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Depuis un mois, trois jeunes ont été tués par balle dans des quartiers de Nantes. Des règlements de comptes qui sont liés au trafic de drogue et qui terrorisent la population sur place. Alors comment faire face à cette menace du narcotrafic ? L'État est-il à la hauteur ? Pour en parler, nous accueillons Johanna Roland. Bonjour. Bonjour. Vous êtes maire socialiste de Nantes. Vous êtes également première secrétaire nationale déléguée du Parti Socialiste.
On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale qui est représentée aujourd'hui par Julien Lécuyer du journal La Voix du Nord. Bonjour Julien. Bonjour Alexandre. Bonjour Madame Roland. Bonjour. On commence en parlant d'insécurité, de lutte contre le narcotrafic. Je le disais depuis la fin du mois d'avril dans votre ville, trois jeunes ont été tués par balle dans plusieurs quartiers de la ville.
Comment vous vivez ces drames à répétition à Nantes ? La réalité c'est qu'aujourd'hui le narcotrafic brise des vies, détruit des familles. Et qu'il est tellement impératif que la mobilisation de la France, dans sa dimension la plus collective, soit totale sur deux champs. Le premier, la fermeté républicaine la plus ferme et la plus totale sur le démantèlement des réseaux de narcotrafiquants. Et le deuxième, une mobilisation tout aussi forte sur la question de la prévention.
Et je souhaite qu'on y revienne dans cette interview parce que je crois que c'est un des maillons faibles de l'action collective telle qu'elle est proposée aujourd'hui. Comment la situation évolue ? Vous dirigez la ville depuis 2014, est-ce que vous avez vu se développer cette gangrène qu'est le narcotrafic ? Vous le voyez bien, partout en France aujourd'hui, Nantes, Grenoble, Nice, mais aussi des villes moyennes. Aujourd'hui j'ai des maires de petites communes qui m'appellent en me disant
eh bien voilà je vous appelle parce que dans ma ville je suis confrontée à des questions de narcotrafic auxquelles je n'avais aucun sujet auparavant. Quand on mesure que le chiffre d'affaires du narcotrafic c'est aujourd'hui quasiment 7 milliards, quand on sait que sur ces dernières années la question de la cocaïne a doublé dans le chiffre d'affaires, quand on mesure à quel point l'évolution des réseaux sociaux est venue changer la nature même de l'organisation du trafic.
Pourquoi je pose tous ces sujets ? Parce que face à des professionnels extrêmement organisés qui brassent des masses d'argent considérables, si on n'a pas des réponses au bon niveau, est totalement organisé, alors on est à côté de la plaque, je le dis de manière saine. – Vous le voyez sur le terrain cette réorganisation du trafic ? – Bien sûr, je prends un exemple, celle des réseaux sociaux. Quand vous avez aujourd'hui des adolescents qui communiquent via Snapchat
pour dire à quel endroit tu es, que même celles et ceux qui ne sont pas dans le trafic ont via les réseaux sociaux une espèce de fenêtre permanente sur quelque chose qui finalement finit par faire partie de leur réalité. Oui, il y a un sujet énorme, donc je le redis, un, la fermeté républicaine pour démanteler les narcotrafiques, un accent encore plus fort mis sur la question du renseignement, moi je propose un service de renseignement dédié, comme a pu le faire par exemple la Grande-Bretagne,
est-ce qu'il y a des moyens aujourd'hui mis en matière de renseignement ? Bien sûr, mais la question de l'investigation elle doit être en continu et quand j'échange avec les professionnels, ils me disent à quel point la question européenne et internationale, si on veut vraiment démanteler les réseaux à la source, parce que les habitants qui nous écoutent savent bien, ils nous le disent d'ailleurs, qu'il ne suffit pas de démanteler le point de deal devant chez l'habitant,
c'est nécessaire pour donner de la respiration à l'habitant qui est là, mais c'est insuffisant et le travail d'investigation de ce point de vue est absolument… Madame Roland, en effet, vous avez parlé des opérations coup de poing menées par l'État, la prévention elle est présente également, mais on le voit, les faits divers continuent de se multiplier avec les morts qui s'en suivent, est-ce que vous diriez qu'à l'heure actuelle la situation est hors de contrôle ?
– Je ne dirais pas que la situation est hors de contrôle au sens où je ne dirais pas que la France ne fait rien, moi je refuse la posture de politique politicienne sur ce sujet, j'ai fait partie de ceux qui ont soutenu la loi narcotrafic par exemple, il y a des avancées, un parquet dédié, je crois qu'il faut le dire, en revanche est-ce que la réponse de la France est aujourd'hui à la hauteur ? La réponse est non, et moi quand j'échange avec une des mamans de ces gamins décédés,
et que je mesure comment dans la vie de tous les enfants, on a des familles qui se retrouvent aujourd'hui dans la désespérance, je dis oui, collectivement nous devons impérativement hisser le niveau de… – Est-ce que collectivement il n'y a pas un échec ? – À l'évidence il y a aujourd'hui des échecs, quand un ado de 15 ans meurt dans une ville en France, il y a forcément un échec, et c'est la raison pour laquelle j'évoquais la question de la prévention,
je donnais le chiffre du narcotrafic, 7 milliards, le chiffre qu'on met en France sur la prévention de la délinquance, le fonds interministériel de prévention de la délinquance, c'est 46 millions, donc déjà on a un facteur 10, peut-être qu'on peut se dire qu'on n'est pas exactement au bon niveau, et en plus les derniers gouvernements, sous l'impulsion d'Emmanuel Macron et de celles et ceux qui l'ont soutenu l'ensemble de ces dernières années, ont diminué de 6 millions le fonds interministériel de prévention de la délinquance.
Je vais vous donner un exemple très révélateur, quand ce drame a eu lieu à Nantes, le ministre de l'Intérieur se déplace chez moi, et je le dis en plus, il le fait avec professionnalisme, sans instrumentalisation au service d'une stratégie personnelle, franchement ça nous change et ça fait du bien à l'action publique, parce que moi je crois que l'action publique sur ces sujets, elle a besoin de moins de mots, moins de blabla, moins de coups de menton et de plus d'action.
Il se déplace, je lui fais deux demandes, la première des renforts de moyens policiers immédiats et dans la durée, j'obtiens ces deux moyens, plus de policiers immédiatement et des moyens d'investigation avec une antenne de low-fast créée à Nantes. – Donc l'office anti-stupéfiants. – Absolument, et je fais une autre proposition, je lui dis voilà monsieur le ministre, dans ma ville on mène une expérimentation en lien avec la 1000DK, qui est la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les addictions,
on suit sur un quartier nantais une vingtaine de jeunes qu'on a identifié comme susceptibles de basculer dans les trafics. – C'est une expérience qui a été menée à Braille, c'est ça ? – Au Braille, tout à fait, et je lui dis voilà je vous propose qu'on étende cette expérimentation sur deux autres quartiers de la ville. Je fais le constat que j'ai une réponse positive sur les renforts de moyens policiers et je salue cette annonce et pas sur la prévention.
C'est révélateur d'un logiciel de pensée où c'est comme si aujourd'hui en France vous deviez choisir, soit vous vous battez sur le démantèlement des narcotrafiques, soit vous vous battez sur la prévention, avec les caricatures qui vont avec, je vais aller jusqu'au bout, si vous êtes de droite vous battez sur le démantèlement des narcotrafiques et si vous êtes de gauche vous battez sur la prévention. Ma gauche, je vais finir, ma gauche à moi, et celle des maires qui sont extrêmement mobilisés sur ces terrains,
c'est de dire on a besoin des deux, on a besoin de démanteler les trafics et d'avoir aucun angélisme sur ce sujet et on a besoin de changer d'échelle sur les questions de prévention. – C'est intéressant cette expérimentation, concrètement, comment on fait pour empêcher que les jeunes tombent dans le trafic ? – Ce qu'on sait c'est qu'une partie de ces jeunes, à un moment donné, tombent dans le piège de l'argent facile. Vraiment, la question financière, elle est quand même au cœur de ces sujets.
Est-ce que cette expérimentation est magique ? Franchement, je ne le sais pas, magie, je n'y crois pas sur ces sujets. On l'a lancé, je pense que dans 6 à 10 mois, on aura des premiers résultats. Comment ça marche ? L'ensemble des acteurs, c'est-à-dire des familles avec des parents, des éducateurs, des responsables de clubs de sport, ensemble, c'est le suivi des jeunes dont on sent qu'ils sont dans cette zone grise au moment où, entre arrêt d'aller à l'école, rupture familiale,
il y a un certain nombre d'indicateurs qui font craindre cette bascule, avec un suivi personnalisé. Mais je le redis, derrière, il y a des choix politiques. Enfin, moi j'aimerais bien qu'on m'explique ce qui fait que, alors que tout le monde dit qu'il faut s'occuper de sécurité, on ose baisser de 6 millions le fonds de prévention de la délinquance. Vous voyez bien qu'il y a un problème de cohérence. Et quand je dis que ça ne date pas d'aujourd'hui,
moi je date ça, je vais vous dire, de la responsabilité de Nicolas Sarkozy. Quand Nicolas Sarkozy décide d'arrêter la police de proximité, c'est le début de la dégringolade d'un des ponts qui permet à la République de tenir debout et il y a urgence à la remettre à l'endroit. – Alors Madame Roland, d'un autre côté, si vous critiquez la droite et Nicolas Sarkozy, la droite elle-même vous accuse de laxisme pour deux raisons, principales, le fait que vous refusiez toujours d'armer la police municipale
et que la vidéoprotection ne soit pas la hauteur des enjeux visiblement posés par le narcotrafic. – Deux choses sur ce sujet, d'abord à Nantes, les policiers sont armés de pistolets à impulsion électrique, sur les caméras de vidéoprotection c'est inexact, puisque quand j'ai été élu maire, il y avait zéro caméra à Nantes, il y a aujourd'hui quasiment 500, mais sincèrement… – 500 ou 300, il me semblait que c'était… – Non, non, 500. – Mais par contre il y en avait pas,
il y a 12 caméras qui vont être installées à Port-Boyer, de ce que je crus lire, est-ce que ça n'arrive pas trop tard après le drame qu'on a vécu ? – Il y a sur l'ensemble de la ville un travail qui est mené, plutôt en bonne intelligence d'ailleurs, police municipale, police nationale, sur l'ensemble des maillons de la chaîne. Mais vous voyez bien que le sujet il va au-delà, je vous donne un sujet. – Je me permets simplement sur l'armement, vous restez ferme là-dessus,
il n'y aura pas d'armement de la police municipale. – Pourquoi ? – À Nantes. – Mais pourquoi pas d'armes létales face aux narcotrafiques qui se développent dans votre ville ? – Mais vous voyez bien, il y a ce débat et je le respecte et je l'entends, vous voyez bien que démanteler le narcotrafic, le sujet d'aujourd'hui, ce n'est pas celui-là, le sujet d'aujourd'hui c'est comment on démantèle les réseaux. Je vous prends un sujet concret pour le coup, Nantes est une ville portuaire.
Échangez avec l'ensemble des maires, en France ou en Europe, qui sont dans une ville portuaire et ils vous diront pourquoi cette question-là, c'est le travail en amont pour stopper, démanteler un certain nombre de réseaux et déterminant en 2023, avec une cinquantaine de maires de toute sensibilité politique, puisque ça allait de Christian Estrosi à Martine Aubry, je lançais l'appel des maires pour un plan national et européen contre le narcotrafic.
Dans cet appel, on disait notamment que sur la question des douanes, sur la question des ports, il y avait des choses à regarder. Nous avons besoin… – Saint-Nazaire c'est un point d'entrée pour la drogue ? – L'ensemble des questions portuaires sont absolument… – Saint-Nazaire qui a accepté l'armement de la police municipale. – Absolument majeur sur ce sujet, absolument. – On vous repose une question quand même sur cet armement de la police municipale.
Ne serait-ce que pour rassurer les habitants qui sont terrorisés par ces règlements de comptes à répétition et ces jeunes qui sont morts sous les balles, pourquoi ne pas armer d'armes létales les policiers municipaux à Nantes ? – Je redis que ma position sur l'armement est connue. Ce qu'ils me disent les habitantes et les habitants, ce n'est pas ça, pardon. Ce qu'ils me disent les habitantes et les habitants, ce que je fais pour que quand je sors de chez moi,
il n'y ait pas un point de deal devant chez moi. Les habitantes et les habitants me disent comment ça se fait que quand un point de deal est connu et reconnu, on soit encore là. Les habitantes et les habitants me disent comment c'est possible qu'en France, un gamin de 15 ans se retrouve abattu par des gens qui arrivent. Donc je redis que sur le démantèlement des réseaux, il y a eu des avancées, que la question de l'investigation, la question du renseignement, la question de l'interministériel,
c'est extrêmement important. On doit saisir davantage d'avoirs. – Et la présence policière, elle sera durable dans les quartiers qui ont été touchés par les violences ? – L'engagement du ministre, c'est qu'elle soit là sur un temps effectivement suffisamment long pour rassurer dans la durée. C'est effectivement l'engagement qu'il a pris. – Johanna Rolland va parler de l'élection présidentielle 2027 et de la campagne qui commence à gauche. Je rappelle que lors des dernières élections municipales,
pour gagner de nouveau la mairie de Nantes, vous avez fait le choix d'une alliance dans l'entre-deux-tours avec la France insoumise. Dans cette campagne présidentielle, pour que la gauche ait une chance d'aller au second tour, est-ce qu'il ne vaut mieux pas s'allier avec Jean-Luc Mélenchon qui est en dynamique dans les sondages et quasiment aux portes du second tour ? – Non mais ce sujet, il est réglé depuis longtemps. Jean-Luc Mélenchon est candidat, seul, il l'a dit depuis le début,
et il ne sera pas le candidat d'une gauche radicale. – Mais est-ce que ce n'est pas le vote utile à gauche ? – Non mais la question qui se pose, elle n'est pas là. Est-ce que tous les autres à gauche décident de rester chacun dans leur couloir et que donc la fin de l'histoire ce sera quoi ? On la connaît déjà sur ce plateau, mais les Françaises et les Français la connaissent déjà. S'il y a sept candidats de gauche à l'élection présidentielle, la gauche ne sera pas au deuxième tour.
Les Français nous en voudront durablement et de mon point de vue, ils auront raison. – Madame Rolland, justement, comme vous le dites, et pour reprendre l'expression de Jean-Luc Mélenchon, chez lui c'est carré, c'est l'avantage, et chez vous, comme me disait un cadre, c'est patatoïde. Comment vous comptez résoudre et redonner un peu de la forme à ce mouvement de gauche non-mélenchoniste ? – D'abord, il y a une question de réflexion et de choix. Est-ce qu'on croit que l'élection présidentielle va se gagner au centre ?
Ou est-ce qu'on croit que l'élection présidentielle peut se gagner dans le rassemblement de la gauche et des écologistes ? Moi je fais partie de ceux qui croient que l'élection présidentielle peut se gagner dans le rassemblement de la gauche et des écologistes. La vérité c'est quoi ? Je vais le dire de manière assez simple, c'est qu'aujourd'hui le peuple de gauche se désespère. Moi j'entends quoi sur le terrain ? J'entends celles et ceux qui ne se préoccupent même pas de ce sujet,
parce que leur question c'est le prix à la pompe, et que de toute façon ils considèrent que les dirigeants politiques nationaux sont tellement déconnectés de leurs préoccupations quotidiennes qu'ils ne les écoutent même plus. Et on a ce peuple de gauche qui nous regarde et qui dit mais qu'est-ce que c'est que ce cirque ? Donc je dis ce matin sur ce plateau que nous devons maintenant, avant l'été, sortir de l'enlisement. C'est ce que nous allons travailler au Parti Socialiste
puisque nous faisons aujourd'hui un certain nombre de propositions que nous allons mettre sur la table avec nos partenaires, pas pour nous-mêmes, pour les Françaises et les Français, pour les plus modestes, pour les classes moyennes, pour tous ceux qui n'en peuvent plus. – Excusez-moi, précisez-nous parce qu'on entend parler d'un premier choix le 9 juillet pour déterminer la voie de passage et même de, maintenant, pas une primaire mais deux primaires, expliquez-nous.
– Alors je vais essayer de remettre les choses un peu dans l'ordre si vous voulez bien. Moi j'ai fait partie de ceux qui ont proposé une primaire et je continue de penser que c'est la meilleure option pour être en dynamique. Pourquoi ? Parce qu'Emmanuel Macron a exercé un pouvoir centralisé, vertical, isolé, et je pense que la gauche, dans la manière même dont elle travaille, doit raconter un autre rapport à la démocratie, à l'exercice du pouvoir, avec une démocratie plus partagée.
– Mais alors quelle primaire déjà ? – Donc, je redis ici que oui, je continue de penser qu'une primaire serait ce qui nous mettrait collectivement en dynamique. – Mais Raphaël Glucksmann n'en veut pas. – Quand on est un homme de gauche ou une femme de gauche, on ne peut pas avoir peur de l'expression des urnes et qu'aujourd'hui le peuple de gauche se désespère. – Mais alors quelle est la proposition ? – Quelle est la période politique de cette primaire ?
Une primaire qui rassemble socialistes, écologistes, générations communistes, un peu comme le défend Marine Tondelier, François Ruffin ou Clémentine Autain. Est-ce que c'est une grande primaire de la gauche que vous souhaitez ? – Bien sûr, moi j'ai travaillé avec François Ruffin, Marine Tondelier, dans ce qu'on a appelé la primaire Bagneux, j'ai été une des socialistes à l'avant-poste sur ce sujet. Mais c'est quoi le constat que je fais aujourd'hui ?
Le constat que je fais aujourd'hui, c'est que la primaire de Bagneux, telle que nous l'avons imaginée collectivement… – Elle n'aura pas lieu. – Elle n'arrive pas à rassembler aujourd'hui les uns et les autres, puisque notamment, vous l'avez dit, Raphaël Glucksmann la refuse. – Il y a une partie des socialistes. – À partir de là, il y a deux options, soit on renonce, et chacun re-rentre dans son couloir, et on désespère les Français, et on ne sera pas à la hauteur du moment historique et on perd.
Je ne l'accepte pas, on ne peut pas faire ça à la France et aux Français. Soit on se retrousse les manches, on fait preuve d'un peu bonne volonté, on envoie balader les égaux et on dit qu'on propose un chemin qui doit forcément être un chemin de départage démocratique puisqu'il y a eu en gros deux idées, deux familles d'idées mises sur la table, celles qui disaient quatre hommes sages dans un bureau qui se mettent d'accord pour trouver une solution,
je pense que ce modèle-là… – Ça c'est le conclave qui a été proposé par Raphaël Glucksmann. – Je ne crois pas, les partenaires n'en voudront pas et je crois qu'ils n'offrent pas la possibilité au peuple de gauche de s'exprimer, soit on cherche un chemin de départage démocratique. On a encore quelques jours pour trouver une formule de compromis qui permet de sortir par le haut, en ce qui concerne les socialistes, nous prendrons nos responsabilités puisque au plus tard, je vous l'annonce sur ce plateau,
au plus tard le 9 juillet, les militantes et les militants voteront sur la stratégie, c'est essentiel, il faut mettre fin aux supplices chinois. – Ce sont leurs options, une primaire au sein du PS ou un conseil des sages ? – Nous avons encore quelques jours pour y travailler, notre objectif c'est d'arriver à une solution qui rassemble tout le monde, qui rassemble tous les socialistes et qui rassemble la gauche et les écologistes, c'est ce à quoi nous travaillons,
et c'est ce que nous allons faire dans les derniers jours, encore ces dernières heures, encore hier soir. – Mais il y aura bien l'idée d'une primaire interne. – J'avais Marine Tondeli au téléphone ce matin en arrivant, nous avons des échanges avec Raphaël Glucksmann, ces échanges sont permanents, soit on trouve une solution de compromis qui est la sortie de crise par le haut, soit nous n'en trouvons pas et il y aura plusieurs options soumises au vote.
– Mais vous pourriez nous confirmer, il y aura parmi les propositions faites le 9 juillet, l'idée d'une primaire interne du PS – Raphaël Glucksmann. – Je vous confirme que parmi les hypothèses de travail qui sont aujourd'hui mises sur la table pour avancer et sortir par le haut de cette situation, oui il y a une hypothèse dans laquelle fin septembre les socialistes choisissent leur candidat et fin octobre les Français peuvent choisir le peuple de gauche.
Eh bien nous sommes aujourd'hui en discussion. – Deux questions rapidement pour finir sur l'incarnation de cette gauche non mélenchoniste, est-ce que vous êtes convaincu par ce début de campagne qui n'en est pas vraiment simple puisqu'il n'est pas officiellement déclaré de Raphaël Glucksmann ? – Moi je crois que nous avons besoin de tous les talents, pour pouvoir être au deuxième tour de l'élection présidentielle et je crois qu'il n'y aura pas de sauveur solitaire de la gauche.
On va se dire les choses clairement, s'il y avait un candidat naturel de la gauche, j'ai dit que je ne croyais pas que l'élection présidentielle pouvait se gagner au centre, vous aurez compris que c'est une stratégie majeure que j'assume avec François Hollande. – Donc un retour de François Hollande par exemple, vous n'y croyez pas ? – Non, je viens de dire que ma ligne à moi, ce n'est pas de penser qu'on peut gagner l'élection présidentielle au centre,
je respecte cette ligne, elle existe, elle a une cohérence. – Elle est importante dans l'élection présidentielle. – Elle n'est simplement pas la mienne. Je crois qu'on a surtout besoin de mettre du fond dans cette élection, on a besoin de parler des sujets qui préoccupent les gens. Moi les gens ils me parlent de quoi sur le terrain ? Pouvoir d'achat, logement, sécurité, accès à la santé, c'est ça qui les préoccupe. – Il n'y a pas de l'irréversible qu'à la gauche.
– C'est quand même la capacité de la gauche à être audible, à mener la bataille des idées, dans un moment où la concentration médiatique et l'empire Bolloré fait que la gauche ferait bien d'arrêter son cirque et ce spectacle désolant, si elle veut un peu être à la hauteur des enjeux, c'est à quoi nous travaillons à plusieurs de bonne volonté pour sortir de cette situation. – Et on va parler du fond dans quelques minutes dans cette émission puisque nous débattrons de l'adaptation des territoires au réchauffement climatique.
Merci beaucoup Johanna Rolland d'avoir été sur ce plateau pour parler insécurité présidentielle à gauche. Merci Julien pour vos questions. On va regarder la une de votre journal La Voix du Nord, un journal qui est consacré aujourd'hui aux voiliers légendaires. Effectivement la Duchesse Anne qui est un peu la guest star à Dunkerque. En ce moment, vous pouvez aller la visiter.
Vincent Rolland