Elle présidait la commission du dictionnaire. Est-ce que vous aviez la même vision de ce qu'est la langue ?
Réponse à côtéJe possède incontestablement, c'est une chose dont je suis redevable, je dirais au milieu dans lequel j'ai vécu, c'est-à-dire à mes parents, à mes maîtres, à tout le monde. J'ai toujours compris que la culture, la littérature, la musique, tout ça était porteur d'un génie, le génie national français, le génie national russe, et j'ai été nourri de la littérature russe. Personne ne m'a nourri de force. Ce n'est pas à l'école, à l'école française, on ne nourrit pas de littérature russe, on l'évoque, mais j'ai toujours eu des livres en russe, je crois que j'ai lu tous les grands auteurs russes, avec une passion extraordinaire, c'est une langue merveilleuse, c'est d'une beauté rare. Et en plus, à…
« Je possède incontestablement, c'est une chose dont je suis redevable, je dirais au milieu dans lequel j'ai vécu, c'est-à-dire à mes parents, à mes maîtres, à tout le monde. J'ai toujours compris que la culture, la littérature, la musique, tout ça était porteur d'un génie, le génie national français, le génie national russe, et j'ai été nourri de la littérature russe. Personne ne m'a nourri de force. Ce n'est pas à l'école, à l'école française, on ne nourrit pas de littérature russe, on l'évoque, mais j'ai toujours eu des livres en russe, je crois que j'ai lu tous les grands auteurs russes, avec une passion extraordinaire, c'est une langue merveilleuse, c'est d'une beauté rare. Et en plus, à mon avis, ce n'est pas une langue facilement traduisible, je dois dire que les traductions me tuent absolument, même quand les traducteurs sont très bons, parce qu'il n'y a pas que les mots, il y a un souffle. Il y a un auteur qui, pour moi, est un des plus grands auteurs du monde, c'est Gogol. Je mets au défi, qui que ce soit, de comprendre Gogol autrement qu'en russe. »
