REPLAY - Interview d'Emmanuel Macron : "La France doit continuer d'investir pour son armée"
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Bonjour à tous et bienvenue dans cette édition spéciale sur France 24, édition spéciale alors que dans un instant, vous pourrez suivre l'interview d'Emmanuel Macron à l'issue du défilé militaire du 14 juillet à Paris, défilé à l'occasion de la fête nationale. Le chef de l'État doit répondre dans quelques instants aux questions de Caroline Roux et Anne-Claire Coudray. On l'écoute tout de suite.
Monsieur le Président, bonjour. Bonjour. Bonjour Monsieur le Président. Bonjour. Merci de nous recevoir dans ces jardins de l'Élysée. Cette interview, c'est votre première interview télévisée depuis les élections législatives et je crois que les Français ont besoin de comprendre l'utilité de votre second mandat. Ils ont besoin d'entendre vos réponses à leurs préoccupations. Je crois qu'on a tous aussi besoin de comprendre ce qui va nous arriver collectivement dans les semaines, dans les mois qui viennent. Hier soir, vous avez réutilisé pour la deuxième fois l'expression d'économie de guerre et donc on va évoquer tout cela.
Et naturellement, nous débutons cette interview avec l'Ukraine. Sans doute que cette année, le défilé militaire avait une gravité toute particulière. La guerre est aux portes de l'Europe. Le monde se réarme. Avons-nous aujourd'hui, Emmanuel Macron, les moyens de faire face à un conflit de haute intensité ?
Bonjour et bienvenue à l'Élysée. Je vous souhaite une bonne fête nationale, un bon 14 juillet. Je souhaitais à tous nos compatriotes. Nous avons une armée forte. Nous avons la première armée d'Europe et une des armées les plus réactives. Je vous ai montré au début de cette guerre. Je le dis parce que le défilé d'aujourd'hui, qui était une immense fierté et je veux avoir un mot, une pensée pour nos blessés, les familles des soldats que nous avons perdus et qui sont aussi mis toujours à l'honneur pour ces 14 juillets, j'y tiens. Le défilé a été ouvert par des chasseurs alpins qui se sont projetés en quelques jours en Roumanie, après la décision que j'ai prise fin février, pour défendre notre flanc est. Donc nous avons une armée forte. Nous avons qui plus est une armée qui est dotée de la dissuasion nucléaire. Nous avons réinvesti ces cinq dernières années. Nous n'avons pas attendu la guerre. Le choix que j'ai fait dès 2017, je vous réponds de manière complète, c'est qu'on a ajouté à notre budget 26 milliards d'euros durant le quinquennat passé et nous allons prendre une nouvelle loi de programmation militaire jusqu'à 2030. Maintenant, ce qu'on voit, qui est un fait nouveau avec l'Ukraine, c'est deux choses. C'est ce qu'on appelle la guerre de haute intensité. Vous voyez le nombre de morts, la violence des conflits. Sur le sol européen. Et la deuxième chose, c'est qu'elle implique une puissance dotée de l'arme nucléaire, la Russie. Et donc face à cela, la France n'est pas attaquée sur son sol. Donc elle a les moyens aujourd'hui d'aider l'Ukraine, ce que nous faisons en l'équipant. Elle a les moyens de se protéger. Elle a les moyens d'aider ses alliés. C'est ce que nous faisons aujourd'hui en Roumanie. Et on continue de lutter aussi contre le terrorisme au Sahel. Mais il va falloir adapter. Exactement. Ce qu'il nous faut continuer de faire, c'est, fort de ce nouveau contexte, on doit absolument réinvestir dans tous nos stocks. Et nos capacités. Continuer d'embaucher, de former. Et continuer d'avoir une armée encore plus forte. Car ceux qui nous disaient il y a quelque temps, la guerre de haute intensité ne reviendra plus, ce sont, on le voit bien, trompés. Qu'est-ce qui nous manque ? On a une armée qui est aujourd'hui prête. On a beaucoup réparé. D'abord, vous savez, la force d'une armée, ce sont ses femmes et ses hommes. Ce sont nos soldats. Ce sont aussi les munitions. Non mais je le dis parce que ce sont nos soldats. Et regardez avec l'Ukraine. La force d'âme. Et donc pour tenir une guerre comme ça, c'est ce que j'ai dit hier soir quand je suis allé parler à nos militaires à l'hôtel de Brienne. La force d'âme d'une nation. On regarde tous aujourd'hui avec admiration les Ukrainiens et les Ukrainiens. Mais c'est une armée qui se défend, qui malgré les pertes, tient, repousse l'assaillant. Et c'est une nation où tous les hommes adultes sont mobilisés et se battent.
En termes budgétaires, vous considérez que c'est suffisant ?
Je le dis parce que je considère aujourd'hui que le principal... Le principal élément, c'est cela. Et donc le moral de nos armées.
Vous en appelez à l'industrie.
Oui, mais je dis un, le moral de nos armées. Deux, nous devons aller au bout de notre réflexion sur le pacte entre la nation et ses armées. C'est-à-dire qu'il faut continuer de réfléchir. Le service national universel en est une des composantes, mais il faut continuer d'avancer sur ce chemin. Et puis il y a nos capacités. Donc on a réparé nos éléments capacitaires. On en a rajouté. Le premier Jaguar a défilé sur les Champs-Elysées cet après-midi. Les Césars que nous livrons à l'Ukraine étaient aussi présents. On a réinvesti dans des armées. Des avions, des sous-marins. On a sorti des sous-marins d'une nouvelle capacité ces dernières années. Donc on va continuer. Et oui, il faut que c'est intensifié l'effort. Comment ? Budgétairement ? Budgétairement, je le disais, on a fait un effort inédit. Surtout, on l'a respecté.
Et ça suffit ?
Il faut continuer jusqu'à 2030.
Cette nouvelle loi de programmation militaire, ça veut dire qu'on sera à 50 milliards en 2025 ? Il faut rajouter 10 milliards ? Il faut doubler ? Est-ce que vous pouvez nous donner une idée ?
Vous savez, moi, les chiffres, pour moi, ils sont au service d'une stratégie. Ce qui est important, c'est que ce que j'ai demandé au chef d'État. Au chef de la majorité des armées et au ministre des armées, à l'ensemble du ministère, en lien avec les affaires étrangères, c'est de regarder comment on évalue les nouvelles menaces. C'est ça, ce qu'il faut faire. Et donc, c'est au vu de ça et des manques qu'on identifie qu'ensuite, on donne un chiffre. Et donc, là, on a fait cet exercice il y a 5 ans. Beaucoup de gens disaient, qu'est-ce que vous allez voir pour investir ?
Vous avez sanctuarisé, d'ailleurs, ces montants.
Mais on les a définis sur la base d'une stratégie. On en a défini la stratégie. Jusqu'en 2024, et on les a respectés à l'euro près. C'est la même chose que je veux faire. Donc là, jusqu'à la fin de l'année, on va réévaluer cette stratégie. Qu'est-ce qu'on apprend du contexte ? D'abord, il y a ce qu'on appelle des nouvelles zones de conflictualité. Elles n'ont pas disparu avec l'Ukraine. Le cyberespace. Je le dis avec ici beaucoup d'importance, parce que ça, j'y crois beaucoup, et on va réinvestir. Mais aujourd'hui, on peut faire la guerre physiquement. Si nous sommes faibles sur le plan cyber, vos hôpitaux, le cœur de votre État, les instituts les plus sensibles peuvent être attaqués par des attaques cyber et mis à plat. Donc, il faut investir sur ce qu'on appelle la résilience, la capacité à se défendre des attaques cyber et nous pouvoir attaquer. Il y a le maritime qui devient essentiel, qui redevient une zone de conflictualité. Et l'espace. On l'a vu aussi au début de cette guerre avec les menaces russes. À côté de ça, on a toujours notre théâtre d'opération. On doit lutter contre le terrorisme au Proche et Moyen-Orient, en Afrique. Et la France restera engagée. Et on a le retour de la guerre de haute intensité qui nous dit quoi ? On a besoin. Vous avez tout à fait raison de bien vérifier dans tous les segments du jeu qu'on a des stocks. On en a, mais qu'on en a pour durer parfois plus longtemps que ce qu'on pensait. La deuxième chose, c'est qu'on est en train de regarder quels sont les équipements qui sont pertinents. Il faut continuer d'investir dans les meilleures technologies et on va le faire. Mais parfois, quand vous êtes dans des théâtres d'opération qui sont si dangereux qu'on le voit en Ukraine, où il y a une agressivité très forte, vous avez parfois besoin d'équipements plus simples, mais en plus grande capacité. Donc c'est tout ça qu'on va regarder. C'est cette analyse des nouveaux risques, de l'évolution des menaces. Et en fonction de ça, on va définir un budget. Je peux d'ores et déjà vous dire que le budget des armées ne va pas diminuer. Au contraire. Et donc on va consolider l'effort qu'on fait depuis 2018. On va le renforcer, l'intensifier. Mais en même temps, vous avez parlé d'économie de guerre. C'est en effet un terme que j'ai repris à plusieurs reprises. On voit qu'on doit pouvoir produire plus vite, plus fort. Eh bien, des capacités d'armement, dans l'artillerie, dans les munitions, peut-être des équipements parfois prédimentaires, d'autres très innovants, en plus grande masse et plus rapidement. Un mot, je le dis aussi parce qu'on parle de l'Ukraine. Nous venons de, ces six derniers mois, d'avoir la présidence française de l'Union européenne. Quand on parle de tous ces sujets, c'est aussi un sujet européen. Et il vient en renforcement de ce que fait la France. Pour la première fois aussi, ces dernières années, on a renforcé l'Europe de la défense. C'était un projet que, je le disais, on a renforcé. Je le défendais beaucoup, je le portais. Et on en voit la pertinence, cette Europe de la défense, en complémentarité de l'OTAN. Et on le voit pour défendre notre flanc Est.
Il y a une question que se posent sans doute tous les gens qui vous regardent aujourd'hui. Est-ce que cette guerre va durer ?
D'abord, nous n'avons pas, je vous mentirai en vous disant qu'on a toutes les réponses, c'est faux. Puisque nous ne l'avons pas déclenché et nous ne sommes pas partie prenante, au sens le plus strict du terme. Et donc, nous faisons tout, nous avons tout fait. Vous le savez bien, je me suis déplacé en février. Je me suis déplacé en Ukraine et en Russie pour qu'elle ne se déclenche pas et pour qu'elle stoppe. Aujourd'hui, je pense qu'il faut nous préparer tous à ce qu'elle dure. L'été, le début de l'automne seront sans doute très durs. Très durs.
Juste dire ça, oui.
Parce qu'il y a aujourd'hui un combat très intense qui se passe à l'est de l'Ukraine. Nos compatriotes, je crois maintenant, connaissent bien la géographie dans ce qu'on appelle le Donbass, qui est cette région contestée. Dans ces deux régions administratives. Les combats sont très intenses et qui sont le premier objectif de l'armée russe. Et les Ukrainiens se défendent avec un courage inouï et beaucoup d'équipements, d'ailleurs, que les alliés, entre autres la France, ont fourni.
Ce que vous venez de dire, ça va sans doute inquiéter beaucoup les Français. Parce que cette guerre, elle a provoqué une crise énergétique majeure sur notre sol. Elisabeth Borne évoquait il n'y a pas longtemps une possibilité de rupture de livraison du gaz russe. Est-ce que ça veut dire que l'hiver prochain, les Français risquent d'avoir des coupures d'énergie ?
Alors, d'abord, je le dis, donc cette guerre va durer. Mais la France sera toujours en situation d'aider l'Ukraine, comme nous l'avons fait, sur le plan militaire, humanitaire, économique et politique. De tout faire pour stopper l'effort de guerre russe par des mesures de sanctions.
Vous considérez que ça marche ?
Je considère que ça rend la vie pénible, oui.
A qui ? Aux Européens ou aux Russes ?
Non, il ne faut pas rentrer dans cette logique. Les sanctions, elles touchent d'abord l'économie russe. Mais qu'est-ce que vous voudrez qu'on fasse ? Sur l'énergie. Je vais y revenir tout de suite. Mais je remets ça dans le cadre d'ensemble. Parce que c'est une des conséquences de ce que nous sommes en train de faire. Nous voulons stopper cette guerre sans nous impliquer dans cette guerre. Et en même temps que nous voulons tout faire pour que la Russie ne puisse pas gagner, pour que l'Ukraine puisse défendre son territoire, nous ne voulons pas d'une guerre mondiale. Et donc on ne veut pas l'extension géographique à d'autres parties prenantes de cette guerre. C'est pour cela qu'on veut stopper la guerre sans faire la guerre. Et donc, le plus utile, la seule chose à faire, aider l'Ukraine, sanctionner l'économie russe. Et qu'est-ce que vous dites aux Français ? Dans ce contexte-là, les prix de l'énergie d'abord ont monté. Ils ont monté avant la guerre. Soyons honnêtes collectivement, parce qu'il y avait une reprise économique très forte dans le monde entier. Ils ont monté ensuite du fait de cette guerre. Et du fait que la Russie utilise l'énergie comme une arme. Et le vrai changement des derniers jours, je considère qu'on en a trop peu parlé, c'est la décision russe de commencer à couper le gaz.
60% des livraisons.
Elle avait commencé dans certains pays. Elle a menacé, elle a inquiété. Mais là, sur le principal gazoduc, qui s'appelle Nord Stream 1, elle a coupé. C'est un signal. Et qu'est-ce qu'elle envoie comme message très clair ? Qu'elle utilisera le gaz comme un élément de cette guerre. Nous sommes dans ce qu'on appelle une guerre hybride. Et donc l'énergie, je dis ça aussi parce que c'est important par rapport à ce que beaucoup disent parfois, ce n'est pas une conséquence de nos sanctions. C'est que la Russie utilise l'énergie, comme elle utilise d'ailleurs l'alimentation, comme une arme de guerre.
Vous vous préparez à ce qu'elle coupe totalement les livraisons ?
Je pense que nous devons aujourd'hui nous préparer à un scénario où il nous faut nous passer en totalité du gaz russe. Et c'est possible ? Parce que je pense que ce scénario n'est pas théorique. C'est un scénario très dur et donc on doit s'y préparer. Et donc, ce que je veux ici très clairement dire, c'est la vérité à nos compatriotes. Cela existe, ça ne dépend pas de nous. Et je pense que ce risque, ce choix que la Russie peut faire, il est probable. Et donc, face à ça, mobilisation générale. Général.
Les entreprises, les particuliers. D'abord les Etats.
D'abord les Etats. Nous tous. Alors, la France, grâce à son modèle énergétique, est peu dépendante du gaz russe. C'est moins de 20% de nos besoins. Et nous avons déjà commencé à diversifier. Mais qu'est-ce que nous faisons depuis le début de cette guerre ? En européen, nous diversifions pour aller chercher du gaz ailleurs. Et donc, nous allons continuer en européen à aller sécuriser des volumes de gaz ailleurs qu'en Russie, auprès des autres fournisseurs. La Norvège nous fournit beaucoup. Quant à nous, mais le Qatar, l'Algérie, beaucoup d'autres puissances, les Etats-Unis d'Amérique. Et donc, on va continuer.
On fait des stocks.
Deuxième chose. Donc, ça, on diversifie l'achat. Deuxième chose, les stocks. Nous sommes en train de reconstituer nos stocks pour avoir, à l'automne, quasi à 100% de nos stocks. Nous y serons. Nous, Français, nous y serons. On a beaucoup moins de stocks que d'autres parce que d'autres économies, l'Allemagne entre autres, sont beaucoup plus dépendantes du gaz. Et il faut les aider. Ensuite, on doit rentrer collectivement dans une logique de sobriété. C'est-à-dire que nous devons nous préparer à cela.
Ça veut dire quoi concrètement ? Eh bien, ça veut dire très concrètement. Les Français ont envie de savoir comment vous voulez que ça se traduise dans leur comportement.
Moi, je vais demander déjà, dès à présent, aux administrations publiques, à nos grands groupes, à toutes celles et ceux qui peuvent, de préparer un plan, là, cet été, cet été, pour qu'on puisse se mettre en situation de consommer moins.
Un plan, ça veut dire des contraintes ?
Ça veut dire des contraintes, des choix. Mais quand on est intelligent, on essaie que ces contraintes passent le moins possible. Qu'est-ce qu'on doit faire ? On doit essayer de réduire, pour passer le pic de l'hiver, nos stocks, parce qu'on aura besoin d'être solidaires avec les autres Européens. Et on doit le faire pour qu'il n'y ait jamais de coupure complète et essayer le moins possible d'arrêter notre économie. C'est ça, le but.
Donc, on baisse le chauffage ?
Donc, on va construire un plan. On va d'abord essayer de faire attention collectivement, le soir, aux éclairages, quand ils sont inutiles, en effet, aux éléments sur l'utilisation de notre électricité. Et donc, on va faire un plan pour les administrations publiques. On va faire un plan de sobriété dans lequel on va demander à tous nos compatriotes de s'engager. Et on va faire un plan de sobriété aussi, et ce qu'on appelle de délestage, c'est le gaz et l'électricité dont on parle là, avec nos entreprises.
Sur la méthode, Monsieur le Président, cet appel aux Français à la sobriété, ça doit passer par une forme de responsabilité de chacun d'entre nous ? Ou est-ce qu'à un moment donné, ça peut aller au-delà, à vos yeux, sur la façon dont vous voyez les choses ?
Je pense qu'il faut aujourd'hui d'abord que ça passe par, vous l'avez dit, deux choses, l'exemplarité et la responsabilité. L'exemplarité, c'est que les administrations publiques, les collectivités, l'État, aussi les grands groupes privés quand ils le peuvent, et que ça ne touche pas le cœur de leur industrie, eh bien doivent commencer à faire des efforts et moins consommer. Ensuite, moi, je crois à la responsabilité collective et je pense que c'est comme ça qu'on va avancer. Et ensuite, on va préparer ce plan. Donc on doit faire un plan de sobriété et, si je puis dire, un plan de contingence et d'urgence.
Avec des objectifs chiffrés ou pas en termes de réduction de consommation ?
Évidemment qu'on aura des objectifs chiffrés. Et donc, on va regarder ensuite, de manière très claire, et on va d'abord passer à la responsabilisation. Là, nos premiers efforts ont commencé à avoir des résultats. On consomme un peu moins que l'année dernière.
Déjà ? Déjà un peu.
Parce que tout le monde le sent, le voit, le vit. Et donc, il faut que, durant cet été, cet automne, on continue de le faire. Et je pense que, d'ailleurs, c'est une bonne chose parce que c'est la chasse au gaspillage énergétique. Et vous savez, c'est à la fois bon pour que ça s'escape, mais les crises doivent toujours nous apprendre, comme le Covid nous a appris. C'est très bon pour le climat et l'indépendance. Justement. C'est la même bataille. Est-ce que ça... La sobriété est une partie de notre stratégie.
Est-ce que ça n'est pas une opportunité pour mettre vraiment un coup d'accélérateur sur la transition énergétique ? Et au-delà de la crise énergétique, il y a aussi les incendies qu'on est en train de voir dans le sud de la France, en Gironde. Il y a ces répétitions d'événements climatiques dramatiques. Ça passe de la grêle à la vague de chaleur qui revient de plus en plus régulièrement. Vous comprenez bien que les Français commencent à sentir qu'il y a une sorte d'urgence. Comment vous comptez y répondre et mettre un coup d'accélérateur à cette transition énergétique ?
Vous avez parfaitement raison. C'est une urgence et elle est déjà là. Et je veux ici, vous m'en offrez l'occasion, rendre hommage à nos forces de sécurité civile, à tous nos pompiers. On avait ce matin les sapeurs-pompiers de Paris, nos pompiers militaires qui défilaient. Je pense à Paris et Marseille, mais on a tous nos pompiers, nos sapeurs-pompiers. On a nos professionnels comme nos pompiers volontaires qui, avec courage, sont en train de se battre contre un début de saison qui est absolument terrible, des incendies terribles. Et je pense aussi à nos agriculteurs parce qu'ils vivent les conséquences directes de cette sécheresse. Vous l'avez dit, le dérèglement climatique, il est là. Et donc, on doit déjà faire face et donc mieux se protéger face aux éléments de sécheresse, aux canicules, c'est-à-dire protéger notre modèle agricole en les assurant mieux. Ça veut dire protéger nos aînés et nos enfants avec les plans qu'on a déclenchés face à la canicule et qu'on va mettre en œuvre. Et là aussi, remercier ce faisant nos soignants. Maintenant, ça veut dire qu'on doit accélérer, vous avez parfaitement raison, la réponse à cela. On a une chance, nous. On a un modèle énergétique qui nous déplace. Ça ne dépend pas autant que les autres de ce qu'on appelle les énergies fossiles, le charbon, le gaz, le pétrole. Mais on en dépend pour souvent se déplacer, surtout du pétrole, et on en dépend un peu pour produire de l'électricité et se chauffer. Qu'est-ce qu'on doit faire ? On doit accélérer sur l'énergie trois choses. La sobriété, c'est pour ça que je dis que cette crise est une opportunité.
Ça se traduit comment ? Est-ce que vous imaginez, par exemple, comme on l'a déjà fait, de baisser la vitesse sur les routes à 90 km heure, même sur les autoroutes, comme on l'a fait dans les années 70 ? Je pense que les gens ont besoin d'exemples concrets pour bien comprendre ce que vous appelez la responsabilité.
Il faut qu'on arrive, quand on regarde moins consommé, c'est organiser différemment nos vies pour lisser les pics. Ce qui consomme beaucoup, c'est quand on a des pics et qu'on fait tourner toutes les machines le matin et le soir. Donc on va essayer de favoriser un lissage de l'utilisation de notre électricité. Deuxième chose, je parlais de tous ces éclairages qui sont parfois inutiles, qu'on a, des gaspillages qu'on fait dans les administrations. Moi, je commence toujours par les gros avant de demander. On fait le maximum ici et on a fait aussi des économies d'énergie en suivant, c'est-à-dire on fait de la rénovation. Et vous verrez d'ailleurs aussi dans ce parc, peut-être dans quelques mois, des trous qui seront faits parce qu'on va se chauffer aussi avec des systèmes de géothermie. Première chose, sobriété. Deuxième chose, développer le renouvelable. Et donc là, on a un plan et on va passer dès cet été une loi d'urgence pour réduire les délais. Il faut qu'on aille beaucoup plus vite. Vous imaginez, aujourd'hui, on met dix ans à faire d'un plan, un plan d'éolien offshore, dix ans. Donc, on doit aller beaucoup plus vite pour produire de l'éolien offshore, aussi du solaire. On sait les difficultés sur l'éolien terrestre parce qu'il y a des problèmes d'acceptabilité, mais aussi pour développer des éléments qui, très clairement, nous permettent de nous passer de tout ça, c'est-à-dire pompe à chaleur, c'est-à-dire la géothermie, la biomasse, etc.
Monsieur le Président, le problème, c'est qu'on va venir au troisième levier sur le nucléaire. Mais quand même, on est dans une crise énergétique. Vous avez très bien expliqué, on est en Europe en train de rouvrir des centrales à charbon. Comment est-ce qu'on peut dire ? Dans un même temps, on accélère sur la transition écologique et dans un autre temps, parce qu'il faut répondre à une urgence, à la fois de pouvoir produire, comme vous l'avez expliqué, on a le sentiment d'avoir des injonctions contradictoires.
Non, ce qu'il y a, c'est que vous avez une difficulté. Je peux vous expliquer exactement ce qui est en train de se passer. La France n'est pas le pays, comme vous le savez, qui le fait le plus loin de là, compte tenu de ce modèle que j'évoquais.
Mais on va le faire comment ?
C'est simple. On avait quatre centrales qui fonctionnaient avec des fossiles de charbon. Sur ces quatre centrales, on en a fermé deux. Il y en a une qu'on voulait garder un peu plus longtemps, parce qu'elle dépend de l'ouverture de Flamanville et d'une centrale à gaz à l'endivisio pour ne pas que ça coupe en Bretagne. C'est toujours la même chose, c'est-à-dire que vous ne voulez pas couper votre énergie et vous voulez sortir de ce qui pollue.
La difficulté, c'est que cette transition énergétique, elle coûte aussi très cher et qu'il ne vous a pas échappé qu'on est au milieu d'une crise économique et de pouvoir d'achat.
Je veux vous répondre très clairement sur l'urgence écologique et ce qu'on fait, et ce qu'on a fait. Parce que durant les cinq dernières années, on a doublé le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Donc, on a fermé deux centrales complètes sur les quatre qu'on avait au totalité. Il y en a une qu'on doit garder et on l'avait annoncé pendant encore quelques trimestres. Ça n'est pas du tout lié à la crise. C'est parce qu'on a du retard sur la centrale de l'endivisio pour le gaz et le père de Flamanville. Difficulté technique et c'est largement dû au Covid. Et il y en a une à Saint-Avold qui devait fermer. C'est la seule et qu'on prolonge un peu. Pour pas qu'il y ait de coupure, tout simplement. Et donc ça, ça va durer quelques mois, mais c'est quelques mois. Simplement, ce que je veux vous dire, c'est qu'on passe. On va passer de quatre d'ores et déjà à deux, puis à un, puis à zéro dans les trimestres qui viennent. La grande difficulté, c'est les pays, l'Allemagne en particulier, la Pologne également, qui ont beaucoup plus de charbon que nous. Je dis ça parce qu'il ne faut pas culpabiliser les Français. On est des bons élèves sur ce sujet. Et donc, ils devaient passer du charbon au gaz. Ils dépendaient du gaz russe. Comme il y a ce risque aujourd'hui, ils sont obligés de maintenir, voire de rouvrir, des centrales. Mais dans ce contexte, je le dis, le nucléaire est une solution et une solution durable. Il l'est en France et il le sera dans d'autres pays européens.
Vous avez établi un bouclier sur les prix de l'énergie jusqu'au 1er janvier 2023. Qu'est-ce qui se passe au 1er janvier ? On subit tous des hausses, 35 % pour le gaz, 50 % pour l'électricité.
D'abord, je vous remercie de rappeler ce que nous avons fait dès le mois d'octobre, avant la guerre, parce qu'il y avait une envolée. La France a été parmi les premiers pays à le faire. Et on l'a fait beaucoup plus que tous les voisins. C'est-à-dire qu'on a mis en place ces boucliers qui font qu'aujourd'hui, sur le gaz et l'électricité, les hausses ne sont pas passées aux ménages et aux petites entreprises.
Et vous allez poursuivre sur l'année 2023 si la situation reste identique ?
Les parlementaires auront à voter un texte dans les jours et semaines qui viennent. Ce sera leur responsabilité. Mais ce que le gouvernement propose, c'est de poursuivre ce bouclier jusqu'en fin d'année. Parce que je pense que c'est une nécessité pour protéger l'économie et les ménages les plus modestes face à ces hausses très importantes.
C'est la fin d'année parce qu'ensuite, vous pensez que ça ira mieux ?
Il y a deux choses ensuite qu'on va faire. La première, c'est qu'on va évaluer l'évolution sur le gaz. Je ne sais pas dire en fonction des capacités qu'on va justement sécuriser, de la production qui va peut-être se libérer, de l'évolution géopolitique. Donc je ne peux pas vous dire. Est-ce qu'on pourra prendre la totalité des hausses ? Non, il faudra progressivement qu'on ait un mécanisme de responsabilisation où chacun va connaître un peu des hausses.
C'est-à-dire en fonction des salaires ou des revenus ?
Non, d'abord, je ne vais pas ici préempter les choses. Je dis juste qu'aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait ? Le contribuable paye à la place du consommateur. Mais il y a quelqu'un qui paye à la fin. C'est nous tous par nos impôts. Donc il y a un moment donné, ces choix seront réinterrogés en fonction de l'évolution du prix, mais aussi du partage de la charge. Parce que quand c'est la mobilisation générale, on doit tous partager l'effort. Ça, on l'évaluera d'ici à la fin d'année. Ensuite, la deuxième chose sur l'électricité. Là, sur l'électricité, on va faire quelque chose qui est important en parallèle, qui est différent. C'est qu'on va réformer le marché européen de l'électricité. Nous avons besoin d'un marché européen. Je le dis parce que j'entends parfois certains qui disent qu'il faut sortir de ce marché qui est fou. Horreur ! Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, nous achetons l'électricité. On n'en produit pas assez sur notre sol. Pourquoi ? Parce qu'on a des problèmes techniques sur certaines centrales. Beaucoup sont à l'arrêt. Et donc aujourd'hui, la France, elle achète son électricité chez les voisins. On a besoin de l'Europe. Sans l'Europe, vous auriez des coupures d'électricité et vous en auriez depuis des semaines et des semaines. Par contre, le prix de l'électricité, si je puis m'exprimer ainsi, est mal fichu en Europe. Et il est du coup très dépendant du gaz qu'on importe et qui a beaucoup augmenté. Nous, on produit notre électricité surtout grâce au nucléaire, puis avec notre énergie hydroélectrique, notre renouvelable et marginalement par le gaz. Et donc, on va négocier en européen un changement du prix de l'électricité pour que d'ici à la fin de l'année, le prix puisse justement baisser parce qu'il correspondra plus à ce qu'est le marché. Donc, on continuera d'accompagner, mais on va en fin d'année faire un bilan sur comment les prix évoluent vraiment, faire cette réforme sur l'électricité et puis ensuite, en transparence, voir comment progressivement on partage la charge.
Mais vous pouvez dire aujourd'hui aux Français, quoi qu'il arrive, l'État sera aux côtés de vous pour accompagner cette crise énergétique. Ou est-ce qu'à un moment donné, vous dites on fera pour les plus modestes, mais ça va coûter, forcément, ça va coûter notamment aux classes moyennes, à ceux qui sont juste un peu en-dessus et qui ont parfois le sentiment de ne pas être entendus ?
D'abord, vous résumez parfaitement la situation. D'abord, je dis, il y a une partie de l'équation qui ne dépend pas de nous. Et donc, on va se battre pour que les choses s'améliorent. La deuxième chose, je vous l'ai dit, ça va durer. Troisième chose, on va réévaluer, on va vous protéger avec ce qui est aujourd'hui défini, si le Parlement le vote, jusqu'à la fin d'année. Et de la même chose, on va continuer de protéger sur les déplacements, l'utilisation de l'essence ou du gasoil de la même manière, avec un mécanisme qui va s'adapter sans doute à les plus ou vers les gros rouleurs, ou en tout cas, s'adapter. Ce sera le fruit des discussions entre le gouvernement et le Parlement. Ensuite, moi, je veux ici dire en toute transparence, on va aller vers des mécanismes qui, d'abord, vont plus cibler les gens qui en ont le plus besoin. Ce qui ne veut pas forcément dire que les classes moyennes seront abandonnées. Pourquoi ? Par exemple, sur l'essence, on va, avec les employeurs, faire en sorte que les gens qui, pour leur travail, ont besoin de beaucoup utiliser leur voiture, soient mieux accompagnés, en incitant les employeurs à mieux rembourser. Il y a déjà des instruments qui existent quand vous travaillez, mais à améliorer. À les forfaits kilométriques, à les aider à mieux prendre en charge, etc.
Ça, ce sont les entreprises qui vont décider.
C'est les entreprises qui le décideront. L'État employeur et les collectivités employeurs le feront. Mais on peut décider d'améliorer les dispositifs fiscaux qui l'accompagnent.
Il y a une solution pour répondre aussi à tous ces problèmes de pouvoir d'achat, c'est les salaires. Vous avez bien compris que c'était un départ qui semblait inévitable.
Vous me...
Si je puis dire... Je regarde juste l'heure, Monsieur le Président, et nous avons tellement de thèmes à évoquer avec vous.
Qu'est-ce qu'on va devoir faire ? On va devoir progressivement, je le dis très nettement, cibler les choses. Ça n'est pas possible que l'État prenne la totalité des conséquences pour tout le monde. Ce qu'on fait aujourd'hui de fait. Donc on va ensuite cibler vers ceux qui en ont le plus besoin, soit pour travailler, soit parce qu'ils sont plus modestes que d'autres.
Le temps qu'il faudra. Le temps qu'il faudra.
Et en fonction de l'évolution de la crise. D'accord. Mais on ne va pas laisser sur le bord de la route, sans mauvais jeu de mots, ou sans possibilité de se chauffer, des ménages français. Mais ce seront des périodes qui seront difficiles. On le sait bien. Simplement, on sera mobilisés et solidaires. À côté de cela, on va surtout investir l'argent public pour aider les classes moyennes et les Français les plus modestes à faire cette transition. Et c'est là où l'urgence doit nous conduire à aller beaucoup plus vite sur le climat. Et moi, je veux qu'on utilise l'argent public pour accélérer ce qu'on doit faire pour rénover les logements, pour changer de véhicule et aller vers des véhicules qui consomment moins, et prendre en charge beaucoup plus. Et je vous le dis avec beaucoup de force, un euro d'argent public est mieux utilisé à vous aider à acheter plus vite votre voiture hybride ou votre voiture électrique qu'à vous aider à dépenser de l'argent pour acheter de l'essence qui pollue et qu'en plus, on va payer à d'autres parce qu'on ne la prenait pas.
Mais comme le disait Anne-Claire, les primes ne remplacent pas les salaires. C'est ça. Et les aides ne remplacent pas les salaires.
Les aides, on va progressivement les resserrer. On va accélérer sur la transition énergétique pour aider et faire ces changements. Et on va la planifier sur les années qui viennent, mais mettre beaucoup plus d'argent. Et il y a une chose que je veux dire, j'ai demandé au gouvernement à ce que la fiscalité, qu'on touche dans cette période sur le pétrole, le gaz, elle aille complètement financer l'accélération de cette transition énergétique. Et à côté de ça, la meilleure réponse au pouvoir d'achat, c'est le travail et les salaires. Et donc, ça doit être au cœur de nos réformes et des avancées des prochains mois. C'est une priorité.
Comment vous y incitez les entreprises ?
Mais non, il n'y a pas que les entreprises, c'est nous tous. Et donc, je veux dès cet été que nous puissions avancer sur la réforme du travail. Il n'y a pas de fatalité, vous savez. Et je le dis avec l'expérience qui est la nôtre durant les cinq dernières années. Il y a cinq ans, quand je disais on va amener le taux de chômage à 7 %, on disait d'accord, promesse. On l'a fait, malgré la crise Covid, malgré la crise des gilets jaunes, malgré les difficultés.
Qu'est-ce que ça veut dire avancer sur la réforme du travail ?
Ça veut dire que nous devons...
Ça veut dire avancer sur la réforme de l'assurance chômage ?
Oui, ça veut dire qu'aujourd'hui...
Aller plus loin ?
Bien sûr qu'on doit aller plus loin, parce que le contexte...
Les Français qui ne travaillent pas...
Regardez la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui. Il n'y a pas aujourd'hui un endroit en France où les gens ne vous disent pas j'ai besoin de travail, je cherche des gens pour travailler.
Six entreprises sur dix ?
Voilà, partout.
Disent qu'elles ont des problèmes de recrutement.
Il m'est arrivé parfois dans ce jardin de dire qu'il fallait traverser la rue pour parler des restaurants qui sont en face.
Vous l'avez regretté ?
C'est encore plus vrai, pas du tout, mais c'est une vérité. Mais comment vous l'analysez ?
Comment vous l'analysez ?
Mais je l'analyse dans le sens qu'il nous faut une mobilisation là aussi de la nation
Mais il y a une démobilisation ? Non mais... C'est ce que je comprends dans votre phrase.
D'abord, il y a deux choses. Nous sommes un pays qui, pendant des décennies, a connu le chômage de masse. Ça laisse des traces. Et moi, le cœur de la bataille que je veux mener dans les prochaines années, c'est le plein emploi. Parce que je pense que ça change la vie d'une nation. Ça change le rapport à l'éducation, à la formation, au travail. Ça change le moral des troupes, si je puis dire, dans un jour comme le nôtre. Donc ça, c'est la première chose. La deuxième, c'est que le Covid a beaucoup déstabilisé beaucoup de gens et le rapport au travail. Et donc aujourd'hui, nous devons nous mobiliser. Mais si on parle de pouvoir d'achat, la priorité, c'est de dire qu'on doit réussir à produire et à ouvrir tout ce qui est ouvert. Je ne peux pas accepter... Non mais, quand je me déplace, j'ai aujourd'hui des restaurateurs qui me disent « Je ne pourrai pas ouvrir le week-end parce que je n'arrive pas à trouver de gens. » Et vous savez qu'il y a des gens qui disent « Je dois fermer des chambres ».
Vous savez pourquoi est-ce qu'ils ne trouvent pas ? C'est intéressant peut-être de s'arrêter sur ce sujet-là. Il y a certaines personnes qui, peut-être, vous regardent aujourd'hui, qui se disent « Non, c'est vrai que ce ne sont plus des métiers que je veux faire parce que ce sont des métiers trop durs. On commence trop tôt, on termine trop tard et on est trop mal payé. » Est-ce que vous entendez cela ?
Alors, je vais vous dire, s'ils peuvent trouver et aller vers un autre métier, je l'entends très bien. Si derrière, la réponse c'est « Je vais bénéficier de la solidarité nationale pour réfléchir à ma vie », j'ai du mal à l'entendre. Parce que cette solidarité nationale, c'est ceux qui bossent qui la payent. Et une nation, c'est un tout, organique. Et je le dis, il n'y a pas de modèle social s'il n'y a pas du travail pour le financer et de la solidarité par les impôts. On est le pays, nous sommes le pays d'Europe avec le Danemark qui taxe le plus. Nous sommes un des modèles sociaux au monde les plus généreux. C'est une force, je veux la défendre. Et donc, le cœur de la réponse, si on veut le progrès social, si on veut accélérer la transition énergétique, c'est quoi ? C'est le travail. Et donc, il faut réussir...
Comment vous pensez-vous que vous pensez vers l'activité ? En les payant mieux ? En les formant mieux ?
Alors, j'y viens. Et donc, il y a un ensemble de choses. La première chose, c'est qu'on doit mieux les accompagner. C'est la réforme du RSA. C'est la réforme de France Travail. C'est qu'aussi, bien souvent...
Vous voulez dire qu'on traditionne le RSA à une reprise d'activité comme vous l'aviez suggéré pendant votre campagne ?
Ce que je n'ai pas dit, reprise d'activité, c'est que c'est un contrat. Un contrat, chacun fait sa partie. Et souvent, les pouvoirs publics n'ont pas fait leur partie et les bénéficiaires non plus. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que ce n'est pas simplement verser une prestation au RSA. On verse une prestation, mais on doit accompagner les personnes qui sont RSA pour leur remettre le pied à l'étrier pour qu'ils aillent vers l'activité. Donc, la collectivité publique à la nation, elle doit de la formation, de l'accompagnement pour aller vers des métiers où il y a des besoins. Et parfois, c'est aussi des accompagnements pour retrouver des repères dans l'asile. C'est obligatoire ? Ça, c'est ce que nous, nous devons faire. Bien sûr, c'est obligatoire.
Mais pour les gens qui touchent le RSA, ils devront s'engager ?
Mais bien sûr, ils doivent s'engager, ce qui était le cœur du RMI quand Michel Rocard l'a mis en place avec une majorité relative, d'ailleurs, à l'époque aussi, en 1988. Et donc, il est important que c'est une question, si on veut sortir du RSA, personne ne veut rester au RSA. Donc, il faut que la nation mette tous les moyens pour aider et que les personnes prennent leurs responsabilités pour participer. Donc ça, c'est la première chose. La deuxième, c'est réussir à mieux travailler avec les régions, les départements, les communes. Nos élus locaux font un travail formidable pour lutter contre le chômage. Les solutions, souvent, elles sont dans des choses très concrètes. Pourquoi quelqu'un ne reprend pas un emploi ? Parfois, c'est parce qu'il n'a pas le permis de conduire. Donc, elle n'a pas le permis de conduire. Parfois, c'est parce qu'il y a des difficultés pour se déplacer. Parfois, c'est parce qu'il y a des problèmes de logement. C'est des choses très concrètes qui ne sont pas que le travail, mais qui viennent ensuite sur le reste à vivre. Ça, il faut qu'on améliore nos réponses. Et c'est ça, France Travail, c'est une réponse complète. Troisième chose, la formation et la qualification. Et au cœur de ce quinquennat, il va y avoir une série de réformes. La réforme du lycée professionnel, à laquelle je tiens beaucoup, qui va permettre de payer en stage nos lycéens professionnels, mais qui va permettre d'avoir aussi plus de liens avec les entreprises et des filières qui permettent d'être débouchées, renforcées comme on l'a fait, le quinquennat passé, l'apprentissage. On a plus que doublé l'apprentissage dans notre pays ces cinq dernières années. On a réussi quelque chose sur lequel on était bloqués depuis des décennies. On a aujourd'hui plus de 730 000 apprentis. Je veux qu'on passe le cap du million. C'est-à-dire réussir à ce que nos jeunes aillent plus vite vers le marché du travail et mieux. Et il y a la formation continue tout au long de la vie parce que beaucoup de gens sont aujourd'hui au chômage parce qu'ils n'ont pas une formation qui correspond aux besoins de la nation. Et donc, vous voyez, l'éducation nationale, l'enseignement supérieur, la formation tout au long de la vie, on va aussi les mobiliser pour aller vers le travail. Et puis, il y a le travail des seniors qu'on doit améliorer par la formation aussi pour permettre de travailler tout au long de la vie et de dire que quelqu'un qui a plus de 50 ans, quelqu'un qui a une utilité, une place, un rôle... J'ai vu trop de situations inadmissibles sur ce sujet. Vous voyez, il y a énormément de chantiers. Dès cet été, on va passer les textes pour pouvoir les faire.
Dès cet été, on va passer les textes, vous pensez à quoi ?
Dès cet été, il faudra qu'il y ait un texte de loi au retour de l'été. Après discussion avec les partenaires sociaux, le gouvernement va soumettre un texte sur la réforme du travail. C'est un tout parce qu'il y a l'assurance chômage, la valorisation de les acquis d'expérience, la qualification.
Il y a un débat qui est très européen, d'ailleurs. Est-ce que vous pensez que les entreprises qui profitent de l'inflation, d'ailleurs, je ne sais pas si c'est à eux que vous pensez quand vous parliez des profiteurs de guerre, vous allez me dire, doivent contribuer à l'effort collectif. Au fond, ils profitent de cette situation, de cette crise énergétique. D'autres pays l'ont fait, le Royaume-Uni l'a fait, l'Italie l'a fait. Est-ce que la France peut le faire ?
Il y a deux choses différentes. D'abord, ça me permet de compléter ma réponse sur le travail. Parce qu'il y a tout ce que je dis là qui est de lutter contre le chômage ou le travail à temps partiel subi. Mais aussi, il faut qu'on fasse en sorte que le travail paye mieux. On a commencé à le faire sur tous les métiers du soin. On va continuer grâce à ce que le Ségur a lancé, ce qu'on va faire. Mais moi, je veux qu'on puisse faire deux choses dans les prochains mois. D'abord, faire un travail avec beaucoup de force. Et j'ai demandé au gouvernement de l'engager et il a commencé. C'est avec toutes les branches professionnelles où le salaire minimum est en dessous du SMIC.
Les entreprises compensent parce que ce n'est pas possible d'être payées en dessous du SMIC aujourd'hui. Elles sont censées compenser, mais effectivement, il faut clarifier.
Il y a des compensations, mais qui ne sont pas toutes complètes. Et ensuite, il y a, on le sait, des négociations de branches qui sont parfois en retard. Pour certaines, c'est parce qu'il y a eu une accélération des augmentations du SMIC les derniers mois. Pour d'autres, c'est parce que le dialogue social est défaillant. On doit accélérer les choses pour mettre tout le monde au même niveau. Et je le dis parce qu'on a réussi aussi collectivement, on a un bon modèle de régulation. Au 1er août, le SMIC va augmenter. Il aura augmenté ces derniers mois de 8%. Il aura augmenté d'environ 100 euros depuis le août du mois dernier. Et donc, on aura un SMIC qui, quand je prends, pour une personne seule qui est au SMIC, l'augmentation du 1er août et toutes ses augmentations, le SMIC net plus la prime d'activité que nous avons augmentée, on est à 1 475 euros par mois.
On n'est presque à 1 500 euros.
Mais il y a une partie qui est payée par la collectivité pour ne pas que ça pèse sur l'emploi et la compétitivité.
Donc ça, il y a le SMIC, il y a les accords de branches.
C'est-à-dire que le gouvernement va mobiliser. Et c'est une des choses que je veux faire aussi et structurer dans ce Conseil national de la refondation qu'on va lancer dès la fin de l'été avec les partenaires sociaux, les employeurs, mais aussi les collectivités locales, les forces politiques. C'est lancer ces chantiers. Donc ça, c'est le 1er point. L'autre ensuite, vous l'avez très bien dit, c'est qu'il faut que les employeurs répondent aussi à une situation où, l'inflation étant là, ils doivent mieux accompagner leurs salariés sur les déplacements et parfois avoir des négociations salariales qui suivent l'activité.
Mais ils vous disent, on a des matières premières trop élevées, le coût est trop élevé pour les matières premières.
Mais ça, c'est la négociation salariale. Moi, je dis, c'est leur responsabilité.
C'est bien le sujet.
Mais moi, je leur dis, quand il y a eu des risques asymétriques, l'Etat était là pour aider. Il n'y a pas un Etat au monde qui a autant aidé les entreprises et leurs salariés pendant la crise Covid. Et tout ça impose une responsabilité.
Vous avez répondu sur les super profits.
Alors, j'y viens. Donc ça, je dis, parce que c'est ce que j'attends des entreprises et des branches dans les mois qui viennent. Ensuite, qu'est-ce que c'est les super profits ? Ce n'est pas l'inflation. C'est les gens qui, quand ils étaient dans des secteurs où il y a eu une déformation du marché, ont fait des profits qui n'étaient pas justifiés
par leur activité. Les fournisseurs d'énergie.
Les fournisseurs d'énergie qui ne dépendaient pas. Donc, on va regarder chacune de ces situations. La France a un cas particulier. Mais nous, on l'a déjà fait, ça, avec EDF. J'ai entendu beaucoup de gens, d'ailleurs, qui nous reprochaient de le faire à l'époque. Ce qui a été fait, par exemple, en Italie ou en Grande-Bretagne, c'est qu'il y a... 25% sur les bénéfices. C'est un peu compliqué, mais je vais essayer de l'expliquer. Ils ont fait... En deux mots, parce qu'on a encore beaucoup de sujets. Mais pardon, mais sinon, on tombe dans la démagogie, et la démagogie ne produit jamais de bonne solution.
La réponse, c'est est-ce que oui ou non, on va taxer...
Mais non, mais la réponse, elle est qu'on essaie de faire des choses qui sont intelligentes et qui sont économiques. Au Royaume-Uni, en Italie, qu'est-ce qu'il y avait ? Il y avait des producteurs d'électricité qui n'avaient rien à voir avec le gaz. Le prix d'électricité, c'est d'envoler. Ils ont fait des profits. Mais leur coût ne dépendait pas de celui-ci. Il y a eu une taxation, d'une part, de ces bénéfices. Nous, qui a ça ? EDF, mais pas les autres. Puisqu'en fait, EDF produit très peu avec du gaz. On l'a fait comment ? En demandant à EDF de porter notre effort et le bouclier. C'est-à-dire qu'on a augmenté les volumes d'électricité dont le prix est garanti, et on l'a fait payer par EDF. Et je dirais, ils ont eu en quelque sorte la double peine, puisqu'on n'a pas taxé EDF, mais ils n'ont pas fait de sur-profit. Ils ont garanti le bouclier aux côtés de l'Etat. Mais en plus, comme ils ont eu des centrales à l'arrêt, ils ont dû acheter cette électricité chez d'autres, et ils ont en plus payé le prix. C'est la grande difficulté du moment dont nous nous parlons. Donc nous, on n'a pas tellement cette situation. On a des grands groupes pétroliers, mais qui font des profits pas en France. Donc on y a veillé. Donc on les a mis à contribution pour baisser leur profitabilité, si je puis dire, en France, et nous aider sur le prix de l'essence. Mais ils les font à l'étranger. Ils utilisent aujourd'hui les grands groupes de transporteurs pour qu'ils nous aident. Donc de manière très claire, nos grands transporteurs de fret, on va les mettre autour de la table, on a déjà commencé, pour nous aider à baisser les prix et même à réparer une partie des hausses sur des matières premières et de l'alimentation pour nos consommateurs et en particulier pour nos Outre-mer.
Puisque nous parlons du travail, une petite parenthèse.
Donc oui, il y aura une contribution, mais elle ne sera pas dans la démagogie et elle sera ciblée en regardant les entreprises, les bénéfices induits qui ont été faits et comment les mettre à contribution de manière intelligente.
Je le disais, puisque nous parlons du travail, une parenthèse sur ce qu'il convient désormais d'appeler l'affaire Uberfiles. Vous êtes mis en cause pour avoir facilité l'implantation de l'entreprise en France contre l'avis du gouvernement. Alors vous assumez, vous dites même que vous le referiez. Oui. Monsieur le Président, vous le referiez après avoir vu ce qu'était le modèle social Uber ?
Alors, totalement. Je vais vous dire pourquoi. D'abord, j'ai été ministre, donc quand on est ministre, on ne fait pas les choses contre l'avis du gouvernement. Ça n'existe pas.
Ils étaient au courant ?
Mais vous rigolez ou quoi ? C'est-à-dire que quand vous êtes ministre, les textes que vous portez, ils sont soumis à des contre-seins. Il y a eu des batailles difficiles. Je défendais totalement, en effet, cette ouverture du marché et je la redéfendrai demain. Quelle était la situation ? Vous aviez des grands groupes, je le dis parce qu'on a souvent opposé les taxis aux conducteurs d'Uber ou d'autres, des VTC. Les taxis ont une vie difficile. Ce sont des femmes et des hommes qui ne comptent pas leurs heures, qui travaillent très dur. Ce n'est pas eux qui faisaient du gras. Ce sont les grandes entreprises qui avaient fermé le marché. Mais on avait des besoins de transport et on avait des besoins de création d'emplois. Et donc, je me félicite. Je n'ai pas du tout aidé Uber, spécifiquement. Non ?
Vous n'avez pas favorisé plus qu'un autre groupe ? Vous n'avez pas été sous influence de ces lobbyistes ? C'est ça les questions que pose cette enquête.
Je n'ai pas un tempérament à être sous influence. Ça, non. Et d'ailleurs, il n'y a aucun élément qui ne l'a montré dans ces prétendues enquêtes. Aucun élément.
L'enquête met sur la table des rendez-vous répétés.
Elle met sur la table le fait que j'ai vu énormément d'entreprises, mais j'ai vu les entreprises françaises qui ouvraient ce marché. Comme j'ai vu les entreprises qui ont permis d'ouvrir les cars qui sont encore là, comme d'ailleurs ces VTC, et qui ont créé depuis des milliers d'emplois et permettent à des gens de se déplacer. Mais qu'est-ce qui s'est passé ? On a ouvert le marché. Mais il y a eu aussi des parlementaires qui ont fait un travail remarquable. Remarquable, M. Grand-Guillaume, M. Thévenoud et d'autres. On a ouvert le marché de manière équilibrée. Et donc, on a fait en sorte que... Alors, ça, c'est un type d'emploi. Alors, je vais y venir, mais c'est important. Les gens qui étaient pour fermer le marché, qui disaient qu'il ne faut rien bouger, ils étaient pour que. Des jeunes à qui on refusait tous les emplois, n'en est pas. Il y a des milliers de jeunes venant de quartiers difficiles à qui on ne donnait même pas de réponse à leur CV, qui ont été embauchés par les VTC. Grâce à ça, ils ont trouvé leur première activité professionnelle, leur première paye. Ils peuvent nourrir leur famille. Je vais vous dire que je regrette ? Jamais. Et oui, je le referai demain. Et on a ouvert ainsi des milliers d'emplois et de solutions. Ensuite, qu'est-ce qu'on a fait ? On a régulé. La faute, et j'en suis aussi fier, quand je suis devenu président, elle a porté des textes de loi pour réguler ses plateformes et pour donner un statut social aux chauffeurs, pour permettre d'éviter, après les abus qu'il y a eu, surtout d'ailleurs chez les grands groupes américains, parce que je ne veux pas qu'on mette tout le monde dans le même sac, il y a des entreprises françaises qui utilisent et qui font travailler justement ces personnes qui, elles, respectent les règles. Sur la méthode,
est-ce qu'il faut... Pardon. C'est important parce que les lobbies... Mais les lobbies...
Oui, est-ce qu'il faut aller vers plus de 30 millions pour aller vers plus de transparence sur la façon dont les choses se passent ? Mais bien sûr,
et c'est ce qu'on est en train de faire. Y compris... On ne parle pas de... Vous ne me parlez pas de lobby en l'espèce,
vous me parlez d'entreprise. Alors la question, je la pose précisément, est-ce que vous pensez qu'il faut aller vers plus de transparence sur le rôle des lobbies dans la fabrique de la loi, par exemple ?
Mais je pense que ce que nous sommes en train de faire, c'est exactement cela. Nous avons contribué d'abord à la France, et j'étais au gouvernement, mais ce n'est pas du tout moi qui ai porté ce texte, c'était Michel Sapin à l'époque, a fait en 2016 une loi très importante à avancer. Et nous sommes en train de transposer les choses. On va là, au mois de juillet, passer les derniers décrets, après les lois qui ont été passées en 2021. Donc on avance là-dessus, c'est un très bon agenda. Mais ne confondons pas tout. Ce n'est pas des lobbies dont on parle, c'est des entreprises. Alors elles défendent l'ouverture, mais moi je serai toujours pour qu'on ouvre des nouvelles possibilités dans notre économie et pas qu'on laisse des chasses gardées. C'est marrant l'enchaînement de vos questions.
Allez-y.
C'est qu'on est les premiers à dénoncer les sur-profits, mais on est les premiers à pouvoir les laisser faire. Quand on a ouvert le marché à des nouvelles activités, on a enlevé des sur-profits qui étaient faits par d'autres. Pas nos taxis, mais les gens qui détenaient le marché des licences de taxis et qui les revendaient à prix d'or après avoir fait travailler d'autres gens pendant toute leur vie. Et bien là, on a dit, on offre d'autres solutions. Et ensuite, on régule. Mais voyez, en termes de philosophie, notre pays doit savoir faire ça en même temps. Celui de l'ambition, du goût de l'avenir et celui de l'ambition, c'est de la justice. Mais il ne faut pas expliquer que se battre pour la justice sociale, c'est renvoyer à leurs conditions l'impossibilité d'avoir un avenir certains autres. Quand j'entends les cris d'orfraie qui est en ce moment sur le sujet des VTC, tous ces gens-là se fichent totalement de savoir si des jeunes qui sont dans des quartiers difficiles, qui ne retrouvent pas encore assez de réponses à leur CV, ont créé suffisamment d'emplois pour eux ou pas. C'est ça, moi, le combat. C'est le combat que je mène depuis que je suis engagé et que je continuerai de le mener. Non, c'est un combat politique que je revendique.
Sur les retraites, maintenant, on a entendu Elisabeth Borne en parler lors de son discours de politique générale et on n'a pas très bien compris, finalement, ce qui allait ressortir. Je sais qu'il va y avoir une discussion au Parlement, mais est-ce que vous avez renoncé à faire travailler les Français jusqu'à 65 ans ? Est-ce que vous êtes plutôt sur une durée de cotisation ? Où va votre préférence et votre cap sur cette question ?
Ce sur quoi je me suis engagé dans ma campagne présidentielle, c'est de dire qu'on doit progressivement décaler l'âge de départ légal, obligatoire, jusqu'à 65 ans, mais à un horizon qui n'est pas demain, qui est le milieu des années 2030, en décalant de 4 mois par an. Ce qui veut dire qu'on faisait d'ici à la fin du quinquennat un peu moins de 2 ans. Donc, quel est le cœur de la philosophie ? Nous devons travailler plus et plus longtemps. Il n'y a pas de doute. Je le disais, quand on prend deux pas de recul et qu'on regarde la France, nous avons l'un des modèles sociaux les plus généreux. C'est une force. Ici, la santé est prise en charge pour presque tout le monde, dès le début. L'éducation est gratuite, en même temps qu'elle est obligatoire jusqu'à un certain âge. Et les services publics se développent et nous allons continuer à investir. On veut continuer de faire des progrès. Il y a trois manières de financer cela. Et en plus de financer l'accélération de notre transition climatique qui est indispensable et qui va supposer de l'argent public. Vous l'avez très bien dit tout à l'heure. Alors, les trois. La première, l'impôt. On est avec le Danemark, le pays d'Europe qui fait payer le plus d'impôts.
Vous avez dit pas de hausse d'impôts. Non.
Vous le redites. Je le redis. OK. Je le redis. Parce que nous avons baissé de 50 milliards nos impôts durant le quinquennat passé pour redevenir compétitifs et faire que les gens qui travaillent gagnent leur vie et sentent que le travail paye. Parce que si on augmente les salaires mais que derrière on augmente les impôts, ça n'a pas beaucoup de sens. Donc, ce n'est pas l'impôt. Deuxième chose, la dette. Tout le monde se met d'accord là-dessus. Parce qu'en fait, quand les gens ont des réponses croquignonesques, insincères ou autres, ils font de la dette. La dette, c'est nos enfants. Est-ce qu'on a de la marge ? Non. Nous avons augmenté la dette. Je l'ai assumée. Nous l'avons assumée pendant la crise Covid, comme d'ailleurs tous les pays européens l'ont fait à ce moment-là. Nous n'avons pas décalé notre endettement parce qu'il y avait une crise massive qui bloquait notre économie. Et nous avons eu une politique dans le quinquennat passé hors période Covid qui a été une grande politique de sérieux budgétaires. On doit la reprendre. On est revenus aux sérieux budgétaires ? Mais on doit revenir aux sérieux budgétaires, bien sûr. C'est aussi pour ça que je vous dis qu'on doit cibler les aides, travailler plus et continuer d'avancer. Bien sûr. Donc, ça veut dire qu'on ne doit pas augmenter la dette. Et j'ai pris à cet égard l'engagement de commencer à la rembourser. Comptez 2026 et de tenir nos engagements de déficit public que nous avions pris au printemps. La troisième façon de faire, c'est de créer plus de richesses. Et c'est la meilleure façon de faire, d'ailleurs. Oui. Parce qu'il y a de richesses comptées. Mais là, on n'est pas tout seul. Mais donc de travailler plus. C'est notre pays. C'est le produit intérieur de notre pays.
On n'est pas la France hors du monde. Quand vous voyez les prévisions, par exemple, du FMI qui annonce...
D'abord, est-ce que nous, on est à notre capacité ? Là, toujours pareil, je prends deux pas de recul, je regarde la France. Eh bien, la France, elle a deux choses qui la différencient de ses grands voisins européens. Elle a un taux de chômage qui est supérieur depuis trop d'années. Et donc, il ne faut pas penser que notre 7 % d'aujourd'hui serait satisfaisant. Nous pouvons aller à 5 % en fin de mandat et on doit tout faire pour... C'est votre objectif ? Bien sûr.
Et à quoi vous renoncez pas dans cette réforme des retraites ?
Avec tout ce que je viens de se dire. Et ensuite, la deuxième chose, c'est qu'on travaille moins longtemps que les voisins, y compris des pays qui aujourd'hui ont à leur tête des formations politiques qui ont passé des réformes et qui sont aujourd'hui dans l'opposition et qui ont passé des réformes courageuses. Donc, je pense qu'il faut d'abord le faire en respectant chacune et chacun, en étant unis. En étant unis. Mais bien sûr. Alors, il y aura peut-être des désaccords.
Mais les partenaires sociaux, certains partenaires sociaux disent les retraites à la rentrée, c'est le chaos.
La discussion doit commencer à la rentrée. J'ai vu tous les partenaires sociaux, ça vous a pas échappé ces dernières semaines. Ils ne voulaient pas qu'on passe la réforme cet été. Bon. On commencera. Il y aura, au sortir de l'été, une discussion stratégique et générale avec toutes les forces vives de la nation sur tous les sujets. Parce qu'il faut les mettre ensemble.
Mais vous avez bien compris qu'il y avait des blocages, des points de blocage dont les 65 ans. Est-ce que vous êtes prêt à dire que vous y renoncez pour ouvrir le dialogue ?
Les 65 ans ne sont pas sous ce quinquennat. Donc je suis, je pense qu'il faut ouvrir le dialogue, mais avancer. Je pense que nous, je ne pense pas, je sais que nous devons travailler plus longtemps. Donc il faut simplement, on ne peut pas avoir des forces politiques ou sociales qui disent il faut aller plus vite pour financer nos services publics. Oui, nous allons être ambitieux sur l'école et la santé, investir de l'argent. Les autres, il faut mieux aider les ménages. Et de l'autre côté, nous expliquer que tout ça se finance d'une manière qu'ils ne décrivent pas. Bon, donc on doit faire cet effort. A la fin de l'été, il y aura donc d'abord cette discussion stratégique et générale. Ensuite, il y aura un travail avec les forces syndicales et patronales. Et puis ensuite, il y aura un travail avec les forces politiques
au Parlement. Pour trouver un compromis
sur une grille de lecture qui est celle que vous venez d'exposer. Pour trouver des décisions. Alors est-ce qu'on fera les choses en plusieurs étapes ? Est-ce qu'on trouvera des solutions qui ouvrent le jeu ?
Moi, ce qui m'importe, c'est le résultat. Mais justement, le résultat se jouera d'une manière ou d'une autre.
C'était pas si simple. Je vais y venir tout de suite. Mais le résultat, quel doit-il être ? On doit améliorer la qualité du travail. On doit améliorer le travail des seniors. Et on doit travailler plus longtemps en tenant compte des carrières longues, des gens qui ont commencé à travailler très tôt. En tenant compte des métiers qui sont les plus difficiles et les plus pénibles.
Donc de manière juste. Le calendrier reste le même parce qu'on va beaucoup discuter, on va beaucoup conserver,
on va chercher des compromis. C'est à l'automne qu'on doit regarder les choses.
Et après, il faudra
qu'on puisse regarder. Je pense que dès l'été 23, il faut qu'on ait une première entrée en vigueur. Mais on va regarder comment on fait les choses. Et pour répondre à votre point, il faut qu'on ait, il faut qu'on ait, en quelque sorte, il faut qu'on arrive à créer la richesse et qu'on ait l'effet financier pour la nation qui est le même que celle qu'on avait envisagée. Si on a un compromis pour dire on va décaler moins vite l'âge de départ légal, mais on va, par exemple, demander plus de trimestres là. Il faut bâtir des compromis responsables. Justement. Donc, il faut qu'on ait une première entrée et un compromis responsable. Justement. Donc, aller à l'objectif, peut-être pas avec
la bonne réponse. On a vu que, cette semaine, votre gouvernement a été mis en échec sur un amendement spécifique. Sur lequel ? Sur quoi ? Alors, sur l'amendement sur le pass sanitaire des mineurs et aux frontières. Alors, c'est intéressant. Mais ça veut dire qu'il y a une majorité contre votre politique qui est possible sur certaines questions. Est-ce que vous avez peur de passer un quinquennat à voir vos projets retoqués ?
Non.
Non.
Qu'est-ce qui vous permet de dire ça comme ça ?
Parce que je crois à l'esprit de responsabilité des formations politiques qui sont à l'Assemblée. L'exemple que vous décrivez, qui est sans doute ce qui peut arriver, un coup de chaud nocturne.
Peu de personnes présentes dans votre propre camp ?
Je ne suis pas là pour... La majorité fait un travail remarquable et nos députés sont là. Mais nos deux chambres font un travail remarquable. Nos députés comme nos sénateurs sont, quelle que soit leur sensibilité politique, des femmes et des hommes, qui font partie de la population et jouent un rôle essentiel. Mais qu'est-ce qui s'est passé l'autre soir ? Vous avez donc des députés de la France Insoumise avec des députés du Rassemblement National et des députés Les Républicains qui ont voté ensemble. Je ne crois pas que les députés Les Républicains se soient engagés devant leurs électeurs à voter avec la France Insoumise et le Rassemblement National pour empêcher qu'on mette en place un pass aux frontières. Donc c'est eux
que vous appelez à la responsabilité ? Ce sont Les Républicains ? Non mais je pense que...
C'est un message qu'il faut avoir. D'abord je dis il n'y a de majorité contre le gouvernement qu'avec cet attelage baroque. Baroque ! De femmes et d'hommes qui se combattent complètement
et disent nous sommes incompatibles. Ce qui ne peut pas être adapté
à une question aussi sérieuse que les retraites c'est ce que vous voulez dire. Et la deuxième chose c'est que je pense qu'ils auront du mal à expliquer devant leurs électeurs ce qu'ils ont fait
l'autre soir.
Je crois d'ailleurs dans la sagesse de ces mêmes parlementaires pour les textes qui viennent et dans la sagesse des sénateurs qui avec le gouvernement se battent. Donc oui je pense qu'il y aura la responsabilité collective qui prévaudra. Et au fond c'est une bonne chose.
Mais comment vous pouvez être si sûr de ça ? Les Français ont voté effectivement pour la présidentielle et ensuite pour les législatives. Je reprends la formulation de la question d'Anne-Claire. Est-ce qu'on est parti
pour 5 ans d'immobilisme ? Mais pas du tout.
D'abord vous avez
de la demi-mesure. Vous ne m'avez pas entendu depuis tout à l'heure. Si, si.
Vous avez beaucoup de volonté. Mais non mais attendez.
Les choses ont un peu changé quand même avec cette majorité relative. Si j'avais changé à un point qui me rende impossible l'action, je n'aurais pas pu confirmer la première ministre Elisabeth Borneau. Donc il faut quand même remettre la mairie au milieu du village comme on dirait en bon laïc.
Mais dans un compromis il y a forcément
Mais tout le monde
doit bouger. une partie du chemin qui est faite par tout le monde. Sur quelle partie du chemin
vous acceptez de faire des efforts ? Je ne vais pas d'abord faire le travail du gouvernement. Elle est déclinée ici. Ça dépend de chaque réforme. Mais les Françaises et les Français doivent se faire trois ou quatre semaines pour avoir suffisamment de temps pour y rester sur le terrain. Je vous rappelle que les Ecoles de l'Ecologie sont dans le même contexte de la loi des droits de l'homme. Et c'est pour ça que ce sujet est ce que je vais mettre en place parce que je pense qu'on s'est fait attendre pendant la crise qu'on se soit
passé
des confinements dans les villes d'autres villes où on avait effectivement de l'intérêt et de l'expérience et de l'intérêt Compromis. Ce n'est pas un gros mot. Ça veut dire qu'on veut que vous travaillez en écoutant plus les oppositions, en enrichissant la loi. Et donc, la responsabilité du gouvernement, de la majorité parlementaire, de toutes les forces d'opposition, c'est de savoir trouver, dans la cohérence des projets de chacun, des compromis. Mais moi, je crois à l'intelligence collective. Et moi, je crois, les prochaines semaines et les prochains mois vont nous le dire.
Vous avez des outils à votre disposition.
On va pouvoir avancer. Mais d'abord...
Le 49-3, la dissolution.
Mais d'abord, nous sommes dans ce qu'ils appellent... Les constitutionnalistes appellent un parlementarisme rationalisé. Et donc, oui, le général de Gaulle a bâti une constitution, puis elle a été modifiée par plusieurs de mes prédécesseurs, qui donne la possibilité au gouvernement de ne pas être bloqué sur des textes importants.
S'il y a blocage, du coup ?
Non, mais je ne vais pas... Vous savez, on ne peut pas dire qu'on fait confiance à la responsabilité et à l'esprit collectif et commencer à dire... à donner le sentiment qu'on menacerait. Moi, je veux que le pays avance. Donc, je vais vous dire les choses de manière simple. Je suis pour l'esprit de responsabilité et des compromis ambitieux, où chacun devra bouger. Mais on doit trouver... On doit faire avancer le pays. Et on doit le faire avancer, c'est ça qui m'importe le plus. Pour faire quoi ? Premièrement, rendre la France plus indépendante. La crise Covid, comme la guerre nous l'a rappelé. Deuxièmement, gagner la bataille pour le climat. Faire de notre nation une grande nation écologique. Deuxièmement, pour l'égalité des chances.
Ça, c'est votre cap.
C'est-à-dire pour l'école, la santé, l'emploi.
Ça, c'est votre cap pour 5 ans.
C'est le cap. Et donc, je ferai tout pour que les compromis intelligents soient trouvés le long de ce cap, pour que nous sortions une nation plus forte et plus juste. C'est ça, la réponse de la France, dans ce moment que nous vivons.
Monsieur le Président, est-ce que ça change ?
Et ensuite, peut-être qu'à certains moments aussi, la Constitution me le permet. J'irai devant les Français. Je leur soumettrai des projets. Par exemple ? J'irai appeler à leur choix. Je pense que c'est important. Et il faut qu'on utilise tous les instruments pour que notre démocratie soit une démocratie vivante. Elle sera vivante à l'Assemblée comme au Sénat, par plus de compromis et de respect mutuel. Elle sera vivante avec les élus locaux. Je veux travailler plus vite et plus fort avec nos maires, nos élus, mais aussi nos partenaires sociaux, dans ce Conseil de la refondation que je vais mettre en place. Elle sera vivante par des conventions citoyennes et par des référendums.
Vous venez de définir votre cap de manière très claire. Qu'est-ce que ça change de savoir qu'au fond, vous ne devez pas penser à votre réélection ? Qu'est-ce que ça change dans votre manière de conduire les affaires publiques ?
Ça me pousse à être encore plus exigeant avec moi-même. C'est-à-dire à penser à, évidemment, la nation et la trace qu'on laisse dans l'histoire.
Vous voulez qu'on retienne quoi ?
Et le pays avant tout. On n'écrit pas l'histoire avant de la faire. On n'écrit pas l'histoire avant de la faire. Mais ça me donne encore plus de responsabilité. Vous savez, je la sens depuis le premier jour. Et j'étais là depuis le premier jour. J'ai été, il y a quelques instants, sur les Champs-Élysées, à regarder avec beaucoup de fierté et d'émotion nos unitaires défilés. Voilà. Président et chef des armées, ça donne une responsabilité insigne. Et de, à la fois, conduire nos armées comme le cours de la vie de la nation, avec la part de responsabilité qui est la mienne, et le respect de toutes les institutions, de tous les pouvoirs, la bonne organisation de ceux-ci, c'est un insigne honneur que les Françaises et les Français m'ont fait à deux reprises. Et donc, ça m'oblige.
Mais vous gardez votre compatibilité ? Je vous pose la question. Certains, vous avez lu la presse, en sont inquiétés. On se disait, peut-être, y avait-il du flottement ? Ça me touche qu'on s'inquiète pour moi. Parfois, ceux qui écrivent ça ne s'inquiétaient pas. Pour reprendre un terme qui a été beaucoup utilisé, si vous n'êtes plus Jupiter, vous êtes devenu qui, alors, après cette séquence électorale ? J'ai jamais revendiqué cette comparaison mythologique.
Donc, je le disais, certains avaient voulu me voir comme tel. Mais je n'ai jamais revendiqué cette comparaison mythologique. C'est plus Vulcain. C'est-à-dire à la forge. Non, je suis engagé au service du pays.
Vous savez, je sais qu'il y a beaucoup de doutes. La vie est dure pour beaucoup de nos compatriotes qui sont sortis d'une crise très, très réelle, en dehors de la France. Et ça, c'est important. Mais si vous ne l'avez pas fait, vous allez être convaincu.
C'est-à-dire que le travail, c'est toujours un travail qui se fait. Mais je ne suis pas convaincu. Je ne suis pas convaincu. Je ne suis pas convaincu. Je suis convaincu. Je ne suis pas convaincu. Je suis convaincu. Je suis convaincu. Je suis convaincu. tel c'est plus vulcain c'est à dire à la forge non je suis engagé au service du pays c'est je sais qu'il ya beaucoup de doutes la vie est dure pour beaucoup de nos compatriotes qui sont sortis d'une crise très longue de plus de deux ans avec encore la pression nos soignants vivent encore une période très dure il ya de l'anxiété dans notre jeu mais je veux le dire ici avec beaucoup de force dans ce dans ce jour qui est un jour d'unité nationale nous sommes un pays fort et nous allons y arriver regardez tout ce qu'on a relevé nous allons y arriver parce que nous sommes une grande puissance d'équilibré dans le concert des nations parce qu'on a beaucoup de force que nos aînés ont su ont su bâtir et donc si on se mobilise tous chacun prend sa part dans le respect de de tous et de chacun nous l'aurons et donc oui c'est la responsabilité l'ambition
est restée c'est ce que vous avez choisi notamment sur le coc vide vous ne remettez pas de restrictions même pas le port du masque dans le transport c'est ça votre message aux français c'est vous êtes
maintenant responsable je pense que l'épidémie je suis toujours prudent mais apparemment le le pic est en train d'être passé sur cette septième vague et donc je pense qu'on a bien fait pourquoi mais parce qu'on a bien fait collectivement parce que tant et tant de français se sont fait vacciner ont fait le rappel et parce que nos soignants se sont mobilisés et qu'on résiste mieux donc je pense que chacun maintenant c'est les gens sont habitués donc oui c'est responsabilisation responsabilité soutien à nos équipes de santé nos soignants avec les mesures qui ont été prises par la première et la deuxième partition de la conférence de l'éducation et de l'accompagnement des enfants tout au long de la pandémie et donc vous avez échangé les besoins de santé pour des plus de la santé pour cet été et puis aussi on prépare la rentrée on a appris tous de l'expérience donc on a préparé dès maintenant la rentrée scolaire et bien prête la rentrée de l'ensemble de nos services publics avec les familles et puis on prépare aussi la campagne de rappel pour nos aînés les plus âgés
d'entre nous et les plus fragiles qui auront sont douces besoin d'être vaccinés accompagnés voilà de nous avoir suivis.
Je souhaite un bon 14 juillet à tous nos compatriotes. Mais ayez l'espoir et cette volonté à la fois d'ambition et de respect de chacun. C'est ça qui nous unit, qui nous rend plus forts. Nous allons y arriver. Merci beaucoup.
Emmanuel Macron