Dans le Loiret, avec Pauline Martin - Vidéo
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Bienvenue dans 1000 pays pour demain, bienvenue dans le Loiret. Nous sommes aux portes de l'île de France, à une centaine de kilomètres de Paris. La ville principale et la plus connue est Orléans, indissociable évidemment de la figure de Jeanne d'Arc. Orléans, mais aussi Pithiviers, Montargis, Gien, toutes ces villes dynamisent un département qui a l'un des taux de création d'entreprises les plus élevés de la région. Quelques secteurs phares, la cosmétique et la parfumerie, on y reviendra, le matériel agricole, la pharmacie, bref une base industrielle qui fait du Loiret un pôle majeur de production, de recherche et d'innovation. Le Loiret, c'est aussi de l'entrepreneuriat, près de 9500 créations d'entreprises en 2025, une population active à plus de 76%, c'est un peu plus que la moyenne nationale, et bien sûr des artisans qui seront au cœur de cette émission. Avant de vous les présenter, on rejoint la sénatrice qui va nous accompagner pendant cette demi-heure. Elle est élue à la Haute Assemblée depuis 2023 et elle connaît par cœur ces sujets liés aux entreprises. 1000 pays pour demain, dans le Loiret, c'est parti ! Pauline Martin, bonjour, merci de nous accueillir chez vous dans le Loiret. Vous êtes sénatrice LR et vous connaissez par cœur les sujets autour du monde entrepreneurial puisque vous êtes vice-présidente de la délégation sénatoriale aux entreprises mais aussi membre de la commission des affaires économiques. Avant d'aller vers ces sujets très échos, un mot du lieu sublime dans lequel nous sommes. Nous sommes au château de Chamrolles, un haut lieu d'histoire. J'imagine un lieu qui compte pour le département, ne serait-ce qu'en termes de tourisme ?
Alors effectivement, c'est un ancrage départemental. D'abord, le château appartient au département du Loiret, comme celui de Sully, comme celui de Gien. On a cette chance-là et j'ai envie de dire encore un petit peu les moyens d'assumer ce genre de charge. Mais quel bonheur ! Du tourisme, bien entendu, un accueil, mais surtout un patrimoine, une histoire. Je pense qu'il y a avant tout une fierté dans ce château. Puisqu'il a quand même une particularité, c'est d'être le musée des parfums. Et je pense qu'on aura l'occasion de reparler de ça.
Alors justement, vous, l'experte du monde économique, qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur le Loiret ? J'ai lu que c'était le département le plus dynamique de la région, c'est vrai ?
Oui, alors incontestablement. D'abord parce que c'est une capitale régionale, ça aide le département du Loiret. D'abord, il y a eu des élus qui se sont impliqués il y a maintenant un certain nombre d'années pour en faire ce département dynamique. Et puis on a quand même des atouts. On est quand même le grenier de la France, ne l'oublions pas. Donc en termes d'agriculture, ça pèse extrêmement lourd, c'est la bosse. On a le bonheur d'avoir la Loire, donc la Loire-Vallée, les châteaux, le tourisme et puis la Sologne. Il y a la chasse et il y a surtout un certain nombre de métiers qui sont extrêmement importants.
Trois pôles économiques forts, je crois. Donc on l'a un peu dit, on va développer la cosmétique et la parfumerie, mais aussi le matériel agricole et la pharmacie.
La pharmacie s'est beaucoup installée dans le Loiret. Alors en termes de production pharmaceutique, les laboratoires Servier en particulier, mais pas que. Et puis en termes de logistique aussi, parce qu'il ne faut quand même pas se voiler la face, on est au centre de la France, donc la logistique avec un maillage routier qui est extrêmement intéressant.
Justement, la situation géographique, le fait d'être près de l'île de France, c'est plutôt un atout ou un inconvénient ?
Alors je pense que ça a été très longtemps un inconvénient parce qu'on était dans l'ombre. De l'île de France, aujourd'hui, parce que le Loiret s'est vraiment développé et a pris à bras le corps un certain nombre de problématiques, comme la cosmétique par exemple, je pense qu'aujourd'hui c'est un atout parce que Paris est saturé et que du coup on arrive en grande couronne, large grande couronne de Paris. Non seulement on accueille des habitants, mais en plus on accueille des industries.
Pauline Martin, je vous propose de démarrer notre petit tour des artisans. Et si on commençait justement avec l'une des grandes spécialités du Loiret, la cosmétique. Vous nous direz d'ailleurs pourquoi elle est tellement implantée sur votre territoire. Mais d'abord, nous avons donc jeté notre dévolu sur le jardin spa. Depuis quatre générations et aujourd'hui de mère en fille, il s'y fabrique entre autres des huiles pour le corps, des gels douche, des gommages et tout cela à partir d'ingrédients français et naturels. L'entreprise est même devenue une référence, d'autant plus qu'elle continue d'innover tout en respectant le savoir-faire artisanal. Présentation depuis Saint-Hilaire-les-Andrésis, j'espère que je le prononce bien, c'est au cœur du Loiret. Avec Clémence Lesolièque, qui est la directrice générale de l'entreprise, avec sa maman. On y va.
Ici, on se trouve dans l'ancienne grange de mon grand-père et de ma grand-mère maternelle. Donc ici, quand j'étais petite, il y avait de la paille, des tracteurs. Et mes parents ont installé la société familiale avec une activité cosmétique dans cette ancienne grange qu'ils ont transformée en boutique. On a les bureaux qui sont juste ici, au-dessus, avec ma maman qui travaille.
On a poussé le curseur assez loin puisqu'on voulait essayer de formuler qu'avec des ingrédients français et, si possible, un flacon français. Eh bien, Eureka, on a trouvé.
Moi, quand j'étais petite, j'aimais toujours aller sur les salons avec eux, jouer à la marchande, les aider. Et dans le cadre de mes études, en fait, j'ai commencé à m'intéresser à la cosmétique. C'est un secteur qui regroupe tout ce que j'aime, à la fois le côté scientifique, à la fois parce qu'on a le côté chimie avec la création de formules, le côté biologie parce qu'il faut comprendre comment fonctionne la peau. Il y a un côté artistique parce qu'on fait tous nos designs graphiques en interne. Donc là, on est dans le potager de mes grands-parents où je vais récolter un romarin que je vais prendre justement pour aller le distiller et récupérer de l'hydrola et de l'huile essentielle. Donc on va prendre les petites branches. Ça suffira. Allez, Métis, on y va. L'hydrola, c'est l'eau de la plante. L'hydrola va s'obtenir par distillation. Pour que ça monte en vapeur, il faut que je la taille 100 degrés. Ça y est, on est à 100 degrés. Donc là, on voit les gouttelettes. Et il y en a qui vont retomber au fond. Il y en a qui vont suivre cette voie-là et qui vont se recondenser. Et là, ça va assez vite. Voilà. On va arrêter la distillation. Donc, l'hydrola. L'hydrola qu'on a extrait va apporter toutes les propriétés apaisantes au niveau de la crème. Et donc là, on va verser la phase aqueuse, qui est montée en température, dans la phase huileuse, qui est complètement fondue. Et ça va s'émulsionner. Donc ici, ça va blanchir et devenir une crème. Sous agitation, on va laisser la crème refroidir. Elle va prendre en texture. Et à la fin, elle aura une texture qui sera beaucoup plus épaisse, beaucoup plus blanche en couleur aussi. Et ensuite, on analyse la stabilité. Donc, pour ça, on va mettre la formule à 45 degrés. Ça nous permet d'avoir un vieillissement accéléré et donc de voir comment la formule serait dans un an, deux ans, trois ans. Une bourrache, une brume et un monde que manque.
Et il manque une petite miniature de rose d'antan et un beurre. Quand j'ai débuté, on décidait de créer quelque chose du monde de l'antan. Au moins qu'on était satisfait du résultat final, on pouvait le mettre sur le marché. Maintenant, en fait, il faut demander l'autorisation de mettre sur le marché. Et même si on fait des fabrications traditionnelles, il faut vraiment que tout passe entre différentes mains et qu'on ait le droit de le faire. Même si ça faisait plusieurs années que c'était fait comme ça, maintenant, ça n'est plus acquis. Mais en général, ça met à peu près deux ans. C'est ça. Entre le moment où on décide de vouloir mettre quelque chose sur le marché et le moment où ça sort réellement.
Alors ça, c'est un vrai sujet. Les demandes d'autorisation de mise sur le marché, procédure qui n'existait pas, qui aujourd'hui a largement alourdi le travail de ceux qui travaillent dans la cosmétique. Qu'est-ce qu'on peut faire pour eux ?
Alors c'est mon boulot, clairement, aujourd'hui, que d'essayer de monter au créneau. On parle de simplification. Moi, ça fait 25 ans que j'entends parler de simplification. Plus on en parle, plus on complexifie. Mais à un moment donné, on va, comme vous l'avez vu dans le reportage, venir paralyser ou en tout cas ralentir les process de fabrication, le développement de petites entreprises qui aujourd'hui n'ont pas besoin d'être en plus enquiquinées sur ce genre de problème. La parenthèse que je ferais, c'est que oui, c'est mon boulot, mais extrêmement difficile aujourd'hui à obtenir, effectivement, une certaine flexibilité les plus petites entreprises qui n'ont clairement ni le temps ni les moyens de pouvoir assumer toute cette réglementation qui vient les pénaliser. Vous n'êtes pas entendue ? Alors, je ne dis pas que je ne suis pas entendue. D'abord, je ne suis pas la seule, mais la machine est tellement lourde à l'échelle nationale, voire européenne, voire internationale, que parfois, on a un petit sentiment de lassitude dans l'accompagnement de ce genre de démarches.
Alors, la cosmétique dans le Loiret, c'est vraiment une inspiration. C'est vraiment une inspiration. C'est vraiment une inspiration. Les chiffres sont édifiants. 80 entreprises, 7000 salariés, 41 laboratoires de recherche, 2000 chercheurs. Pourquoi la cosmétique est-elle si implantée sur le territoire ? C'est historique ? C'est sociologique ?
D'abord, c'est lié aussi aux productions de plantes, à l'aspect, je dirais, un petit peu naturel du département. Et après, ça a été la dynamique lancée il y a maintenant 25-30 ans par les élus de l'époque qui se sont dit « Pourquoi pas ? » Pourquoi pas, au contraire, s'intéresser à cette problématique-là et arriver à séduire les grands qui vont, du coup, permettre aux plus petits de se développer en termes de sous-traitance, mais pas qu'eux ?
Donc, économiquement, ça représente beaucoup pour le territoire ?
C'est extrêmement présent. Alors, ça représente financièrement une belle dynamique, mais c'est aussi une très belle fierté pour le territoire. Oui, c'est extrêmement important.
En termes d'images, effectivement. Ça fait rayonner tout le département. Exactement. On va maintenant parler d'un tout autre domaine et même de la fabrication d'objets dont nous n'avons jamais parlé dans cette émission, les billots, les billots de boucher. Ce sont ces masses de bois qui servent de plan de travail. Et la particularité de l'entreprise que nous avons choisie, c'est qu'elle fabrique en bois de boue, c'est-à-dire dans le sens de pousse de l'arbre. Technique très ancienne, complètement artisanale et qui présente pas mal d'avantages. C'est Sébastien Carré qui va nous les présenter. Il dirige l'atelier des billots de Sologne et on le trouve à Coulon. On y va.
L'histoire originale du billot de boucher et de ferme, en fait, c'était un arbre qui était coupé à côté de la ferme. On en découpait un billot, on le remettait debout et ça servait à tuer le cochon vulgairement. Après, il a été décliné pour les bourreaux, pour couper les têtes et les mains à une certaine époque. Mais c'est avant tout un outil de travail pour découper la viande et puis après un outil de préparation. Sur un billot, le bois est positionné de façon verticale. La pousse et ce qui a une utilité très importante, c'est que c'est très résistant à la coupe et au choc. Alors là, c'est du charme. Donc, c'est un bois feuillu français. C'est moi qui ai choisi ça parce que c'est un matériau que je trouve très beau déjà dans un premier temps. Et puis, c'est un matériau très dense. Ça permet de faire un outil de travail transmissible et non pas un outil de travail consommable. Alors, la première étape pour la fabrication du billot, ça va être de déligner des carrelets. Une fois qu'on a débuté les carrelets, on va les passer dans la corailleuse. Donc, la corailleuse, c'est une machine qui va usiner les quatre côtés des morceaux de bois en une seule passe. Ce qui permet de mettre le morceau de bois aux dimensions souhaitées. Très importante qui va être de... Plus il fait chaud, plus la colle va tirer, entre guillemets, donc sécher rapidement. Donc, c'est pour ça qu'il faut avoir quand même un peu une dextérité pour pouvoir étaler la colle bien comme il faut, de façon homogène. Et rapide. Mais Laurent et Valentin maîtrisent assez bien le sujet, donc il n'y a pas de souci à ce point de vue-là. On vient mettre un renfort pour éviter que toutes les plaques bougent. Et après, on procède au serrage de l'ensemble. On vérifie bien après que chaque joint, la colle déborde. Ce qui nous permet de dire que sur toute la surface a été encollé de façon uniforme. Donc, une fois le collage à la presse. La colle séchée et grattée, on obtient donc le billot. Et puis, ce bloc va passer une nouvelle fois dans la calibreuse pour le rendre aussi plat que possible. Et puis, à l'épaisseur demandée. Ce qui me satisfait, c'est que quand le client repart et dit, je suis content, mon billot, il est beau. La plupart des clients disent, je ne vais pas oser couper dessus tellement il est beau. Il y a donc pour la fin de l'année 2026, du coup, une obligation. De participer à l'éco-taxe et les textes sont un peu flous. Et puis, j'ai aussi une inquiétude en termes de tarifs du coup pour mon entreprise. Comment vais-je la répercuter d'une part sur ma clientèle et d'une part l'absorber dans mon budget ?
Quelle est cette obligation de participer à l'éco-taxe dont nous parle Sébastien Carré ?
Une éco-participation qui a été votée, c'est ça ? Tout à fait. Alors autant, elle a une vocation intéressante sur l'éco-taxe. Elle a une vocation intéressante sur les grosses entreprises, malheureusement, c'est comme la complexification. Quand on est une petite entreprise, ça veut dire de la paperasse et puis ça veut dire surtout des montants financiers qu'il va falloir impacter probablement sur le consommateur final. Je pense que pour l'artisan qui est dans son savoir-faire, dans la qualité de ce qu'il peut produire, on n'était peut-être pas obligé d'aller l'appliquer chez les plus petits.
Impossible de les accompagner financièrement, de leur proposer des aides ? Le département ne peut rien faire ?
Alors déjà, le département n'a plus la compétence, pas sûr que ça soit vraiment leur rôle. Honnêtement, je pense qu'on va être chez les artisans sur des sommes infimes, mais je pense qu'en tout cas, ce que j'ai compris dans le discours de cet artisan, c'est que c'est encore de la paperasse en plus que vous allez m'imposer. Et moi, je suis dans mon métier au quotidien, dans mon bois, dans ma coupe de bois, pas dans la paperasse.
Chez les billots de soleil, justement, on est dans le geste durable, écologique et c'est important, ça aussi. On assume de produire moins, mais mieux. Le bois, sa gestion, son exploitation, j'imagine que c'est très important dans le Loiret.
La forêt d'Orléans, donc oui, il y a aujourd'hui énormément d'emplois, c'est une vraie, c'est un vrai poumon économique pour le Loiret. Après, d'autres questions vont commencer à se poser derrière puisque voilà, le changement climatique fait remonter la chaleur, les incendies, etc. Donc, on est en train aujourd'hui de réfléchir autrement à ce que sera la forêt d'Orléans demain dans le Loiret. Donc, on est en train aujourd'hui de réfléchir autrement à ce que sera la forêt d'Orléans demain dans le Loiret.
Pauline Martin, c'est le moment de nous faire partager votre entreprise coup de cœur. C'est un des rituels de cette émission et vous avez eu envie de nous parler de Aimé de Mars qui se situe à Montcresson dans l'est du Loiret, justement.
C'est une grande séduction, beaucoup d'émotions dans cette entreprise, c'est-à-dire on est dans la cosmétique, le parfum probablement. Et quand j'ai rencontré effectivement la directrice de cette entreprise qui finalement a réutilisé la maison familiale pour en faire l'antre du parfum, Aimé de Mars, du nom de sa grand-mère, je me suis dit que c'était de mon devoir de la mettre en valeur. Elle vous a touché, cette entreprise.
Allez, prenons la direction de Gien à présent. Nous allons y découvrir non plus des artisans, mais des artistes. Ou les deux, artisans et artistes de la faïencerie de Gien. On est là dans une production de très haut niveau. C'est vraiment l'excellence du savoir-faire à la française. Elle est d'ailleurs reconnue dans le monde entier. On peut trouver des pièces dans l'Orient Express et même dans le métro parisien. J'ai lu ça. On va faire leur connaissance grâce à Marine Bouge, qui est responsable du musée de la faïencerie de Gien. Et on en parle juste après.
Nous, ici, on fait la faïence fine. La faïence fine est une pâte blanche après cuisson. Et donc, cette faïence fine, elle apparaît simultanément en Angleterre et en France à la fin du XVIIIe siècle. Et elle va se développer au début du XIXe siècle. Donc, nous retrouvons ici les matières premières utilisées pour la recette de pâte de faïence. Donc, argile. Sable et kaolin. Donc, ça, c'est du kaolin qui va apporter sa blancheur à la faïence fine que nous fabriquons à Gien.
Donc, les différentes matières sont acheminées jusqu'ici, où elles vont être préparées, mélangées à de l'eau selon les recettes. Donc, les plaques de pâte vont être malaxées, désaérées et devenir des pains de terre cylindriques. Une tranche est ensuite disposée sur le moule en plâtre. Donc, un système de tour de potier automatique qui va venir. Travaillez la pâte posée sur le moule de manière à ce qu'elle épouse parfaitement la farine.
Comme celle-ci, il faut compter à peu près 8 heures de travail. C'est la même peintre qui réalise la pièce du début à la fin. Et c'est agréable à faire. Toujours le petit éveil. Au nettoyage, on enlève toutes les petites choses avec des petits débordés, comme vous voyez ici. Et à l'époque, quand j'ai commencé, on s'est servi de la mie de pain. La mie de pain, tout le monde s'en servait. C'était une moyenne technique qu'on servait. On travaillait avec. Après, ça séchait. Puis le lendemain, tu rachetais ta baguette.
Après, effectivement, l'outillage a évolué. Et ça, c'est nécessaire. Mais le geste, par contre, est resté le même.
C'est un geste qui est très beau à savoir donner. Et puis, la récompense, c'est quand une apprentie a fini. C'est le sourire qu'elle vous renvoie. C'est tellement formidable de dire que j'ai réussi quelque chose.
Alors, l'idée est d'innover aussi, par le biais des résidences. Nous sommes en présence d'œuvres réalisées. Première résidence croisée du musée de la faïencerie. Donc, pour ce projet, on a fait appel à un couple de forgerons qui a réalisé toutes les structures en fer forgé, comme on peut le voir sur le vase ici. Et enfin, un cisleur, pour toute la partie cabochon qui vient donc s'insérer dans la bougie. Et donc, l'objectif de tout cela étant de renouveler nos formes, renouveler nos décors avec une nouvelle approche et explorer de nouvelles techniques et de nouvelles possibilités.
Je vais reciter cette phrase qu'on entend dans le reportage. « La récompense, c'est quand une apprentie a fini et le sourire qu'elle vous renvoie. » Voilà ce que nous dit l'une des employées de cette faïencerie de Gien. C'est vrai que l'émotion est importante aussi dans la transmission du geste, dans la transmission du savoir-faire.
Mais alors, c'est extraordinaire. Parce qu'effectivement, ce qu'on va aller transmettre à nos jeunes, cette jeunesse qu'on critique beaucoup aujourd'hui, cette jeunesse qui va se passionner pour la faïencerie, pour ce trait qui va être fait, sur une assiette, sur effectivement un pot, je crois en cette fierté et je crois en ce savoir-faire. Et à un moment donné, la faïencerie de Gien, elle vient, alors elle est prestigieuse, c'est une richesse bien évidemment, mais elle vient effectivement mettre en valeur ce savoir-faire. Et pour les jeunes aujourd'hui, qui parfois ne se raccrochent à rien du tout, se raccrocher à ça, je pense que c'est aussi leur assurer un avenir, un avenir pour eux, un avenir professionnel peut-être, mais un avenir à titre personnel. Je suis capable et je suis fière de faire telle ou telle chose.
C'est le genre d'entreprise qui fait rayonner tout le territoire et puis qui crée un écosystème vertueux, j'imagine, même économiquement.
Alors, c'est d'autant plus important qu'on est à l'est du Loiret, où effectivement, avec moins de liaisons de transport, etc., etc., où on a tendance à dire qu'il faut qu'on s'occupe de cette partie du territoire. Alors, Gien est en bord de Loire, Gien est une magnifique ville, mais la faïencerie, effectivement, fait aussi rayonner le territoire. Pas d'inquiétude à avoir sur la pérennité de ce genre d'entreprise, sur leur avenir ? Alors, on a pu avoir des inquiétudes, c'est une entreprise qui a 200 ans, donc voilà, qui est bien installée, qui a eu des hauts et des bas, il ne faut pas se voiler la face, qui a été très bien reprise, très bien développée. Et pourvu que ça dure, je croise les doigts.
On croise les doigts pour eux. On va arriver tranquillement à la fin de cette émission. C'est aussi ma question rituelle, si vous deviez nous donner trois bonnes raisons de venir nous installer dans le Loiret, quelles seraient-elles ?
Alors, la douceur de vivre, mais quel bonheur de vivre dans le Loiret. La richesse des territoires variés, parce que ça aussi, c'est extrêmement important. Et puis, n'oublions pas qu'il y a de l'emploi, il y a des entreprises, il y a une dynamique, il fait bon vivre dans le Loiret. Venez-y !
Vous l'aimez, ce territoire, vous y avez évolué aussi en tant qu'élue locale. Il est important pour vous ?
Alors, vous savez, moi, je ne suis pas originaire du Loiret, donc je l'ai découvert il y a 25 ans. Voilà, on peut dire que je me le suis approprié à un moment donné. Et aujourd'hui, c'est une passion que je vis avec mon cœur. Et voilà, j'ai envie de vous le transmettre aujourd'hui.
Et on l'a senti, on l'a reçu. Merci infiniment, Pauline Martin, d'avoir été avec nous dans ce rendez-vous. Merci aux équipes du Château de Chamrolles de nous avoir accueillis chaleureusement pour ce tournage et merci à vous de nous avoir suivis. Émission à retrouver en replay sur notre plateforme publicsenat.fr.
Pauline Martin