Présidentielle 2027 : même sans François Bayrou, le MoDem compte "peser sur le débat", assure Marc Fesneau
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France Inter
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Question Politique. Il y aura peut-être ce soir une candidature de plus pour 2027. Jean-Luc Mélenchon pourrait être désigné dès aujourd'hui par la France Insoumise pour prendre le départ de la course à l'Élysée, une quatrième fois. Candidats déclarés, candidats potentiels, la liste est déjà longue, vous la connaissez, François Hollande, Bernard Cazeneuve, Manuel Valls, Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et puis au Rassemblement National, dans l'attente du jugement du 7 juillet, Jordan Bardella et Marine Le Pen. Tout à gauche et tout à droite, aux extrêmes, la situation est donc à peu près claire. Entre les deux, c'est la grande recomposition du paysage politique. Alors que veulent y porter ceux qui estiment qu'ils sont le centre ? Comment peser sur les programmes ? Y aura-t-il un candidat centriste ? Pour en parler ce dimanche, Marc Fesneau est en direct avec nous. C'est le président du groupe Les Démocrates à l'Assemblée Nationale. Il est député du Loir-et-Cher. Une émission sur France Inter, France Info, le canal 16 de la télé et en partenariat avec le journal Le Monde, nous sommes ensemble jusqu'à 13h.
France Inter, questions politiques, Alexandra Ben Saïd.
Bonjour et bienvenue Marc Fesneau. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. J'aurais dû ajouter que vous êtes aussi le premier vice-président du Modem, ça c'est le parti de François Bayrou qui lui a déjà été trois fois candidat à la présidentielle. Est-ce qu'il le sera une quatrième fois évidemment ? Ça viendra peut-être quelque part durant cette heure, cette question. C'est une surprise qu'elle ne vienne pas. N'est-ce pas ? A mes côtés pour vous interviewer, je les salue, Brigitte Boucher de France Télévisions. Bonjour Brigitte. Bonjour Alexandra, bonjour Marc Fesneau, bonjour à tous. Avec vous tout à l'heure, on fera le portrait de Marc Fesneau. Eh oui, Marc Fesneau, un homme discret qui cache peut-être une ambition. Et Françoise Fressoz du journal Le Monde est également en plateau. Bonjour Françoise. Bonjour à toutes et tous. Vers 12h50, la séquence France 2027, ça se rapproche de plus en plus. C'est toujours l'idée de se centrer sur une question qui sera au cœur des débats. Et ce dimanche ?
L'Europe évidemment, l'Europe en laquelle le modem, les centristes ont tellement cru. A-t-elle encore un avenir alors que les régimes autoritaires pas tous s'affirment et que l'allié américain est en train de flancher ?
Et d'abord Marc Fesneau, nous allons dérouler un peu d'actualité. Cinq minutes entre quatre yeux avant d'ouvrir la conversation. Dans le Cher, une free party est toujours en cours. C'est comme une rave party, mais c'est gratuit une free party. Encore dix-neuf. Sept-mille personnes fans de techno étaient rassemblées ce matin sur un terrain militaire jugé dangereux. Les organisateurs ont choisi la ville de Bourges car c'est le lieu de naissance du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunes, qui vient d'ailleurs de survoler la zone. Les organisateurs de cette fête libre veulent justement protester contre une proposition de loi déjà votée à l'Assemblée qui va arriver au Sénat et qui vise à pénaliser ce type d'événement. Marc Fesneau, vous, qu'est-ce que vous dites au teuffeur ?
Bon, je dis deux choses. La première, c'est qu'on a le droit... Je comprends tout à fait le concept qui décide de pouvoir se réunir gratuitement, qu'il n'y ait pas d'enjeu d'argent et que des jeunes puissent se réunir avec les musiques qui sont celles de leur époque et de leur choix et donc pas de difficulté avec ça. La difficulté, c'est pas tant de parler d'organisateurs, c'est pas tant qu'ils se réunissent, c'est de ne pas trouver de responsable. Et la difficulté de ce genre d'événement, c'est qu'au fond, quand il y a des incidents, quand il y a des dégradations...
Pour l'instant, tout se passe bien. Quand il y a des nuisances, oui. Sauf un obus découvert en bordure de terrain.
Vous en parlerez probablement aux maires de la commune, aux agriculteurs. Aux agriculteurs voisins, de voir ce qu'ils vont retrouver demain matin, après-demain ou dans quelques jours sur le terrain considéré terrain militaire ou aux abords du terrain militaire. Donc le sujet n'est pas d'interdire ce type de manifestation, c'est de dire, quel est le responsable ? Qui se sent en responsabilité de rendre le terrain dans le même état que celui qui l'a trouvé ? Je rappelle qu'ils sont par ailleurs, même si je sais que c'est obsolète, toute notion comme celle-là, mais c'est un terrain qui ne leur appartient pas. On est sur le terrain d'autrui, c'est une violation stricte de la propriété privée. Mais dites... Disons que c'est une free party et que ça fait partie du concept. Mais par ailleurs, qu'on vienne dégrader et qu'on n'est pas de responsable à mettre en face de cette dégradation et qu'au fond chacun dise, c'est libre. Alors comme c'est libre, c'est libre aussi de responsabilité.
Mais là vous êtes déjà sur les conséquences-là, c'est le texte de loi.
C'est ça ce que cherche à faire le texte de loi, pardon. Vous êtes co-signataire de cette proposition qui a été portée par l'éthicien Saint-Paul. Ça n'est pas quelque chose qui vient interdire les rêves partis, c'est quelque chose qui vient dire, on a besoin d'avoir des responsables. La liberté s'arrête quand on vient nuire aux autres.
Il est très ferme ce texte. Il prévoit une peine de 6 mois d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende pour sanctionner les organisateurs. Ça c'est quand même... Certains disent que c'est de la répression. C'est de l'autoritarisme plus que de la sécurité, disent les organisateurs.
On a besoin dans ce genre de manifestation, vous êtes sur des organisations ou des organisateurs. D'ailleurs c'est le principe même des rêves partis ou des free parties, c'est de ne pas avoir de responsables. Ils ont décidé d'aller sur un terrain militaire avec manifestement du matériel militaire. Dormant si je peux dire, dormant qui peut exploser à tout moment. Si demain matin ou ce soir, ce que je ne souhaite pas évidemment, et c'est le rôle des forces de l'ordre qu'il faut saluer dans cette affaire là. Quelque chose explose, qui va être responsable pénalement ? Qui va être responsable juridiquement ? Personne. Mais si tout se passe bien, si vous pénalisez les organisateurs et les partis... Vous ne pouvez pas à la fois dire, j'organise une grande manifestation sportive, des Jeux Olympiques, des rencontres sportives de foot sur tous les terrains de France et de Navarre tous les week-ends. Dire j'ai besoin d'un responsable, d'un organisateur qui tient la buvette. Il faut une licence 4. On vérifie les circuits d'argent et dans ce simple événement là dire, il n'y a pas de responsabilité, c'est tellement libre que c'est libre d'aucune responsabilité. Non, il faut un peu de responsabilité, ça ne vient pas obéir. Ce que je comprends, j'ai passé l'âge de passer pour un jeune, largement. Donc je ne veux pas donner le sentiment que je viens obéir cette volonté là de liberté. Mais enfin, il y a une partie de responsabilité. C'est assez de cette société où au fond, personne ne veut jamais prendre de responsabilité. C'est des forces de l'ordre qui sont pleinement mobilisées. Jusque dans mon département du Loir-et-Cher, j'ai des gendarmes qui sont mobilisés. Pour encadrer une manifestation qui n'a pas été prévue, quand vous avez des manifestations...
600 gendarmes, 14 points de contrôle.
Mais oui, mais c'est des gendarmes qui ne sont pas par ailleurs sur d'autres secteurs et pour contrôler d'autres méfaits. Et donc je pense qu'il faut que chacun prenne ses responsabilités, c'est le sens de ce texte de loi.
Vous avez entendu les partisans de ce genre de fait et les acteurs de la musique électronique qui ne sont pas du tout d'accord avec le niveau...
Moi je pose une question simple, s'il y a de la dégradation, qui paye ? C'est ça ma question. Et à la question que je pose, il n'y a pas de réponse depuis des années. Pour ne pas dire des dizaines d'années. C'est un problème.
Donc ça c'est la conséquence. Mais le texte il est délamant.
La conséquence de ne pas avoir de responsable et de laisser faire comme ça, c'est que vous avez des dégradations. Dans la plupart des cas, vous demanderez à tous les voisins qui ont assisté à ce genre d'événement, avec des feux, des incendies, des dégradations de parcelles agricoles, des dégradations de forêts. Parfois sur des zones y compris qui sont des zones protégées. Tout ça n'a pas d'importance parce qu'on serait libre. La liberté quand même s'arrête au moment où on nuit à l'autre. C'est dans l'article 4 je crois de la déclaration. La déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Faire respecter la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, ce n'est quand même pas quelque chose d'invraisemblable dans une démocratie. Je crois qu'on a compris, Marc Fénon, votre point de vue sur les free parties.
On passe à une préoccupation plus quotidienne des Français. Après deux mois de conflit au Moyen-Orient, c'est le prix du pétrole. Depuis hier, on connaît les conditions exactes pour bénéficier de l'indemnité carburant. C'est une aide de 50 euros pour les grands rouleurs aux revenus modestes. Ça ferait environ 3 millions de personnes. Ce dispositif, Sébastien Lecornu l'a annoncé le 22 avril. Il a donc été publié au journal officiel hier, le 2 mai. Il sera accessible d'ici la fin mai sur le site des impôts. On peut appeler ça une politique à petits pas quand même.
Ce n'est pas à petits pas. On nous reprocherait de mettre en place un dispositif s'il n'était pas cadré et bordé pour vérifier que ceux qui sont bénéficiaires sont bien ceux qui sont la cible du dispositif tel qu'il a été prévu. Donc qu'il faille un mois pour mettre en place un dispositif comme celui-là, ça ne me paraît pas invraisemblable. Deuxième élément, comme vous l'avez compris, le gouvernement et Sébastien Lecornu singulièrement, ils ont eu raison de le faire, à décider de mettre en place... C'est un dispositif ciblé. Pourquoi ? D'abord parce qu'on ne sait pas, on en reparlera peut-être, ce que va devenir ce conflit devant les aternoiements ou... Je ne sais pas comment les qualifier. En tout cas les prises de position erratiques du président des Etats-Unis, Donald Trump. Et donc on a besoin d'avoir une visibilité que nous n'avons pas aujourd'hui. Et deuxième élément, il faut dire les choses comme elles sont, nous n'avons pas la capacité financière à faire une politique tout azimut de chèques. La dernière fois que ça a été fait, c'était au moment de la crise ukrainienne, c'est entre 6 et 8 milliards d'euros qui ont été mis sur la table. Autant qui a été mis dans la dette. Parce que quand on dit... Quand on dit on va donner 6 milliards d'euros aux Français ou aux milliards d'euros, comme il n'y a pas de cagnotte cachée, c'est 6 milliards ou aux milliards d'euros qui viendront gonfler la dette. Et les mêmes viendront nous dire qu'après la dette augmente.
Dans votre circonscription, est-ce que c'est une politique à petits pas ? Vous nous dites que c'est bien pensé, vous êtes d'accord avec la politique ciblée.
Ça nécessite d'être ajusté en continu.
Mais ça fait déjà deux mois que le conflit dure. Comme vous dites, on ne voit pas le bout de ce conflit. Qu'est-ce que vous disent les Français dans votre circonscription ? Est-ce que vous voyez un risque d'explosion sociale, de colère type gilet jaune ? Parce que, mine de rien, ils ont besoin tous les jours, eux, ces gros rouleurs, au revenu modeste, de prendre leur voiture.
C'est pour ça qu'il y a un dispositif. Parce que je sens bien que dans l'opinion et dans la population, le premier mois, on peut dire qu'on va passer ce premier mois et que petit à petit, les uns et les autres rognent sur qui les vacances ou les congés, qui tel ou tel déplacement personnel, de nature personnelle. Et donc on a besoin pour les gros rouleurs, c'est-à-dire ceux qui font plus de 30 km à l'air tour, c'est ça la base du dispositif, par jour, de pouvoir leur apporter une aide qui leur permettra de soulager le surplus lié à la population. C'est-à-dire lié à l'augmentation du carburant. 50 euros, ça fait, je faisais le calcul en venant jusqu'à chez vous, ça fait à peu près l'équivalent de l'augmentation sur 3 ou 4 pleins, pris en charge.
On peut dire sur un mois ? Oui, on peut dire sur un mois.
Et donc je trouve que c'est plutôt un dispositif qui est calibré. Après, ne nous faisons pas le reproche collectivement d'essayer d'ajuster au fur et à mesure. On a les agriculteurs, on a les pêcheurs, on a les artisans, on a eu les chefs d'entreprise qui tiennent des entreprises de transport. Il faut qu'on essaye d'ajuster. Mais dans la limite qui est celle quand même, l'argent que nous n'avons pas. Et donc il faut qu'on essaye d'être raisonnable.
Qui doit payer ? Vous connaissez le débat sur Total. On a à la fois les prix qui grimpent à la pompe et puis les bénéfices de Total au premier trimestre, plus 51% du bénéfice net. Ça a fait bondir. Certains disent que Total est une fierté nationale, d'autres disent que c'est un profiteur de guerre. Est-ce qu'il faut taxer Total ? Est-ce qu'il faut qu'il aille plus loin dans son plafonnement ? Parce qu'il a annoncé, Sébastien Lecornu appelle à un plafonnement généreux des prix à la pompe. Qu'en pensez-vous ?
D'abord, sans qu'on lui demande vraiment quoi que ce soit, Total a décidé dès le début de la crise de plafonner ses prix. C'est le seul qu'il ait fait. À moins de 2 euros ? Oui, à moins de 2 euros sur le gasoil, sur diesel et sur...
Le gasoil juste au-dessus de 2 euros.
Voilà, juste au-dessus de 2 euros pour le gasoil. Au fond, ils ont décidé, ils ont bien vu qu'il fallait qu'ils fassent leur part de l'effort qui devait être nécessaire. Deuxième élément, on est dans un pays où en permanence, on tape sur nos fleurons. On adore taper sur les fleurons industriels ou les fleurons économiques. Donc, on peut à la fois dire qu'on reconnaît la puissance de Total, le fait que ce soit un fleuron et que ça participe d'ailleurs de notre souveraineté énergétique, de ce point de vue-là. Et deuxièmement, de regarder... Il va y avoir un pétrolier français. Et deuxième élément, de regarder dans quelle mesure il y a du super profit ou il y a des marges qui sont tendues, qui seraient mises sur la table. Et c'est là le travail qui est à faire aussi par les services de la DGCCRF et à ce moment-là, de réclamer notre dû. Mais Total a une situation particulière parce qu'ils sont à la fois foreurs, extracteurs, ils sont raffineurs et ils sont distributeurs. Et parfois pour le compte de tiers. Donc, quand on parle... Quand on parle de bénéfices supplémentaires, est-ce que c'est sur les Français ou c'est sur d'autres ? C'est ça la question qu'il faut regarder. Et je ne sais pas, ça serait peut-être intéressant d'ailleurs de savoir, le coût du plafonnement pour Total. Qu'il y ait une mise à contribution à un moment ou à un autre qui soit demandée. Moi, je n'ai pas... D'ailleurs, le Premier ministre n'a pas fermé la porte. Mais en permanence, se chercher un bouc émissaire. Le vrai bouc émissaire, c'est... Les boucs émissaires, c'est ceux qui ont décidé de cette guerre de façon complètement incongrue et qui ont décidé sans savoir quel était leur objectif de guerre.
Le Premier ministre dit peut-être que Total peut faire peut-être un effort un peu plus important sur le plafonnement. C'est-à-dire, il ne peut pas aller juste en dessous de 2 euros, mais peut-être aller un peu plus en dessous. Est-ce que vous appuyez ou pas ?
Oui, je trouve que c'est à Total de faire en sorte d'aller à la limite. On ne peut pas vendre à perte en France. D'ailleurs, en général, on ne peut pas vendre à perte. Donc, dans la limite de cette bordure-là, il me semble que Total peut peut-être regarder ce qu'il peut faire en plus. Mais reconnaissons que depuis deux mois, Total l'a fait. Vous allez sur toutes les pompes. Les pompes Total, je ne veux pas faire de la promotion pour eux. On va parler de Total. Alors, je réponds sur Total. Reconnaissons que c'est eux qui ont le plus plafonné leur carburant.
Quand même, Total, plus 50% de bénéfices au premier trimestre par rapport à l'année dernière. Forcément, ils se sont enrichis sur cette crise. On ne peut pas l'ignorer. Mais c'est au niveau mondial. C'est au niveau mondial. Il y a une proposition de loi socialiste qui a été déposée, notamment Boris Vallaud en a parlé, qui vise à taxer en moyenne les bénéfices qui seront au-delà de 20% sur trois exercices. Est-ce que vous pourriez la voter, cette proposition de loi ?
Mais, d'abord, on a une maladie française. C'est un président de groupe, ancien ministre des Relations et du Parlement qui vous le dit, c'est de faire des lois. Quand vous faites une loi, le temps de voter une loi, vous savez, le temps moyen d'une loi, même en procédure accélérée, c'est entre 6 et 12 mois. Bon, c'est très sympathique d'aller dire aux Français attendez si ça... C'est très déclaratif tout ça. C'est très totémique. On fait semblant de, si tenté, que la loi soit votée. Donc, je trouve que ce n'est pas opérant par rapport à la réalité de nos concitoyens. Je préfère avoir le dispositif qui a été disposé sur la table par le Premier ministre qui, lui, est opérant plutôt qu'une loi sur des profits qu'on ne saura pas qualifier et qu'on ne saura pas qualifier et distinguer entre les profits nationaux et les profits internationaux. Alors, c'est vrai qu'en plus, on ne peut pas taxer à l'international. Si, sur les 2 ou 3 milliards de profits supplémentaires, il y en a 2,8 milliards qui sont à l'extérieur de nos frontières. Qu'est-ce qu'on dit ?
Donc, ça veut dire qu'en fait, on est impuissant, finalement.
Non, on n'est pas impuissant, puisque la preuve, on met en place un dispositif. Par contre, la vérité m'oblige à dire que nous ne sommes pas en situation, nous, tout seuls, de faire en sorte, parce que le seul sujet, c'est qu'on arrive à faire baisser les prix du pétrole. Et là, c'est la question de l'impuissance collective que nous avons face à un conflit que personne n'arrive à maîtriser. Pas même les auteurs de ce conflit, d'ailleurs.
Il y a quand même une initiative européenne. L'Italie, l'Allemagne, l'Autriche, l'Espagne, le Portugal ont demandé, au fond, à l'Europe d'étudier l'établissement d'une taxe européenne sur les super profits pétroliers. Est-ce que vous, qui êtes un pro-européen, vous dites que c'est peut-être la voie ?
Moi, je trouve que, dès lors qu'on parle de fiscalité, plus on le fait au niveau européen, pardon, je vous ai coupé, mais plus on le fait au niveau européen, plus c'est opérant. Parce que sinon, il y a des effets d'évitement que chacun connaît.
Donc ça, vous ne fermez pas la voie ?
Non, non, non, je trouve que... Mais c'est un sujet global, d'ailleurs. Quand on a évoqué l'affaire de la taxe Zucman, le problème de la taxe Zucman, si c'est au niveau mondial, il n'y a pas de sujet. Si c'est au niveau que français, ça en fait fuir tous les autres. Bon, donc, il faut qu'on essaie de regarder sur la fiscalité. Dieu sait s'il y a des besoins d'harmonisation sur la fiscalité européenne. Et donc, s'il y a la capacité au niveau européen de regarder ça, quels sont les super profits qui sont faits par les uns ou par les autres ? Nous ne nous acharnons pas que sur Total. Par les uns ou par les autres, il y a les distributeurs, il y a les raffineurs, et tout le monde n'est pas Total, si je peux dire. Et à ce moment-là, on pourrait éventuellement regarder les choses. Donc, on n'y va pas tout seul ? Mais ça ne sert à rien d'y aller tout seul. En tout cas, sur la fiscalité, ça ne sert à rien d'y aller tout seul.
Est-ce qu'il ne faut pas baisser les taxes sur le carburant ? Le Rassemblement National en parle beaucoup, mais ce matin, sur France Info, Agnès Évren, une sénatrice Les Républicains, disait qu'il fallait baisser les taxes. Il y avait trop de taxes sur les carburants par rapport à nos voisins européens, si bien qu'il y a des gens qui vont faire leur plein en Espagne ou à l'étranger.
Le système fiscal français global, il est basé sur une fiscalité des carburants qui est assez élevée. Donc, ça marche très bien, ce système-là, si on sait où on fait des économies pour équilibrer le budget. Pardon, c'est le choix qu'on a fait depuis des lustres, d'avoir une fiscalité sur les carburants qui est plus élevée que dans d'autres pays européens.
Est-ce qu'il faut remettre ça en question ?
Est-ce qu'il faut se poser la question ? Oui, mais on ne va pas le faire là, dans l'urgence de la crise. Non, il y aura d'autres crises, Marc. Oui, mais qu'on ait besoin de se poser... Est-ce qu'en soi, les taxes sur les carburants sont trop élevées ? Il faut faire une transition du fossile vers l'électrique et vous êtes en train de me dire qu'il faut encourager le fossile. Parce que si vous baissez la taxe sur les carburants, vous encouragez le fossile. Donc, vous préparez les futures crises parce que vous dites, continuez comme ça puisque de toute façon, le prix du carburant sera... On le baisse, j'entends les indiens dire, on va le baisser de 50 centimes. Ça va rendre attractif. Donc, le prix du fossile, et puis le jour où ça remonte, on aura un problème. Et c'est de l'argent, par ailleurs, indistinctement distribué. Quand vous dites faire baisser les taxes, comment je choisis celui qui a les moyens un peu de faire face et celui qui n'en a pas du tout la capacité ? Et deuxième élément, je serais curieux de savoir comment vous vérifiez que cette baisse des taxes, elle se répercute à la pompe intégralement ? Parce que quand on l'a fait,
le risque... On l'a fait dans la restauration, ça n'a pas fonctionné.
On nous avait beaucoup vendu qu'on allait baisser la TVA et qu'on allait le voir dans le prix des repas et la vérité oblige à dire que ce n'est pas ce qui s'est passé. Bon, donc, cette baisse aveugle est inopérante et par ailleurs, à mon avis, pas du tout dans la trajectoire qu'il faut trouver.
Toutes ces questions, elles s'inscrivent dans un contexte qui est quand même très préoccupant. On voit croissance zéro au premier trimestre, retour de l'inflation. Est-ce que vous dites qu'on est à un tournant dans ce conflit pétrolier ? Est-ce qu'on a vraiment un risque aujourd'hui de stagflation ? Et donc, au fond, un décor pour l'élection présidentielle qui devient extrêmement noir.
Peut-être un peu tôt pour le dire, mais en tout cas, les nuages sombres s'accumulent. On ne va pas dire le contraire, parce que quand vous avez une croissance qui est aussi affaiblie et qui va se contaminer cette baisse de croissance à l'ensemble du monde et par ailleurs, une inflation, parce que là, on est sur les carburants, mais les carburants, ils produisent les plastiques, les emballages, ils produisent les engrais. Enfin, les agriculteurs en savent quelque chose. Ceux qui nous écoutent le savent. Bref, tout ça va avoir un effet inflationniste. D'ailleurs, il y a eu quelques révisions déjà à la hausse de la...
Le budget 2026, il est par terre ?
Non, il n'est pas par terre, mais ça va nécessiter, en cours d'exécution budgétaire, et je sais que le Premier ministre Cornu y est très vigilant, c'est qu'en cours d'exécution, il va falloir qu'on fasse des économies, parce que ça ne tiendra pas sinon. Et donc, oui, il y a un grand risque systémique si la crise dure. Alors, ce qui est un peu incompréhensible, c'est qu'elle existe aussi aux Etats-Unis, cette crise qui est en train de naître. Ce qui est un peu hallucinant, si je me permets cette expression, c'est que le Président des Etats-Unis continue à laisser faire et à souffler sur le chaud et le chaud, et pas sur le chaud et le froid, d'ailleurs.
Une question sur les gros rouleurs, puisque vous avez dit tout à l'heure, il faut s'ajuster en continu. Sébastien Lecornu, dans la tribune dimanche, dit aujourd'hui qu'il faut s'adapter en fonction de la durée du conflit. Est-ce qu'il faut comprendre que les aides aux gros rouleurs dureront, enfin, seront distribuées jusqu'à la fin de la guerre en Iran ?
Je ne sais pas si c'est jusqu'à la fin de la guerre, ce n'est pas la fin de la guerre le sujet. Le sujet, c'est la fin de la hausse des prix. Oui, c'est lié. Oui, je reconnais que c'est assez lié. Mais en tout cas, je ne sais pas si c'est une guerre qui va se terminer, parce qu'au fond, il n'y aura pas de vainqueurs et il y a beaucoup de vaincus dans cette affaire-là. Je ne vois pas où vont être les vainqueurs. Les vaincus, les premiers, c'est les citoyens du monde, parce que c'est à nous.
À partir du moment où, en tout cas, le baril va refaire.
Mais à partir du moment, c'est ce que Louis, je crois, veut dire à Sébastien Lecornu. Je ne suis pas son porte-parole direct, mais ce que je comprends, c'est qu'il y aura des besoins d'ajustement, parce que si on n'est pas capable d'ajuster un peu les dispositifs en fonction de ce que vivent les Français, alors on n'est là pour rien.
Marc Fesneau, je vous parlais du budget 2026 et quid du budget 2027 ? Ça va être compliqué à adopter. Dans Le Parisien, Yael Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, se dit plutôt favorable à l'utilisation d'un 49-3 pour faire passer le budget pour l'année 2027, donc sans vote des députés. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Le 49-3, on l'a beaucoup vilipendé, c'est un outil constitutionnel. C'est pas hors de la démocratie, le 49-3. D'ailleurs, c'est un outil très puissant, parce qu'il permet de renvoyer un Premier ministre.
Mais est-ce qu'il faut aller vite sur le budget 2027 ? Ou est-ce que...
Le problème, c'est que le 49-3, il peut avoir comme conséquence de renvoyer un Premier ministre. On l'a vu à deux reprises, 49-3 ou 49-2. Et deuxième élément, c'est que si un 49-3, je vois pas qui voterait pas la censure, l'extrême-gauche la votera, le RN la votera, et probablement la gauche la votera. Donc on n'aura pas de budget. Si vous avez un 49-3 et qu'il y a une... Vous craignez une nouvelle dissolution ? Non, il n'y a pas de dissolution. Je parle de quelque chose qui n'est pas entre mes mains, donc c'est toujours un peu compliqué. En fait, il vaut mieux un 49-3
qu'une loi spéciale, selon vous ?
C'est plus simple... Enfin, non. Ce qu'il faut, c'est qu'on ait un budget qui soit pas simplement un expédient. Pourquoi ? Pour répondre à votre question. Parce que la dette continue à cavaler. L'an prochain, c'est 80 ou 90 milliards. L'année d'après, c'est 100 milliards. 100 milliards, c'est à peu près le double de la plupart des budgets militaires, éducation nationale et autres. Donc on est en train de s'entraver, de se rendre inopérant, y compris pour le quinquennat qui viendra. Donc si certains veulent prendre ces responsabilités, c'est pas la nôtre. Vous connaissez le combat qui a été celui de François Bayrou sur le sujet. C'est pas un combat pour l'esthétique, c'est un combat concret. Mais si vous dites, je fais une loi spéciale, ça veut dire que vous... Toutes les augmentations sont naturelles, y a pas de réduction globale des dépenses, et que 9 mois plus tard seulement, au mieux, vous pouvez rectifier le tir. 9 mois plus tard, ça veut dire que vous perdez une année. Donc le mieux, c'est d'avoir un budget qui soit sérieux. Est-ce qu'il peut passer par 49.3 ? J'en sais rien. S'il passait par 49.3 ou s'il passait par les voies normales... Parce qu'après tout, s'il passe par 49.3, il peut passer par les voies normales. Puisque le 49.3, c'est un outil pour contraindre une majorité. Y a pas de majorité. Donc c'est pas la peine d'aller au 49.3. Et donc on a besoin simplement d'essayer... Je vais au bout quand même, parce que cette question vous avez raison, budgétaire, est importante. Est-ce qu'il y a des gens responsables autour de la table, et pas seulement responsables de leur petite boutique, d'ici la présidentielle ? Responsables après la présidentielle. Parce que le budget qu'on vote pour 2027, il engage la France pour 28, 29 et 30.
Oui, mais on sera en pleine campagne présidentielle.
Oui, d'accord, mais est-ce qu'on peut penser qu'on n'est pas forcément condamnés et à l'impuissance et à l'irresponsabilité quand il y a une campagne présidentielle ? Moi, je pense que ça sera d'ailleurs un des débats. Responsables, pas responsables. Vérité ou mensonge ? Ça sera l'un des débats qu'il faudra poser sur la table.
Marc Fesneau, le temps fort de la semaine, ça était le 1er mai. Les manifestations traditionnelles, bien sûr, pour cette journée des travailleurs. Et puis, un autre débat. Ce jour doit-il rester férié, chômé et payé dans les cortèges ? Vous les avez entendus, les représentants syndicaux ont apporté, eux, une réponse tout à fait claire.
Là, nous, on dit pas touche au 1er mai. Tout simplement, c'est le fruit de l'histoire des conquêtes sociales, c'est le fruit de l'histoire ouvrière. Il est né, quand même, ce 1er mai du combat pour la journée du 8h. Il est né de la répression anti-ouvrière extrêmement sanglante, notamment en 1886, il y a 140 ans, à Chicago. Mais il y a eu d'autres événements
en France. Heureusement, comme les travails du dimanche sont faits pour Noël, on voit bien que c'est un volontariat très forcé par les employeurs puisqu'on voit des patrons qui passent dans les entreprises en disant « j'ai pas le nombre » et qui poussent et qui poussent jusqu'à ce que la personne décide et accepte.
« Pas touche au 1er mai », c'est donc le slogan qu'on a entendu dans les cortèges. Mais mercredi, le gouvernement a présenté un projet de loi qui permettra aux artisans fleuristes et aux boulangers de faire travailler leurs salariés ce jour-là, sous condition, donc à partir du prochain 1er mai 2027. Est-ce que vous voterez ce texte ?
D'abord, rappelez que la loi n'avait pas changé depuis 1947. Le 1er mai, il est chômé, férié, payé. C'est le seul jour comme ça dans l'année. Donc, il est particulier, y compris pour la symbolique des luttes syndicales.
Et ça doit rester comme ça, c'est ça la question ?
Donc, il faut que, principiellement, il reste comme ça. Par ailleurs, qu'est-ce qui s'est passé il y a 2 ou 3 ans, il y a 2 ans, je crois, il y a eu des contrôles chez des boulangers, singulièrement, quelques fleuristes, qui ont fait que des gens se sont retrouvés condamnés alors qu'il y avait une forme de tradition, coutume, je ne sais pas comment dire, qui s'était installée chez ces simples professions. Et donc, il y avait besoin par la loi de restabiliser quelque chose qui s'était installé depuis des dizaines d'années. La loi n'avait pas changé, il y a 2 ou 3 ans. C'est simplement l'application de la loi qui avait fait que, il y avait eu des rigidités qui étaient apparues. L'objectif, pour moi, d'un texte, et c'est le texte du gouvernement, c'est de dire, boulanger, fleuriste, sous réserve d'ailleurs d'un accord syndical, et pour le reste, non, sauf s'il y a un accord de branche. Mais j'entends les syndicats, s'il n'y a pas d'accord de branche, il n'y a pas d'accord de branche. Et puis, il me semble donc que bordé comme ça, c'est votable. Ce qui n'était pas... Il y avait 2 sujets sur la première version alpha, si je peux dire. La première, c'était question de procédure. Vous ne pouvez pas sur un texte aussi emblématique que celui des luttes sociales dans un pays pays, dire, on balaye ça par une motion de rejet. Et par ailleurs, intellectuellement, dire, je vote une motion de rejet sur un texte que je défends, moi, j'ai un petit peu du mal à comprendre comment on arrive à faire ça. Et donc, j'ai dit, pour ce qui nous concerne, au groupe Les Démocrates, que nous ne ferions plus ça. Parce que je pense que c'est...
C'est Gabriel Attal qui a déposé une proposition de loi et fait voter une motion... Enfin, voulait faire voter une motion de rejet.
Collectivement, il faut qu'on s'interroge sur les procédures parlementaires comme on les manœuvre aujourd'hui. On parlera peut-être de commission d'enquête tout à l'heure, pour ne pas les dévoyer. Et donc, il y avait ça. Et deuxième élément, c'est qu'on ouvrait la panoplie à des tas de métiers qui n'étaient pas en question. Et donc, si c'est restreint, si c'est le produit d'un accord syndical, et d'ailleurs, j'ai entendu, y compris les responsables syndicaux, dire pour les boulangers, on veut bien entendre éventuellement parler de ce sujet. Parce qu'il y a un accord de branche. Si il y a un accord de branche. Eh bien, allons là-dessus. Donc, restreint.
Borduré. Borduré, restreint.
Et le 1er mai reste un jour chômé, férié, payé, parce que c'est l'histoire de la France et c'est l'histoire aussi des luttes syndicales.
Alors, c'est intéressant ce que vous dites, parce que François Bayrou avait, lui, essayé de supprimer le jour férié. C'est ce que j'allais dire. Mais c'était pas le 1er mai. Non, et vous, vous mettez vraiment le 1er mai à part. C'est vraiment
le symbole. Oui, mais parce qu'il est à part. C'est le symbole des luttes sociales. Mais parce qu'il est juridiquement à part. C'est le seul jour de l'année chômé, férié, payé. Chômé, obligatoirement chômé. C'est pas la même chose qu'un jour férié. Il a pas le même statut. Donc c'est pas la même chose que le lundi de Pentecôte. D'ailleurs, le lundi de Pentecôte, on est revenu dessus. Ou d'autres jours. Le 8 mai, c'est pas le produit des luttes syndicales. C'est le jour qu'on s'est choisi pour... Bah d'ailleurs, parce que c'est le jour où il y a eu l'armistice avec les Allemands. Ça n'est pas la même chose et le même statut. Donc ça n'est pas la même chose. Par ailleurs, je l'ai dit récemment dans un texte que j'ai produit, je pense qu'on s'interroge sur la capacité que nous avons à soutenir notre système social. Parce que c'est ça, la question du travail qui est posée. C'est pas la question de est-ce qu'on travaille le 1er mai chez les fleuristes et les boulangers.
La question c'est les cotisations sociales.
Est-ce qu'on fait peser le système social sur les salariés, les entreprises, et sur rien d'autre ? Ou sur très peu d'autres choses ? Ça c'est un sujet, parce qu'il faut qu'on produise de la richesse mais si la richesse, elle est complètement absorbée et c'est le problème d'ailleurs de la différence entre le brut et le net sur les salaires, si elle est complètement absorbée par le système social, ça veut dire qu'il faut qu'on trouve d'autres moyens. Et ça, ça peut être un joli
débat présidentiel. Mais il y a un autre peut-être sujet aussi c'était un peu comme le sujet du travail du dimanche il y a 10 ans. Est-ce qu'il n'y a pas des gens qui ont envie de travailler le 1er mai, payer double, parce que c'est un problème
de pouvoir l'achat ? Oui mais je pense que c'est à nous le législateur... Parce qu'il y a un problème de salaire alors, non ? Oui, non mais c'est d'abord parce qu'il y a un problème de salaire. Absolument. C'est-à-dire que les gens veulent les payer double parce que sans doute la rémunération n'est pas assez élevée. Ça revient à mon premier problème qui est celui d'un net et d'un brut qui sont trop différenciants parce que les charges brutes sont trop élevées.
Mais vous dites aujourd'hui en France, on vit mal de son travail ?
Oui, on vit... En tout cas, on n'a pas le même espoir que ceux qui nous ont précédés, c'est-à-dire que quand on rentrait à 25 ans on pouvait espérer un peu s'enrichir si je peux dire, avoir un peu de capital peut-être pouvoir faire l'acquisition d'une petite maison ou d'un petit appartement. La plupart de nos concitoyens aujourd'hui n'ont plus cette perspective-là et par ailleurs, ils pensaient pourvoir pourvoir, pardon, aux besoins de leurs enfants qui allaient en études. Tout ça a disparu. Le différentiel s'est accéléré et donc on a un sujet quand même de travail globalement, mais c'est pas de... Il faut travailler plus. Seulement, c'est est-ce que le travail rémunère et quelle est la charge que prend le travail dans le système social ? Donc ça, ça fera
partie sans aucun doute des débats pour... C'est un beau
débat présidentiel, mais ça n'est pas un débat... Et justement, Marc Fesneau... Vous voyez, c'est le mal français si je peux me permettre de dire ça. Vous voyez, on prend un totem, on l'agite, on range le totem parce qu'évidemment ça agite tout le monde, parce que ça marche bien, c'est fait pour ça. Et à la fin, on n'a pas avancé.
Alors, ça c'est pour tous ceux qui sont allés à la boulangerie ? Gabriel Attal qui s'est retrouvé derrière la caisse ? Non mais si, quand même, il faut le dire. Ce 1er mai, ça a été l'occasion de faire de la politique. Vous n'êtes pas allé acheter une baguette, Marc Fesneau ? Comment ? Vous n'êtes pas allé acheter une baguette ?
Je n'ai pas été acheter une baguette. Parce que figurez-vous qu'à la campagne, on n'est pas toujours très près du boulanger et c'était possible d'être ouvert, mais c'était pas toujours ouvert.
Non mais alors là, c'est pour qui votre petite pique ?
Non mais c'est pas ça. Non, non, j'essaie de nous interroger collectivement, j'essaie de ne pas rentrer dans
les sujets de personne. Vous dites que c'est devenu un objet politique
mais c'est devenu un objet politique pour tout le monde. C'est-à-dire qu'on adore en France ériger les totems, se bagarrer et à la fin, on n'avance pas.
Sébastien Lecornu et Laurent Wauquiez sont allés aussi à la boulangerie.
Non mais c'est pas la question d'aller dans une boulangerie puisque le sujet, c'est pas, on travaille tous le 1er mai, c'est sur ces métiers particuliers, il y a quelque chose qu'on peut faire. Donc c'est pas la même chose que de dire, on agite l'idée que il faudrait, c'était ça votre question, est-ce qu'il faudrait pas que les gens puissent librement travailler le 1er mai ? Et par ailleurs, j'entends les mêmes qui nous disent attention, la société de consommation n'est pas que des consommateurs, on peut aussi un jour par an, ou un jour par semaine, ne pas être simplement des consommateurs et avoir une vie d'une autre nature que celle de la consommation. C'est pas une philosophie qui m'est étrangère en tout cas.
Marc Fesneau, vous avez vu qu'on a commencé déjà à parler de 2027, les candidatures se déclaraient ou murmuraient ou supposaient, se multiplient. Je répète un petit peu la liste, François Hollande, Bernard Cazeneuve, Manuel Valls, Jean-Luc Mélenchon pourraient la prendre aujourd'hui, et Édouard Philippe, Bruno Retailleau, on n'oublie pas Gabriel Attal. Où se situe le centre dans ce paysage ? Question de François Soissose. Où est passé François Bayrou
depuis sa défaite aux élections municipales de Pau ?
Écoutez, il est à Paris, il est en train de finaliser l'écriture d'un livre, qu'il avait commencé d'ailleurs il y a quelques temps. Il est très engagé, il voit beaucoup de monde d'ailleurs et nous voyons beaucoup de monde pour essayer de regarder comment on peut aborder cette question de précédentiel. Donc François Bayrou, si la question de François Bayrou a disparu, non, François Bayrou n'a pas disparu. C'est pas parce qu'il n'a pas décidé...
Il est candidat ?
Non. Attendez, laissez-moi finir. Il n'est pas candidat ou il hésite ? C'est pas parce que vous apparaissez ou vous êtes dans le paysage que vous êtes obligé d'être candidat. Il y a une espèce de réflexe pavlovien. Avant c'était pour avoir réussi dans sa vie il y a 50 ans, il fallait avoir une Rolex, maintenant il faut être candidat.
Enfin tous ceux, vous avez remarqué qu'il y a eu beaucoup de livres ces dernières semaines et que tout cela... C'est généralement pour être candidat.
Pas toujours. Aussi ça peut être pour poser un certain nombre de choses et de réflexions qu'on a sur le débat. En revanche, François Bayrou a bien l'intention... Il l'avait dit et il l'a réexprimé à une occasion, je ne sais plus laquelle, qu'il ne souhaitait pas lui-même être candidat
à la présidentielle. Mais c'est toujours vrai ça ou pas ?
Oui, oui. Je répète ce qu'il dit en on et en off, si vous voulez. A ceux qui le voient et à ceux qui l'attendent. Donc c'est vrai aujourd'hui ? Oui. Si je vous dis que c'est vrai aujourd'hui ou c'est vrai pour toujours, ça ne veut rien dire. C'est vrai. C'est ce qu'il a dit. Et je peux témoigner du fait que François cherche une seule chose, c'est de regarder quelle est la meilleure équation pour que, au fond, ceux qui sont des responsables politiques au sens étymologique du terme se rassemblent pour faire en sorte que nous ne menions pas notre pays au chaos. La question, ce n'est pas seulement de battre tel ou tel, de battre Mélenchon, de battre Bardella ou Mme Le Pen. La question, c'est qu'est-ce qu'on propose aux Français, qu'ils soient un point d'équilibre. Et donc François Bayrou a bien l'intention, et nous avons bien l'intention avec lui, de faire en sorte que nous posions les limites et les balises qui permettent ce rassemblement.
Et parmi tous les candidats qui ont été cités par Alexandra, lequel se rapproche le plus de vos idées ?
Si vous êtes capable de me donner le moindre début du commencement d'un programme pour l'un ou l'autre de ces candidats nommés, on est plutôt dans une espèce de pré-pré-pré-figuration de dire, je suis là. Gabriel Attal
a dévoilé pas mal de pistes. Non, non, ça n'est pas
un projet présidentiel, mais ça n'est pas un reproche. Nous ne sommes pas autant du projet présidentiel. Donc, nous avons l'intention de peser sur le débat présidentiel en disant, voilà ce que devrait être un projet sur la France, sur la question de la démocratie, sur la question du travail, sur la question de l'Europe. Quand allez-vous présenter ce projet ? Il me semble que l'horizon pour présenter ça, c'est début d'été ou entrée d'automne. Parce que ça permettra de mettre dans le débat et ça permettra que cet espace du centre, on va l'appeler comme ça, puisse dire, voilà, en quoi il se reconnaît et quelles sont
ses valeurs. Avec qui cet espace du centre ? Parce que Gabriel Attal, justement, a souhaité la création d'un comité liaison avec Horizon et le Modem en vue de fédérer un espace du centre et du centre droit. Est-ce que cette proposition vous intéresse ? Est-ce que c'est la bonne méthode ?
D'abord, j'étais à ce rendez-vous avec d'autres collègues, avec l'UDI d'ailleurs aussi. Et donc, vous êtes la bonne personne. Personne à qui poser la question ? La question, c'est, dans le moment qu'on traverse, c'est continuer à se parler et de regarder qu'est-ce que peuvent être les points de convergence. Est-ce que ça veut dire que, pour l'instant, on est au point de convergence ? Non, parce que vous voyez bien que, pour l'instant, on est au stade d'émergence
des candidatures. Mais comité de liaison, ça, ça veut dire
des réunions régulières ? Non, le comité de liaison, c'est justement pour maintenir un lien. Liaison. C'est pas un comité présidentiel. C'est un comité de liaison. Donc, l'idée, c'est de se dire qu'on puisse se parler, qu'on évite les embûches qui vont être les nôtres. Parce que, évidemment, comme il y a plusieurs compétitions entre les candidats, il y a des compétitions entre les candidats, il y a toujours un risque de dérapage. Et deux, quelle est la limite dans laquelle on se met ? Par exemple, il y a un certain nombre de sujets. Certains disent, est-ce que ça va des LR à la social-démocratie ? Ce qui me paraît, l'espace qui doit être le nôtre. Mais, quand j'entends parfois des propositions de M. Retailleau, je me dis que ça ne marche pas.
Ah oui, donc, Retailleau, pour vous, il n'est pas des nôtres.
C'est pour ça que je ne veux pas parler des personnes, je veux parler du projet. Parce que, si je commence à m'attacher à telle proposition de telle ou telle,
que ce centre ne soit pas représenté au deuxième tour de la présidentielle.
Mais il sera forcément représenté, parce que, je vais vous dire, une conviction qui est certaine, si ce que nous pesons électoralement et ce que nous sommes n'est pas incarné au travers d'un candidat, il n'y a aucune chance qu'il soit au deuxième tour. Donc, la question, ce n'est pas que ce soit un candidat qui vienne du Modem, de l'Ude, ou de je ne sais pas où. La question, c'est que ce que nous représentons soit posé sur la table par le candidat qui sera à un moment désigné par les uns ou par les autres.
Donc, on entend un peu de chemin. Vous parlez de la social-démocratie. Est-ce que vous pensez qu'un pont est possible aujourd'hui avec des hommes comme François Hollande ou Bernard Cazeneuve ? Est-ce qu'on peut arriver à la constitution
d'un centre-gauche, centre-droit ? J'ai vu un certain nombre d'entre eux. Nous avons des points de divergence, par exemple, sur des sujets économiques, mais avec Bernard Cazeneuve, sur les sujets régaliens, est-ce qu'on a des points de désaccord majeurs ? Je n'ai pas l'impression. Est-ce que la politique, contrairement à ce que dit le Parti Socialiste, qui est maintenant sans défaut, ce qui a été mené par le Président Hollande, était une politique qui n'était pas plutôt favorable, à l'attractivité du pays, avec les baisses de charges massives et autres ? Non. Donc, est-ce qu'on ne peut pas trouver ? Je ne dis pas qu'on pense la même chose. Le sujet, ce n'est pas qu'on pense la même chose. Est-ce qu'il y a des points de convergence ? Est-ce que avec Cazeneuve, Hollande, Attal, Edouard Philippe, on pense... Philippe, vous l'avez cité
en dernier ? Non, non.
Vous le mettez à droite ou au centre-droite ? Si vous voulez, je vous le refais dans l'autre sens. Mais vous ne citez aucun républicain. Non, mais, attendez, laissez-moi finir. Est-ce qu'on a la même vision sur les questions européennes ? Non, mais je ne vais pas faire la litanie, parce que sinon, je fais ce que vous avez fait tout à l'heure, vous en avez pour 10 minutes, si vous voulez, parce que là, vous n'avez pas tout cité. Allez-y, allez-y, non. Donc, est-ce que nous avons le même regard sur le projet européen ? C'est-à-dire, qu'est-ce qui marche, qu'est-ce qui ne marchera pas ? On en reparlera peut-être tout à l'heure. C'est ça qui compte. Ce n'est pas de savoir quel est le meilleur au casting, parce que le meilleur en février ou en avril, ce n'est pas forcément le meilleur en décembre, et tout le monde le sait. En revanche, la question qui nous est posée devant les Français, c'est qu'est-ce qu'on va leur dire ? Qu'est-ce qu'on va leur proposer ? Pas, je suis le meilleur. On s'en fiche, à date. À date, c'est, qu'est-ce qu'on leur dit ? Qu'est-ce qu'ils attendent de nous ? Quelle est la part de ce que nous avons réussi, et en lucidité, de ce que nous n'avons pas réussi ? Et qu'est-ce qu'elle est la part de ce qu'il n'a pas réussi ? D'ailleurs, de la capacité. D'ailleurs, c'est peut-être la principale difficulté, c'est qu'on a donné le sentiment qu'on rassemblait tout le monde et qu'on était tous d'accord. La vérité, les LR viennent très tard à l'esprit de responsabilité en 2024 avec la dissolution. Jusqu'alors, ils étaient dans l'opposition. Et désormais qu'ils sont au pouvoir, ils voient bien que les contingences, évidemment, y compris pour faire des chèques, sont plus compliquées à faire que celles qu'ils réclamaient quand ils étaient dans l'opposition. La question, c'est de trouver autour de la table des gens qui ont une conscience aiguë de la crise devant laquelle nous sommes, qui va venir du fait du contexte international et du fait des propres difficultés françaises. C'est ça qu'il faut mettre autour de la table. Et après, viendra la candidature.
Marc Fesneau, et donc, on comprend que ça n'est pas encore fait. Vous êtes ce midi sur un plateau de l'audiovisuel public avec nos amis du Monde. Vous voyez où je veux en venir. Demain, le rapport du député UDR, allié du RN Charles Alloncle, sera rendu public. C'est un document de 400 pages. Il est consacré à la neutralité, au fonctionnement et au financement de l'audiovisuel public. Il a été approuvé par la commission d'enquête par 12 voix contre 10. Que doivent retenir les citoyens incontribuables de ces 6 mois d'audition mouvementée au sein d'une commission d'enquête qui a été critiquée jusque par son président, le député Horizon Jérémy Patrier Lettuce ?
La vraie question, c'est d'où parle-t-il ? Et c'est ce qui devrait intéresser nos auditeurs. Est-ce que l'extrême droite, dans ce pays, souhaite la privatisation de l'audiovisuel public ? Pour le dire plus clairement, est-ce que demain, Charles Alloncle, ministre de la Culture de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen, mettra en oeuvre le programme de privatisation de l'audiovisuel public du Rassemblement
National ? Est-ce que vous partagez cette grille de lecture ? Est-ce que la commission a été instrumentalisée ? Le rapport ? Est-ce que Charles Alloncle est là pour préparer des esprits ?
C'est d'ailleurs un C singulier qu'elle vient de interroger sur la question de la neutralité, quand le rapporteur du texte est arrivé avec tout sauf de la neutralité. Il n'avait pas un échantillon sur lui de neutralité. Il avait décidé quelles étaient les auditions. Il les a d'ailleurs par ailleurs orientées comme ça. De démontrer que le service public dysfonctionnait de façon très majeure, et qu'il fallait le conduire vers la privatisation. Vous me disiez à quoi sert le rapport ? Malheureusement...
Vous êtes abstenu sur le rapport. Oui, alors j'explique
pourquoi nous sommes abstenus, parce que c'est un peu une procédure qui est un peu bizarre encore. Est-ce que ça veut dire
que vous n'avez pas d'opinion sur la qualité des pages ?
On a dit que c'était un très mauvais rapport, mais voyez, je serai aujourd'hui à l'antenne. Et nous n'aurions pas laissé publier ce rapport. On aurait dit qu'il cache des choses, et on aurait dit que le service public cache des choses. Et voyez, c'est des gens qui ne veulent pas dire... Il y a des choses qu'on ne veut pas nous dire, qu'on ne veut pas exprimer. Tant qu'à dire des bêtises, autant qu'elles soient publiques. Parce que sinon, ça pourrait rendre des choses intelligentes, alors que les cachés auraient donné le sentiment qu'il y avait des choses superbes, intelligentes. Autant voir la bêtise de ce rapport, et voir la vacuité de ce rapport, et voir à quel point...
C'est quand même terrible ce que vous dites. Est-ce qu'on n'est pas quand même face à une crise de la démocratie ?
Mais c'est exactement ce que je vous dis, parce que c'est le deuxième point que je voulais dire, parce qu'on est dans un espèce de schéma binaire, et vous savez ça très bien, c'est... Quand un rapport est mis sur la table, soit vous le votez, il est publié, soit vous ne le votez pas, il n'est pas publié. Il n'était pas question pour nous qu'il ne soit pas publié, parce qu'il fallait montrer à quel point il était uniquement à charge, et sans intérêt dans ce qui doit être quand même une réflexion sur la question du service public.
Alors justement, vous voulez publier un contre-rapport. Qu'est-ce que vous voulez faire ?
L'idée, avec Erwann Balanant-Sophimet, qui était membre de cette commission, c'est de regarder, nous, pied à pied, ce qu'il y a dans ce rapport, et en quoi il doit être contre-carré. Qu'est-ce qu'apporte l'audiovisuel public en termes de création, en termes de diversité, en termes de diversité...
Qu'est-ce qu'il faut réformer aujourd'hui pour vous dans le service public ?
Il y a sans doute des synergies qui peuvent être faites entre telle ou telle chaîne. Il y a sans doute, comme dans toute... Dans toute... Comment dirais-je ? Dans toute structure des économies à faire. On ne peut pas dire qu'il faut faire des économies partout et pas dire qu'on ne peut pas en faire dans l'audiovisuel public. Ce n'est pas parce qu'on veut protéger le service public qu'on en a un défenseur, qu'on ne doit pas y toucher, qu'on ne doit pas s'interroger. C'est d'ailleurs le problème de ce rapport. C'est qu'au fond, ça vient... C'est comme l'affaire du premier. Mais à la fin, on sort et il n'y a plus rien. C'est-à-dire qu'on sait qu'il ne va rien se passer avec M. Alonc et du coup, ça braque tout le monde. Est-ce qu'on a besoin de s'interroger ? Oui. Et donc, moi, je n'ai pas de mal à dire qu'on peut s'interroger sur les synergies, sur les économies qui peuvent être faites, sur des choses... Bref, il y a plein de choses qui peuvent être interrogées. Et donc, notre volonté, c'est de dire, au-delà de ce rapport, d'une certaine façon, qu'il n'a pas d'intérêt dans le débat public, au-delà de braquer les uns contre les autres et de jeter à l'opprobre collective le service public, dont je rappelle quand même qu'il est plébiscité, je le dis sur cette antenne, sur ces antennes qu'il est plébiscité par les Français. Donc, manifestement, il répond à une demande de nos concitoyens. Et donc, je pense qu'on a besoin aussi de dire et de faire porter la voix pour pas que ça soit simplement la voix de M. Allonc. Et puis, ça pose un deuxième problème démocratique, c'est le dévoiement continu, je l'ai dit à plusieurs reprises, d'ailleurs, à la présidente de l'Assemblée en conférence... Des commissions d'enquête. Les commissions d'enquête, maintenant, ça sert à se faire une notoriété quand on n'en a aucune et se choisir un thème sur lequel on est à charge et jamais à charge et à décharge. On devient le procureur d'un thème. Et je trouve que ça n'est pas rendre service à la démocratie. Les bonnes commissions d'enquête, c'est des commissions d'enquête qui essaient, justement, au-delà de l'actualité chaude, de regarder ce qui peut être amélioré, ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas. Et là, on est en train de dévoyer totalement les commissions d'enquête de leur objet initial. D'abord, il y en a trop. Et il n'y a personne dedans. À la vérité, celles-là, il y avait du monde.
Il y en a trop, elles sont réglementées.
Non, sauf qu'il y en a une par groupe et que la conférence des présidents régulièrement dit, on peut rajouter celles-là. Elles sont théoriquement réglementées, mais il y en a plus que le nombre de groupes, le droit de tirage, qu'on appelle le droit de tirage, vous connaissez ça par cœur, une fois par an. Bon, on n'est pas obligés de faire des commissions d'enquête sur tout. On aurait pu faire un rapport d'information, ça aurait suffi. La commission d'enquête, elle a des vertus, c'est qu'on ne peut pas être parjure et, deux, qu'on peut convoquer de force les gens. Très bien. Enfin, peut-être qu'on peut avoir un rapport démocratique qui soit un peu plus sérieux que d'avoir 12-14. Donc, à réfléchir. À réfléchir. Mais c'est vrai que c'est un dysfonctionnement démocratique.
Marc Fesneau, vous êtes l'invité de Questions politiques. On va tenter de mieux vous connaître aujourd'hui.
France Inter. Alexandra Ben Saïd. Questions politiques.
Avec les questions de Brigitte Boucher.
Vous êtes entrée très jeune en politique, Marc Fesneau, puisqu'à 24 ans, vous êtes déjà élue locale d'une petite commune qui s'appelle Marche Noire, dans le Loir-et-Cher. 677 habitants, dont vous deviendrez maire en 2008, pendant 9 ans. Entre-temps, vous êtes élue conseillère régionale, puis députée en 2017. Vous devenez président du groupe Modem, à l'Assemblée nationale. En 2018, vous êtes nommée ministre des relations avec le Parlement, puis ministre de l'Agriculture. Parallèlement, vous grimpez dans les instances du parti secrétaire général du Modem, vice-président puis premier vice-président en 2021. Un mode d'emploi que vous revendiquiez dans une vidéo de votre parti en 2010.
C'est le parcours, finalement, de tout engager dans un mouvement politique que celui d'être militant, puis après, petit à petit, progresser, de franchir les échelons un par un et de pouvoir accéder à un certain nombre de responsabilités. C'est mon cas. Une ascension
discrète, mais remarquée, remarquable. À quoi vous pensez en vous rasant, Marc Fesneau ?
À ne pas me couper. Quand je me rase, je pense à... À bien me raser. Non, c'est pas dire que j'ai pas d'ambition, mais j'ai pas d'obsession. Ce qui m'est arrivé est sans doute le produit de mon travail et de mon engagement, mais je n'ai jamais été dans un endroit en me disant quelle est l'étape suivante. Voilà. Personne ne peut me prendre en défaut d'avoir jamais été comme ça. C'est-à-dire d'être entré au Modem en me disant quelle place je veux prendre au Modem. D'avoir été ministre et de me demander le soir même de ma nomination ministre en relation avec le Parlement si j'allais être ministre d'autre chose. Et ça, pour moi, c'est une force. C'est-à-dire que je n'ai pas d'obsession ni de visibilité ni de faire autre chose que de peser sur la décision publique. Alors ça, j'ai envie... Mon ambition, c'est de peser sur la décision publique. De peser sur la décision publique locale. J'avais envie d'être maire de mon village. C'est pas un grand village, mais je sais ce que j'ai fait dans mon village et ce qui reste aujourd'hui de ce que j'ai fait dans mon village. Et je sais ce que j'ai essayé de faire comme ministre des relations avec le Parlement. On parlera tout à l'heure des questions forestières. Ce que j'ai essayé de faire au ministère de l'Agriculture sur les questions agricoles, sur les questions forestières. Mon ambition, c'est vraiment d'être utile et pas, comment dirais-je, d'avoir la prétention que c'est un droit de tirage qui est celui d'avoir des fonctions. J'ai eu beaucoup de chance. J'ai été ministre six ans sous le président Macron et sous plusieurs premiers ministres. On a pu faire des choses. Et maintenant, je suis président de groupe et je pèse aussi sur la décision.
Je vous pose la question de cette ambition. C'est parce qu'il paraît que vous avez refusé une première fois d'entrer au gouvernement en 2017. C'est tout à fait exact. Pourquoi ? Est-ce que c'est Édouard Philippe qui vous avait appelé ?
C'était Édouard Philippe et François Bayrou. Je pense que l'un et l'autre se souviennent de cette conversation. J'ai dit que c'était pas le moment. Voilà. Parce que je venais d'être élu député pour la première fois. Vous proposez quel ministère ? C'était soit sur les questions de ruralité et agroécoles ou sur les questions peut-être de relations avec le Parlement. Mais enfin, c'était déjà, je crois, Christophe Castaner. Donc, je me suis dit que d'abord, je venais d'être élu député et qu'arrivant député, n'ayant jamais été parlementaire, commencer à dire aux gens qui m'avaient élu que je partais tout de suite et que je vaquais à une responsabilité ministérielle, c'était curieux par rapport au sens que je donnais à la démocratie. Les gens avaient voté pour moi et donc il fallait quand même que je puisse exercer mon mandat. Deuxième élément, j'avais la responsabilité de faire émerger un groupe qui n'avait jamais existé à l'Assemblée nationale, parce que le groupe Modem n'avait pas de groupe depuis sa création, depuis dix ans. Et donc, j'avais une équipe de gens que j'avais sélectionnés, fait élire, aidés, et je trouvais que ma place et mon rôle, je me sentais utile là. Et donc, je me souviens très bien de la phrase, j'avais dit, c'est ni oui, ni c'est non. C'est non parce que je ne sentais pas, dans ce moment-là, que je sois ministre et je pense que d'autres pouvaient l'être à ma place sans que ce soit une grande perte pour la France. Vous voyez ce que je veux dire ?
On continue à parler d'ambition quand même, parce que vous avez été candidat au Perchoir. Perchoir, c'est la présidence de l'Assemblée nationale. Vous avez recueilli deux fois plus de voix que le nombre de personnes de votre groupe.
Mais l'ambition, c'était de se faire entendre.
C'était une candidature de témoignage ? Ou c'est un poste qui vous intéresse dans l'avenir ?
Non, mais le poste de président de l'Assemblée nationale est un poste intéressant, mais ce n'était pas la question qui était posée à cette époque-là. La question qui était posée, c'est... Et je me suis très bien entendu avec Richard Ferrand, comme vous le savez après, donc ce n'est pas le sujet, mais je me souviens très bien dans quelles conditions ça s'est fait. Ça s'est fait, nous avions l'impression, et reconnaissons qu'au début c'était comme ça, que nous ne faisions pas grand cas, toujours. On ne faisait pas grand cas de ce qu'était le mouvement démocrate. J'ai dit, puisqu'on ne fait pas grand cas, on va se mesurer. Et comme on s'est mesuré qu'on a fait le double de voix, que j'ai fait le double de voix, eh bien ça a un peu éveillé les consciences sur peut-être peut-on parler aux voisins, amis, partenaires du mouvement démocrate. Et donc je ne l'ai pas fait. Et je vous prie de croire que je ne croyais pas que je serais président de l'Assemblée Nationale, mais son objectif c'était de montrer qu'on était plus puissant que certains ne voulaient qu'on le soit. Et donc c'est ce qu'on a fait. Ça c'était une ambition, c'était de dire, l'espace du centre dont nous sommes un peu les dépositaires, et pour lequel nous nous sommes beaucoup battus, moi je suis avec François depuis 1997, cet espace il existe, et donc ne lui marchez pas dessus, parce qu'il dira ce qu'il a à dire.
Marc Fesneau, vous chassez à l'arbalète et à l'arc dans les bois...
À l'arc, à l'arbalète c'est interdit.
Vous ne me mettez pas en contravention,
je n'ai plus d'arbalète depuis très longtemps.
Alors à l'arc, dans les bois, comme à l'Assemblée...
C'est le fruit arc, vous voyez.
Est-ce que dans les bois comme à l'Assemblée, vous ratez rarement votre cible ?
Ça dépend, non non. L'arc n'est pas réputé pour être l'outil de chasse le plus performant, mais en même temps c'est celui qui est le plus en connexion avec la nature. C'est pour ça qu'entre autres, quand je chasse, il m'arrive de prendre un arc, parce que je trouve que c'est une connexion à la nature qui est très particulière. Est-ce que je rate ma cible ? Je suis comme tout le monde, je rate ma cible aussi à l'Assemblée comme ailleurs. En tout cas, j'ai de la persévérance dans les idées. C'est-à-dire qu'il y a des sujets que je porte depuis très longtemps et que je continue à porter.
Transition avec la nature, Marc Feneau, vous a demandé de venir avec une carte blanche, vous l'avez faite tout seul. Sans le vouloir en plus. Carte blanche, et vous l'avez déjà dit, vous avez envie de parler de questions forestières. Une minute pour nous dire, pour mettre la lumière sur ce sujet.
Tout ça pour dire... D'abord la forêt, ça parle à tous nos imaginaires d'enfants, d'adolescents. C'est un lieu à la fois récréatif et d'imaginaire pour beaucoup d'entre nous. Puis en même temps, c'est quelque chose de très concret. Après les océans, c'est le deuxième puits de stockage de carbone. Nous avons une politique française forestière depuis plus de 350 ans. C'est sous Colbert qu'on s'est interrogé sur la question de la déforestation. Le grand mouvement de déforestation, c'est au Moyen-Âge. Et le XXe siècle, c'était un mouvement de reforestation. Puisqu'on a gagné quasiment 50% de la surface forestière. Dans le XXe siècle. Et malheureusement, la forêt est malade. Elle est malade non pas de ce que font les hommes, elle est malade du dérèglement climatique. C'est un autre produit de l'activité des hommes. Puisque le puits de carbone que constitue la forêt a diminué de moitié en une quinzaine d'années. Alors que les surfaces augmentent et que les risques incendies augmentent. Puisque la moitié quasiment d'ici 2030 ou 2050.
Alors vous dites quoi ? Vous dites qu'il faut porter des idées écolo ?
Il faut poursuivre ce qu'on a lancé avec le Président de la République. La plantation d'un milliard d'arbres. Alors il y a des contingences budgétaires actuellement. Mais il faut qu'on ait un programme d'attention à la forêt. Et l'attention, c'est pas le laisser aller ou le laisser faire. C'est-à-dire qu'il faut replanter, sortir les bois qui sont dégradés par la sécheresse ou par les maladies et replanter avec des essences qui correspondent mieux au moment dans lequel on est. La difficulté, c'est que ce qu'on plante aujourd'hui, on ne le verra pas, nous. Mais il faut juste penser qu'il faut que nos enfants, nos petits-enfants le voient. Et donc c'est un formidable modèle de développement durable. C'est-à-dire que ça rend modeste la forêt. Parce que ce qu'on fait là, on n'est pas sûr de le voir, mais on est sûr que ça sera utile.
Ça sera sans doute aussi en débat pour 2027, en tout cas si on vous écoute.
C'est 30% de la surface de la France. On en parle assez peu.
Ce qui nous amène à la séquence. France 2027, Françoise Fressoz. Et à la question de l'Europe. Oui, cette Europe, le modem, les centristes
y ont vraiment cru, ça a été l'utopie de l'après-guerre. C'était éviter les guerres intestines de l'Europe, garantir la prospérité économique. Et on voit aujourd'hui l'Union Européenne lâchée par Donald Trump, menacée par la montée des régimes autoritaires comme la Chine et la Russie. Faut-il y croire encore malgré tout ?
C'était une utopie, mais une utopie qui a eu sa traduction. Parce que nous n'avons pas eu de conflit. Jusque très récemment sur le continent européen. Deux, il y a plutôt eu de la prospérité durant cette période-là. Il y a eu un endormissement aussi, peut-être ? C'est ce que j'allais dire. Non, mais je ne saute pas comme un cabri en disant Europe, Europe, Europe. Comme aurait dit le général de Gaulle. Je dis, qu'est-ce qui ne va pas ? D'abord, l'élargissement a été fait sans règle. Et on peut... Tous ceux qui nous ont vendu que c'était bien de rejeter le traité institutionnel ont fait que nous ne pouvons plus pas prendre des décisions à la majorité ou à la majorité qualifiée sur les questions fiscales et qu'on a maintenu le régime de l'unanimité. Le régime de l'unanimité, c'est qu'un État, parmi 27, peut s'opposer à une mesure dont nous aurions tous besoin. C'est quand même... Parce que personne ne rend jamais des comptes chez les populistes. M. Mélenchon nous avait dit, il y a un plan B. Le Pen nous avait dit la même chose. En fait, il n'y avait pas de plan B. Le plan B, c'est qu'on est encalminé depuis qu'on n'a pas réussi cette réforme institutionnelle. Donc, on a, un, un problème d'institutions qui sont beaucoup trop lourdes. Moi, je l'ai vu quand j'étais ministre de l'Agriculture. Quand on vous dit, la perspective de solution, c'est dans 18 mois, 24 mois, intérêts. Et ces intérêts, c'est parfois aussi de regarder que les États-Unis, et c'est pas seulement du côté du temps de Donald Trump, les États-Unis défendent d'abord leurs intérêts. Et donc, l'Europe, elle a à la fois trouvé de la souplesse d'organisation pour prendre des décisions dans les temps qu'il faut. Deux, de faire en sorte de sortir de la naïveté. Relisons et relisez le discours du président de la République. C'est ce qu'il a dit depuis 10 ans. C'est le seul qui a porté cette voix à l'époque. Et je pense que, dans le malheur qui est celui du monde aujourd'hui, entre les velléités de M. Trump qui n'est plus objectivement notre allié, en tout cas qu'il le montre autant ostensiblement désormais, M. Poutine, qui est à nos portes, la puissance chinoise d'où la puissance indienne, pensez qu'on le fera seul, sans l'Europe. Alors, ceux qui se mettent sur ce chemin-là, je leur souhaite bien du courage.
Alors, question vraiment d'actualité, vendredi 1er mai, Donald Trump annonce que 5 000 militaires américains vont quitter l'Allemagne. C'est une rétorsion parce que le chancelier allemand a émis des critiques sur sa politique au Proche-Orient. Alors, est-ce que vous pensez que le moment est venu maintenant d'une clarification entre l'Allemagne et les Etats-Unis ou est-ce que, au fond, l'Allemagne va quand même rester dépendante des Etats-Unis parce que...
Mais c'est pas l'Allemagne, c'est les peuples européens. L'Allemagne, plus que nous, peut-être. Oui, à l'Est, comme il y avait le risque URSS, le bouclier américain, les Polonais, etc., ils sont... Alors, ils ont peut-être pris plus conscience que les Américains ne les protégeaient pas de leurs grands voisins russes et que donc il y avait besoin de se rassembler. Sans doute, le point déterminant, désormais, c'est du côté des Allemands. Mais j'en fais pas une cible, je dis juste...
Parce qu'ils sont très dépendants, quand même, du marché américain.
Oui, mais ils sont très dépendants du marché américain mais dès lors que vous avez à vos frontières pas lointaines une puissance comme la puissance russe qui vous menace et qui menace les équilibres du monde et que, par ailleurs, les Américains disent « Ce n'est plus nos affaires ». Et reconnaissons que ça a commencé probablement sous M. Obama, cette question-là. Trump a tous les défauts, pas celui d'avoir été le premier, malheureusement, sur ce sujet-là. Les Américains se sont désintéressés de l'Europe depuis 20 ans, en considérant qu'il n'y avait plus d'enjeu géostratégique et que c'était la Chine, l'enjeu géostratégique. Et donc, il faut qu'on se prenne en main. Au fond, ça permet d'accélérer le processus de reprise en main intellectuelle, de réarmement intellectuel, de se dire qu'il n'y a pas que des amis ou des adversaires, il y a des gens qui jouent leurs propres intérêts, chacun sous ses intérêts. Nous sommes 480 millions, avec de la richesse, avec de l'innovation, avec de la puissance, y compris militaire, qu'il faut renforcer pour ne pas la rendre dépendante des États-Unis. Je pense qu'on aura fait une œuvre commune et une œuvre utile. Et dans le cadre européen, ça n'existe pas.
Autre question d'actualité, c'est au fond aussi la menace de Donald Trump d'augmenter les droits de l'âme sur les automobiles européennes. Est-ce qu'il faut se coucher ou est-ce qu'il faut dire, maintenant, c'est
œil pour œil, dent pour dent ? J'ai beaucoup regretté, d'ailleurs, vous vous souvenez que François Bayrou l'avait dit lui-même, que la signature d'un accord sur un terrain de golf privé de M. Trump avait eu quelque chose, pour moi, et pour moi français, pour moi européen, d'humiliant. J'ai trouvé qu'on s'était humiliés, ce jour-là. Résultat des courses, il s'affranchit totalement de cet accord. C'est-à-dire que c'est quelqu'un qui ne sert pas
ses villes. C'est-à-dire qu'il n'est pas entré en vigueur, aussi, l'accord.
Oui, d'accord, mais il le dénonce avant de le faire rentrer en vigueur. Alors, à quoi servent les accords ? C'est la faute de Ursula von der Leyen. Quelle est la valeur d'un deal avec le président des États-Unis, aujourd'hui ? Égal, zéro. Donc, il faut qu'on fasse autrement. Et donc, je pense que M. Breton, Thierry Breton, l'a dit à plusieurs reprises, il y a besoin que l'Europe s'assume. Et peut-être que Mme von der Leyen devrait aussi s'inspirer de ce qui s'est passé pour ne pas recommencer la même sérénade et aller sous les fourches codines de Trump. Regardez ce qu'a fait M. Zelensky. C'était courageux, ce qu'il a fait. Parce qu'il a pris tous les risques. Il s'est fait insulter dans la Maison Blanche. Il a dit, je pars. Est-ce qu'il a perdu du crédit auprès de Trump ? Je ne suis pas sûr. Donc, je pense que dans un schéma de puissance, quand vous montrez que vous êtes puissant et que vous ne vous faites pas marcher sur les pieds, pour ne pas dire sur les godasses, je pense que vous donnez le sentiment quand même que vous avez un interlocuteur avec lequel challenger. Et Trump, il ne connaît que ça. Et Poutine, il ne connaît que ça. Et les autres, ils ne connaissent que ça. Et nous, si on est toujours faible, on va disparaître. Quand vous décrivez ce que
vous dites, est-ce qu'il faut repartir de zéro ? Tenter de construire une Europe souveraine à quelques ans ? C'est ce que je suggère notamment dans son livre Le temps d'une décision. L'ancien ministre de l'économie Bruno Le Maire qui a vu de très près le fonctionnement de l'Europe. Mais c'est peut-être un des chemins
pour... Alors, soit on arrive à changer un schéma institutionnel, mais tous les populistes de la Terre qui ne servent jamais les intérêts nationaux, au fond. Ceux qui ont détruit l'accord européen institutionnel de 2005, ils ont détruit la capacité à être puissants, y compris nous Français. Est-ce que si on n'arrive pas à ça, il faut repartir d'un cercle de gens qui seraient extrêmement déterminés à faire... Y compris les fondateurs. Et d'abord les fondateurs. Mais je suis sûr que les autres suivraient. Mais à ce moment-là, on se recrée des règles qui soient des règles qui fonctionnent et pas des règles qui entravent. Mais vous êtes pour ? Vous ou pas ? Moi, je trouve que l'idée est intéressante. Alors, il ne faut juste pas... Quand je dis intéressante, c'est vraiment intéressant. Ce n'est pas pour éluder la question. Il ne faut juste pas donner le sentiment que les autres seraient des secondes zones. Donc, il faut engager un dialogue où on dise... On crée quelque chose de nouveau, où chacun est bienvenu, mais dans les règles que nous nous fixons, qui soient des règles plus opérantes et qui permettent d'assumer une souveraineté plus forte. Marc Fesneau,
ce sont les dernières minutes de cette émission. Vous connaissez le vrai-faux. C'est parti ? C'est parti. Free Party ou Rêve Party, justement. En tout cas, vous n'y avez jamais mis les pieds. Vrai ou faux ? Faux. Vous avez déjà fait une Rêve Party ? Je savais que ça vous ferait lever la tête. Eh oui.
Allez-y. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Maintenant, vous me demandez vrai ou faux. Alors, je vous dis faux, ça vous bloque. C'est moi que vous bloquez. J'ai été jeune et que donc... Donc, vous avez investi un terrain interdit. On n'est pas obligés de devenir un vieux je ne sais pas quoi quand on a été
jeune. Jean-Luc Mélenchon, quatrième candidature en 2027. Vous ne seriez pas surpris. Vrai ou faux ? Je ne serais pas
surpris, non. Vrai. Vous avez complètement... Un petit peu de lassitude, peut-être.
Vrai ou faux ? Vous avez complètement enterré l'idée que François Bayrou soit candidat en 2027. C'est vrai ou c'est faux ? Je n'enterre jamais des idées comme ça. Edouard Philippe serait le meilleur candidat du Bloc Central en 2027. Vrai ou faux ? Trop tôt pour le dire. Un peu de politique fiction, vous vous en doutez. 2027, deuxième tour, Mélenchon bardé là. La question, c'est est-ce que vous vous abstenez ? Vous vous abstenez, vrai ou
faux ? Je refuse de répondre à cette question pour le coup, très clairement, parce que je veux m'éviter ce débat-là. Je veux m'éviter
ce cauchemar-là. D'autres avant vous, personne ne l'a évité
jusqu'à vous. Non, je veux m'éviter ce cauchemar-là parce que je pense que dans l'un et dans l'autre cas, c'est le chaos pour la France. Et Mélenchon est un peu l'idiot utile, si je me permettais cette expression de Mme Le Pen ou de M. Bardé là en disant qu'on ne fêterait pas avec M. Mélenchon. Déjà, essayons de nous occuper que nous n'ayons ni l'un
ni l'autre, ça ne serait pas mal. Le Front républicain face au Rassemblement national, ça ne sert plus à rien. Vrai ou faux ? Vrai.
Je pense que les gens ne comprennent pas ce qu'on veut dire parce que ça a l'impression d'être simplement un schéma en contre et on ne propose rien d'autre. Et immédiatement après, on montre qu'on n'est plus d'accord sur rien. Le Front républicain, c'est qu'est-ce qu'on a comme valeur républicaine. Donc ça peut se réactiver dès lors qu'on se dise de quoi on est capable, qu'est-ce qu'on est capable de faire ensemble. On a fait le Front républicain en 1924 et après tout le monde a voté contre tous les textes. S'il le souhaite, Master Poulet peut s'installer à Blois. Vous n'y voyez pas de problème. Vrai ou faux ? Si j'y vois un problème, parce que d'abord, c'est dans un pays de la gastronomie qu'on... Nous sommes le pays du monde qui a sans doute le ratio de McDo au mètre carré le plus élevé. Ça devrait nous interroger sur le rapport, nous qui aimons tant la nourriture et la gastronomie et les produits de qualité, le rapport que nous avons avec toutes ces chaînes, celles-là comme les autres, qui au fond galvaudent la gastronomie française. Allez en Italie, vous verrez si vous avez autant de magasins de ce type. Merci Marc Fesneau d'avoir répondu aux questions
politiques. Merci à toute l'équipe. Merci à Marius Serrier, c'est à Fabienne Lemoyal, la rédactrice en chef.
François Bayrou