Olivia Richard : "Les réseaux sociaux donnent une caisse de résonance au masculinisme" - Vidéo
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Elisa Richard, vous êtes sénatrice, union centriste, vous représentez les Français établis hors de France et vous publiez donc aujourd'hui un rapport sur la montée en puissance des réseaux et des mouvements masculinistes. Le masculinisme, c'est ce mouvement qui promeut la domination masculine, qui remet en cause les avancées féministes et en novembre 2025, le Sénat est la première assemblée à se saisir de cette question. Après sept mois de travaux, vous remettez donc aujourd'hui votre rapport une alerte sur les risques que représentent ces mouvements et 24 recommandations pour réveiller les consciences et en faire un enjeu de société.
On va détailler évidemment tout cela avec vous durant cette demi-heure. D'abord, vous qui avez travaillé sur ce sujet depuis sept mois, d'où vient le masculinisme ? – Huit. – Huit même, je vous enleve un mois. – D'où vient le masculinisme ? En réalité, c'est une évolution de règles. Du sexisme dans la société qui s'adapte aux avancées féministes. En réalité, dès que les femmes acquièrent un droit, il y a une réponse du patriarcat qui évolue et qui s'adapte.
Et aujourd'hui, en raison du contexte international, en raison du déploiement des réseaux sociaux, le masculinisme a pris une ampleur considérable. Mais ce n'est pas nouveau en réalité, c'est de l'ampleur qui est nouvelle. – Et c'est quoi ? C'est de l'anti-féminisme ? On peut le qualifier comme ça ? – C'est de l'anti-féminisme dans le sens où, bien naturellement, ce sont avant tout les féministes et les associations féministes qui sont visées parce qu'elles sont en première ligne, les femmes en général.
Mais en réalité, les idéologies qui sont promues sont diverses et variées. On parle de bar à salade ou de macédoine idéologique. Vous retrouverez aussi bien des discours antisémites, racistes, validistes. Et homophobes, évidemment, anti-trans. C'est tout un mix d'idéologies et parfois on passe de l'un à l'autre, il n'y a pas tellement de cohérence. Et ça passe par des discours qui endoctrinent et qui attrapent par des discours de bien-être, être la meilleure version de soi-même.
Des coachs en séduction, des coachs de vie sur l'alimentation, sur dormir ou pas, combien d'heures. Voilà, donc des discours qui, de prime abord, ne sont pas très inquiétants et qui, en réalité, amènent à cette vision que l'homme doit reprendre sa place, place qui lui a été ôtée par les féministes et par les femmes. C'est aller trop loin. Et donc, ils invitent ensuite à prendre la red pill, la pilule rouge, en référence au film Matrix, qui ont tout un vocabulaire et qui rapidement évolue et devient incompréhensible pour vous et moi.
Ce qui... Permet de rester entre soi et de continuer l'endoctrinement. Et donc, cette red pill, cette pilule rouge, va permettre à ces jeunes, bien souvent, de réaliser, on les invite à réaliser qu'en fait, le monde est aujourd'hui dominé par les femmes, ce qui n'est évidemment pas le cas, et qu'il faut reprendre le pouvoir et qu'il faut que l'ordre naturel des choses revienne. Les femmes à la maison, à élever les enfants, et les hommes sont là pour protéger, pour...
Ça, c'est la version light. Et petit à petit, la... Il y a des dérives. Il y a des dérives de radicalisation violente. Parce qu'elles sont graves pour la société. Alors, pour tenter de mieux comprendre qui sont les masculinistes, je vous propose de regarder une vidéo de l'un d'entre eux. Il s'appelle Clavicula. C'est un influenceur américain. Il y a quelques jours, il était de passage à Paris pour promouvoir ses techniques de drague. Regardez. Ils doivent être des lesbiennes.
Vous savez ce que je veux dire ? Oui. C'est vrai ? C'est seulement logique. Si ce n'est pas un I.O.I., ils m'aiment. Ils doivent être des lesbiennes. C'est ce que je pense. Voilà. Pour remettre dans le contexte, il a tenté de draguer des Parisiennes. Refus des défis qu'il a tenté de draguer. Sa conclusion, c'est qu'il ne comprend pas. Elles doivent être lesbiennes. On est dans une caricature ou c'est vraiment ça aujourd'hui ? Non, c'est ça. C'est ça.
C'est tout à fait ça. Nécessairement, si les femmes ne sont pas attirées... C'est lui qui prodigue des conseils extrêmement violents pour les hommes et les jeunes hommes. Il les invite à se casser la mâchoire afin d'obtenir quelque chose. C'est ça. Quelque chose de plus carré, ce qui serait selon lui... Ça frappe à coups de marteau pour augmenter sa densité aux choses. Exactement. Pour ressembler à l'idéal qu'ils imposent. La plupart des masculinites expliquent que 80% des femmes sont attirées par 20% des hommes
qui sont les plus fortunés avec la mâchoire carrée. Ce sont les tchads. Et seuls les tchads peuvent accéder aux Stacy, qui sont l'équivalent parfait. Donc ce serait... Je vais employer un autre terme américain parce que tout ça nous vient des Etats-Unis. De tradwives, c'est-à-dire la femme à la maison qui, avec bonheur et délice, s'accomplit dans les sous-tâches et dans l'éducation des enfants. On est un peu dans un mélange de narcissisme extrême.
Parce que là, on est dans un narcissisme poussé à l'extrême. Et aussi de frustration, c'est ça, aujourd'hui ? De faille narcissique, en réalité. C'est-à-dire que ces gens-là proposent des solutions simplices à des gens qui ne vont pas bien. Ils expliquent à des ados de 13-14 ans qui sont très vite happés sur les réseaux sociaux par ces femmes. Ils appuient sur ces contenus à cause des algorithmes qui prévoient ça et qui font la promotion de ces idéologies.
Ils appuient sur des failles causées soit par un trauma dans l'enfance, par du harcèlement scolaire, par le fait qu'ils se sentent seuls, qu'ils n'arrivent pas à séduire. Tout adolescent traverse une phase difficile pour la construction de son identité. Et ces gens-là viennent leur apporter des solutions simplistes pour comment devenir la meilleure version d'eux-mêmes ou à détester la façon dont ils sont. C'est la cause principale de leur malheur qui est bien sûr les femmes.
C'est un phénomène qui prend de l'ampleur. En France, est-ce qu'on arrive à le quantifier aujourd'hui ? Non, on n'arrive pas à le quantifier d'autant qu'il est diffus. Vous avez de tout dans les masculinistes. Vous avez ceux qui vous expliquent qu'il faut, pour être un homme invrais, multiplier les conquêtes. Ce sont les pick-up artistes. Vous avez les autres qui vont vous expliquer qu'au contraire, il faut se respecter. Donc il ne faut pas toucher une femme
dont le body count, le nombre d'amants excède un certain nombre. Je crois que c'est 5.
Il y a une pluralité de mouvements. Et quand on entend à la radio, il y a quelques mois, qu'un groupe d'entrepreneurs qui lance leur affaire décide de ne pas toucher une femme pendant 5 ans, parce que de toute façon, aujourd'hui, ils n'auront pas celle qu'ils voudraient avoir parce qu'ils n'ont pas assez d'argent. Donc il faut qu'ils attendent 5 ans, qu'ils préservent leur vitalité pour, dans 5 ans, pouvoir souffrir comme un objet. La femme de leurs rêves,
je suis désolée pour eux, c'est donc une femme vénale qui ne s'intéresserait qu'à leur argent. Mais voilà, tout ça entretient dans un cycle qui ne rend personne heureux. Et en novembre dernier, vous vous emparez de ce sujet avec vos collègues sénateurs. Et Steve, on le disait, c'est la première fois qu'une institution française dresse un état d'élu aussi complet du phénomène masculiniste. Pourquoi aujourd'hui ? Parce qu'effectivement, selon les rapporteurs,
le phénomène est en train de changer d'échelle. L'Orient, pendant longtemps, ses discours étaient réservés aux forums un peu obscurs, aux communautés vraiment militantes sur Internet. Désormais, ses discours circulent partout. TikTok, Instagram, YouTube, Twitch, les auditions au Sénat ont montré que les contenus masculinistes sont diffusés via les influenceurs, les podcasts, les vidéos de coaching, vous le rappeliez. Le rapport cite une étude de l'Université de Dublin.
26 minutes, 26 minutes, c'est le temps qu'il faut à un jeune pour se voir recommander des contenus masculinistes après une connexion sur les réseaux sociaux. Madame la sénatrice, le rapport... Le rapport insiste beaucoup sur les réseaux sociaux. Ça veut dire que sans réseau social, sans réseau social, il n'y a pas de masculinisme aujourd'hui ? Si, mais il n'y aurait pas la même ampleur. C'est une caisse de résonance. C'est une caisse de résonance et ça n'est que le début.
26 minutes, pour les enfants de 13 ans, ça tombe à 10 minutes. Donc, on voit bien à quel point c'est rapide et à quel point c'est prégnant parce qu'en plus, l'algorithme vous enferme. Il y a une sorte d'emprise numérique qui fait que... Vous en avez plusieurs. Vous n'avez plus que ça qui s'affiche. Donc, vous et moi ne pouvons pas avoir accès à ça. Je dirais sur un réseau social, je ne me verrais pas proposer ça parce que j'ai 49 ans et que je suis une femme.
Évidemment, pour un gamin de 13 ans et on sait à quel point les enfants aujourd'hui sont plus laissés à la maison avec des écrans sans que leurs parents n'aient conscience de ce à quoi ils peuvent être confrontés. Et donc, oui, les réseaux sociaux jouent un rôle déterminant là-dedans. Encore une fois, ce n'est pas les réseaux sociaux qui ont inventé, qui ont inventé la misogynie. La misogynie, je vous le rappelle, c'est la haine des femmes. Ça existe de tout temps.
Il y a un continuum que vous établissez dans le rapport entre le sexisme et le masculinisme. Vous parlez des réseaux sociaux. On va revenir peut-être ensuite sur les recommandations, mais vous prenez l'interdiction des réseaux sociaux en dessous de 15 ans. Oui. Il y a une sorte de consensus, mais qu'est-ce qu'on attend ? L'inscription à l'ordre du jour du Sénat. Beaucoup de textes sont votés dans l'une des deux chambres et n'arrivent jamais à l'autre.
Donc, ça, c'est un problème d'organisation de l'ordre du jour parlementaire. Il faut impérativement que ce soit adopté. Pour l'instant, ça n'est pas le cas. Nous prenons surtout une réadaptation, une réforme du modèle économique des réseaux sociaux parce qu'évidemment, si le masculinisme rapportait moins d'argent, peut-être qu'il aurait moins de succès. La réalité, c'est qu'il y a des flux financiers considérables qui sont très compliqués à mesurer,
mais un masculiniste qui doit être extrême pour faire le buzz et faire du clic et faire des vues gagne énormément de succès. Vous parliez de cas claviculaires. Je crois qu'on l'estime à 100 000 dollars par mois pour expliquer aux jeunes qu'il faut se casser la mâchoire. Juste pour revenir peut-être sur les réseaux sociaux très rapidement, si je ne me trompe pas, les réseaux sociaux ne sont pas considérés comme responsables du contenu qu'ils diffusent.
C'est des hébergeurs. Alors, on a eu... C'est compliqué de les sanctionner. Sauf que nous avons eu récemment une décision de la Cour de justice de l'Union européenne s'agissant de l'interdiction de la vérification de l'âge pour le porno qui, en fait, joue aussi un rôle déterminant dans la sexualisation des violences et qui dit que les algorithmes doivent être considérés comme responsables. Et donc, il y a une responsabilité à mettre en place ce système-là
d'enfermement numérique. Donc, à suivre. C'est une décision très importante. D'accord. On va s'intéresser à vos recommandations. Je le disais, elles sont au nombre de 24. Quelles sont les principales recommandations ? Effectivement, 24 au total. Trois ressortent particulièrement, Rian. Premièrement, l'idée est de créer une vieille société et une véritable stratégie nationale contre le masculinisme avec pilotage interministériel. Deuxièmement, durcir la régulation
des plateformes. Les rapporteurs veulent intégrer les contenus masculinistes aux risques surveillés par l'Europe. Elles veulent aussi démonétiser ces contenus pour les privés de revenus publicitaires. Et puis, troisièmement, renforcer la prévention. Plus d'éducation aux médias, plus d'éducation à la vie affective et sexuelle et davantage de formation pour les enseignants, pour les travailleurs sociaux et pour les femmes. Famille. Combien tout ça va coûter ?
Combien coûte la prévention routière ? La prévention, c'est un investissement qui finit par faire gagner de l'argent à la société. Mais si vous avez pu l'évaluer comme ça, toutes ces mesures, combien ça va ? Non, parce que ce n'est pas une proposition loi, n'est-ce pas ? Ce sont des recommandations et ma conviction, c'est qu'à multiplier les acteurs et à multiplier les mesures, en réalité, c'est ce millefeuille qui coûte cher. Si on a un pilote dans l'avion
qui coordonne toute l'action de l'intégralité des acteurs, parce que beaucoup sont impliqués déjà, ça permettra de gagner de l'argent intelligemment sur la dépense publique dans les... Mais là, déjà, vous dites, le problème, c'est que ça passe un peu sous le radar des politiques publiques. Est-ce que déjà, il ne faut pas que ça devienne une priorité ou en tout cas un débat important des pouvoirs publics et des politiques publiques ? Précisément, c'est pourquoi
ce rapport est si épais. C'est un pavé, un pavé dans la mare pour dire, attention, notre société est confrontée à un risque majeur et nous n'avons pas le contrôle, bien sûr. Beaucoup d'acteurs sont impliqués. Est-ce que c'est une responsabilité qui a laissé faire et qui a laissé se développer ces mouvements masculinistes ? Encore faut-il en avoir conscience quand on n'a pas de remontée statistique, quand le meurtre d'une femme est poursuivi sous l'aggravation
de l'alcool parce que c'est facile à prouver alors que manifestement le monsieur sortait de boîte de nuit et s'était pris des fours toute la soirée et qu'il va tuer une femme qu'il ne connaît pas sur le bas-côté croisée en rentrant à la maison. C'est l'état d'ébriété au volant qui est retenu comme circonstance aggravante. On aurait peut-être pu essayer de mobiliser la circonstance aggravante de crime haineux en raison du genre mais tout ça fait partie
d'une invisibilisation et donc d'une banalisation du discours misogyne. Et voilà, ça commence là et après, c'est au quotidien. Je me permets de dire une des recommandations importantes aussi c'est l'aide à la parentalité parce qu'entre le terrorisme et le risque terroriste en France qu'on connaît qui est très identifié par les acteurs tels que le PNAT, la DGSI, Pharos, ils sont déjà dessus. Entre ça et le féminicide qui, in fine, est la version la plus extrême
de tout ça, il y a les violences quotidiennes des enfants dans les familles qui tout d'un coup, les parents n'ont pas vu venir, n'acceptent plus de faire la vaisselle parce que c'est des violences et qui interdisent à leurs soeurs de sortir comme ci, comme ça. Mais c'est en ça que vous dites que c'est aujourd'hui une menace pour notre démocratie et notre cohésion sociale ? C'est en ça et dans le fait que ça entraîne un clivage parce qu'encore une fois,
évidemment, la porte d'entrée c'est les femmes qui sont responsables et les féministes qui sont responsables du malheur des hommes mais ça touche tout le monde et très rapidement ce bar à salade idéologique et radicalisé mène vers la haine de tout ce qui est différent et ce projet suprémaciste blanc de l'homme blanc ne peut être qu'un danger. Et comment se dit-il ? Le rapport parle de radicalisation ? Oui, le rapport parle de radicalisation. C'est d'ailleurs
l'un des points les plus marquants du rapport. Le masculinisme ne relève plus seulement du débat culturel, du débat sociétal. Il peut effectivement aussi conduire à la violence et les services de renseignement suivent cette menace de très près. La DGSI a même déjoué l'année dernière un projet d'attentat lié à cette mouvance. Selon le rapport, une dizaine de très jeunes individus susceptibles de basculer dans une situation une radicalisation violente
sont aujourd'hui surveillés. Le Sénat parle aussi de liens croissants entre les réseaux masculinistes et l'ultra-droite. Madame la Sénatrice, quels sont ces liens entre l'ultra-droite et les réseaux masculinistes ? Bon, mais c'est le projet politique. Depuis la réélection de Donald Trump, depuis... Enfin, Poutine n'a jamais fait mystère de ses opinions masculinistes. Là, pour le coup, on ne peut pas avoir beaucoup de doutes.
Le projet politique, c'est porté par l'extrême-droite, l'ultra-droite, à savoir, encore une fois, la radicalité envers les femmes, envers les juifs, envers tout ce qui a une couleur de peau différente. Pourquoi l'ultra-droite, ce n'est pas forcément le Rassemblement national où vous incluez le Rassemblement national dans cette mouvance ? En France, c'est plutôt Zemmour. Donc, les mouvements identitaires. Mais je ne dis pas qu'il n'y a pas de masculinistes
à l'extrême-droite. D'ailleurs, Zemmour est à mon sens à l'extrême-droite. Mais il y a
Éric Zemmour. Le parti reconquête. Par Zemmour. Éric Zemmour, très particulièrement. Oui, il a écrit un brûlot il y a 20 ans qui est le premier ouvrage masculiniste. Voilà. Après, il a fondé Reconquête. Nul doute que les gens de son parti sont d'accord avec lui. Il y a une fusillade qui a eu lieu en début de semaine à Montréal. Trois morts, dont un policier et l'assaillant. L'assaillant qui aurait laissé derrière lui un manifeste d'une centaine de pages
dans lequel il exprimait sa haine des femmes dans la lignée d'un courant masculiniste qu'on appelle Incel, qui rassemble les hommes qui essaient d'être rejetés par les femmes et qui, du coup, les tiennent responsables de leur malheur. Ça s'est passé à Montréal mais en France, la DGSI alerte également sur ce mouvement à potentialité terroriste forte. On va écouter ce qu'en dit le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez. Les attaques que subit aujourd'hui
le numéro national 3919, victimes femmes info, ne sont pas d'effets isolés. Elles s'inscrivent dans un contexte plus large de montées en puissance, de la menace masculiniste organisée, décomplexée qui s'attaque frontalement aux politiques d'égalité, aux associations féministes et aux dispositifs de protection des femmes. Effectivement, la mouvance Incel se développe dans notre pays avec, on l'a vu, dans d'autres pays, des actions qui ont pu être menées
qui ont été des actions violentes qui ont pu conduire y compris à des actions terroristes et je peux vous dire que cette mouvance elle est suivie aussi par les services de renseignement français. On entend le ministre de l'Intérieur « Potentialité terroriste forte » ça veut dire que de tels actes pourraient arriver en France ou on peut en arriver assez délicatement Il y a eu des dérives là du mouvement masculiniste ? Bien sûr. Il l'a très bien dit.
Il y a eu un attentat déjoué parce que le passage à l'acte était imminent. D'autres sont surveillés mais enfin, on ne peut pas surveiller tout le monde donc bien évidemment que le risque est majeur mais je note avec intérêt qu'il commence son intervention par les attaques au 39-19 et ça illustre mon propos sur le fait qu'il ne faut pas caricaturer ou méconnaître, sous-estimer le masculinisme ordinaire, banal. Encore une fois, c'est un mouvement c'est pas nécessairement
des hystériques avec un couteau. Il y a tout un éventail et à commencer en France par les associations de défense des droits des pères. Vous allez me dire c'est pas très méchant qu'un père qui veut défendre ses droits et voir ses enfants sauf que ces associations-là sont en fait des mouvements radicalisés qui ont pour message de dire au 39-19 qui est la ligne d'écoute de soutien aux violences faites aux femmes, aux femmes victimes de violences, pourquoi c'est pas ouvert
aux hommes victimes ? C'est nier, c'est prétendre qu'il y a une égalité entre l'ampleur des violences faites aux femmes et celles des hommes et donc ils essaient de bloquer le numéro et de saisir des parlementaires pour poser des questions.
On va voir comment les élus locaux s'impliquent dans la lutte contre le masculinisme. On va aller dans les Alpes de Haute-Provence par ailleurs de Dignes-les-Bains. Bonjour Magali André, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes adjointe au maire d'Aiglin, vous organisez ce soir, vous êtes adjointe au maire d'Aiglin, vous organisez ? Ce soir, dans votre commune, une rencontre-échange autour de la question de la lutte contre les violences intrafamiliales,
la question du masculinisme devrait être abordée. Est-ce que vous, en tant qu'élu local, vous êtes confrontée à cette montée du masculinisme ? Est-ce que vous sentez des signaux faibles ? Oui, merci beaucoup de m'inviter. En effet, on organise ce soir avec l'association des femmes élues du département une rencontre avec des expertes sur la question des violences. Le sujet du masculinisme pourrait être abordé dans la mesure où le masculinisme est une forme de violence
et c'est même aussi un mouvement qui cautionne voire qui promeut la violence faite aux femmes. On a tout à fait nécessité à en parler. On va donner la parole à des expertes de la justice, de la police, la déléguée, la préfète de la police, la déléguée de la préfète à l'égalité sera aussi présente pour expliquer tous les dispositifs et l'idée, c'est aussi de mieux connaître justement toutes les formes de violences pour les comprendre. Donc, évidemment,
parler du masculinisme et merci de mettre l'accent sur ce sujet-là, c'est intéressant, c'est important. Olivia Richard ? Je me félicite que ce soit Madame le maire son part, la mère, je ne sais pas comment vous souhaitez être appelée, son part de ce sujet. Il faut évidemment que ce soit, que ça redescende vite, vite sur le terrain en même temps qu'il faut que ça soit saisi par le gouvernement. Justement, Magali André, vous, en tant qu'élu local, en tant qu'adjointe
au maire, de quels outils vous disposez pour vous prémunir de la montée de ce phénomène ? Est-ce qu'au niveau local, vous êtes armée suffisamment ? Alors, suffisamment, je ne sais pas, au vu des chiffres, malheureusement, qui sont plutôt négatifs, des constats de faits, plutôt négatifs. Néanmoins, l'idée, c'est justement d'arriver à en parler de façon constructive et d'arriver à faire en sorte que chaque élu, mais même chaque citoyen, arrive à avoir
une responsabilité et des clés, justement, pour agir. L'idée, c'est d'avoir, avec, justement, ces échanges avec ces expertes, avoir une idée de comment coordonner, de quels sont les acteurs sur le terrain pour arriver à mieux détecter des situations, à mieux orienter les victimes, mais aussi à travailler, comme le disait Madame Richard, sur la prévention. C'est essentiel. Donc, à tous les niveaux, en fait, les élus nationaux, européens, notamment,
vous en avez parlé sur la question de la réglementation et de la souveraineté numérique, parce que c'est aussi une manière d'accentuer le phénomène, mais aussi à, pourquoi pas aussi, ce sujet-là, on pourrait s'en emparer aussi au niveau local avec des ateliers de sensibilisation avec différents publics sur le terrain, mais c'est aussi mieux travailler sur la représentation des femmes sur le terrain également. Donc, en tant qu'élus local, on a tout accès
à, finalement, enfin, on participe à la construction d'équipements publics, à la labellisation des rues, etc. Donc, l'idée, c'est aussi ça, travailler sur la féminisation des rues, enfin, la meilleure représentation par des femmes, des femmes dans la société en général. Et après, ça peut être aussi, simplement, déjà, dans nos équipes municipales, avoir une ou un délégué à l'égalité pour, justement, s'assurer que ce sujet transversal soit vraiment écouté
et pris en compte dans chacune de nos politiques. Merci, Magali André. Merci infiniment d'avoir été avec nous depuis les Alpes-de-Haute-Provence et on le voit, Olivier Richard, le réveil des consciences auxquelles vous appelez, il passe aussi par le local. Et surtout, et par l'école. Et par l'école, d'insister sur le fait que l'école est très équipée déjà sur l'analyse des outils pour la détection et l'accompagnement de la radicalisation des élèves.
Si, vous avez une dernière question. Oui, dernière question, très rapidement. Quelle suite sera donnée à votre rapport ? Il y a, par exemple, des associations qui demandent des poursuites contre l'État pour inaction. Est-ce que vous y êtes, vous, favorable ? Je n'ai pas entendu ce type de... Dans quel cadre ? Inaction. Pour inaction face à la montée du masculinisme, face aux dangers que vous pointez dans votre rapport, précisément ? L'État répondra
et nous a déjà répondu qu'il y avait insuffisamment de remontées d'alerte de la part d'associations dont l'objet social n'est pas, précisément, la lutte contre le masculinisme et donc ne peuvent pas accompagner les victimes lors des procès. Je ne dis pas que c'est la faute des associations. C'est certainement à l'État, et c'est ce qu'on demande, de développer une prise de conscience collective au niveau de tous les ministères avec un pilote déterminé,
j'insiste, pour pouvoir coordonner toute l'action publique. Voilà, c'est un sujet important. Est-ce qu'il faut poursuivre l'État ? Mon Dieu ! Merci, Olivia Richard. Et on le précise, parce qu'on n'a pas eu le temps d'en parler, mais dans vos propositions, il y a aussi une amende pour ceux reconnus coupables de propos masculinistes sur les réseaux sociaux. Ça fait partie de vos propositions. Merci beaucoup d'être venue nous les présenter ce matin. C'est un rapport
remis aujourd'hui. Merci, Olivia Richard.
Olivia Richard