Doualemn, Gaza, budget 2025... l'interview d'Éric Zemmour en intégralité
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Vous regardez Tout le Monde Veut Savoir et tout de suite, l'invité du jour. Bonsoir Éric Zemmour. Bonsoir Benjamin Diomé. Merci d'être avec nous ce soir dans Tout le Monde Veut Savoir, ancien candidat à l'élection présidentielle, président du parti Reconquête. Beaucoup de sujets à aborder avec vous ce soir, bien sûr la situation politique. Est-ce que ce budget vous convient, vous qui aviez appelé à ne pas censurer Michel Barnier ? On parlera également des chiffres de l'immigration, du droit du sol, de celui qui semble être votre modèle, Donald Trump. Mais je voudrais commencer par cette information qui est tombée il y a quelques instants, le tribunal administratif de Melun qui a annulé l'OQTF, l'obligation de quitter le territoire français qui touchait l'influenceur Doualemne, cet influenceur algérien que le ministère de l'Intérieur souhaitait expulser. Place Beauvau, le ministère qui a fait appel, mais cet appel n'est pas suspensif, ça veut donc dire que cet influenceur Doualemne peut sortir du centre de rétention administrative. La procédure d'urgence d'expulsion qui avait été invoquée par le ministère de l'Intérieur a donc été jugée excessive par la justice. C'est ça le résultat quand on veut... gonfler les muscles et qu'on considère que la politique est plus forte que le droit ?
Mais la politique n'est jamais très éloignée du droit, cher Benjamin Diomel. Vous savez, il est de coutume, depuis des dizaines d'années, j'ai écrit un livre qui s'appelait « Le coup d'état des juges » en 1997. Donc j'avais enquêté à l'époque déjà sur les pratiques des juges, qu'ils soient de l'ordre judiciaire ou de l'ordre administratif, et il est très courant qu'ils utilisent, que certains magistrats utilisent toutes les subtilités, du droit, et Dieu sait s'il y en a, vous savez, Giraudou disait, le droit est le royaume de l'imagination, pour imposer leur vision politique. Quelle est leur vision politique ? Leur vision politique est d'abord une espèce de sacralisation des droits de l'individu, et deuxièmement un internationalisme qui fait que nous sommes tous citoyens du monde et que la France n'a pas de droit par rapport à la défense de son territoire, etc. Mais Éric Zemmour, si je vous écoute, au fond, vous...
Oui. ...ce l'a eu sur un gouvernement des juges, des juges politisés. Est-ce qu'on peut juste considérer que l'état de droit fonctionne de telle manière qu'il y a des règles concernant l'expulsion, y compris d'individus qui n'ont pas vocation à être sur le territoire, que Bruno Retailleau, visiblement, a souhaité une expulsion en urgence, et que cette expulsion en urgence a été jugée contraire au droit ? Benjamin Duhamel, vous pouvez faire du juridisme. C'est pas du juridisme, ce sont les règles de droit, Éric Zemmour.
Je pense que la démocratie, c'est d'abord... Le pouvoir du peuple, c'est la volonté du peuple, c'est...
Donc pas de garde-fous, pas de possibilités de faire appel devant la justice administrative quand on est expulsé ?
Non, non. Écoutez. Il y a la démocratie, le pouvoir du peuple. Il y a le droit. Le droit, qu'est-ce que c'est ? C'est le respect de la loi. Et évidemment que le gouvernement est soumis au respect de la loi. Maintenant, ce que je veux dire par là, c'est qu'il ne faut pas... Qu'il y ait une... Une conception qui est celle des juges depuis, je vous le répète, depuis des décennies, qui est que les droits de l'individu s'imposent en tout et pour tout aux droits de l'État et de la nation. Surtout en droit administratif. La philosophie du droit administratif, normalement, c'est de concilier la liberté de l'individu, qui m'est chère, et avec les intérêts de l'État et de la nation. En l'occurrence, j'estime que cette décision ne respecte pas cet équilibre, et qu'elle ne respecte pas les droits de l'État à défendre son intégrité, sa souveraineté et la volonté du peuple.
Je vous donne cette information par ailleurs, l'influenceur de Wallen est sorti du centre de rétention administratif.
Vous savez, comme des centaines et des milliers d'immigrés clandestins qui sont libérés pour une pécadille sur un rapport de police. Vous savez, je vous ai dit, le droit c'est très bien, c'est sacré, mais le juridisme... C'est une déviance du droit.
Rentrons dans le détail, et on parlera dans un instant de la question des relations avec l'Algérie, puisque c'est aussi ce dont il est question, puisque rappelons à ceux qui nous regardent que cet influenceur était parti pour Alger, atterrissage en Algérie, et que les autorités algériennes avaient refusé de le récupérer. Il avait pourtant un passeport, et donc il était revenu en France. On en parlera dans un instant, mais sur précisément ce que vous êtes en train de dire sur la justice administrative. Vous, président, si je peux dire, vous au pouvoir, qu'est-ce que vous feriez différemment pour, en quelque sorte, de contourner, si j'ose dire, cette décision en droit du juge administratif, qui considère que la procédure utilisée n'était pas la bonne, et qui dit, le problème c'est la procédure en urgence, il peut parfaitement y avoir une procédure normale, c'est d'ailleurs visiblement la procédure que va choisir désormais le ministère de l'Intérieur, mais la procédure en urgence, elle était exorbitante pour là encore reprendre des termes juridiques.
Mais on peut changer les procédures, on peut changer le droit. Le droit ça se change par une loi, par le parlement, tout ça c'est le produit... C'est un compromis, on peut changer le droit, vous comprenez ? Quand on est au pouvoir, on change le droit, parce qu'aujourd'hui il y a pour moi une priorité majeure qui est la lutte contre l'immigration et contre ce que j'appelle l'islamisation du pays. Et donc, si le peuple me donne le pouvoir, je prendrai des lois qui limiteraient cette possibilité des juges de faire tomber toutes les décisions administratives pour des pécadilles juridiques.
Mais limiter ça veut dire quoi ? Ça veut dire diminuer drastiquement le pouvoir du juge administratif sur des décisions ?
Ça veut dire limiter le pouvoir des juges, oui. Mais vous savez, les juges ne sont pas tout puissants, il n'y a pas une dictature des juges.
Mais est-ce que c'est quoi la fin de l'État de droit ? Les juges doivent être contre... C'est quoi la fin de l'État de droit ?
Non. Vous voyez, il n'y a pas des lieux communs comme ça qui sont dérisoires. Ce n'est pas des lieux communs, Zemmour, j'essaie de comprendre ce que vous dites. Le droit doit, encore une fois, protéger les individus contre le pouvoir excessif des gouvernements. Il ne faut pas que ça soit l'inverse. Il ne faut pas que le pouvoir soit désarmé par le droit. Donc, il nous faut absolument un équilibre et s'estime que depuis des décennies, cet équilibre est rompu par un pouvoir excessif des juges. C'est-à-dire que le contre-pouvoir est devenu le pouvoir. Et que le pouvoir est désarmé. Et ça, ça se retourne contre le pays et contre le peuple français.
Pour reprendre l'expression État de droit, je me souviens de Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, qui disait que l'État de droit n'était ni intangible ni sacré. Il s'était ensuite repris en quelque sorte en disant « je ne voulais pas parler de l'État de droit, mais de l'État du droit ». Est-ce que vous considérez ce soir que cette décision de justice, la conséquence qui est que Doualem est libre, c'est un échec, c'est une défaite pour Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur ?
C'est évidemment un échec pour Bruno Retailleau, mais c'est un échec pour la France. Parce que nous allons voir, puisque vous m'avez dit qu'on allait parler maintenant de l'Algérie, c'est la France qui est ridicule. Et cette décision de justice sert les intérêts d'un pays qui nous déteste et qui s'appelle l'Algérie. Il faut voir ça aussi. C'est pour ça que je vous parlais d'équilibre. Allons sur le sujet de l'Algérie, qui est le sujet essentiel en vérité. Nous avons ce pays qui est... en principe indépendant depuis 60 ans et qui, en fait, se repaie de sa détestation pour la France. Tous les échecs de ce pays sont mis sur le compte de la France, de la colonisation. Et qui... Je pense qu'il y a un rapport très pervers entre la France et l'Algérie. Vous savez, il y a quelques mois, M. Tebboune a dit... Le président algérien, oui. Le président algérien a donné une interview à un journal français et dans lequel il a déclaré, soi-disant sous forme de boutade, que la France devrait donner aux Algériens des visas de 132 ans. C'est-à-dire que c'est exactement la durée de la colonisation française en Algérie de 1830 à 1962. Qu'est-ce que ça signifie, cette fausse boutade ? Ça signifie que les Algériens considèrent légitime de coloniser la France à leur tour. Et ça explique beaucoup de choses. Ça explique beaucoup de comportements. Ça explique cette haine de la France qu'on retrouve chez beaucoup d'Algériens qui vivent ici, qu'ils aient la nationalité française ou pas. Et ça explique le comportement du gouvernement algérien et l'échec absolu d'Emmanuel Macron dans sa stratégie vaine de réconciliation avec l'Algérie.
Éric Zemmour, là encore, et je rappelle cette expression qu'avait notamment utilisée le président de la République à l'égard de la façon dont le régime algérien utilisait la mémoire, il avait parlé de rente mémorielle. Mais si, encore une fois, puisque c'est un responsable politique... C'est bien au-delà de ça, en vérité. C'est un responsable politique que j'ai en face de moi ce soir. Dans le cadre des relations entre Paris et Alger, vous avez un ministre de l'Intérieur qui utilise, d'ailleurs, à peu de choses près, les mots que vous utilisez, puisqu'il dit que l'Algérie a voulu humilier la France, et qui prend cette décision avec un ton martial et qui décide de renvoyer un influenceur, dans le cas d'espèce celui dont on parle, Doualen, qui est forcé de revenir puisque l'Algérie n'accepte pas. Pourquoi est-ce que vous, vous réussiriez là où Bruno Retailleau échoue ? Bruno Retailleau n'est pas un laxiste, n'est pas quelqu'un qui est dans cette vision-là victimaire vis-à-vis de l'Algérie.
Écoutez, moi, c'est très simple. Je vois qu'avec la Colombie, Donald Trump, réussit en deux heures ce que Bruno Retailleau n'a pas réussi à faire avec l'Algérie. Et ce que les gouvernements français n'ont pas réussi à faire avec l'Algérie. Les relations entre les États-Unis et la Colombie,
c'est la même chose que les relations entre la France et l'Algérie ?
Écoutez, en tout cas, les moyens de pression dont nous disposons sont très importants.
Lesquels ?
Écoutez, c'est très simple. D'abord, vous savez, c'est bien au-delà de cette expulsion. C'est le fait que l'Algérie ne nous reprenne quasiment pas d'Algériens que nous expulsons, clandestins. Ils ne nous les reprennent pas. C'est bien au-delà de ce Boilem. Écoutez, commençons par le commencement. Nous pouvons bloquer tous les visas que demandent les Algériens pour venir en France. Et Dieu sait s'il y en a. C'est un acte de souveraineté, la France peut tout bloquer. Deuxièmement, nous pouvons, évidemment, nous devons, rompre et supprimer l'accord de 1968
qui favorise l'immigration algérienne par rapport aux autres. Vous savez qu'un certain nombre de spécialistes considèrent que cet accord a d'ores et déjà été vidé de sa substance et que jouer sur l'accord de 68 ne changerait pas grand-chose.
C'est faux. Il n'a pas été vidé de sa substance. La preuve, c'est que les Algériens ont des privilèges en matière, par exemple, de regroupement familial. Nous pouvons aussi supprimer un accord de 2007 qui est moins connu qu'a évoqué M. Driancourt, ancien ambassadeur de France en Algérie, qui permet à tous les Algériens qui ont des visas diplomatiques de se rendre facilement en France. Et vous savez, en Algérie, comme dans beaucoup d'États africains, on débute assez généreusement les visas diplomatiques. Mais nous pouvons continuer. Nous pouvons, par exemple, bloquer les demandes d'Algériens qui viennent se faire soigner en France. Et il y en a beaucoup. Et ils laissent une ardoise colossale. Je vais parler de l'ardoise qu'ils laissent en général. Vous savez, hier, nous avons réuni, dans le cadre du groupe européen l'ENS, un colloque sur l'Algérie et sur les rapports entre la France et Sarah Knafo, la députée européenne en conquête, à lister tout ce que nous coûte l'Algérie.
Est-ce que vous parlez d'une interview du président algérien ? Juste pour faire une incise, puisque c'est un dialogue. Moi, j'ai lu, et sans doute comme vous, l'interview du président algérien dans les colonnes de l'Opinion, qui répondait à toutes ces possibilités, et qui disait, au fond, sur les transferts d'argent, il n'y en a pas énormément, sur les rapports économiques qu'il y a entre la France et l'Algérie. L'Algérie est un pays qui fait du commerce avec d'autres pays. Est-ce que vraiment, toutes ces mesures-là... Ceux qui sont au pouvoir, pourquoi n'utiliseraient-ils pas ? Cet arsenal-là et ceux dont vous parlez ?
Mais parce qu'ils sont dans une vision culpabilisée, je ne dis pas culpabilisatrice, puisque c'est nous qui sommes culpabilisés, de l'Algérie. Et donc, moi, moi pas. Donc, je continue. Parce que M. Tebboune peut très bien... Mais c'est très bien, d'ailleurs, M. Tebboune, j'ai vu, a dit que les Algériens ne se feraient plus soigner en français. Très bien, parce qu'il ferait bien de payer la note qu'il a laissée, parce que, je vous disais qu'hier, Sarah Knafo a fait l'étude de tout ce que nous connaissons, ce que nous coûte l'Algérie, c'est un total de 9 milliards par an, et pour les notes que les Algériens et les hauts dignitaires algériens ne payent pas dans les hôpitaux de France, on en a simplement, pour l'année 2023, 45 millions en Île-de-France, uniquement dans les hôpitaux d'Île-de-France, vous voyez ? Et je ne vous parle pas de la fraude sociale, je ne vous parle pas de ce que nous coûte les prisonniers algériens...
Donc, au fond, ce que vous dites, c'est rupture absolue de tout rapport diplomatique avec l'Algérie.
Oui, rupture avec l'Algérie, si ils continuent à ne pas nous parler et à prendre leurs clandestins et à même nous envoyer... Et je peux continuer, il y a aussi les étudiants algériens qui viennent en France et que nous finançons, à qui nous payons des bourses pour venir étudier en France. Alors là, si vraiment il y a un véritable affrontement, l'arme nucléaire est simple, c'est la saisie des biens des dignitaires algériens en France, comme nous avons fait aux oligarques russes.
Vous voyez qu'il y a des moyens. Oui, mais je vais... Dans un instant, vous rétorquez un élément sur les rapports et le rapport de force avec l'Algérie. Je voudrais juste vous montrer cette image en exclusivité, celle de l'influenceur Doualemne qui a donc quitté le centre de rétention administrative où il était en rétention suite à cette décision du tribunal administratif de Melun qui a donc annulé l'obligation de quitter le territoire. On le voit juste ici, en train de sortir... Vous savez, je vous parlais du colloque hier
dans le cadre de l'Europe des Nations, et il y avait... Vous avez invité l'influenceur qui a justement dénoncé M. Boualem, un Algérien, qui nous a expliqué, avec une grande franchise et une grande honnêteté, comment l'Algérie, depuis 50 ans, éduquait sa jeunesse à haïr la France. Il nous l'a dit lui-même. Il nous a dit, même moi, quand je suis arrivé en France, j'estimais que c'était tout à fait normal
que la France me devait de l'argent. Avec Éric Zemmour, une histoire coloniale qui existe. Mais... C'est pour ça, quand vous utilisez l'exemple du rapport entre les États-Unis et la Colombie, que je sache, les États-Unis n'ont pas colonisé la Colombie. Et alors ?
Vous savez, pour les pays d'Amérique du Sud, les États-Unis sont pires qu'un colonisateur. C'est un autre sujet. Et alors ? Je peux vous dire que nous avons aussi colonisé le Vietnam, et je ne vois pas des Asiatiques, issus de l'immigration vietnamienne, qui haïssent la France de cette façon. Pardonnez-moi, ce n'est pas la même chose. Et pourtant, nous avons aussi colonisé ces gens. Et il y a eu des guerres, il y a eu des affrontements, et il y a eu des massacres. Donc, en Algérie, vous savez, je pense que les Algériens pourraient nous être reconnaissants. Nous avons laissé, nous avons trouvé un pays qui était un cloaque. Être reconnaissant ? Oui, reconnaissant.
C'est-à-dire quoi ? C'est le couplet de la colonisation positive pour l'Algérie ?
Mais mon cher Benjamin Duhamel, ne prenez pas avec ironie. Je sais que dans votre génération, on ne vous apprend que ce qu'il y a de mal pour la France. Je ne crois pas que ce soit une question de génération. Mais moi, je vais vous dire quelque chose.
Je crois qu'il y a des mots. Benjamin Stora, des historiens...
Benjamin Stora est l'historien du FLN, donc ce n'est pas la même chose. D'accord.
Moi, je suis... Vous dépendez ce soir de l'apport positif de la colonisation, c'est ça ?
Mais absolument, mon cher Benjamin Duhamel. Et en Algérie, je peux vous dire, parce que moi, mes ancêtres, ils vivaient depuis 1000 ans, que ce pays était un pays... C'était un cloaque. Que la colonisation turque n'avait absolument rien fait. Qu'il y avait le choléra, le typhus. Que les terres n'étaient pas cultivées. Que c'était une catastrophe. C'est la France qui a soigné tout ça. C'est la France qui a soigné tout ça. C'est la France qui a éradiqué les épidémies. C'est la France qui a construit des routes. C'est la France qui a construit des villes. Vous allez à Algiers, vous allez à Constantine, regardez les immeubles.
Vous verrez. Et donc, ça justifie aujourd'hui de considérer que, au fond, cette histoire coloniale, elle n'existe pas. Je n'ai jamais dit qu'elle n'existait pas. Mais qu'en tout cas, il n'y a pas... Dans la façon de tenter de raccommoder les liens avec l'Algérie, il n'y a pas de fait des choses que la France a à se faire pardonner. Absolument, nous n'avons rien à nous faire pardonner. Rien du tout. La torture au moment de la guerre d'Algérie...
Mais mon cher, vous oubliez que ces gens-là faisaient sauter des bombes dans les cinémas et tuaient les femmes et les enfants. Et donc, il fallait bien trouver des moyens d'arrêter. D'ailleurs, nous avons arrêté. Et la France a gagné cette guerre d'Algérie. Jamais l'armée algérienne n'est rentrée sur le territoire algérien et le terrorisme a cessé. Donc, c'est uniquement une décision politique du général de Gaulle que d'avoir décidé de donner l'indépendance de l'Algérie parce que, justement, il ne voulait pas que son village devint colombelle et de mosquée, je vous le rappelle. Et toute l'erreur de nos élites après, c'est d'avoir laissé venir des millions d'Algériens qui, justement, nous haïssaient à cause de cette colonisation française et qui, en France, éduquent leurs enfants dans la haine de la France.
Il y a quand même un paradoxe, Éric Zemmour, dans tout ça, c'est que je suis allé regarder depuis 2020 l'évolution des ressortissants algériens acceptés par le régime d'Alger. Qu'est-ce qu'on constate ? On constate que c'est au moment où Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur à l'époque, avait décidé de tordre le bras d'Alger, notamment sur la question de la délivrance de visas, que la courbe des ressortissants algériens acceptés s'effondrait. Et c'est au moment de la reprise des discussions diplomatiques, notamment entre le président de la République et le président algérien, que la courbe remontait. Donc, vous pouvez dire bras de fer avec l'Algérie, mais si ça aboutit à ce que, tout simplement, l'Algérie ferme ses frontières et qu'on ne puisse pas renvoyer le moindre ressortissant, je ne suis pas sûr que ce soit exactement le projet politique qu'il vaut.
Vous voulez dire que la courbe remontait de 0 à 20 ? Non, non, beaucoup plus que ça. Alors qu'il y avait des dizaines de milliers de clandestins algériens qu'on voulait renvoyer, et qu'on ne pourrait renvoyer aussi les milliers de prisonniers algériens qui croupissent dans nos prisons et qui nous coûtent de l'argent. Il y a beaucoup de choses à faire avec l'Algérie, je peux vous dire.
Éric Zemmour, je voudrais qu'on parle des chiffres de l'immigration, ceux de l'année 2024, paru avant-hier. Les titres de séjour accordés sont en hausse, plus 1,8%. Mais il y a plus d'expulsions et moins de régularisations que l'année dernière. Plus d'expulsions par rapport à quoi ? C'est-à-dire qu'on est passé de 7% des occultes de l'EF à 8% ? Non, non, là c'est deux choses. On parle des obligations de quitter le territoire français qui sont exécutées, et on parle du nombre d'expulsions, plus 26,7%. Non mais, bien sûr que dans ce débat, Éric Zemmour, chacun retient les chiffres qu'il souhaite.
Benjamin Duhamel, quand vous avez fait 26% de 3 et 26% de 1 million, ce n'est pas le même nombre. Bon ben... Ben voilà, c'est tout ma réponse.
Donc à aucun moment vous ne dites, vous qui ne cessez d'expliquer que les pouvoirs publics sont d'un laxisme fou, qu'il n'y a aucune volonté de réguler l'immigration, là moi je regarde les chiffres et je vois plus d'expulsions et moins de régularisations. Vous ne regardez pas les chiffres.
Vous regardez ce que vous a écrit le ministère de l'Intérieur. Moi je vais vous donner les chiffres. Vous avez une immigration qui est à 320 000 entrées légales, 330 000 aujourd'hui entrées légales, plus les 180 000 de droits d'asile qui ne sont jamais expulsés, qu'ils soient acceptés ou refusés. Ça vous fait 500 000 par an.
D'ailleurs c'est 360 000 de séjour, mais vous savez combien d'étudiants sur ces 360 000 ? Absolument, 100 000. Un peu plus de 100 000, 109 000. Ces étudiants-là, ils n'ont pas vocation à rester sur le territoire ?
Ces étudiants-là, pour la plupart, ne servent pas à la France. Pour la plupart. Je veux bien qu'on prenne quelques dizaines d'étudiants vraiment haut de gamme qui apportent à la France le reste. Franchement, ils ne payent pas les droits qu'ils coûtent parce que la France, les universités françaises refusent de faire payer plus cher alors que la loi les y ordonne. Donc on arrête les étudiants ? On arrête, sauf des profils vraiment haut de gamme. Ça ne sert à rien et pour la plupart, ils restent en France. À quoi vous voyez les profils haut de gamme ? Des profils haut de gamme, des gens qui ont des diplômes supérieurs et qui peuvent vraiment apporter à la recherche française, etc. Sinon ça ne sert à rien.
Pour dire les choses, quand vous dites les profils haut de gamme, c'est selon le pays d'où ils viennent ?
Pas seulement. Il y a par exemple des Marocains qui sont très forts en maths. D'accord. Il y a des Marocains qui sont à Polytechnique. Ceux-là, je les respecte et je serais heureux de les accueillir. Donc on passe à combien, à peu près combien d'étudiants ? 1000. 1000 ? Ça ne sert plus à rien. Donc on passe de 110 000 à 1000 ? Absolument. D'accord. Il y a aussi le regroupement familial. À peu près 90 000, 100 000, vous avez le chiffre exact. Moi, je vous le dis de tête parce que ça dure depuis des années. Ça aussi, on arrête. On arrête. Voilà. Vous voyez déjà là, ça fait des grosses masses. C'est ça les vrais enjeux. C'est ça qu'on veut. C'est ça quand vous parlez de nombre. Après, vous avez aussi le droit humanitaire, etc. Et vous avez le droit d'asile. Moi, je pense qu'il faut le droit d'asile. Vous savez, le droit d'asile, est-ce que c'est le droit d'asile au départ ? C'est Victor Hugo qui va à Guernesey.
Oui, j'avais eu le cas de vous interroger pendant l'élection présidentielle. Vous disiez, c'est Victor Hugo et son génétine. Donc, ça veut dire que les femmes afghanes qui sont persécutées par le régime d'Alban... Elles restent en Afghanistan. Donc, où elles n'ont le droit de rien faire, où elles sont persécutées, restent chez elles. Oui. Pas le droit d'écouter de la musique, pas le droit de travailler. Et alors ? Attendez, vous savez combien... Si elle souhaite quitter l'Afghanistan pour éviter la persécution, ce n'est pas la vocation de la France de les accueillir.
Non. Vous voulez accueillir toutes les femmes afghanes, parce que toutes les femmes afghanes vivent comme vous le dites. Donc, ça vous fait 10 millions de personnes, 20 millions de personnes. Vous allez les accueillir dans votre salon ? Non, mais c'est assez étonnant, Eric Zemmour. Non, mais moi aussi, je veux vous montrer les limites de votre pseudo-humanisme. Mais ce n'est pas du pseudo-humanisme, Eric Zemmour, puisque vous citez... Ça finit par un Afghan qui va tuer un gamin demain.
Je parlais des femmes afghanes, Eric Zemmour.
Les femmes afghanes, elles ont des enfants, les femmes afghanes.
Et je m'interroge sur, d'abord, le fait que vous ne cessez de vanter la spécificité française, le message que la France a apporté au monde, que vous parlez, il y a un instant, du droit d'asile, en disant que le droit d'asile, c'est notamment Victor Hugo. La France de Victor Hugo, elle n'accueille pas les femmes afghanes en France ?
Non, la France de Victor Hugo, elle n'accueille pas les femmes afghanes. Ah bon ? Parce que le droit d'asile, à l'époque de la France de Victor Hugo, Ah bon ? c'est uniquement pour des gens qui sont comme Victor Hugo, c'est-à-dire des réfugiés politiques et des grands intellectuels. Aujourd'hui, on a ajouté des conditions de droit d'asile, on a ajouté pour les femmes persécutées, pour les homosexuels. Vous savez, les homosexuels, dans tous les pays musulmans, ils sont persécutés, et dans tous les pays africains. Donc vous allez tous les accueillir ? Vous voyez bien que c'est délirant. Vous voyez bien qu'on est sortis de la raison. Donc il faut arrêter. Et les chrétiens d'Orient persécutés, ça, on accepte ? Les chrétiens d'Orient, vous savez, ils ne sont pas en si grand nombre. Ah, donc ça va. Mais ce sont des chrétiens. Mais moi, je fais la différence. Je fais la différence parce que nous sommes un pays de culture chrétienne. Donc les femmes afghanes, c'est non, mais les chrétiens d'Orient, c'est oui. Les chrétiens d'Orient ne sont pas des millions et des millions comme les femmes afghanes, un. Et deuxièmement, les chrétiens d'Orient, comme leur nom l'indique, ne sont pas musulmans. Je fais la différence entre les musulmans et les chrétiens parce que je pense qu'il y a une différence civilisationnelle et que nous sommes un pays de culture chrétienne et que les musulmans, sauf exception, évidemment, par exemple, les kabiles qui se détachent d'un islam rigoriste et qui veulent s'assimiler à la culture française. À part cela, nous ne veulent pas s'assimiler à la culture française et ça donne l'islamisation du pays. C'est-à-dire que c'est des villes qui ne sont plus françaises, qui sont islamisées. Mais vous m'avez déjà entendu dire ça. Quelle ville est islamisée ? Vous savez, vous allez n'importe où en France. Vous avez des quartiers entiers, vous avez des banlieues, vous avez Marseille. Mais à quoi vous voyez ? Et à quoi vous voyez que ces villes sont islamisées ? Vous savez, quand vous avez dans les rues au marché 80% de femmes voilées, quand vous avez dans les rues des boutiques qui sont toutes halal, moi, j'appelle ça un pays et une ville islamisée. On peut aller dans un... Vous portez une gélaba, vous, quand vous sortez ?
Non. Ce n'est pas parce que moi j'en porte une que je considère... Ne faites pas semblant... Eric Zemmour, attendez, attendez, attendez. Écoutez, on peut ne pas avoir un discours irénique sur l'islam voire les dangers de l'islamisme, voire, effectivement, parfois, la façon dont les Français peuvent être interrogés par certains signes ostentatoires, le voile intégral ou autre, sans forcément considérer qu'il y a des villes françaises qui, comme vous le dites, où tout le monde porte le voile et où le simple fait qu'il y ait un commerce halal signifie que ces villes sont islamisées. Le droit à la nuance que vous revendiquez, Eric Zemmour, sur tout un tas de sujets, je n'ai pas le sentiment que vous l'ayez là-dessus. Est-ce que vous sortez de temps en temps de votre studio ?
Est-ce que vous sortez de temps en temps du 6e arrondissement ? Oui, ça m'arrive, oui.
Eh bien, alors, vous verrez ce que je dis et tous les Français le voient. Et je n'ai pas le sentiment, Eric Zemmour, qu'entre vous et moi, il y en ait un qui sorte davantage que l'autre ou pas ? Moi, je ne sors bien davantage que vous.
Oui, parce que tout simplement, je vais dans toute la France pour aller voir les militants de mon parti et du coup, je me balade en France partout.
Un mot encore sur l'immigration. Toujours dans cette idée de leitmotiv que les pouvoirs publics ne seraient pas à la hauteur. Vous avez vu ce qui a été discuté aujourd'hui à l'occasion de la niche des Républicains, le fait de restreindre le droit du sol à Mayotte. Il n'y a pas de laxisme. Il y a une volonté d'agir face effectivement à un phénomène migratoire à Mayotte hors de contrôle.
Il faut supprimer le droit du sol, pas seulement à Mayotte, dans toute la France.
Oui, Laurent Wauquiez dit à peu près ça.
Il dit qu'il faudra se poser la question. Il ne l'a pas fait quand il était ministre et LR ne le fait toujours pas alors qu'ils sont dans la majorité. Donc, on se pose la question. Moi, ça fait des années que je dis qu'il faut le faire. Il y a beaucoup de choses à faire.
Eric Zemmour, je voudrais qu'on parle d'économie et du budget 2025 adopté. Les motions de censure ont été rejetées. C'est une bonne nouvelle pour la France ou pas ?
Ça dépend sur quel plan on se place. Si on veut dire qu'il faut de la stabilité, que la précédente motion de censure avait coûté de l'argent à la France puisque les entreprises s'affolent, puisque les investissements sont retardés, etc., je vous dis que c'est une bonne nouvelle. Maintenant, si vous voulez me dire que c'est un bon budget, là, je ne vous dirai pas la même chose. C'est un très mauvais budget.
Mais c'est un mauvais budget qu'il fallait renverser en votant la motion de censure ou pas ?
Laissez-moi finir. C'est un très mauvais budget qui est le frère jumeau du budget de Barnier pour lequel M. Barnier a été renversé. C'est là que je ne comprends plus, moi, le comportement des groupes à l'Assemblée.
Par exemple, du Rassemblement national ?
Du Rassemblement national, mais aussi du Parti socialiste. Ces deux groupes ont voté la motion de censure contre le budget de M. Barnier en disant que c'était un mauvais budget. Ils avaient raison de dire que c'était un mauvais budget. Et désormais, ils ne votent pas la censure contre M. Bayrou alors que c'est quasiment le même budget. Et donc, vous auriez voté la censure, vous ? Moi, je n'aurais pas fait la même chose. J'aurais, depuis le début, si j'avais eu la chance d'avoir un groupe aussi important que le Rassemblement national ou même le Parti socialiste, j'aurais demandé des choses au début de la discussion budgétaire. Ça a commencé en septembre. Des choses claires, précises, des réductions de dépenses, des réductions de dépenses. J'aurais dit que je ne veux pas d'augmentation d'impôts. Or, on a fait exactement le contraire. On a fait des augmentations d'impôts. Et pour les réductions de dépenses, on s'est contenté de passer un rabot. Vous savez, la fameuse technique qui ne sert à rien.
Mais on va parler de ça dans un instant. Mais si vous étiez parlementaire, puisque, pardon, responsable politique, moi, je vous prends au mot. C'est pour ça que je vous pose des questions d'opérationnalité. Si vous aviez été député là, est-ce que vous auriez censuré ce budget ?
Je vous ai dit que je n'aurais pas fait la même chose. Donc, moi, je ne veux pas censurer depuis le début les gouvernements avec ce budget. Mais je dis, je dis. Je dis, je dis. Il faut modifier ce budget. Si je n'arrivais pas, si je n'étais pas arrivé à modifier ce budget, peut-être mon comportement aurait été différent. Et encore, ça dépend de la puissance de mon groupe.
Mais le Rassemblement national, c'est quoi ? Au fond, ils regrettent de perdre leur influence, puisque désormais que les socialistes négociaient avec le gouvernement, ils n'en ont plus.
Ils manquent de cap. Je vous l'avais dit qu'ils perdraient leur influence, puisque évidemment que M. Bayrou, maintenant, s'est rapproché des socialistes et que donc, ils n'ont plus la possibilité de renverser le gouvernement. Mais moi, je ne comprends pas. Moi, je ne comprends pas ni le Rassemblement national, ni le Parti socialiste. Je veux dire, soit on dit, on ne veut pas censurer pour respecter la stabilité. Soit on dit, on censure parce que le budget est mauvais. Vous voyez, ce n'est pas la même chose. Si on censure parce que le budget est mauvais, il faut censurer les deux, parce que ce sont les mêmes. Et même, je vais vous dire, je vais vous donner un exemple. Il est même peut-être pire, celui de M. Bayrou, que celui de M. Barnier. Je vous donne un seul exemple que j'ai vu aujourd'hui.
Le régime de la TVA pour les micro-entrepreneurs. Exactement. Vous l'avez vu quand même. Dont le seuil est abaissé à 25 000 euros par an. Eh bien, très bien.
Vous avez vu, à 25 000 au lieu de 37 500 euros par an. Honnêtement, ça veut dire que ces petits auto-entrepreneurs, j'en connais beaucoup, il y en a dans ma famille.
Dont la moyenne de chiffre d'affaires annuel est 13 ans de ça, de ce seuil des 25 000. Pour cadrer le débat. Ça dépend lesquels.
Il y en a qui se débrouillent mieux. Vous savez, ce n'est pas des sommes astronomiques, 25 000 euros par an. Ça fait 2 000 euros par mois. Oui. Ce n'est pas non plus la fortune. Donc, ces gens-là, on va leur demander de soit augmenter leur prix de 20 %, 25 %, soit de réduire leur marge de 25 %. Ils n'y arriveront ni l'un ni l'autre. Donc, on va les tuer. Donc, je dis moi que… Et j'ai même vu que le Rassemblement national avait proposé il y a quelques semaines la même mesure avec le taux, le ratio encore plus bas. Donc, c'est vous dire. Là, je ne comprends plus. Je trouve que c'est…
Et vous vous retrouvez de ce point de vue-là au diapason également de la France insoumise qui proteste contre cet abaissement du seuil. Et ce ne sont pas les seuls. J'aimerais, Éric Zemmour, qu'on rentre dans le détail de votre vision économique. Puisque vous venez de dire qu'il aurait fallu baisser les dépenses beaucoup plus fortement, ne pas augmenter les impôts. Et au fond, on voit bien en vous écoutant vous, en écoutant également Sarah Knafo, députée européenne, cette idée qu'il faudrait repos dur en France. Ce que va faire Elon Musk dans les jours et dans les semaines à venir. Ce qu'a fait également le président argentin Javier Millet. L'idée de couper à la hache, à la tronçonneuse, certains diront. Et là, moi, je suis étonné, quand j'ai en face de moi un nationaliste, cette façon de vouloir dupliquer, calquer des recettes extérieures. Est-ce qu'au fond, c'est la France ? Est-ce que c'est cohérent avec la culture de l'État de vouloir appliquer ce type de recettes ?
Moi, je suis tout à fait conscient que c'est l'État qui a fait la France. Ça, vous ne m'entendrez jamais dire le contraire. Et pourtant, vous voulez sabrer dans cet État. Laissez-moi finir. Vous ne m'entendrez jamais dire le contraire. Je connais un peu mon histoire de France et je sais que c'est l'État qui a fait ce pays. Deuxièmement, là où je ne vous suis pas, il ne s'agit pas de dupliquer, copier, que sais-je encore. Il ne s'agit pas non plus de ne pas être nationaliste, comme vous dites, ou patriote. Vous savez, les plus grands, peut-être, nationalistes de l'histoire de France, en tout cas, les gens les plus souhaités, les plus souhaités. Les gens les plus sourcilleux quant à la souveraineté de la France. Je pense à Napoléon Bonaparte ou au général de Gaulle. Ce sont justement ceux qui étaient le plus sensibles à la notion d'équilibre budgétaire.
Le général de Gaulle qui a créé la Sécurité sociale.
Attendez, attendez. Ne mélangez pas tout.
Non, je ne mélange pas tout. Mais présentez le général de Gaulle comme un héritier de Milley ou de Elon Musk.
Aucun rapport. Vous mélangez tout, Benjamin Duhamel. Le général de Gaulle, quand il revient au pouvoir en 1958, il a comme conseiller le libéral Jacques Rueff qui lui dit qu'il faut un équilibre budgétaire. Et le général de Gaulle va imposer jusqu'en 1968-1969, de son départ, un strict équilibre budgétaire. Et pourquoi ? Parce que qui dit déficit dit dette. Qui dit dette dit dépendance par rapport à ses créanciers. Le général de Gaulle ne veut pas de dépendance par rapport à ses créanciers. Alors vous coupez où ? Le général de Gaulle. Le général de Gaulle, non seulement a tenu un équilibre budgétaire strict pendant 10 ans, mais de plus, sous le général de Gaulle, vous savez combien on était de prélèvements obligatoires mon cher Benjamin Duhamel ? On était très très nettement inférieur. On était à 33% de prélèvements obligatoires par rapport au PIB. On est aujourd'hui à 48%. Et Jacques Chirac m'a raconté un jour une anecdote. Il était le secrétaire d'État au budget sous l'autorité de monsieur Giscard d'Estaing, ministre de l'économie et des finances. Il voit le général de Gaulle. C'était, pour tout vous raconter, en 68 à Grenoble. Le général de Gaulle allait inaugurer les Jeux Olympiques de Grenoble. Et de Gaulle lui demande, Chirac, à combien sommes-nous de prélèvements obligatoires ? Chirac dit 33%. Et de Gaulle lui réplique, c'est très bien comme ça et vous y restez. Voilà la pensée du général de Gaulle. Alors n'en faites pas un socialiste ou un étatiste. L'État et l'étatisme, ce n'est pas la même chose. Où est-ce que vous coupez ? Où est-ce que je coupe ? Où est-ce que je coupe ? Très bien, bonne question. Vous voyez, déjà on a réglé cette question. De où je coupe ? D'abord, il y a énormément de gabi. L'État se disperse, se répand partout. Des allocations pour les vélos, pour les voitures électriques, pour le pass culture. Je vais vous raconter. Qui sont des sommes, Éric Zemmour ? Bérisoires.
Bérisoires. Bérisoires. Oui, oui, oui, oui, attendez, attendez… Qui équivaut à 100 % de la pote de ce qu'on produit ? Vous savez, si vous ne me laissez pas… Non mais je vous laisse.
Je ne vous le dirai pas. Je commence exprès par les petites sommes. Je pourrais vous amuser avec… Il y a 5 millions pour la protection de la précarité menstruelle. Il y a 1 million pour les allocations aux étrangers migrants qui rentrent chez eux. Vous voyez, des sommes, des Bérisoires. Enfin, les petits Bérisos font les grandes rivières. Et il y a des grosses sommes. Il y a, par exemple, les subventions aux associations. Il y a par exemple les subventions aux associations, beaucoup politisées, qui se retournent contre l'État. On l'a vu là encore avec le procès Boilem. Là, ce n'est plus des petites sommes, c'est 11 milliards. Et avec les subventions données par la Sécurité sociale et par les collectivités locales, ça fait 23 milliards.
D'accord, mais... Je continue, je continue. Mais chacun sait que la personne qui veut couper dans les dépenses publiques doit s'en prendre à la sphère sociale. Dans la sphère sociale. Non, non, non. Est-ce que vous baissez les normes de fonctionnement ? Non, mais attendez, parce que là, vous me parlez de choses qui sont assez anecdotiques, Éric Zemmour, en termes de montant.
23 milliards, c'est anecdotique. 23 milliards, c'est anecdotique. Les 20 milliards de subventions aux éoliennes, c'est anecdotique. Les 110 milliards de la politique de la ville depuis 2010, c'est anecdotique. Mais là, on parle d'économie à faire maintenant. Est-ce que c'est anecdotique, ça ? Oui. Est-ce que c'est anecdotique ? On parle d'économie à faire maintenant, Éric Zemmour. Je peux continuer comme ça pendant toutes les missions. Ce n'est pas anecdotique. C'est des dizaines et des dizaines de milliards. Les agences administratives indépendantes. 1200 agences, 80 milliards. C'est anecdotique, Benjamin Duhamel ? Donc, on les supprime toutes, les agences administratives ? Oui, on supprime beaucoup. On taille. On taille dans le vif. On taille dans les subventions aux associations. On taille dans la politique de la ville. On supprime tout ça. Oui, tout ça, on supprime. Ça, c'est les gaspillages. Après, il y a la bureaucratie. Je n'élute pas le social. Mais d'abord, la bureaucratie. Avant le social. Il y a la bureaucratie. La bureaucratie, qu'est-ce que c'est ? Ça veut dire qu'il y a de plus en plus de normes partout. Partout. À l'hôpital, dans l'école, dans l'administration, etc. Et qui coûtent de l'argent. Et qui, en plus, créent de la bureaucratie sans cesse, avec des fonctionnaires toujours en plus en grand nombre. Je vous donne un exemple très vite. L'hôpital. 30 milliards donnés aux ARS. 6 milliards, dont 6 milliards pour les services administratifs. Dans les 100 000 personnels de l'HPHP, l'hôpital parisien, il y a 30 000 administratifs. De moins en moins de médecins et de plus en plus de personnels administratifs. Donc on baisse le budget du ministère de la Santé. On supprime des postes administratifs.
Est-ce qu'on baisse le nombre d'enseignants ? Par exemple, dans la négociation, il y avait 4000 postes d'enseignants
qui étaient en suspens. Qu'est-ce qu'on fait ? On ne supprime pas des postes d'enseignants, on supprime des postes d'administratifs dans l'éducation nationale. Là aussi, c'est comme l'hôpital, il y en a de plus en plus. Et après seulement, après avoir fait tout ça, vous voyez, après... Vous savez, on est sur-administrés en France. On a 85 fonctionnaires pour 1000 habitants, alors que les Allemands n'en ont que 56 pour 1000 habitants. Est-ce qu'on est moins administrés qu'eux ? Est-ce que leurs services publics marchent moins bien qu'eux, que nous ? Non. Et Donald Trump, c'est un modèle ? Ou pas ? Écoutez, je vous ai dit, il y a une vague en ce moment. On voit bien qu'en Europe et en Occident, il y a la volonté des peuples occidentaux de défendre leur identité. On a parlé d'immigration, tout à l'heure, et leur liberté, liberté d'expression, et leur liberté économique. Et vous diriez que c'est un modèle ou pas, Donald Trump ? C'est une vague globale.
Mais dans laquelle vous vous inscrivez ? Vous étiez à Washington pour l'investiture. Justement...
Vous n'assumez pas tout à fait de dire que c'est votre modèle ? Parce que j'essaye d'être un peu plus subtil que vous. Vous ne l'êtes pas sur tous les sujets, Eric Zemmour, si je peux me permettre. Non, j'essaye de vous faire comprendre qu'il y a une vague occidentale, que Donald Trump est le sommet de la vague, parce que les États-Unis sont la puissance dominante en Occident. Mais est-ce qu'il faut s'inspirer de lui ? Oui, il faut s'inspirer de cette vague. Moi, j'en suis... Je fais partie de cette vague. Donc, évidemment, que je ne vais pas dire que je ne m'inspire... Mais ce n'est pas lui qui m'inspire ou moi qui l'inspire. C'est une vague globale. Vous savez, en Occident, dans l'histoire de l'Occident, c'est toujours comme ça. Quand il y a un phénomène politique, idéologique, économique, culturel, qui naît quelque part, il se répand dans tout l'Occident. Eric Zemmour,
puisque vous dites que cette vague est un modèle... En tout cas, quelqu'un qu'on doit regarder. Vous parlez de cette vague. Est-ce que quand Donald Trump propose que les États-Unis aient pleine souveraineté sur Gaza et d'en faire la Nouvelle Côte d'Azur, est-ce que, là encore, vous considérez que c'est un exemple qu'il faudrait suivre ?
Vous voyez pourquoi je vous voyais venir ? Parce que je vous connais un peu, vous voyez, Benjamin Duhamel. Donc, je savais que si je disais « Ah oui, il m'inspire », vous alliez me sortir un truc qui n'a absolument rien à voir avec le budget, en me disant... C'est pas anecdotique la politique internationale de Donald Trump, non ? Vous avez très bien compris. Vous êtes de mauvaise foi et je vous connais. Benjamin Duhamel, je vais vous parler d'économie et de budget. Maintenant, vous me parlez de politique étrangère, ce qui n'a rien à voir. Maintenant, on peut parler de Gaza, on peut parler de cette proposition. En fait, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'il faut séparer les Israéliens des Palestiniens. Est-ce que ça passe par... Vous savez, la paix passe parfois par des mesures de séparation. Les frontières, ça sert à ça.
Séparation, c'est-à-dire ? Séparation. C'est-à-dire que tous les Palestiniens de Gaza partent et quittent la bande de Gaza ?
Par exemple, il n'y a eu de paix en Inde et au Pakistan que parce que les musulmans et les hindous se sont séparés et ont fait deux états. Le Pakistan d'un côté et l'Inde de l'autre. Et je peux vous dire que ça a été... ça n'a pas été tendre. Donc, c'est une bonne idée portée par Donald Trump ? Le problème, c'est que personne ne veut les prendre. Que l'Égypte ne veut pas les prendre.
Pardonnez-moi, le problème, ce n'est pas que personne ne veut les prendre, c'est que, comment dire, faire la proposition d'un nettoyage ethnique et demander à toute une population de quitter son territoire et d'aller soit en Égypte soit en Jordanie, c'est totalement contraire au droit international. Donc, le sujet n'est pas de savoir quel pays accepterait d'accueillir les Gazaouis. Mais c'est intéressant, je crois que vous êtes une voix assez isolée dans la classe politique pour considérer que la proposition de Donald Trump est une proposition intéressante.
Je vais vous dire pourquoi je vous réponds ça. Parce que je pense que la solution des deux états que défendent la France, l'Europe et toute la classe politique est morte. Mais on peut considérer que la solution à deux états... Mais encore une fois, je vous dis... Je ne crois pas que Gaza deviendra la Côte d'Azur. Ah bon ? Mais je ne vous dis que ça ne marchera pas. Mais vous savez, les Palestiniens, comme on dit... Il n'y a jamais eu de nation palestinienne. Il faut arrêter avec ce fantasme. Donc ce sont des musulmans et ce sont des arabes. Donc ils peuvent très bien... En Jordanie, est-ce que vous savez qu'il y a 60% de Palestiniens ? La population jordanienne qui est composée de Palestiniens.
Donc il ne faut pas d'état palestinien, non ? Ce n'est pas une façon d'aller vers la paix ?
Je crois qu'à l'échelle humaine, il n'y aura pas d'état palestinien. Et que s'il y avait un état palestinien, il deviendrait immédiatement un foyer de guerre contre Israël, comme on l'a vu à Gaza, et comme on l'a vu, comme on le voit en Cisjordanie.
Je ne crois pas aux deux états. Je remarque, c'est intéressant, que vous citiez le général de Gaulle sur l'équilibre qui était le sien sur la politique budgétaire, mais que bizarrement, quand on parle de sujets internationaux, là, l'héritage du général de Gaulle, il vous intéresse moins ?
Non, pas du tout. Je pense que vous avez raison. Le général de Gaulle a dit des choses très fortes en 1967. D'ailleurs, il avait largement raison, c'est-à-dire qu'une occupation entraîne une résistance et donc une guerre sans fin. Je pense que Israël est condamné à une guerre sans fin. Donc, vous voyez, c'est parce que, tout simplement, les populations musulmanes considèrent que les juifs ne doivent être jamais que des dîmis et qu'ils ne peuvent pas avoir un état souverain.
Et vous mélangez, là, les combattants islamistes et la population palestinienne, dont certains aussi et dont même beaucoup cherchent la paix. La paix avec Israël ? Vous parliez, Eric Zemmour,
vous parliez du fait de sortir de plateaux de télévision. Il s'avère que quand on va en Israël
et qu'on interroge un certain nombre d'activistes qui oeuvrent pour les rapprochements entre les peuples, on voit qu'il y a, Eric Zemmour, ne vous en déplaise, des Palestiniens qui souhaitent dessiner ce chemin-là.
Ils sont combien ? Ils sont trois, là aussi ? Ils existent. Et je vous rappelle que qui a été massacré le 7 octobre ? C'est des militants pour la paix israélienne.
Absolument. Et je crois que personne ici n'a minimisé de la moindre façon ce qui s'est passé le 7 octobre. Je ne vous ai pas dit ça. Quelques questions pour terminer, Eric Zemmour. Vous êtes président de Reconquête, un parti qui a en tout et pour tout une députée européenne, Sarah Knafo.
Les journées, elles sont un peu longues ou pas ? Sarah Knafo montre justement comment peut travailler une députée Reconquête. Elle fait plus de travail que des dizaines de députés.
Est-ce que c'est quoi cette sorte de traversée ?
Ah bah oui, le temps est un peu long pour vous. Alors je vais vous dire, si vous voulez, je marche sur mes deux jambes. Vous me demandez ce que je fais, en clair. D'abord, j'ai conservé évidemment mon activité d'écrivain. Donc vous écrivez un livre en ce moment ? J'écris un livre, j'écris quelque chose. C'est quoi, c'est un livre pour préparer l'élection présidentielle ? Non. J'adapte mon livre Le Suicide Français pour la télévision. Je vais être publié aux Etats-Unis. Mon livre Le Suicide Français va être publié aux Etats-Unis, ça demande également du travail, etc. Ça, c'est pour mon activité intellectuelle. Et par ailleurs, j'ai une activité de chef de parti. Donc je vais dans toutes les fédérations. Je vais voir les militants. Nous en avons, vous savez, entre 75 000 et 80 000. Je pense que nous avons le premier parti militant.
Et vous serez candidat à l'élection présidentielle ou pas ? Nous verrons. Non mais parce que quand on voit beaucoup Sarah Knafo sur tous les plateaux, on se demande si ce n'est pas elle qui sera candidate à l'élection présidentielle.
Benjamin Duhamel, malgré toute votre audace et la sympathie que j'ai pour vous, je n'annoncerai pas chez vous ma candidature présidentielle.
Mais ça veut dire que vous l'annoncerez à un moment ? Nous verrons. Un tout dernier mot. Si Marine Le Pen est déclarée inéligible le 31 mars, est-ce que ça change quelque chose pour vous ?
Ça change quelque chose pour l'élection présidentielle et ça change quelque chose pour Marine Le Pen. Ça serait d'ailleurs scandaleux. Maintenant, moi je m'adapterais à toutes les situations. Pour déclarer donc votre candidature à l'élection présidentielle.
Merci Eric Zemmour, président de Reconquête, d'être venu nous voir dans Tout le monde veut savoir.
Éric Zemmour