de toute façon ils feront ce qu'ils veulent comment est-ce qu'on leur dit nous maintenant faites-nous confiance faites confiance aux politiques faites confiance en vous dirigeant allez voter considérez que vos élus à qui vous donnez mandat pour vous représenter pour décider pour vous ils feront ce qu'il y a de mieux pour vous parce que ce n'est pas ce qui s'est passé là ça c'est le premier point sur la démocratie sociale le deuxième point quand vous avez une intersyndicale aussi unie que ce qu'elle a pu être et qu'en tant que gouvernant vous décidez que vous n'avez pas à les recevoir vous n'avez pas à discuter avec eux vous n'avez pas à les écouter alors qu'ils représentent les travailleurs vous venez achever la démocratie sociale et je pense que c'est une responsabilité énorme qu'est celle d'Emmanuel Macron aujourd'hui et de son gouvernement et que ce qu'il a fait c'est qu'il a passé la sixième pour permettre pas la sixième république la vitesse pour permettre à Marine Le Pen de faciliter le travail de conviction qu'elle est en train de faire sur le terrain donc à partir de là je crois que nous on a une responsabilité majeure c'est comment est-ce qu'on redonne des perspectives à la démocratie sociale comment est-ce qu'on redonne confiance aux françaises et aux français et comment est-ce qu'on constitue un projet crédible pour la suite le deuxième point et peut-être que je vais un tout petit peu m'éloigner de la question de la réforme des retraites en tant que telle tu l'as dit tout à l'heure Jérôme c'est que c'est une logique néolibérale qui a motivé Emmanuel Macron et en fait c'était le point d'orgue d'une politique de déconstruction globale de tout ce que sont nos communs la protection sociale je rappelle quand même ce qui se passe à l'hôpital c'est une catastrophe absolue je rappelle ce qui se passe dans l'éducation nationale on va bien voir à la rentrée dans quelques jours combien d'enseignants seront manquants devant nos enfants bref tout ce qui fonde le service public tout ce qui fait la notion de république liberté, égalité, fraternité quel que soit l'endroit où on se trouve sur le territoire il est en train d'achever de le déconstruire et cette réforme des retraites était symptomatique à ce sujet donc pour nous aujourd'hui c'est comment est-ce qu'on fait à gauche pour redonner des perspectives et pour incarner cette gauche crédible et audible moi je crois et je partage ce que tu as dit Marie-Arlette que ce qui s'est passé au Parlement ne nous a pas permis de nous distinguer par rapport notamment à ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale et je le regrette parce que on n'a pas été audible dans la contestation qui a été la nôtre même si j'entends le travail bien sûr d'opposition qui a été fait Jérôme c'était extrêmement intéressant que tu puisses rappeler ces moments-là mais je regrette que nous n'ayons pas été en capacité d'avoir une alternative crédible et audible à opposer à ce projet délétère et injuste qui a été soumis donc comment est-ce qu'on fait maintenant pour faire des propositions concrètes et je crois que cette table ronde elle est extrêmement représentative de ce qu'on pourrait faire ensemble je pense qu'il faut que nous convoquions des assises de la gauche de tous les progressistes de tous ceux qui ont envie de faire de la politique avec un grand paix paix pardon pas que de la politique partisane oui c'était pas que de la politique partisane les syndicats les associatifs l'éducation populaire tous les bénévoles tous les progressistes tous ceux qui font la solidarité à l'échelle de nos territoires au quotidien doivent pouvoir discuter ensemble sur des propositions qui soient claires c'est quoi aujourd'hui notre rapport au monde du travail c'est quoi aujourd'hui notre rapport au travail comment est-ce qu'on organise la baisse du temps de travail comment est-ce qu'on organise le droit au temps libéré comment est-ce qu'on fait pour que chacune et chacun puisse bénéficier des mêmes opportunités dans la vie comment est-ce qu'on organise la solidarité à l'échelle de nos territoires et je crois que là-dessus nous avons énormément de personnes qui sont investies à l'échelle des territoires élus militants bénévoles et qui sont en capacité de nous aider à construire cette alternative parce que c'est notre responsabilité collective parce que nous ne pouvons pas nous résoudre à ce que l'extrême droite puisse gagner en 2027 ou à ce que les néolibéraux puissent regagner en 2027 donc je crois que c'est ça qui doit nous animer dans les prochains temps et je crois que par rapport à ça et je conclurai là-dessus nous les socialistes avons une responsabilité majeure nous avons une pratique démocratique ancienne extrêmement ancrée dans notre parti avec la transparence de l'exigence sur la façon que nous avons d'organiser cette démocratie et je crois que quand on est dans cette pratique très ancienne ça veut aussi dire qu'on est en capacité de la transposer à l'échelle du pays et quand on parle du délitement total de la démocratie sociale je pense que nous pouvons via notre expérience partisane être en capacité aussi d'apporter des garanties sur cette capacité à respecter le cadre démocratique que nous appelons de nos voeux le deuxième point c'est aussi celui de l'éthique en politique on tient ses promesses quand on dit quelque chose on le fait quand on promet quelque chose on le fait c'est aussi simple que ça quand vous rencontrez beaucoup de concitoyens sur les marchés ou dans la rue qu'est-ce qu'ils vous disent non mais de toute façon les politiques c'est tous des menteurs des voleurs ils racontent n'importe quoi les promesses n'engagent que ceux qui y croient blablabla et là dessus aussi on a une responsabilité majeure c'est qu'on fait ce qu'on dit et parfois on peut aussi reconnaître en humilité qu'on s'est trompé et donc entendre quand il y a des oppositions et ça on le fait à l'échelle de nos territoires quand on organise des concertations sur des séances de circulation sur des projets locaux sur une organisation municipale ou dans nos collectivités on écoute ce que disent les concitoyens c'est aussi ce qui donne le sentiment d'appartenir à une société organisée et d'avoir envie de travailler dans cette société organisée pour permettre son amélioration donc voilà ce que je voulais vous dire trois périls aujourd'hui démocratique économique écologique et surtout psychologique celui de la perte d'espoir voilà où est je crois notre responsabilité et je pense qu'au sein du parti socialiste cette exigence du fond bien évidemment vient ces assises qui nous permettront de travailler un projet commun elle doit aussi être accompagnée d'une très grande exigence sur la forme parce que sinon nous sommes inaudibles et derrière on ne nous croit pas et les citoyens surtout ne nous entendent pas donc ils ne peuvent même pas croire ce qu'ils n'entendent pas »
